EDIT 23/10/2011 : Je suis vraiment vraiment désolée. J'ai des empêchements imprévus cette semaine et un gros contrôle de 5h ce lundi. Du coup, je posterai le chapitre une fois le partiel fini. Vraiment désolée pour ce retard et pour cette promesse non tenue. Pardon pardon à mes lecteurs.
Disclaimer : Ils sont à Masashi Kishimoto.
Pairing : Sasunaru
Rating : M
Note : Je remercie sincèrement tous les lecteurs qui m'ont laissée des reviews. C'est un énorme plaisir pour moi de lire vos commentaires concernant les chapitres postés.
Pour les revieweurs anonymes Angel, Akai Tenshi, Lenalee, Mianon, … ( tu ne veux toujours pas me laisser ton pseudo XD ), Midnight, Lu, Neliana, Persyanne et Irne, je vous réponds sur mon profil.
Lectrice-14, je te réponds également sur mon profil parce que tu as désactivé tes MP, du coup, je n'ai pas pu te répondre directement par message privé =) .
Certains d'entre vous m'ont fait remarquer que :
- de un, Itachi est vraiment machiavélique dans cette fic ^^. Encore une fois, je tiens à préciser que je n'ai rien contre lui, seulement, il me faut « une force obscure » pour faire avancer l'histoire. Et, vous connaissez un autre frère de Sasuke, vous ? XD.
- de deux, comment se fait-il qu'Itachi ne s'en souvienne pas de Naruto et de sa famille au moment de son réveil dans la vallée des Rois ?. Encore une fois, je suis désolée, je ne peux rien vous dévoiler maintenant. Vous connaîtrez la réponse …avec la suite et fin de la fiction =D.
Et avant que vous ne me jetiez vos pierres de frustration à cause de la courte longueur de cette publication, je tiens à dire que ceci est la première partie du chapitre 4. Et une fois n'est pas coutume, la deuxième partie arrivera … dans une semaine ( je me plais à le croire ~~' )
Plein plein de bisous à mes bêtas chéries. À toi Julie qui m'aides malgré tes horaires de dingue à la clinique, à toi Yezel qui me gâtes malgré ton propre travail, et à toi Gourmandizz qui me fais la correction malgré ton rhume. Je vous aime x3333.
Et à vous, lecteurs, lectrices, d'être toujours là avec moi. Bonne lecture à vous tous et bon week end ! ^^
Chapitre 4 : Complots et sentiments
Première partie
Alors que la lune couvrait de sa lumière pâle et tendre la ville endormie, le palais, lui, était plus que jamais animé par des cris fiévreux mêlés aux rires enivrés.
Dans la salle du banquet, des acclamations excitées se mélangeaient au son des harpes et des luths, incitant et poussant le pharaon à égorger le garçon insolent, celui qui avait bravé les règles solennelles d'une dynastie millénaire.
Toujours assis sur l'amas de coussins brodés de fils d'or, Naruto soutint fermement le regard dur et glacial de l'homme qui lui faisait face. Sasuke s'était relevé et fixait à présent le garçon blond, n'accordant point son attention à la salle en délire.
Ils se livraient cette bataille visuelle dans laquelle chacun essayait d'avoir le dernier mot, un combat d'onyx contre saphirs où le regard ordinaire de la foule n'avait pas sa place.
Naruto ne parlait pas, pourtant, tout bouillait dans son être tandis qu'il lançait ce défi silencieux à ce prince abjectement arrogant. Le blond se savait parfois imprudent et en tant qu'étudiant en archéologie, il n'était pas sans savoir que son geste téméraire pouvait lui être fatal. Mais plus que tout, il détestait ce que lui forçait de faire cet homme imbuvable, sans parler de ce baiser qu'il ne voulait guère…
De son côté, après le « Tu as osé me frapper ? » qui parvenait à son cerveau comme un seau de glace, Sasuke n'avait plus prononcé un mot, s'enfermant dans un profond mutisme qui mettait mal à l'aise toute l'assemblée médusée.
Certains redoublèrent de cris et firent tinter les couverts, ayant cru bien faire de sortir le pharaon de son immobilité. Mais au contraire, irrité par les bruits sourds et les rires gras autour de lui, Sasuke leva une main impatiente :
- « Assez ! », gronda-t-il à la foule déchaînée, les yeux toujours ancrés dans ceux rebelles du garçon blond.
Un silence. Tout le monde se tut comme par magie dans un souffle étouffé, comme s'ils craignaient, peureux, d'être la prochaine victime qui affronterait l'honneur outragé du jeune roi.
La salle s'immergea alors dans une atmosphère silencieuse et inhabituelle, convives et serviteurs, musiciens et gardes, tous guettaient à présent le moindre geste des deux hommes sur l'estrade royale.
- « Votre Majesté… », se permit Kakashi au bout d'un moment en faisant un pas vers son seigneur.
Finalement, devant les regards avides et curieux des personnes présentes, Sasuke bougea légèrement sa main droite. Se penchant par-dessus le blond, il l'attrapa par le bras avant de se retourner vers la salle. Tout le monde eut un frisson de malaise devant les orbes noirs brillants de colère contenue et recula instinctivement alors que le jeune maître entraînait son esclave à travers la grande salle jusqu'à la sortie.
Une fois que les deux hommes eurent quitté la pièce, le public se regarda, mal à l'aise. Aucun d'entre eux n'osa les suivre, par peur d'y risquer inutilement leur vie.
Dans le silence étrange du banquet, un premier son de verre s'entrechoquant résonna, suivi par le râle d'un soupir relâché. Petit à petit, des murmures s'élevèrent de nouveau et recouvrirent la salle au fil des minutes. La fête pouvait recommencer…
_S.U_N.U_
Dehors, les doigts toujours serrés autour du poignet du blond, Sasuke le traînait sans ménagement à travers le dédale de couloirs labyrinthiques. Au bout de quelques minutes, ils débouchèrent sur une sortie qui conduisait à l'extérieur de l'édifice lorsque Naruto grimaça de douleur en sentant son crâne se fracasser contre une surface dure et rigide. Le pharaon venait de le pousser violemment contre l'une des grandes colonnes de pierre qui décoraient l'interminable couloir.
L'avant bras gauche de Sasuke vint bloquer les épaules de l'étudiant contre la pierre froide pendant que de son autre main, ses doigts remontèrent subitement avant de se refermer sur la gorge hâlée. Il resserra le cercle de sa paume, et la tête du blond vint se coller platement contre le mur alors qu'il haletait difficilement à cause de la pression froide autour de son cou.
