Bon je crois que c'est définitif, je ne suis pas douée avec les délais. Désolé pour l'attente.
Un nouveau chapitre pour vous, mais attention le rating M va prendre tout son sens, moment difficile en fin de chapitre.
Merci à ma bêta LouisanaNoGo pour ses précieux conseils, et son œil avisé.
Bonne lecture.
- 5 -
La revanche Serpentarde
Will trainait des pieds dans les couloirs. Le couvre-feu était passé depuis une petite demi-heure, et si habituellement il le respectait, ce soir il était trop agité pour rester sagement au lit. Il fallait qu'il le voie. Il sentait au fond de lui un manque, sans doute généré par le peu d'attention que lui prêtait Rogue. Son instinct de calice réclamait la protection et l'amour du vampire, mais ce dernier s'obstinait à l'écarter.
Devant la porte, Will prit une profonde inspiration. Il devait confronter Rogue, il ne pouvait plus continuer comme ça. Le vampire devait faire quelque chose pour apaiser le feu qui le consumait littéralement. Au début, il n'avait ressentit qu'une légère oppression, puis un vide, comme un manque vital. Là il n'en pouvait carrément plus, il avait envie de fondre en larme, il ne pouvait pas continuer ainsi. Timidement, il frappa à la porte de son professeur. Pas de réponse. S'était-il absenté ? Ou refusait-il de lui ouvrir ?
Pris d'un doute, Will hésita à réitérer l'opération ou à le laisser tranquille. Mais son malaise l'emporta et il retenta. Sans plus de succès. Alors qu'il posait son front contre le bois, dans un profond soupir de lassitude, cette dernière s'entrebâilla, manquant de l'envoyer valser au sol. Le jeune homme regarda craintivement autours de lui. Personne en vue. Will décida donc de se faufiler dans la pièce.
Cette dernière était entièrement plongée dans le noir, et la porte se refermant brutalement derrière lui le mit dans l'obscurité la plus totale. Il dut donc se fier à ses autres sens, et en particuliers l'ouïe. Il était certain qu'il n'y avait personne dans le salon de son professeur, d'ailleurs les quelques bruits qu'il devina provenir de la chambre le conformèrent dans sa certitude. Ce n'était donc pas son professeur qui lui avait ouvert la porte. Il préféra ne pas se questionner sur la raison de cette invitation à pénétrer dans les appartements de cet homme si redouté sans son autorisation.
Immobile dans le salon, Will ne savait plus quoi faire. Son professeur n'était pas au courant de sa présence. Devait-il en profiter pour fouiller un peu dans sa vie privée ? Il savait que l'homme ne se livrait pas facilement, alors les informations qu'il voulait savoir, il devait les trouver par lui-même. Son attention se reporta sur la chambre, et les bruits qui en provenaient. Trop curieux, il s'approcha le plus silencieusement possible. Retenant son souffle, il osa jeter un coup d'œil dans la pièce. Ce qu'il y vit le pétrifia encore plus efficacement qu'un petrificustotalus.
A moitié recouverts par les draps, deux corps d'homme s'entre-lassaient passionnément. Même si le bas de leurs corps était partiellement caché, Will ne se faisait pas d'illusions quant aux activités des deux hommes. Son professeur chevauchait un homme blond aux traits graciles et ce dernier, complètement plongé dans le plaisir, ne pouvait s'empêcher de gémir.
- Oh oui Sev, plus vite !
Will retint un haut le cœur alors que sa poitrine se serrait. Il étouffait complètement, se sentant trahit. Un sanglot rauque sortit de sa gorge sans qu'il ne parvienne à le retenir. Ce bruit suffit à alarmer Rogue qui se redressa. Avant même qu'il ne puisse réagir, Will avait tourné les talons et s'enfuyait le plus loin possible de cette vision d'horreur.
