Disclaimer : Ils ne sont pas à moi mais à Masashi Kishimoto.
Couple : Sasunaru
Rating : M
Une énorme excuse à tous mes lecteurs, lectrices pour l'énorme retard que le chapitre a pris.
Étant donné que ça fait plus de xxx temps que je n'ai plus posté, n'hésitez pas à aller relire le dernier chapitre pour vous remettre dans le bain avant d'entamer celui-ci.
Pour les autres, je fais vite un récapitulatif du chapitre 7 :
Sasuke a voulu faire soumettre Naruto en l'envoyant travailler dans une carrière. Seulement, de par ses connaissances, Naruto réussit à se faire une place au sein des prisonniers qui le voient comme un enfant prodige. Sasuke craque et accepte de s'avouer vaincu devant la résistance du blond. Leur relation s'améliore un tout petit peu, mais c'est sans compter sur l'arrivée d'une troupe d'inconnus dirigé par un homme aux yeux pâles à la tête du groupe.
Je remercie vivement mes bêtas lectrices et notamment Clara qui est allée « me chercher » au fin fond de ma cachette pour que je ponde ce chapitre. Elle a fait un super travail ! Mesdames et monsieurs, on vous présente donc le nouveau chapitre de SDP !
Chapitre 7 : Tumultes au palais
Un bruit discret se fit entendre dans le long couloir désert. Quelqu'un s'approchait à pas lents de l'autre côté de la porte. La prisonnière releva ses yeux, essayant de découvrir la silhouette qui s'était matérialisée derrière les barreaux de sa geôle. Son regard se ranima pendant un court instant, retrouvant cet espoir imaginaire qu'un jour, elle pourrait sortir de ces murs sinistres.
Terrée au fond de sa petite cellule, Hinata se balançait faiblement d'avant en arrière, les lèvres murmurant des mots muets qui ne l'avaient plus quittés depuis plusieurs semaines. Sa robe autrefois parée des plus beaux effets, n'était plus qu'un piètre morceau de tissu sale et terne. La princesse disparue, ayant renoncé à ses uniques parures, dans l'espoir de soudoyer le geôlier de la laisser s'enfuir. Mais qu'elle avait été naïve de croire à sa libération. Le vilain geôlier s'était simplement contenté de dérober ses précieux bijoux sans daigner lui retourner la faveur.
Sa belle vie d'antan, son prestigieux statut d'héritière du trône, ses beaux rêves de jeune femme, ce premier amour déçu qu'elle n'avait pas eu le temps de pleurer, la princesse des Hittites était à présent piégée dans cet ignoble endroit inconnu du reste du monde.
Des larmes, Hinata en avait que trop perdues. À présent, il ne restait plus en elle que cet immense désespoir qu'était d'être enfermée dans ces murs de pierre sans savoir réellement si elle aurait encore l'occasion de revoir la lumière du jour.
Tremblante, la jeune femme se cramponna de nouveau à ses genoux écorchés comme pour se protéger de l'horreur de son triste sort.
Le bruit des pas s'amplifia avant de s'arrêter subitement devant la porte de sa geôle. Tobi, celui qu'Hinata reconnaissait comme étant le serviteur de son tortionnaire, tenait un petit plateau sur lequel se dressait une bougie à moitié consumée. Comme tous les jours, muet et impassible, il venait lui donner son repas. L'homme s'accroupit et fit glisser le plateau entre deux barreaux, se contentant de jeter un rapide coup d'œil dans sa direction. De son côté, au contraire, la jeune femme ne daignait même plus le regarder. À quoi cela lui servirait-il ? Cet homme n'était pas ici pour la délivrer, il ne connaissait qu'un seul maître, et celui-ci était l'être qui la gardait captive entre ces murs.
Soudain, les yeux toujours rivés au sol, Hinata murmura à l'adresse de l'homme qui s'apprêtait déjà à repartir.
« Votre pharaon ...Votre pharaon ... Sasuke ... Est-il au courant pour moi ? », prononça-t-elle enfin la question qui la dévorait depuis tout ce temps, comme si sa réponse pourrait finalement la délivrer un tant soit peu de ses doutes.
Les pas de l'homme s'arrêtèrent. Tournant légèrement la tête vers la femme qui serait le pion indispensable dans cette guerre qui s'annonçait entre l'Égypte et l'Hittite, Tobi se contenta de répondre par un simple mot.
« Non. »
Muette devant la réponse qu'elle redoutait, la princesse déchue n'esquiva pas un geste lorsque Tobi disparut de nouveau, tel un fantôme, dans le couloir lugubre. Ce fut après, seulement à ce moment-là, que sa tête s'affaissa entre ses genoux et des larmes silencieuses coulèrent lentement le long de ses joues noircies.
_S.U_N.U_
« Ce tissu vous plaît-il ? »
Naruto releva son regard vers l'immense silhouette qui s'était matérialisée devant lui. Surpris, ses yeux bleus rencontrèrent le blanc trouble des prunelles de l'inconnu.
Saisi par l'étrangeté du regard de l'homme, le blond le détailla avec grande curiosité, fasciné malgré lui par cette nuance inhabituelle qu'il n'avait jamais vue de sa vie. À son époque, les jeunes adoraient mettre toutes sortes de lentilles de couleur, tout le monde pouvait adopter la couleur qu'il voulait tout comme il était connu que personne ne pouvait avoir des prunelles aussi blanches, comme si le gris avait été presque aspiré de là. Mais voilà qu'il avait devant lui l'exception qui confirmait la règle dans cette époque ancienne.
De son côté, saisissant son opportunité, Neji, le prince d'Hittite, car ce titre était bel et bien sa vraie identité, évalua du regard ce jeune garçon que tout le peuple égyptien semblait porter dans son cœur.
Ses sourcils s'arquèrent légèrement à cause de l'étonnement produit devant le physique de son vis-à-vis. Il ne connaissait pas l'âge du garçon, mais celui-ci paraissait très jeune, trop jeune même pour être à l'origine de toutes ces louanges qu'il ait pu entendre depuis son entrée à Thèbes. Examinant le blondinet, la première pensée qui lui vint à l'esprit était que celui-ci devait avoir vraisemblablement le même âge que sa cousine ou juste un peu plus, suivit par cette franche surprise causée par les traits de l'inconnu.
Fidèle au portrait que le vieil homme lui avait vanté, le garçon possédait des cheveux d'or comme il n'en avait jamais vu sur personne d'autre, ni même dans cette contrée lointaine qu'était son empire, et ses grands yeux topazes brillaient tout en contraste avec ses mèches dorées. L'homme se demandait même si le garçon se rendait compte de sa singulière différence qui détonnait au milieu de ce marché afflué de passants.
Pendant son moment d'inattention dû aux pensées qui traversaient sa tête, Neji n'avait pas remarqué ses hommes lui faire signe.
Un éclat métallique se refléta indistinctement dans le coin de ses yeux avant qu'une lame menaçante ne se colla lestement contre sa peau, à peine au-dessus de sa veine jugulaire.
« Reculez », exigea Sai qui ne voyait pas d'un bon œil l'étrange attitude dudit marchand.
Neji se contenta de s'exécuter. Tournant la tête, il avisa l'homme qui avait osé porter une arme contre sa personne. Son regard n'avait plus rien de chaleureux lorsqu'il détailla son nouveau vis-à-vis dont le visage était tout aussi inexpressif et dépourvu d'émotion.
Les deux hommes se jaugèrent en silence, sûrs dans l'idée que leurs subordonnés respectifs seraient prêts à intervenir à tout instant.
De son côté, Sai dévisagea ouvertement le douteux marchand qui s'était habilement glissé en travers de leur chemin. Ce dernier se prétendait être commerçant, pourtant, son attitude n'avait rien d'un simple négociant qui passait ses journées à vanter grossièrement le mérite de ses produits. De plus, la couleur de ses yeux était étonnante et rare, aussi, Sai était presque convaincu d'avoir déjà vu ces yeux-là quelque part.
Jugeant le groupe d'hommes trop suspect, le soldat répéta son ordre tout en s'approchant plus de Naruto.
« J'ai dit : reculez.
— Sai ! » protesta Naruto.
Contrarié par la rigueur excessive de son gardien, la tension visuelle entre les deux hommes lui avait totalement échappée.
Neji coula un regard discretvers le blond. Ne voulant pas créer de vacarme alors que sa venue à Thèbes avait un tout autre dessein, Neji recula encore d'un pas, courbant légèrement le dos comme le ferait un véritable commerçant, mais pas assez pour que le geste porte atteinte à sa dignité de prince.
« Votre nom et votre titre de passage, exigea de nouveau Sai.
— Ne vous méprenez pas... Je suis simplement de passage à Thèbes, prétendit celui-ci en s'adressant au soldat d'élite qui lui retourna un froncement de sourcil. Mon nom est Nefi, marchand d'art et de tissu de qualité. Je suis venu de Libye comme tous mes compagnons. Nos papiers sont à jour, vérifiez par vous-même, et demain matin, notre convoi aura l'immense honneur de rencontrer le pharaon d'Égypte afin de lui présenter nos nouvelles créations.
— ...
— C'est de ce genre de tissu dont il s'agit ? s'enquit Naruto en désignant le tissu qu'il avait ramassé quelques minutes plus tôt.
— Oui, très cher. Ce serait un honneur pour nous que sa Majesté daigne se draper de nos petites merveilles. »
Le blond acquiesça. Portant le morceau de tissu plus près de son visage, il l'examina attentivement, rassemblant le peu de connaissances qu'il possédait dans ce domaine.
« Les mailles ont l'air très denses, vous avez dû mettre beaucoup de temps pour parvenir à donner un résultat de cette qualité », remarqua-t-il tout en remettant à Neji ce qui lui appartenait.
Ses yeux novices d'un jeune homme de vingt ans étaient tout purement impressionnés par le talent des hommes de cette époque ancienne où la majorité des produits sortait de la fabrication artisanale.
« Nous avons de la chance d'avoir de merveilleux artisans dans notre empire, répondit Neji.
— C'est vraiment joli en tout cas », sourit-il.
À l'inverse de son protégé qui semblait apprécier sa nouvelle découverte, Sai demeurait sur ses gardes. Ces hommes étrangers étaient peut-être un peu trop courtois et élégants pour n'être que de simples négociants parmi le commun des marchands. De plus, bien que cela fut bref, Sai avait surpris dans le regard de l'homme cette lueur fugace qui déplaisait très fortement à son instinct.
Comme ils ne possédaient pas plus d'informations concrètes sur l'identité de ces étrangers, le soldat du pharaon jugea prudent que Naruto ne se lie d'amitié avec eux, de peur que le caractère ouvert et amical du blond ne lui attire des ennuis.
« Naruto, il est temps de rentrer, intervint-il sans une once de gêne.
— On vient à peine d'arriver. En plus, Shizune m'a chargé d'aller lui récupérer quelques affaires.
— Laisse. J'enverrai un soldat les chercher au retour. Nous devons partir maintenant », trancha Sai qui ordonna d'un signe de main que ses soldats éloignent la foule pour leur laisser le passage.
Avec une mine renfrognée, le blondinet se détourna, résigné à suivre son protecteur, ne souhaitant pas faire d'histoire au milieu du marché.
« Attendez », le rappela la voix dans son dos.
Naruto se retourna, étonné. La main tirant les rênes de son cheval, Neji avait fait de nouveaux pas vers lui, seul, entouré par toute la garde de Sai. Passant devant ce-dernier à qui il ne daignait pas dire le moindre mot, le prince hittite réduit la distance entre lui et le jeune garçon qui l'observait de son beau regard surpris.
« Ce morceau de tissu, permettez-moi de vous l'offrir. »
Sur ces paroles, Neji remit le présent à son nouveau destinataire qui tendit machinalement les mains. Curieux devant cette soudaine générosité, Naruto leva le regard vers l'homme, interrogateur.
« Vous voulez vraiment me l'offrir ? demanda-t-il à nouveau, ce à quoi Neji répondit par un hochement de tête. Merci », ajouta le garçon, enthousiaste.
Heureux de recevoir un objet dont il appréciait la valeur, Naruto lui retourna un sourire rayonnant et revint auprès de Sai qui l'accompagna à travers la foule en vacarme.
Arrivé à une dizaine de mètres, malgré les bousculades autour de lui, pris par une soudaine impulsion, Naruto tourna la tête. Plus loin, derrière lui, entraperçu entre ces têtes brunes et mouvantes, il y vit toujours cet homme singulier au milieu de la foule joyeuse, l'allure mystérieuse et le regard impassible,détonant au milieu de la vague humaine.