Baissant le visage au même niveau que le regard rebelle sur fond de lapis-lazuli, Sasuke parla enfin, de sa voix redevenue froide et maîtrisée :
- « Écoute moi bien, Naruto. Si jamais il te vient encore à l'idée de m'humilier effrontément devant le public, c'est ton ami qui paiera de sa vie, me suis-je bien fait comprendre ? », avertit-il en détachant chaque mot d'une voix dangereusement calme contre le visage aux traits exotiques.
- « Vous êtes…
- « Tu m'as compris, le coupa-t-il. « Je ne le répéterai pas. Comme tu l'as dit, je suis un roi détestable, alors, je tuerai sans pitié ton ami, et à ce moment là, ce sera toi le responsable de sa mort »
Abasourdi, Naruto dévisagea les onyx froids où se reflétait l'arrogance blessée du jeune roi qui lui faisait face. Les yeux bleus flamboyants de colère et de répugnance renseignèrent le brun sur le fait que celui-ci mourrait d'envie de le frapper. Pourtant, il ne fit rien. Les menaces du brun n'étaient pas à prendre à la légère. Révoltés, les yeux du blond se détournèrent dans une autre direction lorsque les mots s'arrachèrent de sa bouche.
- « J'ai compris »
Jamais encore le prince héritier n'avait subi un tel affront. Loin d'être satisfait par l'obéissance du métèque, il fut encore plus en colère devant la petite phrase que se forçait à dire ce dernier.
Pourquoi faisait-il tout pour l'énerver ? Et pire encore, comment réussissait-il à ébranler sa froideur insensible à chacun de ses mots ?
Le cœur animé d'un sentiment brutal et inconnu, les doigts fermes qui serraient la gorge hâlée glissèrent vers le haut avant de saisir le menton du blond que Sasuke tourna de force vers lui. Alors, ne laissant point le temps à l'esclave de lui lancer une nouvelle pique, Sasuke écrasa ses lèvres sur celles de Naruto, son corps grand et fort venant dominer celui-ci de toute sa hauteur.
Sous la surprise, les yeux du blond s'écarquillèrent, les pensées en déroute. Le pharaon l'embrassait une nouvelle fois et lui faisait de nouveau ce geste qui lui avait valu ce coup de poing.
Pourtant, ce baiser terrible et exigeant n'avait rien à voir avec celui que Sasuke lui avait volé au banquet. La main qui serrait sa gorge s'était glissée vers sa nuque pour l'attirer plus près de lui. Les lèvres froides et brutales forcèrent l'entrée de sa bouche, comme si elles voulaient écraser et détruire toute résistance de sa part. Instinctivement, Naruto essaya de se dégager de l'étreinte indésirable. En vain. Sasuke l'écrasait fermement contre le mur et s'amusait à envahir son espace personnel.
Cette langue qui s'immisçait sans permission, ces dents blanches qui mordaient ses lèvres gonflées au fil des contacts, c'était plus un baiser d'avertissement dans lequel le prince héritier voulait le dominer et ainsi lui montrer sa supériorité.
Et bientôt, le visage de Naruto se crispa. Les perles noires le fixaient intensément alors que ses dents mordaient profondément la lèvre inférieure du blond. Lorsqu'ils se séparèrent enfin l'un de l'autre, le coin de la bouche du garçon saignait toujours, comme si le jeune roi voulait se venger du coup de poing à travers cette morsure.
- « Fais venir Shizune ! », ordonna subitement Sasuke à un garde posté non loin de là.
Les deux continuèrent à se regarder, pourtant, aucun d'entre eux ne fit de commentaire sur le baiser qu'ils venaient d'échanger.
La servante du roi se présenta rapidement accompagnée d'autres serviteurs. Puis, sans autre forme de procès, Sasuke poussa le blond vers celle-ci avant de s'en aller sans un regard en arrière.
Troublé, Naruto suivit des yeux la silhouette du brun qui disparaissait au détour d'un couloir pendant que Shizune l'invitait à la suivre. Décidément, il n'arrivait pas à comprendre ce que pensait cet homme redoutable.
Deux semaines passèrent depuis la nuit du banquet. Pour une raison qui lui était obscure, Naruto avait été transféré dans la partie du palais réservée aux serviteurs du pharaon. Certes, la pièce qu'on lui avait attribuée ne contenait que le strict nécessaire, néanmoins, elle était déjà mille fois plus confortable que la prison sombre et humide.
Après cette nuit là, Sasuke l'avait obligé à le suivre partout, ce qu'il faisait, à contre cœur. Néanmoins, à son grand soulagement, le brun n'avait plus tenté de l'embrasser ou de le forcer à boire de l'alcool, même si parfois, le jeune étudiant aurait pu jurer avoir senti des regards perçants sur lui lorsqu'il avait le dos tourné.
Cependant, cette préoccupation arrivait en second plan puisque depuis peu, un nouveau plan de fuite avait germé dans son esprit insoumis. Discrètement, le jeune apprenti archéologue repérait les allées et venues dans le palais, notant mentalement les heures de changement des gardes, car malgré les menaces du brun, son désir de sauver Haku et de retrouver sa famille était toujours là, impérieux et violent.
Peu importe si c'était Itachi celui qui l'avait emmené dans cet univers, il fallait qu'il retourne auprès des siens. Et il s'accrochait à cette idée, ravalant et refrénant ses pensées téméraires.
Ce jour là, Naruto et quelques autres serviteurs étaient chargés de servir Sasuke dans la salle d'audience. Le blondinet finissait tout juste de ranger un papyrus donné par le jeune roi qu'un soldat entra dans la pièce. Celui-ci informa son seigneur de l'arrivée soudaine des émissaires d'Hittite et de leur souhait d'une audience immédiate. Mécontent que des étrangers viennent interrompre son travail, Sasuke maugréa de mauvaise grâce mais donna tout de même son accord pour les laisser entrer.
Campé au bout de la table où s'éparpillaient une dizaine de rouleaux de manuscrits, Naruto regarda le soldat ressortir, les pensées vagabondes et curieuses.
Des soldats d'Hittite à Thèbes ? Voilà ce qui était inhabituel. D'après ses connaissances, l'Égypte n'avait jamais partagé une très bonne entente avec ses voisins de l'autre côté de la mer. Il y avait deux semaines, la princesse Tenten avait quitté la capitale égyptienne pour regagner son pays. Pourtant, sa cousine, la fille du roi Hiashi du nom d'Hinata n'était pas présente à bord.
