Chapitre 7
Auteur: MotsEtPlumes.
Titre: Juste le temps d'un mensonge.
Résumé: Et si Draco Malfoy venait à épouser Harry Potter? Ne serait-ce pas la meilleure façon d'enterrer la hache de guerre entre deux clans ennemis? Sauf qu'aucun des deux prétendus amants n'aimait l'autre; tous deux avaient juré loyauté, amour et sincérité à leur conjointes respectives; Hermione et Ginny. Suivront-ils le chemin de leurs cœurs ? Ou prendront-ils celui de la raison ?
Rating: K.
Couple principal: DMHP. (Apparition des deux couples DMHG et HPGW sera aussi fréquente que le couple Drarry dans les premiers chapitres.)
Note de l'auteur: Je n'ai pas grands choses à dire, j'imagine que vous en savez bien assez. Le syndrome de la page blanche mêlé aux interminables journées scolaires. Je n'avais envie de rien et encore moins de me forcer. Le chapitre est là et vos avis sont toujours les bienvenus ! Merci pour les 9k, c'est énorme. Mais un grand merci pour ceux qui sont restés surtout !
A bientôt, je l'espère !
OoO
James se leva de son siège, déposant sa tasse sur la table. D'un pas félin, rempli de grâce, il se posa devant le survivant, affichant son éternel rictus au coin des lèvres.
« Nous voilà enfin rencontrés, Harry Potter ! »
Harry Potter fit un pas en arrière, il fronça les sourcils avant d'esquisser un petit sourire, gêné par la situation. Qui ça pouvait bien être encore ? Il était bien dans une bibliothèque non-moldue, mais tout de même, rares sont ceux qui paraissaient encore aussi émerveillés en sa présence. Sauf qu'émerveillé n'était pas le mot juste pour décrire le regard de James ; le jeune homme avait une étrange lueur qui flottait dans les yeux, une lueur presque malsaine, ce qu'Harry remarqua en premier, mais que Nick ne semblait pas notifier.
Voulant se montrer poli, Potter serra la main que James lui présentait, essayant d'ignorer ce sentiment de malaise qui l'envahissait. De brefs picotements animèrent son front — sa cicatrice, pour être plus précis, quand son regard croisa celui du mage. Le plus jeune eut un mouvement de recul, retirant précipitamment sa main de la sienne. Il n'y avait qu'une seule personne qui provoquait cela, et cette personne était..
«Mort... Il est mort..» Pensa Harry Potter, horrifié.
Le silence s'était installé. Tous figés sur place, ils se dévisageaient les uns les autres en attendant que l'un d'eux trois se bouge pour que la conversation reprenne. Gêné mais déterminé à faire bouger les choses, Nick se racla la gorge avant de sourire à Harry, l'invitant à se joindre à eux autour de la ne pouvait pas se le cacher; la scène semblait bien étrange et l'ambiance tendue. Mais la conversation dériva bien vite sur ledit James. Harry se contentait de hocher la tête, jusqu'à ce que le sorcier mentionne Ilvermorny. Voldemort était peut-être vil et cruel, mais sa culture et son intelligence dépassait toutes les limites. Après tout, Tom Jedusor fut l'un des meilleurs élèves à Poudlard. Toute l'attention de Harry Potter lui fut accordée quand il prononça le mot Ilvermorny; n'ayant jamais quitté le pays, Harry était fasciné par le récit riche en détails du sorcier. Les yeux suspendus à ses lèvres, il avalait ses paroles, assimilant ainsi la moindre information qu'il lui présentait. Il fronçait les sourcils quand le récit portait sur l'aventure et les haussait quand l'émerveillement l'envahissait. Tom prenait même plaisir à raconter les récits de ses voyages. Ce n'était, sans aucun doute, que le côté sentimental et poufsouffle caché au sein du corps du sorcier qui influençait son comportement au sein d'une communauté, lui offrant sur un plateau d'argent le peu d'humanité qui raisonnait encore dans des veines polluées d'un sang où haine et cruauté baignaient à présent, et qui se cachait au fond d'une âme souillée, vide et désertée de tout sentiment. James avait l'air humain, sociable et fort adorable, seule la lueur malsaine au fond de ses yeux rougeâtres rappelait son vrai visage.