_S.U_N.U_
Lorsqu'ils furent de retour au palais, notre jeune garçon n'avait pas fait plus de cinq pas à travers l'immense antichambre qu'une voix autoritaire l'arrêta net.
« Naruto ! »
Se retournant, l'interpellé vit Sasuke se diriger à grandes enjambées dans sa direction, la démarche agile et preste, les yeux légèrement froncés, exprimant visiblement une certaine irritation.
Pour le blond, qui n'avait pas du tout saisi la raison pour laquelle le pharaon semblait être furieux, recula méfiant, jusqu'à ce que son dos se bute contre la face froide d'une colonne. Quelques secondes suffirent pour qu'il se retrouve nez à nez avec Sasuke qui se colla tout près de lui.
Sans la moindre gêne, Sasuke le pressa encore plus contre le mur avant d'y poser ses mains juste au-dessus de ses épaules.
Le geste désinvolte eut l'effet de faire déglutir intérieurement le blond qui lui retourna un regard accusateur, embarrassé de s'être donné ainsi en spectacle en pleine antichambre.
Mais survint alors un geste auquel il ne s'attendait pas. Sasuke se baissa nonchalamment et déposa un baiser feutré sur ses lèvres entrouvertes, elles-mêmes habituellement loquaces mais devenues étrangement muettes en cet instant.
Le simple et doux baiser fit figer le propriétaire des lèvres qui sentait son cœur faire un bond plus rapide. Et c'était ce même effet qui se produisait ces derniers temps lorsque Sasuke tentait petit à petit des approches furtives.
Profitant que son ancien esclave n'ait pas encore réagi devant le geste, Sasuke approcha sa tête un peu plus contre le blond et colla son front à celui de son soleil adoré, de sorte que leurs regards s'impriment l'un dans l'autre.
« Où étais-tu ce matin ? lâcha-t-il finalement.
— Sai m'a laissé venir dans Thèbes avec lui, répondit celui-ci, sans pour autant rompre leur contact visuel, par crainte ou par simple envie. »
Sasuke acquiesça silencieusement car de toute façon ce n'était juste qu'un stupide prétexte afin de faire parler le mignon blondinet. Laissant traîner paresseusement son regard d'onyx sur le plus jeune, ses sourcils s'arquèrent de surprise en voyant le rouleau de tapis dans le creux de ses bras.
« Tu as acheté ceci au marché ? » lui dit-il, véritablement déconcerté à l'idée que le blond ait acheté quelque chose à l'extérieur alors que le palais était rempli de mille et un trésors beaucoup plus louables.
Se rappelant de sa rencontre au marché de Thèbes, Naruto lui montra joyeusement le tissu qu'il tenait en lui relatant les faits :
« Je ne l'ai pas acheté. C'est un commerçant qui me l'a donné. Pour le reste, je n'ai pas la moindre idée du pourquoi il m'a offert cette pièce. Ce produit est de bonne facture, n'est-ce pas ? » se dit-il tout en admirant du regard le précieux tissu.
De ce fait, il ne vit pas la lueur soupçonneuse et un brin jaloux qui traversa les yeux de Sasuke à ce moment-là. Naruto avait toujours refusé obstinément ses présents, et là, il avait accepté le cadeau d'un simple inconnu rencontré sur un bout de route. Et cela, Sasuke ne pouvait le tolérer.
La main sévère de Sasuke se glissa sous le menton du blond qu'il ramena vers lui, l'empêchant par la même occasion de contempler ce fichu morceau de tissu.
« Je n'aime pas le fait que tu acceptes si facilement les cadeaux venant des autres, déclara-t-il sans aucun détour, le regard planté dans ceux du blond, attendant de celui-ci une entière assimilation de l'ordre.
— Vous n'allez quand même pas à chaque fois autoriser si oui ou non je peux accepter les cadeaux ?
— Pourquoi pas ? rétorqua-t-il, tout à fait sérieux.
— Vous ! … »
Sans laisser le temps à cette jolie bouche qu'il trouvait un peu trop sujette aux propos effrontés, Sasuke prit la main de Naruto et l'entraîna à travers la salle hypostyle, s' engageant dans le chemin qui conduisait directement à ses appartements.
Plus ou moins réfractaire, le blond se réprima de montrer son agacement en pestant. Il avait toujours en horreur la manière avec laquelle Sasuke se comportait. À chaque fois qu'il parlait sur ce ton-ci, c'était comme s'il se moquait éperdument de ce que disait le monde, seules ses paroles en faisaient juges. Mais hélas et malheureusement pour lui, dans cette époque antique, c'était vraiment ce qui se passait : Sasuke était le maître suprême de l'empire.
Jurant dans sa barbe, le blondinet concéda à suivre le jeune pharaon, priant qu'à cette heure-ci, les affaires diplomatiques de l'empire l'occuperaient trop pour que le brun puisse s'accorder plus de temps à lui dicter sa vie.
.
.
.
En effet, Sasuke était trop assailli par une multitude d'affaires à traiter pour pouvoir s'accorder plus de temps en sa compagnie, exactement comme ce que Naruto avait pensé. Au début de l'après-midi, le brun s'était retiré avec Kakashi et Shikamaru au palais intérieur afin de régler certains problèmes.
Bien entendu, Sasuke ne lui avait pas dit de quoi il s'agissait et Naruto ne tenait pas à le savoir. Depuis le temps qu'il se trouvait dans cette époque, Naruto avait appris la règle d'or, que moins il savait, mieux il se portait.
Car pour cause, jusqu'ici, c'étaient les connaissances précieuses qu'il possédait du XXIème siècle qui avaient attiré tous les regards sur sa personne. S'il avait pu se fondre parmi la masse, sans doute aurait-il pu se cacher dans un endroit sûr avant de trouver une solution à son problème ? Sans doute les gens ne l'auraient pas pris par erreur pour l'enfant de Hapy comme disait la prophétie. Sans doute qu'il n'aurait pas rencontré Sasuke et fait face aux sentiments contradictoires qui surgissaient récemment dans sa tête.
Cela faisait donc plus de trois heures que le blond œuvrait dans la gigantesque bibliothèque de Sasuke, Shizune lui ayant confié la tâche de redonner un peu d'ordre à cette antichambre.
Remettant les papyrus soigneusement cachetés dans leurs vases, le blond entendit soudain un cri surgir depuis le jardin. Le hurlement était odieux et atroce, provoquant un froncement de sourcil chez Naruto qui s'étonnait de la provenance de ces cris en se demandant pourquoi ils émanaient d'un tel endroit du palais.
Plusieurs autres cris vinrent s'ajouter au premier et ne s'arrêtaient plus. Déstabilisé et incapable de rester de marbre devant ces bruits inhumains, Naruto déposa hâtivement les papyrus et courut à la salle attenante, à la recherche de la seule personne qui pourrait lui donner une éventuelle réponse sur l'origine de ces hurlements troublants.
« Sai ! Tu as entendu ces cris ?
— Oui, répondit Sai avec ses fidèles monosyllabes.
— D'où est-ce que ça vient ? Je les entends très bien d'ici alors qu'on est dans les appartements de Sasuke.
— Il existe un chemin qui va directement depuis ces appartements jusqu'aux cachots réservés aux prisonniers politiques.
— Tu veux dire qu'il s'agit de ceux que vous soupçonnez d'être espions à la solde des autres empires ? Ces cris… Vous les torturez ? s'obstina-t-il à savoir malgré la part de son cerveau qui reconnaissait l'évidence cruelle de cette époque antique.
— Cet homme est Hittite. En plus d'être coriace, il a été insolent envers Sa Majesté Sasuke. Nous voulons seulement leur secret de fabrication de fer. »
Le menton de Naruto s'agita. Quelques plis soucieux se formèrent sur son front. Ce que Sai disait correspondait à l'Histoire comme elle sera racontée dans le futur. L'empire égyptien, malgré leur gigantesque savoir-faire, avait un considérable retard par rapport aux Hittites sur la fabrication du fer.
La conversation qu'avait eu Sasuke et ses hommes lors de la nuit de sa dernière fuite revint subitement à sa mémoire. Sasuke désirait devenir le maître du fer et cette ambition de dominer la mer Méditerranée ne l'avait jamais quitté, pensa le blond.
« Vous n'allez pas le lâcher même s'il s'entête à garder le silence, n'est-ce pas ? demanda-t-il en se retournant vers son gardien, la question étant plus oratoire qu'autre chose.
— Pas le choix. Sa Majesté Sasuke est déterminée à obtenir cette information. Il a tenu à interroger lui-même le prisonnier.
— L'interroger ? Vous allez le torturer tu veux dire ?! » renchérit le blond, une peur sans nom le saisissant d'horreur de ce que Sasuke était en train de faire.
Pour toute réponse, Sai haussa les épaules, indifférent.
Imaginant les tortures comme celles des scènes qu'il avait souvent vues à la télévision, Naruto jetait fréquemment des regards anxieux dans la direction des cachots du palais, incapable de se concentrer de nouveau sur sa tâche en cours.
Il n'était pas si innocent pour penser que Sasuke n'emploierait pas la torture pour obtenir ce qu'il voulait. Le monde moderne dans lequel le blond vivait n'était pas non plus tout rose et tout joli au point d'avoir aboli ces actes cruels et abominables. Mais de là à assister de plus ou moins près à cette affliction en tant que simple observateur, il ne sut que faire.
Sasuke exerçait son autorité sur tout l'empire, cela, Naruto ne pourrait jamais l'en empêcher. Il n'était pas non plus un sauveur ni un saint, et l'Égypte n'était pas le seul empire qui avait recours à la torture. D'autres personnes endureraient ces méthodes cruelles de partout dans le monde antique, et ce, sans qu'il puisse faire quoi que ce soit.
Pourtant, son esprit était paralysé de terreur à chaque fois que ces cris parvenaient de nouveau à ses oreilles. Songeant avec effroi lorsqu'on l'avait amené sur la table du sacrifice, oui, le blond savait ce qu'était la peur pure, cette terreur sans nom lorsqu'on devait affronter la mort. Mais que pouvait-il faire dans cette situation ? Il était aussi impuissant que ce prisonnier enchaîné qui subissait le supplice à cet instant. Ressentir la peur de quelqu'un qui vivait la même chose que nous était une sensation étrange, vivre face à la peur, sentir la sueur moite qui s'expulsait par chaque pores, avec le terrible constat que ceci n'était pas qu'un rêve et qu'on ne pouvait y échapper.
Un spasme traversa son corps. L'horreur de la situation avait eu raison de lui.
Il tremblait de manière incontrôlable lorsque tout d'un coup, deux bras vinrent le retenir, l'encerclant dans une étreinte protectrice. Pris par surprise, le blond poussa un hoquet et fit tomber les papyrus qu'il tenait dans ses mains.
Malgré la chaleur qui se dégageait des bras solides, un frisson le fit claquer les dents, retournant la tête, il aperçut Sasuke et son regard inquiet.
« Sasuke...
— Qu'est-ce que tu as ? Tu es tout pâle, s'inquiéta le brun en apposant le plat de sa main sur le front tanné. Tu n'es pas malade pourtant.
— … Ce n'est rien, juste un peu trop de vent peut être, éluda celui-ci.
— … Uhm. Dans ce cas ... veux-tu bien m'aider à refaire mon bracelet ? » renchérit le brun, le torse toujours collé plus que ce qu'il ne fallait au dos du blond.
Muet, Naruto retourna sa tête, le corps toujours prisonnier des bras solides. Évitant le regard intense juste au-dessus de sa tête, il acquiesça machinalement à sa requête. De toute évidence, le brun n'attendait pas et n'acceptait pas de refus de sa part. Il ne servirait à rien qu'ils se chamaillent encore pour un simple bout de lacet.
Tout comme il était inutile de faire remarquer que Sasuke possédait des milliers de serviteurs dans ce palais ou encore qu'il aurait pu refaire le nœud de son bracelet lui-même tout simplement.
Les liens en cuir se détachèrent et s'enroulèrent de nouveau autour du poignet du jeune pharaon, protégeant la poignée de motifs colorés et majestueux. Serrant fortement sur l'attache des nœuds, Naruto s'apprêtait à se dégager de l'étreinte quand soudain, des lèvres se posèrent légèrement sur sa joue.
Sasuke, de marbre devant l'attitude fuyante du blond, n'avait pas résisté à sa pulsion soudaine que de l'embrasser et toucher encore ce soleil vivant, celui-ci étant trop distrait dans ses propres idées pour remarquer le regard intense qui ne l'avait plus quitté depuis.
Le geste de Naruto se figea. Un baiser feutré et chaste, léger et taquin comme l'image floue du visage de Sasuke penché sur lui à cet instant. Plusieurs secondes passèrent avant qu'il ne réalise qu'il était en train de divaguer dangereusement. Les joues virant au rose de poudre, le blond ne sut comment se dérober aux idées folles qui avaient germé dans sa tête.
