Désolée pour l'attente, mais le prochain chapitre ne devrait pas tarder autant normalement (j'espère).
Sinon merci lulu, Laurie et mallowenn (je ne vais pas te promettre que ça va bientôt s'arranger pour Killian – ni pour Emma, d'ailleurs – parce qu'ils n'en ont pas fini d'avoir le cœur brisé, mais comme il le dirait si bien lui-même, « if it can be broken, it means it still works »… et qu'il peut être réparé ;)) pour vos reviews, et à tous les nouveaux follows/mises en favori !
Emma était allongée sur le petit matelas du Joyau, à attendre que Killian ne la rejoigne. Elle regardait la télévision pour patienter, mais se trouvait davantage absorbée par ses propres pensées que par ce qu'il se déroulait à l'écran devant elle.
Tellement absorbée, même, que lorsqu'une porte s'ouvrit enfin, elle sursauta, vivement ramenée à la réalité par le bruit avant de détourner le regard en direction de celui-ci, et de se retrouver nez-à-nez avec le brun, seulement vêtu d'une serviette autour de la taille et les cheveux encore mouillés par la douche qu'il venait de prendre. Il ne semblait pas étonné le moins du monde de la voir ici, dans son bateau.
Au contraire – il lui offrit un doux sourire et s'empressa de venir s'installer sur le lit. Une fois à ses côtés, il caressa tendrement sa joue, son rictus toujours bien présent sur ses lèvres, qui étaient proches du visage de la jeune femme, d'ailleurs, si proches, et elle ferma les yeux pour davantage apprécier ce contact.
– Pourquoi est-ce que tu ne m'as jamais demandé de rester avec toi ? la questionna-t-il, murmurant à son oreille, les paupières à présent closes, lui aussi. Pourquoi est-ce que tu ne m'as pas dit ce que ce baiser qu'on a partagé représentait réellement pour toi ? On n'aurait pas perdu tout ce temps loin l'un de l'autre… Je ne serais jamais parti. Je serais resté, comme maintenant.
Ce fut au tour d'Emma de sourire cette fois, à l'entente de cette dernière phrase. Savoir qu'elle n'aurait plus jamais à lui dire au revoir… c'était certainement le meilleur sentiment au monde.
(Ou peut-être était-ce plutôt de savoir qu'il l'aimait ?)
C'est pourquoi, pour toute réponse, elle qui n'avait jamais été avide de grands discours se contenta de mettre fin aux quelques centimètres qui la séparaient de son ami – de son amant ? – et fit ce qu'elle se retenait de faire depuis qu'elle avait reposé ses yeux sur lui pour la première fois en trois ans : elle l'embrassa. Killian parut réticent au premier abord, certainement parce que Walsh faisait toujours partie du tableau, pour l'instant (plus pour longtemps) mais il finit bien vite par répondre à son baiser ; après tout, lui aussi avait attendu ce moment avec impatience, il l'avait tant de fois imaginé, et avait presque arrêté d'y croire, à force.
Sentant que le jeune homme venait enserrer ses mains autour de sa taille pour la retenir contre lui, la blonde laissa les siennes parcourir son torse, l'un comme l'autre ne voulant plus se lâcher maintenant qu'ils se laissaient enfin aller. Toutefois ils furent forcés de se séparer quelques secondes, mais se retrouvèrent à nouveau bien vite.
Et, dans leurs mouvements, le seul « vêtement » que portait l'anglais se détacha, le faisant se retrouver nu contre Emma. Ce n'était, à vrai dire, pas la première fois qu'elle l'apercevait ainsi (elle l'avait surpris sans le vouloir, un jour, plusieurs années auparavant alors qu'elle était entrée dans sa chambre sans prévenir – ce n'était pas en orphelinat qu'ils avaient pu apprendre ce qu'était l'intimité) mais la situation ici était bien différente, beaucoup plus appréciable.
Il ne fut cependant pas le seul à se retrouver dans ce cas puisque bientôt, ce fut au tour de la jeune femme de se voir déshabillée, les deux amants découvrant le corps de l'autre entre autres baisers et caresses, prêts à commettre l'irréparable malgré les nombreuses fois où l'anglais se stoppa dans ce qu'il faisait pour demander à son amie si elle était sûre d'elle, questions auxquelles l'intéressée répondit à chaque fois par l'affirmative, plus certaine que jamais elle ne l'avait été.
