17.
- Si nos capteurs externes ne me renvoyaient pas l'image du Shod, je dirais que les tirs viennent de nulle part, intervint Tizen.
- Tu as le Shod juste devant nous ! aboya Le Capitaine du Magnificent. Et où est mon rapport d'analyse ?
- C'est ce que je veux dire, poursuivit l'Ordinatrice Centrale. Je ne dispose d'aucun relevé car les scans se perdent dans le vide.
- Mais c'est impossible !
- Je ne peux te donner ce que je n'ai pas. Il va te falloir faire sans, capitaine.
- Bien.
Anthénor reporta son attention sur les moniteurs transparents qui lui relayaient les informations relatives à l'état de son bâtiment.
- Nous ne sommes que de l'acier à canon pour ce Shod ! Nous n'avons pas voulu ce combat. Et il ne semble menacer aucun autre objectif ! Lothan, tu me trouves un point de Saut Galactique, et on file loin de cette impossibilité !
- A tes ordres, Capitaine.
Anthénor soupira d'aise, avant qu'une sensation de froid intense ne l'envahisse.
Le Second Mécanoïde du Magnificent se retourna pour faire rapport du Saut, se figea, se précipitant ensuite vers le fauteuil noir de son Capitaine.
- Doc Mara, envoie au plus vite une Antenne Médicale sur la Passerelle, le Capitaine a perdu connaissance !
Avec la désagréable impression de flotter entre des volutes d'aurores boréales, Anthénor s'était retrouvé face au colossal Ryordan Lot-Shen-Rand, la queue en fouet finie par une sorte de trident.
- Ton plan est fini, à ce qu'il semble, grinça le jeune Humain. Tu es passé à l'attaque. Mais ce vaisseau organique… Et pourquoi ses escorteurs ont-ils récupérés les débris du véritable Shod ?
- Le vaisseau organique, j'avoue. C'est bien ce qui constitue ma flotte. Pour la vision de la récupération, je dirais que depuis qu'on s'est croisés en rêves, j'ai enregistré ton onde mentale et je peux influer à l'envi sur toi et te donner à voir ce qui me plaît !
- Tu parasites mes visions ? !
- Oui, bien sûr ! se réjouit le Ryordan. Quel meilleur moyen de se débarrasser de son adversaire qu'en le court-circuitant d'entrée ?
- Pas faux…
Anthénor fronça les sourcils et serra les poings.
- Que m'as-tu fait pour que je me retrouve ici ?
- J'ai surchargé ton cerveau d'une faiblesse infinie. Tu t'es effondré aussitôt. Comment ai-je pu songer même un instant que tu pouvais représenter une menace ?
- Ce n'est pas moi qui te répondrai, vu que j'ignorais jusqu'à ton existence. Mais je suis un Militaire de la Flotte de ma nation. Et donc, oui, je m'opposerai à toi, qui que sois, et quels que soient tes pouvoirs physiques ou autres !
Mais je ne t'en laisserai pas l'occasion, infinitésimale représentation de ces univers !
Anthénor tressaillit, comme sous un sacré coup de fouet reçu au creux des reins, sentant par ailleurs comme une véritable brûlure au niveau des lombaires !
- C'est-à-dire… ?
- Ton corps est inanimé dans ton monde, seul ton esprit sans énergie est ici. Je voulais juste en avoir la confirmation avec cette entrevue qui n'a rien d'une confrontation puisque tu n'as rien à m'opposer !
Le Ryordan écarta jambes et bras, irradiant d'énergie, émettant un cri guttural, sa queue fouettant l'air.
- A dieu, poussière Humaine !
Balayé par une vague invisible mais surpuissante, Anthénor bascula dans les ténèbres.
Rouvrant les yeux, Anthénor découvrit un monde de lumière et d'or.
- Je ne suis pas un peu trop jeune pour passer l'arme à gauche ? chuinta-t-il.
- Mais, tu n'es pas mort. Tu es juste en transition. Il n'était que temps que tu découvres les mondes dont ton extrême sensibilité t'ont fait effleuré la surface.
- Mes visions ?
- Oui, Humain de Prian et de la Terre. Heiligenstadt est riche en balafrés pouvant toucher, atteindre les étoiles, et jouer avec les puissances les plus élevées de ce que tu appelles la mer d'étoiles !
- Et toi, qui es-tu ?
La resplendissante créature à la chevelure cendrée, au regard violet, drapée dans une sublime robe pourpre, esquissa un sourire.
- Mais je suis Alphaméga, la Déesse de la Guerre, bien évidemment !
