Yo tout le monde ! Il est pas loin de minuit et demi et encore une fois je publie mes chapitres à intervalles de temps pour le moins irréguliers...
MAIS à raison d'environ un chapitre tous les 5 mois je pense qu'on aura fini d'ici 2097 donc pas de panique !
Non, plus sérieusement je suis vraiment désolée, je fais essayer de me bouger un peu plus les fesses pour vous pondre des chapitres de même qualité mais plus rapidement !
Sur ce, merci de reviewer, follower, lire malgré tout, en espérant que ce chapitre vous plaira !
« My name is Revenge and I'm here to save my name. »
~Shinedown~
La première chose que reçoit un enfant lorsqu'il pousse son premier cri, outre l'amour incommensurable de ses parents, c'est un nom. Ça parait anodin, mais c'est lourd de signification, ça demande une réflexion poussée. Par exemple, appelez votre fils Alexandre et il saura faire preuve de l'ambition d'un conquérant. Appelez-le Juda, et je vous laisse imaginer le désastre. Bref, un nom, c'est d'une importance capitale, et on n'en change pas comme ça. Priver quelqu'un de son nom, de son essence, c'est le réduire en esclavage. Dans ce cas, il serait légitime de vous demander pourquoi Mello et moi nous privons de nos propres noms. Pour ma part, c'était une forme de protection de mon intimité. Pour Mello, c'était bien plus que ça. Et je ne l'ai compris qu'en arrivant à Tokyo.
Je n'avais jamais pris l'avion. Pas une seule fois. Et étrangement, j'ai espéré ne plus jamais avoir à le faire… Durant les 11h de vol, sans compter l'escale, Mello et moi n'avons pas échangé le moindre mot. Quoique j'aurais eu du mal à dire quoi que ce soit étant donné ma concentration extrême pour ne pas céder à la nausée qui me tordait le ventre. Et croyez-moi, 11h, c'est long. Quand le commandant de bord a enfin annoncé l'atterrissage, j'ai poussé un petit cri de soulagement, m'attirant un regard courroucé de Mello.
« Souviens-toi de ce que j'ai dit, Matt. Nous ne sommes pas les bienvenus. Méfie-toi de tout le monde. »
J'ai acquiescé. Il n'arrêtait pas de se répéter. « Fais attention… », « Contente-toi de faire ce que je te dis. », « Ouvre bien les yeux. » Merci, Mello, mais tu n'es pas ma mère ! Pourtant, j'étais bel et bien sur le qui-vive, je n'avais aucune idée de ce qui m'attendait à la sortie, et je m'étais mentalement préparé à toutes les éventualités. Presque toutes…
Il parait que Prudence est mère de Sûreté. Conneries. Vous pouvez être le plus prudent du monde et vous retrouver mort en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Et après ? Est-ce que ça veut dire qu'on peut se foutre de tout ? Non. Parce que parfois, prudence est mère de survie. Depuis que je connais Mello, je n'ai pu que subir la véracité de ces propos.
Je disais donc… L'avion a atterri, me provoquant un désagréable haut-le-cœur, puis tous les passagers ont applaudi. Je n'ai pas vraiment compris pourquoi, mais j'ai suivi le mouvement, tapant fort des mains, bien trop content d'être toujours vivant.
Mello a fait claquer sa langue contre son palet. Je me suis arrêté net. Ah oui, c'est vrai, je ne devais plus relâcher mon attention une seule seconde.
Nous avons débarqué les uns après les autres, puis Mello et moi n'ayant pas de bagage à récupérer, nous nous sommes dirigés vers la sortie le plus naturellement du monde. Mon cœur cognait si fort dans ma poitrine que j'avais peur que quelqu'un ne l'entende. Ou pire, que Mello ne l'entende ! Pour sûr, je me ferais tirer les oreilles… Mais personne ne s'est tourné vers moi, et nous avons atteint la sortie. J'ai expulsé lourdement tout l'air de mes poumons. Pour cette fois, on était sauvés !
Note à moi-même : ne jamais vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué.
Les portes automatiques se sont ouvertes, nous avons inconsciemment accéléré. Deux mètres. Un mètre. Un mètre ! C'est tout ce qu'il nous restait à parcourir ! C'est à ce moment-là qu'ils nous sont tombés dessus. Quand je dis « ils », je parle de ces américains. Je les avais croisés en montant dans l'avion. Je leur ai même adressé un poli signe de tête ! Ça m'apprendra à me la jouer « bien élevé ». Putain, ils nous avaient suivis jusqu'ici…
Un coup de feu a résonné dans le bâtiment, provoquant la panique. Tout le monde se poussait, se marchait dessus en hurlant. La balle s'était fichée dans les portes, les faisant voler en éclats, nous obligeant, Mello et moi, à nous jeter à terre. Sans qu'on y puisse rien, la marée humaine qui s'était formée nous éloignait toujours plus de la sortie. D'autres coups de feu ont éclaté. Quelques corps sont tombés, dispersant brièvement la foule, l'affolant d'autant plus.
