Disclaimer : Ils sont à Masashi Kishimoto.
Pairing : Sasunaru
Rating : M
Note : Je vous présente toutes mes excuses pour ce retard de publication. Finalement, j'ai pas tenu ma parole pour le « une fois n'est pas coutume » du chapitre précédent. Pardon pardon pardon à tous mes lecteurs.
Pour les revieweurs anonymes Lenalee, Akai Tenshi, Caro06, Mianon, Red Apple, Angel, Midnight, et LordyMas, je vous réponds sur mon profil =).
Je profite également de ces notes pour répondre à Shollie, au cas où certains d'entre vous se posent la même question en ce qui concerne les sacrifices humains dans l'Égypte Antique.
Shollie, tout d'abord, merci de m'avoir laissée une review, ça me fait très plaisir que tu me donnes ton opinion sur la fic. Pour le détail concernant les sacrifices humains en Egypte Antique, pour moi si, il y en avait eu. C'est vrai que nous n'avons pas trouvé de preuves tangibles pour l'affirmer, mais des travaux archéologiques ont montré qu'il existe une fresque montrant le pharaon en train de tuer un humain, et à ses côtés, il y a des cadavres décapités. Sur d'autres sites de fouilles et tombeaux, on a trouvé des restes en masse d'os humains, prouvant que ces gens ont été tués lors de la mort d'un pharaon ou bien, lors de certaines fêtes ou rituels…Du coup, la question n'est pas encore résolue. On ne peut pas dire si oui ou non, il y a vraiment eu des sacrifices humains en Égypte Antique. Quand j'ai commencé cette fic, je suis partie sur un « oui, il y en avait eu ». Mais merci de m'avoir faite cette remarque, je suis à ta disposition si tu as un avis différent sur ce sujet ^^
Clin d'œil également à NarcizaPotterMalfoy, qui, grâce à sa review, m'a donnée des idées pour broder un peu plus l'intrigue ( J'imagine que tu comprendras à quoi je fais allusion après la lecture du chap … ^^)
Et pour finir avec mes longues notes, je dédie ce chapitre à Yuitsu, celle qui m'a offert le dessin que vous trouverez comme d'habitude à la fin du chapitre ^^.
Plein plein de bisous à mes bêtas chéries x333. Sarang hae yo girls.
Sur ce, comme toujours, bonne lecture à vous tous.
Chapitre 4 : Complots et sentiments
Deuxième partie
Les yeux de Naruto s'écarquillèrent lorsqu'il vit avec effroi l'homme au sourire féroce élever sa lame étincelante au dessus de son corps.
Cette même sensation de pierre froide, cette vision du bourreau surplombant son corps immobilisé, de nouveau, les souvenirs affluèrent pernicieusement devant ses prunelles interdites. Instinctivement, ses paupières se contractèrent et ses ongles griffèrent le plan de table comme pour anticiper le coup mortel.
Mais contre toute attente, il n'éprouva pas de douleur. Ni sur le ventre ni sur sa poitrine qui battait toujours d'un rythme désarçonné. La pression étouffante autour de sa gorge se desserra tout d'un coup.
Était-ce la délivrance de la mort ?. Un bruit mat résonna à son oreille comme si c'était celui d'un poids lourd tombant disgracieusement au sol.
Ne ressentant plus rien dans le calme relatif, Naruto entrouvrit lentement les yeux. Hagard, il se redressa mollement sur la table, le corps parcouru de spasmes tremblants.
Était-il vraiment mort ?. Lui-même, il aurait voulu le savoir.
Devant ses yeux, le décor de cette salle funéraire n'avait en rien changé, seul l'homme qui voulait sa mort s'était soudainement volatilisé…Non, il ne l'était pas puisqu'il gisait à présent au pied de la table, à quelques centimètres de ses jambes flageolantes.
Le visage était tourné vers l'intérieur, le front apposé contre le sol froid, les yeux de l'homme étaient sinistrement révulsés alors que le sourire figé sur ses lèvres ressemblait plus à une grimace hideuse. Dans son dos, à l'endroit même d'où s'échappait en abondance un liquide carmin à l'odeur métallique, une épée était fichée au centre de la plaie béante, celle-là même qui avait causé la mort brutale de sa victime.
Un mouvement capta l'attention du blondinet. Relevant ses yeux hagards, Naruto tomba directement sur les deux perles sombres de l'homme au souffle saccadé qui se tenait à l'entrée de la pièce.
- « Sasuke ? », souffla-t-il, n'arrivant pas à réaliser qu'il était toujours vivant.
Le brun avait un avant-bras appuyé contre la porte, son autre main pendait le long de son corps alors qu'il soufflait profondément comme pour reprendre des forces. Pourtant, l'allure du jeune roi avait quelque chose de bizarre, comme s'il était légèrement vacillant.
Les saphirs de Naruto s'agrandirent. Détournant de nouveau son regard vers l'épée plantée dans le dos de l'homme, il commença à comprendre. Cette épée à la garde superbement ornée et dont la lame mortelle était si froide n'appartenait à personne d'autre que le jeune pharaon.
Le corps éreinté et parcouru de légers frissons, celui-ci s'avança dans la pièce et s'approcha de la table sur laquelle était assis le blond en état de choc. Rien ne l'importait plus désormais que le garçon au regard incroyablement bleu qui le dévisageait depuis sa place.
- Vous m'avez sauvé…, dit Naruto. Mais le ton avec lequel la phrase avait été dite ressemblait plus à une affirmation qu'autre chose.
Arrivé en face du métèque, Sasuke ne quittait plus des yeux celui-ci, comme si le simple fait de le regarder pouvait le rassurer sur le fait que le blond était là, vivant et respirant devant ses prunelles fiévreuses.
Alors, sans vraiment comprendre comment, Naruto se retrouva blotti contre le torse chaud et vibrant du brun, les deux bras de ce dernier l'enfermant dans une étreinte à la fois protectrice et fébrile.
Enfouissant ses doigts fins et pâles dans les mèches blondes, Sasuke lui murmura à l'oreille :
- Naruto… je suis arrivé à temps.
Le garçon concerné ne répondit pas. Il avait la tête contre l'épaule de l'autre, et dans cette position, il ne voyait pas le soulagement traverser les pupilles sombres exténuées.
Lorsque Kakashi arriva en courant, ses pas s'arrêtèrent brusquement devant la porte, là où se trouvait Sasuke quelques instants plus tôt.
Un corps inerte, probablement celui du coupable, gisait au sol et les autres embaumeurs étaient agenouillés derrière le pharaon, craintifs à l'idée de subir le même sort que l'homme mort. Son seigneur lui-même se trouvait dans un coin de la pièce, en compagnie d'un Naruto visiblement sain et sauf.
Levant la main à l'adresse de la troupe d'escorte, il la dissuada d'intervenir. Ils se chargeraient du cadavre de l'homme plus tard, le ménage pouvait bien attendre un petit peu…
_S.U_N.U_
Lorsqu'il était arrivé sur place, Sasuke avait cru sentir son sang se glacer en voyant le blond allongé sur la pierre froide. L'homme le retenait et s'apprêtait à donner le coup mortel. Sans aucune hésitation, Sasuke avait lancé son épée sur l'homme au dessein malhonnête. On ne pouvait pas s'en prendre à celui qui avait sauvé le roi d'Égypte, de la même manière, il était le seul à pouvoir décider du sort de son esclave personnel.
La lame froide avait fendu l'air d'un coup sec avant d'aller se figer directement dans le dos de l'embaumeur, le tuant sur le coup, avant même qu'il ne puisse se rendre compte de son châtiment. Songeant à la peur qui avait vicieusement tordu son estomac, Sasuke resserra un peu plus le blond au creux de ses bras, la peau toujours parcourue de petits frissons.
- Si tu étais mort sous la lame de ce salaud, jamais je ne me le serais pardonné, murmura-t-il comme pour lui-même, son visage crispé se détendant eu fur et à mesure qu'il entendait les battements de cœur du garçon blotti contre son torse.
- Votre Majesté…?, hésita Naruto qui fit mine de reculer, n'ayant pas entendu ce que disait le brun.
Mais Sasuke ne l'entendait pas de cette oreille là. Bien au contraire, il le ramena encore plus près de lui, et le menton du blond vint frôler cette fois ci le creux de son épaule.
Sentant de nouveau le souffle chaud et vivant contre sa peau fébrile, le brun esquissa un petit sourire alors que sa main continuait de caresser machinalement les épis dorés.
- Naruto, je n'ai pas encore pu te remercier.
- C'est à moi de vous dire ces mots, répondit son interlocuteur, quelque peu déstabilisé par le ton doux du maître de l'empire, très différent de celui qu'il avait connu jusqu'à présent.
- Non, tu ne sais rien Naruto. Quand j'ai su que tu étais en danger, j'ai eu vraiment …peur, pour la première fois de ma vie, avoua-t-il, mal à l'aise, n'ayant pas l'habitude d'ouvrir ses pensées à quiconque.
Cependant, inexplicablement, il voulait que le blond sache ce qu'il avait ressenti, si c'était là tout ce qu'il pouvait lui offrir.
- …
- Accepte ma reconnaissance, Naruto.
- Je n'ai pas fait grande chose, hasarda celui-ci, quelque peu perdu devant le comportement étrange de Sasuke.
- Au contraire, tu m'a sauvé, et de ce fait, l'Égypte t'es désormais redevable. Toute récompense que tu voudras, je te la donnerai…et accepte d'être à moi, finit-il en se reculant quelque peu de son propre chef, mais juste assez pour sonder le regard d'océan.
- Pardon ?, fit Naruto après quelques secondes, ayant peur de ne pas comprendre ce que son cerveau lui répétait.
- Je ne veux plus t'avoir comme esclave personnel, mais en tant que mon concubin officiel.
Cette fois ci, Naruto tomba sidéré devant les paroles directes et sans détour du jeune souverain. Se dégageant brusquement de l'étreinte tendre, il dévisagea le brun comme si celui-ci venait de dire quelque chose d'invraisemblable.
