Disclaimer : Naruto et ses compagnons ne sont pas à moi mais à Masashi Kishimoto.
Couple : Sasunaru
Rating : M (expliqué dans le prologue)
Genre : Romance, aventure, et une petite dose de ( surnaturel ? enfin .. juste ce qu'il faut pour faire fonctionner « la malédiction » ) .
Note : Tout d'abord, je remercie chaleureusement les (lecteurs ?) /lectrices qui m'ont laissée des reviews. Ils me touchent énormément. Je les relis chaque soir avant d'aller taper la suite de la fic. Pour les revieweurs anonymes, je vous réponds sur mon profil. S'il vous plait, jetez-y un coup d'œil, sinon, je me sentirai trop coupable que vous ayez donné l'effort de me laisser un mot pour rien.
Et je dédie aussi à mes chers revieweurs un dessin que vous trouverez à la fin du chapitre.
Ce chapitre est longggg mais je ne voulais pas le couper avant, et j'espère que vous ne vous ennuierez pas avant la fin du chap, tout comme je croise les doigts pour qu'il soit à la hauteur de vos attentes. (Mettez un coussin sur le dossier de votre chaise avant de commencer la lecture XD)
Pour les personnages, si tel a un tel rôle, ce n'est pas parce que je ne les aime pas que je les colle à un rôle défini. Mais dans une histoire, il faut bien des méchants et des gentils, j'ai tout simplement choisi les rôles par rapport à leur « profil ». Et dans certains cas, le choix s'impose lui-même… Vous le comprendrez bientôt avec ce chapitre…
Pour ces dernières notes, elles seront appliquées pour la suite du récit:
_ Il faut que vous sachiez que dans l'Antiquité, il n'y avait pas de blonds. Les égyptiens étaient tous bruns aux yeux foncés. ( Je vois venir le spoiler...)
_L'inceste, tout comme l'homosexualité, n'était pas un sujet tabou, les pharaons se mariaient avec leurs sœurs pour garder le sang « pur ».
_ La momie est enveloppée dans trois sarcophages emboîtés de compositions différentes. Donc, il faut enlever le plus gros coffre d'abord, un moyen, et un petit dernier afin d'arriver jusqu'à la partie des restes du corps momifié.
Je me suis beaucoup documentée pour ne pas faire trop d'incohérences, mais il est fort possible que j'écrive encore des bêtises sans le savoir. Par conséquent, pour les « pro » en archéologie, fermez les yeux sur mes boulettes, s'il vous plait. ^^'
Encore et toujours un gros bisous à mes deux amies Julie et Maurine à qui j'ai fait la misère pour la correction de ce chapitre.
J'arrête avec mes longues notes, et bonne lecture à tout le monde.
Chapitre 1 : La malédiction
Un geste, un son, une malédiction,
et toute l'éternité pour recommencer.
Les nouvelles avaient envahi le Caire en l'espace de quelques heures. Partout, on parlait des fouilles et de la découverte d'un nouveau tombeau. Au bureau, les employés débattaient à propos des machines ultra modernes déployées par les américains dans cette opération d'envergure. Au marché, les habitants conversaient et rajoutaient des choses au détour d'un verre d'eau. À tel point qu'à la fin de la journée, on parlait d'un trésor colossal qui vaudrait plusieurs dizaines de milliards de dollars, et que celui-ci appartiendrait à un pharaon qui avait fait effacer volontairement ses traces dans l'Histoire afin que les modernes ne puissent jamais retrouver sa tombe et ses biens funéraires.
Mais la rumeur était parfois une arme redoutable, car à côté de ces détails burlesques, on chuchotait aussi à petite voix l'existence d'une malédiction qui s'abattrait sur la tête de ces fouineurs étrangers. Les habitants allaient et venaient, jetant des coups d'œil curieux aux camions de transport garés devant le Musée. Ce monument était à présent le centre d'intérêt de tout un peuple…
_S.U_N.U_
Minato avait téléphoné à Deidara pour lui transmettre des directives à suivre. Pour autant, il n'avait pas non plus oublié de répéter à son « bébé » de rester sage pendant toute l'opération. Mais c'était sans compter sur la tête de mule débordant de bonne volonté et d'enthousiasme qu'était ce jeune garçon de vingt ans.
En effet, Naruto et ses amis avaient lourdement insisté pour aider la troupe durant l'acheminement du trésor funéraire jusqu'à la capitale. En tout, il leur avait fallu pas moins de trente six heures de travail, étant donné la localisation particulière du tombeau.
Et pourtant, malgré les moyens employés, l'équipe n'avait pas pu évacuer toutes les chambres de la sépulture puisque les analystes craignaient la présence de champignons contagieux, eux-mêmes ayant causé la mort subite de Lord Carnarvon, le commanditaire des fouilles du tombeau de Toutankhamon. D'autre part, certains objets étaient dans un tel état de dégradation qu'il leur faudrait importer d'autres machines spécifiques pour pouvoir les manipuler.
Outre ces petits problèmes qui retardaient le dévoilement de l'identité du pharaon, le travail avançait et progressait d'une manière plutôt positive. Et aujourd'hui était le retour du sarcophage royal dans le monde des humains, le jour où il quitterait son antre obscur et solitaire de trois millénaires de silence.
Sous l'œil expert et pointilleux de Jiraya, les spécialistes avaient extirpé méticuleusement le coffre d'or de sa cuve en quartzite rose. L'opération fut délicate et longue. Enfilant des gants enduits de Seal-it, les agents suivirent scrupuleusement les ordres des archéologues pendant la manipulation.
La montée fut lente et pénible. Porter et protéger un coffre de deux mètres de long sur un mètre de large dans un dédale sinueux et sombre n'était pas une mince affaire. Chaque pas était synchronisé, chaque angle du cercueil globalement protégé par des couches épaisses de tissus. Sans parler de la protection du bois contre l'exposition au soleil une fois que les premiers travailleurs poseraient leurs pieds sur la terre ferme.
Et irrémédiablement, le sarcophage remontait, petit à petit, vers ce monde vivant qui l'avait pleuré et perdu.
Était-ce l'ironie du sort ?. Il y avait une éternité de cela, sous ce soleil brûlant et insensible, le cercueil avait rejoint le désert, centimètre par centimètre, par la force des pieds de ses robustes esclaves. Et maintenant, resaluant l'astre solaire dans sa splendeur implacable, il repartait, taciturne, faisant son adieu à la mémoire de cette vallée.
Le camion roulait lentement sur la route du désert, emportant avec lui le sarcophage et son hôte vers le Caire, cette ville fascinante qui leur était tout aussi familière qu'inconnue.
_S.U_N.U_
Étant donné l'influence de la compagnie Namikaze dans la région, Deidara avait obtenu des autorités égyptiennes que les travaux effectués sur le sarcophage soient entièrement supervisés par l'entreprise du père des deux blonds, cependant, toute l'opération devrait se passer au sein du Musée, en collaboration étroite avec les chercheurs du pays.
Le jeune entrepreneur avait alors mis la main sur son carnet d'adresse pour contacter, voire rameuter, tous les experts renommés afin d'accélérer les différents tests d'identification. Mais malheureusement, même ceux qui étaient disponibles ne pourraient décoller que dans trois jours. Avec le matériel et le personnel dont ils disposaient, ce serait extrêmement risqué de faire ressortir la momie à l'air libre.
Voilà la raison pour laquelle ils devraient mettre leur mal en patience et se contenter d'une première couche du grand sarcophage. Les réponses à leur énigme se préciseraient en même temps que l'arrivée des outils technologiques de haute gamme. Ou du moins, c'était ce que toute l'équipe espérait.
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Dans le hall du Musée, élu d'office comme étant « l'entrepôt » de la fouille jusqu'à nouvel ordre, Naruto recopiait tranquillement le nom des articles dans un coin, au loin, son ami Kiba vérifiait la liste des cartons du convoi, certains autres se chargeaient de l'étiquetage des objets funéraires, et les filles du groupe d'étudiants avaient pour mission de dépoussiérer les palettes de scribes en terre cuite.
On allait et venait, les gens transportaient des coffres d'une pièce à l'autre des deux grandes salles, d'autres photographiaient les articles déjà identifiés. L'atmosphère était grisante. Chacun se perdait dans sa tâche, dans cette excitante recherche du passé. De temps à autre, les personnes présentes jetaient des regards fiers vers le fond de la pièce où se trouvait le sarcophage, comme s'ils voulaient s'assurer que cette aventure était réelle, que leur merveilleuse trouvaille était toujours là, devant leurs yeux exaltés.
Le blond vérifia pour la dernière fois l'orthographe égyptienne du nom d'un vase en céramique tout en regrettant de ne pas posséder une belle écriture. Pourquoi n'avait-il pas pris plus de temps à peaufiner son style au lieu de faire l'école buissonnière avec Kiba pendant leur année de primaire ?. Et maintenant, il déplorait son écriture si peu esthétique et « si peu épurée » qui, malheureusement, resterait gravé à jamais dans ce registre si particulier. Un registre qui traverserait les siècles en tant que témoin de cette grande découverte. Et face à cette perspective, Naruto se lamenta encore plus, grimaçant devant ses hiéroglyphes et sa façon de tracer les lettres.
Cela dit, l'écriture de Jiraya qui avait inondé les dernières pages du carnet n'était pas mieux que la sienne. Il se marrait toujours en voyant le « J » bizarre en zigzag de son cher professeur. Esquissant un sourire, il releva la tête et ses yeux se dirigèrent vers le sarcophage.
Encore et toujours ce sentiment étrange qui se manifestait dans sa poitrine. Naruto avait sincèrement pensé qu'il était dû à la découverte du tombeau, mais des jours s'étaient écoulés depuis cet instant magique, et cette sensation inconnue demeurait là, ne voulant point se dissiper. Peut-être devrait-il avertir son frère Deidara ? Après tout, n'était-ce pas ce que ses parents lui avaient répété sans arrêt avant qu'il ne quitte les États-Unis…
Levant ses fesses de la chaise, Naruto se mit à la recherche du profil imposant de Jiraya. Celui-ci était assis à un bureau, sa main gauche feuilletant allègrement les pages d'un énorme bouquin, de son autre main, il gribouillait ce qui semblait être des calculs sur un bloc note.
Naruto s'approcha vivement de son professeur, jetant un regard au carnet de rapport.
Quand il disait que son professeur avait une écriture tordue et illisible …
_ « Professeur, vous avez plus d'information sur le pharaon ? », demanda-t-il, un espoir manifeste dans la voix.
_ « Non, pas encore, Naruto. Les tests ne sont pas encore terminés », soupira le vieil homme en enlevant ses lunettes. « Mais regarde, ce sont des rapports que j'ai reçus il y a une demie heure. Lis cette ligne, d'après l'ordinateur et son merveilleux scanner morphologique dont je suis extrêmement fier, il y a 90% de chance pour que ce roi soit mort à l'âge de vingt-trois ans. »
_ « C'est sûr ?. Mais il était super jeune alors ! », s'écria Naruto en comparant mentalement l'âge du pharaon avec le sien et celui de ses frères.
_ « C'est bien ça, et j'espère que nous saurons bientôt la cause du décès. Ce que je ne comprends pas, c'est qu'il n'y a absolument aucune trace de lui dans la liste officielle des pharaons égyptiens. Mais en même temps, c'est peut-être la raison pour laquelle son tombeau a été retrouvé intact, puisqu'il n'apparaît nulle part. », exposa-t-il en grattant nonchalamment sa barbe.
_ « Donc, son tombeau n'a pas été volé puisque les pilleurs ignoraient son existence ? », en déduisit Naruto.
_ « Je me demande bien pourquoi tous ces mystères sur sa vie…Quand on pourra enfin scanner sa momie, on saura la cause de sa mort. Ce sera beaucoup plus clair à ce moment-là. Mais vu son statut et l'âge auquel il a quitté ce monde, ce ne sont pas les hypothèses qui me manquent : assassinat, empoisonnement, complot politique. Et … »
Il s'interrompit en voyant entrer un groupe de personnes portant avec eux de grosses valises aluminiums. Son visage se fendit d'un large sourire, Naruto suivit le regard de son professeur et ses yeux s'allumèrent d'une même lueur excitée et impatiente comme son professeur.
C'était en effet les spécialistes chargés d'enlever le premier coffre.
L'alerte générale fut donnée rapidement après les accolades chaleureuses de Jiraya au chef de l'unité. Tout le monde abandonna sa tâche en cours et se regroupa dans un coin de la pièce pour observer l'opération.
Une jeune femme leur distribua des lunettes et des casques de protection, leur intimant de les mettre avant le début de la manipulation. Certains prenaient des vidéos pour constituer des archives, d'autres pour leur simple plaisir. Toute la salle était à présent scotchée au moindre mouvement des spécialistes.
De là où il était, Naruto vit les hommes en blouses blanches s'approcher du sarcophage. Ils prenaient des mesures et branchaient leurs appareils de contrôle. Assister à un tel évènement était quelque chose d'inoubliable. Des émotions diverses traversèrent les yeux du jeune étudiant. De la curiosité, de l'admiration, l'envie, le respect, la fascination, et l'amour qu'il avait pour ce travail particulier. Et il pensa qu'un jour, quand il aurait plus d'expérience, alors il rêverait, lui aussi, d'être là, à leur place, en train de prêter sa force et ses connaissances à un évènement tel que celui là.
Les spécialistes transportèrent le gigantesque sarcophage sur une grande surface dénudée de toute vitrine et mirent en marche leur étrange dispositif.
Le blond regarda, hypnotisé et quelque peu anxieux, les hommes s'agglutiner autour du cercueil avec leur outils impressionnants. Ils préparaient et jetaient des pièces, des morceaux de bois servant de tremplin, le bruit était parfois assourdissant.
Et enfin, lorsque les spécialistes eurent fini toute l'étape de préparation, ils se permirent un sourire victorieux et appelèrent les employés du Musée pour enlever l'imposant couvercle.
On se pressa d'aller leur prêter main forte. Et lentement, lentement, la protection céda, laissant entrevoir la couche du dessous où se trouvait un deuxième sarcophage encore plus beau et mieux conservé que son enveloppe protectrice.
Tout le monde s'approcha d'un pas religieux autour du coffre décapuchonné. On se bousculerait presque pour voir de ses propres yeux le deuxième sarcophage. Sa taille était certes moins importante, mais on remarquait facilement cette reproduction à l'identique des deux masques. Peut-être avaient-ils été faits par un même artiste ? Un même peintre favori de la famille royale ?. Les tests d'identification devraient sûrement pouvoir leur donner des réponses.
