Auteur: MotsEtPlumes

Titre: Juste le temps d'un mensonge.

Résumé: Et si Draco Malfoy venait à épouser Harry Potter? Ne serait-ce pas la meilleure façon d'enterrer la hache de guerre entre deux clans ennemis? Sauf qu'aucun des deux prétendus amants n'aimait l'autre; tous deux avaient juré loyauté, amour et sincérité à leur conjointes respectives; Hermione et Ginny. Suivront-ils le chemin de leurs cœurs ? Ou prendront-ils celui de la raison ?

Rating: Toujours T.

Pairing: DM / HP.

Note de l'auteur: Avant de commencer la lecture, j'aimerais que vous sachiez que j'écris et je publie en même temps, et donc, je veille le soir pour terminer mes chapitres, les relire et les corriger. Ce chapitre même ne me plait pas, c'est une sorte d'introduction; l'histoire se crée petit à petit, les éléments principaux s'installent et les personnages qui feront les événements de notre fiction se révèlent les uns après les autres. J'aimerais également souligner le fait que les chapitres seront publié une fois par semaine ou une fois toutes les deux semaines; pour l'instant, je n'ai pas encore décidé de quand exactement, un jour précis, une heure précise..etc. Au cours de chaque deux semaines, un chapitre fera son apparition.

J'aimerais sincèrement vos avis, francs et constructifs, n'hésitez pas à me signaler quoi que ce soit qui vous plaise.. ou pas. Je suis ouverte à toute critique, et je les accepte avec plaisir. Vos reviews, même que rares, me font extrêmement chaud au cœur, d'ailleurs, je vous en remercie !

Une dernière chose, vous préférez des chapitres longs ou courts...?

Je pense que j'ai fait le tour ! Passons aux RAR !

RaR:

Brigitte26 :

"Les couleurs du vent " ? Je n'en ai jamais entendu parlé... Comme je l'ai dit la dernière fois, l'idée m'est venue en classe; je pensais à ce que serait ma vie si on m'obligeait à vivre avec une personne qui ne m'aime pas et que je 'aime pas en retour. C'est un phénomène très répandu, enfin, était, vu que cela est mal vu; tout le monde le sait, les mariages arrangés ne marchent que rarement; très rarement. Enfin bref ! J'en ai parlé avec une amie, et j'ai remarqué que le sujet avait fait fureur et qu'il avait fait l'objet de plusieurs films dramatiques, notamment, les triangles amoureux et tout ce qui va avec... Mais je vais la lire ! Voir les points en commun ahah !

Et je te rassure, je ne compte pas arrêter, pleins d'idées le viennent en tête,: j'attends impatiemment le soir pour écrire ! Ravie que ça te plaise autant !

winchesterer-23:

D'abord, merci ! Même si, entre nous, je crains que ce chapitre ne soit pas aussi bon que le premier... Puis, pour ce qui est question d'Harry, et bien je me suis dit la même chose ! Mais bon ! Je ne vais rien dire de plus, à toi de découvrir par toi même ahah !

Kalia:

On croise les doigts, prenons le temps de leur faire apprécier la compagnie l'un de l'autre !

OoO

Ils allaient le faire, devant tous, sans protester. Comment se faisait-il qu'Harry Potter soit aussi passif ? Pour le peu de personnalité qu'avait Draco, on pouvait s'y attendre de sa part; même que c'était bien plus que prévisible... Mais Potter ? Lui ? Le Harry Potter qui n'en fait qu'à sa tête, se plier sans aucune protestation aux désirs de son directeur ? Toute la salle se tût, personne ne bougeait, toute personne présente restait stupéfaite. Certains en oubliaient même de respirer tellement la scène les absorbait. Harry et Draco ? Ensemble ? Incroyable, et pourtant vrai.

Alors qu'ils s'apprêtaient à s'embrasser, un hurlement se fit entendre depuis la table des gryffondors, Ginny venait de hurler le nom d'Harry. Elle se faisait tromper devant ses yeux, ce qui ne lui plaisait guère. Le cri alarma les deux prétendus amants, les éloignant d'un coup. Harry hocha rapidement la tête signe d'approbation, puis posa sa main sur le bras de Draco qui transplanait déjà dans un nouvel endroit; à Londres.

