Comme tout le monde le sait, cet univers ne m'appartient pas, tout comme ses personnages qui sortent de l'esprit de Mme Meyer. Cela dit, certains sont de moi et je ne suis pas certaine qu'en faire la liste soit utile, vous devriez les identifier. ;-)


Chapitre 03

5 ans plus tard

Rosemay était tranquillement installée dans sa chambre et relisait avec attention le papier qui était dans ses mains. Elle s'était appliquée à faire une liste détaillée des choses qu'elle ne devait pas oublier pour le lendemain.

Après avoir fait des pieds et des mains pendant plusieurs mois, elle avait obtenue gain de cause. Elle allait entrer à l'école, au collège pour être exacte. La rentrée était prévue pour le lendemain et elle en était plus qu'heureuse. Du coup, la petite fille vérifiait une dernière fois que tout était bien dans son sac.

Cahiers, classeur, feuilles, intercalaires. Trousse, stylos, crayon de papier, gomme, blanc, colle, règle et agenda ! Bon j'ai tout.

Elle referma alors le sac qu'elle posa sur son bureau et entra dans son dressing. Elle observa attentivement ses vêtements et ne voulant pas paraître différente des autres, elle opta pour quelque chose de simple. Après avoir longuement observée les jeunes dans les films et les séries à la télé, elle c'était rapidement rendue compte que sa famille ne portait pas vraiment des vêtements dans l'air du temps.

Certes, tout le monde était toujours habillé avec soin, mais jamais elle n'avait vu un jean ou une paire de basket sur qui que ce soit. Et puis ils étaient quand même un peu ternes. Que du noir, du gris et du rouge. Elle qui aimait les couleurs pastelles et chaudes, elle détonnait à côté d'eux.

Elle opta donc pour un jean bleu, une tunique turquoise et une paire de ballerine de la même couleur qu'elle déposa sur un des fauteuils de sa chambre.

Regardant l'heure elle décida d'aller manger, avant de passer un peu de temps avec ses parents et d'aller se coucher pour être en forme pour sa grande journée du lendemain. Elle avait vraiment hâte d'y être, rencontrer des enfants de son âge, pouvoir rester avec eux, discuter, se faire des amies, aller chez eux et y dormir. Tout ce qu'elle voyait justement à la télé, qu'elle n'avait jamais fait et qui la faisait rêver.

D'aussi loin qu'elle se souvenait, elle vivait dans ce château avec sa famille, ne sortant que rarement et toujours accompagnée d'au moins deux personnes. Elle n'était pas malheureuse, loin de là, puisqu'elle avait toujours tous ce qu'elle voulait, Aro disait même parfois en souriant qu'elle était trop gâtée. Mais elle ne connaissait rien du dehors. Les seuls humains avec qui elle avait une interaction étaient les secrétaires qui se succédaient et qui lui servaient de cuisinières. Et encore, quand celles-ci n'avaient pas peur de lui parler.

Corin, c'est toi qui va m'accompagner demain ?

Je ne sais pas Romy. Mais comme c'est ta toute première rentrée, je pense que ce sera tes parents qui le feront. C'est un jour important.

La petite fille sourit grandement à sa garde, heureuse que ce soit eux qui puisse l'accompagner. Elle mangea seule, comme bien souvent, simplement accompagnée par Corin, les autres devant être en mission ou bien occupé à accomplir des tâches qu'ils leur avaient été confiées. Une fois son repas prit, elle mit les restes au frigo et ses couverts dans le lave-vaisselle.

Elle rejoignit ensuite ses parents, oncles et tantes qu'elle savait être dans le salon à cette heure-ci. Elle sautilla en avançant dans les couloirs, heureuse de quitter les lieux pour une nouvelle aventure.

Bonsoir ! Chanta-t-elle en arrivant dans la pièce.

Tous la regardèrent et sourirent en la voyant si heureuse. Elle vint embrasser ses oncles et tantes, tout comme son père avant d'aller s'asseoir sur le canapé à côté de sa mère.

Tu as l'air bien heureuse ce soir.

Oui ! Répondit en souriant la petite fille à sa tante Sulpicia. Demain c'est mon premier jour au collège ! J'ai hâte d'y être ! Bon, j'avoue que j'ai un peu peur et je suis super anxieuse d'y faire des nouvelles rencontres. Mais je suis certaine que ça va être génial !

Son sourire baissa en intensité quand elle vit les visages légèrement fermés et gênés des membres de sa famille.

Quelque chose ne va pas ? Leur demanda-t-elle doucement.

Et bien, il se trouve qu'il y a un petit changement pour demain.

Et quoi donc oncle Aro ?

Tu ne vas pas pouvoir aller au collège. Lui apprit ce dernier.

Pourquoi, la rentrée est bien demain pourtant ?

Nous le savons ma chérie. Dit sa mère tout en passant une de ses mains dans ses longs cheveux bouclés. Mais après en avoir longuement discuté, nous avons conclu qu'il était encore trop tôt pour toi de te mêler aux humains.

QUOI ?! Hurla-t-elle de surprise.

En entendant cette décision, Rosemay se leva d'un bon du canapé et regarda sa mère puis son père pour savoir si tout ceci était vrai. Mais au vu de leur visage fermé et leur regard désolé, elle put constater que ce n'était pas une plaisanterie.