- Mais c'est impossible ! Vous rendez-vous compte de ce que vous venez de dire ?, s'écria -t-il, les joues devenues rouge de gêne.
Une lueur irritée et impatiente s'alluma dans les prunelles sombres, faisant reculer instinctivement le blond de quelques centimètres.
- Qu'est-ce tu veux dire par là ?, se rembrunit le prince héritier. Sa voix devenant plus froide et son visage plus fermé au fur et à mesure qu'il réalisait le refus de la part du blond.
- Mais ! Je suis un homme et vous aussi. Votre monde n'est pas le mien, et je ne vous aime pas d'amour Sasuke !, argua-t-il, les yeux affolés.
La seconde d'après, Naruto se retrouva soudainement plaqué contre le mur. Sasuke avait de nouveau sa main serrée autour de sa gorge, seule la phrase « Je ne vous aime pas » tournoyait comme un écho sournois dans ses pensées bouillonnantes.
- Qu'est-ce que cela signifie ?. Tu n'étais pas contre à l'instant !, s'énerva-t-il contre le blond.
- Vous avez mal compris ! Je n'ai jamais dit que je voulais faire partie de votre harem.
- Je n'ai pas d'harem, répliqua-t-il. Et ce que je ressens pour toi est particulier. Jamais encore je ne me suis abaissé à m'attacher à un esclave, alors pourquoi refuses-tu cette faveur ?.
Relâchant la gorge de l'étudiant, ses mains rageuses vinrent secouer les épaules de ce dernier, à la recherche d'une réponse autre que celle qui le blessait déjà plus qu'il n'aurait cru.
- Parce que je ne ressens rien pour vous si ce n'est qu'une réelle aversion !, lâcha à son tour Naruto, poussé à bout.
Sasuke écarquilla les yeux, n'arrivant pas à croire ce que lui disait l'autre. Ainsi, Naruto ne le voyait que comme un être abject et impitoyable. Et ironie du sort, comme le dernier des idiots, il était à présent victime de ce blond, celui là même qui avait osé défier son autorité et pour qui il éprouvait, pour la première fois, des sentiments déstabilisants.
Frappé à son tour par les paroles de Naruto, le jeune roi orgueilleux en restait statufié. Un mal aigu serra sa poitrine, la douleur revenant subitement, plus vive que jamais dans son cœur douloureux.
Lâchant les épaules du garçon, Sasuke tomba à genoux, la paume de ses mains allant s'appuyer contre le plancher froid. Les frissons qui parcouraient son corps reprirent de plus belle alors qu'il sentait une grande fatigue s'abattre sur tout son corps.
Kakashi qui gardait un œil sur son pharaon se manifesta promptement à ses côtés :
- Votre Majesté, calmez-vous, sinon votre colère va vous fatiguer encore plus.
- Laisse-moi !
Le visage dissimulé sous ses mèches sombres, il souffla, la respiration erratique, rabrouant et repoussant froidement l'aide de son général. Demeuré contre le mur, Naruto regarda Sasuke lutter contre sa douleur, le cœur lourd et malade de culpabilité.
Que lui avait-il pris de lui dire ces mots ?. Ce qu'il voulait dire, il ne le savait plus. Ce qu'il regrettait, c'était que ses mots soient aussi blessants envers celui qui l'avait sauvé à l'instant.
Devenir le compagnon de Sasuke ?. Voilà ce à quoi il n'avait pas du tout songé en sauvant celui-ci de son lit de mort. Et le blond n'avait pas pour principe de fermer les yeux devant une chose à laquelle il ne consentait guère.
Toutefois, la vision du jeune prince héritier tremblant de fureur devant ses yeux le rendait mal à l'aise. Pourquoi tout était-il si compliqué tout d'un coup ?.
S'il n'avait pas choisi de partir au Caire, peut-être aurait-il pu avoir une vie « normale » comme tant d'autres à son âge ?. Étudier, s'amuser, sortir. Au lieu de devoir accepter de devenir le concubin d'un pharaon avec qui il avait trois milles ans d'écart. Arriverait-il un jour à retrouver son ancienne vie auprès de ceux qu'il aimait ?. Cette question, bien sûr, Sasuke ne pouvait point la comprendre...
Des esclaves arrivèrent avec une espèce de brancard en bois tapi de coussins doux sur lequel Sasuke se laissa tomber. Les yeux clos et le visage fermé, à aucun moment il n'accorda un regard à Naruto, ce qui rendait celui-ci encore plus agité de malaise.
Les serviteurs aux bras robustes soulevèrent les quatre pieds horizontalement rattachés au brancard tandis que le brun laissait s'échouer lourdement son corps entre les plis de velours.
Voyant que le blond ne faisait pas mine de les suivre, Kakashi s'approcha de lui et demanda :
- Naruto, tu rentres avec nous ?
- Je …
- Je te conseille de nous suivre. Sa Majesté est déjà irrité contre toi, il vaut mieux pas ne pas le mettre encore plus en colère. Et il a besoin de toi pour se remettre plus vite sur pieds. Ne refuse pas, Naruto, ajouta-t-il.
Lorsque deux gardes s'approchèrent dans son dos, le blond sut qu'il n'avait pas vraiment le choix. Cela aurait été trop beau s'il avait pu s'enfuir de suite. Soupirant, il sortit de la chambre de momification en compagnie de Kakashi qui fit signe aux gardes de s'occuper du cadavre refroidi.
_S.U_N.U_
Lorsque le cortège d'hommes arriva au palais, Sasuke se rendit directement dans sa chambre sans un mot de plus au groupe d'escorte. Resté devant les appartements royaux, le blond préféra s'éclipser de suite avant que le brun ne change d'avis. Pour le moment, ce serait peut-être préférable s'il évitait ce dernier.
De son côté, quand le jeune souverain entra dans sa chambre, une servante vint rapidement lui présenter un plateau sur lequel se trouvait une nouvelle potion d'antidote. Sasuke grogna, l'humeur toujours aussi mauvaise depuis le refus humiliant de l'esclave.
- J'ai dit non !, s'énerva-t-il en balayant le plateau d'un geste de la main.
La pauvre servante pâlit et s'enfuit immédiatement vers la porte, n'ayant pas le courage d'affronter la fureur sauvage de son maître.
.
.
.
Plus il retournait ses pensées dans tous les sens, plus Naruto arrivait à la conclusion qu'il ne pouvait plus rester dans cet endroit. Sasuke avait promis la belle mort à Haku s'il ne lui obéissait pas. Désormais, vu le tournant qu'avaient pris les évènements, le brun avait encore plus de raison de s'en prendre à son ami. Et connaissant le caractère arrogant du roi d'Égypte , celui-ci n'était du genre à lâcher facilement l'affaire.
Le cœur rongé d'une anxiété soudaine, Naruto voulut aller voir son ami afin de s'assurer qu'il allait toujours bien.
Prenant un chemin parmi tant d'autres dans le couloir labyrinthique qui partait depuis les appartements du pharaon, le blond emprunta la voie qui donnait accès à l'extérieur de l'édifice.
Cependant, avant même qu'il ait pu descendre les marches, deux soldats apparurent soudainement et lui barrèrent le chemin, mettant sous son nez leurs lances braquées en croix.
- Naruto, ordre de Sa Majesté, tu ne peux pas quitter le palais, déclarèrent-ils impassible.
Les yeux de Naruto s'agrandirent. Ce n'était vraiment pas bon du tout si Sasuke avait pris des mesures de précaution contre ses tentatives de fuites. Mordillant sa lèvre inférieure, l'étudiant rebroussa chemin pour ne pas attirer l'attention des gardes.
Traçant mentalement les allées et venues du palais qu'il avait mémorisées, Naruto voulut tenter un autre chemin lorsque Sasuke en personne apparut devant lui comme par magie, faisant obstacle à l'avancée du blond avec son corps grand et couvert d'une cape plus chaude.
Inconsciemment, Naruto nota que le brun avait repris des couleurs, son teint, sans avoir retrouvé sa pâleur d'origine, était de nouveau beaucoup plus naturel.
- Où comptes-tu aller comme ça ?, demanda soudainement Sasuke sur un ton suspicieux et froid alors qu'il croisait les bras sur sa poitrine.
Le pouls de Naruto devint plus désordonné. C'était vraiment mal parti. L'attitude du jeune roi ne présageait rien de bon.
Et comme il s'y attendait, le brun le gratifia d'un regard noir et dur avant de tourner les talons, reprenant le chemin qui conduisait jusqu'à ses appartements.
- Apporte-moi du vin, ordonna-t-il, les yeux fermés.
- Bien, Votre Majesté, répondit une servante en baissant la tête.
Cependant, juste après que celle-ci eut parlé, le brun se retourna brusquement vers la pauvre servante et gronda d'une voix menaçante :
- Je n'ai pas demandé à toi ! C'est Naruto qui le fera !
La servante sursauta et se confondit en excuse, pendant que le visage de Naruto se déformait en une grimace face au caractère mauvais de son « sauveur ».
_S.U_N.U_
Lorsque Naruto apporta la gourde de vin dans la chambre princière, Sasuke était nonchalamment adossé sur les gros coussins de son lit. Les mains croisées derrière la nuque, il leva les yeux et fixa le blond qui s'avançait au fur et à mesure vers la couche.
L'inspection aiguë mit Naruto mal à l'aise. Sasuke n'avait prononcé aucun mot depuis qu'il était entré dans la pièce, pourtant le blond savait très bien que celui-ci épiait chacun de ses gestes, comme s'ils étaient dans un désagréable jeu du chat et de la souris.
Arrivé à la tête du lit, le blond tendit impassiblement le plateau, invitant Sasuke à se servir lui-même.
Pourtant, celui-ci ne prit pas la coupe, au contraire, il ordonna :
- Sers-moi.
Fronçant les sourcils, le blond exécuta néanmoins l'ordre et remplit la coupe avant de la lui tendre.
- Approche-toi un peu plus, recommença Sasuke, les mains toujours croisées derrière sa nuque.
