J'ai été inspirée, finalement, alors voici un nouveau chapitre ! Qui est véritablement le dernier, cette fois, puisque j'ai aussi terminé l'épilogue.
(La fin n'arrivera donc pas dans très longtemps, sûrement dans le courant de la semaine prochaine.)
mallowenn : il faut croire que ton souhait a été entendu, puisque le voilà, le chapitre de plus demandé ! En espérant que tu ne restes pas sur ta fin avec celui-ci cette fois ;) Et en tout cas merci beaucoup pour ta review, et toutes tes précédentes, toujours grandement appréciées.
Quelques jours plus tôt…
Suite au départ précipité d'Emma, et après avoir plus ou moins assimilé ses dures et injustes paroles et rassemblé ses esprits, Killian quitta à son tour le Joyau du Royaume. Il ne partit cependant pas à la recherche de la jeune femme pour autant – il avait pertinemment conscience qu'elle avait besoin d'être seule, en ce moment, et que la confronter à nouveau maintenant ne mènerait à rien de bon, surtout au vu de ce qu'elle lui avait asséné. Comme elle le lui avait si bien fait comprendre, ce qu'elle attendait de lui, c'était des preuves.
Et il comptait bien les lui donner. Lui montrer qu'il était vraiment sincère, et tout à fait sérieux, lorsqu'il lui faisait part de son intention de rester à Storybrooke, avec elle.
Quand il lui disait qu'il l'aimait.
C'est pourquoi, sans perdre une seconde de plus et d'un pas décidé, il se rendit chez son frère, où il prit à peine le temps de le saluer avant de rassembler quelques documents qu'il avait précieusement rangés à son arrivée pour être sûr de ne pas les perdre, dont son billet d'avion pour l'Angleterre, et qu'il emporta avec lui jusque dans sa chambre alors qu'il composait un numéro sur son portable.
Mais, avant qu'il ne puisse s'y enfermer totalement, le bouclé l'interpella, intrigué.
– Qu'est-ce que tu fais ? le questionna-t-il. Qui appelles-tu de si bon matin ?
– J'annule mon vol retour, expliqua l'autre en un sourire malicieux.
Puis, sans laisser l'occasion à Liam de réagir, alors qu'il s'apprêtait pourtant à répliquer quelque chose, visiblement pris de court par cet aveu, il s'empressa de faire claquer la porte entre eux afin de s'accorder davantage d'intimité et de calme durant son appel. Il ne put toutefois pas échapper à l'inquisition du jeune homme lorsqu'il raccrocha quelques minutes plus tard et rejoignit le salon.
– N'interprète pas mes propos de la mauvaise manière, j'en suis véritablement ravi, mais… pourquoi tu restes ? Qu'est-ce qui t'a fait changer d'avis ?
– Tu devrais me demander qui, plutôt. Parce que c'est Emma.
– Ah, alors finalement ça s'est bien passé entre vous hier soir, malgré l'état dans lequel on l'a trouvée quand elle est venue te chercher sur le bateau ?
Pour toute réponse, son interlocuteur lui raconta en détails tout ce qui s'était passé entre eux la veille, et le matin-même, ainsi que la décision que tous ces événements l'avaient mené à prendre. L'autre l'écoula attentivement, sans jamais l'interrompre, jusqu'à ce qu'il eut terminé son récit et se taise enfin. Il ne lui posa alors qu'une unique question, afin de savoir s'il ne faisait pas une erreur, si c'était vraiment ce qu'il souhaitait, après tous les problèmes créés entre les deux amoureux depuis le retour de l'anglais en ville :
– Es-tu sûr que cette fois, c'est la bonne ?
– Absolument certain, répliqua l'intéressé avec une assurance déconcertante.
Il n'en fallut pas plus pour le bouclé, qui avait une totale confiance en son cadet et ses actions – s'il croyait que c'était la bonne chose à faire pour lui, alors ce l'était. Il se contenta donc de s'approcher de lui, et le prit dans ses bras en une longue et chaleureuse étreinte.
– Je suis tellement heureux, se confia-t-il, de ne pas avoir à te dire au revoir à nouveau, si tu savais, petit frère…
– Jeune frère, tu voulais dire, non ? se moqua gentiment son cadet.
Cette pique lui valut les rires du plus vieux, et un coup de poing amusé sur l'épaule. Puis, quand ils furent tous deux calmés, leur sérieux revenu, il ajouta, touché :
– Moi aussi je suis heureux de ne plus avoir à te quitter.
