Chapitre 1 : Nous voulions seulement être heureux…
-« Alors les enfants ? »
L'homme entra dans l'écurie chocobo baignée par la pleine lumière du soleil passant à travers les vitres. Six chocobos, grands animaux ressemblant en plus fin à un poussin géant, se trouvaient chacun dans un box. L'homme aux cheveux blonds coiffés à la hérisson, vêtu de bleu légèrement plus foncé que ses yeux se dirigea vers le rangement à chocolégumes passant ainsi devant un chocobos aux plumes doucement bleutés dont l'étiquette sur la porte indiquée « lord vague », ainsi que devant un chocobo vert pâle portant le nom de « météore ».Mais Clad, après s'être emparé d'un sac de chocolégumes, s'approcha d'un box où se tenait, fier, un chocobo aux yeux intelligents d'un plumage or. Sur la plaque était indiqué « Ultima ».Clad lui donna à manger et le harnacha d'un filet et d'une selle, puis il sortit de l'écurie. Le soleil brillait dans un ciel sans nuages. Il était dans une ferme chocobo, devant lui des grands champs clôturés, à sa droite un moulin, et à sa gauche une maison blanche aux allures de manoir avec deux tours ronde, derrière lui deux étables chocobo. Autour il n'y avait rien que de la plaine verte qui ondulait aux vents. Une femme s'approcha de lui, vêtu d'un petit haut blanc, d'une jupe courte et d'un grand chapeau de paille duquel s'échappaient ses longs cheveux châtains coiffés en poire, elle leva sur Clad ses grands yeux rouges rieurs. Elle sourit, il la prit dans ses bras et l'embrassa.
-« Je vais entraîner Ultima pour la prochaine course de la saison. »
Il partit vers la plaine. Tifa reprit le chemin de la maison en courant presque. Quand elle ouvrit la porte, des notes de piano lui virent aux oreilles. Le hall était spacieux devant elle un escalier montait vers les étages, à sa droite et à sa gauche il y avait deux portes. Elle se dirigea vers l'une d'elle qu'elle ouvrit. C'était un salon très éclairé, assise devant un grand piano une petite fille jouait les yeux mi-clos. Elle devait avoir huit ans ses longs cheveux blonds noués en une tresse large, un visage pâle vêtu comme un garçon, la musique qu'elle arrachait au piano était mélancolique. Tifa ressortit un sourire aux lèvres. Elle se rendit dans sa chambre à elle et Clad au deuxième étage. Contournant le lit, elle passa dans une autre pièce. Musée dédié au passé, il contenait des gans, des épées, quelques pierres rondes de différentes couleurs, des photos, une carte, des équipements, des potions et d'autres objets divers. Sur une table était disposé deux étranges téléphones : des PHS.Tifa en prit un… :
-« Barret ? C'est Tifa … Oui je vais très bien…Aéris ? Elle va sur ses huit ans … Et Marlène ? …Non, en fait je t'appelle parce que dans une semaine cela fera dix ans que…Oui, et j'aimerai revoir tous les autres…Non je ne lui en ai pas parlé, je veux que ce soit une surprise…Voilà, même toi et moi ça fait longtemps qu'on ne c'est pas vu… D'accord… tu essais…Bien je te rappelle… »
Deux jours plus tard, Tifa était de nouveau dans la petite pièce, Clad et Aéris étaient à la grande course elle avait prétexté un léger malaise pour ne pas y aller. Elle reprit le PHS : à l'autre bout du fil une voix gaie lui répondit :
-«…C'est Tifa ! Tu te souviens de moi ? …Oui je vais bien, et toi ? … Voilà je vais organiser une petite réunion pour célébrer les dix ans de la fin de notre aventure comme ça nous nous retrouverions…Tu viendras ?… Super ! … Non, c'est une surprise…Oui dans cinq jours …Tu sais où nous habitons…Oui à bientôt. »
-« Barret ? …Alors ? …Hum…Donc viendront Cid, Shera et leur fils ; Toi et Marlène ; Yuffie…oui, je l'ai appelé… ; Red XIII et son grand-père ; Reeve et sa peluche …Ah!? Il est marié ? ...et il a des enfants ? …Bon…Tout le monde sera là alors…Hé ! Et Vincent ? …Oui…Et ça n'a pas marché ? …N'exagérons rien…oui il est un peu…Mais Clad l'appréciait et il faisait partit de notre équipe…moi je vais essayer sinon tant pis…à dans cinq jours. »
Elle reposa l'appareil, mais le reprit une minute plus tard. Son appel demeura sans réponse. Pensive, elle rangea l'appareil.
Vincent ouvrit les yeux avec un sursaut, il se leva et s'appuya contre une paroi, la lumière qui rentrait dans la grotte lui donnait des reflets diamants. Il fit quelques pas et s'assit dans le fauteuil au centre de la grotte. Il se prit la tête dans une main et ferma les yeux. « Encore un de ces cauchemars, ne cesseront-ils jamais ? N'aurai-je donc jamais la paix ? » Il avait bêtement crût que tuer Hojo lui rendrait la paix. C'était faux, tellement faux, laisser libre court à sa colère et à sa haine l'avait fait encore plus souffrir. Puis il avait dû tuer le fils de Lucrésia. Et la bête en lui grondait toujours. Lucrésia avait disparut, il se mit à songeait à Lucrésia, ses longs cheveux, sa peau clair… « Non je ne dois pas penser à elle ! » .Il se souvint de son visage heureux, de cet enfant qui allait naître…Il se fichait qu'elle soit avec Hojo si elle était heureuse…Et rien n'avait put empêcher ce qui suivit …Ni lui…Ni Gast…Il était responsable de tout ce qui c'était passé…Le PHS sonna dans le silence… La deuxième fois depuis dix ans que ce machin résonnait … Qu'importe, il voulait être seul…
Barret arriva le premier. Géant à la mitrailleuse à la place du bras droit, il avait la peau sombre et les cheveux noirs de jais. Son allure générale laissait à penser à la grande brute au grand cœur. Il était accompagné d 'une jeune fille d'une quinzaine d'années. Elle avait les cheveux d'un joli châtain cuivré, des yeux magnifiques et des lèvres pulpeuses le tout inscrit dans un visage hâlé et ovale tirant sur le rond. Elle était légèrement gironde et ravissante, seules ses mains détonnaient, elles étaient trop courtes et trop sèches. Elle regardait autour d'elle en souriant. Tifa vint les acceuillir :
-« Marlène ! Ce que tu as changé ! »
Apres ces effusions et les politesses d'usage, tous rentrèrent dans la maison.