Naruto mordit ses lèvres afin de s'abstenir de faire un commentaire acerbe. Maudissant intérieurement le brun, il fit ce que lui exigeait son vis-à-vis.
S'approchant encore plus près du jeune héritier, le blond s'assura que la distance entre eux soit assez proche pour que celui-ci ne puisse encore y trouver autre chose à redire.
Mais… quelle ne fut pas sa surprise quand des doigts fins et pâles vinrent s'emparer de sa main qui tenait la coupe. Puis, sans autre manière, Sasuke la porta à ses lèvres, sans lâcher pour autant la main bronzée de son serviteur.
Troublé et les joues un peu roses de gêne, le blond serra les dents et patienta jusqu'à ce que le brun finisse son verre.
Malheureusement pour lui, Sasuke n'était pas du tout de cet avis, car, ne se contentant plus de jouer à ce petit jeu, il enleva la coupe des doigts du blond et de sa main qui gardait prisonnière la jolie menotte, il le tira vers lui :
- Viens ici, dit-il tout en l'entraînant vers les draps.
Le blond sursauta et voulut reculer. Un bruit sourd retentit dans le calme reposant de la chambre vide. Celui d'une coupe vide en métal tombant au sol.
- Sasuke, lâchez-moi ! Vous me faites mal !, protesta le blond devant les deux mains qui s'étaient resserrées imperceptiblement autour de ses avant-bras.
- Assied-toi. Fais ce que je te dis. Tu es toujours un esclave je te le rappelle. Puisque tu n'as pas voulu accepter ce que je voulais t'offrir, rétorqua le brun en le tirant vers lui d'un geste brusque.
De ce fait, Naruto tomba en avant dans le lit. Son dos se fracassa contre le drap doux qui amortit le choc alors qu'il sentit instantanément le corps de Sasuke glisser au dessus du sien, l'écrasant et le recouvrant de tout son poids.
À la fois surpris et stupéfait, Naruto revit cette lueur étrange qui s'était allumée dans les prunelles obsidiennes lorsqu'ils se trouvaient à l'intérieure de la chambre mortuaire. Instinctivement, Naruto essaya de bouger, mais ses poignets furent aussitôt ramenés au dessus de sa tête. Glissant une main dans son dos, le brun le colla encore plus à lui.
La mine impénétrable, Sasuke réduisit un petit peu plus cet espace minuscule qui restait entre leurs souffles devant le visage crispé et paniqué du blond. Mais avant même que leurs lèvres ne s'effleurent, une voix masculine s'éleva de l'autre côté des tentures.
- Votre Majesté, le conseil des sages s'est rassemblé dans la pièce attenante. Ils aimeraient s'assurer eux même de votre santé actuelle.
La phrase anodine retentit dans la chambre à coucher comme un claquement brutal, faisant suspendre les gestes des deux protagonistes.
Le visage de marbre, Sasuke contempla silencieusement le visage bouleversé de l'ange qui subissait ses caresses. Bon dieu, qu'avait-il fait ?. Ce garçon le rendait fou au point de rompre les digues de sa froideur imperturbable.
Profitant de l'intermède, Naruto repoussa Sasuke sur le côté sans que celui-ci n'oppose une contre-attaque, trop sidéré lui aussi par ses propres actes. Bondissant sur ses pieds, il s'enfuit de la pièce, le cœur battant à tout rompre. Ne faisant point attention aux vieux égyptiens de la cour qui le regardaient avec surprise dans le sens inverse, il courut loin des appartements de Sasuke.
Il ne voulait pas savoir ce qu'aurait pu lui faire le brun s'il n'avait pas été interrompu de la sorte.
_S.U_N.U_
Depuis l'incident survenu au palais, le nom de Naruto était plus que jamais connu au sein de Thèbes. Les thébains le voyaient comme un miracle envoyé des cieux. L'enfant étranger avait sauvé leur roi, ses cheveux blonds ensoleillés, ses yeux couleur d'azur et son audace face au pharaon réputé pourtant d'être terrible, tout en lui créait sensation entre les murs de la ville. Plus les jours passaient, plus l'étudiant perdu dans le temps captivait, sans le savoir, l'attention de tout un palais conquis.
Seulement, tout ceci passait inaperçu devant lesdits yeux purs qui avaient l'impression d'être dans une cage. Devant lui, ces murailles de pierres restaient froides et inébranlables, comme s'ils s'amusaient mesquinement de sa triste situation.
Naruto n'avait toujours pas réussi à sortir Haku des cachots. Après ce qui était arrivé à Sasuke, le nombre de gardes avait été considérablement multiplié, les contrôles et fouilles plus sévères, s'enfuir dans ces conditions n'était en aucun cas chose recommandable.
Cependant, pour l'heure, le blond avait bien un autre problème dont il devait s'inquiéter. Et ce problème là n'était autre que les regards plus que troublants de Sasuke et qui le mettaient mal à l'aise. Presque malgré lui, le garçon venu des temps modernes devait reconnaitre avoir évité le jeune souverain le plus possible depuis ce qu'il s'était passé dans la chambre royale quelques temps auparavant.
Hélas, son statut d'esclave personnel du roi n'arrangeait en rien les choses puisque le brun le faisait quémander pour tout et pour rien.
Soupirant, Naruto longea le dromos et traversa la grande voûte du gigantesque portail de plus de cinquante mètres qui séparait le palais et la grande place devant le port, là où il devrait ramener à Shizune quelques bidules qui venaient juste d'arriver par la mer.
Regardant les gens qui allaient et venaient autour de lui, le blond laissa échapper un grand sourire heureux, Sasuke, sans aucune raison particulière, lui ayant accordé le droit de circuler librement dans le palais.
Combien de temps encore faudrait-il pour que le brun comprenne enfin son refus et le laisse partir ?.
En ce qui concernait le blond, une telle question était plus qu'inconcevable. S'il n'éprouvait pas de sentiment pour Sasuke, comment pourrait-il répondre à l'attente de ce dernier alors que lui-même n'y voyait pas très clair.
Que ressentait-il pour ce roi d'Égypte ? Du ressentiment, de la rancœur, une pincée de compassion, mais pouvait-il parler d'amour ?. Jamais il ne pourrait lui donner une réponse qui le satisferait.
Ainsi perdu dans ses pensées incertaines, Naruto ne sentit pas l'ombre s'approcher de lui et poser une main sur son épaule. Sursautant, il pivota avant de tomber sur celui qu'il redoutait de croiser depuis des jours.
La légère crispation sur son visage n'échappa pas à Sasuke, qui, sans laisser le temps au blondinet de l'esquiver comme il avait fait jusqu'à présent, commença :
- Regarde, le génie de Thèbes est de retour, dit-il avec un petit sourire en pointant un doigt vers l'embarcadère du Nil, son autre main se posant sur l'épaule de Naruto, empêchant celui-ci de se dérober à la conversation.
Surpris, le blondinet haussa légèrement les sourcils et tourna la tête, ses yeux suivant la direction qu'indiquait le doigt du brun.
Là-bas, au loin, à quelques centaines de mètres sur la mer, trois grands navires aux insignes égyptiens fendaient les vagues et se dirigeaient directement vers le port de Thèbes. Sur les trois vaisseaux, la poupe, beaucoup plus haute que la proue, était surmontée d'une partie métallique recourbée et terminée en fleur de lotus. Sur les voiles qui le scandaient, le dessin de l'uræus déployant fièrement ses ailes attirait le regard des habitants de la terre ferme.
Les passants s'arrêtaient devant la grande place à l'approche de la flotte, le visage agréablement surpris au fur et à mesure qu'ils reconnaissaient l'emblème royal. Sur le premier bateau qui voguait au milieu des deux autres, la silhouette d'un homme drapé d'une longue cape se dessinait derrière la fleur de lotus.
- Préparez le port pour l'accostage de nos hommes !, commanda Sasuke, resté aux côtés de Naruto.
Ce dernier releva la tête, surpris par le ton qui accompagnait ces mots. Les yeux du jeune souverain brillaient d'enthousiasme, ce qui semblait extrêmement bizarre pour le blond qui ne l'avait vu qu'avec des sourires froids et cyniques.
Remarquant que le blond demeurait toujours sur place au lieu de se rendre au port comme les autres, Sasuke esquissa un sourire doux, l'air amusé comme s'il avait deviné ce que pensait le blondinet. Passant une main dans son dos, il l'incita à le suivre.
- Cet homme que tu as entraperçu sur le premier navire est Shikamaru, mon stratège mais aussi mon bras droit. Il a pour rôle d'aller rendre visite aux empires autour du Grand Vert une fois par an et de nous ramener leurs offrandes. …Lui et Kakashi sont les seuls avec qui je suis le plus proche, en dehors de mon grand frère, avoua-t-il. Si jamais je mourrais, ce serait à eux que je confierai cet empire…mais c'est à toi que je confierai ma vie, acheva-il en plantant son regard dans celui du blond ébahi.
Ne sachant que répondre, Naruto détourna le regard, provoquant un silence inconfortable entre eux. Voilà pourquoi il voulait l'esquiver, les paroles de Sasuke finissaient toujours par le rendre mal à l'aise.
Les secondes passèrent mais parurent comme une éternité pour nos deux protagonistes.
- « Viens », finit par dire Sasuke, les yeux fermés, ne voulant pas créer de dispute entre eux.
_S.U_N.U_
L'embarcadère du Nil se trouvait juste sur le côté de la grande place, par conséquent, il ne fallait pas beaucoup de temps aux travailleurs du port pour préparer l'accostage de la flotte.
Quand les marins descendirent de la planche en bois qui faisait office de pont, Sasuke et son cortège d'hommes les attendaient déjà à quelques mètres de là.
Certains portaient seulement un pagne, d'autres avaient une tunique simple qui recouvrait leurs torses, et au milieu d'eux se trouvait cet homme que le blond avait vu de loin sur le premier navire. Celui-ci se détacha du groupe et s'avança en direction de Sasuke, un petit sourire accroché aux lèvres en guise de réponse à celui encore plus imperceptible du jeune roi.
