Note : L'événement en italique indique que c'est du passé. On sais jamais, si vous ne comprenez pas.
Chapitre 7
Cela fait combien de temps que j'ai commencé mon entraînement avec Végéta ? Deux ans, trois ans ? J'en sais rien. Mais ça fait assez longtemps pour m'avoir changée.
Aussi bien mentalement —je suis plus agressive— que physiquement, je suis plus forte. Grâce à Végéta j'ai dépassé certaines de mes peurs et j'ai corrigé mes faiblesses. Au fur et à mesure, je suis arrivée à rivaliser avec lui. Je suis arrivée à lui donner des bleus, des cicatrices même des fois. Ces moments là, j'étais fière de pouvoir être à sa hauteur, même si ça ne durait pas longtemps, il trouvait toujours ma faille pour me mettre à terre.
Notre relation aussi a changé. On se dispute toujours, certes, mais je lui tiens tête, ça ne lui plaît pas, il le montre bien, mais jamais je ne baisserai les yeux devant lui. Je veux lui prouver que même s'il est au rang de prince, je ne suis pas inférieure à lui en tant que personne.
Quelques fois après notre entraînement, je le vois sourire, un vrai sourire. Je me demande s'il s'en rend compte. Il ne dure pas longtemps, juste quelques secondes, assez de temps pour que je le remarque. Avec moi, il est devenu quand même plus doux. J'arrive à avoir de vraies conversations avec lui des fois. Mais quand on est avec les autres, il redevient un vrai con avec moi. Pour sûrement prouver aux autres qu'aucune personne ne peut lui tenir tête, pour se le prouver à lui-même ?
Il m'appelle souvent « femme », sûrement pour dire qu'il est supérieur à moi, pas en tant que prince, plus en tant qu'homme. Les hommes Saiyens sont vraiment machistes. On est un peuple de guerriers, du moins on était, dans lequel très peu de femmes avaient la chance de se battre au côté des hommes, seule une poignée avait cette chance. Ma mère était une de ces femmes, avant de rencontrer mon père. Elle a arrêté à la naissance de Raditz.
J'ai une chance de prouver que je peux être une de ces femmes moi aussi. La dernière aujourd'hui. Et je suis plutôt heureuse d'être entraînée par le prince lui-même. Je ferais tous pour atteindre un de mes buts, devenir la plus forte Saiyenne qui n'ait jamais existé.
Pour prouver que même une femme peut devenir forte et... pour que mon père soit fier de moi, lui qui n'a jamais fait attention à moi.
Qu'importe, de toute façon, il n'est plus là.
Un coup de poing vient toucher mon visage, mon corps est propulsé à l'autre bout de la pièce. Je me relève difficilement en gémissant, je retombe aussitôt. Je frotte ma joue endolorie. Je crache un peu de sang.
-Tu n'es pas assez concentrée aujourd'hui, on arrête là, dit Végéta en me tendent la main, pour que je puisse me relever.
Je me relève, il part vers la sortie, je le suis.
En sortant de la salle, Raditz est là avec Nappa, ils ont dû assister à notre entraînement du jour. J'ai le regard dur vers Nappa, il me déteste je le sais, et le pire c'est que j'ai aucune idée de pourquoi. Mais je lui fais comprendre que c'est aussi mon cas.
-Ma sœur est devenue un homme, tacle Raditz.
Je le fusille du regard en ajoutant :
-C'est plutôt toi qui es devenu une femmelette.
Lui, il disait ça pour se marrer, et il doit regretter ses paroles. Il voit bien que moi, je rigole pas du tout. Ça ne l'empêche pas de riposter.
-Outch, Végéta tu as fait quoi de ma sœur ? Elle n'est plus si mignonne qu'avant, déjà qu'elle ne l'était pas tant que ça !
Il m'a complétement changée, c'est vrai. Mais il ne m'a pas seulement aidée pour l'entraînement physique, il m'a aidée à changer mon comportement aussi, qu'il trouvait pas assez hargneux à son goût envers nos ennemis, d'après ce qu'il a vu sur Orya.
ooOoo
Je suis assise en tailleur au milieu de la salle d'entraînement, Végéta tourne autour de moi, les bras dans le dos. J'ai les yeux fermés et j'inspire et expire. D'après Végéta ça pourrait m'aider à faire appel à toute ma concentration et me faire émerger toute ma colère intérieure.
-Je veux voir la vraie toi, celle qui n'a peur de personne et celle qui est capable de tuer n'importe qui sans réfléchir. Qu'il m'a dit.
Comment peut-il savoir que cette personne, c'est la vraie moi ? Même moi je ne suis pas sûre qu'il ait raison. J'ai tendance à réfléchir beaucoup trop, ça m'a peut-être portée préjudice auparavant. J'ai plus envie de l'écouter lui, plutôt que moi. Pour une raison que j'ignore, j'ai confiance en lui et sa méthode. De toute façon, ça ne pourra que m'être bénéfique, d'être plus « sauvage » et moins matérialiste.
ooOoo
Finalement, il m'a changée de ce côté-là, sans faire grand chose. Il a juste déteint sur moi, j'ai passé beaucoup de temps avec lui ces trois dernières années, mon comportement a changer de lui-même sans même le vouloir, il a l'air plutôt heureux de son exploit.
