« Mémoires d'un Ange »

Lordess Ananda Teenorag


Titre : « Mémoires d'un Ange »

Auteur : Lordess Ananda Teenorag

Série : Supernatural

Genre : Semi Alternate Universe – Spiritual, Mystery, Fantasy, Frienship, Romance.

Résumé : Mes Souvenirs sont ceux de l'Innocence qui se partage. Mon Rêve est celui de l'Ange qui épouse l'Humanité. Mon Cœur veut vivre, comme le tien, petit humain. Il veut être libre.

Personnage principal : Castiel

Personnages importants : Dean Winchester, Sam Winchester

Note : Recueil de fics sur l'Ange Gardien de Supernatural.


Mot de l'auteure : Merci à tous les lecteurs et à tous ceux qui suivent la fic ! Cela me touche beaucoup. Grâce à vous, j'ai beaucoup d'inspiration en ce moment, alors je ponds des chapitres... une petite surprise dans celui-ci, un peu différent des autres.

Ah, en ce moment, j'ai une profonde interrogation sur la véritable forme de Castiel. J'aurais très envie de tenter un dessin...


~…~

Mémoire de la Vie : L'Existant

~…~


~…~

?

?

~…~


Dean, Dean.

Il marche dans le ciel, plane dans ce rêve.

« … »

Dean, Dean. Tu m'entends ?

Est-il un Dragon pour un Chevalier, est-il un Homme pour un Ange ?

Qui le sait, si ce n'est…

« … »

Dean, Homme Vertueux…

Homme… Vertueux ? Mais, qui es…

« … ! »

…et le Survivant se réveilla, avec l'étrange sentiment que ce chapitre n'aurait pas dû être celui de son histoire.

« (…merde). »

Il avait fait un rêve bizarre. Un rêve selon lequel, un Ange sous forme de Dragon souffrait, dans un Royaume Céleste, de ne pouvoir venir sur terre. Souffrait, en silence, de ne pouvoir rencontrer un Humain.

Pleurait, à grands cris, l'oubli de son Chevalier.

« Pfff… j'aurais pas dû… faire nuit blanche. Voilà ce qu'on gagne à trop fêter une victoire… »

Dean ne croyait pas en les histoires de Chevaliers et tout le reste. Il était un homme pragmatique, réaliste, dur.

Et pourtant, en voyant les yeux bleus du Dragon hurler leur céleste solitude, une entraille s'était tordue en lui.

« Hé, Dean. Tu t'inscris, pour la chasse du jour ? La Guilde vient d'ouvrir le Tableau des Missions. Il y en a une sacrément intéressante… »

La bière avait tinté – étrangement vide.

« Nan. Pas de chasse, aujourd'hui. »

Le ton, presque joueur, aurait trompé un Monstre. Et ce fut le cas de ce camarade qui ne connaissait que le Chasseur qu'il était devenu.

« Toi, refuser une chasse ? On aura tout vu. Je sais bien que t'es tellement talentueux que les clients doivent te couvrir d'or, mais ça a jamais été pour ça que tu acceptes les missions, vu comment tu claques les récompenses en bières, nanas, et autres folies du genre. »

Il se permit un clin d'œil – alors que le verre tinta sur le comptoir ancien.

« Si tu veux savoir, ma dernière folie avait de très jolis yeux bleus. Et un cul d'enfer, j'en suis sûr. Mais ça, je le saurai plus en détail ce soir. »

« Ah, je vois. Môssieur flirte encore. Pfff, t'as de la chance d'être beau. Et d'être sacré le Meilleur Chasseur du Pays. Enfin… »

Dean Winchester sourit largement, mais son regard était vide.

Oui, de très jolis yeux bleus. Mais pas autant que…

Il s'était figé – inconsciemment. Avait pilé, comme un conducteur qui aurait vu un chien au détour d'un virage.

Dean…

Mais cet animal-là avait quelque chose de trop féérique.

Vaillant Chevalier…

« Bon, alors, raconte, Dean-o. Elle est canon, ta dernière folie ? C'est ses yeux qui t'ont enlevé ton cerveau ? »

Si seulement, j'avais pu toucher ces yeux…

« … »

« …ou son cul d'enfer ? »

« … »

L'Ange se découpa – dans un tonnerre de grâce et de puissance. Il était splendide, sous forme humaine : et ses yeux bleus comme le ciel montraient qu'il en descendait.