J'ai essayé de me relever, un coup de pied dans le dos m'a refait chuter. Si on ne s'éloignait pas de ce troupeau apeuré, on n'en sortirait jamais vivant. J'ai cherché Mello du regard, il a acquiescé, comprenant sans un mot ce que je voulais faire. On a rampé vers les côtés aussi vite que j'ai pu, ignorant la douleur que tous autour de nous nous infligeaient malgré eux. Au bout de ce qui m'a semblé une éternité, j'ai enfin pu sorti la tête de ce joli bordel. J'ai roulé sur le dos, les bras écartés, et j'ai repris mon souffle. Le repos n'a été que de courte durée, car les armes à feu ont recommencé à cliqueter, et cette fois, les tirs étaient bel et bien concentrés sur nous.
Tout à coup j'ai réalisé que Mello n'était pas à côté de moi. Ou plutôt, il ne l'était plus. Il avait fui ? Il m'avait abandonné, me livrant à une mort certaine ? N'étais-je qu'un de ces boucliers humains qui jonchent le sol de tout conflit ? Car enfin, Mello ne pouvait que rester en vie pour accomplir sa mission ! Pourquoi me sauverait-il moi ? Je n'eus plus la force de bouger, plus la force d'éviter les balles qui s'évertuaient pourtant à tomber à quelques centimètres de moi sans jamais perforer ma poitrine, là où la douleur m'était devenue insupportable. J'allais me redresser, j'allais hurler à ces assassins de terminer leur sale boulot, quand un bruit sourd a retenti derrière moi. Un bruit que je connaissais bien : le bruit de la crosse d'une arme heurtant le sol ! J'ai vivement tourné la tête et j'ai aperçu le bout des Doc Martins de Mello juste avant qu'il ne les envoie fort dans mes côtes en criant :
« Mais tu vas te bouger oui ou merde ?! »
Je me suis alors senti très bête d'avoir douté un seul instant de cet homme. Après tout ce qu'il avait fait pour moi, après tous les risques qu'il avait encouru, il aurait été stupide de m'abandonner. Surtout s'il estimait que nous avions une chance ! Je me suis relevé d'un bond, saisissant le flingue à mes pieds. Mon doigt a trouvé la gâchette avec une délectation qui m'a un instant perturbé. Seulement un instant, puis ma nature profonde a repris le dessus. Un sourire sadique a déchiré mon visage tandis que mon ouïe et ma vue, aiguisées par des années d'expérience, trouvaient la source de cette pluie de balles. Mello et moi avons crié en même temps :
« Là-haut ! »
Juste en haut de l'escalator qui nous faisait face, à moitié caché derrière la foule, les quatre américains nous canardaient à coups de sniper.
« -Il faut qu'on les éloigne de tous ces gens ! Ai-je lancé à Mello tout en ripostant.
-Tu rigoles ?! Pourquoi tu crois qu'ils n'ont pas encore réussi à nous toucher ? Ces gens sont notre seule échappatoire ! Et puis on n'a pas le temps ! –il capta mon regard implorant. Bon, ok, ok mais je te jure que si on se fait descendre, je te tue ! »
J'ai souri, et je l'ai suivi dans sa course à l'opposé exact de la sortie, et donc de la foule. Je n'ai sûrement jamais couru aussi vite de toute ma vie. J'avais des points partout, le souffle coupé mais je savais que si je m'arrêtais, j'allais me faire faucher. Heureusement, les américains ont arrêté de tirer au hasard et nous ont suivi tout en veillant à nous garder à portée de tirs, sans que nous, ne puissions les toucher.
On a fini par se retrouver près des tapis roulants. Sans hésiter je suis monté dessus et je me suis laissé entrainer derrière un poteau. J'étais plus ou moins à l'abri des regards. J'espérais que Mello avait réussi à en faire autant. J'ai entendu nos poursuivants s'arrêter, sur leurs gardes. Je pouvais deviner leurs regards qui scannaient l'espace.
L'adrénaline coulait à flot dans mes veines. Malgré la gravité de la situation, j'ai vraiment adoré ressentir à nouveau cette sensation, comme si je marchais sur un fil au-dessus du vide, dans un équilibre précaire. Je retrouvais mes vieux réflexes. J'ai surgi de ma cachette, aussi vif que l'éclair. Dans un élan, je me suis jeté derrière un autre poteau. Au passage, j'ai eu le temps de toucher deux des quatre américains. Problème : je n'avais pas eu le temps de voir où se trouvait Mello. En fait, je n'ai pas eu besoin de chercher plus loin. Mello est sorti de nulle part et a tué les deux autres. J'ai failli courir vers lui mais un mouvement sur sa gauche m'en a empêché. Un des deux types que j'avais blessé avait sorti un cran d'arrêt de sa poche et claudiquait vers Mello qui n'avait rien vu. Je me suis jeté sur lui, le poussant juste à temps pour que la lame s'enfonce dans mon propre bras. J'ai grogné de douleur, mais j'ai saisi la main du type et lui ai cassé le bras. Il a hurlé de douleur en tombant à genoux. J'ai ramassé le couteau qu'il avait lâché, mais alors que j'allais lui trancher la gorge, il a murmuré :
« Alors, Mail, on a perdu son chemin ? »
Je me suis arrêté net, complètement paniqué.
