Laurie : ne t'inquiète pas, une décision, on peut toujours y revenir dessus… (Ou pas :p)
mallowenn : tu as bien fait de demander la suite, parce que la voilà, justement !
– … ELLE A DIT OUI ?!
Killian, David et Mary-Margaret s'étaient retrouvés au Granny's, une auberge-restaurant de la ville tenue par la grand-mère de Ruby, dans l'après-midi pour profiter du retour de l'anglais autour d'un café, et ainsi permettre à leur amie, qui travaillait en tant que serveuse dans l'établissement, de faire part à leurs conversations. Le jeune homme leur avait alors expliqué son problème, pensant que tous étaient déjà au courant des fiançailles d'Emma – c'était une nouvelle que l'on avait envie de partager avec tout le monde, en général, non ?
Eh bien non.
En effet, elle semblait s'être bien gardée d'en parler à ses autres camarades, au vu de leurs réactions stupéfaites à l'entente de l'aveu du brun. Ce dernier ne savait plus où se mettre, d'ailleurs, réalisant la révélation qu'il venait de faire malgré lui. Il n'acquiesça donc que d'un signe de tête pour toute réponse, incapable de prononcer le moindre mot supplémentaire, par peur d'encore dire quelque chose qu'il ne fallait pas.
Il s'en voulait déjà bien assez d'avoir lâché cette annonce à la place de l'intéressée – ce n'était clairement pas son rôle à lui. Mais le mal était fait, de toute façon ; il ne pouvait plus rien y changer, juste s'assurer ne pas en rajouter davantage.
Toutefois, son malaise n'était pas le seul sentiment qu'il ressentait en cet instant. Lui qui au départ avait été perturbé par le ton peu joyeux avec lequel la blonde lui avait fait part de ses fiançailles ne se sentait que davantage persuadé par une chose, avec cette découverte de son silence auprès de ses proches : elle paraissait dépitée à l'idée d'épouser Walsh. Mais il préféra ne pas s'attarder trop sur ces pensées, et tenta de les chasser de sa tête.
Car sûrement se faisait-il juste des idées, après tout, rien de plus, parce qu'il ne voulait pas imaginer que sa Swan allait se marier. Rien à avoir avec le fait qu'il la connaissait par cœur et qu'il la comprenait sans qu'elle n'ait besoin de lui faire part de quoi que ce soit…
– Et elle compte fêter ça ce soir avec toi, et personne d'autre ? Pas même Elsa, ou nous ? reprit la parole Mary-Margaret après avoir eu la confirmation qu'elle attendait à sa question.
– Je n'en sais rien. Elle va peut-être vous appeler dans l'après-midi. Ou alors, elle compte le faire de façon « officielle » plus tard mais puisque je repars dans quelque jours, elle voulait me voir moi avant ? tenta de trouver une explication Killian – parce que lui aussi trouvait cette histoire étrange, au fond de lui.
– Mouais, parut peu convaincue son interlocutrice par ses propos. Si David me demandait en mariage – et ne me regarde pas comme ça, chéri, je ne suis pas en train de me plaindre que tu ne l'aies pas encore fait alors que nous on est ensemble depuis le collège ! –, la première chose que je ferais serait d'organiser une grande soirée avec tout le monde pour partager mon bonheur avec vous tous…
– Oui enfin on parle d'Emma là, pas de votre couple à la contes de fée qui fait rêver tout le monde… Tu sais très bien qu'elle est plus réservée, surtout lorsqu'il est question d'amour. C'est déjà un miracle qu'elle ait accepté aussi vite d'épouser quelqu'un.
– C'est bizarre, aussi, intervint Ruby, qui venait de prendre sa pause et avait donc rejoint ses amis autour de leur table.
– Au contraire, je trouve que c'est une bonne chose, insista l'autre brune. Parce que ça veut dire qu'elle a enfin compris que tous les hommes ne sont pas comme Neal, et qu'elle laisse tomber ses murs pour laisser entrer l'amour dans sa vie. Et ça fait plaisir à entendre, de savoir qu'elle a certainement trouvé « le bon ».
Le compagnon et la meilleure amie de la jeune femme lancèrent un regard furtif et désolé en direction de l'anglais suite à sa remarque, mais ce dernier préféré les ignorer. Certes, cela lui faisait mal au cœur d'entendre de telles paroles, mais il ne pouvait pas blâmer Mary-Margaret. Après tout, elle n'était pas au courant des sentiments qu'il pouvait ressentir pour la blonde.
Et surtout, même s'il en souffrait que de le reconnaître, elle devait avoir raison.