À Thèbes, personne n'avait osé dire quoi que ce soit, pourtant on chuchotait pas mal sur cette disparition soudaine. D'après la rumeur, leur pharaon aurait en quelque sorte demandé Hinata en mariage, et en apprenant que l'hymen de celui-ci serait entièrement organisé par des prêtres, la princesse d'Hittite en aurait été offensée, voilà donc pourquoi elle aurait quitté la ville cette nuit là, sans même laisser un dernier mot à sa cousine. Le lendemain, Tenten partait elle aussi de Thèbes, non sans une pointe d'aigreur dans la voix lors des adieux avec les deux frères héritiers. Mais encore, c'était ce que l'on chuchotait dans les couloirs du palais. Maintenant que cette histoire était considérée comme terminée, pourquoi les émissaires d'Hittite viendraient-ils encore ici, en Égypte ?
Quand les hittites se présentèrent devant le trône, Naruto, fasciné par ces hommes qui avaient fondé la Turquie moderne, les dévisagea d'un regard curieux.
Ils étaient au nombre de trois et portaient de longues tuniques sous de larges ceintures, le casque conique à protège oreille et les demi-bottes complétant l'ensemble sous une cape de couleur sombre. Le blond sentit la curiosité le gagner une fois de plus. Ces trois hommes étaient des soldats d'Hittite, et leurs accoutrements ressemblaient grandement aux images qu'il avait pu voir dans ses livres de cours.
Mais pour l'heure, ignorant tout de ce qui se passait dans la tête blonde, l'homme qui donnait l'impression d'être le commandant du groupe s'avança et dit :
- Pharaon, nous venons de la part du roi Hiashi. Cela fait bientôt deux semaines que nous n'avons pas eu de nouvelles de la princesse Hinata. Notre roi nous envoie donc en émissaire pour vous demander si elle est toujours ici, à Thèbes.
- Je n'ai pas revu votre princesse depuis la veille du départ de la princesse Tenten, répondit Sasuke en fronçant légèrement les sourcils.
- Mais lorsque nous avons pris la mer, son altesse Hinata n'était toujours pas revenue.
- Que voulez-vous que je réponde à cette question ?. Ne trouvez-vous pas que ce serait plutôt à moi de vous demander des comptes ?. Votre princesse est partie soudainement sans nous avertir. Alors, estimez-vous chanceux que je ne vous ai pas tenu rigueur de ce manque de courtoisie, rétorqua le pharaon, ne faisant point l'effort de cacher son irritation.
L'homme ouvrit grand les yeux devant la réplique du roi d'Égypte. Les trois soldats se regardèrent et dans un même accord, se retirèrent de la salle d'audience, n'ayant pas obtenu plus de nouvelles qu'au moment de leur arrivée au port de Thèbes. Dehors, lorsqu'ils débouchèrent dans le couloir qui menait à la sortie du palais, l'un des trois hommes grommela, lâchant ce qu'il s'était retenu de dire pendant l'audience :
- Il est odieux ce pharaon d'Égypte. Je suis sûr qu'il a fait quelque chose à notre princesse. Malheureusement, on n'a pas de preuve !, pesta-t-il.
- Je suis du même avis que toi. …et comme tu l'as dit, nous n'avons pas de preuve… Cependant, nous pouvons toujours nous venger de cet affront, acheva le chef des émissaires d'une voix mauvaise.
Ses deux subalternes sourirent pernicieusement en comprenant ce que voulait dire leur chef. Profitant que personne n'était présent dans les alentours, les deux hommes couvrirent leur meneur pendant que ce dernier sortait discrètement un sac en peau de vache dissimulée sous sa cape.
Il défit rapidement le lien en cuir qui le fermait et tapa quelques coups sur le sac. Lorsque des sifflements se firent entendre à travers l'orifice, il jeta le tout dans un coin avant que les trois hommes ne continuent leur chemin jusqu'à leur bateau accosté au port du Nil.
Quand les trois émissaires malintentionnés eurent délaissé l'endroit, de la petite ouverture de la sacoche, deux serpents dont la gueule gonflée rappelait les représentations de cobra sur les murs du palais, glissèrent silencieusement sur le sol en réalisant des ondulations dangereuses.
_S.U_N.U_
- Ils m'énervent ces hittites !, grogna Sasuke d'une voix mauvaise, faisant sursauter toutes les personnes présentes dans la salle à cause de son humeur massacrante.
- Votre Majesté, l'obélisque vient d'arriver, l'informa un soldat qui entrait dans la salle.
- Prépare mon cheval, je vais me rendre sur place.
Prenant son épée et sa cape, le jeune souverain sortit de la pièce, laissant les derniers papyrus à Kakashi et aux autres membres du conseil. Descendant les marches du palais de son allure vive et preste, il s'apprêta à sauter sur sa monture lorsque celle-ci hennit et fit des soubresauts affolés. Surpris par le comportement inhabituel de sa belle jument, Sasuke vint caresser l'encolure de l'animal lorsqu'il vit le serpent venimeux tout près du sabot du cheval.
_S.U_N.U_
Les hennissements soudains des bêtes provenant de l'extérieur firent brusquement relever le visage de Kakashi de son papyrus. Sans un mot au reste de l'assistance, il quitta rapidement la salle d'audience et se rua vers la sortie de l'édifice. Devant le chaos et l'affolement peints sur le visage des gens, le général comprit que quelque chose de grave était arrivé. Apercevant son seigneur qu'il trouva au sol en bas des marches, Kakashi se précipita, la mine alerte.
Le jeune pharaon avait une main agrippée à la dague qui clouait la tête du cobra au sol alors que son autre main serrait son mollet où s'échappaient des perles de sang. Le visage de Kakashi devint pâle lorsqu'il reconnut les deux points rouge de sang caractéristique d'une morsure de serpent.
Les dents serrées, Sasuke considéra son subalterne et lui adressa la parole d'une voix qu'il aurait voulu plus ferme :
- Il a été plus rapide que moi.
- Appelez l'apothicaire tout de suite !, hurla Kakashi d'une voix dure aux autres personnes qui étaient restées tétanisées sur place.
Autour d'eux, tout le monde s'agita.
- Deux autres soldats ont été mordus !, s'écria quelqu'un parmi la foule.