Il n'avait jamais vu d'être aussi beau…

« Hé, mec, ça va ? T'as pas l'air dans ton assiette. »

Abruti. Comment ça pourrait aller, après avoir vu des yeux pareils ?

« Ça doit être ta bière, barman. Elle est un goût aigre et mon estomac aime pas ça. T'es sûr que t'as pas mélangé alcool et vinaigre ? »

« Ma bière est tout ce qu'il y a de plus bon, Winchester. Pas ma faute si tu te fais trop vieux pour boire de l'alcool. »

Bouder la spécialité de la maison était le meilleur moyen d'obtenir la paix de la part du barman. Dean le savait bien, et il agissait toujours en connaissance de cause. Mais, c'était sans compter ses collègues Chasseurs qui traînaient dans le coin… à la recherche d'un gars à ennuyer.

« Hé, Dean ! »

Oh, non. Putain, quand j'aurai la paix ?

Il voulut avaler une rasade de sa bière dorée : mais, pile au moment où il levait le verre, un reflet du ciel vint illuminer le liquide, le rendant bleu comme l'innocence.

Dean, Dean.

Il n'y a que toi que je reconnais comme mon Chevalier. Jusqu'à là, je ne laisserai personne me dompter.

Mais… fais vite, je t'en supplie. Dans cette Prison, je m'affaiblis de plus en plus…

Ces yeux bleus… ces yeux bleus…

Merde. C'était vraiment une folie que j'aurais pas dû me permettre.

« … »

Il se sentait bizarre. Mal. Comme s'il avait bouffé un truc indigeste : et le pire, c'est qu'il n'avait rien mangé. Seulement bu, à peine une choppe. Décidemment, le barman avait raison. Il se faisait vieux…

« Parfait, Winchester. La piste que vous avez relevée nous a menés à la Créature. Nous referons appel à vous tantôt. Soyez prêt. »

« Ouais, ouais. »

La mission avait parfaitement réussi. Pas de blessé, pas une égratignure : et la Créature piégée comme il se devait. Qu'est-ce qui allait pas, chez lui ?

« Hé, Dean ! Faut absolument que tu viennes. Le Lab SPN organise une conférence importante. Il paraît qu'ils ont enfin capturé le Dragon aux Vérités Saphir. Oui, LA Légende des Yeux bleus comme le Ciel. Celui qui viendrait du Royaume Céleste, et qu'on appelle… la Fleur Bleue du Paradis. Tu te rends compte ? »

De nouveau, une entraille se noua en lui – et il maîtrisa l'envie de vomir.

« Non. »

« Comment ça, non ? Bien sûr, que c'est trop bizarre de croire qu'il existe un Royaume Céleste et des Habitants de là-bas, mais tu aurais vu ce Dragon… ! »

« Je m'en fiche de toutes ces histoires de Royaume Céleste et de ragots. Ce que je veux te dire, c'est que je n'irai pas à cette conférence. »

Son collègue en avait lâché sa mâchoire de stupeur.

« Mais… t'es malade ?! Toi le Chasseur le plus réputé du pays, tu jouerais la fille de l'air avec tes patrons ?! »

Indifférent – en apparence, il posa sa choppe vide. Le bleu ne s'y reflétait plus.

« Tu m'as bien entendu. »

« …toi, alors. »

Dean n'avait jamais vraiment aimé les conférences, c'était un fait. Lui, c'était un Chasseur, un homme d'action, pour qui le terrain se résumait aux Armes de Chasse, à la senteur d'une Créature Surnaturelle et à la traque d'une piste fraîche. Pas au grand blabla de Scientifiques intellos trop mous pour remuer leur bide autrement qu'avec leur bouche.

« Bon, à plus. »

« C'est ça. »

En plus, il trouvait ça déloyal d'enfermer les Créatures qu'on capturait. C'était plus charitable soit de les laisser aller, soit de les zigouiller pour que, plus de souffrance. Morale de Chasseur, on n'allait pas le changer.

« … »

Pourtant, Dean sentait que, déserter la conférence du siècle, avec la Créature la plus légendaire qu'ils aient jamais croisée, même ça c'était trop pour lui – même si on le considérait comme le plus grand Chasseur de son époque.

Et, il n'avait pas tort.


