Auteur: MotsEtPlumes
Titre: Juste le temps d'un mensonge.
Résumé: Et si Draco Malfoy venait à épouser Harry Potter? Ne serait-ce pas la meilleure façon d'enterrer la hache de guerre entre deux clans ennemis? Sauf qu'aucun des deux prétendus amants n'aimait l'autre; tous deux avaient juré loyauté, amour et sincérité à leur conjointes respectives; Hermione et Ginny. Suivront-ils le chemin de leurs cœurs ? Ou prendront-ils celui de la raison ?
Rating: Toujours T.
Pairing: DM/HP.
NDA:
Avant de commencer la lecture, j'aimerais bien que vous lisez ceci en premier.
J'ai deux mois de retards sur le quatrième chapitre si ce n'est plus, ( j'ai une très mauvaise notion du temps), néanmoins, j'ai une excuse. Il est rare que j'écrive mes chapitres en avances, bien sûr, les grandes lignes de l'histoire sont écrites, mais les détails changent à chaque fois que j'écris un chapitre. Le long de ces deux derniers moi, je n'avais plus envie d'écrire et même si je me forçais, je ne savais jamais quoi dire. J'écrivais les deux premières phrases et les effaçais instantanément. C'était les examens et mon ordinateur avait quelques problèmes. Mais même une fois réparé, je ne savais toujours pas quoi faire. Alors, je me suis remise à lire, à droite et à gauche, tout ce qui me passait sous la main. Je tentais d'imaginer de nouvelles scènes, mais rien ne venait. Décidément, le lycée est une très bonne source d'inspiration. Je pense l'avoir déjà dit, mais c'est en assistant à un cours de maths qu j'ai eu l'idée de JLTDM.
Enfin bon, me revoilà remise de ma "crise", l'inspiration est de retour. J'ai même eu une idée en écrivant les trois derniers paragraphes du chapitre ! Bien que je ne pense pas l'exploiter, ça finira en cliché.
Une dernière chose. J'aimerais préciser que, comme vous le savez tous, rien ne m'appartient dans cette histoire, enfin, sauf quelques lieux et personnages que j'ai ajouté et qui apparaîtront par la suite. L'histoire de base connue par tous, n'est autre que celle d'Harry Potter, le survivant qui a fini par vaincre Voldemort etc, etc. Je suis une personne qui se lasse rapidement et qui perd toute envie dix fois plus vite (d'où mon absence), c'est pour ça que je préfère donner de nouveaux caractères aux personnages de l'histoire, j'aimerais que le lecteur ne reste pas entièrement collé à l'image des films et des bouquins. Bien évidemment, je ne suis pas J.K Rowling, je n'ai ni son talent ni son imagination, mais j'aimerais bien qu'on me suive dans la mienne. Je ne me détacherai pas des principes de bases de l'histoire, le passé n'a aucunement changé. Si l'on veut, tout commence à changer à partir du dernier tome, sauf la mort de Sirius qui a ressuscité comme par magie ahah. Enfin bref, ce que je cherche à dire depuis tout à l'heure et que je peine à expliquer, c'est que je préfère écrire ce qui me plaît que de m'imposer une tournure et des limites qui me bloquent, les changements ne seront remarqués qu'au niveau de certains personnages et de leurs personnalités.
Je m'arrête là ! C'est déjà bien assez long Dites moi ce que vous en pensez. Bonne lecture !
OoO
« Assieds-toi, on doit parler, Ginny.» Fitdocilement le brun.
Les deux amies s'assirent alors sans un mot, dévisageant tous ceux qui étaient autour de cette satanée table. Ginny dévisageait Harry avec peine, elle savait ce qu'il devait faire et ne pouvait être que dégoûtée par une telle action. Pourquoi pas elle à la place de ce foutu blond ? Ils allaient bien ensemble, non . Et puis, tous ceux qui osaient penser le contraire, ne pouvaient être que jaloux d'eux. Ginny se répétait cette phrase à chaque fois qu'on la dévisageait alors qu'elle tenait la main de son petit ami. Une main qu'elle broyait au moindre regard de travers. Jamais le monde n'a connu aussi collante comme petite amie, aussi énervante et exigeante. Pauvre Harry Potter, pensaient les sorciers, lui qui, de si bon cœur devait se taper le pot de colle de service. Sauf que Potter l'aimait à la folie, il ne savait même pas pourquoi, il l'aimait juste, depuis un matin après avoir avalé un café qui avait le goût de l'amour et juste après, il tomba raide dingue de la rousse. Étrangement, l'idée que sa douce et tendre Ginny lui fasse ingurgiter des philtres d'amour à longueur de temps ne lui avait jamais effleuré l'esprit; ah la magie !