Il courut à perdre haleine, ne voulant en aucun cas être rattrapé par le vampire. Pas après ce qu'il avait vu. Il était son calice, c'était lui qui devait pourvoir à ses besoins. A tous ses besoins. Brutalement le jeune homme se stoppa. Depuis quand pensait-il comme ça ? Suffoquant, il s'échoua contre un mur en pierres du château. Il posa sa tête entre ses mains, totalement perdu. Depuis que sa magie n'en faisait qu'à sa tête, tout avait foutu le camp dans sa vie. Les événements s'étaient enchainés sans qu'il ne prenne le temps d'y réfléchir. Clou du spectacle, il était devenu le calice de Rogue.
- Il ne veut pas de moi, il n'a pas besoin de moi, réalisa-t-il à mi-voix.
Cette phrase parvint à ses oreilles, le faisant prendre conscience d'une terrible réalité. Rogue ne voulait pas de lui comme calice. Cette prise de conscience lui dévoila une terrible vérité, qui pourtant le soulagea d'un poids. Si Rogue ne le considérait pas comme un calice, alors il était libre. Il pouvait faire ce qu'il voulait sans que le vampire ne puisse y redire quoique ce soit.
Les muscles tétanisés par le froid, il se releva tant bien que mal. Il était l'heure de retourner au dortoir, sans se faire voir. Après une bonne nuit de repos, le goût de la trahison serait sans doute moins amer. Dès le lendemain, il reprendrait une vie normale. Il était temps qu'il se comporte comme les adolescents de son âge. Déjà avant, sa sœur ne cessait de lui rabattre les oreilles avec les bienfaits d'être en couple. Il était temps qu'il vive vraiment.
oOo
- Vous avez vu, on dirait que Rogue est de mauvaise humeur ce matin, remarqua Hugo.
Will haussa les épaules, jouant l'indifférent. Depuis qu'il avait surpris Rogue avec cet homme, il évitait de se trouver sur son chemin. Il voulait tout oublier de lui, même si son vœu était irréalisable. Ses leçons particulières se rappelleraient bien suffisamment tôt à lui.
- Frérot ! Commença Lily un sourire angélique peint aux lèvres.
Le jeune homme fronça les sourcils. La bonne humeur de sa sœur cachait souvent quelque chose.
- Tu as vu comment Erwan te regarde ? Demanda-t-elle innocemment.
Will sursauta, et jeta un coup d'œil à la table des Serpentards. Le brun braquait un regard de cendre sur lui. Il frissonna sous l'intensité de son regard. Son ventre se mit à palpiter, et sa bouche s'assécha.
- Tu devrais aller lui parler, commença-t-elle.
Son frère lui lança un regard affolé. Jamais il n'oserait faire le premier pas !
Il n'eut pas à le faire puisqu'Erwan prit les devants. A leur première heure de cours, il s'installa à ses côtés, mettant en pratique la volonté de la directrice de Poudlard, McGonagall. Elle qui voulait voir les maisons se rapprocher par le biais de travail en binôme, avait sous les yeux une alliance Gryffondor/Serpentard.
- Hey ! Commença le jeune homme.
Will lui sourit timidement.
- Tu as un copain ou une copine en ce moment ? Ta sœur m'a dit que tu étais libre, mais je voulais m'en assurer.
Le Gyffondor sursauta. Erwan ne perdait pas de temps, et y allait cash. Pour une fois sa sœur aurait pu se taire, mais la remerciant mentalement tout de même, il focalisa son attention sur l'autre jeune homme.
- Non, je n'ai personne.
Le Serpentard trépigna.
- Alors peut être qu'on pourrait… Suggéra-t-il.
Will rougit face à ce qu'il lui proposait. Son estomac se tordit en pensant au vampire, mais les images trop récentes de la veille firent fondre ses réticences.
- Ok, accepta-t-il.
Sur cette parole, Erwan se mit à courtiser Will, qui répondait favorablement à ses avances. Bientôt, des bruits coururent dans les couloirs sur ce couple inédit. Les frontières des maisons tombaient peu à peu.
Ce que les adolescents insouciants, trop occupés à vivre leur idylle, ne remarquèrent pas fût le regard noir d'un certain professeur.
Lily, trop intelligente et observatrice pour son propre bien, ne put s'empêcher de faire la remarque à son frère.