Baissant le menton, il évita le regard et le sourire amusé de l'homme qui le retenait toujours prisonnier.
« Sasuke, le prisonnier a repris conscience. Allons-nous reprendre l'interrogatoire ? » s'enquit Shikamaru en débarquant dans la salle, pas le moins du monde gêné par la scène qui se jouait devant ses yeux entre son pharaon et le garçon blond.
« Uhm », fit l'intéressé, regrettant intérieurement ce court moment volé pendant lequel il avait eu l'impression qu'il commençait à toucher le cœur du garçon.
Congédiant le génie qui ne se fit pas prier de disparaître, Sasuke murmura à l'oreille de son « partenaire de lit » :
« Naruto… Je dois partir, j'apprécie ta réaction mais il faudrait que tu me laisses partir maintenant », murmura-t-il avec un sourire taquin.
Naruto ne comprit pas tout de suite ce que le brun voulait dire. Suivant la direction qu'indiquait le regard de Sasuke, ses yeux s'agrandirent et il relâcha hâtivement le bracelet de Sasuke. C'était lui-même qui avec retenu le brun ?
La commissure des lèvres du brun se haussa en un rictus amusé. Finalement, il relâcha son blond non sans regret et partit, laissant ce-dernier dans un état relativement confus.
Les minutes passaient et Naruto semblait avoir retrouvé sa contenance, malgré une petite touche rosée demeurée sur sa joue.
Regardant autour de lui, il se rendit compte de l'absence de Sai, probablement parti en compagnie de Sasuke. Par ailleurs, il se rendit compte qu'il avait été complètement distrait par le brun et avait oublié son inquiétude vis-à-vis du prisonnier. Que devait-il faire maintenant ? Se ramener comme une bombe aux cachots et solliciter Sasuke de laisser la vie sauve à l'homme sachant que l'instant qui venait de se dérouler était encore frais dans sa tête ? Pour quelles raisons espérait-il que Sasuke veuille satisfaire à sa demande ?
Hautain et fier, Sasuke détestait qu'on puisse se mêler de ses décisions, tout ce qu'il réussirait à faire serait de mettre encore de l'huile sur le feu.
C'était idiot mais Naruto se sentait responsable, voire même coupable vis-à-vis du sort de cet homme qu'il ne connaissait pas. Il n'était pas une âme charitable des contes de fées, cependant, étant donné qu'il avait eu la réponse à ce que Sasuke désirait, Naruto se sentait encore plus coupable, coupable de laisser l'homme subir la torture, de payer pour son silence. Savoir sans pour autant réagir était un acte encore plus terrible que la cruauté de ceux qui exerçaient le mal.
Tracassé, Naruto s'arracha nerveusement les cheveux à la recherche d'une solution parfaite pour tout le monde. Puis ses doigts s'immobilisèrent à la hauteur de ses joues. Pinçant ses lèvres, il s'élança sur le même chemin sinueux qu'avait pris Sasuke un peu plus tôt. En de grands pas fermes, il marcha avec détermination en direction des cachots, l'endroit qu'il ne connaissait que trop bien pour auparavant, avoir maintes fois tenté de sauver son ami Haku.
.
.
.
À l'écart des appartements impériaux, le portail de prison donnait passage à l'autre visage du palais majestueux. Ici, il n'était pas question de soie, de vin, de beaux mets, de velours ou de palais majestueux, seuls existaient les murs épinglés d'outils de torture lugubres, de rongeurs et bestioles qui circulaient entre les fentes de briques, d'objets crasseux et puants abandonnés ici et là sans qu'aucun ne s'en occupe.
Ces cachots, on les surnommait le monde souterrain de Thèbes, l'endroit réservé aux ennemis de l'empire.
Sasuke dévala le reste des marches et entra dans une chambre close, suivi de près par Shikamaru. Ici, l'atmosphère était beaucoup plus propre que celle des autres cellules, mais elle ne demeurait pas moins sinistre avec ses vieilles tâches de sang coagulé sur les dalles froides.
Kakashi était déjà présent, les bras croisés sur le torse. Deux autres gardes étaient postés derrière lui avec un seau d'eau dans la main de l'un et un fouet pour l'autre. Voyant les deux nouveaux arrivés, il quitta sa position et vint vers les deux bruns en faisant un signe négatif de la tête.
« Sasuke. Toujours rien.
— Uhm », acquiesça-t-il en regardant le prisonnier affaissé par terre.
L'homme avait les mains attachées dans le dos, elles-mêmes maintenues par un gros tronc de bois et son corps était parsemé de sang et zébré de blessures. À genoux au sol, ce fut avec une peine laborieuse qu'il releva les yeux à moitié troubles vers celui qui venait d'apparaître dans son champ de vision. Reconnaissant le pharaon d'Égypte par ses yeux noirs de glace, l'homme rassembla le peu de force qu'il lui restait avant de souffler sur le bout des lèvres.
« Je... Ne… S… Sais pas... »
Sasuke s'approcha et s'accroupit devant lui. Lentement, il releva le menton de l'homme du bout de son doigt, les yeux allant se planter dans son regard trouble.
« Qui comptes-tu leurrer de cette façon ? Toi et ton roi ne devrez pas sous-estimer l'Égypte. Pour la dernière fois, je te le demande : que complote ton roi Hiashi ? Réfléchis bien à ta réponse, je ne tolère pas le mensonge, avertit Sasuke.
— Pitié, seigneur, je ne sais pas de quoi vous parlez.
— Allons, ne joue pas la comédie. Comment fabrique-t-on le fer ? Parle et je te laisse la vie sauve. Tu as la parole du pharaon d'Égypte. Qu'as-tu dit dans ton message codé ?
— Par tous les diables... Comment voulez-vous que je le sache…
— Kakashi, rappelle-lui la raison pour laquelle il est ici, coupa Sasuke en se relevant, intimant l'ordre à l'homme argenté derrière lui.
— Oui, votre Majesté. Il est ici parce que nous l'avons surpris en train d'envoyer un billet codé par oiseau messager. Le genre d'oiseau capable de faire de longs vols. Le billet était écrit en hittite.
— J'envoyais un message à ma famille qui habite loin de Thèbes », nia-t-il tout en bloc.
Sasuke se retourna et fixa l'homme gisant sous ses pieds pendant un moment.
« Bien, statufia-t-il finalement, puisqu'il en est ainsi... Gardes ! Coupez-lui la langue afin qu'il soit bien obligé d'utiliser les oiseaux messagers pour communiquer durant le restant de ses jours. »
Le garde obtempéra en mettant la main sur son cœur et recula vers la table où s'enchevêtraient les instruments métalliques.
« NON ! Arrêtez ! »
Le cri retentit et coupa net l'ambiance électrique de l'antichambre ténébreuse, attirant le regard de tout le monde sur la provenance de la voix.
Le jeune pharaon se retourna. Naruto s'était cramponné à son dos, le gênant expressément dans ses mouvements, nouant ses bras étroitement autour de sa taille, comme si le geste désespéré pouvait empêcher toute l'horreur qui allait se produire.
« Naruto ? s'étonna Sasuke en découvrant la tête blonde enfouie contre son dos.
— Sasuke ! Non, ne le tuez pas, s'il vous plaît. Cet homme, peut-être qu'il vous a menti, mais peut-être qu'il a dit la vérité aussi. Faites preuve de clémence. Pourquoi vous ne lui laisseriez pas une chance de parler ?
— … Tu nous as écouté, devina le brun, le regard sévère.
— Peu importe. »
Naruto secoua la tête, ravalant la peur qui bloquait sa gorge.
« Ne le tuez pas, par pitié. C'est un homme, tout comme vous et moi. Il a une vie lui aussi. Pens-
— Gardes, ramenez-le à ses appartements », coupa Sasuke en se retournant, ignorant délibérément le vain raisonnement de Naruto.
Ses doigts fermes vinrent enlever l'écrin du blond autour de sa taille, à ce moment précis, il ne restait plus rien du Sasuke tendre et calme lorsqu'il était passé le voir au jardin.
« Naruto, sors de cet endroit, je ne veux pas de ta présence ici », fit-il avant de faire signe au garde qui se remit immédiatement à la besogne en saisissant un couteau de taille moyenne aux couleurs brunies.
Tout défilait comme dans un film au ralenti devant les yeux affolés du blond. Le soldat s'approchait avec ce même couteau auprès du prisonnier terrifié. Une autre pression se fit sur son avant-bras, Kakashi était en train de l'éloigner du brun et de la salle. Et pire que tout, Sasuke demeurait de marbre devant ses prières.
Alors, le dérapage se produisit. Dans l'urgence, Naruto céda à toute notion de bon sens. Il se débattit et s'échappa comme une furie de l'emprise du général. L'instant d'après, il s'élança vers le pharaon et se serra contre lui de nouveau, enfouissant son visage dans les plis de sa cape.
« Non, non, s'il te plaît, ne fais pas ça ! Je connais ça ! Je sais ce que tu veux, répéta follement Naruto, sous la panique, il avait même omis le vouvoiement qu'il réservait au brun afin de maintenir ses distances.
— Comment ? » fit-il surpris au plus haut point.
L'ambiance était électrique, tous se pendaient à ses lèvres. Le cours de l'Histoire allait peut-être changer par ce qu'il allait dire ou faire, il en avait conscience.
« Je connais la méthode de fabrication du fer », articula-t-il lentement.
Il n'y avait plus de retour possible pour lui, comme pour le cours de l'Histoire tout entier.
Pleinement conscient de l'importance de sa révélation, le regard ferme, le jeune étudiant lâcha enfin Sasuke et se dirigea vers les bacs de poudre de minerai trouvés dans la pièce. Si c'était le seul moyen d'échange contre la vie du prisonnier, alors il le ferait, quitte à assumer les conséquences de ses actes. Et si c'était à refaire, Naruto savait qu'il referait la même chose, pour ce prisonnier qu'il ne connaissait pas ou pour d'autres personnes qui auraient besoin d'une main secourable.
Plongeant la main dans la poudre parsemée de particules de tailles irrégulières, il se remémora les expériences faites jadis lors de ses années à la fac.
« Tout d'abord il faut que vous filtriez cet ensemble de sorte à ce qu'il soit plus propre afin d'obtenir une poudre homogène, commença-t-il en se retournant vers l'ensemble des personnes présentes. Puis, examinant les alentours, il continua : Vous devriez vous procurez un très grand fourneau. Il faudra mettre beaucoup de charbon de bois dans le fond du fourneau avant de le remplir avec cette poudre. Les gaz produits seront nécessaires à la combustion. Une fois que vous aurez réussi à faire consumer le tout, vous obtiendrez un bloc de métal pur. Vous obtiendrez en même temps un résidu de fer en liquide, avec ce produit, il faudra utiliser les moules avant de le refroidir. »
Visiblement, il avait bien retenu les grandes lignes théoriques qu'on lui avait ressassées pendant sa première année d'archéologie, pensa-t-il avec amertume. Déconcentré par ses pensées, il ne remarqua pas les regards ébahis autour de lui. Tous sans exception était impressionnés par ce qu'ils venaient d'entendre.
La chaleur lui brûlait le dos, des gouttes de sueur perlaient sur son front, mais Naruto n'avait d'autres choix ou de retour possible.
« Cependant, le morceau de fer pur obtenu est encore inexploitable. Il faudra le forger à chaud dans le but de dégager toutes les impuretés qui restent pour obtenir une lame résistante », rajouta-t-il en essuyant une goutte de sueur qui s'échappait encore le long de sa joue.
Le silence avait envahi la pièce.
Interloqué, Sasuke s'approcha du blond qui se retourna en sentant la présence dans son dos. Sans un mot, le pharaon l'attira à lui et noua ses bras autour de sa taille. Lui-même n'ayant pas encore réalisé ce qu'il avait entendu de ses propres oreilles.
Sasuke savait que le blond était un garçon mystérieux et qu'il restait encore pleins de questions autour de sa personne dont il n'avait de réponses. Et pourtant, ce qu'il venait d'entendre là, à l'instant, était juste incroyable. Comment un être aussi petit que ce blondinet pouvait faire de tels miracles ? Le surprendre encore et encore par ses connaissances et par son caractère imprévisible.
Sasuke permit un sourire à ses lèvres. Qu'il était fier de son blond, de son Naruto. Fier que le seul être dont il était tombé amoureux fût un être unique et exceptionnel, sa perle rare.
Comment connaissait-il ces notions sur les armes et les métaux ? Tout comme ces choses miraculeuses qu'il avait faites au palais depuis son apparition. Mais à cela, Sasuke n'avait pas encore de réponse. Tout en son blond était surprises et découvertes.