Liam lui offrit un sourire en retour, et une nouvelle étreinte. Les frères Jones étaient à nouveau réunis. Pour longtemps cette fois.
Dès le lendemain de la décision prise par Killian, tout un plan fut mis en place par les deux frangins et quelques uns de leurs plus proches camarades afin que la surprise soit complète. Ils se mirent d'accord pour que les retrouvailles se passent au Jolly Roger, l'endroit même où ils s'étaient revus pour la première fois lors de son anniversaire, durant le soir d'Halloween, où il était prévu que le groupe se rende dans la nuit pour rendre visite au barman. Elsa avait été désignée pour forcer l'autre blonde à les y accompagner, au cas où elle refuserait d'y aller – ce qui serait fort probable, au vu de son état mental actuel qui était, il fallait l'avouer, au plus bas.
Ils avaient tout préparé, dans les moindres détails, pour que ce soit parfait.
Mais, malgré l'excitation que le montage de ce stratagème apportait avec elle, l'anglais n'arrivait pas à se sentir entièrement de bonne humeur. Il avait été prévenu de source sur que son amie passait la plupart de son temps à se morfondre sur son canapé, sans accepter de sortir ni voir personne, et cette simple pensée lui brisait le cœur. Il aurait tellement souhaité pouvoir aller lui rendre visite, et la consoler comme il avait toujours été l'un des meilleurs à le faire.
Il savait néanmoins que tant qu'elle ne l'aurait pas en face de lui le soir de son supposé départ, elle refuserait catégoriquement de le croire, par peur d'être déçue à la fin. Il ne ferait donc qu'aggraver les choses, à lui faire penser qu'il ne cessait de lui donner des faux espoirs, et de remuer le couteau dans la plaie, en lui répétant ses promesses en boucle.
Alors il patientait, du mieux qu'il le pouvait, en attendant le jour-J.
Qui, bien heureusement, vint beaucoup plus rapidement qu'il ne l'avait imaginé.
C'était une journée très chargée qui avait été prévue pour lui, ce qui ne le dérangea pas le moins du monde, au contraire. Cela lui permit de lui occuper l'esprit jusqu'au soir.
En effet, il dut d'abord, le matin-même, feindre son départ, pour que ceux qui n'avaient pas été mis au courant du fin mot de l'histoire n'en pipent pas mot à la principale intéressée – notamment Mary-Margaret qui, il en était de notoriété public, n'avait jamais su garder le moindre secret. Il aida ensuite, dans l'après-midi, son frère à décorer son bar aux couleurs d'Halloween pour la fête.
Il ne rentra ainsi à l'appartement de ce dernier qu'après avoir partagé un dîner ensemble, en début de soirée, alors qu'il faisait déjà nuit au-dehors. Il ne lui restait plus qu'à patienter jusqu'au moment où Liam lui enverrait un message pour le prévenir de l'arrivée d'Emma et leurs autres amis au Jolly Roger pour qu'il puisse s'y rendre à son tour.
Alors, en attendant, il s'assit devant la télévision face à l'un des films d'horreur qui passaient en cette occasion puis, une fois ce dernier terminé, il partit se préparer tranquillement. Il ne put s'empêcher de se sentir nostalgique lorsqu'il sortit son costume de la penderie ; c'était celui d'un pirate, une version revisitée du Capitaine Crochet, qu'il avait choisi en souvenir de ses nombreux jeux de rôles avec sa meilleure amie, quand ils n'étaient encore que des enfants.
Il reçut le SMS tant attendu peu de temps après qu'il soit fin prêt, eye-liner aux yeux et crochet à la main. Il se hâta donc hors du bâtiment, et se dirigea d'un pas actif vers le bar, qui ne se trouvait qu'à quelques bonnes quinze minutes de marche à pied. Toutefois, puisque pour s'y rendre, il devait passer par le port, il décida de s'y arrêter un instant, afin de contempler l'horizon.
Il ne le disait peut-être pas, mais il ne pouvait s'empêcher d'appréhender le moment de ses nouvelles – et dernières, il l'espérait, puisque cela voudrait dire qu'ils n'auraient plus à se quitter – retrouvailles avec la blonde. Au fond de lui, il ressentait une peur que tout ne se passe pas comme prévu, qu'elle le rejette malgré tout, que ce n'était pas ce dont elle parlait lorsqu'elle lui avait demandé de lui prouver sa sincérité. Alors il chercha un peu de réconfort auprès de l'océan.