Le temps passait si vite que Harry ne se rendit même pas compte que le ciel commençait doucement à s'assombrir et que les lampadaires de la ville, visibles depuis la vitrine du magasin, commençaient à s'allumer l'un après l'autre comme par magie. L'odeur du thé et des muffins mêlée à celle des livres submergeaient les lieux, les berçant dans une ambiance intime qui convenaient aux sorciers tout comme aux moldus. Potter semblait détendu, il sirotait sa boisson chaude, rigolait aux drôleries de son ami et appréciait la compagnie de James. Sa main passait et repassait dans ses cheveux noirs qui partaient dans tous les sens, attirant à chaque fois l'attention du maître des lieux qui ne pouvait en détacher son regard. Il le dévorait des yeux, se mordant parfois inconsciemment la lèvre, une chose qui n'échappa pas à son invité qui n'était autre que son nouveau voisin. Nick était tout sauf discret, ses yeux brillaient dès que le nom de Harry était mentionné, ou dès qu'il posait son regard sur lui. Nul doute; James avait compris.
Tout comme la fois avec Draco, Nick semblait gêné; on le mettait toujours de côté dans les conversations ce qui avait don de le mettre de mauvais poil. Sauf que, contrairement à la fois précédente, cela ne dura pas longtemps. Le mage se tourna vers lui, souriant, charmeur, ses yeux pétillaient de malice, et en un battement de cil, Nick perdit le fil de ses pensées.
— Et toi, Nick ? Nous n'avons pas eu le temps de bien parler. Tu étais élève à Poudlard, non ? Demanda Tom sur un ton charmeur.
Nick avala de travers et Harry sentit ses joues s'empourprer, la voix du sorcier sonnait aussi douce que du miel; il le draguait ouvertement, chose qui semblait faire rougir le concerné.
— Ehm... En.. En effet, oui. J'étais dans l'équipe de Quidditch ! Vous jouiez au Quidditch là-bas, en Amérique ?
— Pas vraiment... Le Quodpot est plus répandu là-bas.
— Le Quodpot? Répéta Nick. Quel est le but du jeu?
Bien que lassé, saoulé et fatigué de répondre à autant de questions, Tom se mit à lui expliquer les règles du jeu, prenant sur lui pour ne pas paraître désagré qui semblait de plus en plus gêné par le regard gourmand de James, s'empressa de se lever. Il jeta un bref regard à l'extérieur; il faisait nuit, il était temps de rentrer à Poudlard. Il avait des choses à faire et surtout, surtout, une conversation à entretenir avec Draco. Le plus jeune des trois se racla la gorge, attirant l'attention des deux sorciers occupés à se bouffer du regard.
Contre toute attente, James se leva, lissant les plis que ses vêtements avaient formés.
— Eh bien, messieurs, il se fait tard, annonça-t-il, prêt à partir.
— Déjà..? Demanda Nick d'une voix qui suintait la déception. Reste, on rentrera ensemble.
Le sorcier sembla considérer l'idée avant de se rasseoir, offrant à son interlocuteur son plus beau sourire.
Harry leur sourit tout bêtement et se leva. Il s'apprêtait à faire un pas, mais une main lui retint le poignet.
— Tu ne veux pas rester aussi Harry ?
— Je..., commença-t-il, ne sachant pas quoi dire.
Son geste le surprit; Harry n'était pas très tactile; il avait beau le répéter au jeune homme, ce dernier essayait toujours de pousser ses limites encore plus loin, espérant voir Harry céder. Son regard alternait entre le regard insistant et suppliant de Nick et sa main qui effleurait docilement sa peau. Son cœur rata un bêtement quand il se rappela son cours de chimie. Paniqué, il ne sut quoi répondre, alors, il sortit la seule chose décente qui lui passait par l'esprit.
— C'est à dire que... Draco m'attend, commença-t-il avant d'être coupé par le regard soudain froid de Nick.
— Draco ? Intervint soudain James.
— Draco Malfoy. Son copain, annonça Nick sans l'once d'un sourire.
— Le héro national aurait-il une préférence pour les hommes?
— Pour les idiots, oui !
— Nick, murmura Harry désespéré.
Les joues du plus jeune devinrent cramoisies alors qu'il répondait un bref "Merci" aux félicitations du Lord.
— Eh bien.. Je vais y aller.
Harryremit ses lunettes en place, se gratta maladroitement la nuque avant de glisser ses mains dans ses poches.
— J'espère te revoir à nouveau James! Nick..? A bientôt...