Draco semblait absent, il regardait sa dulcinée, l'admirait même. Draco était un homme doté d'un romantisme hors pair, il n'était pas niais, pas dur, non, Draco était le parfait gentleman. Qu'est-ce qu'il ne ferait pas pour que cette jeune femme soit heureuse et amoureuse ? Rien, sûrement. Hermione était largement plus posée que la rouquine, intelligente et brillante, on l'aimait énormément. Certains même poussaient le bouchon à dire qu'elle avait changé le blond, que depuis qu'ils se fréquentent, Draco était devenu un homme responsable et beaucoup plus supportable qu'avant la guerre.
La conversation avançait, les filles posaient des tonnes de questions, surtout Ginny qui n'hésitait pas à se plaindre ouvertement de cette "idée idiote et sans aucun intérêt", même Rogue perdait de son aura de froideur tellement la petite peste l'exaspérait.
Une fois l'histoire racontée de A à Z, Dumbledore se permit enfin de souffler. Maintenant, elles étaient au courant. Harry et Draco devaient compléter leur part du marché.
« Le contrat s'établira sur un an et demi, à partir d'aujourd'hui. Vous devriez vous comporter comme un couple en public; créez cette complicité, aimez-vous aux yeux de tous et détestez-vous quand vous êtes seuls, si cela vous chante. Mais on veut de la crédibilité, des regards, des baisers, des témoignages heureux, surtout venant de toi, Harry, insista Sirius.
- Mais... Ils ne pourront plus nous voir ?! Demanda Ginny complètement paniquée.
- Non, idiote, fit Draco sur un ton froid et méprisant. Si on se promène avec toi collée au cul, ça ne va pas le faire.
- Draco ! »Avait murmuré furieusement Granger qui cherchait de ses doigts la main de son amoureux sous la table.
Harry Potter n'avait même pas pris la peine de défendre sa dulcinée, qui, comme à son habitude l'harcelait pour qu'il réponde à Malfoy. Mais il n'avait point le temps pour des gamineries pareilles. Ils avaient tous deux prêté serment et aucun retour en arrière n'était possible. C'était à eux d'accepter les termes du contrat maintenant, ils avaient eu la chance d'en parler à leurs copines. Et puis, qu'est-ce qu'un an et demi dans une vie? Rien.
Les iris azur passèrent d'une personne à une autre avant de s'arrêter sur un regard aussi vide que le sien. Ils semblaient d'accord pour une fois, c'était bien le meilleur à faire.
Alors, d'une même voix, les deux jeunes hommes acceptèrent.
Le contrat fut signé et le comportement des deux jeunes filles discuté.
OoO
" DEUX PRISONNIERS RETROUVÉS VIDÉS DE LEUR SANG DEVANT LA CELLULE DE BELLATRIX LESTRANGE "
Depuis leur retour, le faux couple avait eu droit à deux petits appartements individuels, un cadeau de "remerciement" de la part des membres de "L'opération", une bénédiction, qui aux yeux des autres élèves, passait pour une punition, vu le corridor inhabité aux (fausses) allures nauséabondes où les deux " minuscules chambres" se trouvaient.
Harry Potter lisait son journal du jour assis sur son lit, comme chaque soir. L'article était accompagné de quelques preuves en images animées, où l'on voyait les deux corps livides qui semblaient avoir pourri tellement la peau avait commencé à se désintégrer. Comment était-ce possible même ? Pourquoi cette cellule exactement ? Comment Bellatrix aurait pu infliger cela à quelqu'un alors qu'elle était censée être privée de tout pouvoir ? N'était-ce pas le but de son séjour à Azkaban ? Harry Potter se cassait trop la tête avec une affaire qui ne le concernait pas. Il n'en pouvait plus de jouer les sauveurs, même qu'il s'était promis d'arrêter complètement ses enquêtes, désormais, Voldemort n'était pus qu'un triste souvenir, plus rien ne menaçait les créatures magiques ni même les sorciers, à part visiblement, un tueur en série qui s'amusait à vider des gardes innocents de leur sang. C'était, selon Harry, l'explication la plus logique qui soit et la plus rassurante aussi; il ne voulait pas penser une seule seconde qu'un nouveau mage noir menaçait la paix du monde sorcier.