« Qui d'autre sait ? Qui d'autre sait mon nom ? »
La rage déformait mes traits. L'autre a paru étonné, puis il a éclaté d'un grand rire.
« Plus de monde que tu ne le penses. Au fait, tu as le bonjour de… »
Il ne finit jamais sa phrase. Mello venait de lui collait une balle en plein cœur.
« -Mello ! Non ! Il allait me dire pour qui il travaillait !
-Il t'a dit quelque chose ?
-Non, il a pas eu le temps puisque tu l'as envoyé dans l'au-delà en moins de deux ! »
J'ai failli lui dire que ce type connaissait mon nom, mais j'ai eu trop peur de sa réaction, donc je me suis tu. Mello, lui, s'est dirigé vers le deuxième type que j'avais blessé, et qui gémissait doucement au sol en serrant ses mains autour de sa cuisse.
« Ne le tue pas ! Ai-je demandé à Mello. On devrait plutôt le renvoyer à l'expéditeur. J'ai un petit message pour lui. »
Mello a haussé un sourcil mais n'a pas fait de commentaire.
« Ok, je t'attends dehors. »
J'étais étonné qu'il accepte si facilement mais bon, je n'allais pas m'en plaindre !
Je me suis tourné vers le type.
« Ne me tuez pas… S'il vous plait… S'il vous plait… »
J'ai ricané.
« Je n'ai pas l'intention de te tuer. Tu vas retourner à Misdeed. Et ne fais pas cette tête, je sais que vous venez de là. Je l'ai senti. Donc tu vas aller voir cet enfoiré qui se permet de menacer mon Mello et tu vas lui dire ceci, si tu as peur d'oublier, note le quelque part, c'est très important, tu vas lui dire que mon nom est Revanche. Et que je suis là pour sauver mon nom. »
Je l'ai poussé avec hargne, et il est parti en claudiquant le plus vite qu'il pouvait.
Bon dieu… Je m'étais fourré dans un sacré pétrin.
Une armada de flics nous attendait à la sortie de l'aéroport. Mello et moi nous sommes fait passer pour de simple voyageurs blessés, ce qui n'a pas été très compliqué vu la blessure à mon bras. J'ai même eu droit à quelques points de suture ! Puis un officier qui était là nous a demandé de décrire précisément ce que nous avions vu. Le problème, c'est qu'on pouvait difficilement déballer toute la vérité à ce type, mais que si notre version des faits divergeait trop de celle des autres rescapés, ça ne serait pas beaucoup mieux. D'autant qu'il était déjà étonné que personne n'ait cherché à nous arrêter. Alors pour échapper à cet interrogatoire, j'ai fait semblant d'avoir la nausée, et je suis partie en courant, les mains plaquées sur ma bouche, suivi de près par Mello. L'officier a fait mine de nous rattraper, puis il s'est ravisé, se contentant de crier que, si on avait besoin, on pouvait passer à la cellule psychologique qui avait été mise en place.
On a continué à courir pendant au moins dix minutes, le temps de changer de quartier. J'étais complètement essoufflé et mon bras me lançait douloureusement.
« Pitié, Mello. Dis-moi qu'on est bientôt arrivé là où tu voudrais qu'on soit. »
Il était devant moi, tout frais, comme s'il ne venait pas de subir une attaque plus une course, les mains sur les hanches, l'air de dire « T'es vraiment lent Matty. »
« Oui, encore quelques minutes et on y sera. »
Là-dessus il est reparti au petit trop. J'ai suivi comme je le pouvais.
Donc, quelques –quinze minutes- plus tard, nous sommes arrivés devant un immeuble à l'aspect branlant. Nan, vraiment, j'avais l'impression qu'il allait s'effondrer comme un château de cartes au moindre coup de vent. J'ai jeté un regard inquiet à Mello. Pourvu que ce ne soit qu'une impression !
Il a sorti un trousseau de clés assez impressionnant de son sac à dos, en a mis une dans la serrure, et a ouvert la porte, s'effaçant derrière elle pour me laisser passer. J'ai incliné la tête avec un demi-sourire. D'un côté j'étais excité de découvrir ce à quoi pouvait bien ressembler le lieu de vie, d'un autre côté, j'avais vraiment peur que le plafond me tombe sur la tête. Je m'imaginais l'appart de Mello petit, mais extrêmement propre, épuré, avec une salle de bain gigantesque et un lit minuscule dans lequel lui et moi devrions nous serrer la nuit… Peut-être que je fantasmais un peu trop, je secouai la tête et reprenais mes esprits.
