Chapitre 9


-J'ai faim ! Me plaigne-je.

-Attends encore un peu, je suis occupée.

-C'est pas juste, j'ai faim moi, boude-je.

-Fais pas cette tête, vas attendre à la maison, dit-elle en coupant de la viande.

Je lui obéis en me dirigeant dans le fond du restaurant, vers la porte qui mène dans la maison. Je traîne des pieds, mon ventre gargouille.

En entrant dans la pièce, qui est la cuisine, je vais m'asseoir à la table en bois, je continue à lire le livre que j'ai commencé.

Mon ventre continue de gargouiller. Je donne un coup de pied dans la chaise en face de moi. La faim me met en colère. J'entends des pas dans le petit escalier qui mène à l'étage de la maison.

-Tu devrais arrêter de t'en prendre aux objets sans raison, maman va finir par se fâcher à force. Me dit l'arrivant.

Je ne réponds rien, toujours la tête dans mon livre.

-Bardock, tu es revenu ! Entende-je de l'autre côté de la porte.

La porte s'ouvre au même moment. Il se tient devant nous. Raditz se précipite vers lui, lui demandant combien de personnes il a tuées cette fois-ci. Il lui ébouriffe les cheveux avant de monter à l'étage.

Il n'a même pas eu un seul regard pour moi. Je tente ma chance et le suis dans l'escalier lui demandant la même chose que Raditz.

-Laisses-moi tranquille, Leeck ! Demande-t-il, la voix sans émotion.

Je le suis dans le couloir de l'étage.

-Ils étaient forts les gens que tu as combattus ? Demande-je sans écouter ce qu'il ma dit.

-LEECK, DÉGAGES ! Crie-t-il en entrant dans sa chambre.

Encore une fois, pas une seule fois il ne m'a regardée... Je m'agenouille sur le sol. Mes larmes commencent à couler.

J'ouvre les yeux doucement, mes joues sont mouillés, j'ai pleuré dans mon sommeil.

Je me redresse, je suis dans l'herbe, devant les capsules. Il fait nuit, j'ai dû dormir longtemps.

-Leeck, ça va ?

Je sursaute en entendant cette voix, juste à côté de moi. C'est Raditz, je ne l'avais pas vu. Je hoche la tête en essuyant mes joues.

Il me tend la main pour me relever, je l'accepte.

-Il faut rentrer maintenant, dit-il avec une voix douce, que je ne connais pas.

M'a t-il vu pleurer ? Non, sinon il se serait moqué de moi. Mais alors pourquoi cet élan soudain de gentillesse ?

-Vous vous dépêchez, oui ou merde ! S'impatiente Nappa derrière moi.

-Toujours aussi aimable celui-là, dis-je dans ma barbe.

Raditz me donne une tape dans le dos, je crois qu'il m'a entendue et qu'il se retient de se mettre à rire.

Dans la capsule qui me ramène au vaisseau, j'ai refait le même rêve et je me suis réveillée en sursaut, toujours en larmes. Je n'arrive pas à comprendre, pourquoi je refais ce genre de rêve, qui s'était arrêté il y a bien longtemps maintenant ?

Nous somme encore en plein milieu de l'espace, le tableau de bord indique qu'on arrivera dans quelques heures. J'ai peur de me rendormir et refaire ce même rêve ou un autre du même genre. Des moments où mon père m'a ignorée, il y en a pleins.

Mon ventre commence à gargouiller. J'ai faim. Quel poisse !

Ça fait maintenant quelques minutes que mes yeux sont grands ouverts, avec mon ventre qui chante. Je me sens confinée, ce qui est normal, je peux à peine bouger.

Je pense à ce que je pourrais manger en arrivant sur le vaisseau. J'en bave rien que d'y penser.

Je commence à trouver le temps long. Finalement j'aimerais bien me rendormir. Avec la chance que j'ai, je rêverais de bons petits plats et je me réveillerais dans la capsule avec encore beaucoup de temps à y passer.

Je souffle et cogne mon poing sur la paroi à côté de moi.