Cette deuxième couche était faite en bois plaqué d'or avec des incrustations de pâte de verre. La poitrine du pharaon était couverte des ailes tendues d'Isis et de Nephtys*, et le bas du vêtement impérial décoré de fleurs de lotus.
Les analystes prenaient des photos sous différents angles pendant que d'autres ouvraient le champagne dans un coin pour fêter l'avancement du projet. On riait et félicitait Deidara du succès de cette découverte et dans la mêlée, Naruto remarqua quelques chose de particulier trouvée dans le fond du sarcophage.
Le blond s'approcha et s'en saisit à l'aide des gants. Un bout de cristal pendait à un cordon en cuir usé. Naruto leva lentement le pendentif devant ses yeux. Étonnamment, la pierre possédait cette même nuance bleue profonde que ses iris. Il examina le fond du cercueil une deuxième fois. Rien d'autre ne s'y trouvait à part cet étrange collier.
Pourquoi ce pendentif avait été posé là et non pas avec les autres coffres des chambres funéraires ? Quelle pouvait être l'importance de sa place dans ce sarcophage royal ?
La question titilla la curiosité du blond qui courut vers Jiraya pour demander son avis.
_ « Professeur, regardez ceci. C'est un pendentif non ? », demanda-t-il en lui montrant la pierre bleue.
_« Uhm, oui, c'est bien cela ». Déposant sa coupe de champagne, il sortit la loupe de sa blouse et examina le cristal. « Où l'as-tu trouvé ? », reprit-il en considérant le garçon blond.
_ « Je l'ai ramassé dans le fond du coffre. Dans un coin discret, à côté de la tête du pharaon ».
_« Ça alors …c'est curieux », commenta-t-il. « Ce n'était pas dans les habitudes des anciens égyptiens de faire ce genre de parure. Les accessoires royaux étaient toujours très travaillés et recherchés. Plus le bijou a de la valeur, plus il traduit la richesse et la hiérarchie de son possesseur. Enfin .. tu connais par cœur la chanson hein. Ouais, c'est vraiment étrange cet objet », reprit-il en marmonnant dans sa barbe.
Décidemment, ce tombeau se révélait encore plus problématique et mystérieux que ce qu'il avait pensé…Et le fait de ne pas pouvoir mettre la main sur l'identité de ce fameux roi rendait le vieux professeur légèrement nerveux.
_ « Si en plus, il se trouve dans un sarcophage royal » , réfléchit-il à haute voix, « Alors, c'est qu'il avait une signification particulière pour le pharaon », en conclut sobrement Jiraya en faisant tournoyer la pierre entre ses doigts.
Naruto se dit qu'il n'était pas plus avancé puisque lui-même était parvenu aux mêmes conclusions que son professeur qui avait l'air d'être passablement éméché.
Il soupira, Tsunade avait visiblement communiqué à Jiraya, son ami de toujours, cette addiction pour l'alcool. Et il ne voulut même pas savoir de combien de coupe de champagne Jiraya avait profité depuis tout à l'heure.
Le blond s'en alla et retourna vers sa table où il inscrivit le pendentif sur la colonne des objets trouvés dans le sarcophage.
Tout en traçant ses lettres, il réfléchit à ce point étrange.
Un pendentif, le seul et unique objet à côté du monarque pendant tout ce voyage pour l'éternité. Un pharaon qui régnait sur tout un empire, garderait ce simple collier comme seul ami dans la mort, en dépit de tout ce que lui conférait son pouvoir ?. C'était vraiment très étrange, voire même déroutant. Il devait sûrement y avoir une signification cachée en dessous.
Quelqu'un avait fait exprès de mettre cette pierre là, dans ce coin discret, après la mort du roi. Mais pourquoi cette personne tenait-elle tant à ce que ce pendentif accompagne le mort au royaume d'Osiris ?
Qui était donc cette personne, cette figure inconnue de l'Histoire, celle qui apposerait la dernière pièce du puzzle, celle qui complèterait le récit que cachait ce tombeau splendide.
Était-elle une reine ? Non, sûrement pas. Jiraya avait dit qu'il était indigne d'une personne de haut rang d'offrir quelque chose qui ait si peu de valeur.
La logique se fit lentement dans sa tête, se présentant comme une évidence incontestable : Un roi ne possédait pas ce genre de chose. C'était bien la propriété d'une personne beaucoup moins influente que lui. Néanmoins, ce pharaon devait beaucoup tenir à cette pierre et peut-être encore plus à son possesseur pour oser faire une telle entorse aux règles de la société.
Les battements de son cœur tambourinèrent dans son cerveau. Plus il cherchait à trouver une réponse à ses questions, plus la curiosité le gagnait comme une maladie maligne et redoutable. La patience n'avait jamais été son fort et Naruto mourait d'envie de connaître le visage de ce pharaon.
Sous ce masque de fierté absolue, ce roi était-il quelqu'un de romantique et de tendre, ou bien, demeurait-il un roi parmi tant d'autres, un seigneur sanguinaire à l'épée entachée de sang frais et innocent ?. Et ce détail, et cette pierre, avait-il donc aimé quelqu'un pendant sa courte vie ? Beaucoup de trous noirs subsistaient dans les recherches, et cela rendait fébrile le jeune étudiant.
Tout ce qu'ils pouvaient conclure jusqu'à présent était que ce jeune pharaon n'avait pas eu de reine. Sinon, ils auraient déjà dû trouver un autre sarcophage princier dans cette fascinante galerie.
Naruto espéra réellement qu'avec l'arrivée des archéologues américains dans quelques jours, ils seraient en mesure d'ouvrir la dernière couche où était enfermée la momie. Et qui sait si d'ici là ils n'auraient pas récolté d'autres indices susceptibles d'être révélateur sur la vie du dormeur momifié.
Et avec un peu de chance, l'équipe pourrait reconstituer virtuellement le visage du pharaon avec les restes des os crâniens, exactement comme ils avaient fait pour la momie de Toutankhamon.
Ce collier qu'il tenait entre ses mains marquerait sans doute un grand tournant dans leur découverte puisqu' il laissait concevoir des suppositions sur la vie amoureuse qu'avait eu le pharaon. Une vie amoureuse comme le commun des mortels.
Naruto sourit malicieusement à cette idée. Les historiens s'en donneraient à cœur joie pour décortiquer et inventer la signification qu'occupait ce pendentif dans la vie mouvementée de cet homme princier d'un autre temps.
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Naruto leva les yeux en entendant Kiba l'appeler.
_ « Hey Naru, viens voir, il y une trop belle statuette dans ce carton », cria-t-il au blond en lui indiquant la porte de la salle adjacente.
_ « C'est quoi ? Fais voir ».
Il abandonna ses feuilles et suivit son ami dans l'autre pièce. Le garçon aux tatouages en forme de triangle rouge lui tendit avec soin une petite statuette d'une quinzaine de centimètre.
Naruto la palpa de ses mains gantées, la structure était superbement bien sculptée, et la déesse portait les vêtements du dieu de la mort, à ses pieds était gravé un petit message en ancienne écriture. Sa facture était, à l'évidence, d'une nature supérieure aux restes des objets funéraires des chambres royales.
Naruto examina de plus près la statuette, certes, elle était superbe, cependant la déesse n'avait pas l'air d'une bienfaitrice. Son visage était austère, et les deux cobras taillés sous ses pieds faisaient froid dans le dos.
Le blond emprunta la loupe à son ami et le dirigea par dessus le message gravé. Étudiant les calligraphies, il commença à décortiquer les symboles.
_ « Voyons voir… ça ressemble un peu à un talisman. C'est l'attribut d'Osiris », murmura-t-il en effleurant la couronne de la déesse. « … Et les phrases, attends, ça parle de …. »
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Pendant ce temps…
_ « Professeur, vous pouvez venir deux secondes ? » demanda Sakura à Jiraya en lui faisant signe de la rejoindre devant le sarcophage. « Regardez, reprit-elle, sur cette photo, on voit un morceau de verre qui dépasse, et sur d'autres non. Vous en pensez quoi ? ».
La rosée montra à l'homme aux cheveux blancs les dites photos en entourant du doigt les différences.
_ « Uhm, c'est vrai que l'objet a bougé de place. C'est peut être dû au transport. Voyons voir, si on le voyait ici … », marmotta-t-il en se plaçant dans la même direction que la prise de vue. « Alors cet objet devrait être là », annonça Jiraya tout en revissant les lunettes sur son nez.
En effet, sous les bras en croix du pharaon se trouvait un bijou caché fait de rubis et de pierres précieuses. Et de là où il était, Jiraya reconnut sans difficulté sa forme spéciale.
_ « C'est un scarabée. Le symbole de la renaissance et de la vie éternelle. C'est un des attributs les plus utilisés dans l'Antiquité. Tu as dit qu'il n'était pas fixe ? », Jiraya se retourna vers son élève tout en fourrant ses mains dans la poche de sa blouse pour en ressortir une paire de gants.
Sakura se mit sur le côté et le vieil professeur se pencha vers le sarcophage. Tâtant sous les deux bras croisés du pharaon, il en extirpa doucement le fameux objet.
Mais avant même qu'il ne puisse se relever, un sifflement inquiétant se fit entendre dans la pièce et soudain, un souffle violent se manifesta. Un vent glacial s'infiltra d'une porte à l'autre, amenant avec lui le sable étrange du désert, faisant claquer les volets avec des craquements dangereux. Les feuilles s'enroulèrent en tourbillon et se fracassèrent contre les murs dans un bruit sec. Le déchaînement fit trembler tout le hall sur son passage avant de s'échapper vers la pièce adjacente.
Sous la précipitation et la violence de cette force naturelle, Naruto ferma les yeux et se mit à terre avec Kiba. Il eut alors l'impression que la statuette lui fut arrachée des mains. Sursautant, il mit une main au dessus des yeux et essaya de retrouver l'objet dérobé dans le déchaînement. Mais ses yeux ne virent rien, troublés par ce sable âpre venu de nulle part.
Le vent s'arrêta aussi brusquement qu'il était arrivé au bout de cinq minutes et le calme revint dans le Musée, comme s'il n'avait jamais assisté à ce déluge des cieux. Les feuilles retombèrent lentement sur le sol. Les volets s'ouvrirent et se fermèrent en des jeux de lumière irréels. La salle avait l'air d'être un champ de bataille après l'arrivée de la tempête.
Le personnel sortit du dessous des meubles, encore hagard par l'instant qu'il venait de vivre.
_ « La statuette ! », s'écria le blond en se précipitant vers ce qui restait de la figurine.
Malheureusement, elle s'était fracassée au sol en une cinquantaine de morceaux difformes sous l'impact. Les débris gisaient par terre dans un désastre irréparable.
Les personnes présentes lâchèrent des gémissements soulagés.
_ « C'était quoi ce vent ? Vous avez fermé les fenêtres tout à l'heure ? » s'écria Jiraya qui aidait Sakura à se relever.
_ « Le vent, c'était .. c'était le même que celui du tombeau », hurla un employé en portant ses mains à ses tempes. « C'était le même, c'était le même, nous sommes maudits! La malédiction s'abattra sur nous! Je n'aurai jamais dû accepter de travailler avec vous! Vous êtes maudits! », cria l'homme en répétant ses paroles avec démence.
_ « Faites-le sortir ». Deidara fit signe à deux hommes d'évacuer l'hystérique. « Et vous là bas, au lieu de rester plantés là, ramassez les feuilles par terre ! », apostropha-t-il deux agents qui demeuraient sur place à suivre des yeux l'homme criant.
Le blond fit le tour de la salle et alla dans l'autre pièce avec Jiraya pour évaluer les dégâts du phénomène inexpliqué. Ils se précipitèrent vers Naruto et son ami en les voyant avec des fragments de verres dans les mains.
_ « Oh merde», lâcha Deidara en s'accroupissant près de son jeune frère.
« Vous n'avez rien au moins ? », s'inquiéta le jeune homme devant l'air coupable et choqué des deux étudiants.
_ « J'ai lâché la statuette. Et elle est en milles morceaux maintenant. Je suis désolé », s'excusa Naruto d'une voix peinée. Deidara garda le silence et ébouriffa les cheveux de son frère dans un geste réconfortant.
_ « Ce n'est pas ta faute, Naruto. Moi-même, j'ai chancelé pendant le courant d'air », intervint Jiraya. Mais c'était quand même bizarre cette bourrasque! »
Ainsi… ils n'avaient pas eu le temps d'identifier le mot qui était gravé sur la figurine. La déesse était brisée, emportant avec elle une part du mystère. Mais ce qui était peut-être encore plus perturbant était le fait qu'ils ne se soient pas rendus compte que cette statuette, si petite et si menue soit-elle, s'avérait être un talisman élaboré par les prêtres de l'Ancienne époque. Ceux-là même qui étaient chargés de préserver l'équilibre fragile entre le monde des vivants et celui des morts, en offrant à ces âmes errantes le repos éternel et paisible. Mais hélas, l'objet sacré était cassé, entraînant avec lui le retour du cauchemar.
Et ce soir là fut la renaissance inévitable de la fureur antique. Le soleil se cacha derrière la colline à vive allure, le ciel du Caire s'assombrit à vue d'œil, comme s'il assistait, impuissant, à l'arrivée imminente de cette force redoutable….
_S.U_N.U_
Cette nuit là, à la Vallée des Rois.
Deux hommes égyptiens en uniforme surveillaient l'entrée du tombeau. Depuis cinq heures qu'ils étaient ici, rien d'anormal n'avait été signalé. Tout était calme et silencieux. Une tente avait été montée non loin de là, avec deux autres gardiens, ils se relayaient pour garder le tombeau des regards curieux pendant la nuit. À la moindre trace suspecte, ils avaient pour ordre de contacter illico le commissariat du Caire.
Un des deux gardiens au nom de Nechi balaya une dernière fois le périmètre de sécurité avec sa torche avant de sortir une cigarette de sa poche. Au moment où il alluma le feu, celui-ci fut éteint aussitôt par un vent glacial. Maugréant dans sa barbe, il fit signe à son compagnon.
_ « Le vent souffle vachement fort ce soir. Je n'arrive même pas à allumer une clope ! », s'exclama-t-il en grattant frénétiquement son briquet.
_ « Ouais, il ne fait pas si froid d'habitude », approuva Bonner, l'autre homme en uniforme.
_ « Uhm, t'en veux une ? », proposa Nechi en lui tendant une autre cigarette.