Mais Kakashi ne s'en soucia guère. Tout ce qui comptait à présent était la survie de Sasuke, le pharaon et maître de cet empire.
_S.U_N.U_
Resté dans la salle d'audience pour finir sa tâche, Naruto, comme les autres, haussa les sourcils en entendant les bribes de cris et de voix provenant de l'autre côté de la porte. Un garde entra et annonça à la va vite avant de repartir tout comme il était venu :
- C'est une catastrophe !. Sa Majesté Sasuke a été mordu par un cobra !
Les yeux arrondis de stupeur, Naruto suivit machinalement les autres à l'extérieur, sans se rendre compte sur le moment du pourquoi de son geste.
_S.U_N.U_
- Que doit-on faire maintenant, général ?, demanda quelqu'un à Kakashi.
- Allez prévenir son altesse Itachi, répondit-il évasivement avant de porter une main nerveuse à son front.
- Les deux soldats sont morts déjà, risqua quelqu'un parmi les serviteurs regroupés dans un coin de la pièce.
Lorsque Naruto arriva dans les appartements du roi, l'agitation était à son comble. Des serviteurs allaient et venaient dans la chambre royale, apportant avec eux des pots d'herbes médicinales sur ordre des apothicaires. Se mettant à l'écart pour ne pas gêner leurs déplacements, Naruto resta muet devant la situation, encore sous le coup de la surprise.
Sasuke avait été mordu par un serpent, exactement comme lui quelques mois plus tôt. Les souvenirs de ses membres tétanisés au moment de l'accident le firent imperceptiblement frémir. Le brun était en train de vivre la même chose que lui à cet instant présent.
Mais… après tout, si cet accident relevait du complot, ce Sasuke imbuvable ne faisait que récolter ce qu'il méritait. Pourtant, Naruto ne sut expliquer son anxiété lorsqu'il vit la mine de plus en plus mauvaise du jeune roi qui était à présent la préoccupation principale de tout un peuple.
On avait transporté Sasuke dans ses appartements après un premier bandage autour de son mollet afin de ralentir la progression du venin. Le corps échoué lourdement entre les draps, le jeune souverain respirait difficilement, le corps vibrant de tremblements irréguliers.
- J'ai fait avaler à Sa Majesté un antidote, mais le poison est d'un serpent qui ne vient pas de notre pays, et je n'ai pas le remède exact, exposa le guérisseur impuissant.
- Mais il doit sûrement exister une solution ! Faites quelque chose ! Sa Majesté ne peut pas mourir!, s'emporta Kakashi en voyant le visage habituellement pâle de son seigneur changer peu à peu en une teinte plus sombre voire noirâtre.
- Je m'avoue vaincu, général. Je ne connais pas ce poison et je suis vraiment impuissant face à cette situation. Ce venin se répand trop vite, je ne peux rien y changer.
- Kakashi…, souffla Sasuke en serrant ses doigts sur le drap pour s'appuyer sur ses coudes.
- Votre majesté, ne bougez pas.
Le brun banda ses muscles et prit appui sur ses bras pour se redresser. Plusieurs émotions traversèrent ses prunelles sombres alors qu'il pensait à l'ironie de son état actuel. Le destin se jouait-il de lui ? Lui, Sasuke, roi d'Égypte, s'avouerait vaincu devant une vulgaire toxine alors qu'il avait encore des choses à accomplir pour son peuple ?.
Dans la salle, des chuchotements continuèrent.
- Mais d'où viennent ces serpents ?
- Oh dieu, Sa Majesté n'a pas encore d'héritier. S'il mourrait…
- Taisez vous !, jura Kakashi devant les paroles absurdes de quelques serviteurs. Sortez de là !
Excédé, il fit venir des gardes qui sortirent les hommes aux paroles impudentes de la pièce. La chambre regagna un peu de calme alors que l'homme masqué aidait son pharaon à se rallonger sur sa couche.
Désormais, la survie de Sasuke ne dépendait que des remèdes que s'efforçaient d'inventer les guérisseurs. Le ventre brûlant d'inquiétude, Kakashi alla à son tour vers la pièce attenante à la chambre à coucher où se trouvaient les guérisseurs les plus illustres de Thèbes afin d'accélérer - s'il pouvait- la préparation des antidotes.
Sur ordre du général, Shizune demeurait dans la chambre et veillait à l'état du jeune roi. Apercevant qu'il ne restait plus beaucoup d'eau, elle demanda alors à Naruto de lui apporter un nouveau vase. Le blond acquiesça quand tout d'un coup, il s'arrêta sur le chemin, les paroles lointaines de son professeur lui revenant en mémoire.
« Ce pharaon est mort jeune. Vu son statut et l'âge auquel il a quitté ce monde, ce ne sont pas les hypothèses qui me manquent : assassinat, empoisonnement …»
Le cœur du blond battit soudainement plus vite. Se pourrait-il que lui et son professeur se soient trompés sur la date de mort du pharaon du tombeau ?. Et s'il ne mourrait pas dans un an…mais là, maintenant et tout de suite ?. Ce serait donc ça la cause de sa mort ? Une mort par empoissonnement ? Sasuke oscillait déjà entre la vie et la mort, si personne ne le sauvait maintenant, alors il mourrait.
Un autre souvenir revint dans les pensées de l'étudiant. Depuis son propre accident, Kyosuke lui avait dit de toujours garder quelques pilules sur lui en cas d'urgence. Ces médicaments étaient très efficaces et réactifs, et lorsqu'il s'était fait enlever par Itachi dans ce monde, le blond avait toujours cette petite boite de médicament sur lui.
Pouvait-il donc sauver Sasuke ? . Il ne savait pas si ces pilules fonctionneraient pour le cas du brun, et encore, devrait-il le lui donner, à lui, ce roi arrogant et détestable qui avait maltraité son ami Haku ?.
Le visage contrarié, Naruto ne pensa plus à rien et pria pour qu'il n'ait pas pris la mauvaise décision. Si le destin avait décidé que le pharaon du tombeau mourrait dans un an…
Profitant que Shizune parte dans l'autre salle où se trouvait Kakashi, le blond s'approcha rapidement du lit où reposait le corps lourd de fatigue du jeune prince héritier.
Glissant un bras dans son dos, Naruto l'adossa sur des coussins et présenta le cachet minuscule devant la bouche de l'homme devenue blafarde.
Sasuke ouvrit légèrement les yeux. Cette main dans son dos lui était inconnue, pourtant le souffle léger au dessus de son visage lui rappelait vaguement quelqu'un. Un certain blond qu'il avait embrassé dans un couloir nocturne.