– Je ne suis pas si sûre que ce soit l'homme de sa vie… répliqua finalement Ruby après quelques secondes d'un lourd silence, ses yeux fixant toujours son camarade. Tu comptes y aller, Killian ?
– Pourquoi est-ce qu'il n'irait pas ? interrogea la petite-amie de David, suspicieuse face au comportement étrange de ses camarades.
La seule réponse qui lui fit donnée cependant fut un simple « oui, je vais y aller » de la part de Killian. Car même s'il était vrai qu'il avait longuement hésité, son frère avait fini par le convaincre.
Cette invitation semblait tenir à cœur à Emma, et la voir heureuse en compagnie de son fiancé lui permettrait, selon Liam, d'accepter la réalité des choses et lui enlever cette voix dans sa tête qui lui répétait que quelque chose clochait chez elle.
Il n'était pas aussi certain que le bouclé que tout ceci allait marcher, mais il espérait vraiment pouvoir être un jour capable de l'accepter, en tout cas…
Il était exactement dix-neuf heures trente quand Killian sonna à la porte de l'appartement dont lui avait donné l'adresse Emma le matin-même, une bouteille de champagne entre les doigts. Il ne dut patienter que quelques instants avant que le propriétaire des lieux ne vienne lui ouvrir, un sourire un peu trop chaleureux aux lèvres.
– Killian, entre donc ! le salua-t-il en lui tendant le bras comme bonjour.
Puis, quand il aperçut la boisson que l'intéressé avait apportée avec lui lorsqu'il lui serra la main, il ajouta d'un ton faussement modeste :
– Il ne fallait pas, c'est nous qui invitons, tu n'avais rien besoin d'amener.
Mais il l'attrapa tout de même sans se faire prier, et entra le jeune homme à travers l'entrée et jusqu'au salon, où il s'excusa auprès de lui une minute, le temps de mettre l'alcool au frais. Ce dernier en profita pour inspecter en détails la pièce dans laquelle il se trouvait, qui était spacieuse et joliment décorée, pleine de meubles – c'était le métier de Walsh que d'en vendre, après tout, lui avait appris Emma.
Quand son hôte le rejoignit enfin, deux bières à la main, il l'invita à s'installer avec lui sur le canapé. Un silence pensant prit rapidement place entre eux, aucun d'eux ne sachant quoi dire. L'anglais posa donc la question qui l'intriguait depuis son arrivée, intrigué :
– Emma n'est pas là ?
– Elle finit de se préparer, elle a eu un appel de dernière minute pour le travail et vient seulement de rentrer, expliqua son vis-à-vis.
– Ah, d'accord.
A nouveau tous deux se turent, mal-à-l'aise. Ils avaient hâte que la jeune femme ne fasse son apparition pour détendre l'atmosphère entre eux.
– Je suis désolé, pour hier soir, finit tout de même par reprendre la parole le châtain.
– Pourquoi ? parut étonné l'autre.
– Pour t'avoir mal parlé, et mal jugé. Emma m'a raconté comment vous vous êtes rencontrés, et j'ai vu dans son regard à quel point elle tenait à toi. Vous êtes comme frère et sœur, en fait, non ?
Frère et sœur… Killian manqua de s'étouffer à l'entente de cette dénomination. David et la blonde pouvaient être considérés comme frère et sœur, oui, mais lui ? Certainement pas.
Leur relation avait toujours été beaucoup trop ambigüe pour cela. Mais il préféra se garder de le faire remarquer à son fiancé, pour ne pas envenimer les choses.
Pour Emma.
Alors il acquiesça d'un signe de tête, et ajouta face à ses excuses :
– Ce n'est rien. Je suis moi aussi désolé d'avoir insinué des choses fausses.
– Bien, on peut repartir sur de bonnes bases tous les deux, alors, laisser la soirée d'hier de côté ? répondit l'autre en souriant grandement.
Il ne faisait que cela, d'ailleurs, depuis l'entrée du brun chez lui. Et c'était assez étrange, il se montrait trop… gentil pour paraître sincère.
Mais encore une fois, il préféra mettre cette pensée sur le compte de la jalousie, et rien d'autre.
Ils essayèrent d'entretenir de courtes conversations malgré leur difficulté à trouver des sujets dont ils pourraient parler, jusqu'à ce qu'enfin Emma ne fasse son apparition dans la pièce. Tous deux se turent alors et la contemplèrent, magnifique dans sa petite robe rose pâle.
Cette même robe que Killian aimait tant, et qu'ils avaient achetée ensemble un jour où ils étaient aller faire les magasins, peu avant qu'il ne s'en aille.