Dans le silence de la nuit, la lumière vacillante des torches projeta la fumée de la cigarette en des ombres inquiétantes sur les murs de pierre impassibles.
_« J'aurai dû arrêter ce travail. Il y a bien d'autres boulots beaucoup plus rassurants que la surveillance des tombes. Cet endroit et ce vent me donnent la chair de poule. », maugréa Bonner dans sa barbe.
_ « Eh!, tu crois aux fantômes ? ». Nechi ricana en gratifiant son coéquipier d'un sourire férocement narquois.
Bonner partit d'un rire gras devant la bêtise de son ami quand tout d'un coup, ils se retournèrent de concert vers l'entrée du tombeau.
_ « T'entends ça ? », interrogea Nechi, suspicieux.
_ « Mouais! Ça provient de la tombe. Merde! Ces pilleurs, ils ne nous laissent pas la vie tranquille ! », grogna-t-il, resserrant les doigts sur sa matraque électrique.
_« Allons voir ce qui s'y passe! »
Sur le chemin, Nechi signala à ses deux autres équipiers qu'ils allaient descendre au tombeau pour une inspection. Le réseau ne fonctionnant pas au sous sol, ils devraient par conséquent redoubler de vigilance en se dirigeant vers le fond de la vallée.
Ils réglèrent leur torche à la puissance maximale et s'avancèrent à pas prudent vers la sépulture, le regard alerte. Mais…les murs étaient toujours silencieux, les grincements toujours aussi sinistres. Rien ne semblait avoir changé depuis leur dernière venue
Les deux acolytes débouchèrent dans la galerie, matraque à la main, mais rien, tout était parfaitement normal. L'atmosphère sinistre et silencieuse typique des tombeaux était toujours là, imperturbable. Sans le sarcophage et ses coffres remplis de trésor, les fresques funéraires paraissaient encore plus inquiétantes qu'avant.
Les deux hommes se regardèrent sans comprendre, ils avaient très bien entendu ce bruit discret provenant du souterrain, pourtant, il n'y avait pas d'autres présences humaines et aucune autre sortie n'était possible pour fuir sans avoir à les croiser.
Soudain, Bonner poussa un cri étonné. Il pointa d'un doigt tremblant le mur au fond de la salle. Là bas, le panneau qui représentait le royaume des morts grinçait et coulissait lentement vers le plafond, donnant accès à un énorme renfoncement dans le mur, à l'endroit où il était nu de tout motif et inscription. Sous leurs yeux exorbités, le noir se dissipa peu à peu, leur offrant la vue d'un autre coffre.
_ « Oh seigneur! Un deuxième sarcophage! », sursauta un des deux gardiens.
_ « C'est le sarcophage d'un homme! ».
Le corps des deux hommes fut parcouru de spasmes devant cette situation si particulière. Ils ne rêvaient pas d'une vie aventurière et bossaient pour gagner leur croûte, leur routine terre à terre les satisfaisaient humblement, alors pourquoi dieu les soumettrait-il à une telle épreuve ?
Mais malheureusement, leur prière n'atteignit pas les cieux car les cris redoublèrent de volume lorsqu'ils virent avec effroi le couvercle du sarcophage bouger.
Sous leurs yeux déments, l'impossible se réalisa. Le couvercle s'ouvrit lentement, laissant apercevoir une fente obscure le long du sarcophage.
Il grinça et se décala sur le côté, et lentement …un doigt bandé se posa sur le bord du coffre. D'autres doigt rejoignirent leur homologue sur le contour, suivis d'une paume, un poignet, et bientôt, un avant-bras entièrement couvert de bandelettes funéraires prit appui sur le coffre.
Le visage des deux hommes se crispa de peur et ils glissèrent à genoux devant le spectacle lugubre. Leurs mots n'étaient que gémissement et balbutiement inaudibles et indistincts.
_ « La momie, la momie, elle bouge », gémit lamentablement Bonner.
Une tête surgit du sarcophage et son corps se redressa en position assise. Le mouvement raide qu'eut la momie semblait durer des heures aux yeux apeurés de ses deux spectateurs. Et aussi effroyable que cela puisse être, les yeux du corps momifié s'ouvrirent petit à petit, laissant entrevoir une paire de prunelles rouges sang.
Des bandelettes jaunies entouraient tout le corps de la momie ressuscitée. Aucune partie de ses membres n'était visible sous la lumière tremblante des torches. Celle-ci, lorsqu'elle tomba des mains de Bonner dans un bruit mat, rendit l'atmosphère encore plus pénible et suffocante.
Et lentement, le dormeur du sarcophage tourna la tête vers les deux pauvres gardiens morts de peur et son regard se fit sévère.
Jamais de la vie ces deux hommes n'auraient cru vivre un tel cauchemar. Leurs genoux flanchaient, et leurs corps ne leur obéissaient plus. Ils avaient beaux ordonner à leur membres de bouger, de fuir cet endroit maudit, d'abandonner à jamais ce job dangereux mais ils ne purent se sauver, apeurés comme des animaux de sacrifice devant cette force mystérieusement épouvantable.
Lentement, la momie quitta son sarcophage et vint à pas feutré devant les hommes figés de peur.
_ « Que.. Qui .. Qui êtes-vous ? ». Bonner articula péniblement sa phrase.
L'homme mort les contempla avec froideur et insensibilité. Et de cette voix rauque qui avait arrêté de parler depuis plus de trois milles ans, il prononça enfin les douloureux mots qui sonnaient comme une rude sentence.
_ « Je suis le prince Itachi »
Les yeux des gardiens sortirent de leurs orbites, dans quel merdier s'étaient-ils faits embarqués.
Le dénommé Itachi promena son regard rouge sang autour de la pièce. Apercevant la cuve où était censé se trouver le sarcophage du pharaon, il étrécit les yeux et tourna la tête d'un coup sec vers les deux hommes qui rampaient au sol.
_ « Où avez-vous emporté le sarcophage de mon frère ? », rugit-il d'une voix dangereuse.
Son regard s'était enflammé, devenu cruel et mortellement furieux.
Les deux gardiens n'en attendirent plus pour courir. Dévalant les escaliers provisoires du vestibule, ils se sauvèrent à grandes enjambées tremblantes dans le long corridor de la mort.
Ils hurlèrent et n'osèrent regarder derrière eux. Tendant leurs torches pour éclairer les escaliers, ils montèrent quatre à quatre les marches du tombeau.
Subitement, Nechi capta un mouvement étrange à sa gauche. Seul le bruit de ses pas résonnait dans le calme mortuaire comme s'il était le seul à courir. Sursautant, il tourna vivement la tête et vit son coéquipier Bonner tomber et dégringoler plusieurs marches plus bas. Avec effroi, il braqua brusquement la torche sur ses pieds. Ceux-ci étaient enroulés dans des bandelettes mortuaires, celles qui avaient un aspect jauni, celles qui semblaient être identiques à celles sur le corps de la momie.
Il réalisa, épouvanté, que cette momie furieuse sortant tout droit de sa tombe voulait leur mort. Et ce, en les momifiant dans ses propres bandelettes mortelles.
Itachi s'avança impitoyablement vers ses proies empêtrées dans sa toile de tissu. Levant sa large paume bandée sur leur visage, il prononça la sentence.
_ « Vous allez payer pour avoir mis les pieds dans cet endroit sacré », dit-il, le regard froid et dénué de toute expression.
_ « Par pitié, je ne veux pas mourir ! », gémit Bonner, la tête se balançant frénétiquement de droite à gauche.
_ « Au secours! À l'aide! »
Mais les hurlements et lamentations des deux gardiens n'atteignirent pas le cœur implacable du prince égyptien dont l'ombre se profana dangereusement au dessus de leur tête, englobant la galerie dans un noir macabre.
Et un cri douloureux et inhumain déchira le silence de la nuit, faisant sursauter les animaux du désert. Avant qu'un calme paisible ne revienne envelopper la vallée des Rois.
Itachi enjamba les deux corps inertes et progressa sur la mare de sang vers la sortie du tombeau.
Lentement, il leva les bras et les croisa sur sa poitrine dans un geste de prière. Les bandelettes se détachèrent de son corps et s'envolèrent dans les airs.
Sous la pâleur de la lune, un pied nu surgit entre les plis de tissus abandonnés. Plus la momie montait, plus son corps prenait de la consistance, la chair revenant entourer ses os redevenus blanchâtres.
_ « Où est tu, Sasuke ?. Amset*, toi, dieu tout puissant qui veille sur nous pendant notre sommeil, rends-moi le corps de mon petit frère. »
Dans la noirceur abyssale de cette nuit sans nuage, un éclair aveuglant frappa la vallée des rois, provoquant des grondements déchaînés dans les murs silencieux.
Et aussi incroyable que cela puisse paraître, un étrange miracle eut lieu. Un homme magnifiquement paré dans un costume princier apparût à l'entrée du tombeau. Des morceaux de bandelettes jaunies gisaient en désordre sous ses pieds. Leur propriétaire, cette momie, cette effrayante créature s'était réveillée en ce jeune prince séduisant et noble qu'il était il y avait trois milles ans.
Itachi sortit lentement du portail de pierre, la tête haute et le regard déterminé. Ses cheveux étaient couronnés d'un diadème circulaire surmonté d'un vautour et d'un cobra royal ( uræus*). Une boucle somptueusement travaillée pendait à son oreille, et à son cou, une magnifique parure de l'œil d'Horus complétait sa toilette. Le prince égyptien portait des bracelets autour de ses poignets comme sur ses chevilles, une cape blanche recouvrait une de ses épaules avant de s'ancrer dans sa ceinture d'or. Il était redevenu superbe, une altesse dans toute sa splendeur princière.
Le prince ressuscité promena un regard nostalgique et triste autour du désert. La dernière fois qu'il était venu ici avec son petit frère Sasuke, c'était pour embrasser pour une dernière fois leur père avant que les murs ne se referment sur le cortège funéraire, emportant avec lui le groupe d'esclaves désignés pour l'escorter dans son voyage éternel. Tout avait changé depuis trois milles ans, la pierre, le rocher, ce chemin sinueux qui menait hors de la vallée, seul ce sable doux et brûlant restait le même comme vestige de cette époque glorieuse dont il était si fier. Levant sa main devant ses yeux, il murmura, une larme de sang débordant de son œil droit.
_ « Sasuke, petit frère, le jour de notre résurrection est arrivée. »
_S.U_N.U_
Naruto s'attelait devant son plan de travail, la lampe de bureau diffusant sa lumière sur les morceaux cassés de l'ancienne statuette.
Comme il était le fils du commanditaire des fouilles, les autres s'étaient gardés de le critiquer, même si certains ne s'étaient pas gênés pour placer quelques mots ironiques et jaloux derrière son dos. Mais ce n'était pas ces paroles qui le blessaient, c'était justement le fait qu'il ait cassé un objet si beau et si porteur de valeurs. Ce sentiment de culpabilité lui étreignait le cœur et devant son insistance, Jiraya et son frère avaient cédé pour le laisser rapporter la statuette à la maison afin de reconstituer la figure d'origine.
Et maintenant, à minuit passé, il demeurait toujours devant les fragments, à chercher une forme compatible entre les différents morceaux. Manipulant chaque pièce avec des gants et des pinces, il compara le bout de pierre avec la photographie de la statuette.
L'événement avait réussi à saper son humeur pour la journée, rien que de voir ces pierres en milles morceaux le démoralisait terriblement. Pourtant, Naruto aurait juré avoir serré très fort la statuette entre ses mains.
Mais tout ce qu'il pourrait jurer était vain puisque le fait était là : la figurine se trouvait à présent en une cinquantaine de morceau. Il n'avait pas eu le temps de comprendre le message qui y était inscrit, avec en prime, le désagréable sentiment d'avoir entravé les travaux de l'équipe.
Poussant un soupire las, il s'affala sur le dossier de la chaise et fit craquer ses doigts. Sa tête se calma peu à peu et irrésistiblement, ses pensées s'orientèrent vers ce pharaon à l'identité inconnue. Perdu dans ses remords, le blondinet avait oublié de demander à son professeur si d'autres informations sur le roi lui étaient parvenues.
Jiraya avait dit que le pharaon était mort jeune. Vers ses vingt-trois ans. Que deux ou trois années de plus de lui, pourtant ce fossé qui existait entre eux était tellement incroyable.
Naruto était né dans une époque moderne, l'ère de la nouvelle technologie, et il avait eu de la chance d'avoir une famille extraordinaire. Des parents aimants et des frères formidables.
Alors que lui, il était né pour être roi, pour porter le fardeau de tout un peuple sur ses épaules. Et jusqu'à sa mort, qu'avait-il connu si ce n'était que l'hypocrisie monstrueuse et la cruauté impitoyable d'un monde de pouvoir ?. Pouvait-il dormir tranquillement sur ses oreillers ? Ou serrait-il continuellement une lame mortelle sous ses draps pendant ses rêves nocturnes ?
Non, il avait connu le bonheur, le blond en était persuadé, et ce bonheur se traduisait à travers la présence de cette pierre bleue cobalt dans son cercueil.
Oui, c'était bien cela. Au moins, ce pharaon avait eu la chance de vivre comme tout le monde, d'aimer et être aimé en retour, même si ce n'était qu'un bref moment d'oubli.
Esquissant un sourire rêveur, Naruto banda ses muscles et se pencha de nouveau sur son bureau. Attrapant la loupe, il inspira profondément et réexamina les angles et les courbures des fragments de pierre.
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Le lendemain matin, Deidara le trouva endormi sur son bureau, sa loupe toujours au creux de sa paume. Le dormeur avait seulement réussi à regrouper une dizaine de morceaux, le reste de la statuette gisait toujours sur le plan de travail dans un désordre illogique. Deidara regarda son petit frère et poussa un soupir résigné.
Il avait donné lui-même l'accord pour que Naruto ramène les morceaux brisés à la maison. Le jeune entrepreneur savait pertinemment que le travail serait fastidieux, mais connaissant le tempérament obstiné de son frère, ce dernier se sentirait trop coupable s'il l'avait persuadé du contraire. Et puis, comment refuser quelque chose à ce mini soleil. Le blond à la couette tout comme le reste de la famille était toujours désarmé devant son beau sourire lumineux.
Deidara vint secouer doucement les épaules de Naruto, les yeux faisant un rapide bilan des efforts de son jeune frère. Celui ci bougea les paupières en s'étirant pendant que l'autre allait ouvrir les volets.