-« Aeris ! …Elle doit être au marais… »
Barret eut la délicatesse de ne rien dire et Malène et Tifa disparurent dans la cuisine. Barret lui, ressortit et alluma un cigare en regardant la campagne. Une demi-heure plus tard, un vieil hélicoptère de la shinra se posa. En sortit un homme vêtu d'un complet bleu, au visage attractif et aux cheveux noirs qui commençaient à blanchir, une femme blonde coupée au carrée vêtu du même complet, deux garçons quasiment identiques et qui ne faisait rien pour qu'on les différencie, âgés d'une dizaine d'années, ils étaient habillés avec un jeans bleu foncé, une veste du même tissu, et d'une chemise blanche peu ou pas arrangés, leurs cheveux étaient bruns et ils avaient le profil en lame de couteau et des yeux très clairs. Ensuite vint une peluche rose énorme surmontée par un chat gris portant un interphone le tout avançait en ce dandinant d'avant en arrière. Barret les accueillit et pendant que les enfants partaient d'une allure nonchalante découvrir la propriété, les adultes et la peluche parlante reprirent le chemin de la maison.
Les garçons rentrèrent dans l'écurie et en ressortirent rapidement. Déambulant entres les bâtiments et les champs, il finirent par croiser une jeune femme d'environs vingt-cinq ans, au visage juvénile et aux yeux noirs pétillants. Ses cheveux coupés courts, un bandeau saignant son front, son bras gauche était recouvert d'une sorte de bouclier, elle était fine et vêtue d'une combinaison noire. Dans son dos un grand boomerang était accroché.
-« Excusez-moi je cherche Tifa… »
L'un des deux garçons désigna la maison d'un geste. Yuffie Kisanagi partit dans la direction désignée …
-« Yuffie ! »
-« Salut Tifa ! »
-« Tiens notre voleuse de materia nationale. »
-« Salut à toi aussi Barret. »
Tifa dévisagea la ninja qui, rayonnante, devisait avec Barret. Elle la trouva à peine plus vieille, mais ses yeux avaient prit l'éclat de la maturité ce qui était déjà une énorme différence.
Les jumeaux s'ennuyaient encore plus que ce qu'ils avaient prévu. L'endroit ne représentait aucun intérêt pour eux.
Ils décidèrent de partir plus vers les champs. En chemin ils rencontrèrent une fille qui devait avoir leur âge. Elle était assise sur une pierre à l'entrée du marais. Les jumeaux l'abordèrent mais elle ne leur répondit pas.
-« Si tu veux mon avis Julien cette fille est lobotomisée ! »
Murmura l'un des deux jumeaux alors qu'ils reprenaient le chemin de la maison.
Quand ils y arrivèrent, la plupart des adultes étaient dehors. Cid était arrivé avec Shera et un garçon qui devait avoir quinze ans. Ils avaient les cheveux noirs impeccablement coiffés sur le cotés qui lui tombaient jusqu'a mi-épaule son visage était grave et ses yeux se posèrent un instant sur les deux garçons. Ils furent glacés par ce regard froid et inquisiteur. Etaient également présent Red et son grand-père qui s'entretenaient avec Tifa. Les deux garçons se rapprochèrent en évitant le jeune homme au regard de glace.
-« …Clad sera ici dans deux heures environs il faut se dépêcher ! »
Shera renouvela ses excuses
-« Nous sommes désolés d'arriver si tard mais le Hautvent à eu un problème de décollage »
Tifa sourit et tous reprirent le chemin de la maison sauf Nanaki qui prit le chemin du marais et le fils de Cid qui regardait le ciel.
-« Nemo, viens ! »
Cria Cid en se retournant.
Le garçon les rejoignit.
Une heure plus tard, les préparatifs battaient leur plein mais Cid avait emmené son fils dans le « musée »et lui montrait une lance
-« On l'appelle « dent de dragon » Grogna t-il
« Parce qu'elle n'a qu'une pointe orangée et polie qui la recouvre jusqu'à mi-manche… »
Pendant qu'il la faisait glisser le long d'une poutre, Nemo saisit un petit fusil et l'ajusta.
-« Et cela à qui était-ce ? »
-« Quoi… ? Oh à Vincent, j'me demande où se cache ce drôle d'oiseau à présent… »
-« Cid !!! »
-« Ca, c'est ta mère, viens ! »
Il reprit le chemin du jardin.
-« Nemo ! Tu suis ? »
-« J'arrive. »
Le jeune homme glissa l'arme sous sa veste et sortit de la pièce.
Clad ordonna à Ultima d'accélérer, Le chocobo fonçait déjà à vive allure. Derrière eux un monstre du marais tentait en vain de les dévorer, se jouant de son poursuivant le chocobo marchait presque sur l'eau, sautant, tournant d'un simple mot de Clad. Finalement Clad le laissa venir et sortit son épée. Deux minutes plus tard le monstre était séparé en trois morceaux. Epuisé et ravit, Clad éperonna son chocobo et le dirigea vers la ferme. Quand il arriva, il fut étonné de ne trouver personne. Il ramena son animal dans l'écurie, puis se mit en devoir de trouver Tifa. Au moment où il se rapprochait du jardin, il sentit une énorme poigne le saisir par le col :
-« Clad ! »
-« Ba…Barret ! »
Le géant le lâcha, Clad se passa une main sur le cou en le regardant avec surprise. Deux mains se plaquèrent sur ses yeux.
-« Qui c'est ? »
Clad sourit, il avait reconnu la petite voie aiguë et rieuse.
-« Yuffie. »
Sa vue redevint claire ; Devant lui se tenaient les membres de son ancienne team plus leurs enfants et conjoins. Une main se glissa dans la sienne. Tifa était à présent à son coté. Clad se sentait étrangement bien, partagé entre la surprise et l'amusement. Barret avec son air d'ours mal léché…Marlène l'air joyeux…Cid à peine plus vieillit toujours son sourire en coin et son allure décontractée …Shera l'air un peu gêné… Red XIII la sagesse de plus en plus…Son grand-père encore vivant ! … Yuffie devenue une magnifique jeune fille toujours rieuse… Reeves et sa peluche le paradoxe…Et Tifa…Et d'autres qu'il ne connaissait pas.