C'est sans doute pour ça qu'on s'entend mieux, enfin quand on est que tous les deux. Si un jour on m'avait dit que je lui ressemblerai question caractère je l'aurais pas cru, moi qui n'arrivais pas a le supporter. Mais je suis comme lui, ou presque maintenant. Je suis souvent haineuse avec Raditz, qui a bien envie de m'en coller une quand je lui parle sans tact. En fait il est moi il y a quelques temps avec Végéta.
Je me rends compte que je suis devenue le chien-chien de Végéta, il pourrait me demander n'importe quoi, je le ferai. Il pourrait me demander d'essayer de tuer Freezer, je le ferai, c'est complétement con, je sais, mais quelque chose en moi me pousserait à faire ce qu'il me dit.
Depuis le jour où... ce fameux jour que j'essaye d'oublier, ce n'était qu'un moment d'inattention, aujourd'hui je ne sais toujours pas ce qui m'est passé par la tête.
Je venais de finir mon service dans la cuisine du vaisseau. Normalement après ça, je vais m'entraîner avec Végéta. Ce jour-là, je me sentais trop fatiguée pour y aller, alors je suis restée dans ma chambre.
Il n'a sûrement pas dû apprécier que je lui « pose un lapin » façon de parler, on a aucun rendez-vous, ça lui est déjà arrivé de ne pas venir et j'en ai pas fait un caca nerveux, bref, il est venu dans ma chambre ce jour-là. Il m'a demandée de sa voix la plus froide, pourquoi je ne suis pas venue. Je lui ai dit la vérité. Il m'a gueulée dessus, évidemment.
On a commencé à se disputer, pour changer. Il gueulait, je gueulais plus fort encore, c'est devenu n'importe quoi, puis, j'en ai eu marre, et j'ai fait la chose la plus conne qu'on puisse faire dans ces moments là. Je l'ai embrassé. Pour l'avoir fait taire, ça l'a fait taire ! Et moi je suis restée bête après. Mais le pire c'est que je me suis pas arrêtée là, il a répondu à ce baiser et je l'ai prolongé.
J'ai mis mes mains autour de son cou, il a mis ses mains sur ma taille. Nos langues se sont touchées pour ne plus se quitter. Ça a duré quelques secondes. Puis on s'est regardé, interdits. Je l'ai giflé dans un geste inattendu.
C'est tout ce qui s'est passé et on en a pas reparlé, pour dire quoi, de toute façon ?
Enfin tout ça pour dire que maintenant, je suis presque devenue à sa merci, et je fais tout ce qu'il me demande sans broncher, il trouve ça très bizarre d'ailleurs.
Yu m'a demandée de faire la vaisselle ce soir, je suis obligée de passer par ma chambre, pour me changer. Ma tenue est trouée par l'entrainement. Ma joue a gonflé, ça me pique un peu. Mes doigts effleurent la blessure, une grimace de douleur trouble mon visage. Végéta n'est vraiment pas allé doucement. C'est une vraie brute !
Quand j'arrive dans la cuisine, Yu est déjà parti, les lumières sont éteintes. Je souffle, j'en ai marre d'être la bonniche du vaisseau, ils faisaient comment avant moi ? Pourquoi les femmes sont-elles à ce point mal traitées ? Je sais que me poser ces questions ne changeront rien. Mais j'espère au moins être mieux respectée au sein de ce vaisseau un jour, je ne perds pas espoir.
En sortant de la cuisine, après avoir fait la vaisselle et nettoyer les plans de travail, je ferme la grande porte en acier et je me dirige vers ma chambre, la tête dans le coaltar. Je suis épuisée par ma journée, que j'ai passé à m'entraîner.
Je prends quelques affaires dans ma chambre, dont un kit de soins, pour désinfecter mes quelques blessures sous la douche. Mes bras et ma jambe gauche ont le plus morflé.
Le couloir que j'emprunte pour aller aux douches est plongé dans le noir, comme le reste du vaisseau, je dois être prudente pour ne pas me cogner. Arrivée devant la porte des douches, j'attends quelques secondes pour voir si j'entends du bruit. On sait jamais, un soldat ou... Végéta pourrait être dans ces douches. Non après la journée qu'on vient de passer, Végéta doit ronfler à l'heure qu'il est. Je n'entends rien du tout, il n'y a personne.
Je désinfecte ma cuisse qui est salement amochée, plus que je ne croyais. Du sang séché entoure la blessure, j'appuie dessus de chaque côté pour faire sortir le pus, ce qui me fait pousser un petit cri de douleur. Le sang coule le long de ma cuisse et se pose sur le carrelage blanc de la douche et s'évapore dans l'évacuateur d'eau. Je mets ma jambe sous le jet d'eau, pour la nettoyer un minimum et je place un bandage autour de ma cuisse. Je dois penser à remercier Végéta pour cette immonde blessure qu'il m'a laissée.
Je laisse l'eau chaude couler sur moi, le seul moment détente de la journée, le seul moment où je ne pense à rien, seulement au moment présent.