Qui eut un effet immédiat sur lui, comme à chaque fois qu'il le contemplait. C'est pourquoi, rapidement il reprit sa marche, à nouveau plein d'espoir. Tout allait se passer à merveille.
Il hésita cependant à nouveau plusieurs secondes face à la porte une fois arrivé devant le Jolly Roger, comme la première fois qu'il était venu ici depuis trois ans quelques jours plus tôt.
Tant de choses s'étaient déroulées en si peu de temps passé…
Il prit une grande inspiration pour se donner du courage, et la poussa finalement, au même instant où quelqu'un s'apprêtait à faire de même de l'autre côté. Du moins, pas un simple quelqu'un, non.
Emma.
– Killian ?! fut le seul mot capable de sortir de sa bouche quand elle le reconnut.
Elle paraissait vraiment surprise de le voir là ; elle ne s'y attendait visiblement pas. Mais, au vu des étoiles qui se mirent à briller dans ses irises dès lors qu'elles se posèrent sur les siennes, Killian comprit que c'était une bonne surprise. Qu'elle était heureuse de le voir.
Alors, mis à l'aise par cette vision, il répliqua, tout sourire :
– Hey, love. Je t'ai manqué ?
Elle ne prit pas la peine de prononcer la moindre parole. A la place, elle se jeta dans le bras de son vis-à-vis pour s'assurer qu'il était bien là, que ce n'était pas une simple farce de son cerveau, si fort que, dans sa course, elle le poussa hors du bar, et la porte se referma derrière eux, les laissant en toute intimité seuls au milieu de la rue. Les larmes se mirent à couler à flots le long de ses joues dès lors qu'elle passa ses mains derrière son cou pour s'accrocher à lui.
Il l'avait fait. Il n'était pas parti. Il lui avait prouvé ses bonnes intentions.
Rien ne pourrait lui faire plus plaisir que cela.
– Qu'est-ce que… qu'est-ce que tu fais là, comment ça se fait ? l'interrogea-t-elle tout de même entre deux sanglots pour en avoir la certitude, se détachant légèrement de son étreinte pour pouvoir le regarder droit dans les yeux tandis qu'il lui donnait sa réponse.
– J'ai annulé mon vol. Je ne pars plus, Emma. Tu m'as demandé une preuve, eh bien… la voilà.
Il n'en fallut alors pas davantage pour la blonde, qui n'hésita pas une seconde à déposer, comme elle en avait tant de fois rêvé, comme elle avait tant de fois eut envie de recommencer depuis trois ans, comme elle en avait tant de fois été empêchée, ses lèvres contre celles du brun. Cette fois, personne l'était là pour la déranger.
Les déranger.
Bien entendu l'anglais répondit immédiatement à son baiser, la soulevant par le même temps dans les airs pour la rapprocher encore davantage de lui, incapable de la lâcher. Il fut ensuite décidé, d'un commun accord visuel, de se rendre à l'appartement le plus proche (celui de la jeune femme) pour éviter d'être à la vue de tous – ils souhaitaient n'être que tous les deux, pour l'instant.
Killian ne lâcha pas sa bien-aimée de tout le trajet, continuant à s'embrasser autant que leur souffle leur en permettait. Puis, une fois à l'intérieur du lieu de vie, ils ne perdirent pas leur temps.
Ils en avaient déjà gaspillé assez.
C'est pourquoi le brun déposa avec délicatesse Emma sur le canapé, ne prenant pas la peine de faire quelques mètres de plus pour se rendre dans sa chambre, et se positionna au-dessus d'elle, la couvrant de baisers entre deux sourires et mots doux qui lui étaient tous destinés. C'était encore plus beau que ce qu'il avait espéré.
Quoique…
Alors qu'ils essayaient tant bien que mal de se débarrasser de leurs déguisements – qui n'étaient visiblement pas les vêtements les plus pratiques qu'ils aient pu revêtir de toute leur vie –, soudain la porte d'entrée s'ouvrit, et ils se retrouvèrent face aux colocataires de la blonde, ainsi que leur moitié, qui revenaient de la soirée au bar. D'un bond Killian se releva de sa belle, et du canapé. Une fois debout et ses habits plus ou moins remis en place, il commença à se gratter nerveusement le derrière de l'oreille, tandis que l'autre homme s'écriait d'un ton quelque peu choqué :
– Emma ?!