Après une dernière invitation de sa part, il se positionna au-dessus d'elle, ne la lâchant jamais de son regard océan, et…
« … hold me like I'm more than just a friend, give me a memory I can use, take me by the hand while we do what lovers do… »
Emma se réveilla en sursaut, et en sueur, complètement perdue. Il lui fallut plusieurs secondes pour comprendre que la musique qui l'avait sortie de ses songes n'était rien d'autre que celle de son réveil, qu'elle se précipita d'éteindre. Une fois ceci fait, elle put se rendre compte qu'elle se trouvait bel et bien dans un lit, oui, mais que celui-ci était beaucoup plus grand que celui dans lequel elle pensait être. Et que l'homme à ses côtés ne ressemblait en rien à Killian.
C'était son fiancé, évidemment…
Elle poussa un long soupir, tentant de reprendre ses esprits, avec difficulté néanmoins puisque des images de son rêve restaient encore bien présentes à son cerveau. Elle se passa une main sur le visage, comme si ce geste allait aider d'une quelconque manière à les faire disparaître. Trois jours avaient passé depuis le fameux soir où elle avait invité son camarade à dîner suite à la demande de son compagnon, et depuis trois nuits, elle faisait ce même songe, qui ne cessait de la troubler un peu plus à chaque fois.
(Pour être honnête, elle en avait fait des similaires dans les semaines suivant son départ, mais ceux-ci s'étaient arrêtés dès lors qu'elle avait commencé à fréquenter son petit-ami actuel. Du moins, sauf lorsqu'elle se mettait à douter de lui et de leur relation – étrangement, lors de ces moments, ils refaisaient surface, ce qui n'était vraiment pas un bon moyen de réfléchir correctement à ses problèmes.)
C'était aussi sans compter sur la frustration de ses levers, toujours au même passage, juste avant qu'ils n'atteignent le point de non-retour de l'infidélité (même si l'on ne pouvait pas dire que ce qui se passait avant était innocent). C'était comme si son subconscient lui interdisait de la laisser s'aventurer sur de tels terrains, bien trop dangereux.
Et qui ne lui ressemblaient pas, de toute façon. S'il devait se passer quoi que ce soit avec Killian, un jour, elle quitterait proprement Walsh avant, par respect pour lui.
Mais à quoi bon y penser ? Il ne se passerait jamais rien. Et elle ne souhaitait pas qu'il se passe quelque chose – elle était bien, avec le châtain, malgré sa réticence à l'épouser.
Ce qui n'avait rien à voir avec son ami. Du tout.
Pourtant, cette vision d'eux ensemble, de leurs corps qui se frôlent, de leurs lèvres qui se touchent, de leurs mains qui se cherchent, ne cessaient de faire remonter à la surface des souvenirs – et surtout, des sentiments – qu'elle avait tant bien que mal voulu garder enfouis au plus profond de son être. Des mois durant elle s'était persuadée qu'elle ne ressentait rien pour lui, essayait en vain de se le persuader encore, mentait aux autres, se mentait encore davantage à elle-même, mais depuis son retour, il était de plus en plus compliqué de (se) le cacher : elle aimait toujours l'anglais, c'était inévitable.
Car bien sûr que oui, elle l'avait aimé. Bien évidemment que non, leur baiser n'avait pas été « juste un baiser » comme elle lui avait fait croire. C'était une supplication, qu'il reste à ses côtés.
Mais cela n'avait pas marché. Il n'avait pas compris. Ou il n'avait simplement pas voulu.
Et voilà qu'il était de nouveau là, avec ses sous-entendus comme quoi lui aussi, il serait toujours aussi amoureux (« laisse-moi aller de l'avant », sérieusement, n'avait-il pas mieux comme demande à lui faire ?), et elle était fiancée. Alors à quoi bon accepter ce qu'elle ressentait pour lui ?
Ce ne serait que souffrances, pour tout le monde.