Si je n'avais pas vu l'extérieur de l'immeuble, je me serais probablement cru dans un autre monde. Quoique, en fait même en l'ayant vu, je me croyais ailleurs. La vision que je m'en étais fait n'étais pas si différente de la réalité : tout était propre, ordonné, et les murs étaient blancs. Du moins pour ce qu'on pouvait en voir, car Mello avait tapissé la totalité des pans de murs de photos. Des photos en noir et blanc, en couleurs, grandes, petites, représentants des enfants aux visages joyeux, et des criminels notoires au sourire édenté. Un élastique rouge reliait toutes ces photos, comme dans un film à suspense. J'avais sous les yeux la vie de Mello, je le reconnaissais sur les clichés d'un petit garçon aux cheveux or, et sur ceux d'un bébé endormi dans les bras de sa mère. Un espace vide entre deux photos attira alors mon regard, et Mello répondit à ma question silencieuse.
« Personne n'a de photo de moi. Sauf une. Et je dois aller la récupérer le plus vite possible. »
J'ai écarquillé les yeux. A qui Mello pouvait-il faire suffisamment confiance pour oser donner un portrait de lui ? Un sentiment lourd de jalousie s'est emparé de moi, et ne m'a pas quitté de la soirée. Je n'ai même pas fait attention au reste de l'appartement, repérant distraitement le futon sur lequel j'allais dormir, à quelques centimètres à peine de celui de Mello. Je me suis écroulé dessus, et me suis endormi dans la seconde, la rage et la fatigue ayant eu raison de mes dernières ressources. Ce fut une nuit agitée. Ponctuée de cauchemars étranges dans lesquels tout Misdeed City murmurait mon nom, glissant silencieusement derrière un cercueil noir, laissant derrière eux une poudre blanche menaçante.
Je me suis réveillé très tôt. A côté de moi, Mello dormait encore. Tout autour de moi était silencieux, seuls les bruits étouffés de la ville au-dehors me parvenaient. J'ai estimé qu'il devait me rester environ deux heures avant que Mello ne se réveille. Mon sentiment de jalousie ne m'avait pas quitté, alors j'ai sauté sur l'occasion. Je savais qu'il me tuerait sur le champ s'il me surprenait, mais je ne pouvais pas m'en empêcher, ça faisait beaucoup trop longtemps que je n'avais rien fait.
Calmez-vous, je ne parle que de dessin ! Je dois avouer que je me débrouille plutôt bien avec un crayon. Alors je me suis assis en tailleur devant cette photo de lui où il posait devant son orphelinat, un faible sourire accroché aux lèvres. Mello avait découpé la photo, mais on pouvait encore voir une grande main tenir la sienne et sortir du cadre. J'ai supposé avec une clairvoyance rare chez moi qu'il devait s'agir de ce L. Je m'en contrefichais, j'ai saisi un crayon et un vieux papier qui trainait, et j'ai dessiné. J'ai dessiné tout mon soûl, avec un soin que je n'avais pas l'habitude d'accorder aux minuscules détails de son visage. J'avais l'impression de rentrer dans son intimité. De le toucher plus sûrement que quiconque ne l'avait jamais fait. Puis j'ai rangé le croquis dans la poche de ma veste, là où se trouvait jusqu'alors le dessin de mes parents. Au même moment, Mello s'est levé.
« -Qu'est-ce que tu fais ? m'a-t-il demandé encore un peu embrumé par le sommeil.
-Je regardais tes photos. C'est qui le gars avec des cheveux blancs là ? »
Il s'est approché de moi et a regardé par-dessus mon épaule, frôlant ma main au passage, me faisant frissonner.
« Lui, c'est Near. »
Il n'a rien ajouté, mais je sentais que c'était quelqu'un d'important, quelqu'un qui pouvait même faire peur à Mello. Je n'ai pas posé de question. Il me dirait tout lorsqu'il le jugerait nécessaire, alors au lieu de me casser la tête, je suis allé faire du café pendant que Mello prenait sa douche. En même temps, j'ai repensé à tout ce qui s'était passé le jour d'avant, et à ces types qui connaissaient mon nom. Qui pouvait bien le leur avoir dit, bordel ? Jim ? Impossible, même à lui, je ne l'avais jamais dit. D'ailleurs j'avais bien fait ! Qui sait ce qui aurait pu arriver de pire s'il l'avait su ?
Avant que je ne puisse pousser plus loin mes réflexions, Mello sortit de la salle de bain, une simple serviette accrochée à sa fine taille, et saisit au vol la tasse de café que je lui avais préparé. Je me suis mis à baver. Littéralement. Il m'a jeté un regard narquois avant de se changer dans un coin de la pièce, ricanant alors que je me retournais, les joues rouges.
« Matt, il faut qu'on parle. »
Ouh… Ca, ça n'est jamais bon signe comme amorce.
