Résumé : Oncle Ron a toujours des histoires à raconter.

Disclaimer : tout l'univers appartient à J.K.R.

Merci beaucoup aux reviewers du premier chapitre, et joyeuses fêtes !


La bataille de Cannes

Le matin de Noël était arrivé plus vite que prévu pour les enfants. Jouant toute la nuit sous leurs couettes, l'estomac noué d'excitation et d'appréhension, la terrible nuit qui les avait séparé des cadeaux avait filé à la vitesse d'un sort. Déchirant à grand bruit les emballages de toutes les couleurs et de toutes les formes, c'était tour à tour des embrassades, des émerveillements, ou des déceptions contenues. Les adultes, assis autour de la table, regardaient d'un œil bienveillant les enfants se chamailler sous le sapin.

« Et toi, oncle Ron, tu ne nous a rien offert ? » demande James qui, d'une main experte, avait déjà fini d'ouvrir tous ses cadeaux et les avait compté pour être sûr qu'aucun ne manquait.

« Les enfants, cette année, je vous offre une histoire ! » s'exclama Ron, content de son effet.

Le « Non ! » rugit par Harry réussit à couvrir les cinq voix enfantines qui se réjouissaient d'avance. « Non, Ron, c'est de la triche, tu sais qu'on sera obligé de dire oui à cette histoire, car tu n'as rien apporté d'autre aux gamins. Pourquoi n'as-tu rien apporté, d'ailleurs ? » maugréa Harry.

« Je me suis dit que rien ne leur ferait plus plaisir que ce cadeau-ci, » répondit Ron avec un sourire affable. « Et puis… Entre Noël dernier et tous les anniversaires, je n'ai plus beaucoup d'idées, moi, et Hermione refuse de partager les siennes avec moi elle dit qu'il faut que je fasse plus attention aux souhaits qu'émettent les personnes autour de moi. »

« C'est vrai que ce serait une bonne initiative, » soupira Ginny en soulevant d'une main l'écharpe violette que son frère lui avait offerte, avant de laisser tomber ses doigts sur la jambe d'Harry.

« Nous pouvons dire que pour considérer que raconter cette histoire est le cadeau de Noël des enfants, tu ne dois pas leur apprendre de gros mots au travers de ce que tu racontes, ni dire des bêtises sur Harry, comme tu le fais toujours, » avança Hermione, tâchant comme à son habitude de concilier les intérêts de tout le monde.

« Et si tu n'y arrives pas, tu devras acheter deux cadeaux à chaque enfant au lieu d'un seul, » rajouta Harry avec une nuance de menace et de délectation dans sa voix.

Ron réprima un frisson d'horreur. Puis il tapa dans ses mains pour se donner du courage et attirer l'attention des enfants qui, pendant la discussion de leurs parents, s'étaient occupés à admirer leurs jouets respectifs.

« Il était une fois, dans un lieu très lointain, où il faisait chaud – beaucoup plus chaud qu'ici : les dattes poussaient en abondance, les branches des palmiers ondulaient paresseusement au grès des vents méditerranéens, une jolie famille dans laquelle naquit Harrybal. »

Harry réprima un mouvement d'humeur. « Tu sais que toutes tes histoires ne doivent pas obligatoirement tourner autour de moi ? »

« Balivernes ! Vous entendez ça, les enfants ? Votre père se croit si important qu'il pense que cette histoire parle de lui, alors que je viens de dire qu'elle était à propos d'Harrybal. Vous le croyez, ça ? Un tel égocentrisme ! Enfin… Où en étais-je ? Ah ! oui. Alors… Le royaume dans lequel vivait Harrybal avait un ennemi héréditaire : les Romains. Les Romains pensaient être les plus puissants, tandis que la contrée d'Harry, qui était tout aussi puissante, ne pensait qu'à exister dans la paix et la prospérité. Les Romains ne pouvaient tolérer que cette contrée fasse une telle ombre à leur pouvoir, alors ils prirent des prétextes idiots pour mener la guerre contre les gentils Puniques – les Puniques, c'était les habitants de la contrée d'Harrybal en revanche, je ne vous analyserai pas le mot de punique, je crois que votre mère Hermione n'apprécierait pas.

Il y eut donc une guerre, durant laquelle le père d'Harrybal s'illustra tout particulièrement. C'était un général de l'armée aimé de tous, et qui faisait grand peur à Rome, et surtout au chef des Romains. Mais par un concours de circonstances somme toute assez tristes, il fini par perdre cette guerre, et les Romains firent de grands triomphes. C'est ainsi que le petit Harrybal, encore dans son berceau, apprit à vouer une haine farouche contre les plus grands ennemis de son peuple, et à se battre pour le bien.

Alors qu'Harrybal grandissait et devenait un homme fort et juste - je tiens à respecter mes consignes, mais sachez qu'en réalité Harrybal aimait beaucoup embarquer ses amis dans beaucoup d'intrigues ayant mis en péril ma propre vie, il faut tout de même que je le souligne – les Romains continuaient à embêter le peuple punique de plein de façons possibles, parce que, bon les Puniques s'étaient quand même vachement vite relevés de la défaite. Et un beau jour, Harrybal en a marre : la seconde guerre se déclenche.

Donc, évidemment, il y a un déchainement de violence, ça dure longtemps, bien plus longtemps que tout le monde l'aurait voulu Harrybal est obligé de se trainer, lui et sa petite troupe, à travers les montagnes ils campent dans les forêts, ils affrontent plein de sauvages… Et finalement a lieu la grande bataille. Harrybal arrive à Cannes avec sa troupe, ils sont très inférieurs numériquement les Romains sont là, ils avaient auparavant pris possession du terrain, Cannes était dans leur giron, ils pensaient ne pas pouvoir perdre dans ces conditions… Et pourtant, grâce au génie tactique d'Harrybal -car le début de la bataille est indécis, à une ruse toute punique -demandez à votre oncle Harry, il connait bien cette histoire- et à un commandement romain assez faible – on ne va pas se mentir, dit Ron dans une parenthèse en s'adressant à Harry, Voldy, c'était pas non plus infranchissable, comme peuvent l'être les Alpes pour des éléphants- Harrybal finit par triompher des Romains. Alors il rentre chez lui, et tout le monde l'acclame, et voit en lui le digne successeur de son père. »

Après un moment de silence, Hermione prend la parole. « Enfin, Ron, ça ne se finit pas comme ça en réalité, la guerre continue et… »

« Oui, mais tu m'as dit de ne pas faire de crasse à Harry, donc je préfère finir mon histoire ici. Car c'est Noël, et si c'est pour que les enfants sachent comme Harrybal s'est encrouté depuis… »

« Ron ! »