Camp des skypeople, 04/09
Aurora avait passé une majeur partie de la nuit éveillée, à veiller sur Murphy qui commençait à avoir de la fièvre. Contrairement à la veille, elle se réveilla assez tard, le soleil était déjà haut dans le ciel. Comme personne n'était venu la chercher, elle se douta que les autres n'étaient pas encore rentré. Elle espérait juste qu'ils ne leur étaient rien arrivé. Murphy dormait toujours, elle en profita pour sortir de la tente et aller voir comment Octavia gérait le camp. En effet, quand Clarke et Bellamy était absent, c'était à la petite sœur Blake de prendre la relève. Quand Aurora la trouva, elle était avec Jasper et Mounty, deux amis à elle. Aurora ne les connaissait que de noms. Elle les salua et Octavia se tourna vers elle.
- Bellamy n'est toujours pas rentré si c'est ce que tu veux savoir. Dit cette dernière avant de se retourner aussi sec vers ses deux amis qui la regardait, étonnés.
- Euh... oui merci mais je voulais surtout savoir si vous aviez besoin de moi pour quelque chose.
Aurora n'est pas surprise de l'attitude d'Octavia envers elle. Cette dernière n'a jamais compris l'attachement qui l'unissait à Bellamy et semble l'apprécier encore moins maintenant qu'elle est amie avec Lincoln.
- Où as-tu appris à parler le natif? Demanda brusquement Octavia.
- Je ne sais pas encore le parler couramment, juste quelques mots. Répondit timidement Aurora, surprise. Lincoln me l'apprend, continua-t-elle doucement, ne voulant pas qu'Octavia en veuille à son petit-ami.
- On a pas besoin de toi ici, répondit sèchement la jeune fille après quelques secondes de silence.
- D'accord... si jamais je serais dans ma tente.
Sur ces derniers mots, Aurora repartit vers sa tente, un peu perplexe. Elle ne pensait pas qu'Octavia la détestait à ce point. Quand elle entra enfin dans son foyer, elle remarqua que Murphy n'était plus là. En panique, elle demanda hâtivement aux quelques personnes aux alentours s'il l'avait vu. Une fille de son âge lui répondit que oui, elle avait vu un homme qui ressemblait à Murphy passait à travers une faille de la clôture et pénétrer dans la forêt.
- Et tu n'as pas trouvé ça bizarre ?! S'indigna Aurora.
- Bah... C'est pas mon problème.
Aurora souffla, agacé et se lança à la poursuite de Murphy avant de perdre son sang froid et de balancer son poing dans le nez de la fille. N'étant guère habitué à vagabonder dans les bois et encore moins à pister quelqu'un, elle aurait eu beaucoup de mal à trouve Murphy si sa blessure n'avait pas laissé une traîné de sang tout au long du chemin. Après une longue demi-heure de marche, elle le rattrapa enfin. Il était assis contre un gros arbre aux branches basses, le souffle court, les yeux fermés et le visage tout transpirant. Aurora s'avança vers lui et tâta son front pour vérifier sa température. Le crane était chaud sous sa main, trop chaud. Soudain, un son grave, comme un rugissement, résonna à travers la forêt. Murphy se réveilla brutalement, les yeux affolés. Il la fixa pendant quelques secondes, surpris avant de finalement se mettre à parler.
- Il faut monter. Murmura-t-il, à bout de forces.
- Monter ? Demanda Aurora, pas sûre d'avoir bien entendue.
La cabane, en haut. Le nuage toxique approche. Faut se protéger.
Sans se poser plus de questions, Aurora regarda attentivement à travers le feuillage et aperçu finalement une cabane en bois presque invisible vu d'en bas. Jugeant qu'écouter Murphy était assez sage vu la situation, elle l'attrapa par la taille et l'aida à escalader les branches jusqu'à la cabane. Tellement concentrer sur sa tâche qu'elle en oublia son vertige. Une fois dans la petite cabane, elle examina les lieux. Seulement 1m50 séparait le sol du plafond et la cabane devait seulement faire deux à trois carrés. En bref, il pouvait se tenir allongé ou assis s'ils se courbaient un peu mais n'étaient pas libres de leur mouvements pour autant. A part la trappe par laquelle ils étaient passés pour entrer, il n'y avait aucune issue. Puisant dans ses dernières forces, Murphy retira son tee-shirt et ordonna à Aurora de combler les trous entre la trappe et le sol de la cabane. Une fois que ce fut fait, Murphy se calma enfin et s'allongea dos au sol, toujours transpirant. La cabane était maintenant pongé dans l'obscurité la plus complète. Aurora, essayant de ramper du mieux qu'elle pouvait, mit la main sur une des petites boules qui jonchaient le sol. Elle la prit dans les mains et reconnu bien vite la texture des baies.