Surtout quand d'ici cinq jours, il allait disparaître, encore une fois. Il n'était pas resté trois ans plus tôt ; il était donc évident qu'il ne resterait pas non plus cette année, quoi qu'il en soit.
– Bonjour, mon amour, fut-elle tout à coup sortie de ses pensées déstabilisantes par la voix de son compagnon, justement. Bien dormi ?
Tout en prononçant ces tendres paroles, il s'approcha encore un peu plus d'elle pour l'embrasser, un doux sourire porté aux bord des lèvres, et posa sa main sur sa cuisse dénudée, qu'il laissa remonter le long de cette dernière. Par réflexe, sans même le vouloir, elle se détacha de son emprise, son rêve toujours bien trop présent à son esprit pour se laisser faire.
– Quelque chose ne va pas ? fut surpris l'autre par sa vive réaction.
– Non, je… désolée, juste… pas ce matin, je suis déjà en retard, fit-elle pour toute excuse.
Puis elle se hâta de quitter les draps afin d'éviter d'avoir à se justifier davantage, non sans tout de même déposer un rapide baiser sur les lèvres de l'homme à ses côtés pour se faire pardonner, qui ne cacha pas sa déception de la voir ainsi le quitter.
Trois jours qu'elle ne le touchait plus, et refusait qu'il la touche.
Quand il finit par apparaître dans la cuisine quelques minutes plus tard, il la trouva buvant son éternel chocolat chaud à la cannelle et crème fouettée, visiblement en pleine réflexion. En effet, elle était en train de se dire qu'elle devait lui avouer qu'elle ne pouvait plus l'épouser – trois jours d'attente avaient déjà été trois jours de trop. Il fallait qu'elle trouve le courage de l'affronter, avant que les choses (et ses rêves) ne deviennent totalement ingérables.
(Parce que oui, elle essayait encore de se persuader que si elle songeait ainsi à Killian, c'était à cause de ses problèmes de couple, et non pas parce qu'elle avait réellement envie de lui, et qu'il ne parte pas de Storybrooke pour enfin donner une chance à leur histoire.)
Le châtain se prépara un tasse de café après avoir embrassé sa belle dans les cheveux, puis vint la rejoindre autour de la table, où un silence pesant s'installa entre deux durant plusieurs secondes. Ce fut finalement Walsh qui le brisa, au même instant où sa fiancée venait de trouver la force de prendre la parole – elle dut donc attendre encore.
– Au fait, s'adressa-t-il à elle d'un ton faussement innocent, j'avais une question à te poser depuis l'autre jour, mais j'oublie à chaque fois de le faire. Il a une copine, Killian ?
L'intéressée, qui ne s'attendait clairement pas à une telle interrogation, fut prise de court par celle-ci, et manqua de peu de s'étouffer avec sa boisson à l'entente de celle-ci. Cette possibilité ne lui avait jamais traversé l'esprit ; elle était partie du principe que non, et n'avait pas cherché à en savoir davantage sur la vie privée de l'anglais.
(On ne parle que de toi depuis que je suis revenu, lui avait-il asséné trois jours auparavant. Elle comprenait son énervement, à présent, et ce dont il voulait parler.)
Mais si elle ne lui demandait pas comment se passait sa vie en Angleterre, c'était tout simplement parce que c'était trop douloureux que de se rendre compte qu'il avait pu se reconstruire un chez-lui ailleurs, loin de ses camarades.
Loin d'elle, surtout.
Elle avait peur de lire le bonheur dans ses yeux alors qu'il s'exprimerait sur ses nouveaux amis, et les nouveaux lieux qui l'entouraient. Qu'il lui apprenne, comme venait de la questionner Walsh, qu'il avait quelqu'un avec qui partager son quotidien ; quelqu'un qui n'était plus elle.
(Car même s'ils n'avaient jamais été ensemble, ils partageaient tout, avant.)
C'est pourquoi elle répliqua, la boule au ventre, par peur de ce qu'elle pourrait découvrir – car s'il lui posait cette question, c'était sûrement à cause d'une information qu'il aurait eue et pas elle :
– Euh non je ne crois pas. Je ne l'ai pas entendu en parler, en tout cas. Pourquoi ?