-J'ai faiiiim, chouiné-je

Et je prie pour avoir éteint mon scouter pour que personne n'est entendu ça. Par chance, il est bien éteint.

J'ai rechigné jusqu'à ce qu'on arrive à destination, c'était bien long et mon ventre me fait souffrir maintenant.

Je sors de ma capsule et me dirige en vitesse vers les cuisines. Raditz me suit de près.

-Attends, il faut que je te parle. Me dit-il.

Je m'arrête net dans le couloir et me retourne vers lui.

-Quoi ? Dis-je surprise.

-Ça t'arrive... ça t'arrive souvent de refaire les rêves que tu faisais avant ?

C'est pas vrai, il m'a vue finalement.

-Tu m'as vue ?

-Oui et je t'ai entendue même. Tu parlais de papa en pleurant.

-T'en fais pas, c'est rien, Je sais même pas pourquoi j'ai refait ce rêve. Dis-je en voyant Nappa et Végéta venir vers nous et en voulant couper court à la conversation.

Je me dirige ensuite comme prévu vers les cuisines.

En arrivant tout est éteint, il n'y a personne, tant mieux, j'ai envie de manger dans le calme. J'allume les lumières et me dirige vers le fond de la pièce.

J'ouvre le grand réfrigérateur, par chance il est rempli de nourritures. Je prends ce qui me passe sous la main et je m'installe sur le grand îlot central de la pièce.

Je fais défiler les plats un par un.

La porte s'ouvre sur Végéta, il est tout seul. Lui aussi doit avoir faim. Il passe derrière moi et prend des provisions dans le réfrigérateur. Alors que je croyais qu'il allait repartir, il s'installe en face de moi.

On mange tous les deux en silence.

J'avale de travers et m'étouffe. Je tousse, je tape sur ma poitrine pour faire passer. Je me lève pour aller chercher un verre d'eau. Je le bois cul sec.

Quand je reviens m'assoir, je n'ai plus faim. Je regarde Végéta qui mange toujours. Une question me brûle les lèvres.

-Qu'est-ce que je t'ai fait, pour que tu veuilles me tuer ? Lui demande-je la gorge irritée par ma toux.

Il s'arrête de manger et lève la tête vers moi. Il avale le contenu dans sa bouche et pose son assiette.

-Te tuer ? Il se met à rire. Tu crois que j'ai envie de te tuer ? C'est ridicule !

-C'est ce que Nappa a dit, lui dis-je avec un peu de colère dans ma voix.

-Nappa est un imbécile ! Il comprend tout de travers.

-Il a essayé de me tuer et m'a dit que tu le savais...

Ma voix commence à flancher, la fatigue, c'est la fatigue, rien de plus.

-Oui, je le savais, il m'a fait part de son intention.

Voilà, on en vient aux faits, il le savait et il n'a rien fait pour l'en empêcher... Mais de toute façon, c'est Végéta, il n'aurait pas bougé le petit doigt pour moi, à quoi je m'attendais, sérieux ? Je suis conne !

-Mais moi, je lui ai dit qu'il n'avait aucune chance de te tuer mais qu'il pouvait toujours essayer, qu'il se ferait ridiculiser par toi, continue-t-il.

J'ouvre grand les yeux. Il m'a en quelque sorte défendue ? Je comprends tout maintenant.

Un sourire vient se glisser sur mes lèvres. Je me sens soulagée d'un poids.

Il quitte l'îlot et se dirige vers la porte, avant de partir, il se retourne vers moi.

-Si je voulais vraiment te tuer, ce serait déjà fait !

Il est parti.

Le vaisseau est plongé dans le silence et dans le noir aussi. En partant de la cuisine, j'éteins les lumières et me dirige ver ma chambre.

Tant pis pour la douche, je la prendrais demain. Mon ventre est plein, je suis prête à dormir.

Cette nuit j'ai rêvé du jour où j'ai embrassé Végéta, je n'avais jamais fait ce rêve avant, surtout je n'avais pas pensé à ce jour là, jusque-là.

C'est toute chamboulée que je me suis levée de mon lit.