« Naruto tu es... Fantastique.
— Je... », Naruto ne trouva pas d'autres mots à formuler. Que dire de plus quand il avait pris cette décision ?
Kakashi et Shikamaru s'approchèrent pour examiner la poudre de minerai, un soldat les suivait et notait soigneusement sur un papyrus. Même sans regarder, Naruto se doutait bien qu'il était en train de retranscrire tout ce qu'il avait dévoilé quelques minutes plus tôt.
Avait-il pris la bonne décision en révélant ceci à Sasuke ? Avait-il fait le bon choix de sauver cet homme au détriment de l'Histoire toute entière ? Mais sa parole était là, retranscrite sur le papyrus à présent et Naruto ne pourrait rien y changer si ce n'était qu'espérer que Sasuke ferait bon usage de cette précieuse découverte. Si la guerre éclatait entre les empires à cause de leur soif de conquête, il ne saurait se le pardonner.
Perdu, il ne remarqua pas le regard de Shikamaru porté sur sa personne. Finalement, celui-ci se retourna discrètement avec un sourire sans que personne ne l'aperçoive. Son intuition ne l'avait pas trompé. Naruto était celui qu'il fallait à Sasuke et à l'Égypte. Et même s'il ne l'avait dit à personne, pas même à Sasuke, il ne regrettait pas d'avoir risqué sa vie pour plaider en sa faveur.
Peu importait si Naruto était réellement le garçon de la prophétie ou celui d'un monde mystérieux qu'ils ne connaissaient pas, il incarnait déjà malgré lui le nouveau tournant de cet empire.
_S.U_N.U_
Pendant ce temps, dans la ville de Thèbes où la vie menait bon train, un complot était en train d'être monté à l'encontre de la famille royale. Cachés derrière les murs de la demeure, plusieurs hommes surveillaient les entrées et sorties, guettant les passants dans la rue, scrutant le moindre signe depuis le grand salon où la discussion s'animait autour du prince d'Hittite.
Posé sur l'amas de coussins et d'édredons éparpillés, Neji ainsi que le reste de ses hommes, attendaient l'arrivée de leur espion, celui qui leur apporterait des informations nécessaires afin de parfaire le plan qu'ils avaient prévu en venant sur cette terre égyptienne.
« Altesse, quelle est votre décision ?
— Quoique Rusafa nous rapporte, je lancerai l'attaque demain matin comme prévu. Il y a eu de nouveaux éléments en jeu et cela, mon homme de main nous en informera plus en détail... Les cadeaux sont-ils prêts ?
— Oui, Altesse, tout est à point pour notre plan, l'attaque se déroulera comme nous l'avons planifié. Avec le titre de commerçant, il nous sera aisé de nous infiltrer au sein du palais royal.
— Nous nous diviserons en deux groupes pour chercher ma cousine Hinata. Je ne veux pas de grabuge, est-ce clair ? Quatre ou cinq hommes me suivront, les autres resteront avec le reste du convoi. Si l'occasion se présente, je veux que vous tuiez ce Sasuke », souligna-t-il en dernier point.
Son subalterne approuva d'un signe de tête déterminé. Pour son roi et son empire, il ferait tout, même si on lui disait d'aller en enfer. L'homme sortit une carte de son ample vêtement et l'étendit devant le regard irrémédiablement blanc de son prince.
« Nous avons déjà posé des infiltrés dans le palais. Une fois la mission terminée, nous nous donnerons rendez-vous ici, à la porte est, fit-il en glissant son doigt sur les points clés de la carte. Des montures sont préparées pour vous et nos hommes sur place s'occuperont des gardes. Altesse, devrions-nous cibler seulement le pharaon d'Égypte ?
— La mort de son frère serait un plus pour nous. Sur le plan officiel, Itachi possède toujours la moitié de l'Égypte même s'il ne participe pas politiquement aux décisions du palais », dit Neji.
Soudain, l'image du garçon blond qu'il avait rencontré plutôt ce matin resurgit dans ses pensées et l'intrigua fortement. Quel rôle occupait-il dans cette hiérarchie d'Égyptiens avec qui il n'avait visiblement aucun lien ?
« Le garçon blond de ce matin est... étrange. Qu'as-tu pu trouver sur lui ?
— Comme vous le savez déjà, il s'appelle Naruto. D'après ce que disent les gens, il aurait les faveurs de Sasuke puisque celui-ci l'aurait à maintes reprises épargné pour son insolence.
— Il ne me paraissait pas manipulateur et malhonnête. Mais nous ne pouvons pas l'éliminer de nos plans. Ce garçon côtoie Sasuke et les gens du palais, il est fort possible qu'il ait entendu parler d'Hinata, ma cousine », spécula-t-il avant de lever les yeux vers la silhouette qui venait de franchir le seuil de la chambre.
Le nouveau venu s'installa promptement en face du prince après une rapide et humble révérence.
« Votre Altesse, j'ai obtenu les informations que vous m'aviez demandé.
— Énonce-les rapidement.
— Oui mon prince. Comme nous le craignons, personne n'a eu de nouvelle de votre cousine Hinata depuis le départ de la princesse Tenten. C'est comme si son Altesse s'était évaporée dans la nature. Les quelques rares personnes que j'ai pu soudoyer n'ont rien remarquées d'étrange.
— Foutaise ! Une personne vivante ne peut pas disparaître comme ça du jour au lendemain sans laisser de traces ! Il doit y avoir des indices quelque part !
— Altesse, vous pensez que c'est encore une manigance de la part de Sasuke ? Qu'il aurait enlevé notre princesse pour nous intimider ? renchérit l'autre guerrier auquel Neji ne répondit pas.
— Altesse, j'ai trouvé autre chose encore », se permit d'ajouter l'homme au nom de Rusafa.
Neji le dévisagea. Après une seconde d'hésitation, celui-ci extirpa de sa bourse un bracelet de jade qu'il tendit respectueusement à son prince. Reconnaissant l'objet au premier coup d'œil, ses yeux s'enhardirent et ses mains arrachèrent le bijou, comme s'il ne pouvait croire à l'évidence qu'il redoutait.
« Merde. C'est le bracelet de jade d'Hinata, celui que sa mère lui avait offert avant sa mort. C'est un bijou dont elle ne se sépare jamais, rugit-il, les mots s'arrachant de sa bouche tandis que ses doigts se pressaient sur le bijou froid. Comment l'as-tu trouvé ? questionna-t-il d'une voix sombre qui abritait mal sa colère.
— Après des recherches, j'ai pu entrer en contact avec un marchand qui revend des objets sortant du palais. Parmi les objets qu'il proposait, il y avait celui-ci. J'ai eu des doutes en voyant les inscriptions dans notre langue sur sa face intérieure.
— Que t'a-t-il révélé sur l'origine de ce bracelet ?
— Il aurait racheté le bracelet de notre princesse par l'intermédiaire d'un garde du palais. Impossible de remonter plus loin à partir de là », rapporta celui-ci en baissant la tête, honteux à l'idée de son impuissance.
Donnant un coup de poing sur la table, Neji laissa la fureur l'envahir. Les Égyptiens avaient porté la main sur sa cousine, ceci était une évidence, de plus, ils osaient prétendre qu'elle avait quitté la capitale de son propre chef ?
Hinata n'était pas impulsive. Elle n'aurait jamais laissé Tenten seule derrière sans un mot. Sans parler de l'apparition de ce bracelet qui venait confirmer ses doutes. Il lui était certainement arrivé quelque chose entre ces enceintes.
Tout n'était que mensonges et complots. Derrière les murs de Thèbes aux façades majestueuses se cacherait donc le monstre sanguinaire que le peuple encensait aveuglément ? Celui qui régnait en tyrannie sur les Égyptiens avec son regard impitoyable et sans sentiments ? celui qui était sûrement l'auteur de la disparition de sa cousine. Neji avait maintes fois averti Hinata, le monde extérieur était beaucoup plus cruel et perverti qu'elle ne le croyait.
« Hati, ordonne à nos hommes qu'ils soient prêts pour demain, fit-t-il d'une voix ferme et sans équivoque.
— Oui votre Altesse.
— Si Sasuke et son peuple osent mettre ne serait-ce qu'un doigt sur Hinata, je jure sur tous les dieux que nous nous vengerons. Sasuke et tous les Égyptiens paieront pour avoir porté atteinte à Hittite. »
_S.U_N.U_
Comme une lente et paisible routine à laquelle il ne se dérogeait pas, c'était le moment de la journée où Itachi se rendait au temple d'Hathor. Étant donné son statut d'aîné, il lui revenait la tâche de servir l'autel des dieux et consulter les bons augures. Fervent croyant, le plus grand des deux frères considérait cette tâche comme un acte sublime de dévotion envers cette terre mère qu'il chérissait tant. Itachi n'avait que peu d'intérêt pour la politique et laissait tout le loisir à son petit frère de gouverner comme il l'entendait, se contentant de suivre le règne de celui-ci dans l'ombre, n'hésitant pas à agir, même sans scrupule, lorsqu'il estimait que ses actes étaient bénéfiques à son frère et l'Égypte.
Déposant la coupe d'huile sur l'autel où se dressait la gigantesque statue d'Horus, il ferma les yeux, en quête de communion avec les dieux protecteurs. Son esprit fut en paix à cet instant.
Tobi entra dans la salle, apercevant son maître à genoux devant l'autel, il fit signe aux prêtres de sortir et attendit patiemment que son seigneur finisse par se retourner.
La quinzaine de minutes passait, lorsque qu'enfin il vit son prince se lever du coussin, Tobi se permit de dire :
« Ce matin au marché, Naruto a rencontré un marchand venant d'un pays étranger.
— En quoi cela pourrait-il m'intéresser ? répondit celui-ci après plusieurs secondes de silence, ses yeux demeurant fermés en quête de méditation.
— Plusieurs personnes ont été témoins de la scène. On dirait qu'il y a quelque chose entre eux. »
Itachi releva ses paupières. Malgré le silence de son prince, Tobi récita ce qu'il avait pu récolter. Pendant son rapport, Itachi s'était retourné et se dirigeait à présent vers la terrasse de l'antichambre, sans accorder le moindre regard à son serviteur.
Une rencontre qui devenait un peu trop étrange ? Avec son physique, il était normal que ce chat noir ait attiré beaucoup de regard, mais si ce que Tobi disait était vrai, ce marchand étranger n'avait pas été insensible à son charme. Et ce détail était trop beau pour qu'il laisse passer l'occasion d'éliminer la source de ses maux.
« As-tu trouvé des informations sur cet homme ?
— Il fait parti des marchands libyens qui viennent d'arriver à Thèbes aujourd'hui. J'ai vérifié leurs titres, Sa Majesté leur a accordé une audience pour demain matin. »
Itachi regarda son serviteur, surpris. Puis, un petit sourire sarcastique s'esquissa lentement sur le coin de ses lèvres.
« Tobi, que penses-tu qu'il se passerait si tout le monde découvrait que le favori du pharaon entretenait quelque chose d'ambigu avec un homme inconnu ? » fit-il avec un petit rire.
Le brun se retourna et ses yeux se dirigèrent vers la direction des appartements de Sasuke. Depuis la hauteur où il se trouvait, il ne pouvait apercevoir que les toits carrés et majestueux du palais agrémentés de jardins verdoyants.
« Tobi, tu sais ce que je veux… N'est-ce pas ? » reprit-il plus calmement.
Jetant un regard au profil de son seigneur, celui-ci s'inclina :
« Comptez sur moi, Votre Altesse. »
_S.U_N.U_
Le Nil continuait de couler, indifférent, ou bien impuissant devant les complots qui se manigançaient sur la terre thébaine.
Ignorant les intrigues qui se resserraient autour d'eux, Naruto dormait mal malgré tout, dans ce même lit qu'il partageait désormais avec Sasuke.
Toujours tracassé par les révélations qu'il avait faites plus tôt dans la journée, ses paupières clignèrent imperceptiblement, avec ses insaisissables songes qui vinrent chuchoter leur souffle.
Dans son rêve perdu, loin de cette époque, à des milliers d'années d'écart, une famille se réconfortait comme elle le pouvait de la perte de son enfant.
Égypte – Caire. 2014.
« Qu'est-ce que vous foutiez pendant tout ce temps ?! Comment ça il n'y a aucun indice ? » s'emporta Kyosuke devant les policiers muets et incapables de donner la moindre nouvelle sur la disparition de son frère.
Un peu plus en retrait, Deidara entourait d'un bras protecteur les épaules de sa mère, soutenant celle-ci face à l'épreuve d'une nouvelle tentative de recherche qui s'avérait décevante.