Après être restés silencieux, tous le saluèrent en même temps couvrant le bruit du vent.
Ces effusions passées les présentations commencèrent :
-« Clad, voici ma femme Candella et mes fils Julien et Jack. »
Clad serra la main de chacun des jumeaux en notant toutes les ressemblances avec leur père, puis il salua Candella et se retrouva le nez enfoncé dans la peluche, ce qui déclencha l'hilarité quasi générale. Quand il réussit à se libérer il alla voir Cid pendant que les autres se dispersaient dans le jardin où une grande table avait été installée. Cid fumait tranquillement, Clad regarda les autres puis :
-« Tu t'ais décidé à épouser Shera…Je me demandais si tu le ferais un jour. »
-« Et toi tu t'es bien casé avec Tifa, t'as de marmots ? »
-« Tu as déjà oublié Aeris…C'est Tifa qui a tenu à l'appeler comme ça…en souvenir… »
Ils restèrent silencieux une minute.
-« Et toi pas d'enfant ? »
Cid désigna Nemo d'un geste.
-« Lui ! Mais je lui donnerais bien quinze ou seize ans ! »
-« Dix-sept pour être exact, Shera et moi l'avons adopté, il a survécu à la destruction de Midgard… »
Clad croisa le regard du garçon et détourna vite les yeux, ce regard lui en rappelait un autre plus dangereux…Son regard parcouru de nouveau l'assemblé.
-« Il manque quelqu'un…Où est Vincent ? »
Cid tira une longue bouffée de fumée :
-« Excellente question ! »
Clad alla voir Tifa qui parlait avec Yuffie et Candella de la restructuration de Wutai. Il la prit à part et Barret se joignit à eux.
-« Tifa, Vincent n'est pas là ? »
-« Non je n'ais pas put le joindre… »
-« Moi non plus, soit ce type est mort soit il n'a pas envie de nous voir ! »
Tifa décida d'allez chercher sa fille. Pendant ce temps les conversations battaient leur plein : Barret, Marlène et Reeve parlaient du déplacement des survivants de Midgard ; Yuffie et Candella continuaient sur leur lancée rejointes par Shera ; Clad, Red XIII et son grand-père évoquaient des souvenir ; Cid était avec son fils ; Et les jumeaux entre eux avec la peluche de leur père. La soirée se poursuivit assez tard dans la nuit. Aéris était couchée et les jumeaux dormaient paisiblement contre la peluche. Cid était presque ivre et son fils à ses cotés semblait veiller à ce qu'aucune bouteille de vin n'échout entre ses mains. Les conversations se poursuivaient mais le bruit en était moins conséquent.
Clad s'éclipsa vers la maison et se rendit dans le petit musée en silence pour ne pas réveiller Aéris. Il prit un PHS et ressortit. Il se rendit dans son écurie. Là il s'assit sur un bloc de paille et enclencha l'appareil. Pendant plusieurs minutes il n'obtint aucune réponse puis une voix froide mais chère à son oreille lui répondit:
-« Vincent ? C'est moi, Clad…Non…Nous nous sommes réunit et je…j'aurais aimé que tu sois là…enfin, tu vois… je comprends que…c'est vrai ! Génial …à demain ! »
Vincent raccrocha en soupirant, il aimait bien Clad, mais il n'avait pas envie de les voir d'entendre combien ils étaient heureux depuis la mort du fils de Lucrésia…Lucrésia…Il irait pourtant…Peut-être échapperait-il un peu à son tourment. Et puis en dix ans…Les revoir lui ferait du bien…Il sortit donc de la caverne et flotta tranquillement jusqu'en haut de la cascade. Là il se retourna et eut un soupir. Puis abandonnant là ses langueurs, il estima la distance qu'il lui faudrait parcourir et décida qu'il sera là bas un peu après l'aube.
Tifa fut debout la première. Sans bruit elle quitta la chambre et les bras de son époux qui dormait paisiblement. Elle dépassa la chambre d'Aéris où dormaient également les jumeaux avec Caith sith. Prit un couloir perpendiculaire et s'enferma dans la salle de bain spacieuse. Elle commençait juste à faire sa toilette quand un grognement la tira de sa rêverie et lui arracha un sourire. Cela venait de la pièce contiguë, chambre qui avait était investit par la famille Hightwing. Elle secoua la tête en songeant à la façon dont la veille, Clad et Nemo avaient du ramener un Cid totalement saoul et fronça les sourcils en se remémorant la façon dont le jeune Nemo s'était excusé pour le comportement de son père. Ce garçon la mettait mal à l'aise. Non, décida-elle, elle n'aimait pas Nemo. Pas du tout. Pourtant il était très attentif à son père et semblait l'aimer et le respecter… Laissant là ses réflexions elle termina sa toilette et se mit en devoir de réfléchir s'il valait mieux préparait un petit déjeuner commun ou bien laisser chacun se débrouiller… La première solution était plus conviviale, d'un autre coté, certain, comme Cid, allaient se lever tard. Ce qui obligerait les autres à attendre. Tout en réfléchissant, elle avait atteint la cuisine. Là son attention fut attirée par des petits coups répétés provenant de la fenêtre. C'était Météore. Prouvant encore une fois son intelligence, le chocobo avait réussit à se libérer de son box pour venir lui rappeler de s'occuper de lui et de ses congénères. Tifa sourit et prenant un paquet de chocolégumes volumineux, elle sortit de la maison. Dehors la brume matinale était encore là mais annonçait une journée ensoleiller. Elle grimpa à cru Météore après avoir mit son chapeau de paille et lui ordonna de retourner à l'écurie. Là elle le remit dans son box et se mit en devoir de nourrir et d'abreuver les volatiles tout en leur parlant sur un ton affectueux. Surtout à Météore pour qui elle avait un petit faible. Puis elle leur brossa délicatement les plumes et leur lima les griffes. Enfin elle les sortit tous pour les mettre dans le grand enclos. Là elle les regarda se déplacer et danser avec amusement.