En quelques secondes, Harry et Draco se retrouvèrent sur un boulevard des plus peuplés de la ville moldue. Essayant de retrouver leurs esprits, aucun d'eux ne bougeait, jusqu'à ce qu'ils entendent un klaxon répétitif qui tentait de les ramener sur terre, les éveillant de leur rêverie éveillée. D'un bon, Malfoy se jeta à plat ventre par terre, tirant Harry dans sa chute. Un chauffard avait manqué de les écraser, il aurait pu les aplatir comme deux crêpes sur le goudron. Les passants dévisageaient le couple de sorciers bizarrement. D'où venaient-ils ? Et comment diable avaient-ils atterri là-bas ?!

Potter se leva avant de se mettre à courir, entraînant Draco dans son élan de course. Ils couraient à en perdre haleine vers une ruelle sombre, isolée et sans issue. Ils couraient comme si leur liberté en dépendait. Hélas, c'était bien le cas. Alarmé par leur disparition soudaine, Dumbledore ordonna de fouiller Londres à la recherche des deux jeunes sorciers.

Essoufflé, le faux couple finit par s'arrêter. Le blond se laissa tomber par terre, les doigts plongés dans sa chevelure blonde presque blanche. Il observait d'un œil douteux Harry qui reprenait son souffle. Ils avaient fait un pacte; aucun des deux n'avait envie de se lier à l'autre, quelle que soit la raison ou le but de la manœuvre . Ils s'entendaient très bien comme ennemis, pourquoi est-ce qu'ils contribueraient pour changer cela ? Qu'ils aillent se faire voir, Potter avait bien fourni assez d'efforts pour le monde sorcier.

- « Tu n'allais quand même pas le faire...? si...? Demanda Harry, une fois ses esprits retrouvés. Une moue venait se nicher sur ses lèvres humides et charnues.

- Non ! Pourquoi est-ce que je ferais ça ? Par Merlin, ce que tu peux être con, Potter! Répondit-il du tac au tac. Je n'aurais jamais fait cela, même pour tout l'or du monde. Je préfère encore vivre éternellement avec une moldue dans ce monde de faibles !»

"Charmant." Pensa le concerné, déjà bien assez vexé.

Puis comme à son habitude, Draco snoba son allié. D'un coup de baguette, il troqua sa belle robe de sorcier noire qui le mincissait pour une tenue beaucoup plus adaptée. Le logo de sa maison sur le cœur, se transforma en un serpent enroulé sous forme d'une belle bague en argent autour de son annulaire gauche. Les yeux du reptile brillaient; de l'émeraude, presque aussi beaux que les yeux du survivant. Toujours fidèle à sa maison, Draco portait sa mascotte partout. Une chemise noire remplaça la blanche, alors qu'un joli pantalon moulant enveloppait ses longues jambes interminables. Draco avait l'air divin, ses cheveux d'un blond parfait contrastaient parfaitement avec son corps vêtu de noir. Il était pur; beau, jeune mais pur. Draco Malfoy dans toute sa splendeur.

Ses pieds le guidèrent vers le grand boulevard, laissant Potter en arrière-plan. La bouche grande ouverte, ce dernier l'avait observé pendant toute sa transformation. La beauté d'un Malfoy faisait fondre toute personne qui s'en approchait, froide et époustouflante; elle avait fait succomber bien des sorciers.

"Ce petit con est bien loin d'être moche, pensa le sang-mêlé."

Harry secoua la tête, lâchant un petit rire moqueur par la même occasion; il se trouvait vraiment drôle à rester aussi ébahi devant Malfoy. Et puis, comme tout être assez sain d'esprit, il le trouvait beau; il l'avait toujours trouvé beau. Une fois habillé, il se mit à marcher calmement dans la rue, cherchant des yeux un blond d'un mètre quatre-vingt qui paniquait seul dans un monde "ennuyeux et sans intérêt", comme le disait Draco si bien.