Ledit James hocha la tête, lui offrant un petit sourire en coin. Il avait quelque chose derrière la tête, un plan à exécuter et il venait de commencer. Nick le salua d'un bref signe de la main, lui promettant de lui envoyer ses pâtisseries favorites avec son hibou le soir-même. Et ce fut avec le sourire aux lèvres et légèrement plus détendu, que le grand et stupide Harry Potter quitta le magasin ce soir-là.
Plus tard dans la nuit, assis autour d'une table basse, James et Nick buvaient tranquillement, mais seul le plus jeune semblait saoul.
— Il te plaît, n'est ce pas ? Harry... Il te plaît ?
Nick releva la tête, haussa les épaules avant de terminer d'une traire son verre. C'était un sujet sensible ; il n'aimait pas en parler. James s'approcha doucement de lui, s'assit derrière son corps avant de l'entourer de ses bras. Sa main remontait le long de son torse tout comme ses lèvres qui retraçaient le chemin entre son cou et l'une de ses épaules.
— Laisse moi te le faire oublier, ce soir, Nick...
Nick couina puis James sourit.
OoO
Harry se retrouva dans sa chambre une petite heure plus tard, bien enroulé dans sa couverture, il attendait la visite quotidienne de son ami, qui n'allait pas tarder à arriver. Il ne pouvait pas se concentrer sur ses révisions, la déduction qu'il avait faite plus tôt dans la soirée lui occupait l'esprit. Jamais il n'avait perçu son ami comme tel, alors pourquoi avoir senti cette même odeur dans le chaudron ? N'ayant pas de réponse, il grogna et balança son livre de potion qui atterrît sur une tête blonde qui venait à peine de passer la porte.
— Potter ! grogna la victime en s'inspectant le crâne. Depuis quand est-ce qu'il pleut des livres chez toi ?! Abruti.
Harry pouffa avant de quitter son matelas, allant ramasser l'arme du crime.
Et le rituel commença. La bouilloire sur le feu se mit à siffler, le thé minutieusement emballé dans de petits sachets commença à infuser, une montagne de livres se dressa sur la table, Draco se mit à genoux et Harry se plaça devant lui. Tous les deux se mirent à boire leurs thés, lisant respectivement leurs cours en même temps. Soudain, Harry fut pris de peur. Il se tourna vers le blond, le regarda avec effroi avant de baisser les yeux. Depuis quand cela durait-il ? Cette routine ? Cet enchaînement répétitif qui, au plus grand malheur de Harry Potter, devint complètement naturel. N'ayant jamais été habitué au calme, Harry n'avait jamais su gérer la routine non-plus; elle lui semblait aussi effrayante que rassurante. Potter regarda Draco à nouveau avant de soupirer, résigné à laisser tomber ce raisonnement qui ne menait à rien.
— Potter ? Potter !
Harry sursauta avant de se mettre debout, complètement déconnecté. Il jeta un regard paniqué à son aîné avant de se rasseoir, posant une main sur son cœur qui s'affolait.
— Je te demandais si tu avais un autre rouleau de parchemin; j'ai oublié le mien.
Le sorcier fronça les sourcils, un rouleau de parchemin ? Pourquoi faire au juste ? Pourquoi est-ce que Draco lui en parlait même?
Lisant l'incompréhension sur son visage, Malfoy se mit à rire laissant tomber sa plume par terre. Il roula des yeux, avant de s'asseoir cette fois-ci sur le canapé. Toujours aussi gracieux, le serpentard croisa ses longues jambes alors qu'il laissait ses bras s'étendre sur le dos du canapé.
— Qu'est-ce qui te prend, Potter ? Tu as l'air d'avoir vu un détraqueur, se moqua Draco, une lueur de malice dans les yeux. C'est les fantômes du passé qui reviennent te hanter ?
Bien qu'il s'était juré de ne plus jamais céder à ses provocations, Harry se sentit attaqué, il brandit sa baguette, pointant son bout vers son ennemi de toujours. Il était bien trop à fleur de peau ce soir-là pour se laisser taquiner. A peine allait-il prononcer son sort que Draco vint le stopper, envoyant valser sa baguette, qui, heureusement, resta intacte.
— Mais qu'est-ce qui te prend ? Hurla le blond qui avait pris peur. On avait dit qu'on allait faire une trêve !
Harry le dévisagea longtemps, une mine apeurée tirait toujours son visage. Il ne savait même pas pourquoi il réagissait aussi excessivement ; la journée avait été longue pour eux deux, surtout pour Harry. Il s'excusa, alla se laver le visage, reprit sa baguette et se laissa tomber sur le canapé où Draco attendait patiemment, faisait la tête.