Une voie douce et lointaine la tira de son observation.
-« Salut, Tifa. »
Elle se retourna et se trouva nez à nez avec Vincent. Il était à une distance suffisante pour qu'elle puisse le juger dans son intégralité. Il était vêtu de la même façon que lorsqu'il s'était quitté la dernière fois. Ces vêtements étaient déchirés en plusieurs endroits. Mais ce qui frappa Tifa se furent ses traits. Ils n'avaient pas bougé, il était resté exactement le même. Il n'avait pas vieillit. Ses cheveux avaient poussé. Ils lui arrivaient à mi-dos et il était toujours imberbe. « Il est toujours aussi énigmatique…aussi beau… ». Elle frémit. Et murmura d'une voix douce.
-« Salut Vincent…Je suis heureuse de te voir… »
Et même elle ne savait pas combien c'était vrai. Elle l'invita à la suivre jusqu'à la maison. Une fois dans le hall elle mit un doigt sur ses lèvres et l'entraîna dans la cuisine. Là elle se débarrassa de son chapeau de paille et commença à mettre de l'eau à chauffer sur un réchaud pour le café. Vincent était toujours debout dans l'encadre de la porte.
-« Assieds-toi. »
Vincent prit une chaise et se laissa glisser dessus avec un soupire intérieur de soulagement. La fatigue le tenaillait. Il regarda Tifa s'affairer avec un regard nouveau. Pourquoi ne disait-elle rien? Cela faisait dix ans qu'il ne l'avait pas vu et il l'avait connu plus loquace. Elle avait du changer et acquérir en même tant que corporellement une plénitude de femme, une maturité d'esprit. Mais il y avait autre chose, elle se montrait comme singulièrement…timide à son égard. Cela le surprit et le blessa plus qu'il ne voulut l'admettre.
Tifa se mit à couper des tranches de pain. Elle avait l'impression d'être parfaitement ridicule, mais sous le regard soutenu de Vincent, elle n'arrivait pas à prononcer une parole. Pourquoi produisait-il cet effet là sur elle? Elle aurait voulut qu'il cesse de la regarder pour ne plus avoir envie de se perdre dans ces superbes rubis qui ressemblaient aux siens…
-« Aïe ! »
Sans s'en rendre compte, elle était arrivée au bout du quignon et la lame du couteau était venue se loger dans sa paume. La blessure était peu profonde mais saignée abondamment. Elle retira le couteau et sentit la présence de Vincent tout près d'elle. Elle ne l'avait pas vu bouger.
-« Laisse moi voir. »
Il prit délicatement la main de Tifa dans les siennes, prenant garde à ne pas la blesser de sa main métallique, la leva et pencha la tête en avant. Posant ses lèvres sur la plaie il se mit doucement à sucer le sang qui s'en échapper. Il sentit Tifa frémir à son contacte.
Les lèvres de Vincent étaient tellement froides qu'elles brûlaient la peau, mais si douces et si délicates que Tifa se sentit frissonner. Rennonsant à récupérer sa main elle le laissa boire son sang et ne put s'empêcher de penser que l'expérience n'avait rien de désagréable. Sa main libre vint, sans qu'elle en eut réellement conscience, caresser les cheveux noirs et soyeux de Vincent. Puis délicatement, elle écarta ses mèches cherchant la peau marbrée de son visage.
Tout en étanchant sa soif, Vincent sentait les doigts de Tifa dans ses cheveux, effleurant parfois son visage mais ne fit rien pour empêcher ce contacte, il sentait son âme s'apaiser et une étrange paix l'envahir et réchauffer tout son être comme il ne l'avait pas était depuis que Hojo l'avait métamorphose. Il voulait que cet instant ne s'achever pas. Mais il ne pouvait être éternel…Il retira donc à regret ses lèvres de la main de Tifa. Celle-ci ne saignait plus. Il la lâcha pour essuyer le sang autour de sa bouche. Et ses yeux rejoignirent ceux de Tifa. Etrange comme ils ressemblaient à ceux de Lucrésia. Pas dans leur forme, ni dans leur couleur. Simplement dans leur éclat et dans leur tendresse…Ne plus voir que ces yeux…Pour oublier ce désir fou qui était en train de s'emparer de lui.
Tifa eut un sentiment d'arrachement lorsque Vincent lui rendit sa main, sa conscience lui criait de se séparer de lui, de retourner à ses tâches ménagères. Il essuyait le sang de son visage faisait ressortir la blancheur nacrée de sa peau… « Pitié, Vincent ne me regarde pas ! » Trop tard, ses yeux rencontrèrent ceux de l'homme ténébreux. Elle se sentit rougir…
Et ne résista pas quand il passa ses bras autour de sa taille pour l'attirer vers lui…
Vincent ne pouvait s'empêcher de la désirer, et il ne savait que faire. Il savait que s'il détournait les yeux le charme serait brisé en même temps que le lien qui le rattachait à Tifa. Il ne le pouvait pas, pire il ne le voulait pas. Pourtant il n'avait pas le droit de détruire la vie de la jeune femme. Et celle de Clad. « Rien qu'un baiser… Et je saurais… ». Tifa rougit. Il lui passa les bras autour de taille, elle ne résista pas à son étreinte. L'attirant à lui il chercha ses lèvres. Elle était douce, fraîche… Ses lèvres si délicates, si pleines…Leur baiser si timide au début devint vite passionné, Vincent l'attira un peu plus contre lui, recherchant sa fraîcheur, la douceur de sa peau…Tout son être brûlant d'une flamme que rien ne pouvait éteindre…
Ces lèvres froides contres les siennes…au goût si indéchiffrable…Son étreinte…à la fois ferme et tellement réconfortante…Ses yeux clos…La douceur de son visage contre le sien…Les pensées de Tifa viraient au gré du vent…Toute entière abandonnée dans cet instant d'infini…Lovée contre le vampire…Les bras autour de son cou…
Quand ils se séparent, Tifa éprouva de nouveau le terrible sentiment qu'on lui enlevait une partie d'elle-même. Vincent tellement impassible…ne disant rien. Une certaine gêne s'était instaurée entre eux. Sans un mot le vampire la dévisageait.
Vincent reprenait lentement le contrôle de lui-même et cherchait les pensées de Tifa. Lucide, il se demandait comment cela avait put arriver.