Walsh fut le premier à réagir. Il se leva, et enlaça sa fiancée avant de l'embrasser sous le regard de l'anglais qui détourna instinctivement ses prunelles océan devant une telle image qui lui faisait se serrer son organe dans sa poitrine vital malgré lui.
– Tu es resplendissante, mon amour, lui fit remarquer son fiancé.
– C'est vrai, confirma l'autre homme, j'ai toujours trouvé que cette robe t'allait à ravir.
La jeune femme sentit ses joues s'empourprer à l'entente de ces compliments et ces deux paires d'yeux qui la dévisageaient avec intensité. Toutefois elle se reprit bien vite et se détacha de l'emprise de son compagnon pour rejoindre son ami, qu'elle salua en le prenant dans ses bras.
– Félicitations, chérie, lui murmura-t-il à l'oreille de sa voix la plus sincère possible.
Son merci en réponse lui parut tout aussi faux que ses paroles à lui alors qu'elle se raidissait contre lui, mais il n'eut le temps de rien ajouter que derrière eux, le propriétaire des lieux se mit à se racler la gorge pour leur rappeler sa présence après plusieurs longues secondes d'étreinte, ce qui les obligea à se séparer l'un de l'autre, bien qu'à contrecœur. Ils passèrent ensuite rapidement à table, les amoureux côte-à-côte, et Killian face à la blonde.
Ils sortirent le champagne pour trinquer, mais lorsque vint le tour des deux camarades, la jeune femme fut incapable de regarder son vis-à-vis dans les yeux pendant qu'elle tapait son verre contre le sien. Toute cette retenue de sa part commençait à réellement inquiéter l'anglais, mais il ne pouvait pas lui en parler, pas devant Walsh. Il allait devoir attendre d'être seuls.
– Tu te souviens du jour où on a acheté cette robe ? demanda cette dernière à l'intention de son ami pour relancer la discussion.
– Bien sûr que oui je m'en souviens, c'était pour ma soirée de départ, quelques jours avant, répliqua l'autre sur-le-champ, bien qu'un peu gêné de parler de quand il était parti avec elle.
Mais elle ne sembla pas y prêter attention, ou du moins fit comme si de rien n'était, puisqu'elle continua ainsi, à ne converser presque qu'avec lui, se rappelant de nombreux souvenirs, comme si son petit-ami n'était pas là. Killian sentait bien que celui-ci se sentait de trop au milieu de leurs éclats de rire et autres blagues entre eux ou anecdotes qu'il ne comprenait pas, c'est pourquoi, pour ne pas se faire mal voir, il finit par demander :
– Comment est-ce que vous vous êtes rencontrés, tous les deux, au fait ?
– Je tiens un magasin de meubles ici, fut ravi de parler d'eux le châtain en attrapant la main de sa fiancée et la dévisageant avec amour alors qu'il faisait part de son récit, et Emma est venue me commander une table, un jour. Je suis tout de suite tombé sous son charme.
La blonde se contenta d'acquiescer ses propos de la tête, et d'esquisser un petit rictus en direction de son compagnon. L'anglais posa ensuite d'autres questions au couple, par rapport au mariage à venir et à la demande, et ce fut cette fois-ci Emma qui resta en retrait, muette, à écouter les deux hommes parler. Puis, tout à coup, n'en pouvant plus d'entendre ces conversations à son sujet, elle prit son verre et le termina d'une traite, avant de tendre la main pour le remplir à nouveau.
– Merde, désolée ! s'exclama-t-elle.
Alors qu'elle s'apprêtait à attraper la bouteille de champagne, elle fit malencontreusement tomber celui de son ami à ses côtés, faisant se déverser tout le contenu sur son pantalon. Elle offrit un sourire d'excuse au jeune homme, qui répondit par un simple lever de sourcil. Mais, avant qu'il ne puisse réagir davantage, elle se leva et s'exclama :
– Viens, je vais te montrer la salle de bain pour nettoyer ça.
Puis elle ne lui laissa pas d'autre choix que de la suivre, l'entraînant par la main et les enfermant tous les deux dans la pièce sous l'œil interrogateur de son compagnon.
– Qu'est-ce que tu fous ? put alors enfin lui demander Killian. Fais-moi pas croire que tu l'as pas fait exprès !
Il n'arrivait plus à comprendre la blonde, ni quel était son problème. Elle lui cachait quelque chose, et il était bien décidé à découvrir quoi. Cependant, à sa plus grande surprise, quand il posa son regard sur elle, il vit des larmes qui perlaient dans ses yeux.