– Ah, c'est bizarre, parce qu'il m'a demandé des conseils par rapport à ma demande pendant qu'on t'attendait l'autre soir, où j'avais acheté ma bague, comment je m'y étais pris, savoir quand était le bon moment… Il m'avait tout l'air d'avoir envie de passer le pas, lui aussi, même s'il ne me l'a pas énoncé clairement, ni parlé de qui que ce soit – on ne se connaît pas, après tout. Alors peut-être a-t-il simplement oublié de te faire part d'une possible relation ?
La blonde ne sut pas ce qui lui brisa le plus le cœur à l'entente de ces paroles. Que son meilleur ami ait préféré parler d'un projet aussi important avec son compagnon plutôt qu'avec elle, ou simplement qu'il ait quelqu'un dans sa vie – quelqu'un avec qui c'était sérieux au point qu'il veuille l'épouser.
Quelqu'un auprès de qui il allait rentrer d'ici cinq jours, maintenant.
Même sans cette nouvelle, il l'avait bien informée dès le départ, pour ne pas qu'elle s'imagine quoi que ce soit, qu'il repartirait à la fin du mois, mais elle n'avait pu s'empêcher d'espérer qu'il finirait par changer d'avis après son séjour avec ses camarades, que les revoir lui ferait prendre conscience que c'était à leurs côtés qu'il appartenait. Mais voilà qu'avec ce qu'elle apprenait, toute chance pour que ce soit le cas s'envolait en éclats. Sa famille se trouvait en Angleterre, et nulle part ailleurs.
Plus jamais il ne se réinstallerait définitivement à Storybrooke.
Pire encore, elle lui en voulait de lui avoir fait croire des choses fausses. Pourquoi lui avait-il demandé de le laisser aller de l'avant (ce qu'elle faisait, bien qu'à contrecœur, depuis trois jours puisqu'ils ne s'étaient pas revus ni adressé la parole), sous-entendant qu'il l'aimait encore (qu'il l'avait aimée un jour) alors qu'en fait, il avait déjà quelqu'un avec qui il partageait sa vie ?
Elle ne comprenait plus rien. Il lui devait des explications.
C'est pourquoi, oubliant sa bonne résolution de parler à Walsh – il pourrait attendre quelques heures de plus, après tout – elle rangea son bol dans le lave-vaisselle une fois celui-ci terminé et fit à son fiancé, changeant tout à coup de sujet sans prendre la peine de répondre à ses dires précédents :
– Je… je vais rentrer chez moi aujourd'hui, si ça ne te dérange pas. J'ai promis à Ruby et Mary-Margaret d'être là pour faire les courses avec elles pour notre fête d'Halloween, tu te souviens ?
C'était un mensonge – du moins, en partie – et elle s'en voulait pour cela mais elle ne pouvait décemment pas lui montrer à quel point cet aveu qu'il venait de lui faire l'avait touchée. Elle se hâta donc de rassembler ses affaires et quitta l'appartement, se dirigeant en trombe jusqu'à celui de Liam, où elle savait que son ami logeait.
Quand elle frappa à la porte, ce fut le bouclé qui lui ouvrit. Et, contrairement à d'habitude, lui qui était toujours si content de la voir chez lui, son visage se durcit quand il reconnut qui lui faisait face, et il lui demanda d'un ton froid :
– Qu'est-ce que tu veux ?
– Je… j'aimerais parler à Killian, expliqua l'autre en bégayant, surprise qu'il l'accueille d'une telle manière sèche.
– Il est occupé, lui apprit le brun, sans se radoucir.
– Ah…
Puis, à ce mot, elle fit mine de s'en aller, se rendant bien compte que sa présence n'était pas des plus appréciées. Mais, à son grand étonnement, Liam l'arrêta dans sa marche. Certes, il en voulait à Emma de faire du mal à son frère et de jouer (sans le vouloir) avec ses sentiments – bien entendu qu'il lui avait raconté tout ce qui s'était passé entre eux – mais il voyait aussi parfaitement que ce dernier n'en pouvait plus de ce silence qui s'était installé entre eux depuis leur dernière interaction, et qu'il avait peur que ce qu'il s'était passé trois ans auparavant se répète.