-« Tifa, je ne veux pas… »
Mais il fut interrompu par l'arrivée de Clad.
-« Vincent ! »
Le blond s'avança, tout en finissant de se sécher les cheveux.
-« Cl…Clad, je me suis occupé des chocobos, et Vincent est arrivé après… »
-« Vous deviez avoir des choses passionnantes à vous raconter. »
Tifa paniqua, mais la voie de Clad n'était pas accusatrice, elle était amusée.
-« Tu as laissé l'eau s'évaporer sur le réchaud. »
Tifa ne put s'empêcher de soupirer de soulagement tout en remettant de l'eau à chauffer. Pendant ce temps, elle regardait les deux hommes du coin de l'œil. Ils parlaient. Enfin Clad parlait. Vincent l'écoutait. Tifa aurait aimé savoir à quoi il pensait en cet instant.
Vincent écoutait d'une oreille distraite le discours de Clad et réfléchissait. Il savait ce qui le mettait mal à l'aise. Clad et Tifa s'aimaient d'un amour des plus vrais et des plus beaux. Il ne voulait pas le détruire. Ce qui s'était passé devait disparaître. Non seulement ça mais il savait que ce n'était pas Tifa qu'il avait aimé, mais Lucresia à travers elle. Sa blessure n'en était que plus douloureuse.
-« Tifa, tu t'es blessée ?»
La voie inquiète de son époux lui fit mal.
-« Je vais mettre un pansement. »
Elle sortit précipitamment de la cuisine. Clad la regarda partir, l'air surprit.
-« Elle n'a pas l'air dans son assiette.»
Vincent songea qu'il valait sûrement mieux que Clad ignore tout.
-« Peut-être est-elle un peu fatiguée…»
-« Oui…Tu sais je suis vraiment heureux que tu sois venu… »
-« Je n'aurais pas du…»
Vincent se maudit, cela lui avait échappé.
-« Pourquoi ? »
Heureusement l'arrivée d'une jeune fille aux cheveux abondant et au visage auquel les traces de fatigue n'enlevaient rien à sa beauté lui dispensa de répondre à la question embarrassante. Elle posa ses yeux magnifiques sur lui et resserra son déshabillé autour de ses formes généreuses.
-« Bonjour Marlène, bien dormit ? »
-« Oui… »
-« Tu ne connais peut-être pas Vincent Valentine ? »
-« Enchanté, Je suis Marlène Wallace. »
Vincent réfléchit, il devait s'agir de la petite fille de Barret. Celle à qui il tenait tant.
-« Tifa est par-là ? »
-« Elle va revenir dans une minute. »
-« Je l'attends… »
Elle commença à préparer des bols et sortit les pots de confiture.
Clad s'étira puis :
-« Je vais aller monter Ultima. »
Tifa termina le pansement, elle était de nouveau lucide. Ce qui venait de se passer était grave et pourtant elle n'arrivait à le prendre qu'avec légèreté. Elle regarda par la fenêtre. Son instant de délicieux égarement était finit. Le désir fugace qu'elle avait ressentit à l'égard de Vincent s'était estompé. Le prenait-il comme ça lui aussi ? Elle l'espérait, elle ne voulait pas lui faire du mal. Elle aimait Clad, elle s'en rendait encore plus compte maintenant. Elle pensa à Aéris… Elle était morte. Mais elle existait encore dans son cœur et dans celui de Clad. Et aussi dans le nom de sa fille. Un bruit lui fit tourner la tête. Candella se tenait à la porte en chemise de nuit.
-« Je peux faire ma toilette ? »
-« Bien sur, je vous laisse la place. »
Elle sortit. Il fallait qu'elle parle à Vincent. Descendant les escaliers elle rencontra Red XIII qui descendait aussi.
-« Bonjour Tifa, tu vas bien ? »
-« Oui, Vincent est arrivé. »
-« Vraiment ? »
Il lui jeta un regard inquisiteur.
-« Je vais aller le voir. »
Tifa rejoignit la cuisine. Et commença à préparer le déjeuner tout en discutant avec Marlène.
Elle était heureuse que Vincent ne soit plus là.
Nanaki continua après la cuisine. Il était légèrement soucieux. Tifa lui avait caché quelque chose. Sa voie avait vibré étrangement quand elle avait parlé de Vincent. Celui là, il avait le don de mettre les gens mal à l'aise. Mais là s'était différent. Il sortit de la maison pour trouver le vampire appuyé sur une des barrières
-« Ca faisait longtemps, Vincent. »
Sans se retourner le jeune homme murmura un léger salut. Red se mit à son niveau et remarqua qu'il n'avait pas changé d'un pouce.
-« Est-ce que ça va ? »
-« Non. »
Nanaki ne s'était pas attendu à une telle franchise. Il laissa à Vincent le soin de développer s'il le désirait. Rien ne vint.
-« Pourquoi es-tu venu ? »
-« Je me le demande… »
-« Nous considère-tu comme des amis ? »
Pour la première fois, Vincent le regarda.
-« Pourquoi me demandes-tu ça ? »
-« Pourquoi ne réponds-tu pas ? »
Dit la panthère du tac au tac. Il vit le bras métallique de Vincent se resserrer sur la barrière, pendant que sa main organique écartait ses mèches rebelles.
-« Oui. »
Dit-il enfin.
-« Alors tu sais pourquoi tu es là. »
Et sans rien ajouter, il regagna la maison.
Shera borda son mari qui ronflait grassement. Elle sortit de la chambre en soupirant. Pourquoi fallait-il que Cid finisse toujours les fêtes ivre et que le lendemain se lève d'une humeur massacrante qui n'avait d'égale que sa gueule de bois ? Avant de franchir le pas de la porte elle jeta un regard au lit vide de Nemo. Son Nemo. Mais il ne semblait pas être attaché à elle. Heureusement qu'il y avait Cid…Elle se souvint de ce que Cid lui disait quand elle pleurait de voir que son seul enfant ne lui portait guère d'attention. Sois patiente.
Barret ouvrit les volets en s'étirant et la première chose qu'il vit le mit en rogne. Une cape rouge surplombée de magnifiques cheveux noirs : Vincent. Qu'est ce que cet olibrius faisait là ? De quoi rester en rogne ? Non, mais il ne lui plaisait pas que cet individu traîna dans les parages. En grommelant il rejoignit la cuisine.