– Emma ? se reprit-il d'une voix plus douce cette fois.
Cette dernière laissa alors tomber sa tête sur le torse de son ami, et il sentit ses larmes venir mouiller son T-shirt. Dans un geste de réconfort, il l'entoura de ses bras et caressa son dos jusqu'à ce qu'elle se calme. Il ne prononça pas la moindre parole, attendant qu'elle ne se confesse d'elle-même – si elle souhaitait lui parler de ce qui n'allait pas, bien entendu.
Il ne voulait pas la brusquer.
Enfin, après plusieurs minutes passées ainsi, elle releva la tête, et essuya rapidement ses pleurs d'un revers de la main avant de poser ses irises sur celles de son vis-à-vis. Honteuse, elle lui confessa :
– Je ne peux pas épouser Walsh.
Cette révélation étonna l'anglais, même s'il avait su dès le moment où elle lui avait annoncé la nouvelle que quelque chose se tramait. Il ne put pas non plus s'empêcher de se sentir soulagé, malgré la gravité de la situation et de l'état dans lequel celle-ci mettait sa meilleure amie.
– Pou… pourquoi ? voulut-il savoir.
– Pourquoi j'ai accepté, ou pourquoi je ne peux pas l'épouser ?
– Euh… les deux ?
– J'ai accepté dans un élan de colère, parce qu'il a osé insinuer que j'étais capable de le tromper, et que si je lui avais demandé du temps pour réfléchir, c'était parce que je voulais savoir avant si tu avais des sentiments pour moi, pour me décider sur lequel de vous deux j'allais choisir…
– Quel con, ne parvint pas à retenir son insulte Killian.
Il s'en voulut aussitôt – c'était le fiancé d'Emma, après tout – mais le petit rire qui s'échappa de la bouche de cette dernière suite à sa maladresse le rassura bien vite.
– C'est exactement ce que je lui ai dit… avant d'accepter de l'épouser, confessa-t-elle. Sauf que dès l'instant où les mots sont sortis de ma bouche, je l'ai regretté. Je pensais que c'était simplement la peur de m'engager, au départ, mais je crois avoir compris quel était le véritable problème…
Le brun s'arrêta de respirer, attendant la fin de sa phrase avec impatience. Elle le dévisageait d'une telle façon, si proche de lui et toujours entre ses bras, si bien lotie, qu'il était difficile pour lui de se retenir de ne pas se jeter sur elle pour l'embrasser et ne plus jamais la lâcher.
Elle allait dire que c'était lui, le problème, n'est-ce pas ? Qu'elle ne pouvait pas l'épouser parce qu'elle était totalement amoureuse de lui et personne d'autre ?
– Je ne suis pas prête, tout simplement, termina-t-elle son récit. C'est beaucoup trop tôt, et beaucoup trop tout court, pour quelqu'un comme moi. J'ai besoin de ton aide, Killian. Il faut que je trouve un moyen de revenir sur ma décision, sans le heurter, ni qu'il ne me quitte.
Mais Killian ne l'écoutait plus. Il avait l'impression que son cœur venait de s'arrêter de battre dès l'instant où elle avait recommencé à parler. Il avait tant espéré… pour rien.
Putains de faux-espoirs.
Parce que même si elle ne voulait plus – n'avait en fait jamais voulu – épouser Walsh, elle souhaitait toujours rester avec lui. Pire encore, elle lui demandait de l'aide, à lui, pour y parvenir.
C'était trop lui demander.
Et pourtant…
– Pourquoi ne lui dis-tu pas ce que tu viens de me dire ? proposa-t-il. Il te connaît, et sait certainement à qui il a affaire. S'il t'aime, il ne le prendra pas mal, et comprendra. Il restera. Après tout le mariage, ce n'est pas si important. Regarde Mary-Margaret et David, ils sont la parfaite représentation du véritable amour, et pourtant… ils n'ont pas encore franchi le pas, ni ne vivent même pas ensemble.
– Oui, enfin, ce n'est pas comme s'ils ne le voulaient pas, juste qu'ils ne le peuvent pas pour l'instant… rétorqua Emma. Tu crois vraiment ce que tu dis ?
– Bien sûr. S'il te quitte à cause de ça… c'est qu'il ne te mérite vraiment pas. Le mariage n'est pas la seule preuve que deux personnes veulent passer le restant de leur vie ensemble. Surtout quand ce n'est pas parce que tu es marié à quelqu'un que tu vas passer ta vie avec…
– Tu as raison, sembla rassurée la jeune femme.
Puis elle sourit, un véritable sourire cette fois, enfin, avant de prendre son ami dans ses bras.