À la fois curieux et intrigué, Naruto détailla du regard l'homme à l'allure étonnante qui avait enlevé sa cape. Il paraissait jeune, mais sûrement, dans son cas, l'âge ne voulait pas dire grande chose puisque c'était Sasuke lui-même qui avait dit que cet homme était son stratège. Il portait un costume traditionnel et pourtant, ses cheveux étaient coiffés bizarrement sur son crâne en un chignon de piques, et la curiosité du blond ne fit que s'accentuer lorsqu'il vit l'air vaguement ennuyé sur les traits de l'homme, comme si lui aussi se moquait un peu de cette cour qui ne voyait en sa personne qu'un génie et le porteur d'immenses richesses.
Sentant un mouvement sur sa droite, Naruto jeta un regard au pharaon qui se trouvait non loin de lui. Sasuke s'était avancé et se dirigeait à présent vers son génie du nom de Shikamaru à qui il donna l'accolade.
Leurs mains se serrèrent tandis que les yeux rieurs de l'homme scrutaient les perles magnifiquement noires de son seigneur. Kakashi les rejoignit, et l'homme à la coupe ananas lui donna des petites tapes affectueuses sur l'épaule.
- Je suis ravi que tu sois rentré sain et sauf, Shikamaru, commença Sasuke.
- Moi de même, votre Majesté. Vous savez bien que la mer n'est pas ce que je préfère le plus, fit-il avec un sourire rempli de sous-entendu.
- Comme si nous ne le savions pas, rétorqua le jeune roi avec un sourire narquois. Tu peux aller dormir où bon te semble une fois que tu m'auras fait le compte rendu de ton voyage, reprit-il, nullement énervé par le ton nonchalant de son subalterne.
- Vite fait, bien fait. Le voyage a été particulièrement fructueux cette année, mais …, une lueur inquiète traversa le regard au ton foncé, « On m'a fait parvenir la nouvelle de l'incident d'il y a deux semaines. Êtes-vous complètement guéri ?
- Ne t'en fais pas, je me porte comme un charme, et cela, grâce à Naruto qui m'a sauvé, dit-il en désignant le blond posté à quelques mètres de là.
Depuis le début, Shikamaru avait très bien remarqué la présence du garçon étranger à côté de son seigneur. Pourtant, l'air de rien, il posa quand même la question :
- C'est lui Naruto ?
Le blond lui rendit son regard quand les orbes foncés le scrutèrent intensément. Haussant légèrement les épaules, Naruto attendit que l'inspection visuelle touche à sa fin. Étrangement, les yeux perçants du thébain lui donnèrent la drôle d'impression de passer devant un scanner des temps modernes.
- Il n'a pas l'air méchant, concéda le génie paresseux.
- Montre moi plutôt ce que tu as pu récolter pendant ce voyage, rétorqua Sasuke, passablement énervé que son ami et subalterne dévisagea son esclave de la sorte.
Shikamaru esquissa un fin sourire et fit signe aux marins d'apporter les grands coffres qu'ils avaient descendu du bateau pendant leur conversation.
Tout le monde s'approcha instantanément, et d'un claquement de doigt, les hommes de Shikamaru ouvrirent les malles en bois, éblouissant l'assemblée de ses mille et une étincelles lumineuses.
Il y avait une quinzaine de coffre déposés là devant leurs yeux, et dedans se trouvaient des objets en or miroitant, des colliers superbement montés, des pierres précieuses, du rubis, du jade, du quartz, du saphir. Et le tout remplissait jusqu'à ras bord les coffres paradoxalement terne.
À côté, dans d'autres coffres, des tissus aux couleurs chatoyantes s'empilaient sur d'autres semblables à du velours. Devant tant de splendeur et de richesses, Naruto eut un hoquet de surprise, ébloui par ce trésor merveilleux. À son époque, tout se payait au moyen d'une carte de crédit, il savait que pour certaines transactions, ses frères utilisaient du liquide, mais ce qui se présentait sous ses yeux à cet instant était tout simplement unique et fabuleux.
- Ce sont des offrandes des empires qui sont sous la protection de l'Égypte, expliqua Shikamaru à l'intention du blond, comme s'il avait lu dans les pensées de ce dernier.
Surpris, Naruto jeta un coup d'oeil vers l'homme que le jeune souverain avait qualifié de génie. Puis, regardant de nouveau ces biens qui s'étalaient sous ses yeux émerveillés, le blondinet se contenta de sourire. Shikamaru disait vrai, son voyage semblait avoir été vraiment fructueux…
- Voici la liste détaillée des donations reçues cette année. Il y a en tout trois bateaux. Un pour le coton, des parfums rares, et des tissus provenant de la route de la Soie*, et les deux autres navires transportent des pierres précieuses et des objets de valeurs, résuma-t-il en remettant à Sasuke le long papyrus.
Satisfait, celui-ci parcourut des yeux la liste avant de s'approcher plus près des coffres. Le regard appréciateur, il passa d'un coffre à l'autre, donnant tacitement son autorisation à l'assemblée pour venir contempler de plus près le trésor ramené des mers.
Puis, les perles noires s'accrochèrent sur un éclat trouvé dans un coffre. Se penchant en avant, Sasuke y extirpa un brassard en or serti de pierres précieuses de toute couleur. Satisfait, il examina le bracelet et se retourna vers le blond.
- Naruto, je te le donne. Mets-le, dit-il en tendant le brassard vers l'étudiant surpris.
- …Moi ?
- Hum.
- …Merci Sasuke, mais gardez-le, répondit-il.
Le visage du brun s'assombrit subitement, et Naruto se hâta de répondre :
- Ne le prenez pas comme une offense. C'est juste que ce bracelet est trop précieux, et je risque de l'abîmer inutilement, dit-il au brun qui le regardait toujours avec un regard incendiaire, mais, en revanche, reprit-il après quelques secondes, si vous voulez bien me le donner, j'aimerais l'échanger en riz et en blé. Il reste encore beaucoup de quartiers pauvres à Thèbes, comme Goshen par exemple, ce bracelet sera d'une certaine façon beaucoup plus utile à eux qu'à moi, je …
- Tu me dictes maintenant la façon de gouverner mon empire ?, s'énerva Sasuke en jetant le bijou d'or au sol où ses pierres se brisèrent en éclats.
Demeuré un peu derrière à côté de Kakashi, les yeux de Shikamaru suivirent silencieusement la scène, les deux bras croisés sur son torse. Visiblement, il s'était passé beaucoup de chose depuis son départ. Outre les missives que lui envoyait régulièrement Kakashi et qui l'avaient laissé perplexe, voilà donc qu'il assistait pour la première fois au comportement inhabituel de Sasuke envers un esclave.
Lui qui méprisait cette classe inférieure, il avait alors radicalement changé de caractère envers ce blond aux yeux clairs. Et en parlant de celui-ci, Kakashi avait vu juste, ce garçon était quelqu'un de bien. Le fait qu'il ait osé affronter leur pharaon prouvait qu'il n'était pas aveuglé par le pouvoir et la perfidie de la richesse.
Sasuke était quelqu'un d'intelligent, et Shikamaru était certain que son seigneur arriverait à faire de l'Egypte une puissance encore jamais connue. Seulement, il ne s'intéressait pas assez à son peuple qui était plus composé de paysans, ouvriers, travailleurs et esclaves que de riches. Et ce défaut de Sasuke, ce qui lui manquait était là, en la personne du garçon métèque. Ce garçon venait du peuple et donnait au pharaon de bons conseils. Si le blond réussissait à rendre le brun plus sensible à son peuple, plus rien ne pourrait empêcher l'Égypte de dominer tout le Grand Vert.
Cependant, cela semblait être encore loin, puisque tout dépendait de ces deux hommes, qui, pour le moment, se fusillaient du regard.
Pendant ce temps, devant le geste brutal de Sasuke, Naruto s'était reculé instinctivement et ses doigts étaient crispés au creux de ses paumes.
Pourquoi espérait-il que Sasuke s'intéresse à son peuple ?. Cet homme était un être égoïste et haïssable, à quoi rêvait-il en lui disant ces mots ?. Énervé contre le brun et contre sa propre bêtise, Naruto tourna les talons et partit, n'ayant point envie de parlementer avec l'homme qu'il avait sauvé sur un coup de tête. Comme il s'était royalement fourré le doigt dans l'œil en pensant le sauver pour le bien du peuple égyptien !
Voyant le blond partir après lui avoir lancé un regard froid, le jeune souverain serra les dents. Non, cela ne se passerait pas de cette manière là. C'était lui le pharaon d'Égypte bon sang ! Son autorité était remise en cause, et il ne s'était que trop laissé influencer par cet esclave aux yeux clairs.
Il fallait qu'il mette les points sur les i une fois pour toutes avec ce blond qui n'avait que trop abusé des faveurs qu'il lui accordait. Ses yeux se relevèrent et fixèrent le garçon qui marchait d'un pas raide vers la voûte qui menait jusqu'au grand portail.
Alors, attrapant une lance des mains d'un des gardes postés non loin des hommes d'équipages, il s'élança dans la direction qu'avait pris le blond quelques instants plus tôt.
- Naruto !
Le blond ne se retourna pas. Furieux, Sasuke leva l'arme au dessus de sa tête d'un geste vif avant de la lancer vers le blond qui était à présent près du mur de la voûte.
La pointe de bronze partit en flèche et se planta directement sur le mur …à quelques paumes de main des yeux bleus arrondis de stupeur.
Naruto, hébété par l'attaque, fixa la pointe fichée devant son visage, la gorge déglutissant involontairement. Encore un peu et cette lance réduisait son cerveau en bouilli au lieu d'être plantée sur le mur comme elle l'était en ce moment.
Mais avant qu'il n'ait le temps de se reculer, Sasuke avait réduit la distance entre eux. Arrachant d'un geste sec la lance qui se balançait sur la pierre, il la jeta au sol avant de plaquer le blond contre le mur. Ses bras se posèrent sur de chaque côté de la tête blonde, l'empêchant de fuir si jamais il lui en était venu l'idée stupide.