— Je suis désolé, commença Harry. J'ai passé une journée bien trop étrange pour rester normal.
D'un geste nonchalant, il dégagea tous les livres qui allèrent se ranger d'eux-mêmes dans la bibliothèque, se couvrit et prit sa tasse qui venait à lui. Draco ne parlait pas ; lui non-plus n'avait pas vécu la meilleure journée de sa vie. Hermione et lui s'étaient disputés au sujet d'une vulgaire fille qui soit-disant cherchait à rendre Malfoy hétérosexuel ; une histoire de jalousie que Hermione ne pouvait gérer.
— Parle, Potter. Je t'écoute.
Et Harry se lâcha. Il parlait à toute vitesse, n'oubliant aucun détail, aucune réplique. Il faisait le portait de James, citait les réactions de Nick, passant par le thé et les muffins, jusqu'aux multiples livres qu'il avait repéré. Draco ne semblait pas comprendre où il en voulait en venir, bien trop de détails lui faisaient perdre le fil conducteur de l'histoire. Il l'arrêta au bout d'un moment, le priant de recommencer ses explications, plus calmement et surtout sans détails. Alors Harry reprit, tentant de résumer tant bien que mal ses multiples idées qui fusaient de partout.
Il reprit depuis le début, parlant de la potion d'Amortentia, de l'odeur qu'il avait senti, la décrivant comme étant douce et tendre, enivrante et délicieuse, pouvant faire succomber toute personne qui la sentait. Draco eut un déclic, il jeta un coup d'œil à ce qui l'entourait, regarda sa tasse de thé avant de reposer le regard sur un Harry complètement absorbé par ce qu'il racontait. Draco comprit que Harry associait ce parfum au jeune bibliothécaire et non pas à lui. Une chose qui le rassura le temps d'un instant, mais le doute était bien présent, il ne pouvait s'en empêcher. Mais s'il en parlait, Harry pourrait tirer de fausses conclusions ; alors Draco se promit de ne rien révéler, préférant étudier cette théorie seul. Une théorie complètement tirée par les cheveux, lui-même n'y croyait pas. Il ne voyait Harry qu'en ami, et encore, ils se connaissaient à peine. Certes, le rapprochement rapide pouvait porter à confusion, mais Draco ne doutait aucunement de son amour pour Hermione, il en était même plus certain depuis qu'il passait ses journées avec le Survivant. Draco avait bien trop attendu sa bien-aimée pour la laisser pour un homme.
Mais Merlin seul savait à quel point Harry était un pied en amour, comme en tout d'ailleurs. Ce dernier n'avait même pas considéré la possibilité qui pouvait faire de Draco son futur amour, peut-être même qu'il l'était déjà. Après tout, il n'y avait qu'un pas entre la haine et l'amour, le vrai... Et Harry l'avait sans aucun doute franchi, du moins, selon la théorie de Draco.
—... Ce qui m'étonne, c'est que je ne l'ai jamais vu ainsi, Malfoy, finit Harry sur un ton désorienté. Nick a toujours été un ami, rien de plus pour moi.. qu'un simple ami, qui certes, avec ses mains baladeuses, me gênait énormément, mais il est gentil...
Bien trop secoué, Draco décida de partir plus tôt que prévu. Il avait conseillé à son ami d'aller se coucher et d'arrêté d'y penser. Alors, Harry le remercia après l'avoir raccompagné, et alla se glisser dans son lit tout de suite après. Sauf que le sommeil ne lui vint pas, et il dût aller en cours le lendemain, avec des cernes aussi grosses que le nuage de dénis qui flottait par dessus sa tête. Pauvre Potter, bien trop aveugle pour voir la vérité en face.
OoO
Pré-au-lard, samedi matin, un soleil rayonnant brillait dans le ciel. C'était le mois de mai, tout était plus beau, tout le monde était plus heureux. Harry Potter, Hermione Granger, Draco Malfoy et Luna Lovegood longeaient le grand boulevard. Harry aux bras de son prétendu officiel petit ami marchait calmement, laissant les filles discuter entre elles. On disait que Draco avait préféré rester ami avec son ex petite amie, ce qui expliquait leur amitié toujours présente. Les rumeurs fusaient de partout, d'ailleurs, à peine avait-il fait un pas de plus qu'un flash aveugla le survivant et son petit ami ; La Gazette détenait à présent sa prochaine couverture :HARRY POTTER EN SORTIE AVEC SON FUTUR FIANCE.