Aeris et les deux garçons se réveillèrent un peu plus tard. La petite fille partit à la salle de bain et les garçons jouèrent avec Caith sith.
Nemo sortit de la maison, les membres engourdis et les yeux cernés. Il détestait ne pas dormir la nuit. Surtout que trois nuits blanches d'affilés, ça commençait à faire beaucoup. Il traversa l 'espace qui le séparer de Vincent sans le voir. Il se rendit compte de sa présence en lui rentrant dedans. Vincent l'observa un instant surpris. Nemo se releva et leva les yeux sur le vampire. Il sut lire la frayeur fugace de son regard quand leurs yeux se croisèrent. Il faisait souvent cet effet sur les amis de son père. A cause de Séphiroth. Il le savait. Cid ne lui en parlait jamais. Mais son journal de bord du Hautvent était très instructif.
Vincent aida le jeune homme à se relever. Dire qu'il lui était tombé dans les bras serait un euphémisme. Ses yeux…ce regard …Séphiroth ? Peur…L'autre le dévisageait, puis il secoua la tête avec une grâce toute féline.
-Je ne crois pas vous connaître ?
-Je m'appelle Vincent, Vincent Valentine.
Répondit l'intéressé d'un ton neutre.
Nemo le regarda avec plus d'attention. Le sombre Vincent. En s'époussetant avec la même grâce qui dominait chacun de ses gestes, il remerciait Vincent de son aide ce qui lui donnait une bonne excuse pour le dévisager. Une interruption plus que bruyante interrompit momentanément son observation.
-Vincent ! C'est…bin toi mon vieux !
Cid venait d'apparaître sur le perron un grand sourire aux lèvres. Il n'avait pas l'air très éveillé. Ni très sain. Vincent s'avança néanmoins pour lui serrer la main. Après tout, de tous c'était celui qu'il aimait le plus. Cid rit puis le prit dans ses bras avec une telle brusquerie que Vincent dérapa et se rattrapa à son ami avec sa main métallique. Ils se trouvaient si proche l'un de l'autre que le vampire pouvait sentir l'alcool qui imbibait Cid. Celui ci le lâcha et se mit à déverser un tel flot de parole que Vincent avait du mal à saisir de quoi il parlait et se retrouva vite perdu.
-Et ce gosse là-bas, il donne du souçit à Shera…Nemo est un peu blizzard…Mais elle sait pas s'y prendre…
Nemo s'approcha et empoigna son père d'une main ferme.
-Tu es encore saoul !
Il lui fit reprendre le chemin de la maison sous le regard perplexe de Vincent.
-Vini ! Ca c'est coooool !
Vincent resta impassible face à la ninja.
-Je te redemande de ne plus m'appeler Vini.
-Mais siiiii c'est chou trognon….
Et avec un petit rire elle lui déposa un baiser sur la joue. Redevenant sérieuse elle murmura.
-Ca me fait plaisir de te revoir.
-A moi aussi.
Elle releva les yeux, étonnée, puis éclata de rire. Vincent la regarda perplexe.
-…
-C'est rien mais ça fait plaisir de te l'entendre dire…Toi qui ne disais jamais tes pensées ni rien d'autre d'ailleurs.
Vincent laissa un mince sourire se dessiner sur ses lèvres. Yuffie le prit par le bras.
-Whaaa…Et en plus tu souris… Je vais finir par croire que je te fais craquer !
Riant toujours elle l'entraîna vers la plaine.
Aéris se brossait les dents tout en songeant à ce qu'elle avait vu…C'était impossible que sa mère se soit laissé aller dans les bras d'un ami de son père. Avec tout son âme d'enfant, elle se mit à haïr cet inconnu, sa mère aussi…Son père était le meilleur…Si sa mère ne le méritait pas qu'elle s'en aille, ils seraient bien tous les deux !
-C'est dommage que vous ne puissiez pas rester.
Dit Tifa en aidant Reeve à charger ses bagages dans l'hélicoptère. Candella et les jumeaux étaient déjà à bord. Après un bref au revoir ; l'hélico s'en alla. Clad et Tifa le regardèrent partir puis Clad se tourna vers sa femme.
-Tifa, tu me caches quelque chose.
Elle avait rougit sans répondre.
-Tu peux tout me dire tu sais.
-Clad…
-C'est vrai, je suis prêt à tout entendre.
-Tu…Tu ne comprendrais pas…
-Elle a embrassé le type en rouge !
S'écria une petite voix aiguë.
-Aeris !
S'écria sa mère. Mais la petite fille hurla.
-Vas-t-en ! J'te déteste !
Et elle s'en alla en courant vers la maison. Tifa voulut la rattraper, mais une main ferme l'en empêcha.
-Laisse-la. Il vaut mieux pour l'instant.
-Clad…
-On dit que la vérité sort de la bouche des enfants, alors excuse-moi de la croire. Mais si c'est vrai je veux l'entendre de ta bouche.
Tifa le regarda, son visage n'était empreint d'aucune colère, juste d'une expression de douleur instance. Elle aurait préféré qu'il voit rouge, qu'il hurle pour qu'à son tour elle puisse se mettre en colère. Pour que comme avant ils finissent en riant dans les bras l'un de l'autre. Mais ça ne serait pas si facile cette fois. Il faudrait qu'elle assume et surtout qu'elle regagne la confiance de celui qu'elle aimait.
Clad l'observait en silence, ça ne pouvait pas être vrai! Pas avec Vincent…Pas avec son ami.
-C'est vrai…Murmura-elle enfin. J'ai embrassé Vincent.
Clad lâcha sa prise sur son bras et hocha la tête. Sans un mot, il se détourna.
-Clad… Je t'en pris écoutes-moi !
Clad baissa la tête.
-J'aimerai t'expliquer…S'il te plaît…
Il continua à marcher tête baissée.
-Clad !
-Tifa, j'ai besoin d'être seul.
-Je t'aime, Crois-moi ! Laisses-moi au moins…
-Je ne sais plus que croire…Que tu m'ais trompé…J'aurais put te le pardonner…Même si tu préfère rester avec lui…Mais l'avoir apprit par la bouche d'Aéris…Que tu ne me l'ais pas dit…Ca je ne peux pas…
Et sourd aux appels de sa femme, il marcha d'un pas lent vers la plaine. Emplit d'une souffrance qui lui donnait des nausées.