Il l'invita donc à rentrer en attendant que l'anglais n'apparaisse. Ils demeurèrent d'abord muets, tous deux assis sur le canapé autour d'un verre à patienter, jusqu'à ce que le propriétaire des lieux ne prenne enfin la parole, laissant s'échapper sa pensée :
– Tu ne mérites vraiment pas mon frère.
– Pardon ?! s'étonna Emma.
– Tu ne mérites pas mon frère, répéta l'intéressé d'un ton neutre.
– Et pourquoi ça ? voulut savoir la jeune femme, heurtée par une telle accusation.
– Killian s'en veut pour ce qui s'est passé entre vous l'autre soir, mais il m'a expliqué, et je ne suis pas d'accord avec lui. C'est de ta faute.
– Ma faute ?! Je veux bien que ce soit de ma faute si j'ai un peu trop abusé de notre proximité, qui ne l'a jamais dérangé avant, d'ailleurs, et c'est peut-être aussi de ma faute si l'on ne parle jamais de sa vie en Angleterre… mais ce n'est pas de ma faute s'il ne m'a pas prévenu qu'il voulait se marier, lui aussi !
– Il… QUOI ?! s'écria son interlocuteur, sous le choc de ces dires qui ne pouvaient être vrais, selon lui.
– Toi non plus, tu n'étais pas au courant ? Il en aurait apparemment parlé avec Walsh quand on l'a invité à dîner. Il faut croire qu'ils sont devenus grands amis, tous les deux…
Liam demeura silencieux, incapable de répondre quoi que ce soit. Il ne pouvait pas y croire. Il devait y avoir une explication à tout cela – ce n'était pas dans le caractère du brun que de considérer épouser une femme alors qu'il était amoureux d'une autre. Son cœur n'appartenait qu'à une personne à la fois et quand il aimait quelqu'un, ce n'était pas qu'à moitié.
Cependant, il n'eut rien le temps de répliquer, puisqu'il l'intéressé apparut justement dans leur champ de vision, sortant de sa douche, les cheveux encore mouillés et vêtu d'une simple serviette autour de sa taille, lui qui ne s'imaginait pas avoir d'invitée à l'appartement.
Lorsque le regard d'Emma se posa sur lui, elle crut qu'elle s'était endormie tant la scène qui s'offrit à elle lui rappela son rêve, ce qui fit virer ses joues au rouge en y repensant. Mais cette fois, il parut véritablement surpris de la voir là, puisqu'il l'interrogea :
– Emma ?! Qu'est-ce que tu fais ici ?
– Je… je…
Il lui fallut un certain temps pour se concentrer à nouveau, et se rappeler les reproches qu'elle voulait lui faire, déconcentrée par les images qui venaient hanter son esprit, et qu'elle essayait de faire se dissiper. Mais une fois que ce fut fait, elle se leva d'un bond du canapé et se rapprocha de son amie, un doigt pointé sur son alors alors que leurs deux visages ne se trouvaient qu'à quelques centimètres et qu'elle lui assénait, énervée :
– Pourquoi est-ce que tu ne m'as rien dit ?! Je sais que tu pense qu'on ne parle que de moi depuis ton retour, mais quand même, tu aurais pu le faire sans attendre que je te pose la question… Ça m'aurait évité d'apprendre la nouvelle par Walsh, quelque chose d'aussi important ! Même Liam a l'air de ne pas être au courant. Pourquoi est-ce que tu nous as caché ça ? Ça y est, tu es parti, tu as refait ta vie, tu vas te marier, alors maintenant on n'est plus rien pour toi ? Si c'est le cas, tu aurais mieux fait de ne pas revenir, et de rester auprès de ta copine, tu sais. On s'en sortait très bien sans toi. On s'en sortait même beaucoup mieux.
Killian dévisagea sa camarade les yeux grands ouverts, touché en plein cœur par ses mais aussi ne comprenant rien à ce qui était en train de se passer. Pourquoi lui parlait-elle d'une copine, et de mariage ?! C'était absurde, et totalement faux. Qu'avait bien pu lui raconter Walsh ?