Ils voyaient déjà les élèves les harceler, l'Ordre s'extasier et la folasse essayer de déclencher une nouvelle guerre entre son frère et le jeune sorcier. D'ailleurs, depuis l'accident, il les négligeait tous deux ; Harry avait tiré un trait sur leur amitié, il ne comptait même plus leur reparler. Hermione avait essayé d'intervenir un soir, mais Harry avait été tellement sec qu'elle se replia, laissant tomber instantanément après un petit sourire désolé que Draco lui accorda.
— Harry est bien trop rancunier, avait-il dit. Au moins sur ce point-là. Puis Ron y est allé un peu trop fort, non seulement monsieur pique une crise d'homophobie qu'il justifie par le cœur brisé de sa sœur, mais en plus, il lui casse le nez et ruine temporairement sa vue déjà bien basse. Je ne l'ai jamais aimé, alors ne me regarde pas comme ça, je n'interviendrai pas.
Hermione avait à peine roulé des yeux avant de reposer son regard sur Harry ; cette histoire d'Amortentia l'obsédait. Il ne mangeait presque plus, refusait de voir qui que ce soit et ne mettait plus le pied à Londres depuis trois semaines déjà. Pourtant Nick continuait, bien que ses invitations se faisaient de plus en plus rares et distantes. Les choses semblaient aller au mieux entre lui et James, même qu'ils se fréquentaient depuis quelque temps ; Harry se demandait s'il devait se sentir jaloux, s'il l'était, mais aucune réponse ne lui venait. Il ne voulait plus voir personne ; sauf Draco qui était devenu son confident ; il lui parlait aisément de tout , il avait découvert ce côté du blond lors d'un soir où il avait fini bourré à une soirée chez les serpentards où on l'avait invité sous la demande du « prince », Draco l'avait ramené à sa propre chambre et toute la nuit ils avaient parlé, ils s'étaient réveillé ensemble, l'un contre l'autre, Harry dormait paisiblement sur le torse de son ami et Draco, insouciant, le gardait contre lui, un doux sourire sur les lèvres. Tant de choses se passaient sous ce toit que Draco cachait à sa dulcinée. Il en était sûr à présent, il savait que Harry avait bel et bien des sentiments pour quelqu'un, sauf que tout comme lui, préférait se voiler la face, ne voulant pas s'imaginer acteur dans un tel scénario.
Alors qu'ils marchaient, les garçon décidèrent de passer à la banque alors que les filles prenaient le chemin du retour ; Harry avait besoin de quelques petites choses dans le monde des moldus à Londres. Ils transplanèrent jusqu'au chemin de traverse alors qu'Hermione et Luna entraient au petit bar du coin. A peine avait-il levé les yeux qu'il aperçut la dernière personne qu'il avait envie de croiser sur terre ; Nick et son adorable petit copain James. Draco remarqua la panique sur le visage de son prétendu amoureux ; ils étaient en public, il devait jouer le jeu. Son bras glissa automatiquement autour d'Harry et le colla à lui. Il s'approcha d'un pas assuré vers le couple, tirant son propre copain avec lui.
— Qu'est-ce que tu fais... ? s'enquit Harry.
— Je te pousse à affronter la réalité en face... Eh ! Nick ! L'interpella Draco, rapprochant Harry contre son torse dans un geste tendre. On ne s'attendait pas à te voir ici !
Le dit Nick se tourna surpris, esquissant un petit sourire en apercevant Harry, il le snoba majestueusement avant que James ne s'approche d'eux, tendant sa main vers Draco, un regard malicieux régnant sur son visage. Il le détaillait, observant minutieusement les changements que son corps avait accumulé en une année ; comment l'adolescent peureux qui vivait dans l'ombre de son père s'était métamorphosé en un homme d'une grande beauté, posé, calme et visiblement confiant.
— Draco Malfoy, est-ce bien ça ? Demanda le grand mage. Le célèbre sang pur et futur fiancé du survivant ?
— En personne ! Répondit le serpentard, un regard douteux dissimulé sous un rire tendre. Et vous êtes ?
— Diallan, James Diallan, le petit ami de Nick et accessoirement son voisin de palier !
Les paroles du mage semblaient si chaleureuses mais son regard vide d'émotions créait un mélange horrible qui glaçait le sang. Un serpent vicieux à la langue d'or.