– Killian ?! ajouta en même temps sa compagne, surprise.
Après tout, elle ne savait pas que l'anglais était censé se trouver là. Cette synchronisation dans leur étonnement permit à tout malaise de se dissiper légèrement, alors que des rires se firent entendre dans la pièce. Néanmoins, l'une deux deux principaux intéressée, peu contente d'avoir été interrompue en plein moment d'intimité, se mit rapidement debout à son tour, et attrapa la main de son (petit-)ami.
– Salut les gars ! s'exclama-t-elle d'une façon exagérément enjouée. On aurait bien passé plus de temps avec vous à discuter et s'expliquer mais personnellement cette soirée m'a crevée, alors on va se coucher. A demain !
Puis, sans attendre davantage, elle poussa son petit-ami vers sa chambre, à l'intérieur de laquelle elle prit le soin de les enfermer pour finir sans être dérangés, cette fois, ce qu'ils avaient si bien commencé.
De leur côté, Ruby et David se lancèrent un regard et rictus entendus, tandis que Mary-Margaret, suspicieuse face à leur attitude coupable, leur demanda :
– Vous étiez au courant, vous, qu'il n'était pas parti ?!
– Euh… oui ? avoua timidement son bien-aimé, qui avait peur de la réaction qu'elle pourrait avoir en apprenant qu'on l'avait gardée hors de la confidence.
Cependant, à son plus grand étonnement – et soulagement, il fallait bien le dire, car subir les foudres de la d'habitude si douce jeune femme n'était jamais de tout repos – elle ne sembla pas vexée, et se contenta seulement d'emmener à son tour le châtain jusqu'à son lit.
A présent seules dans le salon, après s'être lancé un clin d'œil entendu, les deux brunes restantes décidèrent d'en faire elles aussi de même.
(Il fallait croire que cette fête d'Halloween se transformait finalement en véritable Saint-Valentin, avec tous ces couples heureux et réunis en cette nuit remplie d'amour et de bonheur…)
Les jours suivants passèrent, tous plus beaux et heureux les uns que les autres.
Killian et Emma vivaient ce que l'on pouvait appeler une idylle parfaite, meilleure encore que tout ce dont ils avaient toujours rêvé – leur premier matin, par exemple, fut seulement rempli d'amour, de bonne humeur et de déclarations.
– J'étais parti chercher ma famille, essayer de savoir d'où je venais, trouver une maison… Mais ce voyage m'a seulement fait réaliser que mon véritable chez-moi était, et sera toujours, ici. C'est avec vous tous… avec toi, surtout, déclara le brun à sa bien-aimée dans l'intimité de leur chambre quand elle ouvrit les paupières quelques temps après lui qui, comme toujours, s'était réveillé à l'aube.
Ils restèrent ensuite un long moment dans les bruns l'un de l'autre, à simplement savourer leur joie d'être ensemble, puis ils se levèrent pour déjeuner. Ils furent accueillis dans la cuisine par leurs amis qui leur lancèrent un sourire entendu, visiblement aussi contents qu'eux qu'ils se soient enfin retrouvés, et pour de bon cette fois.
La suite se passa tout autant à merveille : entre rendez-vous romantiques dans des restaurants autres que le simple Granny's ou sur le Joyaux du Royaume ainsi que d'autres promenades en bord de mer et sorties avec leurs camarades, ils n'avaient jamais l'occasion de s'ennuyer. De plus, une très bonne nouvelle arriva bien vite à leurs oreilles.
En effet, ils apprirent d'une connaissance commune que Walsh, dont Emma n'avait plus entendu parler depuis le soir d'Halloween, à son plus grand soulagement, avait quitté Storybrooke pour s'installer à New-York où il avait été embauché pour travailler dans une grande chaîne de vente de meubles – sûrement n'avait-il pas supporté de voir son ex-amour dans les bras d'un autre.
Rapidement une routine agréable s'installe entre les deux amants, qui fêtèrent leur premier mois de vie de couple sans même le voir passer – ils avaient l'impression que c'était hier qu'ils s'étaient embrassés devant le Jolly Roger et avaient terminé leur course chez la blonde. Toutefois une existence parfaite et sans encombre n'existait pas ; c'est pourquoi bientôt Killian reçut une lettre qui le chamboula au plus profond de lui-même, et le prit totalement de court.