La voix faible, loin du ton arrogant et hautain qu'il avait d'habitude, Sasuke planta ses orbes noirs dans ceux de l'étudiant moderne.
- Naruto… que comptes-tu faire ?
Le blond se vexa légèrement devant les paroles suspicieuses de l'autre. Ravalant son commentaire acerbe, il répondit :
- Ne vous inquiétez pas. C'est un antidote. Avalez le.
Mu par une voix inconnue qui lui dictait ses gestes, Sasuke ne broncha pas lorsque les deux doigts hâlés mirent la petite pilule devant ses lèvres.
Les yeux toujours fixés dans les saphirs purs de toute traîtrise, le brun ouvrit légèrement la bouche et ses dents blanches vinrent mordre les doigts du blond, avalant la petite pilule au goût étrange.
- Aie !
Naruto grimaça. Le brun avait mordu ses doigts en attrapant le cachet.
- Courage Sasuke. Votre heure n'est pas encore arrivée, se dit le blond en poussant un soupir soulagé.
Il aida le brun à se rallonger sur le lit. Ce dernier grimaça légèrement devant l'arrière goût amer de la pilule avant de fermer les yeux.
Demeuré au côté du lit, le blond considéra le jeune souverain, la mine soucieuse. Espérons que le venin ne soit pas encore entré dans son cœur, sinon…pilule magique ou pas, le brun mourrait…
Tout d'un coup, une poigne de fer agrippa son bras et le tira vivement loin du malade. Kakashi le repoussait contre le mur, le visage dur et froid.
- Qu'as-tu donné à Sa Majesté ? Essaies-tu de profiter de cette occasion pour l'assassiner ?
- Je…
- Général, regardez !
Ce dernier s'approcha vivement du lit et observa son souverain. le malade avait toujours les yeux fermés, pourtant, son souffle était devenu plus régulier et le teint du visage moins sombre.
Le médicament fonctionne donc, pensa Naruto, soulagé.
- Général, je ne sais ce qu'il a fait avaler à Sa Majesté, mais notre pharaon semble être beaucoup mieux que tout à l'heure.
Kakashi comprit alors sa méprise, et se retournant vers le blond qui était resté figé contre le mur, il s'excusa, la voix gênée et maladroite :
- Pardonne moi, Naruto. J'ai été impoli avec toi. C'est la tension qui m'a aveuglé…
- …Ce n'est rien
- Merci d'avoir sauvé Sa Majesté. L'Égypte t'est désormais reconnaissant, Naruto.
Celui-ci haussa légèrement les épaules et se retira de la chambre. Maintenant, il ne pouvait plus rien pour le pharaon. C'était à lui de livrer ce combat contre la mort…
Mais une fois loin des appartements royaux, Naruto s'arrêta net. La tension qui l'habitait depuis tout à l'heure venait de disparaître. Poussant un souffle soulagé, il prit le chemin en sens inverse des serviteurs qui se rendaient à la chambre du pharaon. Pourquoi n'avait-il pas pu se résoudre à laisser mourir cet homme imbuvable ?. Lui-même, il ne le savait pas.
Un jour passa, puis deux, puis trois. Naruto veillait sur le brun derrière les tentures de la chambre royale. Étant donné son statut d'esclave personnel du pharaon et que c'était lui-même qui avait sauvé celui-ci des portes d'Osiris, les apothicaires avaient trouvé judicieux de lui confier la tâche qu'était de s'occuper du jeune homme convalescent.
Chaque jour, Naruto lui faisait boire des remèdes basés sur la médecine égyptienne, renforçant le pouvoir guérisseur de son cachet magique. Le soir, il veillait près de son lit, bercé par la musique des vagues du Nil qui parvenait jusqu'à ses yeux ensommeillés.
Par chance, il avait réussi à éviter Itachi jusque là, le blond n'ayant pas encore réfléchi au moyen pour que l'aîné de Sasuke le ramène au 21eme siècle.
Sasuke dormait depuis l'incident. Par moment, il se réveillait pendant quelques minutes, mais très vite, pris par de violents maux de tête, il se rendormait sous l'œil soucieux de toute la cour. Naruto, de son côté, demeurait confiant. Lui-même, d'après les dires de sa famille, avait été inconscient pendant presque deux semaines entières. Et à vue d'œil, le jeune roi avait l'air de récupérer beaucoup plus vite qu'il ne l'aurait cru.
Nous arrivons donc au quatrième jour depuis la mauvaise nouvelle qui avait envahi les portes de Thèbes.
Dans la chambre silencieuse et superbement éclairée, le calme paisible laissait place à une atmosphère sécurisante. Par le côté qui s'ouvrait vers le Nil*, la brise d'été soufflait légèrement en courant d'air dans les pièces, faisant se soulever les voiles des tentures alors que les rayons chauds et tièdes de l'après-midi venaient effleurer les joues du brun endormi.
Celui-ci cligna des yeux et amena lentement une main sur sa tempe douloureuse qu'il massa. Le corps quelque peu endolori et victime de vertige, il se laissa retomber sur les coussins, une pensée étrange venant s'immiscer dans sa tête.
- Je suis toujours vivant ?
C'est à ce moment là que Shizune entra dans la pièce. Apercevant le pharaon qui s'était réveillé, elle laissa échapper un petit cri de joie. La brune se précipita vers son seigneur et vérifia qu'elle ne rêvait pas.
- Qui m'a sauvé la vie ?, demanda abruptement Sasuke, son cerveau fonctionnant de nouveau et lui envoyant les dernières images de son accident avant qu'il ne sombre dans un sommeil réparateur.
- C'est Naruto, votre Majesté, sourit-elle en désignant le blond endormi au pied de son lit.
C'était seulement à ce moment là que Sasuke remarqua la présence du blond tout près de sa couche. Celui-ci était assis sur une chaise, et ses deux bras étaient ramenés près de sa tête qui reposait sur le drap du brun.
- Comment ? Naruto ?, répéta Sasuke, surpris.
- Oui, c'est Naruto qui vous a sauvé. C'est grâce à son remède miracle que vous êtes toujours en vie, votre Majesté. Et cela fait plusieurs jours qu'il veille sur vous, je crois bien qu'il a besoin de repos, dit-elle amusée devant la bouille attendrissante du jeune blond endormi.