Ouvrant les yeux, Naruto regarda immédiatement le résultat de son travail et sa mine se rembrunit. Derrière, son frère vint pincer ses joues, la main ébouriffant les mèches rebelles de son crâne.
_ « Oublie, Naru. C'est regrettable ce qu'il s'est passé, mais tant pis alors. Ne pense plus à ce coup de poisse », il pinça les deux joues du blond. « Allez, souris moi soleil ! Tiens, j'ai papa en ligne sur facetimes. Tu veux que je te mette en conversation avec lui ?»
_ « Papa ? », à ces mots, le regard bleu s'agrandit de surprise. « Poopaaa! », s'écria joyeusement Naru devant l'écran.
_ « Whouah! Ça c'est de la joie!» , répondit l'image de Minato sur l'écran de la tablette. Son visage se fendit d'un large sourire en voyant la bouille adorable de son fils. « Tout va bien là bas mon bébé ? »
Le dit « bébé » eut une brève pensée pour la statuette, avant de sourire de nouveau à son père.
_ « Ouii, c'est trop cool. Toi et maman, vous me manquez trop. »
_ « Rappelle-toi de ce que tu viens de dire quand tu nous verras demain ! » , lança Minato à son fils avec un clin d'œil complice.
_ « Demain je… quoi ? Tu reviens demain ? Maman aussi ? Et Kyo? »
_ « Doucement Naru, je ne comprends rien quand tu parles comme ça ! », sourit-il en voyant la moue vexée de son fils. Ta mère ne viendra pas, elle a encore trois ou quatre dates avec son association. Je prends l'avion demain avec Kyosuke. On aura peut-être du retard, alors, ce n'est pas la peine que tu passes à l'aéroport, on rentrera directement à la maison. », assura le père.
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Naruto raccrocha, le cœur plus léger. Il fallait absolument que son père voit de ses propres yeux le résultat de ses investissements. Il en serait sûrement très heureux. Et dommage que sa mère ne puisse pas venir, sinon, ils auraient pu faire une petite fête sympa en famille.
Ses yeux se convertirent vers son bureau. « La statuette! », s'écria mentalement le blond. Il s'y précipita et mit le tout dans une boite à part, triant les morceaux inachevés et la partie reconstituée.
« Papa ne m'engueulera pas, mais je préfère qu'il ne la voie pas. Sinon, je peux dire adieu à l'Égypte », se dit-il en fourrant le tout dans un tiroir de la commode.
Le dernier des Namikaze descendit à pas de loup les escaliers et sortit silencieusement de la demeure, rasant les murs pour échapper à Iruka, leur gentil mais redoutable gouvernant qui n'aimerait pas entendre parler de sortie avant que le blond ait avalé « son repas équilibré et riche en éléments nutritifs », comme il aimait le lui répéter.
Dépassant le seuil de la maison, Naruto longea tranquilement la rue lorsqu'il l'aperçut.
S'appuyant contre un mur avec son chien noir à ses pieds, un homme avait l'air d'être mal en point. Une étoffe bleue nuit le recouvrait de la tête au pied. L'homme chancela, et l'étudiant, bon cœur qu'il était, se précipita vers l'inconnu pour lui porter secours.
Le blond posa une main amicale sur son bras et l'aida à se relever. Lorsque le voile qui masquait son visage tomba sur ses épaules, Naruto écarquilla les yeux de surprise tellement il eut le souffle coupé. La personne qui s'enveloppait dans ces plis de vêtements était magnifique. Il avait une longue et brillante chevelure brune attachée dans son dos par un cordon doré. Ses yeux ressemblaient à des puits profonds, et malgré quelques petites rides qui commençaient à envahir ses tempes, il restait un bel homme. Tout en lui transpirait la grâce et une noblesse inouïe.
Se giflant mentalement d'avoir dévisagé un inconnu de la sorte, et qui était un homme de surcroît, Naruto bredouilla au brun tout en l'aidant à se tenir debout.
_ « Vous allez bien ? Vous avez l'air pâle. », remarqua poliment le blond.
L'homme voilé le fixa de son regard impénétrable.
_ « Je vous remercie, c'est juste de la fatigue, il y a longtemps que je suis plus habitué au soleil », répondit-il mystérieusement.
Naruto haussa les sourcils devant les paroles étranges de l'homme.
_ « Vous êtes froid comme un morceau de glace », s'exclama le jeune garçon lorsque sa main toucha malencontreusement celle de l'inconnu. « Si ça vous dit, venez avec moi. Regardez, ma maison est juste au bout de la rue, vous pourrez vous reposer tranquillement là bas, à l'ombre. »
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Naruto rentra en trompe chez lui et chercha Iruka, lui demandant de l'aider à faire un thé vert. Il lui raconta sa rencontre avec l'inconnu et retourna promptement voir son invité.
Pendant que le jeune brun à l'allure distinguée s'asseyait sur le canapé, le gouvernant arrêta Naruto sur le chemin et le réprimanda :
_ « Mais Naruto, tu ne le connais pas, tu es sûr qu'il n'est pas dangereux ? », s'inquiéta l'homme à la cicatrice.
_« Mais non, Iruka, regarde-le, il n'a pas l'air d'un voyou, t'es d'accord avec moi ? »
_ « Oui… c'est vrai qu'il n'en a pas l'air » , concéda-t-il en inspectant le brun du regard. « Mais ta mère m'a demandé de te garder à l'œil, et lui, c'est un inconnu, et …»
_ « Iruka, ne sois pas trop parano. Viens avec moi si tu veux, on va lui demander s'il a besoin de quelques chose », sourit le blond en tirant sur la main de son parrain.
Ils revinrent s'asseoir devant le jeune homme. Ce dernier les regarda arriver, d'un geste tranquille, il intima à son chien de rester couché.
_ « Merci pour votre aide. Je m'appelle Itachi, et voici mon chien Anabisu … Je suis à la recherche de mon frère. »
_ « Tu cherches ton frère ?» , s'enquit le blond avec curiosité. Mais le Caire est très grand, si tu n'as pas le moindre indice, tu vas vraiment galérer! ».
Itachi garda le silence. Peu importe les moyens, il retrouverait coûte que coûte le corps de Sasuke, et ça, il en avait fait le serment.
Un calme gênant envahit la pièce. Son invité avait serré la main imperceptiblement lorsqu'il avait parlé de son frère, et ses yeux s'étaient animés d'une lueur farouche. Naruto mordit sa lèvre inférieure, il savait que son parrain contesterait sa décision. Aider les autres était ce que son père lui avait appris. Et si sa situation le lui permettait, alors pourquoi ne pas le faire ?
_ « Écoute…si ça te dit, tu peux rester ici. Il y a encore de la place. Tu ne dérangeras personne, et je t'aiderai à retrouver ton frère ». Naruto sourit sincèrement à l'homme.
Iruka réprima discrètement un soupir, cet enfant ressemblait point par point à son père. Ouvert et généreux, il tendait toujours sa main à son prochain. Mais cette foi qu'il avait envers autrui pourrait le blesser un de ces jours, alors, il ne restait plus à Iruka qu'à prier pour que ça ne se retourne pas contre celui qu'il considérait comme son propre enfant.
Le gouvernant ne voyait pas comment s'interposer dans cette histoire, d'autant plus que ce jeune homme inconnu avait l'air d'être de bonne famille.
Iruka se leva et partit préparer la chambre d'ami pour Itachi. Sur le chemin, il croisa Deidara qui revenait en courant vers sa direction.
_ « Dei, nous avons un membre de plus dans la maison. »
_ « Que … bon, nous discuterons de cela plus tard, tu sais où est Naru ? Faut que je lui parle », haleta-il.
_ « Il est au salon avec …. », répondit-il. Le blond fonçait déjà dans le couloir. « … Itachi. », acheva-t-il en poussant un soupir.
Les hommes de cette famille étaient vraiment des cas particuliers.
_S.U_N.U_
Deidara entra en trompe dans la salle, et repérant la touffe de cheveux blonds, il courut vers son frère.
_ « Naru, c'est une catastrophe, hier soir, le sarcophage avait été volé ! », annonça-t-il, la mine dépitée.
_ « Quoi ? Comment est-ce possible ? Pourtant … », s'écria Naruto, le regard ahuri.
_ « Pouvez-vous répéter ce que vous venez de dire ? », coupa Itachi en se levant promptement.
Les deux frères se retournèrent vers le brun. Ce dernier avait lâché sa tasse de thé au sol, son visage était décomposé et plus pâle que jamais. À ses pieds, le chien rugit silencieusement, révélant ses crocs pointus.
_ « Vous êtes … ? Bon, c'est sans importance pour le moment. Je disais donc que le sarcophage du pharaon a été volé ». Se retournant vers Naruto, il lui prit le bras. « Vas te chausser, on file au Musée. »
_ « Je viens avec vous », décréta Itachi, le regard dur et imperturbable.
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_ « Professeur ! »
_ « Deidara, Naruto ! », Jiraya vint vers les deux frères. « Pardonnez moi, c'est de ma faute. J'aurai dû poster plus de gardes au Musée. La police est venue mais elle n'a pas trouvé de trace des voleurs. Et les vidéos de caméras de surveillance ont toutes disparu », répondit sombrement le professeur, le regard furieux.
Les lèvres pincées, Deidara regarda le coffre vide du premier sarcophage et se passa sa main sur son visage. Un obstacle de plus dans le projet. Comme s'ils n'en avaient pas assez à faire avec tous ces phénomènes étranges autour d'eux, il fallait que les pilleurs rajoutent une couche de plus à leur problème en dérobant l'élément clé des fouilles. Cela porterait un coup à l'avancement des recherches, mais avant tout, il faudrait qu'ils recensent les pertes matérielles et contactent les autorités égyptiennes avant toute démarche.
Les autres étudiants avaient rejoint le Musée lorsque leur professeur avait hurlé au téléphone en apprenant la nouvelle.
Kiba et Sakura s'approchèrent de Naruto, et ce dernier leva les yeux vers la salle. La grande table de pierre où était déposé le sarcophage était à présent inoccupé. Le reste des objets restant gisait par terre dans un chaos indescriptible. Les voleurs avaient dédaignaient le premier sarcophage, leur objectif n'était rien d'autre que cette momie et son mystérieux secret.
Sur les plans de travail renversés, certains objets étaient cassés, d'autres non. Un éclat attira le regard de Naruto, il s'en approcha et le vit. La pierre bleue gisait sur le sol, entre plusieurs liasses de feuilles.
S'agenouillant, il prit le collier entre ses mains. On avait marché sur le cordon, le lien était plus sale qu'il ne l'était la veille au soir. Refermant sa paume sur le collier, il murmura :
_ « C'est horrible ce qu'ils ont fait. Papa a investi beaucoup d'effort dans ce projet, et maintenant … »
Itachi se figea.
« Alors, c'était ton père ? ».
Il serra fortement sa main à s'en faire blanchir les ongles. Ses yeux couleur de nuit se firent glacials, la colère, cette fureur froide et impériale traversa ses prunelles d'encre.
Mais hélas, personne ne s'était retourné à ce moment là pour se rendre compte de cette lueur vengeresse qui animait ses traits.
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_ « Oh merde ! », s'exclama Deidara, faisant se retourner tout le monde dans la salle.
_ « Q…
_ « Le tombeau, la vallée des rois ! Il reste encore des objets là bas ! Pourquoi n'y ai-je pas pensé ? », se gifla mentalement le jeune entrepreneur.
_ « Dépêchons nous alors de nous y rendre ! Il y a de fortes chances que les pileurs y soient encore », intervint Jiraya, le regard farouche.
_« Allons y, je vais appeler la police sur le chemin. »
Le groupe se dispersa rapidement. Dévalant les escaliers, ils ne remarquèrent point le sourire froid et insondable de l'homme aux cheveux bruns.
« Uzumaki, c'est le moment pour toi et ta famille de payer pour vos crimes. ».
_S.U_N.U_
Ils se rendirent à la vallée des rois sur le champ, mais malgré la vitesse non autorisée qui s'affichait sur le tableau de bord de la voiture, le chemin leur paraissait beaucoup plus long et interminable que d'habitude.
Sur place, les deux agents les accueillirent d'un air grave. Et pour cause, leur coéquipiers n'étaient toujours pas revenus quand Deidara les avait appelés. Leurs appareils étaient injoignables, rendant encore plus anxieux les personnes présentes.
Nerveux, le jeune directeur à la couette décida qu'ils descendraient ensemble à la sépulture. Naruto et ses amis suivraient le groupe à l'arrière, puisqu'il était hors de question qu'ils restent devant l'entrée, les pilleurs étant susceptibles d'être encore présents dans la vallée.
Deidara, le professeur, et quelques autres agents ouvrirent la marche.
Le cadre était toujours aussi lugubre que la dernière fois qu'ils avaient quitté la vallée. Naruto marcha devant ses deux amis, le cœur battant à vive allure. Cet endroit lui filait vraiment la chair de poule. Et vu les mains agrippées à son tee-shirt, visiblement il n'était pas le seul à être impressionné par ce lieu sacré.
Soudain, Kiba trébucha sur quelque chose et rentra dans Naruto qui manqua de dévaler les marches. Ils glissèrent sur le sol avant de retomber sur les fesses sur une surface plane entre deux escaliers discontinus.
Naruto grimaça en massant ses flancs lorsque sa main libre entra en contact avec quelque chose de poisseux. Il tâta le sol à la recherche de la lampe torche et l'orienta sur sa main trempée, sursautant violemment en voyant que le liquide était rouge sang et qu'il provenait de la tête d'un corps sans vie à quelques pas d'eux. Sakura porta la main à sa bouche, horrifiée, et Kiba agrippa de nouveau son tee shirt. Naruto se remit hâtivement debout et dirigea de nouveau la torche sur le corps inerte. La gorge sèche, ils réalisèrent avec horreur que le cadavre au sol portait un uniforme identique à celui des deux gardiens qui les avaient accueillis à l'entrée du tombeau. Poussant un cri, les jeunes étudiants se mirent à fuir à toutes jambes comme des affolés, hurlant à la recherche des hommes perdus dans la profondeur de la terre.
Naruto courut comme il put dans le noir aveuglant, poussé derrière par Sakura et Kiba qui étaient dans un même état d'hystérie que lui. Quand tout d'un coup, il eut l'impression de tomber encore une fois. Se ramassant par terre, il hurla dans le silence mortel de la grotte :
_ « Kiba! Sakura ! Vous êtes où ? Dei ! ». Sa voix tremblait plus qu'il ne l'aurait voulu.