« Vous faites quoi de votre insigne ? Si vous n'êtes bons à rien, démissionnez ! renchérit le blond, pas moins emporté que son frère aîné.
— Messieurs, calmez-vous, essaya de tempérer le chef de la police d'une voix lourde d'accent. Nous avons fait le nécessaire, nous avons coopéré le plus possible avec cette armée de détectives que vous nous avez collé aux basques. Nous faisons le maximum pour le retrouv- »
Un bruit sec coupa la voix du policier, visiblement contrarié d'avoir à faire encore et encore à cette famille maudite, et ce, depuis les premières phases de la fouille.
Kyosuke avait cogné ses poings sur le bureau de l'officier. Fixant celui-ci droit dans les yeux, il s'attarda sur chaque mot, la voix sourde :
« Pendant que vous tournez vos pouces sur votre chaise, mon frère est peut-être en danger. Je me moque royalement de comment vous allez procéder, traînez les pieds si ça vous chante, je retournerai le Caire en entier si c'est là le seul moyen pour trouver mon frère. »
Le capitaine de police soupira, désabusé par ces scènes qu'il n' avait que trop vu. Par expérience, il savait déjà mieux que quiconque qu'il valait mieux éviter ces étrangers, sous peine de s'attirer encore plus de maux de tête.
Décidément, ces étrangers avaient tous un sale caractère et ne connaissaient pas la patience !
Mais la vérité était que son équipe et même ses supérieurs avaient déployé tous les moyens possibles pour retrouver le cadet de la famille Namikaze. Mais il ne restait aucune trace de ce dernier dans la ville tapageuse du Caire.
Par ailleurs, ce qui l'intriguait encore plus, c'était que ce blondinet disparu n'était pas le genre de personne qui passait inaperçu dans les quartiers populaires de la ville. Avec ses cheveux blonds, les gens auraient dû le voir ne serait-ce qu'une seule fois.
Et pourtant, aucun retour de réponse. Aucune trace restante, pas même une mauvaise piste. Comme si Naruto Namikaze s'était évaporé dans les airs, laissant une grande énigme sur sa disparition.
Et voilà que lui-même, chef de la police du Caire, se retrouvait à devoir coopérer avec les deux frères Namikaze plus têtus et irrités l'un que l'autre et qui avaient mis sens dessus dessous le département de police de la ville.
Jetant un regard vers la femme au visage fatigué, terrée dans les bras de son fils, il soupira pour la énième fois, passant une main sur son visage comme pour chasser un début de migraine qui pointait son vilain nez.
« Le site de Khéops regorge encore de cachettes inconnues. On fait le maximum pour trouver votre frère, il est possible qu'il se soit retrouvé dans l'une de ces retraites. »
Kyosuke ferma les yeux, tentant de retrouver son sang froid habituel. Il savait qu'il s'était laissé emporter et cela ne les aidait point à avancer dans l'enquête. Quel idiot il avait été. Comment pouvait-il croire qu'il pourrait compter sur l'efficacité de la police locale alors que l'armée de détectives privés qu'il avait engagée n'avait pas mieux avancée.
Un mois déjà depuis la disparition de son frère. Plus les jours passaient, plus son sang froid lui faisait défaut pour laisser place à ses pires craintes. Il n'osait imaginer plus. Si Naruto s'était retrouvé coincé dans l'une de ces chambres inexploitées de Khéops, comment aurait-il pu survivre depuis plus d'un mois ?
Kyosuke se força de ne pas penser à cette alternative, et même, il préférerait encore se convaincre que c'était juste un kidnapping. Quelque soit la somme, lui et Deidara donneraient tout pour récupérer leur petit frère. Mais de ce côté-là non plus, aucune lettre de revendication ne leur était parvenue depuis cette nuit au Musée.
Le brun resserra ses deux poings. Ils devaient retrouver Naruto le plus tôt possible. Quelque soit le temps et l'effort qu'il faudrait y mettre, sa mère ne tiendrait pas le coup cette fois-ci si elle perdait définitivement Naruto. Et ce n'était pas seulement pour elle, pour lui ou quiconque, cette famille ne serait plus jamais la même si elle perdait encore un être cher.
Naruto où es-tu ? Réponds-moi.
.
.
.
Dans la nuit silencieuse, les yeux bleus s'ouvrirent dans un hoquet étouffé. Encore des cauchemars qui revenaient sans cesse lorsqu'il fermait les yeux.
« Kyosuke ?! » sursauta Naruto qui se releva brusquement de l'oreiller, le front en sueur et la respiration saccadée.
Promenant son regard troublé autour de lui, sa respiration se calma en reconnaissant la chambre aux motifs dorés. Ses yeux s'abaissèrent alors, quelque peu déçu à la vue de l'endroit où il se trouvait désormais.
Le jeune garçon passa une main sur ses yeux, les images et les flashs s'agitaient encore confusément dans son esprit.
Il avait vu sa mère pleurer dans son rêve. Vivait-elle la même chose à cet instant, dans cette autre époque qu'il ne pouvait atteindre ?
Dégageant ses pieds de la grosse couverture qui les étouffaient, il les replia et se blottit dans le creux de ses bras resserrés. Ses cauchemars l'avaient rattrapé et encore une fois, il se sentait solitaire dans la nuit fraîche du Caire.
« Kyo...
— C'est qui Kyo ? » questionna une voix derrière lui.
Tournant lentement la tête, il s'aperçut que Sasuke s'était levé lui aussi, probablement dû à ses agitations. Ses cheveux de jais étaient lâchés sur ses épaules, une main farfouillant dans le désordre que présentait sa chevelure alors que de l'autre il se dégageait du drap qui recouvrait son bas-ventre. Malgré l'heure avancée, le regard qu'il possédait était clair et perspicace, sans la moindre trace de sommeil.
Mais cette nuit-là, le cœur du blond était juste trop lourd pour s'adonner encore à une joute verbale à n'en plus finir. Muet devant la question du brun, Naruto contempla longuement son « compagnon de nuit » avant de détourner le regard, trop fier et gêné de montrer ses émois les plus profonds. Mais ce fut sans compter sur le caractère également têtu et impérieux du jeune pharaon dont les sourcils se froncèrent légèrement devant le silence du blond.
Sasuke, passablement en rogne de s'être fait réveiller, avait cru entendre son côté possessif et violent gronder de nouveau à l'entente du nom inconnu sorti des murmures du blondinet. Cela l'irritait de ne pas pouvoir garder le contrôle et cette situation le déstabilisait encore plus parce qu'il réagissait toujours ainsi quand il était question de Naruto.
Seulement, à la vue du regard triste et sombre du plus jeune, sa jalousie s'estompa. Il ne connaissait pas la raison de la tristesse de Naruto, il ne saurait dire si le blond allait un jour se confier à lui, cependant, il était sûr qu'il détestait cela. Oui, s'il le pouvait, Sasuke aurait déjà tout rameuté pour lui redonner son sourire.
Parce que Naruto était différent des autres, il lui était encore plus précieux.
Sasuke mit une main dans ses cheveux à nouveau, embêté de se sentir inutile et de ne pas savoir comment aborder la conversation avec son blond.
Puis, sans dire un mot, il passa un bras autour des épaules de Naruto et le tira vers lui. Ce dernier, par surprise, s'échoua contre son torse.
Détournant le visage, il l'interrogea du regard. Depuis ces quelques jours qu'il avait été obligé de vivre avec Sasuke, il avait appris à interpréter les gestes et les éventuelles avances du brun. Mais silencieux, ce-dernier se contenta juste d'écarter ses jambes pour laisser une place confortable au garçon, refermant ses bras autour de ce qu'il considérait comme son trésor.
Sa tête vint s'appuyer contre l'épaule droite de Naruto et sa peau se frotta légèrement à la joue duveteuse de celui-ci.
Ainsi, il laissa son geste parler pour lui, d'exprimer sa tentative de le comprendre, se sentant privilégié d'être l'unique témoin de la peine du garçon.
D'abord surpris, Naruto conservait une certaine raideur vis-à-vis du brun. Il ne saisissait pas ce que voulait faire Sasuke. Mais comment interpréter son acte ? S'agirait-il, il ne saurait le dire, d'une de ses tentatives maladroites afin de le réconforter ?
Mais il ne pouvait mentir, cette chaleur qui se dégageait autour de lui le calmait, comme si bizarrement il devait puiser dans cette chaleur protectrice le courage pour vaincre ses pensées moroses.
Alors, il resta immobile lui aussi, respectant l'instant, savourant, laissant la douce torpeur nocturne venir bercer leurs cœurs solitaires.
La tête blonde ne s'était pas posée tout à fait sur lui, pourtant, Sasuke perçut comme une baisse de garde du blond à son contact, son dos qui se collait imperceptiblement un peu plus contre son torse nu en était la preuve.
« Kyo est mon frère aîné, dévoila finalement Naruto. C'est bizarre, j'ai rêvé de ma famille cette nuit. C'est comme si je les voyais pour de vrai, dedans ils ... »
Sasuke écouta attentivement le récit que le blond voulait bien lui confesser. Poussé dans son élan, Naruto lui relatait même certains détails de sa vie d'avant, les jeux qu'il organisait avec ses frères, ses caprices de jeune garçon un peu étourdi et bête qu'il n'épargnait à personne.
Devant les aveux de celui-ci, le cœur de Sasuke se pinça. Il était certes satisfait que le blond lui ouvre les portes du jardin de son cœur, mais, de la même manière, il jalousait cette superbe complicité que Naruto avait l'air de partager avec ce prénommé Kyosuke.
Pour une fois qu'il pouvait arguer que sa jalousie était fondée. Naruto et cet homme faisait partie d'une même famille, il était certainement possible pour eux d'avoir des relations amoureuses, se persuada innocemment le jeune pharaon pour qui les relations entre frères et sœurs n'étaient point une notion à remettre en question.
Alors, sa jalousie sournoise le dévorait. Que manquait-il pour que le blond soit plus qu'heureux ici ? Pourquoi ne pouvait-il pas oublier ce monde qu'il ne cessait de revendiquer et de rester avec lui, dans ce cocon paisible que le temps semblait avoir épargné.
Silencieux et perdus dans leurs propres réflexions, ils demeurèrent l'un contre l'autre jusqu'à ce que Naruto ne se rendorme sur le torse du brun. Cette nuit-là, ils n'avaient pas besoin de parler, car parler était vain face au moment précieux qu'ils venaient de vivre. Ils étaient juste deux âmes qui s'égaraient, l'une à la recherche du réconfort, et l'autre, tourmentée, retenait comme il le pouvait ce garçon qui avait captivé son regard dès le premier instant.
_S.U_N.U_
Le soleil avait passé le zénith lorsque le groupe de marchands se présenta devant le palais. Certains s'impatientaient de présenter leurs beaux produits au pharaon d'Égypte, d'autres l'étaient également mais pour différentes raisons.
Armes soigneusement cachées dans des malles d'offrandes, Neji était plus que confiant de son plan. Les armes qu'ils transportaient sur eux étaient d'une grande souplesse, ils pouvaient les enrouler sous leur ceinture. Ici, il y avait peu de risque que le personnel du palais le reconnaisse, pour cause, les gens avaient tendance à voir ce qu'ils devaient trouver, et ainsi, ils s'attendaient à trouver des marchands et non le prince d'Hittite en personne.
Devant les gardes qui s'écartaient pour laisser passer le gigantesque convoi, il gardait son air neutre et impassible. Ses yeux balayèrent discrètement l'enceinte du palais, notant les points de gardes et les allers-retours des serviteurs et d'autres occupants.
Jetant un regard aux innombrables édifices qui s'étalaient jusqu'au sein du Nil, le prince d'Hittite en éprouva une colère vive. S'il n'avait pas été question de retrouver sa cousine disparue, il aurait amené toute la puissance hittite à travers le Grand Vert afin de mettre en feu ce palais maudit.
Soudain, sortant de nulle part, un homme et deux prêtres se dirigèrent vers eux. Lorsqu'ils arrivèrent à proximité de leur personne, les gardes baissèrent la tête pour faire la révérence à l'homme qui semblait être haut placé :
« Maître Tobi.
— Hum, ce sont ceux qui vont aller à l'audience auprès de notre pharaon ? » demanda-t-il en regardant d'emblée le groupe de commerçants.
Son regard s'arrêta sur Neji, faisant froncer légèrement les sourcils de celui-ci. Cet homme avait un regard étrange, comme s'il savait quelque chose dont il ne voulait dévoiler.
« Je suis Tobi, serviteur de leurs Majestés. Laissez-moi le plaisir de vous conduire auprès de notre grand pharaon. Messires, veuillez me suivre », annonça-t-il poliment en montrant la grande allée d'un geste de main raffiné.
