Disclaimer : Ils ne seront jamais à moi malheureusement.
Couple : Sasunaru
Rating : M
Je ne saurais jamais remercier assez mes revieweurs pour leurs soutiens et leurs compliments. Vos messages me font chaud au cœur et me donnent la force et la motivation d'écrire encore et encore.
Pour les revieweurs enregistrés, j'ai répondu par MP. Et pour les revieweurs anonymes Ghost, Eternelle-Blue, Alisea, Xia, Midnight, Lenalee, Anonyme, Mianon, Mimine et FLJ, je vous réponds sur mon profil.
Avec ce chapitre, vous trouverez encore un dessin (d'une scène du prologue) à la fin de la page.
Erff, je me suis fixée la limite à 30 pages, pourtant, mes bêtas se retrouvent avec 43 pages à corriger. Bon, tant pis alors, je suis mauvaise en calcul on va dire XD, et on va également dire que ce sera mon dernier gros chapitre avant ma rentrée le 5 septembre prochain. ( demain donc ...)
Et quelques petites notes pour la compréhension de certains mots utilisés dans ce chapitre :
Grand Vert = l'ancien nom de la mer Méditerranée.
Hapy = Déesse du Nil, donc, quand les personnages parlent de « Hapy », ils parlent du fleuve.
L'empire Hittite = une civilisation de l'autre côté de la mer Méditerranée et qui peut rivaliser avec l'Égypte Ancienne sur tous les points. (C'est l'actuelle Turquie)
Je dédie ce chapitre ( ET la fameuse « rencontre » ) à Yezel, moi aussi, je suis très contente de t'avoir rencontrée. Et merci encore pour les trois peluches de Naruto, Sasuke et Minato. Sarang hae yo Darling x3.
Mention spéciale aussi pour Mégalomanie qui a mis le doigt sur l'un des fils conducteurs de mon histoire. Au passage, ton pseudo me rappelle une auteure que j'ai connue sur Excess 4Ever X'D
Toujours un énorme bisous à mes deux amies bêta Julie et Maurine.
Sur ce, je vous souhaite bonne lecture.
Chapitre 2 : Le voyageur égaré
Le temps coulait et s'enfuyait, cherchant inlassablement le retour de l'astre solaire pour un nouveau matin. Sur le bleu impénétrable du Nil, les étincelles lumineuses venaient caresser son miroir limpide dans un salut silencieux. Pourtant le fleuve demeurait indifférent, poursuivant son cours, à la fois violent et doux.
Le moment viendrait où cet enfant choisi parmi tous serait amené jusqu'ici, dans son sein … Alors, alors … ce jour là, Hapy le conduirait vers sa destinée, là où attendait quelqu'un, au bord de l'eau …
_S.U_N.U_
Les larmes coulant le long de ses joues blêmes, Kushina effleura une nouvelle fois l'odieuse pierre tombale de cet homme aimant qui avait été son ami, son amour, son compagnon et son mari pour toujours.
Comment en étaient-ils arrivés là ?. Comment avaient-ils pu se retrouver là à cet instant, l'un en face de l'autre, mort et vivante, muet et pleurante jusqu'à la fin de cette vie ?. Qu'avaient-ils donc fait pour n'être que des mauvaises marionnettes du destin ?.
Lorsque Deidara lui avait annoncé la nouvelle, elle avait cru que le ciel lui était tombée sur la tête, et ce, malgré l'amour et le soutien de ses enfants, cette douleur lancinante continuait à meurtrir son âme et tout son être. La femme en elle avait alors l'impression de sombrer dans un cauchemar sans fin où la vie serait marquée à jamais par son absence. Et au plus profond de son cœur, elle ne sut si un jour, elle arriverait à panser cette blessure cruelle.
Les longs cheveux roux ondulant sur ses épaules affaissées, Kushina pleura douloureusement en dévisageant le nom de Minato sinistrement gravé sur la pierre froide. Non, elle ne pouvait accepter cette réalité, cette conscience amère dans laquelle elle l'avait perdu pour toujours. Que toutes ces années de bonheur derrière eux n'étaient plus que chimère d'un passé révolu.
La femme et la mère comblée et heureuse en elle s'était imaginée vieillir avec lui, regarder leurs enfants grandir et fonder une famille l'un après l'autre, et bien plus tard, ensemble, ils rendraient leurs derniers souffles dans leur chaleureuse maison de l'Upper East Side.
Mais Minato était parti à jamais, sans qu'elle ne puisse le retenir. Cet homme qu'elle avait aimé depuis le premier regard était à présent dormeur éternel de ce coffre hideux qu'elle ne pouvait atteindre.
Cachant ses larmes de chagrin sous le voile noir de son chapeau, Kushina toucha encore et encore la surface lisse de la pierre sépulcrale, priant pour que son mari puisse enfin trouver la paix, là où il se trouvait désormais. Et s'il lui arrivait de penser à ce monde humain, alors… Qu'il continue à veiller sur ses malheureux fils qu'il avait laissés derrière lui après sa mort.
Une main se posa sur son épaule, le corps tremblant, Kushina se retourna et vit Kyosuke la prendre dans ses bras. C'était sa manière à lui de faire le deuil de Minato et de consoler sa mère pendant ce moment pénible. Il avait l'air exténué, pas simplement épuisé, ce qui était déjà rare chez lui, mais vidé. Elle qui avait vu son fils grandir, jamais encore elle n'avait vu ce regard las et dénudé d'expression dans les prunelles de son enfant.
Kyosuke serra ses épaules et enfouit son visage au creux de ses cheveux. Alors, seulement, il se permit de pleurer silencieusement, les yeux rivés sur la pierre tombale de Minato pendant que le cortège funéraire composé de parents et d'amis proches se dissipa peu à peu.
Levant les mains, Kushina tapota doucement le dos de son fils dans un geste d'apaisement. À côté, elle vit son autre fils Deidara et Iruka se retenir de craquer eux aussi.
La femme réprima un sanglot. Non, elle ne pouvait pas s'apitoyer sur son sort. Si jamais elle s'écroulait elle aussi, alors, que resterait-il de cette famille ravagée par la douleur et les souvenirs de Minato ?.
Plus que tout, ils avaient besoin de s'aimer et de s'occuper les uns des autres pour oublier cette douleur, pour franchir cette étape malheureuse de leur existence.
Kyosuke se redressa en voyant sa mère prendre sa main. Kushina vint ensuite s'emparer de celle de Deidara. Et, les regardant attentivement un par un, elle commença :
_ « Kyosuke, Deidara, Iruka. Les souvenirs de Minato me font autant mal qu'à vous, mais, nous devons être forts à présent. La famille Namikaze a besoin de vous. Et..surtout Naruto, il aura besoin de nous lors de son réveil », articula-t-elle.
Serrant les dents comme pour ne pas céder à sa douleur, Kyosuke et Deidara acquiescèrent devant les paroles de leur mère.
Elle avait raison. Ils n'avaient pas pu sauver leur père, mais il leur restait Naruto, leur petit soleil au sourire rayonnant. Alors, ils le protégeraient, tout comme ils veilleraient sur ceux qui leur étaient chers.
_S.U_N.U_
Depuis la tragédie des Namikaze, le sujet des fouilles était devenu un thème tabou dans les bouches des habitants. Le fait de savoir que le commanditaire des recherches avait été tué par un cobra et son fils plongé dans le coma par un même venin rendait le sujet sensible.
La population locale, superstitieuse, était convaincue qu'il s'agissait de l'accomplissement de la malédiction, puisque le cobra représentait la puissance de leurs ancêtres. Alors, les gens se contentaient de regarder de loin d'un œil compatissant mais craintif cette famille en deuil comme si elle avait été maudite.
Après la mort de Minato, Kyosuke avait repris officiellement la direction de l'entreprise familiale, même s'il officialisait déjà une grande partie des opérations lorsque Minato était encore vivant. Avec l'assistance de Deidara, il investissait plus que jamais et se jetait à corps perdu dans l'exploration des fouilles archéologiques.
D'une nature rationnelle, le jeune héritier n'avait jamais tenu compte du tapage sur les malédictions et autres esprits vengeurs chuchotés par les habitants. Kyosuke croyait seulement ce qu'il voyait, et il percevait cette rumeur plus que burlesque, la qualifiait-il, comme une attaque des autres concurrents.
Déterminé et implacable, le brun avait juré de mettre fin au mystère du tombeau, comme si la mort de son père était une douloureuse piqûre de rappel, lui intimant de dévoiler la vérité à la lumière.
Deidara participait également à la gestion de la compagnie, et ensemble, ils protégeaient cette entreprise, celle qui avait vu le jour sous les mains de leur père, celle dont ce dernier était si fier pendant son vivant.
Pourtant, même si ces tâches étaient plus qu'harassantes, ils ne s'en souciaient guère. Tout ce qu'ils attendaient à présent était l'appel de l'hôpital, juste un simple coup de fil salvateur qui pourrait les délivrer de leur inquiétude. Naruto, leur petit frère, se trouvait toujours dans le coma depuis cet instant fatidique …
_S.U_N.U_
Dans une chambre d'hôpital réservée au nom des Namikaze, Naruto dormait paisiblement, la poitrine s'élevant et s'abaissant d'une manière harmonieuse au rythme de ses respirations. Au loin, sur les deux sofas se tenaient Kyosuke et Deidara qui surveillaient d'un regard anxieux l'état du jeune garçon.
Les médecins leur avaient affirmé que le poison avait été retiré entièrement du corps de Naruto, pourtant, celui-ci restait inconscient et ne se réveillait point, attisant jour après jour l'inquiétude de sa famille et de son entourage.
Pendant ses songes brumeux, Naruto percevait la présence rassurante de sa mère et de ses frères qui venaient le voir tous les jours. Sa jolie maman qui embrassait tendrement sa joue, ses frères qui serraient ses doigts comme pour l'encourager à se réveiller et de ne plus leur jouer cette mauvaise farce. Il y avait également ses amis et son professeur, tout le monde était là, penché sur son lit et sur ses souffles réguliers.
Tout son corps lui faisait mal, pourtant il avait cette impression de flotter dans le vide comme si son âme avait tout simplement déserté son corps.
Dans son inconscience, Naruto entendait des voix lointaines l'interpeller, comme si son rêve était un souvenir, un flash-back perdu dans les méandres de sa mémoire.
Elles l'appelaient, sans relâche, sans lui laisser l'occasion de disparaître, l'empêchant de repartir dans son sommeil profond.
Alors, son âme qui errait jusque là dans le noir étrange du néant suivit inconsciemment ces voix chaleureuse. Et lentement, elle entendit les mots familiers et aimants chuchotés au dessus de son lit …
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Un 'bip' retentit dans le calme absolu de la chambre d'hôpital, faisant sursauter les deux visiteurs qui regardèrent avec un espoir mêlé d'inquiétude l'appareil de contrôle relié au corps du dormeur.
Kyosuke et Deidara s'approchèrent du lit de leur frère et surveillèrent ses agitations, les yeux en alerte. Machinalement, le petit doigt de Naruto remua.
Les deux hommes se dévisagèrent. Non, ils ne rêvaient pas, la main de leur petit frère venait de bouger à l'instant, le geste était certes imperceptible mais il n'avait pas échappé au regard aigu et vigilant des deux hommes.
Deidara laissa pousser un soupir, le visage animé par la joie mêlée au soulagement. Il courut vers la sortie appeler les médecins pendant que Kyosuke vint prendre les mains du blondinet endormi.
_ « Naru, petit frère, allez, réveille toi. Tu as assez dormi comme ça », reprocha-t-il en pressant la main du dormeur, le cœur réjoui et gonflé d'espoir.
Et comme si le jeune étudiant comateux avait entendu ses prières, lentement, il ouvrit les yeux et fixa le plafond d'un regard passablement vide. Ses prunelles bleues étaient toujours troubles lorsqu'il tourna la tête vers la personne qui se trouvait à côté de lui.
_ « Kyosuke ? », prononça-t-il d'une voix enrouée et pâteuse en reconnaissant la présence rassurante de son frère.
_ « Oui, c'est moi Naru. Tu es réveillé enfin », souffla-t-il en baisant affectueusement les doigts engourdis du blond.
_ « J'ai mal partout…Et j'ai sommeil… ».
Les médicaments qu'on lui avait administrés l'empêchaient d'avoir l'esprit clair et lucide. Et il dut lutter contre la somnolence qui alourdissait affreusement ses paupières.
_ « Je t'en prie, ne te rendors pas. Maman est là, Iruka aussi, alors, ne t'endors pas », demanda hâtivement Kyosuke en voyant son frère s'assoupir de nouveau.
Deidara revint quelques minutes plus tard avec les médecins. Ceux-ci s'avancèrent précipitamment vers le malade pendant que les infirmières préparèrent une piqûre en cas d'urgence. Le docteur attitré de la famille examina les pupilles de Naruto avec sa petite lampe stylo et regarda de nouveau ses évaluations. Puis, il se détourna du lit et fit un sourire rassurant au deux frères impatients :
_ « Messieurs, votre frère s'en sort merveilleusement bien. Tout est en ordre, son état est stable, et je ne vois rien d'anormal à vous signaler. Il n'y a plus rien à craindre à partir de maintenant », dit-il en rempochant sa lampe stylo.