Laboratoire SPN.

Entrée de l'Auditorium.

Un peu plus tard.


« Monsieur Winchester, nous vous attendions avec impatience. »

M'attendiez avec impatience. M'avez forcé à ramener mes fesses, serait plus juste, trouduc.

Dean aurait bien balancé cette vérité à la figure de la femme, impeccable, qui prenait son manteau. En fait, il aurait bien balancé toutes ses balles en argent, agrémentées de sa machette et de, pourquoi pas, la crosse de son fusil. Ça n'aurait pas trop été une grande perte (il parlait de la femme, pas de ses armes, hein), mais les conséquences auraient été déplaisantes pour son petit frère.

« Vous êtes plutôt jolie, mais je peux pas en dire autant. »

« Toujours le mot pour rire, Monsieur Winchester. Dois-je vous rappeler… que l'unique membre de votre famille restante est à notre charge ? »

S'il n'y avait pas eu Sam, il ne serait jamais devenu Chasseur.

« Nan, pas besoin de me le rappeler. Vous avez intérêt à tenir votre part du marché. Sinon… exit mes services. »

L'employée avait souri, comme si elle s'en fichait complètement. Ce qui devait être le cas, songea Dean. Maîtrisant une envie de meurtre, il se rua dans la salle de conférence, afin d'en finir avec cette merde.

« Bordel de merde. Je déteste… »

Rien ne l'avait préparé à cela.

Ce qu'il vit – et qu'il verra à jamais.


~…~

L'Enfant toucha le Dragon : et le Dragon chanta doucement, dans la main du Garçon.

Leur cœur ne faisait qu'un, et ils le savaient.

« Dis, quand est-ce qu'on se rencontrera encore ? »

~…~


Il n'aurait pas dû. Il n'aurait pas dû. Pas dû…

…le regarder.

Et il irradie le tonnerre,

Tout en racontant l'amour.

Reflète la beauté,

Même dans la laideur.

Il est l'Ange qui veille sur toi,

Et qui ouvre ton cœur au monde.

Dean Winchester le regarda – et se laissa à jamais prendre au piège de ces yeux bleus, bleus comme l'innocence qu'il avait perdue.

« Dis, grand Dragon. Tu viens d'où ? »

La Créature le contempla : telle une montagne, immense de puissance, suprême de majesté.

« Tu dois venir du plus beau des Royaumes, parce que tu es… si cool ! »

Ses ailes de jais battaient au tonnerre. Mais il ne lui faisait aucun mal.

« Allez, viens ! »

Il le regardait simplement.

« … »

La Légende disait vrai. Les ragots disaient vrai. Ce Dragon était, bordel de merde, le plus beau qui ait jamais existé.

Et ses yeux étaient les plus beaux qu'il ait jamais vus.

« … »

Putain de merde.

« Oh, tu es revenu ! »

Devant lui – qu'il est beau, qu'il est… grand ! – le plus majestueux des Dragons, qui le regarde sans la moindre retenue.

Grand Dragon, tu es… si beau !

Tu reviendras à chaque fois me voir ?

Est-ce que je peux te toucher, toi et tes jolies ailes noires ?

L'Innocence Bleue contempla l'Humanité Verte : et, soudainement, le Dragon se rua contre la paroi en verre, manquant de se blesser au passage.

Dean Winchester !

Le Chasseur sentit ses entrailles se tordre – encore.

« Etonnant. La Créature réagit fortement à votre présence, Monsieur Winchester. L'avez-vous déjà rencontrée ? »

« Quand je serai grand, je serai le Chevalier au Dragon. Est-ce que tu voudras être mon destrier à moi ? »

Aile de jais, qui bat au tonnerre…

Le Souvenir disparut de sa Mémoire, car il n'existait plus qu'en son Cœur.

« Jamais. »

« Je t'attendrai. Reviens quand je serai grand et fort. Et là… »

Aile de jais, qui s'incline devant toi…

Il avait envie de pleurer, mais un Winchester, ça ne pleure pas. Ça ne pleure plus.

« Pourtant, on dirait qu'il vous connaît… n'est-ce pas étrange ? »

« Vous insinuez que je raconte des bobards ? »

Habituellement, il était courtois avec les femmes. Mais il n'aimait pas le personnel du Laboratoire, et toute cette histoire de rêve le rendait à cran.