Puis, laissant les deux prêtres guider la foule, Tobi fit semblant de s'attarder et de marcher près de Neji dont il ne connaissait pas la vraie identité.
« Êtes-vous prêtre ?
— Vous pouvez m'appeler ainsi, je suis ce que l'on surnomme " le chef des Artisans ". Comme tous les autres serviteurs ici, ma vie est dédiée à mes maîtres », éluda-t-il en faisant un mince sourire.
Puis, jetant un regard aux tissus qui dépassaient des malles suite au contrôle des gardes, il continua :
« Vos manufactures sont très fines et de très bonnes qualités. Je suis sûre que ça plaira à leurs Majestés Sasuke et Itachi.
— Je le crois bien, rétorqua celui-ci qui prêta un tout autre sens à sa parole.
— Je reconnais ces motifs de tissu. J'en ai vu de similaires sur celui que tenait Naruto hier matin. C'est vous qui le lui avez offert n'est-ce pas ? » relança-t-il sur un même ton plaisant.
Neji le considéra en silence. Cet homme l'intriguait de plus en plus. Visiblement, il connaissait beaucoup plus que ce qu'il en avait l'air, mais gardant son air neutre, il ne ralentit pas son allure.
Il n'y avait pas de raison pour que celui-ci soit au courant de son plan d'assassinat. De plus, si cela avait été le cas, les gardes l'auraient arrêté depuis le portail même, sans qu'ils puissent franchir un seul pas dans l'enceinte du palais.
Puis, encore sceptique devant le comportement de l'homme, le prince entendit la voix qui s'élevait, à peine audible pour lui seul.
« Naruto se trouve actuellement dans les appartements de l'Est du palais. Il m'a prié d'aller vous cherchez aujourd'hui pour qu'il puisse vous remercier du présent. Ne tardez pas monsieur, n'attirez pas plus de problèmes à ce cher garçon qui n'attend avec impatience qu'à vous dire merci. »
Cette fois-ci, Neji regarda directement l'homme dans les yeux. Plusieurs questions le tourmentaient. L'homme était trop mystérieux, voir trop calculé pour être ami avec quelqu'un de si jovial que Naruto.
Il acquiesça contre toute attente. Pour l'instant, personne n'avait découvert ce qu'il manigançait et il était trop tard pour faire machine arrière. Il n'était pas du genre à reculer devant les obstacles, peu importait la situation. Même si son instinct lui soufflait que cet homme était très suspect, il ne reculerait pas. Tant qu'ils suivraient leur plan de départ, ils auraient des chances de parvenir au but.
Déterminé, il se mélangea de nouveau parmi le convoi, jetant un dernier regard à l'homme qui s'était détaché du groupe avec un petit sourire.
Ce palais regorgeait de beaucoup plus de mystères qu'il en avait l'air.
.
.
.
Les marchands patientaient dans la gigantesque antichambre, entourés par des gardes royales des deux côtés de l'allée. Cette antichambre était l'endroit où Sasuke donnait les audiences, que ce soit à son peuple ou aux émissaires étrangers.
Siégeant sur son immense trône au fond de la salle, Sasuke était entouré de ses ministres et de ses serviteurs. Un peu plus en recul, Itachi, fidèle à son statut de superviseur, aussi magnifique que son frère, ne prêtait qu'une oreille distraite au déroulement des audiences.
Au milieu de la foule, Neji dirigea son regard vers celui qui était le centre de toutes les attentions. Celui qui fixait l'assemblée à ses pieds d'un regard dédaigneux et non moins arrogant. Arrêté sur sa cible, l'homme ne remarqua pas l'apparition discrète de Tobi auprès de son maître et du regard complice qu'ils s'échangeaient.
Attendant sa chance, il patienta. Quelques personnes encore et se serait à son tour d'aller présenter son offrande au pharaon d'Égypte. La seule et unique occasion qu'il avait d'approcher de plus près celui pour qui ils étaient venus ici.
Un homme masqué à l'allure militaire, qui ne devait être que cet illustre général Kakashi dont tout le monde vantait la bravoure, chuchotait à l'oreille de son seigneur avant que celui-ci ne se leva. Retirant sa cape qui s'affaissa sur son trône, Sasuke s'avança vers le groupe de marchands. Accroupi au deuxième rang, l'homme sentit son pouls s'accélérer. C'était cette adrénaline qui s'élevait lorsqu'il était au bord du combat, du sacrifice dangereux qu'il était prêt à offrir à son empire. Ses yeux suivirent les mouvements de sa cible, pas à pas, comme au ralenti. Il n'avait pas besoin de regarder ses acolytes pour savoir que ceux-ci ressentaient la même chose que lui. Ses frères d'armes. Ceux qui avaient affronté la mort avec lui. Il savait que même s'il échouait son coup, les autres se relèveraient et finiraient la mission. Tel était le but qu'ils s'étaient donnés dans ce périple en Égypte.
Lorsque qu'un « bienvenue à Thèbes » sortit de la bouche de Sasuke, ce fut comme un signal. Dans un éclair, il arracha l'épée cachée sous la malle et bouscula les hommes du premier rang avant de foncer droit vers le pharaon d'Égypte. Le reflet métallique croisé avec le soleil scintilla comme un rayon froid dans les orbes noirs qui s'animaient de surprise.
Une dernière prière auprès de leurs dieux hittites et il poussa un cri de guerre, enhardi par la certitude que ses hommes le suivraient.
_S.U_N.U_
« Sai... Pourquoi persistes-tu à croire que je ne peux pas me promener seul ? marmonna Naruto qui en avait plus que par-dessus la tête de voir le guerrier lui coller au basque sous prétexte de le protéger, alors que naturellement, étant donné son rôle auprès de Sasuke, Sai devait avoir d'autres soucis à s'occuper.
— Nous avons de la visite des contrées étrangères ces temps-ci. Le palais sera sûrement regorgé d'intrus. Il va de mon devoir de te protéger », se contenta de dire Sai, en omettant délibérément de mentionner que cet ordre ne venait pas plus tard que de ce matin, après la nuit mouvementée que Naruto avait passée.
Seulement, le soldat d'élite était insensible à l'humour et était incapable de faire la moindre plaisanterie sans qu'elle ne soit pas tournée en propos lourds et maladroits. De ce fait, il s'était donc contenté de rester auprès du blond, ne le quittant pas d'un pas, veillant à ce que celui-ci ne manque de rien et que rien de nuisible ne lui arrive comme l'avait souhaité sa Majesté.
Soupirant un bon coup, le blond encaissa et préféra ne pas répliquer, sachant qu'à ce niveau-là, il ne pouvait argumenter contre ces hommes imperturbables qui rodaient autour de lui.
Regardant de côté, Naruto promena son regard vers la végétation du jardin, l'esprit en dérive. Seulement, les images de la dernière nuit entre lui et Sasuke resurgirent malicieusement dans sa tête, le faisant rougir à l'insu de Sai.
Le contact, cette proximité nouvelle, le silence mutuel de l'un envers l'autre, c'était comme si une compréhension commençait à naître entre eux deux, comme si Sasuke avait effleuré son vrai être et qu'il était à nu devant celui-ci. Avec qui avait-il partagé un contact si « intime » de la sorte ? Avec sa famille ? C'était un tout autre sentiment de protection qu'il avait ressenti. Avec ses meilleurs amis ? Ce n'était pas ce petit feu qui embrasait son ventre et sa poitrine.
Pouvait-il dire qu'il n'éprouvait rien pour Sasuke alors que les circonstances l'emmenaient à devoir le côtoyer de plus en plus ? Pouvait-il dire qu'il n'existait rien entre eux alors que cette tension et ces gestes ambigus ne cessaient de s'intensifier dans leur jeu trompeur ? Que ressentait-il vraiment, maintenant qu'il voyait de moins en moins un moyen de rentrer ? S'il avait vraiment été réticent à son égard, l'aurait-il déjà repoussé sans une once d'hésitation ? Pourtant, cette nuit-là, et comme toutes les autres nuits, il n'avait pas cherché à l'éloigner et à mettre un terme à ces marques d'affection. Seulement, son cerveau refusait de reconnaître ces gestes tendres qui lui étaient destiné.
Cette histoire le rendait nerveux. Jamais encore il n'avait été confronté à ce genre de sentiment, et encore, les circonstances dans lesquelles il se trouvait étaient trop exceptionnelles pour qu'il puisse trouver une réponse adéquate à ses questions intérieures.
Paumé, Naruto fixa le sol et son pied traça au hasard des ronds désordonnés, comme preuve de ses pensées vagabondes du moment même.
Soudain, une voix s'éleva, accompagnée de souffles courts et de propos entrecoupés.
« Sai ! Sai ! vite ! Général Kakashi requiert ta présence. Il y a eu une attaque montée contre sa Majesté Sasuke !
— Comment ? » bondit le brun alarmé.
L'instant d'après, Naruto s'était matérialisé à côté de son gardien, le visage surpris et inquiet sans se rendre compte.
« Comment va Sasuke ?
— Sa Majesté est blessé mais par chance il a pu éviter le coup fatal. Le Général vous mettra aux détails. L'assassin a été tué et ses compagnons sont retenus prisonniers dans l'antichambre principale. Pour le moment nous ne savons pas encore s'il reste d'autres complices au palais. Vite Sai, nous n'avons pas de temps à perdre.
— Oui, je te suis tout de suite, se dépêcha celui-ci avant de se retourner vers le blond. Naruto, je...
— Je viens avec vous », coupa ce-dernier dont le regard impatient trahissait mal son inquiétude.
.
.
.
Arrivés en courant à la grande pièce où venait de se faire l'attentat, ils furent assaillis par l'agitation générale.
Des troupes de soldats rentraient et sortaient, des groupes de personnes suspectes isolées de part en part, la foule était dense et propice aux malfaiteurs de s'y glisser.
Se frayant un chemin parmi tout le monde, Sai et Naruto s'avancèrent du mieux qu'ils pouvaient jusqu'au fond de la grande salle.
Immédiatement, le blond aperçut Kakashi qui donnait des ordres à ses hommes alors que derrière eux, le visage de marbre, Sasuke était assis sur la méridienne, le bras tendu devant l'apothicaire qui s'empressait d'examiner la blessure. Posté à côté de son frère, Itachi veillait au moindre jugement critique de la part du guérisseur. Comme s'il avait senti sa présence, Sasuke releva le visage à cet instant et ses yeux croisèrent le regard bleu, ce qui eut l'effet de lui arracher un demi sourire :
« Naruto. »
Celui-ci demeura immobile durant quelques instants. Sasuke était inconscient ou juste trop orgueilleux pour ne pas faire attention à sa blessure ? Celle-ci saignait encore à vue d'œil alors que son visage ne laissait rien paraître, comme si tout ceci n'avait eu d'importance.
Avalant la frayeur qui menaçait encore dans sa gorge, Naruto décida d'avancer, ignorant délibérément la présence hostile d'Itachi à côté du jeune pharaon.
« Vous n'avez rien ? demanda-t-il une fois arrivé près des coussins sur lesquels était assis Sasuke.
— Non, ce n'est qu'une simple blessure. Ce gars, il avait la tactique mais pas la main preste », railla-t-il.
Mais Naruto ne voulut rien entendre, tout ce qu'il voulait s'était de voir la véritable ampleur de sa blessure. Ses yeux glissèrent sur les bandages rouges de sang qui s'échouaient à côté des affaires de l'apothicaire et à cet instant même, le sang vermeil transparaissait encore à travers le bandage propre de son bras droit.
« C'est ça que vous appelez simple blessure ? » s'exclama-t-il, décontenancé.
À la vue de la quantité de sang sur les linges sales, il pouvait aisément deviner la profondeur de l'entaille trouvée sur le bras de Sasuke.
« Uhm... Tu t'inquiètes pour moi maintenant ? rétorqua-t-il d'une humeur taquine, indifférent devant les gens autour d'eux.
— Je suis un humain tout comme vous. Quand quelqu'un est mal en point, si je peux l'aider, je le ferai. Vous êtes un être violent, mais ça ne signifie pas que vous méritez de mourir.
— Tu as une drôle de façon de parler. Je te parie qu'il y a pas mal de gens qui espéraient me voir mourir tout à l'heure.
— Raison de plus pour leur montrerq u'ils ont tort !
— … Tu sais que tu es quelqu'un de très surprenant Naruto ? finit par dire Sasuke.
— Normal puisque je... » commença-t-il avant de s'arrêter net en voyant les orbes noires le fixer avec douceur.