Elles sont comestibles, murmura le garçon, toujours étendu au sol.
Ne parle pas, tu gâches de l'énergie, le gronda Aurora, je ne veux pas me retrouver seule ici avec un cadavre.
Murphy sourit. Les minutes passèrent, dans un silence pesant. Quand Aurora se décida enfin à le combler, elle s'aperçut que Murphy s'était endormi. Il semblait être victime d'un sommeil agité bien que peu profond. Pour bien connaître l'univers des insomnies et des mauvais rêves, Aurora se rapprocha de lui et, en position assise, tenta de le réconforter en passant une main timide dans son dos. Le garçon, pourtant toujours endormi, l'attrapa et elle se figea. Murphy eut alors un geste surprenant, il s'accrocha fermement au bras d'Aurora et posa sa tête sur ses genoux. Bien que surprise, la jeune fille sourit et passa tendrement sa main dans les cheveux du garçon. Quand ses jambes furent engourdis d'être resté en tailleur trop longtemps, elle s'allongea en position fœtale et se blottit contre le flanc de Murphy, essayant de grappiller un peu de chaleur.
Elle se réveilla quelques heures plus tard, en sentant du mouvement contre elle. En effet, Murphy qui en avait assez de se trimballer avec un morceau de métal dans la jambe se préparait à l'enlever. Aussitôt qu'elle eu compris ce qu'il essayait de faire, Aurora l'en empêcha. Elle retint son bras droit et le fusilla du regard ce qui n'eut pas trop d'effet car Murphy n'y fit pas attention, trop occupé à tenter de se dégager de sa prise.
Ne l'enlève pas espèce d'idiot! Tu as besoin de médicaments et pour ça, il faut qu'on retourne au camp.
Je peux l'enlever comme ça, ça va pas me tuer.
Te tuer non mais condamner ta jambe sûrement alors tu la fermes et tu me dis où on est précisément ! Répliqua Aurora, qui commençait à être agacé.
Dans une cabane miss, railla Murphy avant de continuer plus sérieusement. C'est ici que je dors la plupart du temps.
C'est toi qui l'a construite ? S'étonna Aurora.
Oui bien sur, j'ai pris mon couteau et j'suis allé tailler un arbre, cingla-t-il, cynique. Non miss c'est pas moi qui l'a construite, je l'ai trouvé. Elle était vide et il pleuvait donc je me suis juste réfugié dedans et c'est un de mes refuges les plus sûrs.
Tu en as beaucoup ? De refuges ?
Quelques-uns, répondit-il en haussant les épaules. Je connais la forêt comme ma poche maintenant. C'est le seul avantage à se faire bannir du camp miss.
Pourquoi tu m'appelles miss ? Demanda Aurora en penchant la tête sur le côté, ses longs cheveux châtains suivant le mouvement.
Bah je connais toujours pas ton nom.
Aurora, je m'appelle Aurora. Murmura-t-elle en rougissant. Et tu es Murphy hein ?
John, marmonna-t-il, tu peux m'appeler John.
Et bien ravie de faire ta connaissance John, sourit Aurora.
Pareil miss. Avoua le jeune homme.
Un ange passa. Plongé dans ses pensées, Aurora se mit à fredonner sans s'en rendre compte. Murphy, qui l'aurait normalement arrêté de suite, préféra attendre et se surpris à aimer écouter Aurora. Sa voix était claire et collait parfaitement à l'image qu'il avait de la jeune femme. Fragile mais fière, altruiste mais nerveuse. Une dizaine d'heures s'étant écoulés depuis qu'ils étaient ici, Murphy suggéra d'aller jeter un œil à l'extérieur. Il ouvra la trappe et effectivement, le soleil venait à peine de se lever et il ne restait plus une trace du brouillard toxique. Le garçon, sans faire attention à sa jambe, sauta et atterrit accroupi, jurant contre sa blessure. En voyant qu'Aurora ne le rejoignait pas, il leva la tête.
Tu sautes ? L'appela-t-il.
Je..., la suite de la phrase était bloqué dans la gorge de la jeune femme qui fixait le sol, effrayé. Je m'étais pas rendue compte que c'était si haut.
C'est à peine à deux mètres, la contredit Murphy, pas très patient.
Deux mètres... murmura Aurora pour se donner du courage, c'est rien deux mètres.
Voyant que Murphy s'impatientait vraiment en bas et ne voulant pas passer pour une faible, la jeune femme serra les poings, s'enfonçant ses ongles dans la paume de la main, ferma es yeux et sauta. Elle arriva à pieds joint, devant un John Murphy vaguement agacé et lui fit un petit sourire désolé.
Tu vois c'était pas si dur.
Non... confirma Aurora tout en se disant qu'elle ne le ferait plus jamais.
Murphy sourit et ils se mirent en route vers le camp.