_ « Naruto aura des séquelles à cause du venin ? »
_ « Non, je ne le pense pas. Son corps a très bien su se défendre contre les organismes ennemis. Et c'est aussi en partie grâce à vous qui avez retiré une grande partie du poison juste après l'accident », confia-t-il en s'adressant à l'aîné des Namikaze. « Mais je vous conseille tout de même de surveiller son état, il se peut qu'il fasse une rechute, même si ce cas est fort improbable. Et contactez-moi tout de suite dans ce cas de figure »
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La tête toujours un peu confuse, le jeune garçon laissa docilement l'infirmière l'examiner pour un bilan de santé global sous l'œil réjoui des deux frères. Soudain, la porte s'ouvrit violemment et laissa entrer les nouveaux venus.
Tournant la tête vers la direction des bruits, Naruto offrit à sa mère et à son parrain un sourire aussi radieux qu'il put. Kushina courut au pied du lit et, prenant son enfant chéri dans les bras, elle embrassa tendrement les mèches blondes, ses larmes de bonheur humidifiant les joues rondes de son fils.
Naruto aspira à plein poumon le parfum familier émanant des cheveux de sa mère tout en la rassurant à propos de son état physique. À ses frères et à Iruka, il leur fit un signe V de la victoire avec sa main encore quelque peu tremblante.
Et à…il fronça rapidement les sourcils. Malgré son esprit embrouillé, il remarqua l'absence de ce visage aimant parmi les paires d'yeux penchées sur son lit. De sa voix éraillée, il demanda en adressant à sa mère un regard interrogateur :
_ « Maman, où est papa ? »
Celle-ci pâlit à vue d'œil devant la question de son fils pendant qu'une lueur de tristesse traversa les prunelles des deux frères et celles du gouvernant.
_ « Oh mon bébé »
Les médecins se retirèrent silencieusement sous le regard d'incompréhension du jeune étudiant.
Doucement, Kushina porta la main de son fils à ses lèvres tremblantes, ses mots n'étaient plus que murmures à peine audibles et déchirants.
_ « Naruto, ton père … ton père, il est mort », souffla-t-elle péniblement. Des larmes perlèrent de nouveaux à ses yeux, une boule se noua dans sa gorge au fur et à mesure que les mots se détachèrent de ses lèvres.
Naruto retira vivement sa main, les yeux arrondis de stupeur. Ouvrant la bouche, il voulut demander à sa mère de répéter sa parole, pourtant aucun son ne sortit dans la chambre dévorée par un silence funeste.
Que venait-elle de dire ? Que son père était … mort ?
« Mort » comme dans ce verbe insignifiant qui était loin d'exprimer tout le chagrin immense de ceux qui restent ?. « Mort » comme ne plus jamais le revoir ?
Relevant brusquement la tête, il darda un regard violent à ses frères, le visage déformé par l'incompréhension et le trouble qui menaçait de l'envahir à tout instant.
_ « Il a été mordu par le même serpent qui t'a mis dans cet état. Et c'était trop tard quand on l'a découvert », répondit Kyosuke à sa question muette, les yeux s'évadant vers la fenêtre comme pour ne pas rouvrir cette blessure douloureuse.
Les paroles du brun pénétrèrent brutalement dans la tête du malade. Alors, Naruto réalisa l'horreur de la situation. Son père était mort pendant qu'il était dans le coma. Et il n'avait même pas pu le voir une dernière fois. Mais que se passait-il donc ?. Juste avant l'accident, il riait encore avec son père, et maintenant …
Des larmes tombèrent de ses yeux bleus. Le père qu'il aimait tant n'était plus de ce monde. Cet homme qui avait été son pilier, son modèle, son héros. Celui qui lui avait tout appris, de cette honnêteté et loyauté qui érigeaient sa vie, et de ce sourire lumineux qu'il avait transmis à son fils.
Et maintenant, il ne restait plus rien si ce n'était cette peine insupportable de ceux qui restaient, de ceux qu'il avait laissé derrière lui. Des souvenirs lointains des jours heureux revinrent comme un nouveau coup de poignard dans la plaie saignante de son cœur.
Son père qui lui tenait la main lors de ses premiers pas, son père qui était parti en fou rire le jour où il avait voulu épouser sa voisine de classe alors qu'ils n'avaient que neuf ans tous les deux, son père qui avait hurlé dans l'amphithéâtre lors de sa remise de diplôme, faisant sursauter tout le monde autour d'eux.
Naruto ne parvint pas à parler. Un nœud tordit douloureusement son estomac, lui faisant atrocement mal.
Précipitamment, Kushina étreignit ses épaules et pleura sur sa chemise d'hôpital. À côté, les trois hommes baissèrent les yeux sous l'amertume douloureuse.
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Plus tard…
_ « Naruto, il y a quelque chose dont je veux te parler. À la fin de ta convalescence, tu repartiras aux États-Unis avec maman et Iruka », déballa Kyosuke, la mine calme et posée.
Celui-ci était assis dans un fauteuil en face du lit où Naruto le fixa droit dans les yeux.
_ « Non, Kyo, je ne quitterai pas le Caire. Celui qui a tué notre père est toujours dans cette ville, je le sais…je le sens. Par conséquent, je ne peux pas partir », répondit-il d'un ton tout aussi implacable que celui de son frère. Sa voix avait retrouvé un accent régulier et le brouillard se dissipait peu à peu de son cerveau endolori.
_ « Tu m'écouteras cette fois ci. Je refuse que mon frère se retrouve encore entre la vie et la mort à cause de ce genre d'accident. Et plus jamais, je ne voudrais voir maman, toi, Dei et Iruka gisant par terre comme papa, tu comprends ? », explosa-t-il, les iris sombres et brûlants d'émotion.
_ « Et je refuse moi aussi que tu te décides à ma place! Je ne quitterai pas le pays quoi que tu dises. Tu ne pourras pas me faire changer d'avis Kyo. Tu crois que si je repars à New York, celui qui a tué papa vous laissera tranquilles, toi et Dei ?, rétorqua-t-il avec colère. Puis, il reprit, sa voix adoucie mais peinée : « Papa, il a été tué presque sous nos yeux, et on a rien pu faire. Alors, s'il te plait, ne pense pas tout prendre sur tes épaules Kyo. »
_ « Naru! », soupira le frère. « Écoute moi, tu … »
_ « Non, c'est toi qui vas m'écouter. Je ne veux pas être mis à l'écart juste parce que je me suis fait mordre par un serpent. S'il te plait, je ne pourrai pas continuer tranquillement ma petite vie aux États-Unis tout en sachant que le tueur rôde encore autour de vous » implora Naruto.
Kyosuke ne répondit pas à la demande de son frère. Délaissant son fauteuil, il alla se camper devant la fenêtre.
Dehors, les étoiles avaient déjà recouvert tout le ciel du Caire. Contemplant distraitement le voile sombre de la nuit égyptienne, le jeune directeur soupira.
Il savait bien qu'il serait difficile de convaincre son petit frère même s'il avait espéré un miracle dans sa décision. Si tel était ce qu'avait choisi Naruto, alors, tout ce que lui et Deidara pouvaient faire maintenant, c'était de protéger leur famille et l'entreprise, seules choses auxquelles leur père tenait durant toute sa vie.
Se retournant vers son frère, il le considéra de son regard impénétrable. Naruto était une vraie tête de mule … tout comme lui.
Alors … Kyosuke pria seulement pour que sa décision ne soit pas une erreur.
_ « D'accord… j'accepte que tu restes au Caire. Mais tu ne sortiras pas d'ici tant que le docteur ne t'aura pas donné la permission. »
_S.U_N.U_
Musée du Caire
_ « Comment ? Tu veux organiser une exposition ici dans deux semaines ? », hurla Jiraya en posant un peu trop brusquement sa tasse de thé.
_ « Oui, je veux monter une exposition avec les trésors que nous avons retrouvés dans le tombeau. Bien sûr, ce sera avec tous les autres vestiges trouvés lors des autres fouilles. J'ai envoyé également une demande de prêt aux autres Musée étrangers ». Puis, croisant ses jambes, Kyosuke inhala une nouvelle bouffée de tabac avant de fixer le professeur droit dans les yeux.
« Je suis persuadé que ceux qui ont volé le sarcophage viendront également », reprit-il en détachant chaque mot, le regard déterminé et perçant.
Jiraya dévisagea silencieusement le jeune homme d'affaire et ses doigts pianotèrent distraitement sur la table.
Oui, l'exposition serait un piège parfait pour attirer l'attention du public. Et peut-être qu'ils auraient une chance de retrouver la trace du cercueil royal, étant donné que la police égyptienne demeurait toujours au même point mort.
Jiraya étudia de nouveau Kyosuke. Ce dernier n'avait rien dit d'autres, mais le vieil homme aux cheveux blancs se doutait que le réel but de l'aîné des Namikaze était en fait de retrouver la trace du tueur de son père à travers ce projet d'envergure.
En parlant de celui-ci, le vieux professeur regretta une nouvelle fois cet homme qui avait été son ancien élève, l'une de ses plus fières réussites en tant qu'enseignant. Néanmoins, il était rassuré de voir ce jeune homme vif et intelligent reprendre les rênes de l'entreprise, ce n'était peut-être pas pour rien que les gens du milieu le surnommaient parfois comme étant un « requin de la finance * ».
La main grattant sa barbe, il marmonna à son interlocuteur :
_ « Deux semaines…tu ne nous laisses pas beaucoup de marge. Mais je verrai avec le directeur pour avoir l'accord sur papier ».
_ « Je compte sur vous Jiraya », répondit Kyosuke avec un petit sourire. « Et ne vous inquiétez pas pour le reste, je m'occuperai du côté des autorités égyptiennes ».
_ « Tu as tout organisé avant de me l'annoncer hein, avoue ? », grommela le professeur. « Et … comment va Naruto ?. Je ne l'ai pas vu depuis une semaine ».
_ « Il tient le coup. La mort de mon père a été un coup dur pour nous tous, mais Naruto va plutôt bien. Et puis, il garde espoir que cette exposition nous conduira à l'auteur de ces meurtres ».
_ « Et il est toujours à l'hôpital en ce moment ?. J'aimerais bien aller le voir, mais je te soupçonne de l'avoir caché dans un endroit perdu sous prétexte de le protéger », tonna le vieil homme en pointant un doigt accusateur vers le brun.
_ « Rassurez vous, il est rentré hier à la maison. C'est avec peine que j'ai réussi à l'empêcher de sortir et de retourner au Musée dans son état. », rétorqua-t-il avec une pointe de reproche dans la voix.
Jiraya sourit de toutes ses dents à l'entente de ces mots. Naruto, ce jeune garçon était vraiment digne d'être le fils de son ancien élève. Il était vif, curieux, volontaire et avide d'apprendre. Et Dieu savait que le blondinet lui manquait, à lui aussi.
_ « Kyosuke, tu devrais lâcher ton frère un petit peu, il est grand maintenant », ricana le vieil homme.
Kyosuke ne releva pas la remarque et se contenta de terminer sa cigarette lorsqu'Itachi fit son apparition dans la salle.
Apercevant le successeur des Namikaze, l'assistant de Jiraya fit un léger signe de tête en guide de salut, l'air toujours imperturbable.
Kyosuke fronça légèrement les sourcils en le regardant passer. Cet homme était vraiment étrange. De son attitude jusqu'à sa manière d'être, tout en lui émanait quelque chose de particulier, de différent avec les égyptiens que le jeune homme avait pu croiser de toute sa vie sur cette terre étrangère.
Le brun aux cheveux longs attachés était calme et ne parlait pas beaucoup. Kyosuke se rendit compte que depuis son retour au Caire, il ne connaissait strictement rien sur cet homme curieux, si ce n'était le fait qu'il recherchait son frère perdu.
Depuis la mort de Minato, Itachi avait exprimé le vœu d'aller s'installer ailleurs, et ce, devant la surprise totale de tout le monde. Personne n'avait compris le comment du pourquoi de sa soudaine décision, pourtant Kyosuke avait dit oui, étant trop occupé par la crise à laquelle devaient faire face les membres de sa famille actuellement.
Depuis, Itachi travaillait toujours pour Jiraya mais ne revenait plus chez eux. Et aujourd'hui, après quelques semaines de non vu, cet homme arborait encore et toujours cette attitude déconcertante et bizarre.
Itachi passa devant le jeune homme assis, qui, après une autre bouffée de cigarette, attaqua :
_ « Itachi, ça vous dirait de participer à une exposition sous ma charge ? proposa-t-il en lançant un regard nonchalant par-dessus son épaule vers l'arrière de son fauteuil, là où se trouvait le brun. Celui-ci s'arrêta brusquement et se retourna :
_ « Comment ? »
_ « J'exposerai bientôt les objets que l'on a retrouvé dans le tombeau. Jiraya m'a parlé de vos connaissances sur l'Ancienne Égypte », exposa-t-il en désignant le vieux professeur. « Alors, seriez-vous tenter de participer en tant que guide pendant l'évènement ? », reprit-il avec le même sourire flegmatique aux lèvres.
Itachi fulmina intérieurement.
Comment cet homme osait-il lui demander cela ?. Il voulait présenter les vestiges mortuaires du tombeau sacré et exposer ceux-ci devant les regards vulgaires de simples humains ?. Ces trésors qui étaient censés appartenir à son petit frère Sasuke ?