« Votre Majesté, nous allons retirer le corps de l'assassin pour l'examiner, demanda un soldat, rompant ainsi la gêne muette entre les deux hommes, Naruto profitant vivement de la perche pour détourner soigneusement son regard.
— Hum, faites ! »
Par instinct, le blond regarda dans la direction où se trouvait supposément le corps de l'assassin. Plusieurs gardes étaient réunis autour du cadavre afin de trouver tous les indices possibles dans le but de découvrir le commanditaire de cette attaque.
Sur le chemin, Naruto et Sai avaient été brièvement briefés que l'assassin faisait partie du groupe des marchands libyens auquel appartenait l'homme mystérieux aux yeux troubles.
Le fait de savoir qu'il avait abordé ces hommes pas plus tard qu'hier lui donna froid dans le dos. L'homme au regard blanc qu'il avait rencontré, se serait ce corps immobile qui gisait au milieu de la salle ? Le blond avait remarqué cette lueur étrange dans le regard perçant de l'homme, mais il était loin d'imaginer que celui-ci, lorsqu'il avait parlé avec lui avec une amabilité distinguée, avait déjà planifié d'assassiner le pharaon d'Égypte.
Mue par une impulsion plus forte encore que sa curiosité maladive, de cette obsession d'en avoir le cœur net, Naruto se détacha vers la troupe de gardes, laissant Sasuke aux soins de l'apothicaire et de son redoutable frère.
Se mettant derrière les soldats sans pour autant entraver leur tâches, Naruto se hissa et tenta de voir le visage de l'inconnu par-dessus les épaules des gardes.
Il eut ce qu'il cherchait à savoir ce n'était pas l'homme qu'il avait rencontré hier au marché. Pourtant, malgré tout, la vision de cette mort le répugnait. Ses yeux demeuraient ouverts, sa bouche s'ouvrait en un hoquet de surprise à l'image des deux trous sanglants juste au dessus de sa poitrine. C'étaient Sasuke et Kakashi qui l'avaient envoyé à la mort après qu'il eut raté son coup et blessé le brun au bras.
Perplexe, Naruto posa sa main devant sa bouche, réfléchissant au lien possible entre l'homme mystérieux qu'il avait croisé et l'attaque d'aujourd'hui.
« Naruto ! » l'interpella Sasuke, après que l'apothicaire ait pansé sa blessure.
Le blond se retourna vivement comme s'il était de retour à la réalité. Après un dernier regard vers le cadavre qu'on commençait à déplacer, il se décida de revenir vers le brun :
« Vous vous sentez mieux ? » demanda-t-il, désireux de connaître l'état du blessé.
Celui-ci, fidèle à lui-même, haussa les épaules dans une attitude suffisante.
Un peu plus en retrait, Itachi regardait la scène avec beaucoup d'impatience et de mécontentement. Tout avait pris une tournure tellement différente de celle qu'il avait prévu au départ. Au lieu d'éliminer Naruto pour faute de tromperie envers le pharaon, son plan s'était soldé par un échec. De plus, ces hommes avaient failli porter atteinte à son frère. Comment la situation avait-elle pu déraper à son contrôle de cette manière ? C'était simplement impensable. Pourtant, son expression demeurait neutre à l'image de son frère, la discussion qu'il envisageait avec son serviteur serait pour plus tard.
« Naruto, il est préférable que tu te retires d'ici pour le moment, dit Sasuke qui ne voulait pas que le blond prenne des risques en s'exposant à d'autres éventuels assassins qui seraient encore en liberté au sein du palais.
— Pourquoi donc ? Je ne suis pas un pharaon, ni un membre de la famille royale et je n'ai tué personne. Que je sache, je ne représente pas une cible pour qu'on puisse s'attaquer à ma vie », s'obstina à répondre le blondinet.
Agacé par le comportement têtu de celui qui n'avait de cesse de lui donner du fil à retordre, Sasuke attrapa le blond par son bras valide et l'entraîna avec lui un peu plus loin. Alors, il planta son regard d'onyx dans les orbes bleus qui le dévisageaient avec incompréhension.
« Peu importe qui tu es, ceux qui veulent ma mort ne feront pas grande chose de ton état d'âme et ils n'hésiteront pas à te tuer, toi et tous ceux qui se trouvent près de moi.
— Cela ne sert à rien de me cacher puisqu'ils ont réussi à infiltrer le palais, tôt ou tard, ils découvriront que vous et moi on partage le même lit, raisonna-t-il avant de rougir face au sens ambigu de son propos.
— Tu reconnais qu'on partage le même lit ? Et quoi d'autre ? » le taquina Sasuke après quelques secondes.
Il l'attira plus près de lui et approcha son front contre celui qui était en train de rougir devant son approche, puis, redevenu sérieux, il continua :
« Justement, c'est parce que je ne veux pas qu'ils sachent qu'on partage le même lit que je te demande de quitter cet endroit pour le moment. Fais-le s'il te plaît, considère cela comme une demande et non comme un ordre.
— … »
Muet, Naruto ne sut que répondre devant l'homme qui le scrutait, le regard sérieux malgré le trait doux qui planait encore sur son visage.
C'était donc au prix de cette vie dangereuse que Sasuke menait son empire et son règne sur le peuple égyptien ? Des attaques, des poisons, complots et trahisons traversaient sa vie ? Tout ceci était devenu tellement habituel au point de le rendre inébranlable devant le danger ?
Il savait qu'il ne pouvait rien lui dire sur l'Histoire et sa vie sous peine de compromettre le futur. Mais le fait de le savoir mort dans des circonstances douteuses dans un an, était trop lourd à porter. Cet homme avait ses défauts, mais Naruto était conscient qu'avec lui, Sasuke avait essayé de changer, d'être quelqu'un d'autre, de faire des efforts. Il ne méritait pas une mort si jeune, c'était trop injuste.
Et lui, impuissant, il l'était bel et bien, dans cette vie où il ne pouvait présider son destin mais aussi dans le fait de changer le cours de l'Histoire.
Anxieux, il finit pourtant par céder.
« Très bien, je retournerai à la bibliothèque de vos appartements. De toute façon, Shizune a besoin de moi », éluda-t-il en se retournant.
Pourtant, il mourrait d'envie de dire quelque chose, quelque chose qui pourrait soulager cette angoisse malsaine qui grondait dans sa poitrine.
« Uhm, acquiesça Sasuke avant de vérifier les mouvements de son bras blessés. Kakashi, je veux un rapport sur l'identité de ces assassins le plus vite possible », ordonna-t-il en rejoignant le général.
Lorsque Naruto sortit, une servante débarqua dans l'autre sens et alla vers le pharaon. Elle l'aida soigneusement à mettre une nouvelle cape par-dessus ses épaules nues, protégeant ainsi la gravité de sa blessure de tout regards curieux.
De sa place, Naruto vit la silhouette de Sasuke se couper entre les ombres des soldats et serviteurs qui allaient et venaient. Il semblait être de nouveau maître de lui-même, insaisissable dans sa froideur souveraine, comme s'il n'était en aucun cas affecté par cette blessure qui lui déchirait sa peau.
En fin de compte, combien de facettes possédait sa personnalité ? Sasuke lui paraissait si près et si loin à la fois. Impitoyable et ferme comme son visage de marbre en ce moment même ou tendre et protecteur comme l'homme de la nuit dernière.
Désemparé, Naruto détourna enfin les yeux de l'auteur de son trouble. Descendant les marches, il aperçut Sai qui était aux commandes de plusieurs troupes de gardes.
«Tu pars maintenant ? s'enquit-il une fois le blond arrivé à ses côtés.
— Oui, Sasuke ne veut pas que je reste ici.
— … Attends-moi juste quelques minutes, je finis de donner des ordres à mes hommes et je viens avec toi », déclara-t-il fermement, embêté à l'idée de laisser Naruto tout seul alors qu'ils ne savaient pas s'il restait d'autres sbires au sein du palais.
— Ne t'en fais pas, je ne traînerai pas des pieds et j'irai rejoindre Shizune tout de suite, s'empressa-t-il de le rassurer. Je ne profiterai pas de cette occasion pour m'enfuir, parole d'honneur, ajouta-t-il en rigolant.
—... Sa Majesté devait être inquiet pour ta sécurité.
— Oui, il me l'a fait comprendre. Tu as encore beaucoup à faire non ? Reste ici s'il te plaît... Et protège-le. Si quelqu'un venait à l'attaquer de nouveau, toi et Kakashi êtes indispensables pour affronter la situation. »
Puis, ne laissant pas le temps à Sai de se décider, le blond partit en courant, non sans ajouter :
« On se voit plus tard, fit-il avec un grand sourire.
— Mais... Naruto ! »
Cependant, celui-ci était déjà loin. Soupirant, Sai finit par reporter son regard vers ses troupes présentes malgré ce sentiment incommode d'avoir laissé partir Naruto seul et sans protection.
De son côté, le blond reprenait tranquillement le chemin des jardins pour retourner aux appartements de Sasuke. Malgré le nombre important de soldats déployés, l'ambiance était beaucoup plus calme dans cet endroit, probablement parce que l'attention était focalisée aux alentours du palais dans lequel Sasuke était présent actuellement .
Pour une fois, Naruto se rappela qu'il avait accepté un ordre de Sasuke, ceci étant dit sa demande relevait plus d'une preuve d'attention qu'autre chose. Malgré son caractère têtu et obstiné, notre jeune étudiant savait qu'il n'était pas complètement borné et tête brûlée en essayant de contester les bons arguments de Sasuke. Il tenait quand même assez à sa vie pour s'imaginer mourir sous l'épée d'un parfait inconnu pour la simple et stupide raison qu'il avait rôdé autour de l'endroit où il ne fallait pas quand il ne fallait pas.
Mais tout ceci était tellement compliqué et incroyable. Maintenant qu'il y repensait à tête reposée, tout ce qu'il lui était arrivé était difficile à croire.
Par combien de fois s'était-il retrouvé mêlé dans des circonstances hors du commun ? Combien de fois s'était-il posé l'éternelle question de savoir comment sa vie allait finir ? Ici ou dans cette autre époque que les égyptiens ne connaissaient pas. De savoir comment régler le problème de ses sentiments contradictoires qui revenaient de plus en plus souvent. Et puis lui-même, avait-il le droit d'aimer cet homme-là ? Sasuke était quelqu'un qui lui était séparé par un fossé incroyablement énorme qu'il serait impossible de ne pas le prendre en compte.
Dévoré par ses cogitations, Naruto arracha une feuille d'arbre qu'il tritura nerveusement dans sa main, avec pour seule impression, celle de tourner en rond.
Sur le coup, il ne vit pas l'ombre silencieuse qui s'agrandissait dans son dos. Avant qu'il ne puisse sentir la présence singulière, une grande main ferme et leste passa dans sa nuque. L'instinct lui ordonna de bondir mais il n'en eut pas l'occasion.
La poigne solide s'était déjà refermée autour de sa gorge avant qu'une lame froide ne vint se planter dangereusement près de sa peau. Un buste d'homme se colla à son dos et l'inconnu vint chuchoter près de son oreille, mettant ses sens en alerte.
« Je te déconseille de crier », souffla-t-il d'une voix parfaitement calme, dépourvue d'anxiété ou de folie meurtrière.
Naruto fit du mieux qu'il pouvait pour garder son calme. La situation était mal partie et le mieux à faire était de gagner du temps en espérant que des gardes passeraient dans le coin d'un moment à l'autre. Il devait réfléchir bien et vite. S'il n'en faisait qu'à sa tête, ses moindres actes irréfléchis pourraient l'envoyer directement à la mort sans qu'il ait un mot à redire.
Sur sa gorge, la lame ne se relâcha pas. Déglutissant, Naruto essaya de maîtriser son cœur qui tambourinait dans sa poitrine. Plus que tout, il avait reconnu la voix qui avait chuchoté à son oreille. Voyant les cheveux noirs qui dépassaient sur ses épaules, il n'eut plus de doutes.
C'était l'homme qu'il avait rencontré au marché le jour d'avant, le marchand de tissus : Nefi.
Son cerveau ne mit pas longtemps à faire le lien évident des faits, l'attaque à l'encontre de Sasuke…
Avant qu'il ne se passe quoi que ce soit, trois autres hommes surgirent soudainement des buissons autour d'eux, choquant encore plus Naruto qui réalisait qu'il était bel et bien tombé dans un beau merdier avec ce qu'on appellerait de « terrorisme » aujourd'hui.
Ils étaient tous armés et voilés sans exception. Sur leurs épées, Naruto reconnut la trace de sang qui perlait encore sur toute sa longueur. Du sang des soldats ou celui de Sasuke… ?
« Si tu tiens à ta vie, dis-moi où ton pharaon a caché la princesse Hinata ? exigea Neji dans son dos, le ramenant à la terrible réalité.