« Quoi, tu vas me dire que tu vas me larguer ? »
Ma tentative pour détendre l'atmosphère a lamentablement échoué. Encore.
Je me suis assis sur une chaise à la table de la cuisine, me résignant à passer un sale quart d'heure, cherchant fébrilement une raison à cette soudaine conversation.
« Je ne t'ai pas réellement tout dit à propos de Kira. Majoritairement parce que j'étais persuadé que tu ne pourrais me croire qu'une fois arrivés au Japon. Allume la télé s'il te plait. »
J'ai haussé les sourcils, mais je me suis exécuté, appuyant sur le bouton power de la minuscule télévision posée sur le meuble. Aussitôt, le JT de 8h. Un flash info brillait dans le coin supérieur de l'écran. La voix de la journaliste résonna dans le mystérieux appartement.
« Dans la nuit d'hier à aujourd'hui, une nouvelle série de meurtres inexplicables a sévi dans la capitale. Les victimes étaient pour la plupart des prisonniers, et des yakuzas. On dénombre à l'heure actuelle une dizaine de morts. Aucun ne présente de marque d'attaque physique, et les experts concluent une nouvelle fois à la crise cardiaque. Cependant une communauté qui prend de plus en plus d'importance apporte une explication toute autre : pour eux, un justicier mystérieux serait à l'origine de ces meurtres. En somme, il serait le représentant d'une société nouvelle, où le crime est puni par le crime. Simple rumeur ou faits réels ? Notre envoyé spécial… »
« Tu peux éteindre, c'est bon. », coupa Mello.
J'ai obéi. Loin de m'éclairer, cet extrait n'avait fait que me plonger un peu plus dans la perplexité.
« Tu penses que c'est Kira ? »
Ma question m'avait l'air un peu stupide, mais Mello hocha la tête le plus sérieusement du monde.
« Tu es perspicace, Matt. Je pense en effet que tous ces crimes sont l'œuvre de Kira. Cependant, tu as bien entendu qu'aucune des victimes ne portait de marque de coup. Et même si elles en avaient, comment Kira pourrait-il s'introduire dans les prisons les plus sécurisées de tout le pays, tuer de nombreuses personnes, et repartir aussi simplement ? »
J'ai haussé les épaules. C'était bizarre, mais il devait bien y avoir une réponse rationnelle à tout ça. De plus, Mello était la personne la plus terre-à-terre que je connaissais (plus tard j'ai rencontré Near). Mais, accrochez-vous, parce que la réponse que j'ai reçue était des plus étonnantes.
« L avait découvert l'existence d'un cahier. Un cahier dans lequel il suffisait d'écrire le nom de la personne que l'on voulait tuer, tout en ayant bien en tête son visage, pour que celle-ci meure au bout de quarante secondes d'une crise cardiaque. On appelle ça un Death Note.»
Je l'ai regardé assez sérieusement pendant quelques secondes, puis j'ai éclaté de rire. Vraiment. J'en avais les larmes aux yeux. Mello m'avait fait flipper comme un dingue, il était vraiment très bon acteur ! Et il prenait son rôle très à cœur puisque lui ne riait pas du tout. Même pas un de ses sourires satisfaits. Non, en fait il me regardait avec une indifférence mêlée de pitié, comme on regarde un insecte se faire écraser par une semelle inconsciente.
Du coup, je n'ai plus eu envie de rire. J'ai penché la tête sur le côté.
« -T'es pas sérieux quand même ?
-Si. Mortellement. Je ne plaisante pas avec ce genre de choses.
-Mais c'est complètement absurde ! On ne peut pas tuer quelqu'un en griffonnant un nom dans un cahier !
-Tu veux vérifier ? »
J'ai dégluti bruyamment. Je n'y croyais toujours pas, mais l'idée d'aller voir Kira pour m'en assurer me paraissait une assez mauvaise idée.
« -Admettons, ai-je dis. Comment on est censé arrêter un type qui peut tuer à distance et en faisant passer ça pour une crise cardiaque ?
-Justement, on ne peut pas. On doit donc l'amener à faire une erreur. Il s'avère que L avait déjà plusieurs suspects dans sa ligne de mire. Notre objectif, pour l'instant, est d'être capable d'en apprendre plus sur ces suspects et les pousser dans leurs retranchements pour observer leurs réactions. Mais nous n'avons pas affaire à un novice. C'est pourquoi je vais te demander de ne plus utiliser nos vrais noms. »
J'ai acquiescé, même si je savais que ne plus prononcer le prénom de Mello me serait vraiment difficile (c'était le seul pouvoir que j'avais sur lui). Je savais que ça lui tenait à cœur, et lui dire que pour moi cette histoire était folle n'aurait rien changé. Il aurait peut-être même décidé de ne plus me laisser rester avec lui, et ça c'était hors de question.