Cela faisait déjà une semaine qu'il se peinait à jouer les homosexuels amoureux et il n'en pouvait déjà plus. La rumeur s'était répandu à une vitesse incroyable; un temps-record, une heure. L'heure du déjeuner avait suffi pour que la nouvelle d'un Harry et d'un Draco complices qui riaient ensemble fasse le tour de l'école. Même les tableaux avaient appris que Harry Potter riait aux blagues de Malfoy fils et qu'ils s'étaient assis à part pour ne pas qu'on les dérange. Le lendemain, Draco s'était proposé binôme au cours de Rogue pour être avec Harry, le surlendemain, on les a vus très proches aux vestiaires des terrains, le jour suivant, Harry avait touché la main de Draco; on ne pouvait pas dire qu'il l'avait prise, vu qu'ils se touchaient à peine. Certains affirmaient même avoir vu Draco sortir de sa chambre le dimanche soir, les cheveux ébouriffés et un suçon dans le cou. Lundi et mardi furent sobres, ils ne devaient tout de même pas surjouer, ce serait une très mauvaise idée.
Harry se mit à rire de frustration en se remémorant tous les moments de gêne qu'il avait vécus lors des sept derniers jours, il avait dû supporter une conversation avec Draco qui parlait de sa personne pendant tout le long et s'était même forcé à rire pour ne pas éveiller les soupçons. Il avait dû se coltiner le chouchou du professeur ténébreux pendant trois heures successives, avait enlacé Draco torse nu et il avait même failli lui prendre la main mais c'était bien trop fort. Jamais il ne s'était senti aussi mal à l'aise de sa vie, même quand il s'était pissé dessus de peur en primaire. Le seul moment qui lui avait plu, c'était quand Draco s'était ramené dans sa chambre le dimanche soir. Ils s'étaient insulté mutuellement pour savoir qui allait devoir porter le "suçon". Draco avait perdu, alors, Harry sortit une bouteille en plastique, et lui avait aspiré la peau avec pour que ça fasse le plus vrai possible. Il avait ri comme jamais, voir Draco aussi contrarié le mettait soudainement de bonne humeur, bien que cela ne durât pas, vu que le serpentard n'avait pas hésité à se venger. La trace des dents du jeune homme sur son cou n'avait toujours pas disparu.
Ce jour-là, Draco n'était pas des plus heureux aussi, une semaine que le calvaire durait, entre son père qui lui demandait un compte rendu détaillé chaque soir et sa mère qui tentait de le motiver, il ne pensait même pas tenir un mois. La semaine fut rude pour Draco qui n'avait vu Hermione qu'une fois en privé, un rapide baiser échangé et des encouragements de la part de sa dulcinée. Contrairement à Ginny, Hermione ne perdait pas son temps à se plaindre de la situation, elle profitait de ces quelques secondes d'intimité pour resserrer un lien qui, à la longue, finira par lâcher. Bien sûr, l'idée de devoir réellement se séparer de Draco ne lui venait même pas. Il lui avait promis de l'épouser et Draco était un homme de parole; il tiendra sa promesse qu'importe ce qui se passe.
Lors de la dernière discussion entretenue avec son paternel, Draco semblait troublé, comme si quelque chose le déstabilisait. Il avait l'air malade, anormalement pâle et très absent. Et vu que rien n'échappait au grand Lucius Malfoy, il lui posa la question. Draco l'esquiva correctement, mais une fois dans son lit, il s'était permis d'y songer correctement.
Ce qui tourmentait notre jeune blond n'était que sa relation avec son ennemi ; la gêne le suivait partout. Il n'était pas habitué à autant d'attouchement avec les hommes, il ne pouvait pas, n'y arrivait pas et Harry non plus, selon Draco. Même Ginny trouvait que cela se passait très vite, elle qui avait "conquis" Harry en une nuit, trouvait que ce couple se formait un peu trop rapidement. Bien qu'il ait mis cette remarque sur le compte de la jalousie, il y pensa tout de même. Ils n'étaient qu'en Janvier et ce n'était que le début. Pour gagner en crédibilité, ils devaient déjà commencer par s'apprécier, ou du moins, savoir jouer la comédie; parce qu'entre un Draco crispé quand Potter le touche et un Harry qui se force quand Malfoy lui sourit, même la gentillesse de Dolores était plus crédible.