Son sourire se transforma en un petit rictus moqueur quand il vit l'objet de sa recherche, une moue grincheuse sur le visage, revenir honteusement vers lui; il ne savait où aller.

-«Où est-ce que nous allons ? Demanda le jeune homme aux yeux gris, une pointe d'inquiétude dans la voix.

-Viens, suis- moi, je connais un bon coin ici.»

Et sur ces mots, il lui emboîta le pas, observant avec mépris un monde bien différent du sien.

OoO

La nuit tombait sur la ville pluvieuse qu'était Londres, offrant à tous ses habitants une fresque naturelle qui colorait le ciel de nuances orangeâtres, qui, à leur tour, contrastaient parfaitement avec les tendances grises qui dominaient le ciel londonien. Emmitouflé dans un pull en laine grise et un pantalon noir qui cachaient ses courbes aux yeux de tous, un jeune homme du nom de Nick Glorden longeait les rangs d'une bibliothèque de la ville, offrant à toute personne qui y était une tasse de thé et un sourire chaleureux et amical en prime. Il adorait son travail, passer des journées entières entre les livres, tantôt sorciers, tantôt moldus; acquérir le savoir et la sagesse et revisiter les plus beaux classiques ainsi que les plus récentes œuvres littéraires. Ledit Nick s'avançait au fond, continuant son service tout en accélérant le pas, il semblait pressé. Il fonçait vers un mur, où chaque pas qui l'en rapprochait, lui faisait remarquer l'absence des moldus dans cette partie des lieux. Il avait bien fait d'enchanter cette tranche de la bibliothèque; voir des moldus traîner là où la porte de la bibliothèque magique se trouvait aurait été un acte irresponsable, même que le ministère aurait pu le punir pour une connerie pareille. Ayant fini ses études à Poudlard trois ans avant la bataille finale, le jeune homme avait préféré s'installer à Londres, préférant s'occuper de sa bibliothèque pour sorcier et moldus afin d'oublier la pression que son père lui mettait pour continuer sa voie dans le domaine de la politique magique.

Sortant sa baguette de sa poche, le beau brun aux yeux miellés l'agita trois fois, avant de murmurer une formule à voix basse puis s'écarta. Une double portes en fer se dressa devant lui, alors, fièrement il ouvrit le portail, pénétrant dans une partie de sa bibliothèque qui lui inspirait joie et aise. Il prit le temps de parler à tout le monde, prenant des nouvelles du monde sorcier, de ses amis et de son ancien directeur. Ce jour-là, tout le monde ne parlait que de la fuite de Malfoy et de Potter, les deux sorciers semblaient avoir fugué ensemble la veille et personne ne savait pourquoi.

"C'est clairement louche, songea le jeune sorcier. Harry à Londres et il ne m'appelle même pas ?"

Nick et Harry avaient été de très bons amis alors le plus âgé faisait encore ses études à Poudlard. Même après, ils avaient toujours gardé contact, appréciant la compagnie l'un de l'autre. Nick n'y accorda pas plus de temps, mettant cela sur le compte de la prudence; qui sait ? Peut-être que Draco et Harry ne voulaient seulement pas se faire repérer.

Vingt et une heure, le bibliothécaire fermait les lieux. Il marchait vers sa maison, les mains dans les poches et la musique aux oreilles. Le jeune sorcier avait su s'habituer à la vie moldue, il comptait bien évidemment revenir vivre dans le monde sorcier, mais il n'avait toujours pas la foi ni la motivation pour. Ses pensées divaguaient; il songeait au beau sorcier à lunettes. D'ailleurs, Nick avait toujours eu un faible pour le survivant, enfin, pour les garçons en général, mais au nom de l'amitié, ce secret demeure toujours inconnu et il était bien loin de vouloir changer cela. Il avait été tellement déçu en apprenant pour le couple que formait la rousse avec son beau sorcier, lui qui était encore plus proche de lui n'avait récolté que les restes de l'amitié de Potter. Ô, pauvre Nick, lui qui avait tant attendu, s'en est allé les mains vides et le cœur gros de chagrin. Ses amis proches, hormis Potter bien évidemment, savaient tous que son départ était aussi là pour l'éloigner de son amour, le pousser à aller voir autre part. Hélas et à son plus grand malheur, son âme semblait rejeter toute autre moitié, ne faisant qu'espérer la venue d'un certain petit homme aux cheveux corbeaux et au cœur grand. Il marchait, chantonnant parfois, dansant même sous les petites gouttelettes d'eau qui lui tombaient dessus, il avait l'air heureux ; quelque chose de bon allait sûrement lui arriver.