Une supposée grand-mère maternelle s'adressait à lui d'Angleterre, mise au courant de son existence par le biais d'une note qu'il avait réussi à faire paraître dans un magazine juste avant son retour pour les États-Unis, désespéré de n'avoir trouvé aucune trace en trois ans de recherches de ses origines. Elle le contactait donc pour le rencontrer, s'il le souhaitait toujours, l'invitant à passer les fêtes de Noël qui approchaient à grands pas en sa compagnie, moment propice pour des retrouvailles familiales, selon elle (mais aussi pour la simple et bonne raison que sinon, elle les passerait seule).
Bien entendu que l'anglais voulait toujours en savoir plus sur où il venait. Il avait tout quitté pour cette exacte raison, après tout. Mais à présent les choses avaient changé pour lui et il ne pouvait plus s'en aller sur un coup de tête. Emma ne se remettrait jamais d'un nouveau départ, même si ce n'était que pour quelques jours.
Surtout au vu de la période à laquelle il devrait s'en aller – en tant qu'orphelin lui-même, il savait à quel point il était important pour elle, maintenant qu'elle avait une véritable famille, que de passer ce moment entourée de ses proches. Il ne pouvait décemment pas la laisser seule.
Mais pouvait-il seulement faire de même avec cette femme, cette première personne en trois années d'enquête qui acceptait de le recevoir ? Toute sa vie il s'en voudrait s'il laissait passer sa chance à recevoir les réponses qu'il attendait depuis si longtemps.
Alors il eut une idée, trouva un compris, dans l'espoir qu'il convienne à Emma – et à sa grand-mère.
– Est-ce que ça te dirait de partir en Angleterre pendant les vacances ? Je pourrais te montrer les lieux de mon enfance, et ceux que j'ai visités lorsque j'étais là-bas, comme ça. C'est un très beau pays, tu sais, et j'aimerais beaucoup te le faire visiter… proposa-t-il prudemment à sa belle un matin qu'ils étaient tous deux allongés dans le lit de cette dernière.
Il put comprendre à l'expression changeante de son visage qu'elle ne semblait pas emballée par l'idée. Et, effectivement, elle ne l'était pas vraiment.
Elle ne savait pas si elle supporterait de se rendre dans ce pays où il avait vécu sans elle, tandis qu'elle essayait tant bien que mal de se reconstruire sans lui. Et puis, elle souhaitait passer les fêtes avec leurs proches, cette famille qu'ils s'étaient choisis eux-même, comme ils avaient pris l'habitude de le faire depuis tant d'années.
– Hum… Pourquoi pas à une autre période, peut-être ? On pourrait s'y rendre cet été, par exemple, parce que c'est un peu expéditif comme voyage, là, tu ne trouves pas ? Les billets de dernière minute sont souvent chers, surtout pour Noël, trouva-t-elle donc des excuses pour le dissuader de son idée sans le vexer avec son refus.
Ce à quoi Killian ne répliqua pas immédiatement, à la recherche de quelque chose dans la poche de sa veste qui avait négligemment été jetée au sol la veille au soir. Quand il mit la main sur ce qu'il voulait, il tendit la lettre à la blonde, et lui expliqua :
– J'ai reçu ça, l'autre jour. Une grand-mère, qui veut me rencontrer pendant ces vacances, justement. Et puisqu'il est hors de question que je parte sans toi, mais que ça me tient tout de même à cœur de connaître mes origines… je pensais que tu pourrais m'accompagner, si tu veux.
La jeune femme lut le mot attentivement et, touchée par ce qu'avait à dire l'inconnue – elle avait l'air d'avoir vraiment envie de rencontrer ce petit-fils dont elle avait été privé pendant toutes ces années, n'ayant visiblement jamais été mise au courant de sa naissance –, elle n'eut pas de mal à comprendre le besoin de l'anglais de se rendre là-bas. Certainement ressentirait-elle le même, si elle avait cette chance elle aussi d'avoir quelqu'un qui venait à la contact – ce qui n'avait jamais été le cas, même si elle aussi avait fait des recherches de son côté pour en découvrir plus sur sa vie par le passé, sans résultat, malheureusement.