Après que Shizune eut quitté la chambre pour prévenir les autres de la bonne nouvelle, Sasuke continua de fixer le blond qui dormait à l'autre bout du lit, ne parvenant point à saisir ses motivations.
Il avait été sommairement odieux avec le jeune garçon depuis le début, et malgré tout, Naruto lui avait sauvé la vie ?. Alors qu'il aurait très bien pu le laisser mourir avant de se sauver avec son ami, il l'avait ramené des portes du royaume de la mort.
Quelques bribes d'images resurgirent dans sa mémoire, celles de Naruto lui donnant le cachet au moment de l'accident. Il n'y avait plus de doute, c'était le visage du blond qu'il avait entraperçu durant ces trois jours, à chaque fois qu'il s'éveillait vaguement de son sommeil brumeux.
Sasuke bougea légèrement de sa place, pourtant ses mouvements suffirent à réveiller le blondinet. Voyant ce dernier sortir peu à peu de sa torpeur en jetant autour de lui des regards vagues, Sasuke tendit le bras et toucha le garçon blond, sous la surprise de celui-ci. Sans qu'il ne comprenne encore ce qui se passait, Naruto se retrouva soudain très proche du pharaon. Son visage n'était qu'à une dizaine de centimètre de l'autre et les onyx qui le fixaient étaient animés par une lueur étrange.
Qu'avait-il encore fait pour s'attirer les mauvaises grâces du jeune souverain dès son réveil. Rien ne lui revint à l'esprit.
Mais en regardant de plus près, Naruto entrouvrit la bouche, surpris. Ce n'était pas l'arrogance qui animait habituellement ces onyx profonds, mais quelque chose d'étrange et de déstabilisant miroitait à présent dans ces perles noires, chose dont le blond n'arrivait pas à saisir.
- Votre Majesté ?, fit-il devant le geste étrange de Sasuke.
De l'autre côté de la tenture résonnèrent les bruits de pas de Shizune qui revenait en compagnie de Kakashi et des autres membres de la cour. Pourtant, Sasuke n'y prêtait nullement attention, le regard toujours ancré dans celui éberlué du blond.
Ce dernier, en voyant que les autres arrivaient, voulut se relever, mais le bras de Sasuke le retint et l'empêcha de se dérober. Naruto fixa son vis-à-vis, ébahi, lorsqu'il sentit les doigts de l'autre se faufiler entre ses mèches blondes afin de le rapprocher de lui.
- Que.. faites vous ?, souffla-t-il alors que leurs joues n'étaient plus qu'à quelques centimètres l'une de l'autre.
Les yeux arrondis, Naruto resta paralysé dans un état second lorsque Sasuke se pencha sur sa bouche. Mais, au moment où les lèvres pâles effleurèrent doucement les siennes, la porte de la chambre s'ouvrit en grand sur le frère du roi.
- Sasuke !, s'exclama Itachi en ayant appris le réveil de son petit frère. Puis, il se dirigea vers la chambre à coucher alors que les autres lui faisaient la révérence sur le passage. De son côté, Naruto sursauta, surpris, lorsque la voix d'Itachi s'éleva. Se rendant compte de la position dans laquelle il se trouvait, le blond bondit du lit, loin du brun dont le regard le mettait mal à l'aise. Lorsqu'Itachi arriva dans la chambre à coucher, Naruto profita de l'occasion pour se retirer, recevant au passage un regard réfrigérant de la part de l'aîné des deux frères.
Silencieux, celui-ci le laissa passer, pour le moment, il avait plus important à faire. Alors, il s'approcha vivement du lit :
- Les Dieu soient loués, tu n'as rien Sasuke. Nous avons eu très peur pour toi.
- Je vais bien désormais, ne t'en fais pas.
- Orochimaru a organisé des offrandes aux temples pendant ces trois jours où tu étais inconscient, c'est peut être grâce à la force de notre prière que tu as pu vaincre la mort.
- C'est Naruto qui m'a sauvé.
- Comment ?
- C'est peut être grâce à vos prières que j'aie pu me réveiller au bout de trois jours. Mais celui qui m'a sauvé est Naruto. Il a veillé sur moi depuis mon accident et m'a donné l'antidote.
La voix rêveuse et amusée, Sasuke se rallongea dans son lit. Un fin sourire s'accrocha à ses lèvres lorsque le visage innocent et candide du blond revint dans ses songes doux.
- Naruto n'est pas un simple étranger. Il m'a sauvé la vie, cet ange*…
Itachi resta interdit devant les murmures de Sasuke. Voyant ces sentiments nouveaux qui déferlaient sur le visage de son petit frère, le brun aux cheveux longs sut que celui-ci avait changé. Dans sa voix retentissait la douce note d'une passion naissante. Pourtant cela dépassait l'entendement pour Itachi. C'était de son ennemi juré dont il était question. Et cela, ses propres motivations ne le lui permettaient pas.
Profitant de l'état distrait de son frère, Itachi jeta un regard lourd de sens à son serviteur qui l'escortait. Celui-ci acquiesça silencieusement et sortit des appartements du pharaon, ayant clairement compris ce que voulait son maître.
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Naruto se promenait dans le couloir, les pensées partagées entre l'incompréhension et le trouble. Le pharaon venait juste de se remettre sur pied qu'il commençait déjà à faire des gestes ambigus. Naruto devait se l'avouer, ces gestes là le mettaient mal à l'aise et le rendaient nerveux.
Finalement, avait-il bien fait de lui donner ce médicament ?. Lui-même, il ne sut comment justifier son geste. Trois jours auparavant, il avait fait ce geste, n'ayant pas trop réfléchi aux conséquences de ses actes mais seulement à la voix inconnue qui lui dictait sa conduite. Et puis, Naruto avait vu la joie et l'espérance des thébains envers Sasuke le jour du sacre. Cet homme représentait avant tout la fierté et l'avenir de tout un peuple. Alors il l'avait sauvé, mettant de côté son aversion personnelle envers cet homme qu'il ne pouvait comprendre.
Grognant dans sa barbe, Naruto prit le chemin qui menait vers le jardin ouest du palais, là où il pourrait réfléchir tranquillement à ses questionnements.
Sur le chemin, des serviteurs et servantes passèrent devant lui et le saluèrent gentiment. Depuis qu'il avait sauvé la vie de Sasuke, tout le monde le regardait comme un prodige. Certains et certaines le lorgnaient même ouvertement, charmés par les traits purs du garçon aux cheveux d'or. Souvent, ces regards indiscrets le mettaient mal à l'aise, si en plus de Sasuke, il devait faire face aux avances des autres personnes de la cour, il était alors vraiment mal tombé. Gardant un sourire neutre sur son beau visage, il répondit aux saluts des égyptiens avant de continuer sa route.