Mais personne ne lui répondit. Seul le calme imperturbable et mystérieux le renvoya dans les ténèbres. Tout autour de lui était noir et flou, comme s'il était coupé du reste du monde par ces fentes de mur.
Avalant péniblement sa salive, Naruto avança à tâtons et s'aperçut que le sol était plat, contrairement à ses souvenirs des marches insolites du corridor. Il ne ressemblait pas aux endroits sur lesquels il avait marché dans le tombeau. Plus il avançait, plus son cerveau lui envoyait des frissons incontrôlables.
_ « Où suis-je ? Pourquoi tout est si calme ici ?. Et où sont les autres ? ».
« Naruto, Naruto, tu es fort, tu es un grand garçon, n'aie pas peur », se répéta-t-il en se forçant à continuer. Ses doigts s'agitaient d'une manière incontrôlable lorsqu'il trouva enfin un mur.
Un mur ? Il eut une impression de déjà vu. Oui, c'était sans aucun doute le mur du vestibule sur lequel ils étaient tombés la première fois le jour de la découverte de la sépulture. Il laissa échapper un soupir soulagé, il n'aurait qu'à rebrousser chemin pour sortir du tombeau. Oui, c'était bien cela, et le chemin était par …
L'étudiant se figea alors que ses yeux bleus s'agrandirent de frayeur. Ce n'était pas le mur du vestibule, c'en était un autre de totalement inconnu. Malgré le noir sans fond qui l'entourait, devant ses yeux, étrangement, le mur était en train de devenir de plus en plus clair et distincts, et des traits à l'encre sombre noircirent peu à peu toute la hauteur de la clôture.
C'étaient des dessins des serviteurs et des prêtres de l'Ancienne Égypte. Ceux qui étaient voués au culte des dieux, portant avec eux les quatre vases canopes*.
Ces figures androgynes étaient drapées des toges blanches des temples avec une croix d'Horus sur leur poitrine. Alignées sur une ligne imaginaire, elles portaient leurs regards inanimés vers le dieu des morts.
Tout d'un coup, Naruto cria. Il ne pouvait pas en croire ses yeux. Une paire d'yeux parmi d'autres sur la fresque s'était dirigé vers lui, suivies par leurs homologues.
Comme un animal apeuré, le blond se glissa à terre, le corps parcouru de spasmes violents. Ces prêtres le regardaient, non, il ne délirait pas, ces hommes le regardaient et le gratifiaient de leurs sourires effroyablement figés.
Naruto sut qu'il n'avait pas fait non plus d'hallucination au moment où la tête dodelinant de l'une de ces images murales se pencha sur lui, le visage machiavélique.
L'étudiant ne regarda plus rien. Se redressant aussi vite qu'il le put, il courut et s'enfonça dans le dédale ténébreux, fuyant comme un dératé ces figures blafardes.
Mais il ne vit point de sortie. Plus il courait, plus il voyait les choses devenir de plus en plus nettes. Des peintures pariétales au même sourire cruel l'entouraient de tout côté, s'amusant et se gondolant devant sa terreur.
Horrifié, il se vit encerclé en l'espace d'un instant par une dizaine d'homme à l'encre noire qui s'étaient détachés de leur mur de silence.
Ils ne parlaient pas, leurs corps étaient tout aussi vides et transparents que leurs sourires, mais ces yeux, ils étaient tous sauf irréels et illusoires.
Acculé contre le mur, Naruto se glissa petit à petit à terre, vacillant.
« Seigneur, dis-moi que ce n'est juste qu'un mauvais rêve. », gémit-il comme un animal apeuré.
Son hurlement déchirant lui prouva malheureusement le contraire. Une ombre s'était saisie de son poignet, son visage hideux et transparent n'était qu'à quelques centimètres de celui du blond. Une autre ombre attrapa son autre poignet. Naruto tenta violement de se défaire de la prise des fantômes mortuaires, le visage crispé par l'angoisse.
_ « Lâchez-moi ! Lâchez-moi! », hurla-t-il à plein poumon en donnant des coups de pieds sauvages à ses « agresseurs ». En vain. Ses pieds retombaient à chaque fois dans le vide.
Les serviteurs aux regards inexpressifs d'un autre temps continuèrent de s'assembler autour de lui.
Comme dans un cauchemar, Naruto les vit le soulever de terre et s'avancer dans le noir.
_ « Où m'emmenez vous ? Dei! Dei! Kiba! Au secours! »
_S.U_N.U_
Perdu et terrorisé comme un animal dans sa cage, Naruto tremblait de tout son corps devant le silence troublant qui régnait au dessus de sa tête.
Puis, petit à petit, il entendit le bruit assourdi de l'eau qui se fracassait contre les pierres. Tout doucement, comme dans un état second, la lumière vint peu à peu éblouir ses yeux fiévreux.
Et il eut l'étrange impression d'être jeté dans un autre monde à la fois si effrayant et lointain.
Devant ses yeux hagards, le soleil irradiait de milles feux sur un sanctuaire à la taille gigantesque, des colonnes papyriformes aux dimensions impressionnantes qui défiaient les cieux, des escaliers de pierres taillées qui donnaient sur une grande terrasse où clapotait dangereusement l'eau du fleuve contre les bords des marches.
Le jeune apprenti archéologue pâlit, il ne savait plus où il se trouvait, mais le décor semblait tellement vrai et palpable avec ce goût amer de la réalité. Comme si tout ceci était authentique et qu'il y jouait un rôle dans cette scène surnaturelle.
Les ombres l'avaient jeté non loin des marches, dans un endroit vide de la grande salle. Naruto esquissa un geste pour se relever, en vain. Tout son corps était engourdi et en dépit de ses efforts, il ne parvint guère à bouger ses muscles.
Regardant autour de lui, il vit une statue d'Horus au fond du sanctuaire. Dans un coin du temple, des prêtres et leurs serviteurs semblaient attendre quelque chose. Une grande table de pierre présidait au centre de la pièce, où s'écoulait encore un liquide vermeil. Et à côté d'elle se tenait un jeune homme à l'allure princière. Son épée à la main, le visage fier et la posture droite, il fixait avec colère l'homme gisant à ses pieds.
Comme dans un songe, Naruto sentit que le visage de l'homme lui était vraiment familier. Il avait des cheveux noirs laissés en deux mèches sur les deux tempes. Son front était couronné d'un bandeau doré où l'uræus se dressait fièrement au dessus de sa frange sombre. Son torse était recouvert des ailes tendues d'Iris, et le bas du corps drapé d'un chendjit surmonté d'un pagne, vêtement traditionnel des anciens égyptiens. Le tout était magnifiquement décoré, démontrant ainsi la hiérarchie du jeune seigneur. Sa grande cape flottait dans le vent alors qu'il posa le pied sur le dos de l'homme affalé au sol. Ce dernier, la face contre terre, pleura et balbutia des prières, demandant grâce à l'homme à l'allure aristocratique.
_ « Pardonnez moi, pardonnez moi votre altesse, je vous en supplie. Je ne reproduirai plus jamais ces erreurs », supplia-t-il d'une voix affolée.
Les yeux de Naruto s'agrandirent. Que signifiaient ces paroles ? Cet endroit, ce temple, cet accoutrement ressemblant à ceux des anciens égyptiens de cet homme brun, rien ne lui était familier, rien ne ressemblait au monde dont il en faisait partie. L'homme avait parlé de « son altesse » ?. Alors …cela voulait dire qu'il était … dans l'Égypte Antique ?.
Le cœur battant, le jeune garçon insista lourdement sur le visage de l'inconnu où un rictus cruel déformait sa bouche. Ces yeux noirs, ce regard fier limite hautain lui revint subitement en mémoire.
Ces traits parfaits et épurés ressemblaient à ceux du pharaon sur le sarcophage…
Non, ils ne lui ressemblaient pas mais… ils lui appartenaient.
C'était ce roi dont le tombeau avait été découvert quelques jours plutôt par l'équipe de son frère. Et il était là, devant lui, vivant et superbe de toute sa jeunesse princière.
Naruto frémit devant ses propres mots, la mine interdite. Vivait-il un cauchemar ? Ou bien était-il mort pour avoir fait un tel saut dans le passé ?
Déglutissant péniblement, le blond baissa ses yeux vers l'homme à genoux. Devrait-il prier et demander grâce comme cet homme pour échapper à la mort. Placé comme il était, Naruto pria pour que le pharaon ne le remarque pas.
Mais ses prières semblaient vaines quand soudain, le regard méprisant de l'empereur quitta le corps tremblant à ses pieds pour aller se planter dans celui de Naruto.
Ce dernier sursauta alors que le pharaon se dirigea irrémédiablement vers sa direction. Son cœur lâcha quand le jeune seigneur saisit son bras pour le mettre à sa hauteur. Pétrifié, le voyageur moderne se laissa faire, son corps ne voulant point obéir à ses ordres.
Devant l'inspection du pharaon, Naruto sentit les sueurs froides dégouliner le long de son dos.
_ « Qui est cet étranger ? »
Le pharaon se rapprocha plus près de lui, et saisissant les mèches dorées, il les examina de son regard noir velouté et imperturbable.
_ « Cet homme a des cheveux blonds, ce n'est pas un égyptien. », décréta-t-il.
Ses mots sortirent comme un couperet aux oreilles de Naruto qui pria mentalement comme il put pour échapper à cette scène cauchemardesque.
Le jeune seigneur continua de le fixer avec ses prunelles obsidiennes lorsqu'une voix grave se fit entendre derrière eux.
_ « Sasuke! »
Pivotant la tête, Naruto devint encore plus pâle qu'il ne l'était. Non loin de lui, Itachi, celui qu'il avait secouru pas plus tard que ce matin, s'avançait à pas vive vers eux. Non, il se dirigeait vers le dénommé Sasuke, ignorant délibérément le blond en état de choc. Il y avait toujours cette noblesse innée dans ses gestes, cette beauté distinguée sur son visage, mais à cet instant, il était habillé dans des vêtements princiers, à l'inverse de ce voile sobre qui le recouvrait le matin où le blond l'avait découvert non loin de la maison.
_ « Sasuke, tu es là enfin! », sourit Itachi.
_ « Grand frère. Qu'y-a-t-il ? », s'enquit le pharaon tout en posant une main sur l'épaule de l'homme aux cheveux longs.
_ « Non, je me faisais juste du souci pour toi petit frère. »
Itachi s'avança vers le pharaon et l'embrassa affectueusement sur le front.
De son côté, Naruto regarda la scène, les yeux arrondis de surprise et de stupeur. Rêvait-il réellement pour faire des mélanges temporels de la sorte ?. Le pharaon du tombeau s'appelait Sasuke. Et Itachi l'appelait par petit frère. Donc, lui, il était …Naruto leva lentement la tête vers ce dernier.
Comment expliquer que cet homme qu'il avait vu ce matin se trouvait actuellement dans un passé vieux de plus de trois milles ans ?
Frère du roi ? Frère du roi ? Ce qui voulait dire qu'il était prince, un prince égyptien…mais cela n'avait pas de sens!. Il ne comprit pas plus quand Itachi se retourna vers les soldats et de sa voix grave, il ordonna :
_ « Préparez les offrandes, le sacrifice d'aujourd'hui sera cet homme qui avait trahi son pays et son roi », fit-t-il en désignant l'homme qui gémissait toujours au sol.
_ « Oh mon dieu! Un sacrifice humain ? », Naruto sursauta, les paroles d'Itachi s'infiltrant comme un coup de tonnerre dans son cerveau en état de choc.
Sous ses yeux affolés, Naruto vit les prêtres attacher l'homme tremblotant sur la grande pierre plate au milieu de la salle. Ils inondèrent son corps d'huile parfumée et d'autres lui enlevèrent la tunique, offrant son torse nu à la lame acérée d'Itachi qui s'était approché.
Naruto hurla alors qu'Itachi plongea la dague dans la poitrine de l'homme d'un geste sec, arrachant le cœur frais et palpitant de ses mains rougies de sang. À côté, le pharaon demeurait impassible devant la pratique macabre.
Itachi leva ses mains, et présentant aux cieux le cœur sacrifié, il dit:
_ « Horus, acceptez ce maigre gage comme preuve infaillible de notre dévouement envers vous »
Il se retourna ensuite et s'avança vers la statue du dieu à l'honneur du temple. En montant les marches, Itachi passa devant un Naruto paralysé de tremblements à qui il jeta un regard cruel et jubilatoire. Une goutte de sang s'échappa de l'organe sacrifié et tomba sur les cheveux blonds du jeune étudiant terrorisé.
Avec horreur, ce dernier vit le sang couler de ses cheveux jusqu'à son front. Ce liquide poisseux qui léchait sa peau, cette sensation macabre qui lui envoyait des spasmes incontrôlable. Quoi de plus terrifiant que d'assister, impuissant, à une telle scène funèbre, sans pouvoir sauver l'homme étendu mort sur la pierre du sacrifice, ni même pouvoir s'échapper loin de ces regards cruels ?.
Pendant ce temps, Itachi se planta devant la sculpture du dieu du soleil et y déposa son offrande.
_ « Vous qui veillez sur votre peuple égyptien, protégez nous des regards envahisseurs. Les pays autour du Grand vert* (l'ancien nom de la mer Méditerranée) complotent en ce moment contre l'Égypte. Protégez nous, et protégez Sasuke, notre futur pharaon », implora-il tout en s'agenouillant devant l'autel pendant que Sasuke se précipita vers son frère pour le soutenir.
_ « Ne t'inquiète pas, c'est juste de la fatigue », reprit-il en plantant ses yeux déterminés dans ceux de son frère. Je protégerai l'Égypte de ses ennemis, mais aussi de ces hommes du 21eme siècle. Soldats, emmenez cet étranger sur la table du sacrifice. », commanda-t-il en désignant le blond venu d'un autre temps.
Naruto changea de couleur en entendant l'ordre. Il ne pouvait toujours pas bouger, et cette fois ci, c'était lui qui allait se faire éventrer. Il cria en voyant les soldats venir vers lui. Des larmes de désespoir se perlèrent à ses yeux. Il se débattit tel un lion en cage, s'obligeant à rendre la tâche difficile aux hommes dotés d'une force effrayante.
_ « Itachi! C'est moi Naruto! Tu ne me reconnais pas ?. Lâchez-moi, lâchez-moi! Je ne suis pas coupable, vous n'avez pas le droit de faire un sacrifice humain! », vociféra-t-il tout en essayant de se libérer de ses liens.