Quel insolent! Itachi serra furtivement ses dents. Il aurait dû plutôt commencer sa vengeance par celui-là d'abord.
Pourtant, il répondit, le regard neutre :
_ « J'accepte. Ce sera avec plaisir que je participerai à votre exposition. », fit-il en s'accentuant sur les derniers mots, le regard accroché à celui de Kyosuke.
Celui-ci considéra silencieusement le visage de l'assistant lorsque Deidara entra en trompe dans la salle.
_ « Kyo, on a des nouvelles ! », lança-t-il tout en jetant un regard vers Itachi comme pour lui signifier de les laisser seuls.
_ « Dei, tu peux parler, ce n'est rien », l'héritier des Namikaze se contenta d'hausser les épaules, la cigarette toujours serrée entre ses doigts fins.
_ « Uhm. Il y a eu un autre meurtre. C'est un trafiquant du marché noir cette fois ci et il s'appelait Abuda. Apparemment, il a fait passer le mot comme quoi il était en possession d'une momie à laquelle il manquerait un coffre. Et quand la police est venue l'interroger, elle l'a retrouvé mort dans l'un des cercueils de sa boutique.
_ « Et la police a obtenu autre chose ? », s'enquit Jiraya.
_ « Dans la cave, on a trouvé pleins d'objets anciens dérobés, certains susceptibles d'être venus de notre tombeau. Et sur son corps, devine ce qui s'y trouve ?. Toujours cette putain de malédiction », cracha Deidara avec hargne. L'image du corps inerte de Minato gisant comme une danse macabre ressurgit dans sa tête.
Itachi demeura impassible malgré le léger froncement de sourcil qui trahissait son étonnement. Visiblement, la police avait été plus rapide qu'il ne le pensait.
Ses recherches l'avaient conduit jusqu'au bouge de cet homme cupide. La vie de ce misérable n'avait valu alors pas plus qu'un bracelet d'or, puisqu'il s'était empressé d'aller montrer au prince égyptien tous ces trésors cachés dans son repaire. Sa cave était remplie d'objets antiques et de pierres précieuses dérobées des tombes. Un simple coup d'œil avait suffi au brun pour savoir que le corps de son frère ne s'y trouvait plus.
Mais, lorsque ses yeux scrutateurs avaient accroché l'éclat rougeâtre d'un accessoire, son sang n'en avait fait qu'un tour. C'était le scarabée royal, le même qui était censé être sur le sarcophage de Sasuke. Alors, sa colère s'était faite impérieuse et destructrice.
Cet homme devait payer le prix de son insolence, tout comme cette famille Namikaze qui payerait par leur propre sang leur intrusion dans ce lieu sacré et solennel.
Itachi ne savait pas où se trouvait le sarcophage, et cette exposition se présentait pile poil comme l'occasion idéale pour punir ses ennemis.
Et bientôt, sa vengeance serait accomplie, ses ennemis seraient tous à ses pieds en train d'implorer sa clémence.
À cette idée, l'homme aux cheveux bruns esquissa un demi sourire feutré et tournant la tête vers la baie vitrée, il contempla le ciel bleu du Caire, cette nuance azurée qui allait de paire avec celle du Nil.
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Les préparations allaient bon train au sein du bâtiment officiel de la capitale.
Jiraya avait obtenu l'accord du directeur du Muséum, et celui-ci s'était empressé d'accepter le partenariat avec la compagnie américaine. Pourquoi devrait-il refuser l'offre de l'une des compagnies les plus influentes dans le pays alors que tout ce tapage apporterait une somme considérable à l'institution après l'évènement ?.
Le mot d'ordre de cette exposition était de donner aux spectateurs une reconstitution du tombeau et des trésors de cette époque fascinante qu'était l'Egypte antique. Étant donné le bruit crée autour des dernières fouilles de la famille Namikaze, les institutions étrangères avaient également émis l'idée d'assister à cet évènement grandiose.
Sur ordre de Kyosuke, les experts avaient accéléré la phase d'identification et certains objets avaient été réparés dans leur intégrité, qu'ils soient abîmés par le temps ou par le vol au Musée quelques semaines plutôt. Les caméras de vidéo surveillance étaient observées au maximum, les gardiens, la police, tout y trouvait sa place dans ce travail gigantesque...
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Naruto remonta les marches du grand hall du Muséum lorsqu'il aperçut Itachi dans un coin de la pièce avec d'autres employés. Depuis son réveil à l'hôpital, il n'avait pas revu son invité même une seule fois. Mais ce n'était pas non plus comme si Kyosuke le laissait sortir comme il voulait. Sur ce point, Naruto lui en était reconnaissant puisqu'en compagnie de sa mère et celle d'Iruka, la douleur avait été beaucoup moins dure à surpasser même si elle restait toujours là, au fond de ses pensées.
Néanmoins, son frère en faisait peut-être un peu trop. Et aujourd'hui, il avait profité qu'Iruka et sa mère soient occupés pour filer en douce.
L'étudiant mordit sa lèvre inférieure, si ses frères le voyaient ici, au Musée, ils l'enverraient loin de l'Égypte à coup sûr …
Naruto hésita. Il était venu juste pour voir Jiraya, et le tout devrait prendre seulement quelques minutes. Espérons qu'il échappe aux yeux de lynx de ses frères…
Naruto s'avança dans la direction d'Itachi. Il n'avait pas compris pourquoi le jeune égyptien avait décliné l'offre et s'était installé ailleurs. Mais peut-être ne voulait-il pas déranger sa famille pendant ce moment de deuil ?. Pinçant ses lèvres, Naruto se dit qu'il n'avait toujours pas pu aider le brun à retrouver la trace de son frère.
S'approchant tranquillement du groupe d'employés, le blondinet tapota l'épaule de l'assistant en lui offrant un sourire chaleureux.
_ « Itachi ! », sourit-il à l'intention de ce dernier.
_ « … Ah, Naruto. », l'ancien prince se força intérieurement de sourire. « Tu vas bien ? Ça fait longtemps », salua-t-il aimablement.
_ « Oui, très bien. Je suis venu rapporter une statuette au Musée. Je l'ai cassée la dernière fois », répondit le blond, la mine attristée. « Avec l'exposition, j'ai pensé qu'il faut quand même l'inscrire dans la collection, même dans son état. Voilà pourquoi je suis venu. Mais ne dis rien aux autres hein ?. Kyosuke ne veut pas me voir ici, enfin…, il ne veut pas me voir sortir de la maison tout court », reprit-il, l'air penaud.
Itachi lui sourit.
_ « Une statuette ? Fais-moi voir ça. Je pourrai peut-être t'aider à la reconstituer puisque je comprends l'ancienne écriture », proposa le brun en désignant du menton la boite que tenait Naruto.
Un sourire heureux et réjoui naquit sur les traits du blond, quel idiot il avait été ? Pourquoi n'avait-il pas pensé à ce détail plus tôt ? Itachi connaissait les anciens hiéroglyphes, donc, il aurait beaucoup plus de facilité que lui à recoller les morceaux entre eux.
Se hâtant d'ouvrir la boite, Naruto présenta à son ami ce qu'il avait pu refaire.
_ « Regarde, c'est cette statuette. » dit-il en tendant l'objet à Itachi qui le prit entre ses mains.
Le regard tranquille, celui-ci jeta un regard dans le fond du bac avant de pâlir brusquement. Il lâcha précipitamment la boite qui tomba, déversant son contenu sur le sol.
Sous l'impact, les morceaux cassés se brisèrent en plus petits fragments, Naruto poussa un cri stupéfait en se précipitant à genoux.
_ « Oh non! Tous les morceaux sont encore plus petits maintenant. Et mon travail… » gémit-il avant de s'approcher près du brun tremblant par terre.
_ « Tu vas bien Itachi ? », s'inquiéta le jeune garçon.
Le prince d'un autre temps n'entendit rien de ce qui se passait autour de lui. Fermant les yeux, ses oreilles bourdonnèrent. Le souffle coupé, il sentit les sueurs froides lui couler le long du dos pendant que ses mains tremblaient d'une manière incontrôlable.
Cette statuette, le talisman … sa bête noire.
C'étaient les prêtres de l'Ancienne Égypte eux même qui avaient forgé cet objet et l'avaient déposé près de son sarcophage. Dans le but de l'empêcher de revenir dans ce monde. Mais bon sang, pourquoi se trouvait-elle ici ?.
Itachi comprit alors la raison pour laquelle il s'était réveillé cette nuit là dans la vallée des rois. La statuette était cassée, ce qui l'avait libéré d'un sommeil de plus de trois milles ans.
Mais alors, pourquoi était-il le seul à avoir ressuscité ? Et Sasuke ? Qu'en était-il de son petit frère ?
Itachi resserra douloureusement ses mains.
Si jamais la statuette était reconstituée, cela signifiait qu'il ne pourrait plus rester dans ce monde. La magie ancestrale de la statuette l'enchaînerait et le ramènerait vers le passé, vers son époque et son monde.
Mais Itachi ne pouvait accepter cela, il n'avait pas encore trouvé le corps de son frère, il ne pouvait donc pas partir de cette façon.
Pendant ce temps, Naruto était allé chercher son professeur. Ensemble, ils revinrent précipitamment vers le brun et l'aidèrent à se lever.
Un employé apporta un verre d'eau à l'homme pendant que le jeune étudiant ramassait les morceaux par terre.
_ « Je suis désolé … j'ai eu un malaise », s'excusa Itachi avec un regard vague en désignant la statuette cassée.
Jiraya contempla à son tour les fragments et lui dit :
_ « C'est pas grave. C'était déjà cassé avant », répondit-il avec un soupir navré. « Mais c'est quand même dommage. Maintenant, pour reconstituer la statuette, ça ne va pas être de la tarte! »
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Le Caire - 21eme siècle - la nuit resplendissante de la beauté urbaine.
La mort violente perdait vite son intérêt auprès du public. Mais la momie, non. Tout ce que l'on pouvait dire était que la soirée d'ouverture de l'exposition avait été un franc succès.
Dehors, les véhicules se garaient et repartaient, apportant son lot de nouveaux arrivants. Les hommes se pressaient à l'entrée, ceux qui étaient encore dans la file d'attente se hâtaient d'avoir leur billet.
Dedans, la salle grouillait de visiteurs émerveillés qui se baladaient entre les vitrines. Les employés circulaient et expliquaient aux éventuels spectateurs le conte véhiculé par ces trésors antiques.
Les gens allaient et venaient, complimentant l'équipe d'organisateur de cette belle réussite.
La salle principale du Musée avait été découpée en petites chambres reproduites à l'identique, presque dans les mêmes dimensions, afin de donner aux visiteurs l'impression originale de l'espace funéraire. Et la chambre funéraire royale était le point clé de cet évènement, elle et ses fresques reconstituées, à défaut d'avoir la vraie momie, les organisateurs avaient déposé le premier sarcophage sur place, recouvert de son masque mortuaire en or.
Dans une autre grande pièce qui s'ouvrait au ciel grâce au grand dôme vitrée, se trouvaient plus de milles répliques des objets les plus marquants, façonnées par les artisans égyptiens. Des armures et leurs lourdes épées étaient positionnées à chaque colonne de pierre des deux étages.
Sur le premier niveau, des représentations multimédia permettaient de découvrir le monde culturel et religieux de l'époque: rites funéraires, mythologie, dynastie, hiéroglyphe … Depuis les rambardes de ce palier, les spectateurs pouvaient jouir d'une vue en plongée des articles posés au rez-de-chaussée.
Des jeux de lumière au ton tamisé accentuaient cette impression de mystère et de réalité aux yeux des spectateurs. En somme, tous les moyens avaient été déployés pour cet évènement spectaculaire en l'honneur de l'Égypte Ancienne.
Kyosuke serra pour la énième fois la main de l'une de ses connaissances lorsqu'il vit arriver Naruto et ses amis. Allant vers ces derniers, le jeune directeur tapota affectueusement la tête blonde de son frère.
Ce dernier avait opté pour un jean délavé qui épousait parfaitement ses fesses sur un tee shirt simple et blazer bleu retroussé. Kyosuke apprécia à sa juste valeur le choix du blond. En effet, celui-ci s'était abstenu de sortir sa grande couleur préférée qu'était l'orange, et cette couleur bleue nuit de sa veste accentuait le bleu vif de ses yeux tout comme elle faisait ressortir la couleur de ses épis dorés.
Campés sur ses deux côtés, les deux meilleurs amis du blond n'étaient pas en reste. Sakura avait choisi une robe rose classique modèle vintage assorti à ses cheveux coiffés en un chignon sophistiqué, tandis que Kiba avait pris un cardigan simple sur un pantalon en toile.
_ « Waouh, tu as du succès ce soir, frangin. Les filles n'arrêtaient pas de baver sur toi. Je les ai entendus à l'entrée », Naruto taquina son frère tout en lui donnant un léger coup de poing sur la poitrine.
_ « Ne dis pas de bêtises, tu sais bien que je vénère le célibat », rétorqua celui-ci en pinçant les joues de son petit frère.
_ « Meuh c'euh vreuh euh! (Trad. : Mais c'est vrai euh!) », fit Naruto, vexé que son frère qualifiait ses paroles de bêtise.