- Pourquoi tu veux toujours te monter contre moi, Naruto ?, s'énerva-t-il. Pourtant, il n'arriva pas à cacher cette note d'amertume dans sa voix voilée de froideur.
- …
Le blond, ayant retrouvé ses esprits, déglutit nerveusement devant la position dans laquelle, il, non, ils se trouvaient. Ce torse chaud et dénudé qui entrait en contact avec le sien une nouvelle fois. Quoi qu'il fasse, leurs poitrines ne faisaient que se toucher encore plus, envoyant des décharges paralysantes à leurs deux cœurs désarçonnés.
Le ton beaucoup plus doux et maîtrisé, Sasuke baissa la tête au même niveau que les azurs à la nuance trouble et murmura :
- Tu me fuis depuis quelques temps. Ne me dis pas que ce n'est pas le cas. Je sais bien que ça l'est.
- Vous me faites peur votre Majesté.
- Je ne veux pas que tu m'appelles ainsi, rétorqua abruptement le brun en essayant d'oublier le petit serrement au cœur causé par la phrase de son vis-à-vis. C'est comme si tu érigeais un mur entre nous…Je te veux, Naruto, souffla Sasuke d'une voix presque inaudible sur le visage hâlée.
- Sasuke…
- Je te veux, répéta le brun d'une voix à la fois impatiente et ferme. Ne me demande pas pourquoi, moi-même je n'en sais rien. Tout ce que je sais c'est que tu m'obsèdes, et à chaque fois, ça me mets hors de moi de te voir me fuir comme tu l'as si bien fait jusqu'à présent.
Le brun termina sa phrase, laissant le temps au blond d'assimiler ses mots. Lui-même, il fut surpris de s'entendre parler ainsi tellement ce langage lui était étranger.
Nommé héritier du trône depuis sa plus petite enfance, Sasuke n'avait jamais fait quoi que ce soit pour avoir ce qu'il désirait. Les femmes se précipitaient à ses pieds, s'amourachant de son physique, elles rêvaient toutes secrètement d'être un jour celle à qui on attribuerait la couronne d'Isis. Le visage moqueur, Sasuke voyait ces femmes sortir de sa vie tout aussi vite qu'elle y étaient entrées.
Et voilà qu'un beau matin, ce beau garçon aux yeux bleus était apparu sur son chemin, mettant à mal cet orgueil avec lequel il avait grandi. Se mettre à nu devant ce garçon aux allures rebelles, le refus, la frustration, le vrai échec, il venait d'en faire l'amère expérience.
- Sasuke, soupira Naruto, nous avons déjà eu cette conversation. Je vous ai déjà dit que ce n'est pas possible entre nous…je suis un garçon.
- Qu'y-a-t-il de mal à cela ? Deux hommes peuvent très bien avoir la même relation qu'un homme et une femme !, argumenta Sasuke.
Naruto entrouvrit la bouche comme s'il venait de se prendre une énorme gifle. Interloqué, il se rappela soudainement que l'homosexualité et l'inceste n'étaient pas du tout des sujets considérés comme tabous dans l'Antiquité.
Alors comment expliquer à ce pharaon qui appartenait à l'Antiquité qu'à son époque, ce n'était pas du tout des choses badines comme ce qu'il venait de dire. Et plus que tout, chose qu'il n'avait pas osé révéler au brun, c'était le fait qu'il connaissait l'Histoire.
Il ne savait pas la vie qu'avait mené Sasuke, cependant il connaissait son point final. Cette vie qui s'arrêterait brutalement dans un an à peu près. S'engager avec un homme pour qui il n'éprouvait pas de sentiments amoureux alors qu'il savait que l'Histoire était déjà écrite ?. Le blond ne pouvait pas se targuer d'en être capable. Sa situation actuelle était déjà ingérable, il ne manquait plus qu'il perturbe l'Histoire elle-même par sa présence et ses connaissances sur le monde antique.
Rendu soucieux par ses réflexions, le garçon blond ne vit pas venir le geste de Sasuke. Ce dernier, en le voyant baisser momentanément sa garde, avait pris son menton qu'il releva vers lui.
Attrapant les lèvres entrouvertes, il l'embrassa à pleine bouche, comme s'il voulait lui montrer cette obsession troublante et irrationnelle qu'il ressentait à son égard à travers ce baiser.
Sa langue vint chercher instinctivement celle du blond tandis que ses bras posés sur le mur s'enroulèrent autour des épaules fébriles.
Trouvant son homologue fuyant, il le happa dans une danse endiablée qui laissa le blond pantois, s'abreuvant et se régalant de cette odeur sucrée des lèvres rieuses de l'enfant étranger.
Naruto eut beau ériger toutes les barrières dans sa tête, à ce moment là il ne savait réellement plus quoi faire. Sa tête était vide, et son cœur palpitait à un rythme apeuré. Quelque chose grondait dans sa poitrine devenue sourde de battements.
Contre toute attente, Sasuke rompit le furtif baiser et le serra dans ses bras sous sa cape chaude, comme si cette étreinte était la première qu'il donnait véritablement.
Lorsqu'il avait enlacé Hinata cette nuit là, au dessus des rambardes, ce qui régnait en lui n'était rien d'autre que cette volonté calme et ambitieuse de conquérir tout le Grand Vert.
Pourtant, cette fois ci, tout était tellement différent. Naruto n'était pas comme les autres. Il ne ressemblait pas aux femmes et aux hommes qui se précipitaient à ses pieds, ni même à cette princesse hittite aux charmes doux.
Peu importait ses idées ambitieuses de guerrier, peu importait le rang inférieur de l'esclave, tout ce qu'il voulait maintenant, c'était le corps et l'âme de ce garçon aux yeux clairs, beau comme un enfant des dieux.
Serrant le blond dans le creux de ses bras, le jeune roi eut envie de lui passer toute cette colère, cette frustration et cette haine mêlée de sentiments déstabilisants qu'il ressentait envers le métèque à chaque fois que ce dernier essayait de se dérober à son regard.
La tête légèrement appuyée sur l'épaule du brun, Naruto demeurait figé, le cœur lourd. Il eut envie de parler, puis se ravisa.
- Naruto, réfléchis à mes paroles.
-…
Comme le blond ne répondit rien, le jeune pharaon resserra instinctivement un peu plus fort sa prise autour de celui-ci, comme pour s'habituer à ce goût amer d'échec qu'il n'avait que trop essuyé depuis peu.
« Sasuke, comprends-moi. Nous ne sommes pas du même monde. Ces sentiments que tu m'offres, je ne peux pas les accepter », songea Naruto blotti au creux de l'épaule du brun. En jetant un regard furtif vers le pharaon, ses doigts se resserrèrent eux aussi sur la cape royale.
.
.
Au loin, ayant assisté au geste tendre de leur pharaon envers le garçon blond, Shikamaru demeura sur place, les bras toujours croisés sur sa poitrine.
- Kakashi, tu ne m'as pas précisé à quel point Sa majesté semble être tombé amoureux de ce blondinet.
- Je suis inquiet pour eux deux. Compte tenu des sentiments instables qu'a Sasuke envers Naruto, je crains qu'il ne fasse quelque chose qu'il regretterait plus tard.
- Galère, soupira l'homme à la coupe étrange tout en fourrant la main dans sa couette d'un geste négligent.
_S.U_N.U_
Cette nuit là, Naruto n'arriva pas à dormir, l'esprit trop absorbé par ce qu'il s'était passé un peu plus tôt dans la journée. Sasuke le voulait, or, le blond ne le voulait pas. La raison pour laquelle il s'était résigné à rester tranquille au palais se résumait à deux noms, Haku et Itachi.
Mais si le pharaon continuait à le presser de la sorte, jamais il ne pourrait tenir jusqu'au jour où il rentrerait chez lui, connaissant depuis peu le caractère difficile de celui-ci. Cependant, depuis quelques temps, face au changement de comportement du jeune roi, le blond devait reconnaître que le brun n'était pas si mauvais que ça.
Outre son caractère imbuvable, celui-ci l'avait quand même sauvé et pardonné plusieurs fois ses gestes, et dernièrement, lorsqu'il était avec lui, c'était comme s'il y avait un autre Sasuke, une copie plus tendre et plus douce, étrangement opposé au pharaon que tout le monde craignait tant.
L'étudiant retenu captif sursauta avant de secouer vigoureusement sa tête. Qu'avait-il pensé encore comme bêtise ?. Ils appartenaient à deux univers différents, sa place n'était pas ici tout comme il ne pouvait aimer ou répondre aux sentiments du jeune roi.
Agité, Naruto se leva et s'approcha de la petite fenêtre qui offrait une vue sur le Nil. Dehors, le voile sombre de la nuit avait recouvert tout le ciel de Thèbes.
Sa mère et ses frères, qu'étaient-ils en train de faire à cet instant ?. Continuaient-ils de le chercher malgré tout ?
Immobile, le blond regarda les étoiles filantes au dessus de sa tête, les pensées vagabondes. Ce soir, il y avait un banquet fêtant le retour du génie de Thèbes.
Une furtive idée germa lentement dans la tête du garçon qui devint soudainement songeur.
Sasuke était parti avec Kakashi fêter leurs retrouvailles avec Shikamaru. Voilà donc pourquoi il lui avait donné congé. S'il était question de banquet, l'alcool coulerait à flot et la surveillance serait beaucoup plus relâchée…L'occasion ou jamais de s'enfuir s'il tenait à ne pas entrer dans le lit du brun. Avec un peu de chance, le temps qu'on remarque son absence, il serait déjà loin du palais avec Haku.
Respirant un grand bol d'air frais comme pour se donner du courage à son plan téméraire et risqué, Naruto ne perdit pas de temps et retourna hâtivement vers son lit. De là, il regonfla quelques coussins et les dissimula sous le drap, voulant faire croire qu'il dormait toujours si jamais quelqu'un venait le déranger.