« En plus de ça, je vais te poser une question. Réponds-moi honnêtement, parce que si la réponse est oui, ça risque de poser un gros problème. –j'ai fait un bref signe de tête. Est-ce que quelqu'un d'autre que moi connait ton vrai nom ? »
J'ai repensé à ma discussion avec ce type le jour précédant, comme il avait prononcé mon prénom. Il y avait à Misdeed City un homme qui connaissait ma véritable identité, et qui me menaçait. J'ai jeté un coup d'œil discret au visage de Mello. Son regard ne laissait aucune place au doute. S'il je répondais oui, il refuserait de plus m'impliquer. Il me renverrait « chez moi », du moins c'est ce qu'il penserait faire. Sauf que vivre loin de lui n'était pas, et n'est toujours pas, une option pour moi.
« Non. Tous ceux qui le connaissaient sont morts. »
J'ai soutenu son regard de glace. Je sais très bien mentir. Ça m'a aidé plus d'une fois.
Je savais que je commettais certainement une des plus graves erreurs de ma vie, mais j'étais de toute façon persuadé que ma vie serait courte. De plus, je pensais avoir fait assez peur au sbire de mon détracteur pour être tranquille assez longtemps. Ce mensonge n'était pas dangereux sur le court terme.
« Très bien. On va donc pouvoir commencer notre première mission. Je t'ai déjà parlé de Near, il a quelque chose qui m'appartient et que je dois récupérer. Pendant que j'irai voir le SPK –c'est le nom de son organisation, un membre de celui-ci viendra te donner des renseignements que j'espère précieux. »
J'ai dû m'asseoir. Je venais de passer par tellement de choses en tellement peu de temps, et on commençait déjà notre course contre la montre mortelle ? Youpi…
On est descendus dans le garage du bâtiment. Apparemment on ne pouvait pas se rendre au SPK à pieds. Ça n'était pas plus mal car je sentais mes jambes trembler de nervosité. En même temps je me demandais quel genre de voiture pouvait bien posséder Mello. Il était lui-même constamment sur les chapeaux de roues, donc j'imaginais une Porsche, ou une Alfa Romeo, mais en même temps ça n'était pas particulièrement discret. Quand il a ouvert la porte, j'ai su que j'aurais dû m'en douter. Il y avait là une moto. Et pas n'importe laquelle ! Une Kawazaki z1000, rien que ça !
« -On se refuse rien à ce que je vois !
-Tais-toi et monte. C'est rapide et vachement pratique pour se tirer quand les choses tournent mal. »
Sur ces mots, Mello me mit un casque entre les mains, ne prenant pas lui-même la précaution d'en faire autant, et enfourcha la bécane. Je m'installai derrière lui, légèrement inquiet.
« Accroche-toi bien. »
Je n'ai même pas eu le temps de lui répliquer quoi que ce soit qu'il avait mis plein gaz. Je me suis cramponné à ses hanches, des pensées peu recommandables à l'esprit. Mais il y avait un temps pour tout. Et là, c'était le moment de redevenir Matt, le type froid et distant, déterminé et vide de tout sentiment. Du moins pour quelques heures.
On a zigzagué entre les voitures pendant un peu plus d'une demi-heure, puis Mello a freiné brusquement, juste devant un grand bâtiment aux lignes épurées. J'en ai déduit que c'était le fameux SPK.
« Ok. Attends là. Quelqu'un devrait venir te voir rapidement. Moi, j'ai quelque chose à faire. Je ne serai pas long. »
J'ai voulu protester mais il était déjà parti. Putain, il me laissait déjà me démerder tout seul… Ça promettait pour la suite.
« Et je fais comment pour savoir si c'est bien le type que je veux voir ? » ai-je grommelé alors que j'étais seul en plein milieu de la rue.
Un étrange sentiment de panique m'a alors saisi à la gorge. Vous savez, lorsque vous avez connu la solitude, la vraie, et que vous vous en êtes échappé, alors le seul fait d'éteindre la lumière la nuit peut demander un effort titanesque, alors avoir l'impression d'être abandonné au milieu d'une jungle féroce… J'en aurais détesté Mello si j'en avais été capable, mais la seule chose que je pouvais faire, c'était l'écouter et lui obéir pour pouvoir continuer à ne plus être seul. J'ai soupiré, je me prenais vraiment trop la tête en ce moment…
Une main s'est abattue sur mon épaule. J'ai sursauté, me retournant violemment, envoyant mon vis-à-vis au tapis d'une habile clé de bras. J'ai appuyé sa joue contre le macadam et mon genou contre son omoplate.
« Qui t'es et pour qui tu bosses ? T'as intérêt à être bref et concis si tu tiens à ton bras. »
Mes vieux réflexes prenaient le dessus, et ça n'était pas plus mal. Je n'avais aucune idée de qui j'avais à faire, et même si mon instinct me soufflait qu'il s'agissait de mon mystérieux informateur, ma raison me dictait de prendre mes précautions avec les inconnus à présent que j'entrais dans le grand monde de Kira.