« Votre présence sera requise pour la conférence. Soyez là, Monsieur Winchester. Jusqu'à la fin, vous ne vous échapperez pas. »

Et merde.


Lab SPN – Auditorium.

Des heures plus tard.


La conférence avait été interminable.

« Des années de recherche, des moyens colossaux ont été mis en œuvre pour mener à bien le projet Supernatural. Moult personnes s'y sont consacrées, jour et nuit, sans relâche. Nous tenons donc à les remercier, ainsi que… »

Blablabla blablabla. Oh qu'il détestait ça. Ces ringards de Scientifiques…

« C'est donc avec une grande joie que nous vous dévoilons enfin la consécration de ces années de travail acharné. Oui, aujourd'hui est à marquer d'une pierre blanche. Car… »

Interminable. Comme la migraine qui le tançait, et la nausée qui le guettait.

« Et nous vous présentons la Fleur Bleue du Paradis… la Créature qui viendrait du Royaume Céleste, que nul n'a jamais pu explorer… la Légende des Yeux Bleus comme le Ciel… »

Si le merveilleux Dragon aux yeux célestes ne lui avait pas lancé cet appel – désespéré – au moment où la cage s'était révélée, Dean Winchester se serait endormi exprès pendant la performance de l'orateur.

« … ! C'est donc… lui ! »

« Ce qu'il est… beau… »

Les cris d'admiration l'avaient fait vomir. Les applaudissements lui avaient donné envie de tuer. Et le pire, dans tout ça, c'était le rôle qu'il avait joué dans toute cette mascarade.

« Remercions la Guilde des Chasseurs, qui s'est donnée à fond pour cette grande capture. Et, en particulier, l'expert qui a su reconnaître la piste du Dragon, Dean Winchester. »

L'expert en question avait envie de vomir. Même s'il avait fait ça pour Sammy, voir cette Créature merveilleuse entre quatre parois de verre l'avait déchiré. Seul le merveilleux regard bleu l'avait empêché de sombrer, de l'autre bout de l'auditorium.

Je… ne t'en veux pas.

« … »

Est-ce que… je comprends vraiment… ce qu'il… ?

Les yeux célestes le fixent – avec douceur.

Tu as fait ce que tu devais.

« … »

Non, c'était encore pire, que de voir ça. De se dire que la Créature qu'il avait piégée, elle le comprenait. Dean aurait préféré qu'elle le haïsse.

« (Pardon…) »

Pardon…

Le bleu de l'Innocence le regarda – exempt de toute rancœur.

Je ne te hais pas.

« … »

C'était horrible.

Les yeux de l'Innocence Bleue le contemplent, empreints d'amour.

A jamais liés,

Sont-ils, ces êtres qu'une Volonté unit :

Et moi je sais que vous entendez leur cœur qui bat !

Perturbatrice, une voix humaine s'obstinait à le déranger. C'était la réalité de ce monde de métal, qui avait emprisonné, et un Ange dans une cage de verre, et un Homme dans une prison de douleur.

« Et maintenant abordons l'hypothèse suivante : si la Créature vient bien du Royaume Céleste, alors l'existence de… »

Cette voix voulut le ramener à la réalité : mais Dean s'évada dans le Bleu de son Innocence. Et, l'athée qu'il était pria, pour la première fois, une Créature de Dieu.


Laboratoire – Auditorium.

Bien plus tard, après la conférence.


La salle s'était vidée.

Dean n'avait pas pu partir. Tout d'abord, parce que les Scientifiques du Laboratoire SPN ne l'auraient pas permis (ce à quoi, on pouvait négocier à coups de revolver).

Et surtout, parce que le regard bleu l'avait figé à jamais dans son âme – pour ce qu'il en restait.

(On ne pouvait pas négocier avec ce regard-là.)

Dean Winchester…

S'il n'avait pas été aussi terre-à-terre, il aurait juré que la Créature l'avait appelé – au fond de son âme.

Prisonnier, prisonnier…

« … »

Ses propres yeux s'attachèrent à ceux qui le suivaient, depuis le début. Et lui dirent un mot – un seul mot.

Dean.

« … »

Sans savoir pourquoi il agissait ainsi, le Chasseur s'était avancé vers la cage. Ça aurait pu être dangereux, très dangereux : mais, il était à mille lieux de telles pensées.