Il la questionna donc :
– De quoi est-ce que tu parles ? Je n'ai personne qui m'attend en Angleterre, et encore moins quelqu'un que je veux épouser là-bas. Qu'est-ce que t'a raconté Walsh ?!
Il soupira, déçu. Dire qu'il avait cru réussir à faire taire les doutes dans l'esprit du petit-ami de la jeune femme, et se faire accepter par lui… Il fallait croire qu'il s'était complètement trompé.
De son côté, Emma le scruta de ses irises émeraude – elle avait un don qui lui permettait de voir quand quelqu'un lui mentait (et qui, apparemment, ne marchait pas tout le temps puisqu'elle n'avait pas détecté le mensonge de Walsh, certainement trop déroutée par ses dires). Tout ce qu'elle pouvait lire dans les yeux de l'anglais n'était rien d'autre que de la sincérité. Elle se sentit alors bête, tout à coup, de s'être ainsi emportée – pour rien, finalement.
– Ah… fut-elle simplement capable de répliquer. Je… excuse-moi.
– Ce n'est rien, lui offrit ses bras le brun pour toute réponse, lui qui en avait marre qu'ils se battent.
Cependant, au fond de lui, il ne put s'empêcher de penser que cet accès de colère était dû à une certaine jalousie de la part d'Emma envers une potentielle fiancée pour lui… Mais il se sortit bien vite cette pensée de la tête. Ils n'étaient qu'amis, il fallait qu'il arrête de croire en la possibilité de plus, surtout maintenant qu'il lui avait demandé de le laisser aller de l'avant. Il ajouta d'ailleurs à ses dires, une fois son amie blottie entre ses bras :
– Moi aussi je suis désolé, pour l'autre soir, ce que je t'ai dit, et d'être parti…
L'intéressée demeura muette. Elle ne voulait pas se rappeler de ce qui s'était passé. Elle souhaitait simplement profiter de l'instant, et de son ami. Elle non plus ne supportait plus toute cette tension. Elle voulait que tout redevienne comme avant, quand tout était si facile, entre eux. Lorsque rien ne pouvait se mettre en travers de leur chemin.
Un raclement de gorge les ramena à la réalité et les força à se séparer après plusieurs minutes d'une longue étreinte. C'était Liam, qui commençait à se sentir de trop, mais qui préférait rester dans la pièce, pour ne pas que les choses s'enveniment encore entre eux maintenant qu'ils avaient l'air d'avoir mis les choses au clair. Et puis, ils avaient des projets pour la journée, avec son frère, qui n'allaient pas avancer s'ils ne se dépêchaient pas.
– Killian, l'interpella-t-il donc, tu te rappelles qu'on avait prévu de passer l'après-midi à naviguer ensemble ?!
Ce fut Emma qui répondit, gênée, sans trop lâcher l'anglais pour autant, ni détourner son regard de lui :
– Oh, désolée, je vais vous laisser vous préparer, alors…
– Tu pourrais venir avec nous ? proposa Killian, qui ne voulait pas voir sa camarade disparaître à nouveau.
Cette dernière hésita un instant, mais devant l'air peu enclin de partager ce moment avec elle du bouclé, et ce qu'elle-même avait prévu de faire – sans compter les explications qu'allait devoir lui donner son petit-ami sur l'histoire qu'il avait inventée autour du brun – elle refusa à contrecœur.
– Non merci, je… j'ai des choses à régler avec Walsh.
Puis, à ces mots, elle fit un signe d'au revoir aux deux frères, et quitta l'appartement. Le plus vieux, quand il rencontra les irises de son cadet, secoua la tête, exaspéré, et le prévint :
– Ne rêve pas, elle n'est pas partie le quitter parce qu'elle vient de réaliser qu'elle a des sentiments pour toi. Elle va sûrement lui demander pourquoi il lui a menti.
La phrase en anglais est une parole de la chanson All I Ask d'Adele (qui est d'ailleurs une grande inspiration pour cette histoire), et dont la traduction serait :
« … serre-moi comme si j'étais plus qu'une simple amie, donne-moi un souvenir que je puisse garder, prends-moi par la main pendant que nous faisons ce que font les amants… »