_ « Bref, vous êtes superbes. Sakura, tu es magnifique ce soir », continua-t-il à l'adresse de la jeune fille. « Et vous êtes venus comment ? »
_ « C'est Dei qui nous a emmené ici ! Et il est parti se garer. Depuis que vous vous êtes faits passer le mot, je ne peux plus me déplacer seul comme avant », Naruto répondit à son frère tout en pointant un index accusateur sur son torse.
_ « Et je me dis encore que ce n'est pas assez pour ta sécurité », répliqua ce dernier en donnant une pichenette sur le front du blond. « Bon, je dois vous laisser maintenant. Amusez vous bien », dit-il avant de se retourner vers son frère : « Naruto, pas-de-bêtise, est ce clair ? »
_ « Moui », grommela celui-ci avant de tirer la langue à Kyosuke lorsque celui-ci eut tourné le dos.
Les trois amis se mirent alors à regarder la salle d'un œil émerveillé. Le rendu était superbe, la salle et la décoration donnaient vraiment l'impression d'être plongé au cœur de cette époque merveilleuse de la mythologie égyptienne. Et s'il y avait eu le sarcophage, ça aurait été encore plus formidable, pensèrent les trois apprentis archéologues.
_ « Je ne vois pas Jiraya », fit remarquer Naruto en jetant un regard dans la salle. Le profil imposant de leur professeur n'était pas ce que l'on pouvait facilement manquer même dans une pièce grouillante de monde.
_ « Tu ne le sais pas ? Il est resté chez lui depuis le jour où tu as ramené la statuette. Il voulait à tout prix la reconstituer pour cette exposition », fit Kiba en sifflotant.
_ « Ah oui ? », s'étonna Naruto, l'espoir naquit dans son cœur que Jiraya puisse enfin recoller la statuette.
_ « Et si on allait dans le jardin ?. Il y a un peu trop de monde là, on reviendra tout à l'heure »
Les deux garçons acquiescèrent et accompagnèrent leur amie vers le portail intérieur du bâtiment.
Depuis le premier étage, Itachi remarqua du coin des yeux les jeunes étudiants sortir de la grande salle avant de retourner auprès du groupe de spectatrices qui buvaient littéralement ses mots …
La sortie intérieure du Muséum donnait accès à la cour arrière du bâtiment. Des arbres et des plantes médicinales y étaient plantés, et au loin, les marches de pierre s'ouvraient directement sur le cœur du fleuve dans un panorama merveilleux.
« Le niveau de l'eau est haut ce soir », se dit Naruto en contemplant l'encre noire du Nil qui coulait devant eux.
_ « On peut aller tremper nos pieds dans l'eau ? », proposa-t-il à ses amis.
_ « Non, je n'ai pas envie de mouiller ma robe », refusa catégoriquement Sakura .
_ « …Eh, ne me regard pas comme ça. J'y vais pas non plus! », s'exclama rapidement Kiba devant le regard inquisiteur du blond. « J'ai peur des crocodiles du Nil », avoua-t-il, le visage quelque peu crispé.
_ « Quoi ? », rigolèrent les deux amis.
_ « Hey, ne vous moquez pas de moi ! C'est vrai ce que j'ai dit. Je l'ai lu dans un livre ancien la dernière fois. Le crocodile est aussi un dieu égyptien, et il parait qu'il remonte souvent la nuit sur terre pour manger ceux qui ont trahi le pharaon. Vous avez entendu cette histoire ? »…
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Pendant ce temps…
La salle était peuplée de monde. Dans un angle au rez-de-chaussée, Kyosuke consulta attentivement un rapport remis par son assistant lorsqu'il sentit venir un danger imminent. Du coin de l'œil, il remarqua un cri de surprise alors que d'autres regardèrent vers le plafond.
D'un formidable instinct de survie, il ne réfléchit pas plus et fit un bond sur le côté, les sens en alerte. Retournant vivement la tête, il l'aperçut. Une épée avait atterri là, à l'endroit même où il se trouvait l'instant d'avant. La lourde lame s'était plantée dans le sol, sa garde se balançant des deux côtés d'une manière sinistre sous la force de la chute.
Tout le monde se précipita vers lui, d'autres l'aidèrent à se relever. Kyosuke fronça les sourcils, une sueur froide coulant le long de son dos. C'était l'épée de l'une des armures.
_« Montez au premier étage, l'épée a été jetée de là ! ». Le regard dur, le jeune entrepreneur regarda les gardiens partir en trompe vers les escaliers qui menaient à l'étage.
C'était sans aucun doute l'œuvre des malfaiteurs, probablement celui qui avait tué son père.
Serrant les poings, Kyosuke parcourut des yeux les rambardes de l'étage au dessus de sa tête. Sous l'agitation, les visiteurs s'étaient agglutinés près des balustrades pour voir ce qui se passait en bas. Et malheureusement, il ne put déceler un suspect parmi toutes ces paires d'yeux horrifiés et curieux qui le fixaient.
Dans un angle de l'étage, les hommes chuchotaient et se penchaient par-dessus la rambarde pour voir l'état du jeune Namikaze. Et dissimulé derrière eux, Itachi darda secrètement sur son ennemi un regard enflammé de colère. Il avait profité d'un moment importun, et avec un coup pareil, les chances de survie de cet homme étaient carrément nulles.
Pourtant, il lui avait encore échappé, et cela, grâce à un instinct de survie infaillible, celui-là même qui l'avait tiré d'affaire. Encore un peu, et ce Namikaze serait mort pendant sa propre exposition.
Mais la colère d'Itachi fut interrompue en voyant débarquer le professeur Jiraya avec une petite vitrine dans la main. Et l'objet qui s'y trouvait, il le reconnaîtrait entre milles, c'était la statuette sacrée.
Kyosuke dépoussiéra fermement les manches de son costume lorsqu'il vit le vieux professeur fendre la foule sous les protestations indignées des visiteurs jusqu'à l'endroit où il se trouvait.
_ « Kyosuke! J'ai réussi ! », souffla Jiraya avec enthousiasme.
_ « Quoi donc ? »
_ « Regarde ! J'ai renoncé à mes parties de saké avec Tsunade et je suis resté devant cette statuette pendant des jours! Et bingo! J'ai enfin réussi à la reconstituer ! ». S'exclama-t-il en montrant fièrement son travail.
En effet, les morceaux brisés avaient retrouvé leur place d'origine, et devant eux, la statuette se présentait comme ce qu'elle devait être quelques semaines plus tôt. Sur le socle de la vitrine, il ne restait que quelques fragments laissés délibérément par Jiraya.
Itachi pâlit en voyant la scène qui se déroulait sous ses yeux.
La statuette avait retrouvé son état d'origine, et brusquement, le brun sentit sa force faiblir peu à peu. Ses yeux n'étaient plus aussi nets et le voile rouge commença à recouvrir petit à petit sa vision. Il eut du mal à respirer, et le visage perlé, il se retira discrètement de sa place derrière le groupe de visiteurs curieux.
S'appuyant contre le mur, il s'avança vers la sortie, le visage toujours neutre malgré les perles de sueurs à son front qui trahirent son état physique.
Non, si la statuette était reconstituée, il serait automatiquement renvoyé dans son monde, dans son passé, et son frère, et sa vengeance ? Et il n'avait pas pu non plus tuer ce Kyosuke de ses propres mains.
Mais une lueur machiavélique traversa ses yeux. Il lui restait un moyen pour détruire cette famille maudite des dieux, si jamais il était obligé de quitter ce monde et cet endroit.
Alors, d'un pas alerte et empressé, il se dirigea vers la sortie qui donnait accès au jardin du Musée …
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_ « Je vais au toilettes, attendez moi, je reviens tout de suite », Sakura avertit ses deux amis, les joues un peu rouge de honte.
Les deux garçons de la bande partirent en fou rire lorsqu'elle eut le dos tourné. Vu la mine atterrée qu'elle faisait, Sakura avait un peu trop cru à l'histoire de Kiba. Les deux amis papotèrent tranquillement, assis sur un banc dans le jardin quand soudain, ils entendirent un brouhaha incroyable provenant de la salle.
_ « Pourquoi il y a tant de bruit tout d'un coup ? », s'étonna le blond en regardant par-dessus l'épaule de son ami.
_ « Je sais pas, si on allait voir ? »
_ « C'est bon, vas y, je reste ici. Si je pars avec toi, quand Sakura reviendra, elle va croire que les crocodiles du Nil nous ont mangé », rigola Naruto en faisant un clin d'œil complice à l'amoureux des chiens.
_ « Okay, j'y vais. À toute de suite. »
Kiba s'en alla et Naruto, resté sur place, promena son regard sur la végétation autour de lui tout en tapotant tranquillement ses doigts contre le banc. Offrant son visage à la brise de la nuit africaine, il esquissa un sourire devant la beauté nocturne du Caire.
Le bruit de l'eau qui se fracassait contre les marches non loin de là attira son regard. Il détacha lentement ses prunelles vers le Nil.
Le courant était vraiment fort ce soir…
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Jiraya et Kyosuke examinèrent de plus près la statuette, devant les yeux émerveillés des spectateurs et des journalistes qui se félicitaient de pouvoir assister à une restauration en direct.
_ « Il ne reste plus beaucoup de fragments, et vu que vous avez reconstitué presque tout, pour ces morceaux, ça va être facile je pense », observa Kyosuke en manipulant soigneusement la statuette.
_ « Ah, je suis tellement fier de mon travail », s'exclama le vieil homme aux cheveux blancs devant l'assemblée amusée.
_ « Vous êtes une perle Jiraya », répliqua Kyosuke en prenant sur le socle les derniers fragments cassés …
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Naruto sursauta en percevant un bruit feutré dans son dos. Se retournant vivement, il aperçut Itachi non loin de lui et qui s'approchait d'un pas raide, le visage froid et inexpressif.
_ « Naruto, viens ici », dit-il en tendant la main au blond.
_ « Itachi ? Qu'est-ce que tu fais là ? Tu n'es pas avec les visiteurs ? », demanda le blond en jetant un regard étonné vers l'intérieur du bâtiment. Mais déjà, la poigne d'Itachi s'était resserrée comme un étau autour de son bras. Et d'un pas rapide et allongé, il l'entraîna au loin, vers le bord du Nil.
_ « Que fais tu Itachi ? C'est le fleuve là bas! Lâche-moi », s'écria Naruto, la peur s'insinuant dans sa chair.
_ « Tu viens avec moi », rétorqua celui-ci, implacable. « Je ferai de toi un esclave, l'être le plus bas de la société, pour que ta famille ne connaisse plus jamais le bonheur et la joie dans cette vie », reprit-il en le fixant de ses yeux durs.
_ « De quoi tu parles ? », Naruto pâlit devant les paroles de celui qu'il avait considéré comme un ami. Ses pensées s'entrechoquèrent lorsqu'il vit pour la première fois les yeux rouges du brun.
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Kyosuke posa lentement le dernier fragment sur la statuette sous les flashs des caméras lorsqu'un cri assourdi parvint jusqu'à leur oreilles.
_ « KYO ! »
Tout le monde sursauta et chercha des yeux la direction d'où venait le cri strident. Le jeune directeur devint blanc, c'était la voix de son petit frère, et il ne vit point sa présence dans la salle.
Se frayant rudement un chemin parmi les visiteurs agglutinés, il aperçut Deidara qui avait également joué les coudes jusqu'à lui.
_ « Qu'est-ce qui se passe ?. Tu vois Naruto ? », demanda-t-il, inquiet.
_ « Non, je ne l'ai pas vu depuis tout à l'heure…. Regarde! C'est Kiba! »
Pistant le brun qui était bloqué dans la foule non loin de là, ils accoururent vers le brun, la mine alarmée.
_ « Kiba, où est Naruto ? »
_ « Il est dans le jardin botanique du Musée », s'empressa-t-il de dire avant d'ouvrir la marche. L'expression des deux hommes avait suffi pour lui faire comprendre que quelque chose clochait.
Deidara et Kyosuke se regardèrent, Naruto n'était pas avec Kiba et ce cri qu'ils avaient entendu…Dans un sursaut, ils dévalèrent les marches et s'enfoncèrent vers la sortie.
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Malgré ses mouvements brusques et récalcitrants, Itachi continua de l'entraîner irrémédiablement vers les marches de pierres tandis que la poigne de fer du brun se resserra douloureusement autour de lui.
Naruto avait beau crier, appeler au secours, et tenter de raisonner Itachi, celui-ci demeura imperturbable et s'avança vers le courant du fleuve comme s'il était le seul à y avoir vu un point invisible. Sous ses pieds, Naruto sentit le cours d'eau monter petit à petit sur ses chevilles, sur son jean, et bientôt sur les cuisses.
Et le courant clapota dangereusement contre son ventre.
_ « Lâche-moi Itachi! Je ne t'ai rien fait! », cria-t-il en essayant de donner un coup au brun qui l'encaissa passivement.
_ « Je suis obligé de retourner dans mon monde, alors, tu me suivras », décréta celui-ci.
_ « Je ne comprends rien à ce que tu dis! Et même si c'était le cas, je ne le veux pas! Par pitié, lâche-moi! Kyo! Dei! », gueula le blond en voyant l'eau monter à sa poitrine. Il espérait que quelqu'un vienne là, maintenant, tout de suite, pour le délivrer de cette eau sombre et profonde qui lui donnait l'impression d'être dans un gouffre interminable.