« … »

Sa main toucha la paroi de verre qui le séparait du Dragon : et – immédiatement – ce dernier vint poser son museau sur l'endroit que ses doigts avaient effleuré.

« On est pareil, toi et moi… hein ? »

Les yeux bleus le sondèrent – presque doux.

« Tu as sans doute des amis. Une famille. Des frères, peut-être. Qui doivent te savoir prisonnier, mais qui ne peuvent rien faire pour toi. »

Cette tête, splendide, se pencha pensivement sur le côté. Au fond de son esprit, Dean ne put s'empêcher de penser que ce geste lui rappelait quelque chose : mais, la beauté de cette sculpture féérique, entre Dragon et Ange, accapara son esprit.

« Tu sais, j'avais un frère. Non, j'ai un frère. Un super mec. On formait un duo légendaire… et rien pouvait nous battre. Mais un jour… une affaire a mal tourné. Une salope de Démone a piégé Sam et l'a forcé à boire un breuvage interdit. »

Raide comme la mort, il se tenait face à ceux qu'il détestait.

« Vous pouvez le guérir du Sang de Démon ? »

Il haïssait le Laboratoire. Il le haïssait d'autant plus, que c'était peut-être le seul qui pouvait aider son frère.

« Il faudrait faire des recherches très poussées, pour cela, Monsieur Winchester. Et, par conséquent, beaucoup plus d'argent que vous ne pourriez jamais en verser. »

Demandait-il pardon à cette Créature de l'Autre Monde ?

« J'ai bien mieux que de l'argent à vous proposer. »

Il ne l'avait jamais connue, et pourtant, en voyant ces merveilleux yeux le regarder avec douceur, il avait eu l'impression de trahir son tout premier ami.

« Tu… tu ne devrais pas me regarder comme ça. Tu… ne devrais pas m'aimer. Tu devrais me déchiqueter en mille morceaux, hurler ma mort, haïr ma vision. Tu devrais… ! »

Il se frappa, sans la moindre retenue. Et le sang gicla, comme une preuve de sa culpabilité éternelle.

Dean.

« … »

Si un voile de souffrance traversa le regard de l'Ange, il ne le vit pas, occupé comme il l'était à se punir lui-même.

Dean, Dean.

Pourquoi… pourquoi t'estimes-tu donc si peu ?

La main saignait, sous la rage de sa culpabilité. Alors, voyant le sang couler, le Dragon souffla un jet argenté, qui traversa la paroi de verre.

« … ! »

L'Aîné Winchester se statufia. Sa main… avait guérie ?

Bordel de… !


« Intéressant, n'est-ce pas ? »

Perdu dans sa rêverie, le jeune Chasseur n'avait pas remarqué les caméras qui le surveillaient, impitoyables. Et tandis que l'immense Dragon le berçait de sa dévotion, les agents du secret enregistraient le moindre aspect de leur lien mystérieux.

« Dean Winchester et le Dragon aux Vérités Saphir sont liés. C'est une certitude, à présent. »

« Comment avez-vous deviné qu'il s'agissait de… lui ? »

Le marionnettiste de l'ombre se frotta la barbe, signe d'appréciation.

« Winchester est spécial. Cela fait longtemps que nous gardons un œil sur lui. »

Il tirait ses ficelles, et se riait parfois de ses pantins. Mais aujourd'hui…

« Selon la Légende du Calendrier Universel, un Être Céleste unique descendra sur Terre, le Jour de son Initiation, pour accomplir une grande mission. »

Il est l'Ange Gardien de l'Homme Vertueux :

La Légende des Yeux Bleus comme le Ciel

Qui s'unira à l'Emeraude de l'Humanité.

Le Lien de l'Amitié, où se réveillera

L'Union de Deux Mondes.

Alors que les Scientifiques complotaient, une Légende avait lieu – sous leurs yeux.

Dis, le Dragon… pourquoi j'ai l'impression de te connaître ? »)

(« … »)

La vie qui continuait, ordinaire, révélait lentement ses secrets.

Dean Winchester, je suis revenu. »)

Les Deux se touchaient, malgré la plaque de verre impitoyable. Se comprenaient, malgré les barreaux inexorables.

Il est écrit, que…

Deux par deux, toujours deux par deux…

qu'ils ne se sépareront jamais.