"Une bonne nouvelle ? Ou une rencontre ! Non... Le retour de Harry !impossible..."

Soudain, il arrêta tout mouvement, se rapprochant prudemment de son immeuble. Plus il se rapprochait, plus cette euphorie disparaissait, de loin, il pouvait voir que quelque chose clochait. Quelqu'un était chez lui.

Quelle ne fut sa surprise en découvrant les lumières de son appartement allumées ? Armé de sa baguette, il déverrouilla la porte, puis se mit à marcher discrètement et sans aucun bruit vers le lieu d'où les voix provenaient. Deux jeunes hommes semblaient se crier dessus; l'un accusait l'autre, élevant la voix pour se faire respecter.

- « Stupéfix ! Hurla Nick en pointant sa baguette vers deux sorciers présents dans son salon. »

De dos, ils tombèrent au sol, leurs visages plaqués contre le parquet de bois. Nick s'en approcha prudemment, voulant savoir de quel droit les deux intrus avaient pénétré chez lui. Sa main souleva l'un des deux de sa chevelure aussi noire que du charbon, il s'apprêtait à le punir, mais son regard croisa le sien le faisant couiner de joie. Le sort fut immédiatement annulé et Harry se retrouva plaqué contre le torse de son ami. Il l'entoura de ses bras venant déposer un baiser sur sa joue. Harry semblait gêné ; le regard de Draco le déstabilisait, il semblait perdu et c'était sans doute dû à leur récente dispute à propos de leur retour, selon l'un des deux obligatoire.

Ravi de leur visite, Nick les invita à sortir, ce qu'Harry accepta avec plaisir, mais que Draco refusa. Le blond se méfiait, il ne savait pas grands choses de ce fameux Nick; de nature prudent, il préféra prendre simplement ses distances, assis à l'ombre, il observait muet. Finalement, Nick avait bien raison : l'homme qu'il aimait était de retour !

OoO

Harry Potter se réveilla ce matin-là en grognant, la chaleur d'un corps humain écrasait noblement le sien de tout son poids. Sa tête tournait, les événements des deux derniers jours l'avaient épuisé, faisant de lui une marmotte qui ne pensait plus qu'au sommeil. Passer la nuit avec un Draco à la fois enjoué et méfiant à l'idée de quitter le monde sorcier en douce était bien trop épuisant pour le survivant. Malgré son excitation à en dépasser l'agitation d'une puce, Draco n'appréciait pas le cadre pour autant; à ses yeux, malgré la visite brève qu'ils avaient mené en ville en compagnie de Nick deux jours plus tôt, le monde moldu était toujours aussi ennuyeux; il lui portait toujours aussi peu d'intérêt qu'avant. Il est vrai que fuguer et bouleverser tout le monde sorcier qui se mettait de tout cœur à leur recherche amusait Harry, mais ça l'énervait aussi; tous ses sorts sont brefs, il ne peut même plus utiliser sa magie à son aise de peur qu'on le retrouve.

L'avant-veille, en arrivant, Harry avait insisté pour aller passer la nuit chez l'ex-élève à Poudlard et ancien gryffondor par la même occasion. Au début, Draco refusa catégoriquement, se plaignant du fait que se retrouver avec deux bouffons de la même maison aurait sûrement un impact sur sa santé mentale, mais au fur et à mesure des explications du plus jeune, il accepta. Nick était la meilleure personne sur qui le faux couple pouvait compter, pour rien au monde il ne vendra la mèche. Fils d'un grand auror au ministère, le jeune sorcier avait toute la confiance de son père et donc, lui mentir en disant qu'il n'avait pas vu les deux élèves sera sans doute largement crédible.