_ « Ta famille a ouvert le tombeau où moi et mon frère reposions. Et maintenant, son corps a été volé. Tu dois payer pour ce crime. »
L'eau monta rapidement à ses épaules, et le menton du blond fut bientôt dépassé par l'eau froide de la nuit d'été. À sa gauche, Itachi paraissait inébranlable, comme si l'eau du Nil ne lui faisait aucun effet.
Se débattant, Naruto suffoqua quand l'eau entra dans sa bouche et son nez, ses yeux s'aveuglèrent pendant que ses oreilles bourdonnèrent de ce son typique lorsque l'on était immergé sous l'eau. Malgré la virulence de ses gestes, Itachi l'entraîna encore et encore, de sa force mystérieuse, vers le fond noir du glacis.
Naruto perdit pied au bout un moment et battit vigoureusement ses membres pour remonter à la surface. En vain.
Son tortionnaire retenait toujours ses bras et ne semblait pas prêt à le lâcher. Ses yeux lui piquèrent, et dans cette brume visqueuse, il eut l'impression de voir Itachi avec des perles rouges grandes ouvertes. L'air lui manqua dangereusement et Naruto perdit peu à peu sa force.
« Maman, Kyo, Dei, Iruka… »
_S.U_N.U_
Lorsque Kyosuke et Deidara arrivèrent au jardin, il ne restait plus personne sur place. La brise continuait de balancer au gré de son vent les branches d'arbres, et le courant du Nil s'acharnait à gronder dans le noir.
Il n'y avait aucune trace de Naruto ou des malfaiteurs dans les alentours, mais il restait seulement cet écho lointain d'un rire illusoire.
Kyosuke et Deidara avaient presque retourné toute la ville cette nuit là et les jours suivant afin de retrouver le blond porté disparu. Sur tous les coins de la ville, on faisait faire afficher des tracts où il était question d'une somme coquette contre des nouvelles du jeune étudiant, et le nombre incalculable de gens qui venait faire une déposition n'était intéressé que par l'appât du gain.
La famille Namikaze connut une autre crise ce jour là. Dévorée par la perte de son enfant, Kushina tomba malade sous l'œil impuissant et anxieux d'Iruka.
Mais…pendant que les recherches se mobilisaient dans toute la ville troublée par la disparition du jeune américain et que la police passait au peigne fin les endroits les plus reculés du Caire, personne ne se doutait de l'impossible.
Personne ne pouvait imaginer que Naruto était à la fois si près et si loin d'eux. Perdu dans ce monde où il avait atterri, seul et isolé, le jeune garçon s'exposait à présent aux monstruosités de cette époque antique où la survie n'était pas tout ce qu'il y avait d'évident.
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Village Goshen - Thèbes.
Un jeune garçon courait allégrement dans les herbes, l'arc à la main. Les cheveux mi longs lâchés en deux mèches sur ses épaules, il pressa le pas de sa mère tout en poursuivant l'oiseau volant au dessus de sa tête. S'arrêtant au milieu du champ, il leva son arc rustique et visa l'animal noir dans le ciel. Son œil vif et futé évalua la vitesse de la bête, et agrippant fortement l'arc, l'enfant tira un coup sec dans l'air.
La flèche partit et frôla de peu l'oiseau effrayé qui s'envola encore plus haut sur le Nil, échappant comme il put à cet enfant qui le voulait comme plat pour le dîner.
Le garçon gonfla les joues, le regard mécontent.
_ « Zut! Je l'ai raté ! »
Une voix douce et amusée se fit entendre dans son dos.
_ « Haku, viens, on va rentrer. Il vaut mieux que les soldats ne nous voient pas dehors à cette heure ci », conseilla la femme tout en souriant doucement à son enfant comme pour le consoler de son échec.
_ « Maman! Viens voir vite! Vite! »
Celle-ci, surprise par les appels pressants de son fils, se dépêcha d'aller vers lui et ses yeux s'agrandirent d'ébahissement devant la scène qui s'offrait à leur regard.
Caché derrière des buissons d'herbe, un garçon un peu plus âgé que son fils gisait au sol, inconscient. Il avait des cheveux couleur de soleil et s'accoutrait dans des vêtements étranges.
La mère s'approcha vivement du garçon et tâta ses joues. Celui-ci, toujours évanoui, prononça des mots qu'elle ne comprit absolument pas dans son rêve trouble. « Kyo, Dei, maman »
À son tour, Haku s'agenouilla à genoux et toucha les mèches d'or, le regard interloqué.
_ « Whouahh, regarde ses cheveux maman! C'est la première fois que je vois des cheveux comme ça. Ils sont magnifiques ! », s'exclama le jeune garçon, les yeux brillants de fascination.
_ « Ce garçon n'a pas les mains calleuses comme nous, dit-elle en examinant de plus près le garçon, ce n'est sûrement pas un esclave. Et cet endroit est près du fleuve, comment se fait-il qu' il se soit échoué ici ? », se demanda-t-elle en jetant un regard autour de la rive.
_ « Dans ce cas, on fait quoi avec lui ? »
_ « Ramenons-le chez nous. Et faisons attention que les soldats ne nous voient pas. S'il est ici dans cet état, c'est que probablement, il fuit quelqu'un », décida la mère qui passa le bras du garçon évanoui par-dessus l'épaule de son fils.
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Dans son inconscience troublée par la peur et l'angoisse, Naruto vit comme dans un songe ses frères le chercher de tout part dans la ville. Mais le blond ne put les atteindre. Autour de lui, tout était bleu nuit et invisible de cette effrayante couleur du Nil nocturne.
Et cette voix dure et froide qui répétait à son oreille qu'il vivrait les pires moments de sa vie. Ses cheveux ternissant par la crasse et le travail, ses yeux bleus perdant cet éclat innocent et enjoué, et qu'il finirait sa vie, seul et désabusé, loin et dans l'ignorance du monde.
Le rire continua de résonner dans sa tête dans un écho fatal et cruel. Sursautant, Naruto ouvrit en grand ses yeux et se redressa vivement sur le lit, la mine fiévreuse.
Un jeune garçon d'une quinzaine d'année vint lui demander joyeusement :
_ « Ah, tu te réveilles enfin ! Tu es resté inconscient toute la journée d'hier. Ça va ? », questionna-t-il en faisant un grand sourire au blond.
Naruto demeura muet en fixant le garçon avec ses grands yeux stupéfaits. Où était-il tombé cette fois ci ?. Il était allongé sur un modeste lit de paille dans une petite maison qui ne dépassait pas les douze mètres carré. Les quatre murs étaient en… briques qui se reliaient par une sorte de colle noirâtre que le blond identifiait comme de la boue.
Il n'y avait pas grande chose dans la « maison » à part le strict nécessaire du quotidien. Le garçon portait une tunique simple en toile…comme un ancien égyptien, et dans un coin de la pièce, une femme faisait bouillir un récipient sur du bois.
Naruto dévisagea les deux personnes qui lui faisaient face pendant que le garçon se pencha et tâta son front. Son cœur rata un battement quand Naruto entendit de nouveau les paroles de son interlocuteur. L'homme, non, le garçon .. lui parlait en ancien égyptien, et plus abasourdi que jamais, le blond réalisa qu'il comprenait parfaitement ce que disait le jeune enfant.
Les paroles implacables d'Itachi dans le jardin du Muséum resurgirent dans sa tête confuse.
Naruto ouvrit la bouche, les yeux exorbités. Non, ce n'était scientifiquement pas possible, cela ne pouvait pas être vrai.
Relevant brusquement le menton vers le garçon qui le regardait avec étonnement, il demanda, la gorge sèche et la voix mal assurée.
_ « Excusez-moi, où est cet endroit ? »
_ « Tu es chez moi. Et on est à Goshen, c'est un village pas très loin de Thèbes », dit-il en souriant.
Naruto changea de couleur malgré l'attitude amicale du garçon. Seigneur! Goshen, ce nom lui était vraiment familier. Le blond avait déjà lu des articles consacrés à ce village dans ses livres de cours.
Goshen, surnommée « la bidonville des esclaves » dans l'Égypte Antique. Et Thèbes, ce nom connu de toutes les mythologies, l'ancien nom du Caire..
Il n'y avait plus de doute, il se trouvait à cet instant dans un passé qui avait plus de trois milles ans d'écart avec son époque.
Le corps tremblant de vertige, il se remit péniblement debout.
_ « Hey, où vas-tu ? »
Naruto n'écouta rien de ce que lui disait le garçon. Non, Itachi n'avait pas le droit de lui faire ça. Cet endroit n'était pas son monde à lui. Sa famille, son vieux professeur, ses amis, et son papa mort, c'était eux son monde, celui où il avait grandi et passé toute sa vie.
Tout se bouscula dans sa tête tant la situation le faisait frémir de déni. Rejetant le drap qui le recouvrait, il bondit vers la sortie comme pour échapper à la réalité qui se présentait devant ses yeux.
Mais déjà, la femme lui barrait le chemin et se mit devant la porte, bloquant de son corps la seule sortie de ces murs de brique.
_ « Mon garçon, ne sors pas maintenant. C'est très dangereux. », conseilla-t-elle.
_ « Que …
Le jeune enfant brun apparut dans le dos du blond.
_ « Oui, ma mère a raison. Si les soldats voient que tu es un étranger, ils te tueront, et nous avec ».
Naruto déglutit.
_ « Tuer ? .. », répéta-t-il, les yeux toujours effarés.
Un son strident se fit soudain entendre de l'autre côté de la cloison qui servait de porte à l'habitacle et une voix grasse retentit à travers les fentes des murs.
_ « Sortez! Sortez! C'est l'heure de travailler. Ceux qui sont en retard seront punis sévèrement », menaça-t-elle en répétant plusieurs fois l'ordre.
_ « C'est le signal d'appel. On doit y aller maman », fit Haku à sa mère.
Puis, s'approchant du blond toujours figé sur place, il lui dit :
_ « Mon nom est Haku, ma mère s'appelle Kurenai. Et toi ? »
_ « Naruto, mon nom est Naruto »
_ « C'est un nom étrange. Je l'ai jamais entendu de toute ma vie. Mais bref, tu n'est pas de Thèbes n'est-ce pas ?. Si je peux t'aider, n'hésite pas ! »
_ « Merci de m'avoir sauvé. Tu as raison, je ne suis pas de ce monde. Je suis américain et j'appartiens au 21eme siècle. Et je ne sais pas comment faire pour rentrer », souffla-t-il en passant la main sur le visage.
_ « Américain ? », s'enquit Kurenai en jetant un regard penaud à son fils. Celui-ci arrondit les yeux, jamais de sa vie, il n'avait entendu parler de ce mot. C'était peut-être un pays inconnu, loin du Grand Vert, ce qui expliquerait la couleur étrange des cheveux et des yeux de ce jeune homme.
Un autre gong retentit, Haku tressaillit et se hâta de se diriger vers la porte. Scrutant la ville extérieure, il déclara :
_ « Naruto, on en reparlera plus tard. Je dois aller travailler maintenant, sinon, les soldats ne nous laisseront pas tranquille. » À sa mère, il lui demanda : « Maman, cache les cheveux de Naruto avant de sortir. À tout à l'heure vous deux! ».
Naruto le regarda courir dehors en s'approchant derrière la porte. Dehors, c'était un monde inconnu, ce monde qu'il ne connaissait pas, ou du moins, qu'à travers les images et les livres de cours.
Tout ceci n'est pas un rêve, se dit-il, le cœur serré. Que devait-il faire maintenant pour retourner auprès de sa famille, et encore, savait-elle seulement où il se trouvait actuellement ?.
Pendant ce temps, Kurenai s'était approchée de lui avec des morceaux de bois brûlés dans les mains. Elle tendit également au jeune étudiant une tunique simple qui ressemblait à peu près à celle de Haku.
_ « Retourne toi. Je vais cacher tes cheveux sous un foulard. N'oublie pas, tu ne dois montrer tes cheveux à personne, sinon, ils te livreront aux soldats. Et quand j'aurai fini, vas te changer. Tes vêtements vont t'attirer des ennuis. »
Les paroles du pharaon dans sa soi disant hallucination revinrent dans sa tête. Les égyptiens n'aimaient pas les étrangers. Serrant le vêtement sur son cœur, il acquiesça en regardant la femme.
_ « Merci beaucoup. Mais que faites vous avec…ça ? », s'enquit-il en voyant Kurenai écraser le morceau de charbon de bois en une poudre fine.
_ « Je vais te l'appliquer sur le corps. Je te conseille de baisser la tête quand tu marches et aussi de cacher ton regard bleu. Les seigneurs de ce village aiment peupler leur palais avec de jolis corps, que tu sois un garçon ou une fille. Et vu comment tu es, ils ne te louperont pas s'ils te voient », lança-t-elle en appliquant la poudre noire sur les bras de Naruto.
_ « Je ne sais pas si je dois prendre ça comme un compliment ou un avertissement », articula-t-il, sidéré.
Après la transformation, l'ancien blond ne se reconnut plus. Il avait une tunique passe partout comme le commun des habitants de la ville. Ses cheveux clairs dissimulés sous un foulard, sa peau avait pris désormais une teinte foncée typique des africains sous la couche de poudre de charbon.