Tout ce qu'elle avait trouvé était un article de journal parlant de cette enfant qui avait été abandonnée sur le bord d'une autoroute tel un vulgaire animal un peu trop encombrant lors du départ en vacances…
C'est pourquoi, des larmes perlant au coin des yeux, quand elle eut terminé sa lecture, elle releva la tête en direction de son compagnon et l'embrassa tendrement tout en lui caressant la joue.
– Va pour les vacances en Angleterre, accepta-t-elle ensuite sa proposition, tout sourire.
Il le lui rendit, avant de déposer à son tour ses lèvres sur les siennes en un baiser rempli de reconnaissance et de tout son amour.
Quelle chance avait-il d'avoir cette femme dans sa vie.
Dès le lendemain leurs billets fut achetés puis, deux semaines plus tard, ils montaient main dans la main dans l'avion qui allait les emmener jusqu'à Londres.
La grand-mère de Killian, avec qui il avait échangé quelques e-mails – c'était toujours plus rapide et pratique que des lettres – pour la prévenir de leur arrivée, à lui et Emma, et qui s'était présentée comme se nommant Anna (ou Nana, pour les intimes, un surnom que les enfants qu'elle gardait lorsqu'elle travaillait encore chez une riche famille nommée les Darling lui avaient gentiment donné) habitait en banlieue de la capitale. Il avait été ainsi prévu qu'elle les attente à l'aéroport pour les emmener jusqu'à chez elle afin qu'ils n'aient pas à payer de taxi.
Lorsque le jeune homme et sa petite-amie descendirent de l'appareil, celui-ci sentit son cœur se serrer dans sa poitrine, et il se passa nerveusement une main derrière l'oreille. Il appréhendait beaucoup cette rencontre avec cette femme dont il n'avait jamais entendu parler alors qu'elle était pourtant la mère de sa propre mère.
Afin de lui donner du courage, Emma enserre ses doigts dans les siens, et ce fut ainsi qu'ils avancèrent jusqu'à leur lieu de retrouvailles. Plus que jamais le brun se sentit soulagé de l'avoir à ses côtés dans cette épreuve ; tout aurait été bien plus difficile à surmonter si elle n'avait pas été là. Et puis, elle faisait dorénavant partie de la famille, elle aussi, après tout.
Ce fut une petite dame aux cheveux grisonnants et aux yeux d'un bleu aussi intense que l'océan (aussi intense que ceux de Killian) qui les accueillit chaleureusement, les prenant chacun à leur tour dans ses bras pour les saluer. Peu habituée par une telle proximité provenant de la part d'une parfaite inconnue, Emma se sentit légèrement mal-à-l'aise au début, mais elle finit par se détendre dans cette étreinte, et la rendit à l'anglaise en lui offrant un sourire sincère.
Elle se tourna ensuite vers son petit-fils, qu'elle dévisagea longuement, la larme à l'œil.
– Je suis si heureuse de faire ta connaissance. Tu ressembles tellement à ta mère…
L'intéressé ne sut quoi répondre, gêné. C'était si étrange pour lui de faire la connaissance de cette personne. Alors il se contenta de lui offrir un timide rictus.
Tous ensemble, après avoir récupéré leurs valises, ils ne tardèrent pas à quitter les lieux. Le trajet en voiture se passa dans le silence le plus complet, les invités étant exténués par le décalage horaire et le long trajet qu'ils venaient de faire. C'est pourquoi, après avoir visité la maison et remercié Nana pour son hospitalité, ils ne tardèrent pas à rejoindre la chambre que la vieille femme avait préparée pour eux.
L'ancienne chambre de la mère de Killian. Remplie de souvenirs d'elle, et de photographies de son enfance et adolescence.
Le brun ne put retenir les pleurs qui se mirent à rouler le long de ses joues face à tout ceci. Même après toute ces années, la blessure de sa perte si jeune ne s'était pas tout à fait fermée.
Sûrement ne le serait-elle jamais vraiment.
Emma le prit alors dans ses bras, caressant ses cheveux et son dos tout en lui murmurant des mots doux pour le calmer, et ils finirent par s'endormir ainsi blottis l'un contre l'autre.
Le lendemain, ils partagèrent un petit-déjeuner ensemble, et ce fut alors que l'anglais commença à poser quelques questions à leur hôte, avide de savoir.
– Comment se fait-il que je n'ai jamais entendu parler de vous, même lorsque ma mère était encore en vie ? fut la première interrogation qui passa la barrière de ses lèvres.