D'un pas décidé, Draco quitta sa chambre enroulé dans une robe de chambre en soie noire, ses cheveux naturellement coiffés lui tombaient légèrement sur le front, cachant partiellement ses iris où les nuances de l'orage brillaient de mille feux. Ses pas le guidaient vers la chambre de Potter, ils devaient impérativement discuter. Voir Harry en privé lui faisait toujours une étrange sensation. Une sorte de gêne mêlée à une haine qu'il ne pouvait toujours pas contenir. Cela faisait quoi? Douze jours à tout casser qu'ils tentaient de se parler, comment est-ce qu'ils pourraient passer par-dessus sept années et demie de haine commune? Une fois devant la petite porte en bois abîmé, Draco toqua une fois. Il n'avait même pas pris la peine de le prévenir, ce qui lui valut un regard meurtrier de la part d'un Harry Potter qui tirait la moue.
« Malfoy, qu'est-ce que tu fais ici ? Il est vingt-deux heures passées ! Grommela Harry qui se tenait toujours sur le pas de la porte dans un gros pull qui cachait à peine son postérieur.
- Ce n'est pas comme si tu dormais, se plaignit l'autre en levant les yeux au ciel. J'ai des choses à te dire, Potter, ne joue pas les fifilles en manque de sommeil et laisse-moi entrer.»
Harry n'eut pas le choix, il jura dans sa barbe toujours inexistante et se décala pour laisser le serpentard entrer. Comme à son habitude, Draco retira lui-même sa robe de chambre pour l'accrocher à une porte manteau derrière la porte, d"voilant pour l'occasion un pyjama des plus normaux; sauf que ce dernier était de couleur verte décorée lui-même d'argenté. Ah Draco, toujours fidèle à sa maison.
« Tu veux boire quelque chose ? Lui proposa poliment Harry alors qu'il revenait de sa chambre à coucher dans une tenue beaucoup plus convenable.
- Un thé, merci, répondit brièvement Draco alors qu'il parcourait des yeux la table basse où Harry travaillait encore quelques minutes plus tôt. Je vois que tu as des problèmes en potions. Je peux t'aider, si tu veux, ajouta malicieusement Draco.
- À quel prix ? Tu ne fais jamais rien de bon cœur, quelle est la contrepartie ?
- Moi ? Je n'oserai pas, voyons ! Insista-t-il sur un ton qui suintait le sarcasme à des kilomètres.
- Malfoy.
- Très bien, tu as gagné. Je voudrais que si un jour on devait se montrer comme un couple, tu joues la...fille.
- La fille ? Demanda Harry amusé alors qu'il rapportait un petit plateau où une théière en porcelaine fumait aux côtés de deux petites tasses. Tu veux dire le passif ?
- Oui, oui, c'est ça. J'aimerais que tu endosses ce rôle, parce qu'il faut se l'avouer, il te va très bien.»
Et hop ! Un sous-entendu de plus. La virilité d'Harry Potter prenait cher depuis le début de l'opération. Draco ne ratait aucune occasion pour attaquer sa musculature assez ... peu prononcée, sa taille inférieure à la sienne et même sa carrure, selon le blond, assez féminine. Harry tentait de passer par-dessus, répondant parfois à ses provocations pour venger son ego.
Tout de même, la proposition de Draco n'était pas si mal, la contrepartie laisse à désirer, surtout pour Harry qui souffrait d'une forte homophobie envers sa propre personne qui justement bloquait tout effort de crédibilité en présence de Draco. Il devait le faire, pour le monde sorcier, pour Ginny et pour le Quidditch putain ! Et puis, Draco était son binôme à présent et Potter avait très bien remarqué à quel point Draco excellait dans cette matière.
« C'est d'accord, je ferai la fille, comme tu dis, à condition que mes notes augmentent dans la matière, fit Harry après avoir tendu la tasse fumante à Draco et bu une petite gorgée du liquide que contenait la sienne.
- C'est comme si c'était fait, je dépasse même Hermione en potion !»
Harry ne put s'empêcher de sourire. Voir Draco amoureux était vraiment une des scènes les pus adorables qui soient. Le survivant avait toujours été ravi de voir sa meilleure amie heureuse, ayant toujours su qu'il y avait du bon en Draco, il tentait de se persuader qu'il ne la blessera jamais. Ses pensées se sont mêmes confirmées en début d'année. Après la guerre, Draco était devenu un homme, un vrai, il prenait soin d'Hermione, assumait ses erreurs et n'accusait plus n'importe qui, ce qui lui avait valu le respect de pas mal de Griffondor qui ne l'appréciait pas avant; même Ron. Néanmoins, les circonstances actuelles avaient créé multiples réactions au sein de l'école. Des regards de travers leur étaient adressés parfois, pour cause ? La rumeur qui courait comme quoi ils trompaient leurs copines. Ils les évitaient, donc la rumeur s'était vite propagée. D'autres les regardaient avec douceur et même avec déception, on ne savait même plus quoi penser d'eux. C'était bien trop tôt.