- Will, l'appela-t-elle. Que se passe t-il entre toi et Rogue ?
- Rien, s'étrangla-t-il.
Sa sœur se fit suspicieuse, mais ne creusa pas plus. Son frère pouvait être une vraie tombe quand il le voulait.
- Tu devrais tout de même faire attention. Si tu voyais les regards qu'il te lance…
Le jeune homme frissonna. De peur, mais aussi de soulagement. Ainsi, l'homme le remarquait. Il faut dire que lui et Erwan se pavanaient dans toute l'école, s'embrassant dans tous les recoins, n'hésitant pas à s'afficher publiquement.
- On dirait qu'il veut tuer tout ce qui vous concerne, continua-t-elle d'une voix où perçait l'inquiétude.
- C'est bon, je gère, affirma-t-il.
Sa sœur eut une grimace. Elle espérait que son frère disait vrai. Elle ne voulait pas qu'il lui arrive malheur.
Pourtant les jours suivants, Will et Erwan ne changèrent pas leur comportement, préférant passer outre les remarques de la jeune fille. Enfin le gryffondor se sentait chéri, dans les bras de l'autre jeune homme. Il goûtait au bonheur, et il ne ferrait rien qui puisse le détruire.
Le vampire, lui, ne l'entendait pas ainsi. Il pestait contre la bêtise de son calice. Comment pouvait-il s'afficher publiquement avec quelqu'un d'autre que lui ? Il lui appartenait, mais ce point avait dû lui échapper !
La créature bouillonnait, elle voulait le revendiquer. Rogue savait que s'éloigner de Will serait difficile, et il avait dû tomber dans les plaisirs du sexe avec des inconnus pour s'empêcher de lui sauter dessus. Mais voir Will embrasser voracement Erwan fut la goutte qui fit déborder le vase.
- Je t'aime, murmura Erwan à Will plaqué contre un mur.
- Moi aussi, murmura le gryffondor en l'enlaçant.
Le couple reposait contre un mur humide des cachots lorsque le professeur de potions intervint.
- Un peu de tenue, messieurs, grogna-t-il peu avenant.
Alors qu'Erwan allait s'éloigner pour respecter une distance convenable, une pulsion d'adrénaline couru dans les veines du Griffondor, qui se fit téméraire. Comme ça leur professeur n'aimait pas les voir ensemble ? Will encore blessé voulut lui faire payer sa trahison. Il agrippa les épaules de son ami, et se remit à l'embrasser goulûment.
Hors de lui, Rogue envoya valser l'élève de sa maison, et se tourna vers son calice, furibond.
- Monsieur Potter, je crois qu'une discussion s'impose, ordonna-t-il sèchement.
Erwan se remettant doucement du choc contre les pierres dures, ne put que contempler son ami être entrainé par la chauve-souris des cachots.
Will suivait avec peine l'homme qui serrait son bras, comme s'il avait peur qu'il s'échappe. Sans doute parce que c'est ce qu'il aurait fait si l'homme lui en avait laissé la possibilité. Hélas, il ne le lâcha qu'une fois enfermé à l'intérieur de ses appartements personnels. A l'abri des regards, il laissa exprimer sa rage.
- Alors ça vous amuse de vous pavaner ainsi, Monsieur Potter !
De peur, Will recula d'un pas, mais le vampire utilisa sa vitesse pour le coincer contre un mur.
- Ne croyez pas que vous pouvez m'échapper ! Je suis votre vampire !
Libérant son pouvoir, ce dernier frappa le jeune homme qui se figea, entièrement soumis.
- Puisque vous semblez prendre tant de plaisir avec un Serpentard, pourquoi ne pas en essayer un autre ?
Les yeux émeraude de Will s'écarquillèrent sous le choc. Le vampire sous-entendait-il vraiment ce qu'il venait de dire, ou le faisait-il pour lui faire peur ? En le voyant s'approcher et se coller à son torse, il eut sa réponse. Cette dernière le fit paniquer.
- Attendez ! Tenta-t-il.