— Oh ? Chéri, tu ne m'avais pas dit que ton ami avait un copain ! S'exclama Draco faussement surpris.
— Eh bien... ça a dû m'échapper ! Avait répondu le concerné, alors qu'il rougissait à vu d'œil.
Bien sûr que Draco savait ; il lui en avait tellement parlé qu'il avait fini par lui demander de « Changer de cassette » un terme souvent employé par le survivant que Malfoy semblait avoir adopté.
Ne cherchant qu'à fuir, Harry se pressa de se mettre devant Draco, il lui sourit tendrement, jouant le jeu à son tour alors qu'il venait passer l'une de ses main dans sa nuque, caressant du bout des doigts une peau douce et laiteuse, parfumée naturellement à la rose ( un sort de sa mère, à ce qu'il disait).
— Je dois filer à la banque... On se retrouve au Chaudron Baveur ?
Draco y voyait clair dans le jeu de son ami, il n'était jamais entreprenant, ce qui rendait les choses bien plus intéressantes. Le serpentard posa sa main sur sa joue, venant déposer un long baiser sur ses lèvres avant de se reculer, s'apercevant par la même occasion des étranges lueurs qui animaient les yeux émeraudes de son sorcier.
— D'accord, Babe. Je te rejoins au plus vite.
Harry leur adressa un dernier signe de la main avant de s'en aller en courant, laissany derrière lui un Draco fier, un James amusé et un Nick vert de jalousie. Ce dernier y croyait plus ; il était persuadé que les choses étaient à présent bel et bien réelles et sérieuses entre eux. La date de la demande approchait à grands pas.
Harry était paniqué. Il courrait partout, dès qu'il fut hors de Gringotts, il transplana au Chaudron Baveur, prit une table en retrais et laissa sa tête reposer entre ses bras. Bon Dieu, qu'est-ce qu'il pouvait bien lui arriver de pire ? Ou plutôt qu'est-ce qui était pire ?! Se sentir jaloux de sa meilleure amie, ou espérer avoir une chance avec Draco ? Il avait pensé à ça, quand il l'avait embrassé, quand il l'avait collé à lui, quand il lui avait souri aussi. Le brun tremblait de peur et de panique, tout semblait un peu plus clair dans sa tête ; leurs multiples soirées à réviser, leur complicité, les sourires que Draco lui adressait et la douce mélodie de son rire qui berçait les nuits de Potter jusqu'à des heures bien tardives. Ô Merlin, il était sous le charme d'un blond qu'il ne pouvait aimer, il avait goûté au fruit interdit et ne pouvait que prier pour en avoir plus. Il avait succombé au charme de son ennemi de toujours, au copain de sa meilleure amie ; à un homme fort et rusé, au cœur tendre mais hélas pris. Pris, oui, comme Harry était pris à présent au piège. Il priait les cieux pour que tout ce qui se passait ne soit en fait que la tragique conclusions d'éléments mal assimilés, mais au fond de lui, son cœur battait toujours aussi fort, toujours aussi vite, dès qu'il pensait à ses doigts sur sa joue et ses lèvres sur les siennes. Il était cuit, il n'y avait plus aucun doute à cela.
Son Whisky pur feu arriva rapidement, il le descendit d'une traite avant de s'affaler sur son siège, le regard perdu au loin. Sa baquette dans une main, il la faisait tourner, observant sa magie briller au bout. Il avait tout les symptômes d'une maladie incurable. Alors c'était ça l'amour ?
Il n'eut pas le temps de traiter cette fameuse question rhétorique vu que le prince des verts et argents venait de faire son entrée. Tout le comptoir s'était tourné pour le regarder, sa classe naturelle le rendait époustouflant ; il cherchait Harry du regard, le visage fermé et neutre, il n'accorda du temps à personne. Dès qu'il croisa son regard, ses traits passèrent de la joie à la surprise puis l'inquiétude ; il s'avança au plus vite, s'assit devant lui avant de jeter un sort insonorisant ainsi les alentours.
— Harry ? S'exclama Draco à voix basse alors qu'il s'asseyait. Qu'est-ce qu'il y a ?
La tendresse dans sa voix fit briller les yeux d'Harry. Il fondait sur place. Le survivant baissa la tête avant de se laisser aller. Ses yeux croisèrent ceux de son ami et allèrent fixer le verre vide.
— Je suis jaloux...
A suivre...