La mère de Haku esquissa un sourire triomphal en admirant son travail. S'enfilant un voile par-dessus sa robe ample, elle lui dit :
_ « Moi et mon fils, nous sommes esclaves de Thèbes. Haku travaille actuellement pour la construction du sphinx à l'effigie du nouveau pharaon, et moi comme toutes les autres femmes, je dois aller ravitailler les ouvriers pendant leurs heures de travail. Suis-moi, je dirai au garde que tu es un parent éloigné de Haku. »
Kurenai ouvrit doucement la porte et examina les alentours. Puis, discrètement, elle fit signe à Naruto de sortir. Inspirant profondément, celui-ci dépassa prudemment le seuil de la maison.
Et sous ses yeux hypnotisés, l'Égypte ancienne d'il y avait trois milles ans se dressait fièrement dans toute sa splendeur devant le jeune étudiant venu d'ailleurs. Les hommes et les femmes habillés dans des vêtements simples allaient et venaient, portant avec eux panier et matériel divers. Ils se fondirent dans la foule et suivirent le courant humain vers la grande place qui se situait devant les portes de Thèbes.
Sur le chemin, Naruto prit garde à ce que personne ne fasse attention à ses gestes comme le lui avait conseillé sa bienfaitrice. Mais heureusement, les habitants et ouvriers du village étaient bien trop absorbés et pris par leur travail pour remarquer l'étrange garçon auprès de Kurenai.
Au bout d'un moment, ils atteignirent la rive du Nil, là où s'élevaient les bruits assourdissants d'un gigantesque chantier.
Naruto arrêta ses pas et regarda tout autour de lui, le cœur fasciné malgré lui. C'était tout simplement fantastique ce qu'il pouvait voir là, sous ses yeux. Qui pouvait se vanter d'avoir assisté à une telle scène de l'Égypte Ancienne ?. Qui pouvait se targuer d'avoir été parmi les centaines d'esclaves qui ne seraient plus que poussière éternelle au 21eme siècle ?. Pourtant, le jeune étudiant perdu n'eut pas le cœur de s'en réjouir.
Il voulait retourner dans son monde et auprès de sa famille. Cette époque là n'était pas la sienne tout comme il n'y était pas à sa place. Il devait retrouver Itachi à tout prix, c'était le seul qui pourrait lui expliquer sa situation actuelle, et Naruto en était persuadé, le brun était aussi le seul qui savait comment le faire rentrer.
Néanmoins, le blond n'avait pas la moindre idée de l'endroit où se trouvait son ravisseur, et puis, comment s'enfuir de ce village grouillant d'esclaves et de soldats sans qu'on ne le démasque.
Perdu dans ses pensées, il tressaillit en entendant le chuchotement de Kurenai à son oreille.
_ « Marche naturellement Naruto, sinon, ils vont capter ton comportement étrange »
_ « Oui », s'excusa-t-il auprès d'elle. Pour lui-même : « Itachi, pourquoi tu me fais ça ? »
_ « Je crois que Sa Majesté arrive », fit Kurenai en jetant un coup d'œil vers l'agitation qui s'agrandissait vers l'endroit où ils se trouvaient..
_ « Que…Sa Majesté ? »
Les yeux de Naruto s'agrandirent en entendant le mot. Se retournant vivement vers Kurenai, il revit pour la deuxième fois de sa vie cet homme qui avait hanté continuellement son sommeil depuis ses mésaventures au sein de la vallée des rois.
Superbement bien campé sur les étriers de son majestueux cheval, le jeune pharaon galopa à travers le chantier en pleine effervescence, ses cheveux noirs dansant au vent alors qu'il fouetta fermement l'animal habitué aux allures vives et sauvage de son maître.
_ « Ne traînez pas, esclaves !. Je vous donne cinq jours pour finir cette construction, sinon, je vous sacrifierai tous devant l'autel », lança-t-il d'une voix mi menaçante mi moqueuse à l'assemblée.
Tout le monde se hâta de retourner à sa tâche, et de ses yeux noirs brillants d'intelligence et d'arrogance d'un jeune souverain, il regarda avec un orgueil mêlé de fierté l'avancement du chantier.
Naruto dévisagea de loin le pharaon avec stupéfaction. C'était lui, c'était le même qui avait approché la dague de son cou il y avait quelques semaines. Cet homme, ce pharaon au nom de Sasuke. Le visage du masque d'or sur le sarcophage et l'auteur de son hallucination.
Un homme dont le visage était recouvert d'un masque sombre chevaucha lentement son cheval vers l'empereur.
_ « Votre majesté, les inventeurs aimeraient vous montrer leur plans »
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_ « Qu'y a-t-il ?. Tu es tout pâle. », demanda Kurenai en prenant la main du blond figé sur place.
_ « Kurenai…, c'est …votre pharaon là bas ? »
_ « Oui. Il y a deux mois, notre ancien roi est mort, et le jeune prince Sasuke a accédé au trône à l'âge de vingt-deux ans. »
_ « Vingt-deux ans ? ». Naruto sursauta.
C'était à peu près ce qu'avait dit Jiraya lors des premières analyses. Alors, cela voulait dire … que cet homme allait mourir dans .. peu de temps ?. Le jeune garçon déglutit. Qui pourrait comprendre cette vérité accablante qui s'abattrait bientôt sur tout le territoire égyptien ?
_ « Sa Majesté Sasuke est très arrogant et c'est un personnage effrayant. Cette construction est en honneur du roi défunt. Il tient beaucoup à ce monument. Par conséquent, fais attention de ne pas croiser sa route », conseilla la femme en pensant que le changement d'attitude chez Naruto était dû au fait qu'il avait peur d'être attrapé par les soldats.
_ « Dis moi Kurenai …est-ce que ton roi, il a un frère qui s'appelle Itachi ? ». Naruto se retourna vivement vers celle-ci.
_ « Tu veux parler de son altesse Itachi ?. On ne connaît pas beaucoup de chose sur lui. Il est surnommé « le prince mystérieux » puisqu'il ne sort presque jamais du palais royal. Même s'il est le plus âgé parmi les deux enfants de notre feu le roi, son altesse Itachi est le fils d'une concubine. Et le trône est revenu de droit à Sasuke, qui était du sang de la reine »
_ « Kurenai, dis moi, tu sais où demeure Ita…
Naruto ne finit pas sa phrase que déjà dans son dos, un claquement de fouet se fit entendre. Le garde les fixa de son regard incendiaire et gronda dangereusement en signe d'avertissement.
_ « Vous là bas, dispersez! Et allez travailler! »
_ « Viens Naruto, dépêchons-nous, sinon, ils nous donneront des coups »
_ « Attends, je…
_ « Naruto, je répondrai à tes questions plus tard », coupa-t-elle en l'entraînant loin du garde. « Maintenant, je dois aller travailler, essaie de ne pas te faire prendre »
Un groupe d'ouvriers passèrent dans leur direction, et dans la cohue, Naruto fut bousculé sur le côté. Se retournant, il perdit la trace de Kurenai dans la foule d'artisans.
Des hommes aux bras robustes traversèrent la place avec de gigantesques morceaux de bois sur les épaules pendant que d'autres, suspendus dans le vide sur les murailles de Thèbes, posèrent des grilles et perforèrent la pierre tout en faisant attention à la proportion des hiéroglyphes. Les femmes apportaient de l'eau et du pain de mie aux ouvriers d'un secteur à l'autre, certains d'autres égyptiens à l'allure bourgeoise suivaient le travail depuis l'ombre tout en se faisant servir par leur esclaves.
_ « Le chantier du nord a besoin de bois! Vous ! Allez là bas! Et vous, le secteur sud a besoin de pierre, dépêchez vous !, gueula un homme depuis un échafaudage et qui semblait être le chef des opérations.
Un cortège d'hommes se fit entendre au loin. Des esclaves au torse luisant de sueur étaient regroupés en lignes, et ensemble, ils tirèrent sur une corde enroulée autour de leur ventre et s'avancèrent lentement d'un pas rythmé.
Le blond porta son regard arrondi vers la statue que traînaient ces hommes et resta sidéré devant la taille gigantesque du bloc de pierre qui apparut devant ses yeux.
C'était un sphinx titanesque au visage d'un pharaon et au corps d'un lion. Sur ses deux pattes, deux hommes beaucoup mieux habillés que le reste des esclaves se tenaient et donnaient des ordres voire des coups de fouet aux ouvriers.
Les hommes tirèrent sur les deux côtés, à l'avant et à l'arrière, faisant glisser l'imposant animal mythique sur des troncs de bois servant de socle et de tremplin.
Sous ses yeux bleus hypnotisés et ébahis, le sphinx arriva petit à petit vers la rive du fleuve. Tout le monde s'employa à le déplacer et on tourna la statue de telle sorte que l'animal de pierre ait la face exposée au soleil levant tout en demeurant juste au bord du Nil.
Naruto regarda la scène et repensa à nouveau à ce qu'il avait pu lire dans les livres archéologiques. Toutes ces étapes y étaient minutieusement décrites, elles avaient même été montées en films au cinéma, mais rien ne pouvait égaler le fait d'assister à ce spectacle de ses propres yeux.
Si Jiraya avait été là, il aurait sauté de joie devant un tel tableau. Mais la réalité rattrapa bientôt le blondinet. Il n'était plus le jeune étudiant exubérant et rieur de son vieux professeur. Désormais, réduit au simple stade d'esclave, Naruto n'était pas sans savoir que ce titre était le plus bas qui existait dans cette société païenne.
Ces monuments, ces gens, ces esclaves, ces sueurs, et ce sphinx.. Et cet homme roi, rien n'était irréel et fantasmatique. Et il était là enchaîné malgré lui dans cette vie qui n'était pas la sienne.
Ses yeux le piquèrent à la perspective de vivre éternellement dans cet endroit. Comment pourrait-il s'adapter à cette vie ?. Tout était si étranger et beaucoup plus cruel que ce qu'il avait lu dans les livres.
Une main tapota son dos, et se retournant, il vit Haku qui s'épongeait le front avec son foulard.
_ « Fais attention Naruto, ne reste pas sur la grande voie, les soldats te remarqueront plus facilement », chuchota-t-il en l'entraînant sur le côté du chemin rocailleux.
_ « Dis moi Haku, tu sais où habite le frère du roi, Itachi ? »
_ « T'es fou ? , s'écria-t-il, puis, se rendant compte de sa gaffe, il chuchota : « C'est un lieu interdit! Toute personne qui met les pieds là bas est tuée sur place sans restriction. »
_ « Même si c'est dangereux, je dois quand même m'y rendre. Sinon, je ne pourrai pas rentrer chez moi », répondit Naruto d'une voix déterminée.
_ « Mais c'est trop dangereux! »
_ « Haku, travaille! tonna une voix autoritaire.
Naruto délaissa le jeune garçon et se fondit dans la masse. Il décida de participer aux groupes de porteurs en attendant que ses sauveurs veuillent enfin lui dire où se trouvait Itachi. Le jeune garçon grimaça lorsque la pierre fut déposée sur son épaule, celle-ci n'étant pas du tout habituée à recevoir des poids lourd de ce genre. Serrant les dents, il banda ses muscles et reproduisit les mêmes mouvements que les autres esclaves quand soudain :
_ « Toi, l'esclave avec le foulard sur la tête, viens par ici ! », tonna une voix qui lui donna immédiatement la chair de poule.
Naruto suspendit ses gestes. S'était-il fait remarqué ? Baissant les yeux, il se retourna vers la direction de la voix et vit un égyptien au visage gras et hideux en train de le mater depuis sa chaise dans l'ombre.
Les paroles de Kurenai revinrent dans sa tête et des sueurs froides coulèrent dans son dos. Endurer la vie d'esclave jusqu'à la fin de ses mésaventures était une chose, mais se faire traiter comme un vulgaire objet de luxure dans un harem en était une autre.
_ « Tu as quel âge ? », s'enquit-il d'une voix libidineuse tout en détaillant l'ancien étudiant de la tête au pied.
Naruto garda le silence. Il préférerait encore mourir plutôt que de finir dans le lit de cet homme répugnant.
_ « Tu as entendu ce que j'ai dit, petit insolent ? », tonna l'homme, fâché cette fois ci.
Naruto paniqua. S'il ne faisait rien, il serait mort avant même d'avoir retrouvé son ravisseur. Alors, une idée naquit dans sa tête.
Relevant le visage dans une grimace monstrueuse et exagérée, il porta la main à sa bouche tout en beuglant dans des sons incompréhensibles et tordus.
_ « Beurk! Qu'il est laid !. En plus d'être noir, il est muet. Dégage de là, loin de ma vue ! », s'écria le gros homme dans un geste de dédain.
Trop content de lui, Naruto s'empressa de faire la révérence et se retira promptement. Une fois loin de la vue de ces hommes, il se permit un sourire lutin, le cœur soulagé. Il y avait échappé belle.
« Le faux noir » se retourna à son travail lorsqu'il aperçut la mère de Haku sur la grande voie. Celle-ci était juste devant une machine que le blond qualifia de concasseur de pierre antique.