– Merci, Killian, lui fit-elle, la tête toujours cachée dans le creux de son cou. Parfois, je me demande ce que je ferais sans toi… Comment j'ai pu tenir trois ans sans toi, sans te parler… Tu reviendras nous voir plus souvent, hein ?
Le corps de l'anglais se raidit à l'entente de ces paroles, et ce rappel de son départ proche. Bien sûr qu'il reviendrait. Il avait même bien l'intention de se réinstaller à Storybrooke, un jour ou l'autre. Mais pour l'instant, il n'avait pas envie de penser au moment où il devrait à nouveau faire ses aux revoir à son amie.
Parce que même si elle lui promettait le contraire, il avait toujours peur qu'elle ne change d'avis, et qu'elle ne se replie une seconde fois dans son silence face à son absence. Il avait peur de ne pas s'en sortir aussi bien, à présent. (Même si l'on ne pouvait pas vraiment dire qu'il s'en était « bien » sorti auparavant.) (Il ne comptait plus tous ces moments où il s'était soûlé pour oublier.)
(Pour l'oublier.)
Heureusement, il n'eut pas le temps d'y songer davantage, puisque Emma se sépara de son étreinte et, se rappelant de ce pourquoi ils étaient censés se trouver là, elle se hâta de rejoindre le lavabo et attrapa un gant de toilette qu'elle mouilla. Elle se replaça ensuite face au jeune homme et, se baissant, elle commença à frotter la tâche qui se trouvait sur son pantalon, en plein sur sa cuisse. Les yeux du bruns s'ouvrirent en grand suite à ce contact, et il ne put retenir un hoquet de surprise, avant de s'exclamer :
– Emma ! Qu'est-ce que…
– Je nettoie ta tâche, pour paraître crédibles aux yeux de Walsh quand on sortira, répliqua-t-elle en haussant les épaules, ne voyant pas la gêne que ressentait son ami.
Il demeura muet plusieurs secondes, fermant les paupières, essayant de se calmer. Puis il la pria :
– Arrête ça, s'il-te-plaît…
Elle releva un sourcil d'incompréhension, avant de s'exécuter quand elle aperçut ses joues rougies et sa main qui grattait le derrière de son oreille. Elle se remit alors à son niveau.
– Désolée, je ne pensais pas que ça te gênerait… s'excusa-t-elle.
La lueur de malaise dans les yeux de Killian changea tout à coup, en quelque chose de beaucoup plus dur, ce qui étonna Emma.
– Bien sûr que non tu ne pensais pas que ça me gênerait, lui asséna-t-il, à bout de nerfs, submergé par toutes ces émotions qu'il essayait de garder enfouies depuis trop longtemps, parce qu'on ne parle que de toi depuis que je suis revenu ! Ce que ça t'a fait à toi ces trois ans de séparations, ce que toi tu es devenue, tes problèmes actuels à toi… ce que toi tu as ressenti quand tu m'as embrassée ! Et moi, ce que je peux ressentir ? On s'en fout ! Tu as quelqu'un Emma, quelqu'un avec qui c'est assez sérieux pour qu'il considère vouloir t'épouser, alors tu ne peux pas avoir de tels gestes envers les autres… et surtout pas envers moi, laisse-moi aller de l'avant !
Puis, sans attendre de réponse, il quitta la salle de bain, et l'appartement, sans même un regard ou un merci pour Walsh. Emma elle resta dans la pièce seule un moment, bouche-bée.
Comment cela, aller de l'avant ? Aller de l'avant de quoi ?
Elle fut sortie de sa torpeur par l'arrivée de son compagnon, justement, qui ne comprenait pas ce qui était en train de se passer.
– Pourqu… voulut-il lui demander pourquoi leur invité s'en était allé ainsi, avant de voir la jeune femme debout au milieu de la pièce, des larmes perlant au coin de ses yeux. Emma ? Que se passe-t-il ? Est-ce qu'il t'a fait quelque chose ?
D'un revers de la main, elle essuya rapidement ses pleurs et tenta de retrouver un semblant d'attitude normale avant de répondre à son fiancé accompagné d'un faible sourire :
– Ce n'est rien. Il a… simplement reçu un message de son frère, qui avait besoin de lui.
Puis, sur ce mensonge, elle sortit des lieux et regagna le salon, rapidement suivie par le châtain, où ils finirent leur repas dans le silence le plus complet, la jeune femme complètement perdue dans ses pensées.
Laisse-moi aller de l'avant, se répétaient inlassablement à son esprit les derniers mots de son ami.