Un soldat vint le frapper d'un coup sec et violent. Sonné après l'attaque, Naruto sursauta en voyant que les soldats en avaient profité pour attacher ses poignets et ses pieds aux quatre coins de la pierre. Son dos se mouilla dans ce liquide vermeil qui avait fui la vie de l'autre homme quelques minutes auparavant. Ses mains moites et tremblantes furent immobilisées par des poignes de fer.
_ « Lâchez moi! Lâchez moi! »
_ « Sasuke, c'est à toi de faire ce sacrifice », annonça Itachi en tendant la dague à son frère.
Ce dernier alla se planter devant le blond attaché. Naruto secoua la tête, ses yeux ne voulant pas croire à une fin pareille pour sa courte vie.
Même dans ses imaginations les plus folles, il n'aurait pensé que cet homme d'une autre époque allait devenir son bourreau dans sa propre tragédie. Était-ce l'ironie du destin ? Se faire tuer par l'homme pour qui l'on avait compati dernièrement.
Le jeune pharaon se pencha près du corps tremblant du blond et saisit son menton:
_ « C'est inutile d'essayer de t'échapper, bel oiseau », murmura-t-il cruellement contre sa bouche.
Au loin, Naruto entendit dans un état de léthargie Itachi l'inciter à porter le coup fatal.
Le brun resserra ses doigts sur le cou hâlé de l'étudiant qui suffoqua. L'air lui manquait, et la douleur d'une conscience amère entrait dans sa tête.
Sasuke leva la dague au dessus de sa poitrine.
Ses larmes roulèrent sur ses joues, assemblant toutes les forces qui lui restaient, Naruto hurla :
_ « Non, je veux pas mourir! Kyo, Dei, Kiba, SAUVEZ MOI ! "
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_S.U_N.U_
« Naruto! Naruto! »
« Réponds Naruto, tu nous entends ? », cria une voix familière.
Des voix lointaines l'atteignirent dans son inconscient. Il ne voyait rien mais percevait l'inquiétude animée dans les appels qui l'entouraient.
On se souciait de lui et ces accents, il les connaissait. Ce n'étaient pas les voix cruelles qui l'avaient conduit jusqu'à l'autel du sacrifice. Ces intonations, il les reconnaissait, c'était celles, aimante et chaude, de son frère Deidara. Et celle-ci, anxieuse et hurlante, de son amie aux cheveux roses. Sakura qui l'engueulait aux cent coups mais qui riait devant ses bêtises. Et celle là, beuglante et criarde, de Kiba qui gesticulait.
Oui, c'était eux, son monde.
Le blond battit les paupières, un voile de brouillard recouvrit ses yeux. Il ne perçut rien au début, mais peu à peu, le décor devenait plus net, et au fur et à mesure, il reconnut les visages penchés au dessus de sa tête.
Il ouvrit la bouche, la mine hagarde. Kiba l'aidait à se mettre assis en tailleur pendant que Sakura s'accroupissait devant lui pour tâter sa joue, et son frère qui faisait une tête crispée derrière.
_ « Oh mon dieu, tu n'as rien Naru ?. Tu m'as fait peur. », s'exclama Deidara en prenant la main froide de son petit frère.
_ « Qu'est-ce qui s'est passé », bredouilla celui-ci, sa tête lui faisant un mal de chien.
_ « On était dans le couloir quand j'ai entendu vos cris. Je suis remonté voir ce qui se passait mais je ne t'ai pas trouvé avec Kiba et Sakura. Pourquoi es-tu ici ? »
Naruto s'étonna de la question de son frère. Regardant autour de lui, il se rendit compte qu'il était allongé dans une des chambres funéraires.
_ « Mon dieu, je suis dans le monde réel » , gémit-il avec soulagement, « J'ai échappé à la mort de près » , révéla-t-il en se jetant dans les bras de son frère.
Son cœur palpitait encore à vive allure dans sa chair. On ne le lui avait pas arraché. Esquissant un geste, il sentit ses mains trembler légèrement. Il était toujours vivant malgré les sueurs froides et cette angoisse qui grondaient dans sa poitrine.
_ « Naruto, nous sommes désolés, on a eu trop peur tout à l'heure », avoua Sakura, honteuse d'avoir abandonné son ami. « Et quand on s'est rendu compte qu'on est loin de l'endroit, tu n'étais plus avec nous » , continua-t-elle, les larmes menaçant de sortir de ses yeux verts.
Les visages des autres exprimaient la même angoisse et inquiétude qui donnèrent chaud au blond. Il sourit à la rosée et essuya doucement ses pleurs. Cela le réconfortait de savoir qu'il était de retour auprès des siens, aimé et protégé.
_ « Dei, fais moi sortir d'ici s'il te plait. »
Celui ci acquiesça en apercevant que son petit frère tremblait toujours, sans se poser de questions, il lui entoura les épaules.
_ « Viens, sortons d'ici. Kiba, Sakura, suivez moi ». Se retournant vers un agent, « Vous allez faire quoi avec les cadavres ? », voulut-il demander à la police qui avait été avertie du meurtre des deux gardiens.
_ « Nous enverrons les corps au laboratoire pour l'autopsie, si jamais nous avons des nouvelles, vous serez tenu au courant. Pour le moment, ce tombeau reste la scène du crime, je crains qu'il vous faille bien suspendre vos recherches pour le moment. », conseilla le policier.
_ « Ce n'est pas un problème. J'attendrai vos nouvelles. », rétorqua le jeune directeur.
Deidara escorta Naruto vers les marches et ils remontèrent à la lumière du jour. Devant l'entrée de la grotte, l'étudiant se retourna et murmura à son frère :
_ « Dei, tu sais que pendant que vous me cherchiez, j'étais en Ancienne Égypte ? »
_ « Quoi ? », demanda Dei en fronçant ses sourcils.
_ « Tu es sûr que ce n'était pas des hallucinations ? », suggéra Sakura, la mine inquiète.
_ « Non, je vous jure que si! J'étais là bas, et il y avait Itachi, il était prince d'Égypte, mais il ne m'a pas reconnu, il a même ordonné qu'on me sacrifie sur l'autel. Heureusement que vous aviez été là à m'appeler dans mon subconscient. »
Naruto relata tout ce qu'il avait vécu dans l'autre monde juste avant son réveil à son frère et ses amis, mais en regardant ces derniers, il les vit le fixer avec de grands yeux ahuris.
_ « Naru, tu es sûr que tout va bien ? Sûr de chez sûr ? », répéta Dei en scrutant tout symptôme pathologique sur le visage plus pâle que d'habitude de son frère.
_ « Mais je…, commença-t-il.
_ « Il commence à délirer Naru », fit Sakura, la main devant la bouche et les yeux alarmés.
_ « Eh mec, ne raconte pas des trucs dans ce genre, ça fait froid dans le dos » , compléta Kiba
_ « Mais je vous jure que c'est vrai. Je ne mens pas. Dei ! », s'écria le blond en fusillant son frère du regard.
Ce dernier contempla silencieusement le blondinet pendant quelques secondes, puis :
_ « Il est peut-être encore en état de choc… Viens Naru, rentrons à la maison et Iruka va t'examiner », décréta le frère finalement.
_ « Mais tu ne me crois pas! » , s'énerva Naruto. « Regardez, j'ai encore du sang sur mes cheveux! » , indiqua-t-il en montrant la tâche séchée sur ses épis blonds. »
_ « Le sang, c'est peut-être quand tu as touché le cadavre des gardiens ? », osa glisser Sakura. « Ceci dit, mon dieu, j'en ai moi aussi sur ma main » , sursauta-elle en examinant attentivement ses bras.
_ « Ahh, moi aussi, j'en ai plein sur le tee shirt! C'est trop horrible! », s'écria Kiba.
Naruto regarda les autres, les yeux éberlués. Ce n'était pas possible, tout ce qui lui arrivait n'était rien d'autre qu'une hallucination ? Il était bien passé devant la mort pour savoir que cette sensation n'était pas un rêve.
Mais dans ce cas, comment expliquer le fait qu'il était le seul à avoir vu ces ombres effrayantes et assisté à cette scène macabre, se demanda-t-il en dévisageant ses mains parsemées de tâches de sang.
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_ « Naruto… tu vas bien ? ». Une voix légère se fit entendre derrière son dos alors qu'une main vint presser légèrement son épaule.
_ « Itachi ? », s'écria le garçon blond en se retournant brusquement.
L'homme brun lui sourit amicalement, ses yeux était doux et la voix légèrement anxieuse. Mais ce sourire calme et posé ne rassura pas le jeune homme dont les souvenirs lui provoquèrent de violents soubresauts.
Itachi dans le magnifique costume d'époque en train d'arracher cruellement le cœur du pauvre homme. Itachi incitant le pharaon à lui porter le coup de grâce. Et Itachi, en tant que frère du jeune pharaon ….
_ « Tu vas bien ? », répéta le brun. « Nous te cherchons depuis tout à l'heure. »
_ « Je… »
_ « Tu es tout pâle », fit-il en posant ses doigts légers sur son cou.
Naruto ouvrit la bouche pour dire quelque chose quand il fut interrompu par un policier et son haut parleur.
_ « Allo, allo, mesdames et messieurs, un groupe de malfaiteurs rôde peut-être dans les parages, je vous prie de quitter la zone suspecte sur le champ, allo, allo, je répète, un gr… »
_ « Vous pensez que ce sont eux les auteurs du meurtre des gardiens ?, s'enquit Deidara auprès de l'enquêteur.
_ « Nous ne pouvons rien vous dire pour le moment. Mais mon œil me dit que vous vous êtes embarqués là dans une sale affaire. Rentrez chez vous monsieur, et laissez nous faire », maugréa le policier égyptien avec un regard mécontent.
_« Viens Naruto, on rentre à la maison », se contenta de dire Deidara.
Naruto suivit son frère docilement, les pensées encore troublées par tous les évènements qui venaient de se passer.
Dans son dos, Itachi darda sur le jeune garçon un regard dur et rageur. Le blond lui avait échappé des mains à la dernière minute. Pourtant, cela aurait été facile de faire croire à ces hommes qu'il avait été tué par les pilleurs du tombeau.
« Tu as eu de la chance aujourd'hui Naruto, mais ta vie est entre mes mains. La prochaine fois tu ne m'échapperas pas. »
_S.U_N.U_
Les rebondissements de l'affaire du sarcophage arrivaient comme un raz de marée sur la une des journaux locaux le lendemain matin. Recalant l'oreiller sous son dos, Naruto déplia le journal du Caire.
« Le sarcophage que venait de monter l'équipe de fouille a été dérobé. Non loin du tombeau, les corps des gardiens ont été retrouvés. La malédiction est-elle donc vraie ?. L'attaché de presse de la compagnie Namikaze refuse de répondre aux inquiétudes du peuple »
Soupirant devant les inventions infondées des journaux, le blond se pelotonna dans son lit. Ça faisait du bien d'être là, à la maison, avec une tasse de café au lait fumante préparée par Iruka, et son frère qui venait régulièrement le voir dans sa chambre. Emmitouflé sous la couverture, il contempla le plafond d'un regard distrait.
_ « Sakura a peut-être raison. C'étaient des hallucinations que j'ai eus hier. Qui pourrait vivre encore au bout de 3000 ans ? », se répéta-il avec un sourire forcé en réfléchissant pour la énième fois au cas d'Itachi.
Mais tout était si contradictoire dans sa tête. Comment donner une explication scientifique à ses souvenirs alors que les sensations qu'il avait ressenties étaient tout sauf illusoires. Il avait bien senti la lame de la dague sur sa peau et la poigne des deux soldats sur ses épaules qui le faisaient encore gémir de douleur.
D'autant plus que son entourage pensait qu'il avait perdu la tête, il valait mieux peut-être qu'il n'y pense plus, au risque de devenir vraiment cinglé. Ravalant ses pensées lugubres dans un coin de sa tête, il descendit au salon et croisa Iruka.
_ « Où vas-tu encore Naruto ? » tonna le gouvernant, barrant les escaliers de son corps maigre.
_ « Je vais au Musée, Jiraya a peut-être des nouvelles concernant l'affaire. », expliqua Naruto en faisant une mine innocente devant son nourrice.
_ « Tu ne sors pas! Dei m'a dit de ne pas te laisser passer le seuil de la maison! Et inutile de faire cette moue avec moi, tu ne m'auras pas cette fois ci! », répliqua l'homme à la cicatrice en croisant ses bras sur sa poitrine.
_ « Mais Iruka je …
_ « J'ai dit : pas de mais qui tienne ! » , coupa Iruka, puis, se tournant vers Itachi qu'il avait aperçu depuis le jardin, il continua. « Tu vois Itachi ? Regarde-le, il est tellement calme et posé. Si tu pouvais lui ressembler ne serait ce qu'un dixième, je me ferai déjà beaucoup moins de sang d'encre pour toi. Et même, qu'est-ce que tes parents et moi avions raté dans ton éduction Naruto ?. Le rêve que je fais c'est qu'un jour tu puisses ressembler même un tout petit peu à Kyosuke, il est … »
Il n'y avait plus personne en face de lui. Le petit de la famille avait tout simplement profité de son speech habituel pour filer à l'anglaise.
Apercevant le blond qui s'enfuyait vers le portail, les yeux d'Iruka s'enflammèrent et il gueula :
_ « Naruto, reviens ici ! Petit chenapan ! »
_ « Haha, s'il te plait, Iruchou, j'écouterai ta « chanson » ce soir, d'accord ? », lança-t-il tout en courant, amusé de voir la mine scandalisée de son cher parrain.
Dans son élan, il ne vit pas la paire de bras qui surgissait de nulle part pour lui barrer le chemin. Sa tête blonde se fracassa contre un torse chaud avant que l'un des deux bras ne s'enroule autour de sa taille, bloquant ainsi son corps de toute fuite possible. L'homme emprisonna le blondinet dans une étreinte affectueuse avant de dire :
_ « Bonjour, petit frère », lança la voix grave sur un ton taquin.
_ « Ouch! Kyo !, s'écria Naruto en se tournant vers le visage de son « assaillant ». Papa ! » Naruto répéta son cri en apercevant l'homme blond qui suivait à l'arrière.
_ « Bonjour mon bébé ! », lança ce dernier en venant faire un bisou sonore sur le front de son fils cadet.
_ « Kyosuke! Ne le laisse pas partir ! », tonna Iruka qui venait d'arriver dans l'entrée.