Naruto lui fit signe quand soudain il vit le pan de robe de Kurenai se faire engloutir sous la grosse roue. Celle-ci continua à tourner lentement et embobina un plus grand morceau de la tunique sous son engrenage géant. Sous la force de l'étirement, Kurenai fut rejetée vers l'arrière et tomba sous la gueule plate de la poulie qui continuait à tourner.
Naruto courut vers Kurenai et s'arrêtant devant la machine, il hurla à l'homme qui dirigeait l'appareil :
_« Arrêtez ! Sinon, vous allez l'écraser ! », gueula-t-il, les yeux allant précipitamment entre Kurenai et l'homme.
Pourtant, celui-ci jeta à peine un regard à la femme qui était bloquée par un morceau de tissu sous sa roue.
_ « Non. Si j'arrête la machine, on sera en retard pour la construction. Une ou deux vie d'esclave n'est rien. »
Les yeux de Naruto s'enflammèrent face à tant d'indifférence de l'humain. Oubliant le fait qu'il devait se faire discret, il grimpa sur la machine et bouscula l'homme par terre, à l'autre côté de l'engin.
L'appareil s'arrêta sur le champ et le blondinet bondit de nouveau vers Kurenai. Déchirant le bas de sa robe qui était coincée sous la tour, il l'aida à se relever tout en la dépoussiérant.
_ « Tu vas bien ? », s'inquiéta l'étudiant.
_ « Merci Naruto, tu m'as sauvée la vie. Mais tu n'aurais pas dû ! Laisse moi maintenant et enfuis-toi. »
_ « Non, je ne peux pas », refusa-t-il en campant solidement sur ses pieds.
Des gens s'étaient assemblés autour d'eux pendant l'intermède. Tous regardèrent d'un œil mi curieux mi-impressionné cet esclave qui avait osé défier l'un des dirigeants du chantier.
L'étudiant égaré sentit soudain une présence menaçante dans son dos.
_ « Tu es mort petit misérable. Tu oses te révolter contre moi ? », rugit l'homme d'une voix haineuse.
Naruto sentit son cœur palpiter dans sa poitrine. Allait-il mourir même avant d'avoir vu Itachi ?. Cependant il avait fait ce qui lui semblait juste, alors soit! Il affronterait ses galères la tête haute.
_ « Arrêtez! » , une voix inconnue se fit entendre.
Naruto et les autres se retournèrent vers la provenance de la voix. Il vit alors l'homme à cheval qui avait parlé avec le pharaon au début de la journée.
Cet homme avait un beau costume soigné et fait dans de beaux draps, et plus curieux encore, son visage était recouvert d'un masque sombre qui cachait son oeil, empêchant quiconque d'apercevoir les expressions qui animaient sa face.
Voyant les autres s'incliner devant lui dans un geste respectueux, Naruto imita leurs gestes. Il vaudrait mieux pas qu'il attire plus d'ennuis inutiles. Le titre de l'homme fut révélé au garçon blond lorsque le barbu qui le menaçait s'exclama :
_ « Général Kakashi !»
Jetant un regard bref aux deux esclaves qui avaient provoqué la confusion, il se retourna vers l'homme :
_ « En mon nom, pardonnez la faute à cet esclave. Ce monument est en l'honneur de notre nouveau pharaon, Sa Majesté Sasuke. Je ne voudrais pas qu'il soit entaché par le sang d'un enfant. »
Naruto tiqua légèrement à l'entente du mot « enfant » mais ne releva pas ses paroles.
Le dirigeant de l'appareil s'empressa d'acquiescer à sa demande et s'éloigna de la foule, laissant Naruto et Kurenai seuls avec Kakashi.
_ « Je vous remercie », s'adressa Naruto à l'intention du général.
Celui-ci se retourna et l'examina d'un regard perçant avant de froncer les sourcils. Naruto ne comprit rien au début, quand tout d'un coup, il sursauta. Une de ses mèches blondes s'étaient échappées du foulard et recouvrait partiellement son oreille gauche.
_ « Un étranger donc », conclut le général, écrasant tout espoir du blond que celui-ci n'ait pas aperçu le détail fâcheux.
Naruto s'empressa de cacher ses cheveux et attendit le verdict, le cœur battant et le regard tourné vers le sol.
Soudain, l'homme esquissa un sourire sous son masque et fit
_ « Comment tu t'appelles ? »
_ « …Naruto. Je m'appelle Naruto. ». Il releva la tête.
_ « Je te donne ta journée. Ramène cette femme à la maison et soigne-la » , dit-il avant de s'éloigner.
_ « ..Merci… »
Naruto le regarda partir, le visage mi étonné mi heureux.
Ce militaire avait sûrement vu ses cheveux blonds, pourtant, il avait gardé pour lui ce détail.
Esquissant un sourire content, il prit Kurenai par le bras et la guida vers leur maison.
_S.U_N.U_
Le soir
_ « Ta jambe te fait mal, maman ? ». Haku finit de mettre la casserole sur le bois chauffant avant de retourner vers le lit de sa mère.
_ « Ça va, ça fait moins mal que tout à l'heure. Se retournant vers le blond : Je te suis reconnaissante Naruto. Tu m'as sauvée, et maintenant, tu m'as bandée le pied », souffla-t-elle en effleurant sa cheville enrubannée.
_ « Mais ne dis pas ça ! Haku et toi, ce sont vous mes sauveurs, rétorqua-t-il en souriant… Mais dis moi, ce général Kakashi est quel genre de personne ? », s'enquit-il.
_ « C'est le bras droit de Sa Majesté Sasuke. Il est très aimé du peuple grâce à sa générosité et à son intelligence.
_ « Une personne intelligente mais qui travaillerait pour ce roi arrogant ? », se moqua l'enfant aux cheveux mi longs.
_ « Haku, ne dis pas de bêtise », réprimanda la mère.
_ « Quoi qu'il puisse être, il nous a quand même sauvé cette fois ci », se dit Naruto en rangeant les bandelettes.
Malgré le temps qui s'écoulait et qui sonnait comme un glas dans le coeur de l'ancien étudiant, le couronnement du nouveau pharaon, ce fameux Sasuke, approchait à grand pas.
Dans toutes les rues de la ville, le peuple se réunissait pour l'évènement. Les gens dansaient et chantaient. Ils étaient heureux, aussi heureux que l'ambiance de la fête puisse faire oublier un tant soit peu leur misère et leur pauvreté. Et tous espéraient et priaient pour que ce nouveau roi soit celui qui saurait leur apporter de la prospérité et du bonheur ….
Les troupes d'artistes s'assemblaient devant le palais princier. Les danseuses faisaient des figures acrobatiques sous l'œil ravi et émerveillé des passants. Les ballerines, vêtues seulement d'un pagne à leur ceinture, jetaient des pétales de fleurs sur leur passage.
Les thébains se rassemblaient devant les marches du temple d'Horus, là où ils pourraient admirer cet être suprême qui porterait sur ses épaules l'avenir de tout un empire.
Sur les marches du gigantesque sanctuaire se tenait le jeune pharaon ainsi que toute la cour égyptienne. Magnifiquement vêtu sous sa cape ailée d'Isis, le jeune pharaon contempla la foule à ses pieds avec fierté et satisfaction. Non loin de là se trouvait son frère Itachi qui était habillé dans des vêtements sacrés d'un serviteur d'Horus. Ce serait lui qui remettrait au nouveau souverain les attributs royaux.
Ils étaient superbes et magnifiques, et ce jour particulier rendait Sa Majesté Sasuke exceptionnellement plus beau.
Les murmures se calmèrent peu à peu lorsque les deux princes s'avancèrent vers le peuple.
Itachi se présenta en premier, et levant ses deux paumes vers son frère, il déclara solennellement :
_ « Sasuke, fils de Fugaku, à partir d'aujourd'hui, tu seras notre nouveau pharaon. L'Égypte et son peuple t'écouteront. Que Ra et tous les dieux qui veillent sur l'Egypte te protègent, tout comme ils ont protégé nos ancêtres »
_ « Frère… », acquiesça-t-il d'un signe de tête.
Un prêtre vêtu d'une peau de léopard s'avança avec un plateau. Celui-ci contenait le flagellum et la crosse Héka, symbole absolu de tout pharaon. Itachi y prit les objets et en arma les mains de Sasuke. Après que les serviteurs aient mis la couronne d'Osiris sur la tête du nouveau pharaon, le peuple partit en des cris et des acclamations joyeuses. De partout, la phrase « Vive notre pharaon, vive l'Égypte » retentissait haut et fort, comme une promesse d'avenir.
Sasuke sourit, satisfait, lorsqu'Itachi s'approcha dans son dos.
_ « Le peuple thébain est déjà conquis par tes yeux », taquina-t-il. « Viens, retournons à l'intérieur, les émissaires étrangers attendent de t'adresser leurs félicitations et leurs voeux. »
Sasuke partit d'un sourire sarcastique.
_ « Leur vœux ?. Ce qu'ils veulent réellement, c'est de trouver une occasion pour nous envahir. Mais bon, Itachi, dépêchons nous d'aller finir cette réjouissante mascarade. »
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_ « Itachi! Itachi! », cria Naruto en se faufilant dans la marée humaine. Sautillant sur la pointe de ses pieds, il chercha éperdument la silhouette de l'ancien assistant de Jiraya.
Profitant du rassemblement, le blond s'était approché au plus près des marches. Il avait alors revu Itachi magnifiquement vêtu dans son costume de cérémonie, comme lors de sa soi disant hallucination. Mais Naruto ne saurait dire si ce pharaon Sasuke s'était souvenu de lui. De toute façon, il ne tenait pas non plus à le savoir, ce qui lui importait le plus à présent était Itachi et sa solution pour retourner au 21eme siècle.
Malheureusement, juste après la cérémonie, le brun s'était tout de suite éloigné avec son frère à l'intérieur du sanctuaire, laissant les habitants fêter l'évènement entre eux.
Une main se pressa sur son épaule, se retournant, il vit Haku qui lui intima de le suivre.
_ « Naruto, ne reste pas ici, sinon les gardes t'emprisonneront pour irrespect à son altesse Itachi. Je connais un passage à l'arrière du temple, viens, je vais te le montrer. Mais je ne sais pas s'il y a des gardes là bas… »
Le visage du blond s'illumina et il s'empressa de suivre le pas de son ami. Dans la mêlée, les deux garçons durent jouer des coudes, et soudain, le voile de Naruto se desserra et tomba sur ses épaules, dévoilant ses cheveux blonds brillants.
L'étudiant moderne sursauta et s'empressa de recacher ses mèches dorées. Ses cheveux rebelles n'ayant jamais été habitués à être couverts, Naruto avait donc du mal à chaque fois de les dissimuler sans l'aide habile de Kurenai.
Les deux garçons se regardèrent et poussèrent un soupir soulagé. Les gens autour d'eux n'avaient heureusement pas vu ses cheveux, étant trop occupés à faire la fête.
Ils se faufilèrent parmi les passants et s'éclipsèrent rapidement, cherchant un chemin parmi les habitants joyeux. Mais ils ne savaient pas, qu'au loin, un homme avait remarqué cet enfant étranger différent des autres. L'éclat de soleil des cheveux du blond avait attiré le regard surpris et avide du grand prêtre qui se trouvait toujours sur les marches du palais.
Orochimaru, car tel était son nom, de son regard acéré voire dilaté tel un dangereux serpent, regarda le garçon en se pourléchant les lèvres.
Faisant signe à son serviteur, il se pencha et murmura à l'oreille de l'homme en pointant un doigt dans la direction du blond :
_ « Toi, ramène-moi cet enfant aux cheveux blonds. Il a l'air très appétissant », ronronna-t-il, le regard lubrique et brillant de concupiscence.
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Les deux garçons se mélangèrent dans le bain de foule joyeuse et empruntèrent discrètement une petite ruelle, échappant à l'œil distrait des soldats qui eux aussi, profitaient pour faire la fête. Heureusement pour eux, le petit chemin n'étant pas occupé par des gardes, ils purent donc continuer leur chemin de cloison en cloison.
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« Le prince d'Assyrie, son altesse Yashamaru », informa la voix du garde à l'entrée de la salle.
_ « À ce qu'il parait, il a préparé expressément un poème pour toi », fit Itachi, assis à côté du trône de son frère.
_ « Uhm… pourquoi devrais-je supporter ces corvées ? », maugréa Sasuke qui commençait à s'ennuyer fermement.
_ « Votre Majesté, ce prince est un poète, et il aime beaucoup vanter ses œuvres devant tout le monde. Personnellement, je n'ai jamais aimé ce qu'il écrit », intervint Kakashi, posté à l'autre côté du pharaon, la posture détendue, pourtant, son seul œil visible anticipait continuellement tout danger à l'encontre de son seigneur.
_ « Uhm ». À l'intention de l'assyrien, Sasuke lui dit « Pouvez-vous juste réciter un morceau, vous voulez bien ? ».
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Naruto et Haku se cachèrent derrière les buissons d'arbres lorsqu'ils aperçurent la présence des soldats non loin d'eux.
Regardant vers la sortie arrière du palais, ils virent des gardes postés en ligne peu espacée sur les marches du monument.
Naruto serra les dents, il ne pourrait pas entrer sans se faire remarquer. Dans son dos, Haku lui dit :
_ « Tu vois Naruto, il y a des gardes de partout. Allez viens, on rentre, on tentera à une autre occasion. Aujourd'hui est un jour important, les soldats sont tous mobilisés au palais. »
Le blond mordit ses lèvres. Il savait bien que ce qu'il faisait était dangereux, mais s'il laissait passer cette occasion, qui sait si et dans combien de temps il retrouvera Itachi, l'auteur de ses maux ?