L'élu poussa un long râle de fatigue et dégagea la masse qui dormait à points fermes à ses côtés pour pouvoir sortir du lit. Une fois debout, l'état de ses vêtements l'alarma; ils avaient dormi tard et épuisés et n'avaient même pas eu donc temps de se changer avant de se glisser sous les draps. La chambre était spacieuse, mais au plus grand malheur des deux rivaux, ne possédait qu'un seul lit. Ils durent débattre durant toute la soirée pour savoir qui allait dormir par terre et qui allait gagner l'avantage de se coucher sur le matelas, même que Glorden avait proposé au brun à lunettes de venir le rejoindre dans son lit, histoire d'éviter les hurlements et débats persistants, mais ce dernier déclina poliment, trouvant cela louche que Nick lui propose de partager son alcôve.

-« Tu vas le payer cher, Malfoy, grogna-t-il encore grincheux.»

Sa voix légèrement enrouée fit gesticuler le blond qui retomba à plat ventre pour continuer son sommeil. Harry sourit en coin, il aurait aimé avoir un appareil photo sous la main histoire d'immortaliser le moment ; un Draco qui avait perdu toute sa grâce et sa classe naturelle, dormait en étoile de mer sur son lit. La veille, les trois sorciers avaient bu, rit, ils s'étaient amusés toute la nuit découvrant les joies des retrouvailles entre amis. Même si, à vrai dire, seuls Harry et Nick en avaient profité; ils avaient presque ignoré Malfoy, qui, lui même s'était isolé, n'ayant certainement pas envie de participer à leur soirée. Il avait préféré rédiger une lettre pour sa dulcinée, sirotant un verre de vin bon marché qu'il avait trouvé chez le gryffondor, qui, malgré sa qualité médiocre, avait réussi à lui faire perdre les commandes. Draco tentait d'expliquer à travers des mots docilement choisis les raisons de sa fugue et celles du faux baiser qu'ils auraient dû échanger, Potter et lui.

Le lendemain, Harry avait tout raconté à Nick, de l'annonce jusqu'au baiser passant par le chantage que leur avait fait Dumbledore. Le plus grand des trois ne réalisait pas que de telles circonstances soient encore présentes dans le monde sorcier; on prenait les créatures non-moldues pour des dupes. Bien que la décision ait été prise pour renouer des liens que la guerre avait détruit, infliger le malheur à deux jeunes sorciers était un acte égoïste et irresponsable. C'est à ce moment-là que Draco avait intervenu, leur racontant ce comment son père l'avait obligé, comment sa mère l'avait soutenu et comment tout deux l'avaient piégé. Potter se vit presque éprouver de la pitié pour ce pauvre blond qu'on contrôlait, presque ! Ils avaient passé la journée à la maison, puis allèrent à la bibliothèque histoire de changer d'air. Et ce fut ainsi que la tournure de la soirée se fit, Harry et Draco discutèrent un long moment ensemble, mettant de côté les mauvaises ondes qui les liaient et prirent, pour une fois, un malin plaisir à parler et à se découvrir sous l'œil d'un sorcier jaloux et méprisant la présence du blond.

Bien qu'ils aient passé une belle soirée, Draco ne put s'empêcher d'envoyer quelques piques à son rivale. Merlin ce qu'il l'énervait avec son rire franc et doux, son sourire en coin, sa manière de remettre ses lunettes rondes en place, toutes les deux minutes quarante-trois, sa manière de froncer les sourcils et de se mordre la lèvre quand les récits de Glorden devenaient trop détaillés et demandaient donc plus d'attention venant du survivant. Tout chez Harry Potter le rendait incroyablement irrésistible; son air nonchalant et insouciant faisait réellement craquer Nick, ce que Draco n'avait guère laissé passer. Le serpentard avait un œil de lynx; rien ne lui échappait.