_ « Oups! Iruka », le blond se mordit les lèvres en voyant débarquer leur gouvernant en furie.
_ « C'est bon Iruka, j'ai attrapé le petit lapin en fuite. », lança Kyosuke avec un clin d'œil complice, le bras toujours autour des épaules du blond, empêchant stratégiquement toute ruse dans les mouvements de son petit frère.
_ « Un petit lapin ? Mon œil! C'est un vrai petit renard! »
Les deux hommes qui venaient d'arriver partirent d'un rire joyeux.
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_ « Aieuhhh, ça fait mal Kyo! Papa, papa, sauve moi! », hurla Naruto d'un son strident.
_ « Ça t'apprendra à te payer la tête d'Iruka. », rétorqua le brun, imperturbable.
Kyosuke avait gardé son petit frère dans ses bras tout en lui pinçant fortement les oreilles. Et comme il s'y attendait, le petit blondinet cria à cordes et à cris qu'on le martyrisait.
_« Mais t'es méchant, Kyo. Papa! »
_ « Pour une fois, je suis d'accord avec Kyo, mon bébé ». Minato rit aux éclats en voyant la mine débitée de son jeune fils.
Deidara rentra à ce moment là et son visage s'éclaira en apercevant la présence de son frère et de son frangin.
_ « Hey Kyo, tu as coupé les cheveux ? », remarqua-t-il après que Naruto se soit calmé.
L'héritier de la famille Namikaze sourit et haussa ses épaules tout en fourrant une main distraite dans ses cheveux noirs soyeux. Son dernier look lui plaisait bien, mais il était là en Égypte, et vu la chaleur qu'il faisait, il vaudrait mieux qu'il oublie ses mèches sur le côté.
Kyosuke lâcha enfin Naruto avant d'aller allumer une cigarette, ce dernier lui tirant la langue en une moue boudeuse.
_ « Alors, Dei, vous avez des nouvelles du sarcophage ? », s'enquit Minato en prenant une autre cigarette dans l'étui de son fils.
_ « Non, pas encore, la police dit qu'elle continue à enquêter mais personnellement, je doute qu'elle arrive à quelque chose, vu l'enthousiasme qu'elle nous prête », railla le blond à la couette.
_ « Tu nous raconteras tout ça en détail, je verrai si on pourra engager quelques détectives qui ont des indics dans le marché noir. », observa Kyosuke.
Oubliant la joute avec son grand frère, Naruto écouta la conversation des trois autres hommes de la famille. Il avait du mal à formuler sa demande, mais s'il ne la faisait pas maintenant, alors, après, ce serait trop tard. Finalement, trouvant une brèche dans la discussion, il commença :
_ « Papa, je peux te dire quelque chose ? », dit-il, hésitant.
_ « Oui ? »
_ « Et si.. Et si on arrêtait ces travaux, papa ? Avant, je pensais moi aussi que nos recherches allaient apporter beaucoup de points positifs à notre science, mais récemment, je me suis posé la question, peut-être que ce que nous faisons est mal et que ça blesserait les âmes des morts ? », hésita-t-il.
_ « Qu'est-ce que tu racontes Naru ? », questionna Kyosuke, un léger sourire sceptique aux lèvres.
_ « Tu as perdu la tête mon petit soleil?. L'entreprise des fouilles marche très bien. J'ai déboursé des millions de dollars dans ce projet, on ne peut pas se retirer comme ça. Et puis, si c'était le cas, qui subventionnerait la suite des opérations? »
_ « Oui, c'est vrai Naru. Tu n'as pas à t'inquiéter, on va arranger l'affaire du sarcophage perdu », assura Deidara en venant ébouriffer les mèches rebelles du cadet.
_« Mais je vous parle pas des pertes matérielles ! », tempêta Naruto.
Mais son père et ses frères ne l'écoutaient pas. Comment leur expliquer ce pressentiment qu'il avait eu depuis la première fois qu'il était entré dans le tombeau.
Pour sa part, il avait déjà eu du mal à se convaincre lui-même d'abandonner les recherches, alors comment persuader ses frères du contraire ? Eux qui étaient des fins limiers dans les affaires à gros sous ?
Oui, ils étaient des scientifiques, ils travaillaient pour la science, pour les connaissances du monde moderne, mais … ils avaient quand même profané un lieu sacré.
Un lieu où des âmes étaient en paix depuis une éternité, et eux, ils venaient, apportant avec leur pas des tonnes de matériels modernes, perçant, détruisant ce mur et le calme éternel auxquels ces âmes aspiraient.
_ « En gros, nous sommes en train de détruire les trésors historiques », conclut-il, le regard déterminé.
_ « Tu as vraiment changé depuis la dernière fois Naru », commenta Kyosuke après un moment.
_ « Qu'est qu'il a aujourd'hui Iruka ? ». Son père demanda, médusé, à Iruka qui venait d'apporter le thé.
_ « Naru, tu es encore jeune », le réprimanda gentiment le gouvernant.
_ « Mais vous ne m'écoutez pas ! », bougonna le blond.
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_ « Bonjour tout le monde », une voix calme et grave s'éleva.
Les hommes présents dans le salon se retournèrent et virent Itachi dans l'encadrement de la porte.
_ « Itachi ! Te voilà ! Je vais te présenter mes parents », sourit Naruto en s'accrochant au bras du brun. Offrant un beau sourire à son invité, il l'entraîna auprès de son père.
_ « Voici mon père, Minato Namikaze ».
_ « Enchanté », sourit ce dernier en offrant sa poignée.
_ « Enchanté monsieur, toute ma reconnaissance envers vous. ». Son regard était doux et aimable. Mais derrière ces prunelles inexpressives, tel un bourreau devant sa proie, il considéra discrètement l'homme à la chevelure dorée d'en face.
Ainsi, c'était lui son ennemi. Celui qui avait commandité les fouilles du tombeau de son frère. Celui qui devait être puni pour son lourd crime…
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_ « Mon fils m'a parlé de votre situation, vous n'avez pas à vous craindre, restez ici tant que vous voulez », proposa aimablement le père de famille.
_ « Merci. Et tutoyez moi, je ne suis pas beaucoup plus vieux que vos fils », répondit Itachi.
_ « Voici Kyosuke, Itachi », continua le blondinet
_ « Ravi de vous connaître » , fit le frère. « Et si je puis me permettre, pour chercher une personne dans toute cette ville, c'est plus dur que de trouver une aiguille dans un tas de foin. Si vous voulez, je peux vous donner un coup de main », proposa Kyosuke.
_« Et comment s'appelle ton frère ? », demanda le père
_ « … Son nom est Sasuke », répondit Itachi après un silence en regardant Minato droit dans les yeux.
À ces mots, Naruto changea de couleur. Ce prénom .. Sasuke … c'était celui qu'il avait entendu dans sa soi-disant hallucination. Itachi avait appelé le pharaon dans son cauchemar par Sasuke.
Il se releva brusquement de sa chaise. Les coïncidences pareilles n'existaient pas. Il devait avoir quelque chose qui clochait.
Son cœur recommença à battre furieusement dans sa poitrine. Il n'entendit pas son frère l'appeler, pas plus qu'il ne sentit le thé chaud lui brûler la main.
Son regard fut trouble et dévisageant Itachi, il balbutia :
_ « Itachi, es-tu … », commença Naruto, les autres paires de yeux étant suspendues à ses lèvres.
Mais le brun n'avait pas attendu la question, il s'était déjà approché du blond, et doucement, il lui prit la main dans la sienne.
_ « Naruto, tu t'es fait brûler. »
Naruto le regarda, perdu. Était-il possible pour quelqu'un de changer de personnalité jusqu'à ce point ?. Il avait l'air si gentil là et avenant à cet instant…
Finalement, le garçon aux cheveux blonds ravala sa question et murmura:
_ « Iruka, tu avais raison, je suis encore fatigué, je vais m'allonger un peu. Passez une bonne journée vous tous. ».
Sur ce, il partit dans sa chambre et s'enferma à double tour. Il allait vraiment finir dans un asile avec toute cette étrange histoire …
_S.U_N.U_
Université du Caire
Naruto feuilleta ses livres, les yeux parcourant prestement les passages qui mentionnaient cette pratique ancienne qu'était le sacrifice.
_ « Les pharaons tuaient ses ennemis dans le but de démontrer son pouvoir et sa puissance, les deux empereurs les plus sanguinaires étant Ramsès et Touthmôsis. Les esclaves pour leur part étaient souvent utilisés comme sacrifice », lut-il, la gorge sèche.
Le blondinet referma le bouquin et souffla. Cette vision du sacrifice à laquelle il avait assisté continuait à hanter ses nuits, et à chaque fois, il se réveillait en sursaut, le dos parsemé de sueur froide. À tel point qu'il avait fini par prendre des calmants pendant son sommeil pour refouler ces images macabres.
Relevant les yeux, il jeta un coup d'œil vers le terrain de sport de l'université. De là où il était, Naruto put apercevoir Kiba en train de livrer un match de basket-ball avec d'autres étudiants égyptiens d'une autre promotion. Son ami semblait être en train de se moquer crânement d'une fille de l'équipe adverse. Le blond rigola lorsqu'il vit son ami se prendre le ballon en pleine tête, cadeau surpris de cette même fille.
Kiba gueula et quitta le terrain, trouvant Naruto de l'autre côté de la fenêtre de la bibliothèque, il s'approcha et lui lança
_ « Hey Naru, tu viens m'encourager pour le match ? », le taquina-t-il.
_ « Sans façon. Je n'ai aucune envie de faire ta pom-pom-girl, surtout vu comment tu t'es pris le ballon par l'autre fille », rétorqua Naruto avec un sourire, les yeux ne quittant pas son manuel.
_ « Mais c'était elle la fautive! Elle n'avait pas respecté les règles du jeu! », se plaignit Kiba.
_ « Pourquoi tu ne joues pas avec les autres alors ? », suggéra le blond.
_ « Pff, Sakura est occupée à finir son compte-rendu, et toutes les autres de la bande sont sûrement en train de mater le nouvel assistant de Jiraya ! »
_ « Il a un nouvel assistant », s'étonna Naruto, levant enfin les yeux vers son ami.
_ « Ouais! Tu ne savais pas ? C'est Itachi son nouvel assistant!
_S.U_N.U_
Naruto et Kiba se rendirent au Musée où ils trouvèrent Jiraya totalement empêtré devant ses paperasses. Apercevant les nouveaux arrivés, le professeur jeta ses feuilles et fonça vers le blond, lui faisant une bise sonore sur la bouche.
_ « Beuh professeur, c'est traumatisant ! », articula Naruto, les yeux effarés.
_ « Bah quoi, tu n'aimes pas les hommes ? », répliqua le vieil homme, narquois.
_ « Non, ce n'est pas ça, enfin …si, non, mais c'est … vous .. », bafouilla-t-il.
_ « Bon bref, mon garçon, je voulais en fait te remercier de m'avoir présenté Itachi. C'est une perle ce jeune homme. C'est exactement l'assistant que je cherchais depuis si longtemps! », s'exclama Jiraya, les yeux brillants de satisfaction.
_ « Euh.. D'accord … », concéda-t-il, surpris par les paroles du vieil homme.
Naruto ne comprit pas ce que voulait dire Jiraya, il n'avait jamais présenté Itachi à Jiraya, encore moins le suggérer pour le poste d'assistant.
_ « Et plus merveilleusement encore, il sait lire l'écriture égyptienne d'il y a trois milles ans. Il va pouvoir nous aider grandement à décrypter nos trouvailles dans le tombeau. Si tu veux qu'il t'enseigne l'ancienne écriture, vas lui montrer les objets qu'on avait trouvés dans le tombeau. », suggéra-t-il avec un clin d'œil.
Naruto sourit à Jiraya et partit chercher le brun. Son professeur savait très bien qu'il voulait apprendre plus sur les hiéroglyphes de l'Égypte Ancienne, voilà pourquoi il lui avait tendu cette perche.
Montant au premier étage, il trouva Itachi dans une position raide à quelques pas des vitrines. Lorsqu'il se tourna vers le jeune étudiant, son visage donnait l'impression comme si venait de sortir d'un songe. D'une voix quelque peu rauque et froide, il demanda à Naruto
_ « C…C'est quoi ce coffre ? »
Naruto suivit des yeux la direction indiquée. C'était le premier sarcophage du pharaon que les archéologues avaient mis dans une vitrine après le vol de la momie, par peur du pillage mais aussi de la détérioration externe.
_ «C'est le premier sarcophage de la momie dérobée, répondit Naruto d'un ton triste. Les voleurs ne l'avaient pas pris. Peut-être était-il trop lourd c…
Itachi n'avait pas attendu le reste de la phrase, il s'était déjà approché à pas raide à côté du cercueil d'or mais vide de son occupant.
Lentement, il se pencha et effleura la vitre épaisse qui protégeait le sarcophage.
_ « Petit frère » , murmura-t-il, la voix brisée par l'émotion.
De loin, Naruto observa l'étrange scène qui s'offrait à ses yeux.
Pensait-il à son propre frère en voyant ce coffre ?.
Alors, il s'approcha et tapota le bras du brun dans un geste réconfortant.
_ « Ne t'inquiète pas, on va retrouver ton frère. », lui dit-il.
Itachi le fixa sans répondre, le regard indéchiffrable.
_S.U_N.U_
Naruto mangeait tranquillement avec son père et le reste de la famille lorsque l'enquêteur de la police égyptienne débarqua, la mine soucieuse.
D'un geste, l'homme d'affaire américain l'invita à prendre place avec eux à table. Mais celui-ci préféra rester debout et annonça :
_ « Monsieur Namikaze, il y a eu un meurtre au laboratoire.»
_ « Quoi ? C'est horrible ! »
Tout le monde se leva, surpris et choqué, seul Itachi continuait déguster son thé, indifférent à la scène.
_ « Oui, le corps a été découvert tout à l'heure. La victime s'appelait Toshu, il a participé à votre fouille en tant qu'expert médico-légal. Nous avons fait des recherches sur lui, il semblerait qu'il ait des liens avec le groupe de pilleurs.
_ « Alors c'est lui qui avait comploté avec eux sur ce vol ?
_ « Nous ne pouvons rien vous dire pour le moment, mais sur le corps, nous avons découvert ceci, dit-il en extirpant un sac de pièce à conviction de sa poche, dans lequel se trouvait un papier avec des mots en ancien égyptien targués dessus.