Dans un antre du couloir, deux hommes suivirent discrètement les pas du blond.
- Par quel moyen voulez vous que je vous en débarrasse ?, demanda l'un des deux hommes avec un sourire malsain.
- Fait ce que tu as l'habitude de faire. Je me chargerai de me débarrasser de son corps.
- D'accord, Tobi, sourit malicieusement l'homme en se courbant devant son client.
Alors, empochant la petite bourse que lui tendait le brun aux yeux de glace, l'homme s'engagea lui aussi dans le même chemin qu'avait pris sa proie désignée.
Tobi, resté sur place, suivit le départ de l'homme qui savait se fondre dans le décor. Une fois que celui-ci eut disparu de sa vue, le serviteur du prince s'en alla à son tour. Personne ne le soupçonnerait, lui comme son maître, d'être à l'origine de la tentative de meurtre du blond. Mais il vaudrait mieux que personne ne le voie à l'acte, on n'était jamais sûr de rien.
L'homme engagé par Tobi suivit silencieusement Naruto. Il connaissait par cœur les allées et venues du palais, et il savait se fondre dans le décor. Qui irait regarder un homme qui travaillait pour le palais. Sur le moment, personne n'était dans les alentours, l'homme esquissa un sourire prédateur et s'approcha de lui.
Arrivant dans le dos du blond, il saisit son bras nu et bronzé, faisant sursauter ce dernier.
- Tu t'appelles Naruto c'est ça ?. Viens avec moi. On t'appelle là-bas, dit-il en désignant vaguement du doigt la direction qui menait aux secteurs externes du palais, dans le sens opposé des appartements du pharaon et de la cour.
- C'est pour quoi ?, demanda Naruto en fronçant les sourcils.
- Sois un gentil garçon, viens avec moi, se fâcha l'homme en fronçant les sourcils. Juste après, il chopa le bras du blond qu'il força à le suivre.
Celui-ci prit peur. Cet homme au sourire gras avait une attitude suspecte, et surtout, ses yeux brillaient d'une lueur malhonnête pendant qu'il lui parlait. Alors, faisant confiance à son intuition où clignotait un grand panneau rouge d'alerte, Naruto campa sur place et ne bougea pas.
- Suis moi. Tu n'as pas le choix. On t'a vendu à moi, grogna l'homme en voyant que sa proie ne voulait pas le suivre.
Les yeux hébétés à l'entente d'une nouvelle misère contre sa personne, Naruto se dégagea vivement de l'emprise de l'homme. Mais avant qu'il ait pu esquiver l'attaque de l'homme, celui-ci le rattrapa par les cheveux et lui donna un coup de poing au ventre qui le fit chanceler. Tenant son ventre à cause de la douleur due au coup, le blond se cambra et tomba à genoux au sol. Ses dents se serrèrent de douleur lorsqu'il vit les pieds de l'homme devant sa vision trouble. Son agresseur en profita et, attrapant le col de la tunique de l'esclave, il le força à se relever et le traîna à sa suite. Les jambes traînantes, Naruto gémit de douleur alors que l'homme le poussait à avancer.
À ce moment là, par le plus grand des hasards, une servante passait dans le coin avec un plateau. Remarquant les cheveux blonds uniques et exceptionnels de l'esclave de Sa Majesté, elle s'approcha et voulut l'appeler.
Mais pourtant, la vue de l'homme qui tirait le blond par ses touffes de cheveux la cloua sur place, la dissuadant de faire le moindre geste. Cet homme, visiblement, voulait du mal au garçon blond, et même si elle intervenait, elle ne ferait que risquer sa vie d'une manière inutile.
Immobilisée sur place depuis sa découverte, elle ne bougea pas par peur que l'homme ne la voie. Puis, regardant plus attentivement celui-ci, elle eut un hoquet surpris. C'était l'un des hommes qui travaillait à la chambre de momification, elle le reconnaissait pour l'avoir croisé plusieurs fois dans le palais durant la période qui avait suivi la mort du défunt pharaon.
C'est alors qu'elle rebroussa chemin le plus silencieusement possible et courut vers l'intérieur du palais. Il n'y avait qu'une seule personne capable de sauver Naruto …
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Dans la chambre du pharaon, après avoir concédé à prendre des potions fabriquées par les guérisseurs, Sasuke s'allongea de nouveau sur les coussins tapis dans son lit en poussant une respiration lourde. L'effort qu'il avait fourni depuis son réveil l'épuisait déjà.
Pour cause, après le départ de son frère, il avait ordonné à Kakashi d'apporter les manuscrits à traiter d'urgence, ainsi que le sujet de la supervision de l'installation de l'obélisque, sans parler des nouvelles informations qu'ils avaient pu découvrir sur l'auteur de l'incident.
Mais l'enquête n'avait rien donné. Kakashi soupçonnait pourtant les émissaires d'Hittite d'être à l'origine du crime. Seulement, sans preuve, tous ces doutes restaient sans poids, et ils ne pouvaient pas accuser l'empire Hittite, sous peine des représailles entre les deux pays.
Sasuke prit une gorgée d'eau dans le verre que lui avait tendu la servante lorsqu'une voix féminine troubla le silence apaisant de la chambre princière. La servante à qui appartenait la voix empressée s'agenouilla derrière les tentures qui voilaient l'espace de la chambre à coucher :
- Votre Majesté, un homme a emmené Naruto à la salle de momification.
- Comment ?, fit Kakashi. Sa parole alarmée fit se retourner le général et plus particulièrement le jeune souverain qui se releva en prenant appui sur l'un de ses bras.
Kakashi vint relever les tentures, et de son lit, Sasuke dévisagea la pauvre femme qui se prosternait par terre.
- Qu'as-tu dit ?, demanda-t-il, un timbre impatient et anxieux animant sa voix quelque peu essoufflée à l'entente du nom de son sauveur.
- J'ai été dans le jardin, et là, j'ai vu un homme s'approcher de Naruto. Quand je me suis sauvée pour aller vous prévenir, Naruto avait l'air mal en point.
Tout le corps de Sasuke se tendit. Ne réfléchissant pas plus, il dégagea le drap qui le couvrait et fit mine de se lever. La pièce se tangua quelque peu sous ses yeux alors qu'il ordonna d'une voix sourde :
- Sanglez mon cheval !