Finalement, résigné, il se retourna et suivit lentement Haku, les yeux qui trahissaient son regret toujours tourné vers l'entrée. Par conséquent, son pied se fracassa contre un caillou qui rebondit plus loin d'eux, attirant l'attention des gardiens sur le bruit suspect.
Sursautant, les deux garçons se cachèrent derrière les arbres, le cœur palpitant. POutant, aucun garde ne s'approcha de l'endroit où ils se trouvaient.
Haku lui fit un signe muet de l'imiter et le blond se mit à quatre pattes comme son ami. Ensemble, ils repartirent vers le chemin qui les avait emmené jusqu'ici.
Au loin, Naruto entendit une autre voix assourdie retentir au sein du palais.
« La princesse Hinata d'Hittite, et sa cousine, la princesse Tenten. »
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_ « Tenten, tu es sûre que tout ira bien ?. Et si on envoyait une missive en Hittite pour que mon père et Neji sachent que nous sommes bien ici ? », demanda timidement Hinata.
_ « Mais non, cousine, ne crains rien. Nous serons ici juste pour une semaine, pas plus. On m'a dit que Sasuke, le nouveau pharaon est très beau, et c'est l'occasion de le voir de nos propres yeux », rétorqua Tenten, sûre d'elle.
_ « Pourquoi est-ce que je me suis laissée convaincre par toi de venir ici sans avertir mon père », soupira-t-elle en esquissant un petit sourire vaincu devant l'aplomb de l'autre brune.
_ « Parce que je suis la seule à savoir que tu t'ennuies à Hattousa. Et puis, réfléchis, ton père et ton frère Neji, ils n'apprécient déjà pas l'Égypte, alors, crois-tu qu'ils accepteraient que tu viennes ici ? De un, pour voir l'égyptien, de deux, pour soi disant présenter tes vœux en tant que princesse d'Hittite, alors, je te repose la question : crois tu qu'ils accepteraient tes raisons ? »
_ « Mais…, hésita Hinata.
_ « Pas de mais qui tienne!. Écoute, je sais que tu es curieuse toi aussi de voir ce Sasuke, alors, maintenant que l'on est là, autant le faire ! », encouragea Tenten en poussant Hinata vers l'avant.
Alors, cette dernière ravala sa timidité et, redressant le menton, elle se dirigea d'un pas digne et noble vers la salle d'audience.
Sasuke commençait à être blasé par tous les vœux creux des émissaires lorsqu'on lui signala l'arrivée de deux princesses d'Hittite.
Il fronça légèrement les sourcils. L'Égypte n'avait jamais eu une très bonne entente avec Hittite, même si les deux pays s'efforçaient de témoigner un minimum de respect l'un envers l'autre. La présence de ces deux princesses ici, à Thèbes, était vraiment très étrange.
Les deux jeunes femmes firent leur apparition et les yeux d'onyx du jeune roi évaluèrent les deux figures féminines qui s'avançaient lentement vers le trône.
_ « Votre Majesté, la princesse qui se trouve à droite s'appelle Tenten. Il parait qu'elle est très coquette et fait dépenser des sommes faramineuses dans ses costumes. Et l'autre jeune princesse est la fille chérie du roi Hiashi. On ne connaît rien d'elle sinon qu'elle ne se montre pas beaucoup en public.. », exposa Kakashi en se penchant discrètement à son oreille.
Sasuke acquiesça silencieusement et fixa de nouveau les deux invitées surprises. En effet, la princesse au nom de Tenten avait quelque chose de plus libérale et un brin provocateur. Et l'autre jeune femme, elle était plutôt jolie dans sa robe simple mais qui mettait en valeur ses formes gracieuses.
Le sourire narquois de Sasuke s'agrandit au fur et à mesure que les joues de la dite princesse devinrent rouges lorsqu'elles arrivèrent devant lui.
Se levant de sa chaise d'or, il vint vers les deux jeunes femmes, sous le regard étonné puis froid d'Itachi.
_ « Bienvenue à Thèbes, mes princesses. On m'a dit que vous aimeriez séjourner quelques jours dans notre royaume ? », s'enquit-il en dévisageant Hinata avec un regard intéressé.
Celle-ci, trop honteuse d'être ainsi observée par un homme, baissa les yeux pendant que Tenten, visiblement sous le charme du beau pharaon, s'empressa de répondre :
_ « Oui, mon pharaon. Nous voudrions rester ici quelques jours…Mais… si vous y tenez, nous resterons ici définitivement », ajouta-t-elle.
Sasuke s'estomaqua du double sens peu courtois de l'hittite tandis qu'Hinata devint rouge de gêne devant les paroles peu conventionnelles de sa jeune cousine. Mais jetant un coup d'œil furtif au pharaon, elle sentit son cœur s'emballer. Et secrètement, son cœur pria pour que la suggestion de Tenten devienne vraie. Elle aussi, elle était tombée sous le charme princier et la beauté pleine de grâce de ce jeune égyptien.
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Après l'audience, Sasuke avait convié ses invités à partager une fête mille fois plus belle et plus riche que celle des thébains dans son palais.
Le banquet battait son plein. On répétait des louanges et des félicitations exagérées qui ne faisaient qu'hérisser de plus en plus le jeune souverain.
Les danseuses enchaînaient les danses les plus imagées et les plus acrobatiques pendant que les convives s'enfonçaient dans les gros coussins de velours, s'imbibant du bon vin et des beaux mets.
Sasuke buvait distraitement son vin, le corps reposé sur un amas de coussins moelleux cousus par des fils d'or lorsque Tenten leva la voix. Celle-ci était adossée contre un autre amoncellement de traversin avec sa cousine Hinata.
_ « Votre Majesté, permettez-moi de vous faire une proposition : Vous n'avez pas encore pris de reine …tout comme ma cousine qui n'a toujours pas de fiancé, alors… que pensez-vous d'une alliance entre nos deux royaumes ?. Réfléchissez, ça n'apportera que des bénéfices aux deux empires. Égypte et Hittite. Ça sonne bien, n'est-ce pas ? », sonda-t-elle en faisait fi des tentatives de sa cousine pour l'arrêter de dire des bêtises.
Hinata alterna son regard entre le jeune brun et sa cousine éméchée, ne sachant plus quoi faire. Finalement, intimidée, elle baissa les yeux et tritura les plis de sa robes sous la mine désespérée de Tenten.
Itachi s'interposa soudain devant la proposition saugrenue de la princesse d'Hittite.
_ « Voyons, vous êtes ivre ma chère. Vous n'êtes pas sérieuse ? », plaisanta-t-il en offrant un sourire poli mais froid à Tenten dont les yeux troubles trahissaient son état de demie ivresse.
Mais avant qu'Hinata ne puisse défendre sa cousine, Sasuke leva la voix :
_ « Elle n'est pas mal votre idée », concéda-t-il après un silence tout en contemplant le liquide divin dans son verre.
Itachi dirigea ses yeux vers lui.
_ « Toi aussi, tu es ivre petit frère », murmura-t-il en esquissant un sourire teinté de reproche. Elle n'est pas faite pour toi Sasuke »
Mais celui-ci ne rétorqua rien et se leva de sa place. Les yeux songeurs, il porta la coupe à ses lèvres et la finit plus vite qu'il ne le fallait sous l'œil surpris de tout le monde.
Prenant son épée, Sasuke partit sans un mot, laissant ses invités dans cette salle inondée de chants et de rires.
Dehors, la nuit se dissipait et l'aurore envoyait ses premières étincelles derrière la colline.
_S.U_N.U_
Naruto dormit mal cette nuit là. Dans ses rêves, il revit sans cesse sa petite et joyeuse famille dans ce quartier tranquille de New York. Son frère Deidara qui lui chatouillait les côtes et qui ébouriffait ses mèches rebelles alors qu'il avait passé un temps fou à les dompter. Son autre frère Kyosuke qui lui pinçait les joues à chaque fois qu'il osait lui parler de mariage. Puis, vint ensuite l'image de sa maman adorée en train de pleurer sur la tombe de son père, les yeux rougis par les larmes et le visage émincé par la douleur.
Ses amis qui l'appelaient pour qu'il les rejoigne à leur jeu, Iruka qui se faisait du souci pour lui et qui oubliait même de s'occuper de ses plantes, celles qu'ils vénéraient avant tout, son professeur qui s'enthousiasmait devant ses anciens papyrus.
Tout se mélangea dans son sommeil trouble et Naruto se réveilla en sursaut.
_ « Non ! s'écria-t-il en bondissant de son lit.
Son visage était trempé de sueur et ses mains étaient moites. Se reprenant, il se vit toujours dans la petite cabane de brique de Kurenai et d'Haku. Assis sur son lit de fortune, il avait toujours les mains agrippées au mince vêtement qui lui servait de couverture.
À ses côtés, ses deux compagnons dormaient toujours d'un sommeil du juste. Naruto pressa deux doigts sur ses tempes. Ne pouvant se recoucher, Naruto se décida à sortir prendre l'air.
Il ouvrit silencieusement la porte, dehors tout était calme et désert. Depuis plusieurs jours qu'il était ici, il s'était rendu compte que la place était vraiment inoccupée la nuit.
Dans la chaleur restante des ténèbres, il traversa le quartier désert, fuyant tout ce qui était réalité et épuisant le courage dans ses songes tristes.
Devant lui se levait l'aube, le début d'un nouveau jour. Mais pour le jeune garçon, ce jour ressemblait au retour continuel de son cauchemar.
Des larmes perlèrent à ses yeux, les images de sa famille resurgirent en flot dans sa mémoire douloureuse, il craqua et se mit à courir, cherchant à épuiser ses forces et ses maux.
Apercevant le sphinx que les esclaves avaient installé quelques jours auparavant, il monta les marches et grimpa sur la patte de calcaire de l'animal sacré.
_ « Papa, si tu veilles toujours sur moi, aide moi s'il te plait ! Sors moi de cet endroit obscur, je ne sais plus si je pourrai supporter encore ce monde ! Papa! », hurla-t-il au ciel à l'intention de Minato, comme pour défouler ses angoisses.
Non loin des marches, de l'autre côté du sphinx, une personne se retourna. Elle aussi était venue chercher un peu de solitude…
La face de l'animal mythique était placée face au soleil, et dans la lueur naissante des rayons de l'aurore, Naruto ne vit pas le visage de l'être qui se trouvait non loin de lui. Il fronça les yeux, la lumière inondant ses iris bleus, la silhouette était celle d'un homme.
Et ...cet homme là n'était personne d'autre que Sasuke. Subitement mélancolique à cause des souvenirs de son père, il s'était laissé guider jusqu'ici sans se rendre compte.
Les cris l'avaient interpellés. Se retournant, il assista à une vision enchanteresse. Devant lui se tenait un ange magnifique dont les cheveux d'or ondulaient dans le vent dans une invitation silencieuse. Le reflet de ses mèches rebelles accrocha l'éclat lumineux et rendit le garçon encore plus irréel qu'il ne l'était, d'autant plus qu'il était figé dans une attitude surprise.
Plus le soleil montait, plus sa lumière rehaussait l'étrangeté et l'exotisme dégagés chez ce jeune étranger.
Alors ce jour là, Sasuke, le fier et orgueilleux prince qu'il était sentit son cœur rater un battement imperceptible pour la première fois de sa vie. Ébahi, il contempla longuement ce garçon venu des cieux ou des profondeurs du fleuve.
Ce fut l'instant fatal de leur rencontre, le premier regard échangé entre ces deux êtres irrémédiablement séparés par un passé de plus de 3000 milles ans mais dont le cœur battait déjà au diapason.
Au dessus de leur tête, l'étoile Sothis brilla dans le ciel de Thèbes comme le signe d'un nouveau tournant dans le cours de l'Histoire…
À suivre …
Notes :
Requin de la finance : Je l'ai vu pour la première fois dans le volume 6 (?) de la série In Dearth, et j'aime beaucoup cette expression. ^^'
Hattousa : capitale de l'Hittite.
Étoile Sothis (ou Sirius) : l'étoile portant des significations très symboliques dans l'Égypte Ancienne ( ce détail sera mieux expliqué dans les prochains chapitres )
Pour le dessin, comme toujours, pensez à enlever les * dans le lien. ( Et ne faites pas attention au croquis à côté, j'avais juste trop la flemme de le gommer XD )
*http:*/*/*i44*.servimg.*com/u/f44/12/84/77/56/*img48810*.j*p*g*
Merci beaucoup d'avoir lu mon chapitre, j'espère que ça ne vous a pas trop déçu. J'ai voulu rester le plus compréhensible possible, mais il se peut que certains détails restent encore flous, dans ce cas, s'il vous plait, signalez moi si vous n'avez pas compris quelque chose...
Je vous envoie mes 501 bisous x333 et je vous dis donc à très bientôt pour un nouveau chapitre ( euh ... je donne pas de date pour le chapitre 3 puisque, tout comme mes deux bêtas, je fais ma rentrée dans deux jours et je connais toujours pas mon emploi du temps ).
Baby love ya love ya love ya.