Harry s'étira, prit sa baguette puis quitta la chambre pour retrouver la salle de bain. Après une bonne douche qui dura tout de même une heure, le brun se retrouva dans le salon à se servir du thé. Soudain, un Nick à la mine effrayée fit son apparition, suivi de près par deux Aurors du ministère de la magie. Harry lâcha la tasse de stupeur, restant interdit devant les deux hommes qui le dévisageaient.

- « Au plaisir de vous retrouver, Potter ! Je pense que nous devrions parler, fit l'un des deux alors qu'un rictus se dessinait malicieusement sur ses lèvres.»

OoO

Trois longs et pénibles jours se sont écoulés depuis la petite fugue d'Harry et Draco. Trois jours que Narcissa Malfoy paniquait dans sa demeure, se plaignant du sort terriblement injuste qu'on infligeait à son pauvre fils. Elle n'arrêtait de blâmer son mari, l'accusant d'avoir mis «son fils à elle» en danger, en lui proposant, non, en lui imposant plutôt, une liaison avec un gamin suicidaire. Elle n'arrêtait pas de pleurer le départ de son enfant; pour elle, le monde moldu était d'un danger mortel, et savoir son fils seul là-bas, avec pour seule compagnie Potter, l'effrayait au point de la faire cauchemarder.

-« Calme-toi, Narcissa, fit Lucius rassurant. Notre fils est un homme, il saura se débrouiller. Espérons juste que Potter et lui n'essaient pas de s'entre-tuer.

- Non, justement ! Hurla-t-elle presque. Nous l'avons gâté et couvé pendant toute sa vie ! »

Madame Malfoy tenta de se lever, laissant ses jambes interminablement longues glisser hors de ses draps, sauf qu'une main chaude mais rugueuse lui empoigna le bras, l'incitant à s'allonger à nouveau.

- « Tu ne réalises pas, Lucius... Tu ne comprends rien..., soupira Narcissa, alors qu'elle passait ses deux mains dans ses cheveux de nouveau bruns. Il est seul avec des moldus et Potter ! Draco est seul avec Potter ! »

La mère geignit de tristesse, repoussant par la même occasion les avances courtoises de son mari. Elle lui tourna le dos, murmurant un simple "pas ce soir...", puis ferma les yeux. Une chaleur douce et rassurante enveloppa son corps, la poussant à se blottir contre un torse fin qu'elle connaissait à la perfection. Couverts de soie d'un blanc crémé, le couple observait silencieusement un mur, tentant de se rassurer l'un l'autre.

Malgré tout ce qu'on pouvait croire, Lucuis Malfoy aimait sa femme à un point inimaginable et la voir dans un état aussi pitoyable lui fendait le cœur de douleur et de peine. Elle jeûnait depuis trois jours; la disparition de leur fils unique l'avait énormément affectée. Pauvre mère ! Même ses cauchemars l'accompagnaient dans ses nuits de sommeil assez courtes et bien épuisantes. Alors, Narcissa évitait simplement de dormir, de peur de voir l'image de son fils, torturé et amoché par une quelconque force nuisiblement diabolique. Elle préférait attendre dans son canapé qu'un elfe de maison vienne lui transmettre de bonnes nouvelles.

- « Eh ! Mon amour, ça va aller, calme toi. Draco est bel et bien un homme; il a pu tromper le plus grand mage noir du monde. C'est un Malefoy; beau, froid et rusé... Il ne faut pas que tu t'inquiètes autant. »

Un petit sourire rassurant borda les lèvres du père de famille, alors qu'il venait embrasser délicatement l'épaule douce de son aimée.

- « Et puis, ajouta-t-il, alors que ses mains défaisaient déjà le nœud de sa robe de chambre. Dumbledore fera revenir Potter, demain. Draco est avec lui; ils rentreront à deux.»

Ravie, la mère se calmait petit à petit, laissant son corps subir ce que son premier amour lui infligeait.