Draco se racla la gorge après une bonne dizaine de minutes. Ils s'étaient tous deux perdus dans leurs pensées, laissant un silence agréable s'installer. D'une manière plus douce que voulue, Harry demanda à Draco ce qu'il était venu faire. Si ce dernier avait été choqué du ton qu'avait employé son camarade, il n'en montra rien. Harry s'était juste attendri en pensant à Ginny, il était convaincu qu'il l'aimait. Ce qu'il ne savait pas, c'était qu'au fond, ce n'était qu'amical et que tous ses sentiments envers la petite rousse n'étaient que le fruit d'une potion qu'il ingurgitait par moments. Le fait que Harry garde les pieds sur terre était bien grâce à ses vrais sentiments, qui eux étaient sincères.
« Je suis venu te voir ce soir pour te parler de ce que ta copine m'a dit. Ses mots me travaillent depuis trois jours déjà, elle dit que les gens ne comprennent pas, qu'on trouve que c'est trop brusque et trop vite.»
Harry releva le regard vers le blond, remit ses lunettes en place avant de soupirer et de reposer la tasse vide dont la porcelaine avait étrangement refroidi. Il s'affala sur le canapé et Draco fit de même. Sa main soutenait sa tête qui se faisait lourde, il ne savait pas quoi répondre à un tel fait.
« Bien sûr que c'est étrange, Malfoy ! Soupira le survivant désespérément. En huit ans, c'est la première fois qu'on nous voit rire ensemble. Tu sais ce que je trouve brusque moi? Le rapprochement... Je ne suis tellement pas à l'aise quand tu me touches... Je n'aime pas les hommes.
— Ce n'est pas question d'aimer les hommes, Potter. Je n'aime pas les hommes aussi, mais il le faut. Puis, on s'est à peine pris dans les bras une fois, ce n'est rien ça. Tu le faisais avec tes camarades débiles souvent.»
Des mots précis et clairs, prononcés d'une voix calme et posée. Harry rougissait de gêne mais Draco restait impassible, son visage de marbre ne trahissait aucune émotion. Potter gesticula sur son canapé avant de répondre d'une petite voix un simple "mais j'étais torse nu". Draco ne manqua pas de lui montrer son choc. Il e regardait avec de grands yeux, ne sachant comment analyser cette information. Il lui demanda alors s'il était pudique et Harry détourna le regard encore plus gêné qu'avant.
« Je ferai un effort, promit Harry, mais n'en profite pas, Malfoy, aide-moi au lieu de me gêner en public.
— Tu as ma promesse, répondit Draco sans y songer. De toute façon, tu seras gêné, avec ou sans moi.
— Malfoy ! Cria Harry pour la seconde fois de la soirée.
— Très bien, d'accord ! » Assura-t-il en levant les bras au ciel, signe de défaite.
OoO
Harry Potter et Draco Malfoy passèrent le temps à parler jusqu'à une heure très tardive de la nuit. Et ils firent cela le lendemain et le surlendemain aussi, jusqu'à ce que leurs petites soirées deviennent un rituel duquel aucun des deux ne devait d'absenter. Harry préparait le thé à l'avance et le gardait au chaud grâce à un sort, un thé à la saveur de pêche le lundi et le jeudi, aux fruits rouges le mardi et le dimanche, à la pomme et à la cannelle le mercredi et le samedi et à la menthe le vendredi soir. Draco s'occupait à préparer les cours d'Harry entre-temps pour les lui enseigner entre vingt-deux heures et minuit, avant de tout abandonner à minuit tapante pour s'asseoir à même la terre, Harry à ses côtés et ils se racontaient paisiblement leur journée et de prévoyaient la technique du rapprochement du lendemain.