- Votre Majesté, vous venez de vous réveiller. Laissez moi y aller à votre place. Je jure sur mon nom que je le sauverai, promit Kakashi en s'approchant du brun pour le raisonner.
- Non!, coupa celui-ci d'une voix impatiente. Naruto est mon sauveur ! Je dois aller l'aider, acheva-t-il avant de se dégager et de prendre son épée. Arrachant la cape qui se trouvait sur une chaise, le jeune pharaon s'y enveloppa et sortit d'un pas empressé de ses appartements.
Lui-même, il savait que ses gestes n'étaient pas aussi vifs et fermes que d'habitude. Mais il serra les dents et continua son chemin. Lorsqu'on lui présenta sa monture, il sauta sur la selle d'un bond souple qui n'avait rien perdu de sa superbe.
Kakashi avait également ordonné qu'on lui fasse venir une jument, mais le temps qu'il fut sur le cheval, le jeune roi avait déjà lancé son alezan au galop. Le regard anxieux, le général donna un coup de talon au flanc de l'animal et s'élança à la poursuite de son seigneur.
Pour la première fois de sa vie, Sasuke trouva que les rênes de la bête n'avaient jamais été aussi difficiles à tenir. Mais malgré les sueurs froides qui parsemaient son dos et les frissons qui faisaient trembler son corps, le brun continua à donner des coups de fouet à sa monture, ne pouvant risquer à le laisser souffler.
« Nous n'avons plus le temps. Dépêche toi », fit-il à son animal alors que des points noirs apparaissaient devant sa vision troublée. La chambre de momification se trouvait presque à l'opposé de ses appartements, il avait intérêt à faire vite s'il voulait sauver Naruto.
Kakashi, les sourcils froncés anxieusement, essaya de rattraper le cheval du pharaon, cependant, celui-ci restait imbattable et les distançait d'une vingtaine de mètres. Mais lorsque le bras droit de Sasuke vit son maître vaciller sur sa selle, son seul œil visible s'écarquilla.
- Votre Majesté ! »
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Quand son ravisseur le jeta sur le sol glacé, Naruto frissonna devant le spectacle macabre qui se présentait devant ses saphirs épouvantés. Devant lui, des égyptiens aux visages impassibles se penchaient au dessus des cadavres sans se préoccuper plus que ça des nouveaux arrivants, sans doute en ayant trop vu depuis dans leur métier.
Cette pièce dans laquelle ils venaient d'arriver était la chambre de momification… Elle était vaste et baignée dans la lumière rougeoyante des torches accrochées tout au long du mur, malgré le soleil toujours brûlant du dehors.
Quelqu'un passa devant lui, et pétrifié, Naruto le regarda aller vers une grande bassine… avant de verser un liquide visqueux sur un cadavre à la peau horriblement noircie. Tout près d'eux, sur une autre table, la vision du travail des embaumeurs donnait à Naruto la nausée. Ceux-ci, impassibles, retiraient le cerveau du cadavre par un long crochet embroché à travers les fosses nasales, alors que d'autres retiraient les divers organes et l'intestin d'un geste habile et froid.
Le blond avait pu voir ces étapes de la momification dans ses livres de cours, mais là, assister en chair et en os à cette scène macabre dépassait les limites de l'étudiant épouvanté. On passa le corps lavé et vidé de tout organe sur un autre plan de travail où d'autres égyptiens s'approchèrent avec de longues bandelettes trempées d'huile parfumée dans des pots de terre cuite.
Naruto déglutit. Il ne sut s'il devait se féliciter d'être au sol pour ne pas vaciller devant une telle scène d'horreur. Mais une présence menaçante dans son dos eut vite fini de le faire pâlir.
- Tu as de la chance petit. On s'occupera bien de toi, déclara l'homme avec un sourire carnassier en faisant un claquement de doigt.
Deux autres hommes s'approchèrent instantanément du blond et attrapèrent ses épaules, puis ils l'emmenèrent devant une surface de pierre plane et parsemée de tâches sombres et rougeâtres.
- Ce n'est pas tous les jours qu'on rend un tel hommage à un esclave, finit de dire l'homme en s'approchant du blond.
Les deux embaumeurs lâchèrent le blond, mais juste assez pour que l'homme à la solde de Tobi puisse pousser celui-ci sur la table de pierre contre laquelle il pressa le cou de sa proie avec sa main calleuse et grossière.
S'étranglant à moitié par l'étau agressif autour de sa gorge, les larmes de peur s'échappèrent des perles bleues hystériques lorsque Naruto vit avec horreur son assaillant lever une lame grossière au dessus de son ventre.
À suivre...
L'auteure toute contente : Eh oui, c'est la fin de la première partie. Merci de m'avoir lue. Bonne nuitttt tout le monde, je vais me coucher, tant pis pour le diner T_T
Note:
* Architecture égyptienne : le style des palais antiques est très particulier. Alors qu'on a habituellement un mur, une fenêtre ou une porte pour délimiter l'espace, le sol ( le parquet ) égyptien s'arrête et s'ouvre directement au fleuve sans présence de porte ou de fenêtre. Du coup, le niveau d'eau est souvent de 70 cm de moins que le parquet de la chambre, et cette architecture offre une vue panoramique plus que magnifique sur tous les angles ( bien sûr, cette partie du Nil n'est pas accessible à la population, les membres du palais ne risquent pas de voir une barque quelconque passer « devant » leurs chambres. )
* Utilisation du mot « ange » : Je tiens à m'excuser pour l'utilisation du terme « ange ». Ce mot a une connotation chrétienne et il n'est pas adapté pour cette société païenne qui croyait seulement aux divinités. Mais j'ai beau chercher les synonymes d'« ange », je ne trouve que des synonymes féminins genre « nymphe, sylphide, muse… ». Je suis preneuse si vous avez une proposition à me faire ^^.
Et encore une fois, je vous mets ici le lien du dessin qui va avec cette publication ( Je suis en train de me dire que les dessins n'ont vraiment rien à voir avec les chapitres ...X'D )
*h*t*t*p*:*/*/*i44*.*servimg*.*com/*u*/f44*/12*/84*/77*/56*/img*49710*.*j*p*g*
Je vous dis alors à bientôt ( dans une semaine ? ^^ ) et désolée encore pour le retard que j'ai pris. Mille et un bisoussss à vous tous. Sarang hae yooo x333
Baby love ya love ya love ya ~