— Hinata, la princesse d'Hittite ? Mais qui êtes-vous donc ? demanda-t-il avec une voix qu'il espéra neutre.
— Réponds. Ce n'est pas toi qui pose les questions, s'agaça Neji dont les doigts se refermèrent plus étroitement sur sa gorge.
— Je ne… sais pas. Je ne l'ai pas revu depuis qu'elle a quitté le palais », articula celui-ci en élevant son menton, cherchant à retrouver une respiration plus facile.
Mais sa réponse ne paraissait pas satisfaire le prince d'Hittite dont un rictus se dessina sur les lèvres. La dague était toujours menaçante près de la gorge de Naruto.
« Hum, tu te moques de moi très cher ? Sasuke a certainement fait quelque chose à Hinata. Elle ne serait pas partie sans laisser de traces comme vous tous l'avez prétendu.
— Dans ce cas, pourquoi ne pas poser directement ces questions à Sasuke au lieu de s'en prendre à lui par des actes bas ? » rétorqua-t-il, écœuré par les méthodes expéditives et cruelles de ce monde antique.
Gagner du temps Naruto, gagner du temps, s'efforça-t-il de répéter.
« Prince, il faut vite en finir avec lui. Les soldats ne vont pas tarder, le prévint un de ses hommes en faisant le guet.
— Prince ? répéta Naruto stupéfait.
— Je ne suis pas marchand de tissus comme tu l'as pensé. Mon nom est Neji, prince d'Hittite et cousin d'Hinata.
— Prince ou non, je jure que je ne sais rien à propos de votre princesse, réaffirma-t-il avec aplomb.
— Altesse, il faut faire vite. »
Neji garda momentanément le silence. Après s'être séparé du reste du groupe, il avait infiltré les cachots et des endroits suspects du palais dans le but de retrouver Hinata. Mais celle-ci demeurait introuvable, ceux qu'il avait interrogé ne savaient rien non plus, comme si sa cousine avait disparue de cette terre.
Pour le moment, il disposait d'un peu de temps avant que les gardes ne retrouvent leur traces, tous ceux qui les avaient vus ayant tous été éliminés. Cependant, tarder encore sur ce lieu n'était pas non plus une sage décision. Les secondes comptaient dans un plan d'attaque, mais où diable Sasuke avait pu cacher Hinata ?
Le silence de Neji paraissait aussi tendu pour ses hommes que pour Naruto qui voyait sa vie se retrouver sur le mince fil du destin et ce, encore une fois.
Ces hommes étaient des Hittites, si Sasuke découvrait qu'ils étaient à l'origine du complot, une guerre risquait d'éclater entre les deux puissants empires. De plus, le fait qu'il ait vu leurs visages n'annonçait rien de bon, à tout instant ils pourraient le tuer afin de sortir du palais ni vu ni connu.
Ils n'avaient pas hésiter à tuer, c'étaient des soldats aguerris, comment voulait-il qu'ils épargnent la vie d'un simple esclave comme lui ?
Contre toute attente, ce fut Neji qui retira la dague de sa gorge, surprenant tous ses hommes ainsi que le blond lui-même qui sentait son cœur rater un battement. N'attendant pas son heure, Naruto bondit et se précipita loin de ses agresseurs. Mais sa tentative fut vaine, Neji l'ayant rattrapé à l'instant même et le retint d'une poigne de fer au milieu de ses hommes. S'emparant d'une corde dissimulée sous sa ceinture, il attacha les mains du blond dans son dos. Le prince hittite arracha ensuite un morceau de tissu de son voile qu'il fourra de force dans la bouche de son captif, sous les yeux terrifiés de celui-ci.
Se débattant, Naruto s'agita, donna des coups de pieds autant qu'il put à ses ravisseurs qui eurent du mal à le maintenir. Cependant, à un contre quatre guerriers endurcis, le pauvre ne tint pas bien longtemps.
Au final, agacé par les tentatives du blond, Neji attrapa ses épaules et le jeta sans ménagement vers l'un de ses hommes. Ce dernier, dont la carrure imposante faisait de l'ombre à tous les autres, le retint en tordant ses deux poignets liés.
Alors qu'il laissait échapper un gémissement de douleur, Neji s'approcha de lui, le regard dur et implacable, totalement différent du personnage qu'il avait incarné la veille. La main blanche attrapa le menton qu'elle releva afin que leurs regards se croisent.
« Pourquoi te tuer quand tu peux m'être encore utile ? Sasuke est fou de toi n'est-ce pas ? Dans ce cas, je lui ferai payer cela au prix fort. Vous allez tous mourir, cracha-t-il avec une voix rancunière qui fit frémir le blond.
— Vous êtes complètement malade ! Ça fait un bon bout de temps qu'on n'a plus revu la princesse Hinata ici. Au secours ! s'écria-t-il à vive voix.
— Tais-toi donc si tu tiens à ta vie. Sasuke a osé s'en prendre à ma cousine, alors je lui prendrai aussi ce qui lui est le plus cher.
— Écoutez, Neji, votre nom est Neji n'est-ce pas ? Réfléchissez avant de faire quelque chose d'idiot. On peut s'asseoir et parler calmement du problème ! C'est la guerre assurée si vous vous en prenez l'un à l'autre ! Sasuke ! Sai !
— Personne ne viendra t'aider, inutile de crier. Comment crois-tu qu'on ait réussis à venir jusqu'ici sans les gardes sur nos trousses ? Parce que tous ceux qui nous ont vu sont morts. »
Abasourdi, Naruto le fixa du regard, muet devant la soif de vengeance du prince d'Hittite. Il voulait l'utiliser pour faire du mal à Sasuke. Sasuke…
Il se débattit comme une furie, comme si sa vie en dépendait. Coup de pieds, coups de poings, il mordit même dans les bras de ses ravisseurs.
Rien à faire, Neji le traîna sans relâche vers son cheval et la troupe de guerriers commençait à se replier. Arrivé jusqu'à sa monture, le brun enfonça son poing dans le ventre de Naruto. Il toussa, hoqueta et s'affaissa à genoux. L'instant suivant, il fut projeté sur le cheval avant que celui-ci n'entama son galop.
Le vent lui fouetta les joues, Naruto ferma violemment les yeux et serra les dents devant la douleur des coups. Sa seule pensée fut de prier pour qu'un miracle puisse le sortir de ce pétrin.
Plus loin de là, Sai se dépêcha et emprunta les raccourcis qui conduisaient aux appartements du pharaon. Tracassé à l'idée que le blond soit seul alors que le palais regorgeait encore de suspects, Sai avait laissé le reste de ses tâches à un subalterne, se hâtant d 'aller rejoindre Naruto.
Plus ses pas s'intensifiaient, plus un mauvais pressentiment l'envahissait. Ce même pressentiment dû à l'expérience d'un soldat aguerri.
Il ne vit pas de soldats aux alentours, ce n'était pas bon du tout. Au moment où son regard croisa les masses inertes cachées dans un buisson, ses doutes se confirmèrent.
Les sens en alerte, Sai courut vers les hommes à terre pour tâter leurs pouls. Ils étaient cinq en tout, tous avaient été égorgés par une simple blessure mortelle à la trace nette et sans bavure, preuve qu'il s'agissait de l'œuvre de professionnels. Deux entailles étaient situées plus vers la droite et les trois autres vers la gauche, le soldat égyptien en déduisit qu'il en restait au moins deux dans le groupe. De plus, le sang étant encore frais, ils ne devaient pas être bien loin de la scène de crime.
Il devait à tout prix prévenir Kakashi de la situation tout comme le fait de retrouver Naruto avant que le pire ne soit commis. S'il arrivait quelque chose à Naruto, sa Majesté Sasuke ne le pardonnerait pas et lui non plus.
Des pas et des cris étouffés surgirent indistinctement à ses oreilles lorsqu'il dégaina son épée.
Prompt à tout mouvement, Sai se baissa tout en s'incrustant discrètement vers l'endroit d'où venaient les voix suspectes.
Mais ce qu'il vit se déroula trop vite pour qu'il puisse réagir. Naruto s'était fait jeter sur le dos d'un cheval avant que son cavalier et le reste de son équipe n'entame un retrait des plus fulgurant. Ils étaient tous voilés, de sa place, il était tout simplement impossible pour Sai de reconnaître qui que ce soit.
L'homme immobilisa le blond sur le flan de son cheval et de son autre main, il dirigea le cheval vers la sortie du palais. Sai y accourut du plus vite qu'il put mais à son grand ébahissement, le groupe de cavalier n'eut pas de difficultés puisque le portail était grand ouvert. Toute trace de présence de gardes semblait s'être volatilisée. Alors, Sai comprit que cette attaque avait été longuement préméditée. Ce n'était pas de simples mercenaires qui avaient osé s'attaquer à sa Majesté Sasuke. Ils obéissaient à un ordre précis et se coordonnaient entre l'intérieur du palais et l'extérieur afin de mieux prendre la fuite.
Sai serra les dents. Il était trop tard pour barrer le chemin au groupe d'inconnus. Et il devait prendre une décision rapidement. S'il retournait au palais pour avertir Kakashi de l'intrusion, il perdrait absolument toutes les traces de Naruto, sans parler du fait qu'il ne pouvait rien garantir sur son sort.
Pariant sa vie comme dans un jeu de la mort, il s'éloigna vivement vers une écurie qui se trouvait dans les alentours. Il connaissait un passage secret qui le conduirait hors du palais sans devoir passer par les portails où les espions des assassins risquaient de l'apercevoir. Ceux-ci, il s'en occuperait plus tard, moyennant un message cacheté à Kakashi. Le seul impératif du moment était de suivre les traces de son petit protégé.
.
.
.
Sasuke se détourna soudainement de la conversation. De manière étrange, il lui avait semblé entendre une voix l'appeler. C'était indescriptible ce sentiment inhabituel de menace qui enveloppait tout d'un coup son être alors qu'autour, les gardes accomplissaient impeccablement leur tâche. Le brun leva un sourcil perplexe. Son instinct n'était jamais trompeur, il n'y avait pas de raison pour que cette fois-ci, il lui joue des farces. Serait-ce à cause de tout ce remue-ménage à cet instant même au sein du palais ?
Dubitatif, Sasuke ne fut pas convaincu de retourner à la discussion à laquelle il était en train d'échanger avec ses ministres. Fouillant subitement dans son cerveau, un nom, le seul, pas pour le moins étranger, apparut à son esprit.
« La voix... Naruto... murmura-t-il perplexe.
— Votre Majesté ? se risqua un de ses subordonnés. De quelle voix s'agit-il ?
— J'ai l'impression d'avoir entendu Naruto m'appeler. Nous parlerons de cela plus tard, dit-il en congédiant ses ministres d'un geste désinvolte. Kakashi, trouve-moi Naruto », ordonna-t-il tout en s'enveloppant dans sa cape avant de partir précipitamment vers la sortie de l'édifice.
Les ordres fusèrent, les soldats se dispersèrent dans toutes les directions, Shikamaru, lui, retint son pharaon par le coude.
« Sasuke, ne bougez pas trop. Votre blessure vient d'être pansée. »
Sasuke se retourna d'un coup, le mouvement brusque lui envoya une pointe de douleur au cerveau, il jura de colère :
« Les lâches ! Il fallait qu'ils utilisent ces ruses pour me tuer. »
Irrité, le brun concéda à rester en haut des escaliers comme l'avait demandé son subalterne. Néanmoins, son humeur était de plus en plus massacrante, jouée par cette tension soudaine de l'absence du blond.
Plusieurs minutes passèrent et brûlèrent les dernières limites de sa patience quand Sasuke vit accourir vers lui un garde.
« Votre Majesté, nous n'avons pas encore retrouvé Naruto mais il y a eu des morts dans l'aile Est du palais, morts égorgés », reporta précipitamment le soldat, suivi par l'arrivée d'autres uniformes qui apportaient avec eux les corps inertes sur des brancards.
Le regard noir se refroidit à la vue du sang et de l'entaille profonde à la gorge des hommes morts.
« L'aile Est... Mes appartements... Naruto ! »
Ses sourcils se froncèrent, lui tout comme Shikamaru et Kakashi ayant fait le lien entre les événements. Pourvu qu'ils se trompaient cette fois-ci.
« Où est Sai ? trancha Kakashi à la seconde qui suivit.
— Général, nous n'avons pas retrouvé Sai.
— Comment ? » se retourna brusquement Sasuke.
A suivre …
Note : Excusez les niaiseries de certaines phrases et de certaines scènes. J'étais jeune … haha … et le chapitre a été écrit il y a plusieurs années de cela …
Bon week end à tous !