Une fois la pièce arrangée il ouvrit doucement la porte et regarda des deux côtés. Le couloir était vide, tout le monde devait être sûrement en train de faire la fête. Profitant de la situation opportune, le blond se glissa de l'autre côté de la porte et la referma doucement. Se tournant vers un chemin pour sortir du quartier des esclaves, il s'y engagea, évitant le plus de monde possible.
Il longea les interminables couloirs, et à chaque poste, les soldats buvaient et rigolaient, certains le voyaient et le saluaient d'un sourire distrait, l'air visiblement trop éméchés. Répondant à tous par un sourire éclatant, le blond partit, prenant garde d'avoir l'attitude la plus normale possible.
Pourtant, le blondinet savait qu'il n'avait toujours pas franchi le plus grand obstacle. Pour cause, peu importe le chemin qu'il prenait, Naruto devait inévitablement passer à côté de la grande salle hypostyle qui donnait sur les grandes marches du palais, et c'était à partir de là qu'il pourrait aller aux cachots et éventuellement au port. Cette salle ne serait pas aussi dangereuse si ce n'était le fait qu'elle était l'endroit même où se déroulait le banquet. Sasuke s'y trouvait ainsi que toute sa cour. Et sur ce point, il n'y avait pas d'autres alternatives.
Arrivé dans cette partie de l'édifice, Naruto se dissimula derrière l'une des grandes colonnes de pierre qui faisaient partie intégrante de la salle . Il y avait une foule monstre à l'intérieur.
Le blond jeta un coup d'œil à l'intérieur et ses yeux trouvèrent Sasuke et les deux hommes assis près du trône en train de faire trinquer avec leurs coupes de vin. Parcourant du regard l'ensemble de la salle, le blond ne vit pas Itachi. L'aîné des deux frères ne s'était pas montré depuis la dernière fois, même lors du retour de la flotte au port de Thèbes.
De l'endroit d'où il se trouvait, Naruto pouvait entendre à petites bribes la conversation des trois hommes entremêlée au doux son des harpes. Retenant une longue inspiration, il risqua un regard en direction de Sasuke.
Celui-ci occupait sans surprise sa place sur l'amas de coussins au milieu des deux autres, et pour l'heure, ses perles noires fixaient avec fascination une épée à l'éclat froid qu'il tenait dans sa paume. Levant la lame au niveau de ses yeux, il la fit tourner lentement, le regard appréciateur.
- Cette épée est superbe. Alors c'est donc ça le nouveau métal qu'ont trouvé les hittites ?, demanda-t-il tout en scrutant la lame étincelante.
- Oui, votre Majesté. Ils lui ont donné le nom de « fer ». J'ai déboursé une somme rondelette au commerçant pour qu'il me le cède. Ce matériau reste encore très rare et les hittites gardent jalousement le secret de sa fabrication.
- Uhm, acquiesça évasivement le détenteur de l'arme.
Le jeune pharaon se releva, et après avoir fait quelques pas, il frappa le sol d'un coup sec avec l'épée qu'il tenait dans sa main. Un bruit métallique résonna, et à la plus grande surprise de Sasuke et de Kakashi, la lame resta intacte.
Fasciné, le jeune roi la rapprocha de sa vue et examina avec minutie l'épée nullement écaillée.
- Ce « fer » marquera un grand changement dans l'utilisation des armes blanches. L'Égypte serait beaucoup plus forte si elle possédait ce matériau, réfléchit-il à voix haute.
- Mais nous ne savons pas comment le fabriquer, observa Kakashi.
- Et Naruto ? Il le sait peut-être ?. C'est un métèque, et il vous a bien sauvé de la morsure d'un serpent, chose que nos illustres apothicaires n'ont pas su faire, fit remarquer Shikamaru avec un petit sourire.
- Bonne idée. J'irai le lui demander demain, approuva le prince héritier.
Toujours caché derrière sa colonne, les yeux du blond s'agrandirent au fur et à mesure qu'il comprenait la portée de leur conversation.
Sasuke voulait fabriquer du fer …?. Pourquoi n'y avait-il pas pensé plus tôt ? Les égyptiens avaient un certain retard par rapport aux hittites sur le développement des armes blanches. Ce qu'ils utilisaient jusqu'à présent était du silex et du bronze, le fer n'étant arrivé que plus tard dans l'empire.
Et la fabrication du fer, il la connaissait, sa première année sur les bancs de la fac lui ayant conféré certains acquis en cours théoriques.
Le cerveau de Naruto fonctionnait à toute allure. Voilà une raison de plus pour laquelle il devait fuir le plus tôt possible. S'il restait ici, Sasuke le forcerait d'une façon ou d'une autre afin d'obtenir ce qu'il voulait. Le brun était quelqu'un d'ambitieux, si jamais le secret du fer tombait entre ses mains, en ferait-il bon usage ? Ou se précipiterait-il de déclarer la guerre aux autres empires ? Et cela, Naruto refusait d'y participer. L'Histoire ne devait pas changer à cause de lui.
Le cœur déterminé grâce à cette nouvelle résolution, le blond regarda autour de lui. Profitant que les serviteurs apportaient du vin dans la salle, il s'échappa vers les marches, se fondant dans la nuit.
.
.
Un sentiment étrange étouffa soudainement le cœur du jeune pharaon. Jetant un regard vers la nuit au dehors, au-delà des colonnes papyriformes, il ne vit rien de particulier.
Le jardin était toujours plongé dans le noir des ténèbres. Fronçant légèrement les sourcils, il finit par tourner les yeux vers Shikamaru qui parlait. Curieusement, Sasuke aurait juré avoir vu passer une ombre furtive dans ce coin là. Était-ce un mirage dû au vin et à l'obscurité du jardin nocturne ? …
_S.U_N.U_
Parvenu jusqu'à l'entrée des cachots sans complications, Naruto trouva trois soldats sous un arbre, en train de marmonner dans leurs rêves alors que des bouteilles d'alcool jonchaient le sol, à moitié vidées.
Le cœur battant à tout rompre, Naruto joua le tout pour le tout et se glissa silencieusement derrière les arbres, derrière les soldats endormis. Ceux-ci dormaient à poing fermés, et une boule se forma dans le ventre du blond lorsqu'il vit l'énorme trousseau de clés tout près d'eux.
Les mains légèrement tremblantes dues à l'excitation mêlée à la peur, Naruto tendit la main et saisit lentement la chaîne de clé, priant tous les dieux qu'il connaissait pour que les clés ne fassent pas beaucoup de bruit en s'entrechoquant.
Lorsqu'il ramena le trousseau dans ses deux bras, le jeune fugitif se permit un soupir soulagé. Les gardes n'avaient pas l'air d'avoir remarqué sa fuite, il vaudrait mieux qu'il profite de sa chance inespérée avant que ce ne soit trop tard…
Sans plus attendre, Naruto descendit jusqu'aux cachots, là où il avait trouvé Haku la dernière fois. Les prisonniers étaient tous endormis étant donné l'heure tardive. Sûrement que ceux qui se trouvaient entre ces barreaux n'étaient pas de ceux qui pouvaient s'offrir une nuit blanche à s'enivrer pendant des banquets luxueux.
Même d'ici, le son des harpes provenant du banquet parvenait jusqu'à ses oreilles comme une douce musique, couvrant ses pas feutrés. Des petits feux se consumaient sur le mur, aidant le garçon blond à trouver son chemin.
Enfin arrivé devant la cellule qu'il cherchait, Naruto saisit quelques brins de pailles de l'autre côté des barreaux et les jeta vers son ami endormi, essayant de le réveiller.
- « Haku », chuchota-t-il d'une voix étouffée.
Celui-ci ne bougea pas, profondément plongé dans son sommeil bercé par le doux son des harpes. Mordant sa lèvre du bas, le blond refit plusieurs tentatives avant que son ami ne daigne tourner la tête. Les yeux dans le vague, Haku râla doucement en ouvrant un œil lorsqu'il vit des touffes blondes devenues cendrées sous la lumière rougeoyante des torches.
Se redressant brusquement, ses yeux s'écarquillèrent et il s'approcha vivement des barreaux. Naruto mit un doigt sur sa bouche, intimant son ami à garder le silence, et de son autre main, il lui montra fièrement le trousseau de clé. Jetant un regard de chaque côté, Naruto défit la chaîne de la cellule et ouvrit la porte en bois.
- Viens, dépêchons-nous de partir avant que les gardes ne se réveillent, chuchota-t-il à voix basse.
- Je te suis.
Une fois remontés à la surface, Naruto indiqua à son ami un chemin sombre et sinueux dans des buissons, celui qu'il avait pris pour venir ici.
- On va se rendre à l'aile ouest du palais. Ça prendra plus de temps mais il y a un chemin là bas qui mène au port. Si on emprunte l'autre voie, on risque de croiser encore plus de garde, dit Naruto en ouvrant le chemin.
Les deux garçons s'enfoncèrent dans la nuit fraîche d'humidité. Dans l'ombre épaisse des arbres, le vent se levait, suivi ensuite par quelques grondements de tonnerre accompagnés d'éclairs qui zébraient le ciel de Thèbes.
Des bourrades violentes soufflaient à travers les feuillages, bouffant leurs cheveux qui virevoltaient dans l'air. Le blond ferma un œil lorsqu'un vent froid lui balaya fortement le visage.
Levant les yeux, il trouva le ciel coloré d'une teinte pourpre. Il allait pleuvoir dans pas longtemps, ce serait préférable qu'ils trouvent un endroit où se cacher le temps que tout s'apaise.
- Il faut qu'on aille jusqu'à l'embarcadère. Avec un peu de chance, il y aura bien une barque là bas…
Il ne put finir sa phrase, ses épaules tressautant au contact de deux mains douces et pourtant fermes.
- Je te conseille de ne pas commettre de bêtises, Naruto, dit la voix familière qui le fait irrésistiblement frémir.
Se retournant brusquement, il trouva Shizune dans son dos, à ses côtés, les deux serviteurs impassibles qui l'accompagnaient habituellement retinrent Haku sous leur emprise.