Inconsciemment, un lien amical se créait entre les deux prétendus amoureux, Harry n'avait plus à forcer son rire, il trouvait même les anecdotes de Malfoy junior drôles. Ils se taquinaient souvent, seuls ou devant les autres. En l'espace de deux mois, Harry avait même pu serrer de lui-même Draco dans ses bras et étrangement, ce dernier avait été fier de ses efforts. Toute la haine entre eux s'était dissipée pour laisser place à une complicité qu'on pouvait leur jalouser. Bien évidemment, il n'y avait rien entre eux, rien d'autre mis à part une belle amitié. Par contre, Harry s'était vite rendu compte que quelque chose clochait dans l'affaire ; Ginny ne lui plaisait plus tant que ça, l'effet se dissipait un peu plus chaque jour. La rouquine avait même été jusqu'à donner la petite fiole qui contenait de l'Amortentia à Draco pour qu'il en mette dans le thé du plus jeune, mais il avait refusé et l'avait envoyé balader d'une manière des plus sales possibles. Il l'avait traité -rien de bien nouveau- rabaissé et insulter. Étant l'ami d'Harry, il refusait de l'ensorceler pour qu'une gamine se jette sur lui. S'il l'aimait, il allait lui courir après, mais Harry ne faisait rien.
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Plus les jours passaient, plus les meurtres se multipliaient dans les quartiers lugubres d'Azkaban. Chaque personne qui y allait, soit elle n'en revenait pas, soit elle revenait, mais en étant complètement terrorisée au point d'en perdre la mémoire. Une enquête avait même été ouverte pour trouver toutes sortes de preuves qui pouvaient les aider à trouver qui se cachait derrière des meurtres aussi étranges. Quinze en deux mois, quinze âmes sacrifiées, quinze corps vidés entièrement de leur sang et un seul corps jamais retrouvé. Mais à chaque fois qu'on fouillait la cellule de Bellatrix Lestrange, on ne trouvait jamais rien. La cellule redevenait crasseuse et sale, petite et étroite où l'écho de la voix malveillante de la sorcière persistait jusqu'à rendre fou l'auror qui enquêtait. Ils finirent par quitter la cellule et laisser la sorcière seule avec ses démons. Dès qu'ils partirent, le rire se stoppa et le charme qu'elle avait jeté repris place. Bellatrix se posa devant son miroir, des yeux rouges avaient remplacé les siens; elle sourit au reflet avant de lui tourner majestueusement le dos pour se poser devant le cadavre allongé sur une table d'opération en métal. Une table qui ressemblait presque à celle utilisée par les médecins moldus, sauf que cette dernière n'était pas dotée du fameux pouvoir ; celui de transformer les morts en vivants en nourrissant les corps d'un sang frais qui, étrangement, faisait battre le cœur du cadavre dès qu'il y pénétrait. Pour résumer, cette table ensorcelée inversait le travail de la mort, elle redonnait la vie à toute personne qui s'y allongeait. Il n'y en avait qu'une dans ce monde, cachée au fin fond de Poudlard, et comme par magie, elle avait apparu dans cette cellule.
D'un sort tout bonnement appris, Bellatrix déclencha la machine, le corps se mit à trembler avant que son torse ne se soulève brusquement. Elle tomba à genoux, affaiblie par la douleur qui venait de s'emparer de son corps. Elle se forçait à rester coite, faisant de son mieux pour qu'aucun son ne sorte de ses lèvres. Elle avait l'impression que chaque membre de son corps brulait, qu'on lui brisait les os et qu'on lui fendait l'âme. Soudain, la personne ouvrit les yeux, elle s'assit lentement se tourna vers Bellatrix avant de se lever pour s'en approcher. La sorcière leva un regard faible vers la nouvelle créature, des yeux rouges aux lueurs dorées qui entouraient la pupille brillaient dans un blanc immaculé, une crinière lisse mais courte, d'un noir de jais qui contrastait parfaitement avec sa peau blanche et laiteuse, un visage qu'on pouvait facilement qualifier de parfait, mais son rictus qui ornait ses lèvres rouges et fines avait quelque chose d'étrange, une lueur malsaine qui faisait tout son charme. Il avait l'air jeune, jeune et beau, une beauté sombre et majestueuse qui le rendait irrésistible. Un doigt fin se posa sous le menton de la brune et le releva lentement. Leurs regards se croisèrent ce qui fit sourire narquoisement l'un et émerveilla l'autre.
« Bonsoir, Bella.»
Une voix douce et suave qui cachait tout le mal qu'elle portait. Émue et surprise, la sorcière baissa la tête avant de la relever quelques secondes plus tard. Ce fut avec les yeux larmoyants et la voix tremblante qu'elle put articuler un seul mot, un mot qui promettait une apocalypse que personne ne soupçonnait. Un retour imprévu. Un mal inimaginable.
«Maître...»