Tifa fondit en larme dans les bras protecteurs de Barret. Elle avait erré une heure durant mais ne pouvant plus rester seule elle avait rejoint son ami. Celui-ci avait finalement réussit à lui faire avouer ce qui se passait. Maintenant, frémissant de rage il tentait de la consoler.
« Si jamais je mets la main sur Valentine je l'élimine à coups de burin! Ou alors je l'étrangle! Ou même les deux! Je savais que ce salaud nous attirerait des ennuis! »
Pensa-il, intérieurement plein de hargne.
Clad croisa Yuffie qui rayonnante cueillait deci-dela des petites fleurs dorées.
-Salut Clad…
-Salut.
Répondit-il sombrement.
-Oh laalaaaa…Bonjour l'humeur ! Moi ça va, Vincent m'a fait mourir de rire.
A ce nom Clad sentit un sentiment incontrôlé montée en lui et demanda malgré lui :
-Où il est ?
-Qui ?
-VINCENT ! S'écria Clad sur un ton qui fit frémir la ninja. Ou-il-est ?
-Là…là-bas près des montagnes.
Sans autres paroles Clad se précipita.
-Clad…!?
La douleur faisait place à une haine et une rage immense dans le cœur de Clad. Lorsqu'il appercut le rouge de la cape de son ami il se figea. Tentant de reprendre le contrôle, il s'approcha. Le vampire était assit sur une pierre et regardait au loin, il se tourna à son approche.
-Clad…
-Comment as-tu pu… ?
Il s'exprimait avec difficulté, ne trouvant plus les mots pour exprimer ce qu'il ressentait à Vincent. Celui-ci baissa les yeux et se détourna.
-…Me faire ça à moi! Je…Je…
Il balbutiait, n'arrivant même pas à articuler une phrase correcte.
Vincent, lui restait impassible. Et ça se fut trop pour Clad. Il se jeta sur lui, laissant libre court à sa colère. Il le jeta au sol et commença à le frapper, l'autre ne se défendait pas. La rage de son ami en fut encore plus grande. Il le giflait, lui envoyait des coups de poing, le griffait sans aucune retenu, le visage envahit par les larmes, il l'insultait, l'invectivait.
-Salaud ! Pourquoi tu ne te défends pas! C'est plus facile de subir! Espèce d'ordure! Je te hais!
Et ainsi de suite. Il le frappa jusqu'a ce que le sang du vampire lui salisse le visage et les mains alors il lui hurla au visage :
-TU…ETAIS…MON…MEILLEUR…AMI !
Il accompagna chaque mot par un coup. Le sang se répandait autour du corps de Vincent et coulait en abondance de son nez et de sa bouche. Clad vit alors qu'il gisait sous lui sans connaissance. Et qu'il semblait ne plus respirer. Cette vision le glaça comme une douche froide. La terreur chassa instantanément la haine. Il s'agenouilla à coté de lui et le prit par les épaules.
-Vincent ? Réponds !
Il le serra contre lui en tremblant.
-Je t'en pris…
Murmura-t-il à l'oreille du corps désespérément inerte dans ses bras.
-Vincent…Je t'en pris…Dis-moi que je ne t'ai pas…Que tu n'es pas…
Il n'osa pas prononcer l'affreux mot. Et préféra tâter son pouls. Rien. Les larmes lui virent aux yeux.
-C'est pas vrai…Non ça peut pas être vrai…Oh Vincent, pardonne-moi !
Une voix douce mais à peine audible lui demanda :
-Te pardonner quoi ?
Clad cessa de pleurer sous le choque et regarda le visage plein d'hématomes de son ami, celui ci avait entrouvert les yeux et continuait à saigner abondamment.
-Tu es vivant !
Il le serra convulsivement contre lui. Vincent toussa et cracha un peu. Pas du sang. Le blond soupira de soulagement.
-J'ai eu si peur…
Vincent aurait put être acerbe. Ca ne lui vint même pas à l'idée. Il posa la main sur la nuque de Clad et l'attira contre lui. Ils restèrent un moment enlacé. Clad était tellement soulagé que le sang qui lui coulait sur le visage ne le gênait pas. Au contraire. Il profita un maximum de la chaleur dispensée par son ami. Vincent reprenait lentement ses esprits. Il avait accepté les coups mais la sollicitude et l'amitié de Clad le blessaient bien plus profondément. Le blond avait raison il l'avait trahit et d'une façon des plus viles. Il aurait voulut que Clad sache combien il s'en voulait, combien il aurait aimé que rien ne se soit passé…Que rien ne change…Qu'il reste son meilleur ami. Impossible.
-Vincent ?
Clad le rappelait à la réalité en se séparant de lui.
-Clad…
Bon sang, pourquoi n'arrivait-il pas à lui dire ? A lui expliquer ?
-Je suis désolé…
-Non Clad tu ne dois pas t'excuser !
Sans qu'il le veuille les mots avaient franchit ses lèvres. Clad le regarda avec une immense surprise. Le vampire se décida à poursuivre, autant crever l'abcès avant que le blond détruise son mariage. Tant pis si c'était dur et s'ils ne devaient plus jamais se parler.
-C'est de ma faute. Mais elle t'aime tu sais. Elle t'aime plus que tout au monde. Moi…Ca n'était qu'une sorte d'hypnotisme…
-Tu l'as hypnotisé ?
Comment faire comprendre à Clad ce qu'il avait du mal à s'expliquer lui-même ?
-Non…Mais elle ne m'a jamais aimé. Jamais.
Le blond s'assit près de lui.
-Pourquoi tu me dis ça ?
-Vous êtes vraiment charmants tous les deux. Je n'aurais jamais du venir ici.
-Et toi tu l'aimes ?
-Tifa…Oui mais pas de cette façon…Elle me rappelle juste…
-Lucresia ?
Vincent baissa les yeux. Pourquoi se confiait-il à Clad ?
-Oui.
Le blond hocha la tête comme s'il comprenait.
-Alors tu te sens coupables.
-Je le suis.
-Non !
La réaction de son ami lui fit relever les yeux. Il avait démentit instantanément.