Rogue s'arrêta et s'éloigna de quelques centimètres pour plonger son regard rubis dans celui terrorisé du calice.
- Il me semble que j'ai suffisamment attendu, si on a pu vous goûter, je ne vois pas pourquoi je me gênerais. Après tout vous m'appartenez.
Will sursauta. Rogue se fourvoyait, avec Erwan, ils n'avaient jamais été plus loin que de s'embrasser, et quelques caresses, mais toujours au dessus des vêtements. Will était encore vierge en la matière. Il devait le dire à Rogue, le détromper, mais sa voix restait désespérément muette.
Le froid mêlé à la peur le fit frissonner. Il devait le stopper avant qu'il ne soit trop tard. Le vampire ne lui prêta pas attention, s'occupant juste de le dévêtir entièrement. Il le poussa sur le tapis du salon, où Will s'écroula lamentablement. L'homme vint le recouvrir de son corps, et Will fut immobilisé, sans possibilité de fuite. Il voulut crier, frapper, mais tout son être s'était figé, se soumettant au vampire. Des larmes de détresse coulèrent sur ses joues. Il allait se faire violer, sans pouvoir rien faire.
La douleur fut atroce. Le vampire ne l'avait que peu préparé, trop impatient de goûter ce qui lui appartenait. Il se fraya un chemin en lui, sans considération pour la douleur du l'avait cherché, il devait payer l'affront qu'il lui avait fait en se donnant à l'autre homme. La peau blafarde du jeune homme rayonnait sous le faible éclairage. Si tentante. Cédant à sa seconde pulsion, il s'approcha de son cou et le mordit.
Sous la morsure, Will ne put retenir un cri de douleur. Ses fesses écartelées, et les dents plantées dans sa peau furent trop pour lui. Sa voix se débloqua.
- Arrêtez, s'il vous plait ! Pleura t-il.
Le vampire trop prit dans sa plaisir se libéra à l'intérieur du calice, il se retira, puis recueillit les dernières gouttes de sang. Repu, et apaisé, il reprit son souffle, revenant peu à peu à lui-même.
A peine libéré de l'emprise du vampire, Will se recroquevilla sur lui-même, trop meurtri pour bouger davantage. Des longs sillons de larmes traçaient leur chemin sur son visage. Ses sanglots firent revenir Rogue à la réalité.
Ses yeux s'écarquillèrent devant le gâchis qu'était devenu le jeune homme. Sur sa peau, des traces violacées apparaissaient, celles faites par ses mains. Du sperme mélangé au sang s'écoulait de ses fesses, et Rogue comprit que le jeune homme n'avait rien fait avec Erwan, ni même avec personne d'autre. Il avait été son premier. L'horreur de ce qu'il avait fait ne pouvait être niée. Dégouté par lui-même, il s'éloigna rapidement, recouvrant sa nudité. Il était un monstre. Comment avait-il pu faire ça à son calice ? Il aurait dû le protéger, pas le détruire. Apeuré, il ramassa une couverture qui trainait et en recouvrit Will toujours tremblotant.
- Disparaissez, le congédia-t-il. Je pense qu'il serait mieux que nous ne nous voyions plus. Je vais trouver une autre solution pour vos leçons et votre magie, murmura-t-il.
Sans s'attarder davantage, il partit de ses appartements, fuyant la monstruosité de son acte.
Will encore immobile sur le tapis voyait flou. Il venait d'être violé ! Se redressant avec peine, il chercha ses vêtements. Une fois présentable, il ne s'attarda pas dans ce lieu de malheur. Il devait fuir, le plus loin possible. Jamais il n'aurait cru que l'homme soit capable de le forcer. Pas lui ! Son père ne l'avait pas décrit ainsi. Terrorisé, il s'enferma dans son dortoir. Les vacances de Noël commençaient le lendemain. Il devait tenir, encore un jour. Juste un.
Fin un peu brutale, mais il faut laisser Will se remettre du choc.
Je vous retrouve donc avec la suite, et j'attends avec impatience vos commentaires, ça motive toujours.