Le type au sol a relevé un peu la tête, crachant un filet de sang.
« -Vous n'êtes pas un marrant vous… Mais ça ne m'étonne pas du bras droit de M. Je suis III Ratt, je suis du SPK, et je suis l'informateur de M.
-Preuve ?
-Je sais que M est venu ici pour récupérer quelque chose de très important que possède N, et je détiens aussi des informations qui pourraient vous intéresser au sujet du Death Note. »
J'ai tendu l'oreille, intéressé.
« Donc tu y crois aussi ? »
Il a haussé les sourcils, un peu perdu.
« -Bien sûr ! Son existence est établie, il ne s'agit plus d'en douter ! Maintenant si vous voulez bien me laisser me redresser on pourrait peut-être aller parler dans un coin plus tranquille.
-Conneries, ai-je soufflé. Et non, on bouge pas d'ici. Si tu as quelque chose à dire ce sera ici, ou nulle part. Me crois pas assez con pour suivre un mec que je connais pas sur son propre terrain. »
Je me suis relevé, le laissant faire de même, mais il semblait avoir compris la leçon et n'a pas cherché à s'enfuir.
« -Bien, a-t-il dit. Je n'ai que peu de temps avant qu'on ne remarque mon absence, je vais donc être bref. Retenez bien ce que je vais vous dire, c'est très important. –j'ai tiqué, l'enjoignant à poursuivre. Le SPK a récemment été en contact avec la NPA –voyant moi air interrogateur, il ajouta : Vous savez, la National Police Agency. Or, N a découvert qu'ils étaient probablement en possession d'un Death Note…
-Attends, attends, l'ai-je coupé. Tu veux dire qu'il existe plusieurs de ces cahiers ?! »
J'étais complètement abasourdi. Un seul, c'était déjà beaucoup à avaler mais alors deux ? Trois ? Peut-être même plus ? Non, il y avait une limite aux mauvaises plaisanteries.
Mais Ratt me regarda droit dans les yeux et étira un sourire sadique.
« Ne me dites pas que vous n'étiez pas au courant ? –il pouffa. Visiblement votre Boss ne vous fait pas si confiance que ça… »
Je lui ai filé une baffe, accompagnée d'un courtois « Ta gueule ! » Mais je ne pouvais nier que ses mots avaient douloureusement résonné en moi. Il était indéniable que Mello n'avait pas jugé utile de me tenir informé de la totalité des évènements. Ça n'était pas juste ! Après tout j'avais placé en lui une confiance aveugle, allant jusqu'à risquer mes jours pour lui, il aurait pu témoigner un peu plus de gratitude ! Mais ça n'était ni le moment ni le lieu pour se perdre en réflexion. Je cuisinai encore un peu Ratt, puis il retourna dans son agence. C'était officiel, je ne pouvais pas blairer ce type, et ça semblait réciproque. Aussi quand Mello revint quelques longues minutes plus tard, mon énervement était-il à son comble. Je suis monté derrière lui sur la moto, mais au lieu de m'agripper à ses hanches, je me suis accroché à la poignée derrière moi. Je ne sais même pas s'il l'a remarqué.
Le chemin retour m'a semblé durer bien moins longtemps qu'à l'aller. Pourtant je redoutais de me confronter à Mello. Je redoutais d'avoir à lui reprocher de ne pas être totalement honnête avec moi.
Lorsque Mello a coupé le moteur, je suis descendu rapidement, ai enlevé mon casque et le lui ai enfoncé dans l'estomac avant de monter l'escalier quatre à quatre, une veine battant à mes tempes. J'aurais pourtant dû savoir que ça ne ferait que l'agacer un peu plus. Il a déboulé dans l'appart avec une mine pas jojo du tout.
« On peut savoir ce qui te prend ?! » a-t-il hurlé.
C'était le pompon. Ma fureur a éclaté.
« CE QUI ME PREND ? Tu veux savoir ce qui ME prend ? Alors que tu m'envoies parler avec un enfoiré d'inconnu qui m'apprend qu'en fait il existe plusieurs cahiers de la mort ? Tu te paies ma tête ? J'suis vraiment passé pour un sacré abruti ! Tu te rends compte que je connais pas la moitié des trucs dans lesquels je me suis engagé pour toi ! Putain Mihael, tu me prends pour qui ? »
La rage a déformé ses traits quand son prénom a franchi la barrière de mes lèvres. Je l'ai regretté immédiatement.
« N'utilise plus ce nom si tu tiens à la vie ! »
J'ai fermé ma gueule : il venait de pointer son Berreta sur ma tempe.
« Tu sais seulement ce que je t'autorise à savoir. Tu fais seulement ce que je t'ordonne de faire. Tu respires seulement quand je te laisse le faire. Tu comprends ça ? Je te l'ai déjà dit. Il n'y a pas de retour en arrière pour toi, alors tu ferais bien de t'y habituer tout de suite. »
Il a doucement abaissé son arme, le mépris se lisant clairement dans son regard. J'ai serré fort les poings. Jusqu'à me lacérer les paumes de mes ongles. Qu'est-ce que je pouvais le haïr, qu'est-ce que je pouvais le trouver sexy à ce moment. J'en aurais pleuré. On n'était pas né sous une bonne étoile lui et moi.