Je ne sais pas trop quoi faire aujourd'hui, on ne m'a rien demandé de faire. Si, faudrait que j'aille prendre une douche, mais en pleine journée comme ça, c'est risqué.

En sortant de ma chambre, je croise plusieurs soldats qui me regardent bizarrement. C'est pas comme si je n'avais pas l'habitude mais là, c'est encore plus choquant.

En me dirigeant vers la salle d'entraînement, je passe juste à côté des douches. Je croise Yurg et un autre soldat qui sort de celle-ci.

-Si tu veux aller dans les douches, tu peux, y aura personne, Freezer fait un rassemblement aujourd'hui. Me dit Yurg.

Je n'avais jamais entendu qu'il y avait des rassemblements ici. D'ailleurs ça consiste en quoi ?

-D'accord, lui répondis-je simplement.

Je décide d'en profiter, une douche me ferait du bien.

L'eau coule sur ma peau, je repense encore à la conversation que j'ai eue hier avec Végéta. J'aurai dû le savoir qu'il voulait finalement pas me tuer, il en a eu l'occasion plusieurs fois.

Mais j'y pense, lui ou Nappa ou encore Raditz pourraient rentrer prendre une douche eux aussi. Non, faut que je me calme, arrêtes d'être parano comme ça, ma pauvre Leeck.

En y repensant Yurg avait l'air bizarre, on dirait qu'il me cachait un truc...

-Qu'est-ce que vous faites ? Entende-je.

Cette voix, c'est celle de Raditz. Je lève la tête, j'entends le bruit de la porte, je me retourne. HORREUR, on me regarde, quelques perds d'yeux me regardent. Je hurle et je gesticule dans tous les sens, je glisse et tombe sur les fesses. Je me relève et attrape ma serviette que je m'empresse de nouer autour de moi.

C'est pas vrai, je suis en plein cauchemar. Quelques soldats étaient à la porte en train de me regarder. Je m'accroupis et je n'ose plus bouger.

J'entends les hurlements de Raditz, il doit se faire une joie de tuer un par un les soldats. Je verse quelques larmes, j'ai été naïve de croire Yurg, je suis trop bête.

-Arrêtes ça, ils sont partis ! Dit une autre voix que celle de Raditz.

C'est la voix de Végéta, il est là lui aussi. Oh non !

J'entends la porte s'ouvrir et des pas s'approcher de moi. On m'attrape les deux bras et on me lève, c'est Raditz.

-Qu'est-ce que tu foutais dans les douches à cette heure-là, hein ? Il hurle presque, comme si c'était ma faute.

Je le regarde mais ne lui réponds pas. Il attend sûrement ma réponse, mais il peut toujours courir.

Raditz est finalement parti me laissant seule, j'en ai profité pour me rhabiller.

En sortant, Raditz est à l'autre bout du couloir avec Yurg, Végéta est avec eux, mais en retrait, il a l'air... ailleurs. Ils ne m'ont pas vue. De là où je suis, j'arrive à entendre leur conversation.

-Je peux savoir pourquoi les soldats que tu diriges étaient en train d'espionner ma sœur ?

Yurg se marre.

-Leeck attire beaucoup de monde... Y a des rumeurs qui circulent sur elle sur le vaisseau.

Raditz le prend par le cou, les yeux pleins de colère.

-Tu insinues quoi ? Que ma sœur est une pute, c'est ça ?

J'ai envie de vomir, c'est ce genre de rumeurs qui est divulgué sur moi ? Voilà pourquoi on me regarde mal dans les couloir. Mais qui a lancé ce genre de rumeurs ?

-Moi ? Je n'insinue rien, juste la vérité ! Crache Yurg.

Raditz le jette au sol. Il s'apprête à le tuer. Mais heureusement Végéta intervient.

-Tu auras de gros ennuis, si tu tues un soldat gradé au rang de capitaine. Dit-il avec de la colère dans sa voix.

Raditz l'écoute et disparait dans le couloir. Végéta fait de même, en laissant Yurg se remettre de ses émotions.

Cette journée ne pourrait pas être pire.

OoooOoooO