Le jeune fugitif pâlit. Cette femme avait toujours été très gentille avec lui depuis son arrivée au palais, cependant, elle demeurait la servante attitrée de Sasuke. S'il lui venait à l'esprit l'idée d'aller dire au brun ce qu'il se passait, c'en étaient fini pour eux deux.
- Shizune, je t'en prie, laisse-nous partir, supplia-t-il en attrapant les deux mains de la femme au visage calme et posé.
Haku voulut se dégager de la poigne des deux serviteurs, pourtant ceux-ci resserrèrent leurs prises, et le garçon brun ne put bouger d'un iota.
De son côté, Shizune, le ton calme et doux, essaya de raisonner le garçon étranger avec qui elle s'était beaucoup liée d'amitié :
- Naruto : ne risque pas ta vie pour rien. Les gardes sont nombreux au port et tout le long du dromos. Toi et ton ami avez eu de la chance d'avoir échappé à la vigilance des soldats jusqu'à présent, mais une fois arrivés là bas, vous ne pourrez pas fuir les soldats d'élite. Et ce sera peut-être la mort pour tous les deux. Je te promets de ne rien révéler à sa Majesté Sasuke, par contre, tu dois retourner avec moi au palais.
- Mais
- Ne t'en fais pas pour Haku. Je l'enverrai chez le général Kakashi. Il y sera en sécurité, dit-elle avant de faire signe aux deux gardes d'éloigner de force Haku.
Anxieux, Naruto regarda les deux hommes emmener son ami alors que Shizune retenait toujours son bras.
Que devait-il faire à présent ?. Pourquoi fallait-il que tout prenne une tournure bizarre dans ses plans ? Son but d'origine était de sauver son ami, pas de l'envoyer à la mort chez les soldats de Sasuke.
D'une certaine manière, Shizune avait dit juste. Si Haku restait en prison, il s'inquiéterait continuellement pour son ami. Et dans cette perspective là, l'envoyer à la demeure de Kakashi semblait être la meilleure solution du moment. Le blond en était persuadé, malgré son air étrange et mystérieux, Kakashi était quelqu'un de bien et n'enverrait pas Haku dans la gueule du loup. N'était ce pas le général qui les avait sauvé, Kurenai et lui, d'une sanction certaine au chantier des esclaves.
Mais plus que tout, le blond se sentit coupable d'avoir créé tant de problèmes à ses deux amis de ce monde inconnu. Haku et Kurenai, ils n'auraient jamais du le croiser …
Résigné, Naruto baissa les épaules et suivit les pas de Shizune vers le cœur des édifices. Néanmoins, il ne put s'empêcher de réfléchir à sa situation. Si Haku était en lieu sûr, alors son esprit serait plus tranquille si jamais il trouvait une autre occasion pour s'enfuir, étant donné que plus rien ne le retenait prisonnier ici.
Shizune, en voyant l'air songeur sur le visage du blond, essaya de le consoler comme elle pouvait :
- « Attends encore un peu, Naruto. Peut-être que sa Majesté Sasuke voudra bien te rendre ta liberté d'ici quelque temps, murmura-t-elle en tapotant affectueusement la touffe de cheveux blonds, même si elle-même n'était pas vraiment certaine que son seigneur changerait d'avis. Elle aussi, après toutes ces années passées auprès de son roi, avait très bien vu les sentiments nouveaux qu'éprouvait Sasuke pour le métèque. Et elle dut se l'avouer, non sans un certain malaise, que secrètement, en persuadant Naruto de ne pas s'enfuir, elle avait fait cela pour son seigneur.
- Vous semblez très bien connaître le pharaon, fit remarquer Naruto, la faisant sortir de ses pensées.
La brune lui sourit :
- J'ai été assignée à son service dès mon entrée au palais. Et malgré son air brutal, sa Majesté n'est pas une mauvaise personne, ajouta-t-elle d'une voix complice.
Naruto hausa légèrement les sourcils. Étrangement, il ne savait comment l'interpréter. Il était vrai que Sasuke était devenu plus « gentil » avec lui, mais c'était juste parce que le blond lui avait sauvé la vie. Sinon, pour le reste, il n'en était pas tout à fait convaincu.
Quand ils parvinrent en haut des grandes marches qui se trouvaient juste avant la salle de banquet, des voix surgirent soudainement derrière eux :
- Regardez ! L'étoile Sothis est apparue !
Aussitôt que le cri se terminait, Shizune se retourna et scruta le ciel, provoquant la surprise chez le blond qui l'accompagnait.
« L'étoile Sothis », avait dit l'homme ?. Sothis comme l'étoile la plus brillante du ciel et son lever héliaque ?
Regardant les gens qui pointaient leur doigts vers les cieux, Naruto leva les yeux à son tour et suivit la direction indiquée, à la recherche de l'astre filant à l'origine des cris de joie contagieux.
Sur le voile sombre de velours brillait la plus belle étoile du ciel de Thèbes. Sothis, autrement appelée Sirius, apparaissait aux yeux des hommes lorsqu'elle faisait son lever héliaque.
Pour les égyptiens, lorsque le lever héliaque, c'est-à-dire l'apparition de l'étoile, coïncidait avec la crue du Nil, elle avait alors une signification hautement symbolique. Puisque cette coïncidence n'arrivait qu'une fois tous les millénaires *.
« Ainsi, c'était elle Sothis », pensa-t-il en contemplant l'étoile, les yeux brillants de fascination. C'était la première fois qu'il la voyait. Elle était belle et brillante, froide et insolente dans le firmament nocturne.
Des bruits de pas se firent entendre derrière eux. Sasuke, Kakashi, Shikamaru et toute la cour étaient sortis de la salle du banquet pour voir eux aussi l'apparition de l'astre.
De partout, des murmures se faisaient entendre.
- Sothis est levée. Cette année, nous aurons encore plus d'eau pour la récolte !
- C'est de bon augure. Fêtons cela dignement !
- Fais passer l'annonce générale dans la ville que Sothis est apparue, ordonna Sasuke à un soldat.
Sasuke s'avança et alla au bord des marches, les orbes noirs fixant la belle étoile accrochée dans le ciel.
Ses deux stratèges s'approchèrent à leur tour. De plus en plus de monde s'agglutinait vers les imposantes marches, cherchant eux aussi la promesse de bonheur dans l'éclat des cieux. Des serviteurs se mêlaient eux aussi au spectacle. Et dans la cohue, Naruto entrouvrit la bouche, les yeux devenus soudainement brillants pour une toute autre raison.
Cette étoile était-elle vraiment porteuse de chance ?. Opportunité ou pas, c'était l'occasion idéale pour s'enfuir.
Shizune avait relâché son attention, et entouré de ses fidèles, Sasuke était trop loin pour le voir. Personne ne faisait attention à lui, trop attiré par l'éclat particulier de l'astre.
C'était maintenant ou jamais.
Sitôt pensé, sitôt fait, le blond recula discrètement à contre courant alors que les autres s'avançaient pour voir le lever héliaque. Jetant un dernier coup d'œil à la foule, il s'engagea sur un chemin qui longeait la salle du banquet, essayant de s'éclipser le plus subtilement possible.
Malheureusement, « le plus subtilement possible » ne fut pas le cas lorsqu'un soldat lui cria jovialement :
- Naruto ! Pourquoi tu vas là bas ? Tu as vu l'étoile Sothis ?, la parole anodine fit sursauter le blondinet qui ne sut que répondre.
Et lorsque ses perles bleues tombèrent sur celles, onyx, de Sasuke qui s'était retourné brusquement dans la foule à l'entente de son nom, Naruto sut qu'il ne pourrait pas duper le brun.
- Tu comptes t'enfuir ?
Le temps s'arrêta momentanément pour Naruto. Que devait-il faire ? Vite une réponse ! Trouver une excuse potable à dire à Sasuke ou bien …La pierre était déjà lancée et il ne pouvait plus reculer. On lui avait déjà dit qu'il ne réfléchissait pas assez avant d'agir ? Tant pis, il n'avait pas vraiment d'autres solutions.
Alors, prenant ses jambes à son cou, le blond fonça tête baissée dans l'allée qui longeait la salle hypostyle sous la surprise du soldat, avec juste pour pensée de fuir une fois pour toute ce monde qui lui était étranger.
De son côté, en voyant le garçon reculer instinctivement devant sa question, Sasuke avait froncé les sourcils avant d'accélérer le pas lorsque ce dernier prit insolemment la fuite sous ses yeux. Bousculant tous ceux qui se trouvaient sur son chemin, le brun se rua dans la même direction qu'avait pris le blond, celui là même qui lui faisait faire des choses impossibles.
- Arrête-toi, Naruto !
Pourtant, sa parole eut l'effet inverse. Naruto courut encore plus vite, ne réfléchissant plus aux conséquences. Et puis, si conséquence il y avait, ce serait la mort pour lui si le jeune roi le rattrapait. Derrière lui, le bruit de la cohue avait sensiblement diminué d'ampleur. Il n'y avait donc que Sasuke à sa poursuite ?
- Arrête-toi Naruto !, réitéra Sasuke, ne ralentissant point son allure. Il était hors de question que le blond lui échappe des mains, son honneur en dépendait.
Passé l'allée qui bordait la salle du banquet, le couloir donnait à présent sur une terrasse sans muraille qui surplombait le palais. Et sous leur pieds, à une cinquantaine de mètres, les eaux du Nil coulaient et grondaient au même rythme que le ciel pourpre.
Naruto se mordit la lèvre du bas. Merde ! Le chemin s'enfonçait de plus en plus vers le fond de l'édifice et il ne savait pas si il y avait une sortie quelque part par là. Mais continuant à courir, il espéra d'y trouver une échappatoire afin de descendre de l'édifice.
Au dessus de leur tête, l'étoile Sothis continuait à briller ostensiblement, comme si elle regardait, impassible, l'étrange course poursuite. Les flots du Nil grondaient et se fracassaient contre le pied des murailles, comme si ils murmuraient en écho avec le rire de l'astre.