– Ton père et moi… nous ne nous sommes jamais réellement entendus, commença-t-elle son récit tout en sirotant son thé ; elle paraissait perdue dans ses pensées.
Elle continua ensuite, expliquant qu'elle avait toujours eu le pressentiment que cet homme n'était pas quelqu'un de bien – et il fallait croire qu'elle avait eu raison, au vu de ce qu'il avait fait subir à son fils après la mort de la jeune femme. Sa fille avait donc fait un choix, suite à une violente dispute qu'elles avaient eu toutes les deux. Elle était partie avec son mari, et l'avait rayée de sa vie pour toujours, ne répondant plus à ses messages et appels. Elle n'avait appris son décès que très tard, et encore plus tard avait-elle su qu'elle avait eu un enfant.
A vrai dire, elle ne l'aurait certainement jamais su si elle n'était pas tombée sur cette note qu'il avait écrite dans un journal qu'elle n'achetait habituellement que très rarement.
– Si j'avais su, termina-t-elle son histoire, jamais je ne t'aurais laissé seul dans cet orphelinat. Je serais partie pour les États-Unis, et t'aurais adopté.
Elle posa une main sur celle du brun pour accentuer ses dires, et enserra leurs doigts ensemble tout en lui souriant faiblement. Elle se sentait véritablement désolée.
Puis, pour aborder un sujet plus joyeux, elle ajouta, un vrai rictus au bord des lèvres cette fois et posant son autre main sur celle d'Emma :
– Mais je peux voir que tu n'as pas fait la même erreur que ta mère. Cette jeune femme que tu as choisi à l'air tout à fait charmante. Vous faites un très joli couple, tous les deux. L'amour que vous vous portez est si facilement lisible dans vos yeux…
Les deux amoureux, face à un tel compliment, se lancèrent un regard quelque peu gêné tout en rougissant. Puis les conversations reprirent ensuite, Killian ayant envie d'en savoir plus sur cette grand-mère et leur famille en général. Elle leur raconta donc avec joie des anecdotes sur la mère du jeune homme.
L'apprentissage de toutes ces nouvelles était parfois difficile à avaler, mais il pouvait toujours compter sur la présence de sa petite-amie, qui n'avait pas besoin qu'il lui fasse part du moindre de ses doutes pour qu'elle les comprenne et le soutienne mieux que personne.
Les jours suivants, ils visitèrent la ville, parfois seulement en amoureux lorsqu'ils avaient besoin de se retrouver seuls, et parfois accompagnés de Nana, qui leur fit découvrir quelques lieux de celle qui avait mis l'anglais au monde et dont elle ne lui avait jamais parlé.
Vint ensuite Noël, qu'ils célébrèrent tous trois auprès du feu du grand salon, face au sapin finement décoré, à déguster de délicieux mets qu'ils avaient préparé ensemble durant la journée. Un véritable Noël rempli de rires et de bonne humeur, comme ils n'avaient que trop rarement eu l'occasion de le fêter. Le premier que Killian fêtait réellement en famille.
(Ne manquait plus que Liam pour que celle-ci soit entièrement réunie.)
Le couple resta en Angleterre jusqu'au Nouvel An, qu'ils passèrent à Londres, au milieu de tous ces autres touristes qui étaient venus pour l'occasion. Et, quand la grande horloge de Big Ben sonna le premier coup de minuit, tandis que les jeunes gens se tenaient face à la Tamise, contemplant l'horizon, le brun attrapa sa bien-aimée par la taille et l'embrassa tendrement avant de lui chuchoter à l'oreille ces mots qu'il ne lasserait jamais de prononcer à son intention :
– Je t'aime tellement, mon Emma.
– Et je t'aime tellement aussi, répliqua cette dernière du tac-au-tac et sur le même ton, avant de déposer à son tour ses lèvres sur les siennes tout en souriant, plus heureuse que jamais de finir une année, et d'en commencer une autre, aux côtés de cet homme.
Celle-ci s'annonçait merveilleuse.
(Les suivantes aussi, elle en était persuadée. Car cette fois, plus jamais rien ni personne ne viendrait, ni ne pourrait les séparer…)
(Si vous n'avez pas fait le lien, la grand-mère de Killian, c'est la version humaine de Nana dans Peter Pan !) (En plus elle a les yeux bleus cette chienne donc c'est parfait :')) (J'espère d'ailleurs que toute cette histoire autour d'elle n'est pas trop incohérente.)