_ « Que signifie …
_ « Osiris châtiera tous ceux qui oseront troubler le sommeil du pharaon » , dit Itachi. Les autres se retournèrent vers ce dernier qui se contenta d'hausser les épaules avant de reprendre une gorgée de thé.
Il leur offrit un regard appuyé et continua : « C'est-ce qui a été écrit sur le papier. Je sais lire l'ancien égyptien. »
_ « Bon, d'accord, concéda Minato en pinçant l'arrêt du nez. Dei, pars avec l'enquêteur et reviens-nous informer si vous avez d'autres nouvelles.
_ « Okay papa. J'y vais. Bonne soirée tout le monde. ».
Les deux hommes partirent en trompe. Minato s'excusa auprès des autres pour aller se reposer dans sa chambre.
Naruto réfléchit rapidement à comment aborder le sujet avant de s'approcher de son frère, lui demandant d'une voix mal assurée.
_ « Kyo, tu peux venir dans ma chambre s'il te plaît ? J'ai un truc à te dire » , fit-il sans en préciser de ce dont il s'agissait.
Lorsque les deux frères partirent, Itachi, seul resté sur place, continua à s'imbiber ses lèvres du breuvage chaud. Il regarda le ciel avec un sourire énigmatique en caressant la tête de son chien noir.
_S.U_N.U_
Itachi monta doucement les marches du jardin. Son visage affichait une expression grave, un cobra s'enroulait dangereusement autour de son avant-bras tendu. La tête de l'animal se dandinait au rythme de ses pas, le cou gonflé de colère faisant découvrir ses crocs pointus.
Le brun regarda le reptile de ses yeux froid et déroula le corps du serpent de son avant-bras.
_ « Toi, l'animal terrifiant au venin mortel duquel même les dieux n'étaient pas protégés, pars et enlève la vie à mon ennemi. Le voilà, au fond du couloir. Vas et accomplis ta mission. »
Itachi s'accroupit et s'apprêta à lâcher le cobra venimeux au sol lorsque Minato traversa le couloir. Ce dernier pâlit en voyant le dangereux serpent sur le bras de l'homme à l'air indifférent.
_ « Itachi, que fais-tu avec ce serpent? C'est très dangereux, lâche-le tout de suite ! », cria le père de famille en cherchant du regard un objet pour aider son invité à se débarrasser de la monstrueuse bête.
Itachi se retourna lentement vers l'homme blond, le regard moqueur et machiavélique.
_ « Pourquoi devrais-je le lâcher ?. Il est même réservé à ton fils adoré. »
_ « Itachi ? Qui es-tu ?, demanda-t-il alarmé. La peur s'insinua dans son cerveau.
_ « Qui suis-je ? ». Tu n'as pas le droit de me demander de cette façon, simple humain », rétorqua-t-il, le regard impérieux. Son visage n'avait plus rien de doux, c'était la fureur et la froideur implacable à l'état pur. « Ouvre bien tes oreilles. Je suis son altesse Itachi. », continua-t-il tout en dévisageant son vis-à-vis.
_ « Un… prince ? », bafouilla Minato, perdu.
_ « Mon frère est le pharaon Sasuke, celui dont tu as ouvert le tombeau il y a quelques jours. », acheva-t-il, les prunelles flamboyantes.
Minato jeta un coup d'œil à l'intérieur de la maison. Une sueur froide dégoulina dans son dos. Naruto, Kyosuke et Iruka étaient encore dans la maison, et ils ne connaissaient pas le visage caché d'Itachi. Se rongeant la tête à trouver un moyen pour sauver ses enfants, il ne vit pas le sourire cruel de la part du brun.
_ « Tu as enfreint la loi des égyptiens d'il y a 3000 ans. Je te déclare coupable », trancha Itachi, faisant sursauter l'homme.
La sentence tomba en même temps que le serpent fut projeté vers Minato. Celui-ci s'esquiva et le repoussa d'une bourrade violente.
Mais trop tard, l'animal l'avait mordu dans l'épaule avant de retomber sur le sol.
Le regard soudainement flou, Minato se vit s'agenouiller à genoux, le souffle haletant. Le venin était en train de se propager dans son corps à une vitesse fulgurante, pensa-t-il, impuissant. Il s'affala, la tête contre terre, le souffle lui vint difficilement dans la gorge.
Il allait donc mourir ? Kushina, Kyosuke, Deidara et … son petit soleil Naruto. Au dessus de sa tête, devant le voile brumeux qui recouvrit ses yeux, il sentit vaguement Itachi s'approcher de lui.
_ « Inutile. Le venin entrera dans ton cœur dans quelques secondes », fit-il froidement.
Minato eut un pincement au cœur en pensant à son dernier fils et ce beau sourire qu'il aimait tant. Son corps était déjà presque totalement paralysé par le poison. Péniblement, l'homme rassembla ses dernières pensées lucides :
_ « Naruto, cours, cours mon bébé » , haleta-t-il laborieusement dans la gorge.
Mais lentement, Minato se sentit abandonné par ses forces. Ses yeux se voilèrent dans le noir lugubre de la nuit et mollement, ils se refermèrent. Et ce, pour toujours.
Itachi contempla le corps inanimé de Minato. Il se tourna vers les escaliers et reformula son ordre:
_ « Vas ! Et tue-le ! »
_S.U_N.U_
Pendant ce temps…
_ « Tu voulais me dire quoi Naru ? », demanda son frère en refermant à demie la porte derrière lui.
Naruto lui tournait le dos, et de là où il était, il pouvait voir son petit frère en train de se triturer les mains.
_ « Naru, à chaque fois que tu dessines des petits ronds avec ton pouce comme ça, c'est que tu as fait quelque chose, tenta-t-il de faciliter la tâche à son petit frère avec un léger sourire.
_ « Kyo, je …. », Naruto balbutia en pivotant, les lèvres pincées, il regarda son frère avec hésitation, son visage crispé de remords.
_ « Je… j'ai cassé cette statuette Kyo ! Pardon pardon pardon!, le supplia-t-il en présentant à son frère la boite dans laquelle se trouvaient les fragments cassés.
Kyosuke prit le bac et examina les morceaux de verres. Et contre toute attente, il partit d'un rire doux. Naruto, médusé par l'attitude de son frangin, ne comprit pas plus quand celui-ci vint ébouriffer ses cheveux en un geste tendre.
Sans répondre à la question muette de son frère, Kyosuke vint mettre la boite sur la commode de la chambre et se retourna, le coude appuyé sur le bois du meuble.
_ « Naru, Dei me l'a dit déjà. Sincèrement, tu croyais que je ne serais pas au courant ? », s'enquit-il, amusé et sceptique à l'idée que son frère pense qu'il puisse lui cacher quelque chose.
_ « Tu ne m'engueules pas ? », demanda Naruto, suspicieux.
_ « C'est pardonné. Je répète : Dei m'a raconté ce qui s'est passé. Tu n'as pas à t'en vouloir. »
_ « Kyoooo, grand frère!
Naruto sauta sur le brun et le prit dans ses bras. Il se sentit super heureux, son frère ne lui en voulait pas, et il n'aurait plus à leur cacher cette statuette et à supporter ce sentiment désagréable qu'était de mentir à sa famille. Il sourit à pleine dents devant Kyosuke qui esquissa un sourire amusé devant la mine idiotement heureuse de son petit frère.
_ « Allez va te mettre au lit, il se fait tard déjà. », dit-il en tapotant doucement les mèches blondes.
_ « D'accord ! »
Naruto grimpa dans son lit à baldaquin et Kyosuke remit la couverture sur son torse avant de regagner sa place auprès de la commode.
_ « Tu veux manger quelque chose avant de dormir ?. Je dirai à Iruka de te le monter. »
_ « Non, ça va, je n'ai pas faim. La nouvelle m'a coupé l'appétit. », avoua-t-il en tâtant son ventre plat.
_S.U_N.U_
Le dangereux cobra se faufila dans l'espace ouvert de la porte et continua son chemin en serpentant jusqu'au lit douillet où il grimpa dans un mouvement silencieux. Sa petite tête sinueuse s'engouffra dans le couvre-lit et partit vers les draps, à l'insu des deux hommes qui étaient loin de se douter de toute l'horreur qui les entourait.
Naruto rigolait avec son frère lorsqu'il se figea subitement. Quelque chose, quelque chose bougeait sous les draps, entre ses pieds. Elle faisait des mouvements lents et onduleux en dessous de la couverture.
_ « Naruto ? Ça va ? », s'inquiéta Kyosuke en voyant la mine interdite du blond.
Tétanisé, Naruto déporta le regard vers son frère sans pouvoir prononcer un mot lorsqu'il eut l'impression que l'animal s'enroulait autour de sa cheville. Son visage perdit toute goûte de sang lorsqu'il formula
_ « Mon …mon pied. »
Kyosuke accourut vers son frère et arracha la couverture d'un coup sec. Alarmé par les mouvements d'humains autour de lui, le serpent retroussa ses crocs et mordit dans la chair tendre et hâlé du blond.
Ce fut au tour de Kyosuke de perdre la couleur. Il tira violemment sur la lampe de chevet et se précipita vers le pied de Naruto. Immobilisant le serpent avec le drap, il le jeta au pied du lit et l'écrasa à coup de lampe.
_ « IRUKA ! PAPA!, hurla-t-il en direction de la porte. Appelez un médecin tout de suite ! Naruto a été mordu par un serpent ! »
Se retournant vers son frère, il lui dit, paniqué :
_ « Naru, écoute moi bien, ne bouge pas, reste tranquille, sinon le venin va se répandre plus vite jusqu'à ton cœur. Tu peux le faire hein, tu es fort petit frère, tu peux le faire, tiens bon Naru. »
_ « Kyo, je ne sens plus mes jambes, mon corps est brûlant, Kyo ». Naruto haleta en attrapant mollement la main de son frère. Il ne put dire si c'était lui qui tremblait le plus ou si c'était son frère.
_ « Iruka ! Dépêche-toi ! Appelle un médecin ! », hurla ce dernier en jetant des regards frénétiques à la porte.
Le gouvernant arriva, essoufflé, apercevant la scène devant ses yeux, il porta les mains à sa bouche.
_ « Oh mon dieu ! », laissa échapper Iruka. Puis reprenant ses esprits, il courut en trompe vers la boite de pharmacie. De ses doigts tremblants, il prépara une seringue de médicament pour les cas d'urgence.
Kyosuke s'affola lorsqu'il vit le visage de Naruto changer en une couleur noirâtre. S'il ne faisait rien, son petit frère mourait, c'en était certain. Sans le médecin, Naruto risquait de perdre la vie à tout moment, et ce, même avec la trousse à pharmacie d'Iruka. Et s'ils le transportaient à temps aux urgences, pour trouver l'antidote au type de venin, son frère serait déjà mort sur la table d'examen.
Bon dieu, pourquoi le médecin n'arrivait-il pas encore ?. Non, il ne pouvait pas laisser mourir son petit frère, coûte que coûte.
Alors, sans penser à sa propre vie, Kyosuke remonta vivement le pantalon de pyjama du blond et approcha sa bouche de la morsure qui avait changé de couleur en un noir foncé.
Et méthodiquement, il y apposa ses lèvres et aspira le venin répandu dans les muscles du pied avant de le recracher sur le sol par la suite. Le brun refit plusieurs fois l'opération sans s'arrêter. Le venin lui donna la nausée mais il ne se permit pas de faire une pause, la vie de son petit frère en dépendait.
_ « C'est trop tard Kyo », murmura faiblement Naruto, en voyant ce que faisait son frère.
Iruka courut vers le portail pour ouvrir la voie au médecin. Il lui indiqua promptement le chemin à suivre, et lorsqu'il dévala les escaliers pour aller chercher de l'eau chaude, il le vit.
Poussant un hurlement, il se précipita vers le corps inanimé de Minato.
_ « Oh mon dieu, ce n'est pas possible! », s'affola-t-il en secouant vivement le corps inerte du chef de famille. Dans le mouvement, un papier s'échoua lentement de son torse sur le sol. Sur la lettre figurait ces mêmes mots cruels que sur celle de l'autre meurtre au laboratoire.
« Osiris châtiera tous ceux qui oseront troubler le sommeil du pharaon »
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Naruto entendit à travers à travers un brouillard épais son frère l'appeler, la voix brisée et paniquée. Des voix inconnues se firent entendre au dessus de sa tête. Une douleur à son bras lui rappela vaguement les piqûres qu'on lui administrait pendant son enfance. Il sentit quelqu'un lui prendre la main, sa chaleur était familière, agréable et réconfortante.
Alors peu à peu, il sombra dans l'inconscience…
À suivre…
Lexique :
Amset : C'est le dieu qui assure la protection du corps des morts.
Grand Vert : l'ancien nom de la Méditerranée.
Nephtys : c'est la déesse protectrice du sarcophage.
Uræus : c'est le cobra femelle qui a pour mission de protéger le pharaon de ses ennemis. Il est souvent représenté sur les attributs du pharaon, que ce soit sur les couronnes ou sur les coiffes.
Vase canope : au nombre de quatre, ils étaient destinés à recevoir les viscères embaumés du défunt.
Voilà pour le chapitre 1, j'espère que vous n'êtes pas trop déçus par la suite du récit…
Ce chapitre a été longgg (49 pages Word) , mais les autres chapitres retrouveront une longueur stable d'une vingtaine/trentaine de pages)
Alors, pour ce que je vous ai dit en début du chapitre, alors….le dessin… Je l'ai fait il y a une semaine … C'est l'image que j'ai de Sasuke pour cette fic ^^', (désolée encore si je vous ai arnaqué avec la « pseudo entrée » de Sasuke , il arrivera dans le chapitre suivant XD ) .
Pour voir Sasuke (en pagne-jupette), pardon, en pharaon de l'Egypte Antique, faites copier coller le lien ci-dessous ( sans les * ) pour voir le dessin.
*http:*/i44.*servimg.*com/u/f44/12/84/77/56/img*48511*.j*p*g*
Ce que j'ai écrit là sur Lord Carnarvon, la malédiction des pharaons, et la vallée des rois etc. … est en partie ce qui s'est passé réellement lors de la découverte du tombeau de Toutankhamon. Alors, si ça vous intéresse ce thème, je vous invite fortement à aller jeter un coup d'œil sur les articles de ce sujet. C'est vraiment très passionnant.
Le chapitre suivant arrivera dans deux semaines ( enfin .. Comptez de 10 à 15 jours approximativement )
Bisous bisous bisous à vous tous. Merci d'avoir lu le chapitre et à bientôt ^^. Baby love ya love ya love ya .