« Je peux au moins savoir ce que tu faisais ? ai-je grincé. »
Il n'a même pas répondu, se contentant de faire demi-tour, mais alors que j'allais me jeter sur lui pour obtenir des explications à n'importe quel prix, il a jeté quelque chose dans ma direction.
« Brûle ça, a-t-il chuchoté. »
J'ai eu l'impression que Mello avait vieilli, qu'il y avait sur ses épaules un poids titanesque. C'est alors que j'ai compris à quel point ce jeune homme que j'avais sous les yeux avait dû grandir vite. Les gens comme nous n'ont pas d'enfance, ils n'ont rien de plus et rien de moins qu'une vie capricieuse, et rarement généreuse. Pourtant la mienne m'avait fait le plus beau des cadeaux en me permettant de rencontrer Mello.
J'ai regardé le papier qu'il m'avait envoyé. C'était une photo de lui, il était beaucoup plus jeune, les cheveux moins longs mais du même blond, les yeux plus grands, mais toujours aussi bleus, et surtout, il n'avait pas ces cernes qui dévoraient son visage, qui lui donnaient l'impression d'être un vieillard dans un corps de jeune adulte.
Alors c'était ça ? Mello était allé récupérer la certainement unique photo de lui qui circulait sur le marché ? En y regardant de plus près, j'ai remarqué que, sur le mur, une photo du garçon aux cheveux blancs manquait. Un prêté pour un rendu, hein ? Pourtant quelque chose me tracassait. Quel lien pouvait bien unir les jeunes hommes -qui semblaient se détester cordialement- pour qu'ils possèdent une photo de l'autre ? Un nouvel accès de jalousie a fait trembler mes mains.
« N'y pense pas, Matt, me suis-je soufflé. Mello te l'a dit. Tout ce que tu as à faire, c'est lui obéir. »
Tel un zombie, je me suis dirigé vers la cuisine, et me suis saisi du chalumeau. J'ai enflammé un coin du cliché. Mon cœur s'est serré comme si je commettais le plus effroyable des crimes, mais le simple fait de savoir que ce Near avait posé ses doigts sur l'image de Mello me rendait fou de rage. J'ai regardé la photo devenir un tas de cendres à mes pieds. Et maintenant ? Maintenant je faisais quoi ? J'étais perdu, bouleversé par tout ce que j'avais appris aujourd'hui, sur lui, sur moi. Je voulais juste m'échapper pour quelques heures de ce foutu monde où tout n'était que faux semblants.
Soudain je me suis rappelé de quelque chose, cette gameboy que j'avais gardé, qui avait appartenu à un quelconque type que j'avais buté. Je suis retourné dans le salon. Mello dormait déjà. J'ai esquissé un sourire tendre en rejetant du bout du doigt une fine mèche qui barrait son visage, comme une cicatrice. J'ai secoué la tête à cette pensée étrange qui m'avait brièvement angoissé.
Puis j'ai fouillé dans les poches de mon blouson et en ai sorti la petite console. Avec nervosité, je l'allumai. La gameboy émit un petit bip sonore avant que l'écran ne s'illumine et ne montre le RPG qu'il contenait. J'ai souri. J'aimais les jeux de rôles : je pouvais incarner qui je voulais, j'étais libre. Pourtant je ne créai pas de personnage. Je repris celui qui existait déjà : celui que ma victime avait inventé bien avant moi. Je lui devais bien ça.
Je me suis assis sur mon futon, et j'ai joué toute la nuit, les lumières du jeu zébrant mon visage à intervalles irréguliers, m'hypnotisant, me coupant du monde extérieur, me faisant même oublier pendant un court instant l'homme allongé non loin de moi.
Je ne savais pas qu'alors que je jouais à en perdre la vue, de l'autre côté du Pacifique, le type qui m'avait agressé à l'aéroport venait de se présenter à son Boss.
« -Alors ?
-Alors euh… Il… Il m'a dit de vous dire que son nom était Revanche, et qu'il n'hésiterait pas à venir le récupérer… Et aussi qu'on ne devrait pas s'attaquer à son ami si on tenait à la vie…»
Le chef éclata d'un rire tonitruant.
« Sacré Matt ! C'est sûr qu'il ne manque pas de cran… Mais il ne connait pas encore son adversaire… »
Dans sa main, un dessin froissé aux couleurs délavées.
Ayééééé ! Désolée pour les fautes d'orthographes et ce genre de choses ! En tous cas, merci d'être encore là, et j'espère que je reviendrai avant le prochain passage de météorite haha !
Sur ces bonnes paroles, bonne nuit,
Clo'