Je coupe l'eau et je prends la serviette à côté de moi et je me sèche avec. C'est bizarre mais je me sens observée. Ce n'est pas la première fois que j'ai cette impression. C'est sûrement mon imagination, tout le monde dort sur le vaisseau, ou presque, mais les quelques uns qui restent sont dans les salles de contrôle, pour surveiller qu'il n'arrive rien au vaisseau ou pour prévenir d'un danger. Mais il est à l'autre bout. Je suis paranoïaque, je crois.
En sortant des douches, je crois voir quelqu'un dans le couloir, mais il fait complétement noir, c'est mon imagination qui me joue des tours, ce ne serait pas la première fois.
Oo
Je me réveille en douceur, la première chose que je fais quand mes yeux sont ouverts, c'est de regarder l'heure qui est affichée sur le mur en face de mon lit, le seul moyen de savoir quel est le moment de la journée dans le vaisseau, il y a l'heure dans toutes les pièces du vaisseau, sauf les douches.
Je m'étire et me redresse sur le lit, je sursaute en voyant Raditz assis sur le lit en train de me regarder.
-Qu'est-ce tu fais là ? Dis-je surprise.
-J'ai pas le droit de regarder dormir ma petite sœur chérie ? Dit-il ironiquement.
-Sérieusement, tu veux quoi ?
Il ne m'a jamais fait l'honneur de venir dans ma chambre, alors s'il est là, c'est qu'il a quelque chose d'important à me dire.
-Juste pour te dire qu'on part pour une planète assez loin d'ici.
-Tu veux que ça me fasse quoi ? D'habitude tu me préviens pas quand vous allez exterminer une nouvelle race !
-Non, t'as pas compris, tu viens avec nous.
J'ouvre grand les yeux et je me lève précipitamment du lit en criant ma joie. Enfin ! Je vais pouvoir voir à quel point j'ai progressé depuis Orya.
Mais je me calme en me rappelant que j'ai eu chaud cette nuit et que j'ai enlevé le haut de mon pyjama et que je ne porte qu'une brassière qui laisse deviner la quasi-totalité de ma poitrine.
Je pousse un petit cri et je me précipite sous les couvertures, ce qui fait rire sadiquement Raditz.
-Sérieusement, t'es ma sœur, je vais pas fantasmer sur toi. Quoi que, ta poitrine est plus grosse que d'autres femmes que j'ai pu voir nues, rigole-t-il.
-Tu n'es qu'un porc, Raditz, dis-je écœurée, ma voix étouffée par la couverture.
Je ne le vois pas, mais j'entends ses pas se diriger vers la porte. Elle claque. Il est parti !
Je laisse échapper un souffle de soulagement. Heureusement quand même que ce n'était que Raditz et pas un soldat ou pire encore, Végéta... Non, non, j'ai un haut-le-cœur rien que d'y penser. Il se serait moqué de moi.
Deux secondes... Comment a-t-il trouvé le temps de voir une femme nue, plusieurs d'après ce qu'il vient de dire ? S'il n'est pas sur le vaisseau, il est en mission à l'autre bout de la galaxie... J'ai pas envie de savoir de toute façon. J'ai absolument pas envie de savoir ce qu'il fait avec ces femmes, même si c'est plutôt facile à deviner.
-Aah, ça me dégoute, dis-je en tirant la langue.
Oo
J'arrive devant le « garage » de capsules, du vaisseau. Raditz, Végéta et Nappa sont là. Ils attendent. Végéta me regarde avec un petit sourire en coin. Je le regarde moi aussi, sans vraiment comprendre. Avec Végéta faut pas chercher.
-Comment s'appelle la planète où on va ? Dis-je.
-Krigus, elle est loin d'ici, mais elle est très petite, il y a seulement une centaine d'habitants, sûrement la planète la plus petite de la galaxie, dit Végéta. On en aura vite fini avec elle, rajoute-t-il.
Je sens le regard insistant de Nappa sur moi. Y a vraiment des fois où je ne le comprends pas. C'est quoi son problème ? Mais pour pas faire mieux, je vois aussi Végéta me regarder. J'ai un truc sur le visage ou quoi ? Je baisse les yeux sur la tenue, tout a l'air en ordre pourtant.
On marche finalement vers nos capsules, en silence. J'essaye de me rappeler comment ça marche. Le soldat en charge de nous faire quitter le vaisseau me fait signe qu'il faut appuyer sur le petit bouton noir a gauche. Je lui donne un sourire en signe de remerciement. Ça a l'air de le déstabiliser, il ne doit pas avoir l'habitude qu'on le remercie. Je me sens mal à l'aise d'un coup. C'est vrai que je n'ai aucune envie d'être gentille, je me suis forcée à le faire.
Nous voilà maintenant dans l'espace. Je suis excitée d'arriver et enfin montrer aux autres mon entraînement, le montrer à Végéta surtout, c'est important pour moi, de le voir sourire, qu'il soit fier de moi... Non c'est faux, je m'en fous ! Pourquoi j'ai pensé ça, d'abord ? Il m'énerve déjà tiens.
OoooOoooO