Peu à peu, Sasuke gagna en vitesse. Se propulsant en avant, il saisit brusquement les épaules du blond qu'il serra contre lui avec ardeur.
- Pourquoi tu veux t'enfuir ?, s'écria-t-il en resserrant son emprise, arrêtant pour de bon Naruto dans sa course folle.
- Lâchez-moi, rétorqua Naruto, hystérique. Il n'arrivait plus à penser correctement. La peur, l'angoisse, la folie, l'adrénaline, tout avait paralysé sa raison et son esprit affolé.
- Réponds à ma question ! Je t'ai bien traité ces derniers temps, contra le brun, les pensées remplies d'interrogations.
- Je ne veux pas rester ici, Sasuke !
- Mais tu as tout ici ! Statut, richesse, pouvoir, serviteurs, tout l'empire serait à tes pieds si tu acceptais ma demande !
- M'avez-vous jamais demandé ce que je veux vraiment ?. Tout ce que vous m'offrez, je ne le veux pas. Ce que je veux, c'est ma liberté. Alors que vous, vous m'emprisonnez dans votre cage dorée !
- Ta liberté ? Je ne te comprends vraiment pas. Depuis que tu m'as sauvé, je t'ai laissé aller comme bon te semble au sein du palais, et j'ai veillé à ce que tu ne manques de rien. Jamais encore un esclave n'avait eu un tel traitement de faveur. Que veux-tu de plus ?, s'énerva-t-il.
Un bras autour des épaules du blondinet, un autre entourant le ventre de ce dernier afin de l'empêcher de s'éloigner de lui, le brun maintenait une prise ferme alors que le blond essayait toujours de se débattre et de s'éloigner de l'étreinte possessive.
Tournant brusquement la tête sur le côté pour apercevoir l'homme dans son dos, Naruto hurla alors que ses doigts essayaient de détacher la main chaude agrippée sur son ventre.
- Ce que je veux c'est une autre liberté Sasuke. Vous ne pouvez pas le comprendre !
- Tu es vraiment trop têtu !
De plus en plus énervé par le blond qui gesticulait encore dans ses bras, Sasuke banda ses muscles, ne voulant laisser fuir le blond à qui il avait donné beaucoup trop de lui-même.
Mais en se querellant et en se bagarrant ainsi, aucun des deux ne vit qu'ils s'étaient rapprochés irrémédiablement du bord du mur. Sous leurs pieds, le Nil s'ouvrait et grondait comme une gueule béante du précipice.
Soudain, dans un vif élan, Naruto s'échappa de quelques centimètres de Sasuke. Son pied glissa sur le rebord en pierre et tomba dans le vide, faisant sursauter nos deux protagonistes qui voyaient pour la première fois leur position.
En dessous d'eux s'étendait le vide, les eaux profondes et froides vêtues du manteau de la nuit.
Le visage figé par le choc, Naruto réalisa au ralenti qu'il était en train de basculer. Mais un bras fort attrapa son avant-bras. Sasuke le retenait, faisant tout pour le remonter. Ce dernier, comme dans un mauvais rêve, sentit son cœur s'arrêter de battre lorsque Naruto avait basculé par-dessus bord.
Et de toutes ses forces, il agrippa le bras du blond. Son attention était entièrement focalisée sur celui-ci, ne faisant point attention à ses subalternes et au groupe de soldats qui accouraient vers eux en voyant leur pharaon au bord des murailles.
- Donne-moi ton autre bras, je te remonte !, cria Sasuke d'une voix qu'il essaya de rendre calme et maîtrisée. Pourtant, cette note d'inquiétude et de peur résonna en écho en même temps que sa voix.
Le blond était à présent suspendu dans le vide. Le seul lien qui ralentissait sa chute était cet homme qui lui avait fait détester quelqu'un pour la première fois, celui qui avait changé l'ancien étudiant insouciant et joyeux qu'il était au 21ème siècle.
Sasuke se pencha à son tour en peu plus dans le vide, tiré par le poids du blondinet.
- Sasuke ?, sursauta Naruto en voyant la détermination brûlée dans les prunelles sombres.
S'il ne le lâchait pas maintenant, il tomberait, lui aussi …
Pourtant, le visage de Sasuke restait ferme tandis qu'il se concentrait sur ses bras. Malgré tout, leur équilibre précaire se brisa. Et cela, les deux hommes le comprirent dans un sursaut.
Lorsque Kakashi bondit en avant pour rattraper son seigneur, sa main rata de peu la cape de Sasuke, celui-ci n'ayant pas lâché le bras du blond, s'était fait entraîner lui aussi dans la profondeur des eaux du fleuve.
Dans la panique, le général arracha le masque qui recouvrait son œil et scruta intensément la surface de l'eau, priant tous les dieux égyptiens pour voir les deux hommes remonter à la surface.
- Faites venir immédiatement des barques dans ce secteur, sa Majesté est tombé, ordonna Shikamaru derrière lui d'une voix alarmée.
_S.U_N.U_
Lorsqu'ils tombèrent dans une grande explosion de gouttes, la tête en avant, dans les flots du Nil, Sasuke serrait toujours l'avant-bras de Naruto, de peur qu'il le perde dans le courant du fleuve.
Les yeux ouverts malgré l'eau froide qui affaiblissait sa vue, Sasuke nagea tout en gardant sa tête hors de l'eau
- Ne bouge pas trop, tu te fatiguerais plus vite. Je te sauverai, Naruto.
Nageant aussi de son côté, le blond jeta un bref coup d'œil à Sasuke, quelque peu dérouté. L'eau froide était comme une claque donné à son esprit engourdi. Le pharaon tenait tant que ça à lui ?
Ils nagèrent tous les deux en direction de la berge, cependant, avant même de pouvoir faire trois mètres, Naruto eut un hoquet de surprise quand des lampées d'eaux entrèrent dans sa bouche.
Une force étrange le tira vers le fond. Il garda difficilement la tête hors de l'eau, tant la force d'attraction semblait redoutable. Sasuke, la mine alerte, plongea d'un coup. Avant de refaire surface quelques minutes plus tard.
- Merde ! C'est un tourbillon ! Faut qu'on se dépêche ! Il va nous engloutir sinon !
- Lâchez mon bras et remontez, dit Naruto entre deux gorgées d'eau forcée.
Pourtant, le brun fit non de la tête et garda sa poigne sur son bras. Essayant de nager pour deux, il tira le blond tirer le plus loin possible du tourbillon marin.
Soudain, le corps du blondinet s'immergea. Les sourcils froncés, Sasuke plongea à son tour dans le but de faire remonter le garçon à la surface. En vain. Plus il voulait saisir le bras du blond, plus celui-ci se faisait entraîner vers le bas dans les profondeurs effroyables.
Les yeux ouverts, Sasuke ne vit rien dans le noir de l'eau. Ses yeux le piquèrent, mais cela n'égalait pas la vision qui s'offrait à lui. Dans le dos du blond, un tourbillon noir et béant s'ouvrait dans le fond du fleuve, enroulant et arrachant tout ce qu'il trouvait sur son chemin vers le centre de la spirale à une vitesse vertigineuse.
Naruto avait les yeux fortement plissés à cause de l'eau. De sa bouche, des bulles d'air s'échappaient, l'étouffant presque. Impuissant, le jeune roi agrippa les doigts du blond. Pourtant, cette force derrière eux semblait s'agrandir encore et encore, et ses doigts ratèrent ceux du blond, la force sombre lui ayant arraché ce garçon aux yeux clairs. Sasuke nagea et poursuivit le corps entraîné dans l'infernal cercle noir. Mais celui-ci lui était de plus en plus éloigné par les tournoiements du tourbillon.
- NARUTO !, voulut hurler Sasuke. Mais l'eau étouffa le son même dans sa gorge.
Cette nuit là, Hapy avait repris son miracle des mains du pharaon d'Égypte.
Tout autour de lui n'était plus qu'une couleur noire abyssale.
À suivre …
Lexique :
Hapy : dieu/déesse du Nil.
La route de la Soie : désigne l'ensemble des chemins qu'empruntaient les commerçants dans l'Antiquité pour exporter leurs marchandises du continent asiatique au continent européen. C'est grâce à ces commerces que le bassin méditerranéen a découvert la soie, fibre textile d'origine animale, découverte par les chinois. En gros, dans l'Antiquité, il fallait être extrêmement riche pour avoir ce genre de tissu rare et superbe.
L'étoile Sothis : comme je l'ai dit un peu plus haut dans le texte, la réapparition simultanée de l'étoile la plus brillante et de l'eau avait une signification très symbolique. Et cette coïncidence arrive, théoriquement, tous les 1460 ans.
Alors, pour le dessin, je triche mais c'est pas grave x'D, cette fois ci, le dessin ne vient pas de moi mais de Yuitsu qui a bien voulu me « dépanner » pour cette publication. Merci beaucoup girl. Mes lecteurs, je vous laisse le plaisir d'admirer une autre version de Sasuke ^^ :
*h*t*t*p*:*/*i44*.*servimg*.*com/u/f44*/12/84*/77/56/*sasuke*10*.*j*p*g*
Voilààà, c'est vraiment fini pour ce chapitre 4.
Mille merci à vous d'être toujours là pour me soutenir. Je vous aime, je vous aime x33
Par contre, vous n'allez pas beaucoup m'aimer pour ce que je vais dire maintenant : Ce sera le dernier chapitre avant fin novembre. J'ai des dates d'examen qui apparaissent comme par malheur sur mon agenda, et le temps que je finisse tous ces exams et que je tape la suite de la fic, ça va prendre un petit peu de temps.
Par conséquent, pour les revieweurs anonymes, je vous répondrai au fur et à mesure sur mon profil, pour que vous n'ayez pas à attendre plus d'un mois avant d'avoir une réponse.
Une dernière fois, merci encore à vous tous d'être avec moi pour cette fic, et à bientôt ^^. Plein plein de bisous.
Baby love ya love ya love ya ~