OoO

Un plateau à la main, un garde-cellule marchait dans l'allée sombre et âpre qui se trouvait au fond d'un corridor isolé d'Azkaban. Personne n'osait s'aventurer dans ces lieux -selon les rumeurs- maudis. On disait que derrière le béton vivaient les démons de tous les sorciers fous qui y étaient morts, que l'odeur nauséabonde qui provenait du sol, n'était autre que l'odeur des immondices et du sang de tous ces mêmes criminels. La légende veut que tout être qui baissait les yeux au sol, apercevait son nom écrit en sang et la date de sa propre mort, qui se faisait quelques minutes après, voire une heure au plus tard. Seuls deux prisonniers y avaient été embastillés lors de ces dix dernières années, l'un était mort fous, l'autre y était toujours, seul.

Bellatrix riait comme la demeurée qu'elle était ; son rire sadique, mauvais qui glaçait le sang de toute personne qui l'entendait. Horrifié, le pauvre garde priait tous les dieux de lui épargner la malédiction, cette folasse l'effrayait ; elle le menaçait, le déstabilisait même.

- « Regarde en bas ! Je sais que tu m'entends ! Je sais que tu en as eeeeenviiiiie... Vas-y ! Fais-le ! Fais-le ! Fais-le ! »

Ses dernières paroles avaient été hurlées, faisant frémir le garde qui venait de sursauter, baissant la tête pas la même occasion. Par chance, le plateau cachait ses pieds, il ne voyait que la nourriture. Ses pas s'arrêtèrent devant la cellule sombre, il toisa la porte du regard, avant de soupirer puis de s'abaisser afin de déposer le contenu par terre. Soudain, les yeux de Lestrange croisèrent les siens; une petite ouverture au niveau de la porte laissait paraître ses yeux ; luisants d'une lueur rouge, on pouvait même douter de son humanité ; mais quelle humanité ?! Cette femme était un monstre !

Le pauvre garde tomba à la renverse, les mains à plat sur le sol vicieux, il fixait la paire d'yeux qui le détaillait ; il pouvait même voir la jeune femme sourire derrière la porte ensorcelée ; elle n'arrêtait de lâcher des éclats de rire tout aussi effrayants et hypnotisant les uns que les autres.

Ses yeux se baisèrent instinctivement sur le sol, alors qu'il se couvrait les oreilles, hurlant de frayeur à son tour en apercevant une date écrite en sang ; la date de sa mort, la date du jour même.

-« AVADA KEDAVRA ! Hurla la sorcière, tout en agitant sa baguette, qui, comme par magie, avait apparu dans sa cellule le premier soir de son emprisonnement.»

Le sorcier tomba à terre, allongé dans une flaque de sang qui semblait être sur place depuis au moins deux mois. Ses yeux grands ouverts devinrent blancs, un sort lui fut jeté, le faisant léviter puis entrer dans la pièce.

Le rayon verdâtre l'avait touché en plein cœur, lui retirant définitivement le peu de temps qu'il avait à vivre. Sans même l'ombre d'un remord, Bellatrix Lestrange s'assit en tailleur sur son lit, mangeait avec soin tout ce qu'on lui avait ramené. Elle avait réaménagé sa cellule, qui, désormais, ressemblait à un vrai laboratoire scientifique ; tant de fioles ornait les étagères bien ordonnées, des manuels étaient disposés sur le grand bureau au bois de chêne, donnant un charme à la pièce qui lui servait d'abri. Son cobaye fut magiquement vidé de son sang, puis à nouveau transmis et allongé devant sa porte.

« Bravo, Bella, toujours aussi excellente, à ce que je vois. Mange et retourne au travail.»

- « Oui, maître, répondit fièrement la femme aux cheveux frisés couleur corbeaux. Je m'y mets de suite; de plus, votre potion est presque finie, elle sera prête dans quelque jours.»

Chose dite, chose faite. Dès la fin de son repas, elle fit tout disparaître d'un claquement de doigts, puis se remit au travail plus concentrée que jamais. On croyait qu'elle était folle, or la jeune femme cachait bien son génie; qui est-ce qui soupçonnerait une folle ? Personne.

Bellatrix: un, Azkaban: zéro.

À suivre...

OoO

Me revoilà ! N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez eheh ! A dans deux semaines !