-Tifa a aussi sa part de responsabilité et puis tu es juste en train de revivre…Ce que tu avais vécu avec Lucresia et Hojo.
-Comment le sais-tu ?
-Je le sais, c'est tout. Tu vois…Je voudrais qu'on se soit déjà parlé comme ça…Mais tu es toujours si impassible. C'est ça qui m'a mit en colère tout à l'heure. Je voudrais que tu restes mon ami. Tu comptes beaucoup pour moi, même après dix ans…S'il te plaît.
Vincent ne put rien répondre tant il était surpris. Clad se leva en soupirant.
-Non, évidemment non…
Mais il sentit une main l'attraper à son poignet. Surprit il se retourna pour découvrir le visage de Vincent, les larmes aux yeux et un sourire aux lèvres, un murmure :
-Merci.
Ce sourire. C'était la première fois qu'il le voyait sourire. Et pleurer. Son meilleur ami. Ces trois mots se baladaient avec insistance dans sa tête. Clad répondit avec franchise au sourire de Vincent.
-Plus de bêtises, hein ?
Vincent n'arrivait pas à y croire. Non seulement le blond venait de lui pardonner, mais en plus il recherchait son amitié. Un doux sentiment de plénitude l'envahit.
-Je te le promets.
-Vincent…Je voudrais qu'on ait d'autres conversations comme celle-ci.
Le vampire sourit un peu plus. Clad se sentit mieux.
-Aller…Il faut faire soigner ces vilaines blessures…Je n'y suis pas vraiment aller de main morte.
-Non. Mais tu as bien fait. Ca m'a ouvert le cœur.
-Ca NOUS a ouvert le cœur.
Il l'aida à se relever et passa son bras sur ses épaules pour le soutenir. Pendant qu'ils marchaient un détail lui revint.
-Vincent tout à l'heure, j'ai tâté ton pouls et… Tu n'en avais pas ?
-Le contraire serait étonnant pour un demi-vampire.
-Tu es déjà mort ?
Le sujet était inabordable en temps normal, mais peut-être…
-Cliniquement oui. Mais il résulte beaucoup de chose des expériences qu'Hojo a fait sur moi.
Clad regarda de nouveau son ami. Sa culpabilité augmenta d'un cran devant son visage violacé.
-Vincent !
Yuffie surgit devant eux.
-Que s'est-il passé ?
Les deux amis la contemplèrent : Indifféremment pour Vincent et ne sachant que dire pour Clad. Il n'en eut de toute manière pas besoins. Elle lui lança un regard assassins :
-Sombre brute ! Cannibale !
Hurla-elle frémissante.
-Yuffie…
-Qu'est ce t'a fait à mon Vini !?
L'ex-turc sourit à demi. La puérilité de la «fillette» n'avait d'égale que sa prévenante envers lui.
-Yuffie, ça n'est rien.
-Tu ressembles à une betterave et il n'y a rien…D'accord mais tu touches, tu meures !
Et avec un nouveau regard meurtrier elle retourna vers la maison.
-Elle t'aime beaucoup.
-Elle est exclusive.
-Toi aussi d'une certaine manière.
-Je crains d'être de trop ici.
Clad soupira :
-Ferme-là ou je te bâillonne !
-Clad !
Barret venait de sortir de la maison, l'air réellement furibard. De loin, Nanaki et son grand-père le suivaient. Le géant se précipita sur Vincent.
-Toi, je vais te… !
-Barret ! Non !
Clad s'était interposé. Mais une main ferme l'écarta. Vincent se tint droit devant Barret. L'homme ne dépassait pas le vampire.
-J'estime avoir reçut la correction de l'intéressé…Puisqu'il m'a pardonné… Alors tu peux essayer de me frapper, mais je me défendrais sans aucune pitié.
-Arrêtez !
Tifa apparut sur le perron. Les joues gonflaient par les larmes, elle posa les yeux sur le visage de Vincent en frémissant, ses yeux s'excusèrent. Le vampire la regarda impassible et sans aucune honte. Nanaki s'approcha.
-Tu es mal en point.
Lâcha-t-il en observant le vampire de son œil unique. Vincent ne répondit pas, à quoi bon ? Nemo sortit de la maison avec Shera. Pendant que celle-ci essayait de comprendre la situation, son fils observait la petite scène d'un œil expert. Il s'avança.
-Laissez moi vous soigner.
Vincent lui jeta un regard ouvertement suspicieux. Mais sans s'en formaliser, il lui saisit le bras et fit un mouvement qu'aucun ne comprit. Sauf Clad. L'instant d'après Vincent reposait inanimé entre ses bras.
La surprise générale était telle que nul, à part Clad, ne réagit dans les minutes suivantes. Mais le blond le fit violemment. Il écarta le vampire, le laissant à Barret trop hébété pour réagir de façon quelconque. Puis il tenta de saisir l'adolescent. Celui-ci l'esquiva avec une aisance troublante. Sans détourner pour autant son regard des yeux bleus qui le dévisageait, non pas de colère, mais d'une sainte terreur. Clad n'y croyait pas, c'était impossible. Ce geste qui consistait en un temps record à couper le chemin du sang dans l'artère principale du cou et selon la décision du tortionnaire accorder un simple évanouissement ou bien la mort. Une seule personne qu'il avait connue en été capable. Une seule. Son pire cauchemar. Son ancien ennemi. Séphiroth. Un instant l'image de la mort de l'homme lui revint en mémoire… Retrouvant le chemin des mots il murmura :
-Où as-tu appris ça ?
-C'est moi qui lui ai apprit.
-Cid !
Le pilote du wing s'interposa entre Clad et Nemo. Ce qu'il avait vu depuis sa fenêtre l'avait totalement dessaoulé. Avant toute chose il devait protéger Nemo de ses amis. Ils ne pourraient comprendre. Clad ne dit rien mais il était intimement convaincu que Cid ne pouvait maîtriser cette technique et à plus forte raison l'apprendre à son fils. Mais ça n'était pas le moment de créer un nouvel incident diplomatique. Il se rétracta donc et sans quitter le garçon des yeux recula de quelques pas.
-Vincent ?
Barret tata son pouls.
-Il…
Mais Clad avait déjà reprit le corps de son ami et le portait vers la maison.