NON ! Vous aviez dit que je pourrais aller au collège à la rentrée. Si c'est pour le secret, vous savez bien que je ne dirai jamais rien. Tenta-t-elle de plaider.

Nous le savons parfaitement, ma chérie. Mais il est dangereux que tu restes si longtemps seule hors du château. Personne ne peut t'y accompagner et puis tu es encore jeune.

Mais papa, j'ai dix ans maintenant ! Je suis assez grande !

Rosemay, il faut que tu comprennes que c'est dangereux pour toi d'être seule dehors. Poursuivit le roi.

Mais, les autres vivent bien leur vie et s'en sortent très bien et sans qu'il ne leur arrive rien.

Si un vampire venait à apprendre pour ton existence, tu serais en danger et nous ne voulons pas courir ce risque. C'est déjà un véritable miracle que tu n'aies pas été tuée dans cette ruelle à l'âge de trois ans. Il faut que tu comprennes que nous ne voulons plus courir de risques inutiles avec toi et que tu sois en sécurité. Lui expliqua calmement son père.

Il savait que crier ne servait à rien avec sa fille. Elle avait du caractère et même beaucoup. Il n'y avait qu'un seul moyen pour lui faire entendre raison et la faire plier. Il fallait agir avec calme et en argumentant ses décisions. Il n'y avait qu'une seul personne capable de passer outre et de n'avoir besoin que d'un sourire : Alec. Mais Marcus n'était pas son garde et il devait donc agir posément pour faire entendre raison à sa fille.

La rouquine les regarda tous attentivement et comprit alors qu'elle ne gagnerait pas. Elle souffla fortement, tentant de réprimer les larmes qui lui montaient de plus en plus aux yeux. Elle était triste, déçue et par-dessus tout en colère. En colère contre sa famille et ses parents qui lui avaient promis qu'elle pourrait sortir, être comme toutes les petites filles de son âge. Mais maintenant, ils revenaient sur leur promesse et l'enfermaient une nouvelle fois dans ces lieux.

Vous êtes des menteurs !

Elle sentit alors ses larmes sortir de ses yeux et commencer à rouler sur ses joues.

Vous aviez promis. Chuchota-t-elle tête baissée.

Puis elle la releva, les yeux plein de fureur.

JE VOUS DÉTESTE ! Hurla-t-elle une nouvelle fois sur les membres de sa famille.

Elle se retourna et partit en courant en direction de sa chambre. Corin, qui avait entendu toute la discussion depuis le couloir, suivit la petite fille qui se précipitait dans le couloir sans regarder où elle allait. Elle percuta donc quelqu'un qui la serra dans ses bras, tandis qu'elle se débâtait pour en sortir.

Lâche-moi !

Dolce mio, qu'est-ce que tu as ? Lui demanda Alec complètement perdu.

En voyant Rosemay en pleure et se débattant, le vampire commença à paniquer.

Lâche-moi ! Vous êtes tous pareil, des menteurs !

Il fit ce qu'elle demanda, ne voulant pas qu'elle se blesse involontairement en le frappant sous le coup de la colère. A peine fut-elle libre de ses mouvements qu'elle reprit son chemin en courant de plus belle sous le regard complètement perdu du vampire. Une fois à destination, elle s'enferma dans sa chambre, s'écroula sur son lit et se roula en boule tout en serrant son coussin contre elle.

La petite fille pleura une grande partie de la nuit, jusqu'à ce que la fatigue eu raison d'elle et qu'elle s'enfonce dans un profond sommeil. Elle se réveilla tard le lendemain matin, en pyjama et sous sa couette. Elle remercia sa mère de s'être occupée d'elle, mais intérieurement. L'enfant en voulait toujours autant que la veille à sa famille. Tous l'empêchaient d'aller au collège et par la même occasion de se faire des amies hors du château.

Elle décida alors de faire les choses différemment, de ne pas crier et s'énerver comme parfois cela lui arrivait. Elle enfila la tenue qu'elle avait prévue pour sa rentrée et sortit de sa chambre. Elle n'eut ni un regard ni un bonjour pour Corin. Cette dernière fut surprise de cette réaction, Rosemay étant toujours souriante et amicale. La vampire tenta donc de faire parler sa jeune maîtresse, mais aucun mot ne sortit de sa bouche.

Il en fut de même avec Jane, Félix, Santiago et encore plus surprenant, avec Alec, alors qu'elle ne pouvait pas passer une journée sans lui parler où le voir. Elle ignora tout le monde royalement (pour ne pas dire princièrement), alla chercher un livre dans l'immense bibliothèque et retourna s'enfermer dans sa chambre. Elle n'en sortit pas de la journée et le repas du soir fut comme le midi, muet. Elle n'alla pas non plus voir sa famille, se rendant directement dans sa chambre où elle prit une douche avant de se mettre dans son lit avec son livre.

Le lendemain fut en tout point semblable. Alerter par ses gardes du comportement plus qu'étrange et silencieux de sa fille, Marcus ne mit que peu de temps à se décider à aller la trouver pour lui parler, afin de savoir ce qui n'allait pas. Comme habituellement elle manifestait son mécontentement de façon beaucoup plus bruyante, il pensa qu'elle devait avoir quelque chose de plus grave et cela l'inquiéta fortement.

Cara mia, nous sommes tous très inquiet pour toi, quelque chose ne va pas ? Tu es malade ?

Il s'inquiétait réellement beaucoup pour sa fille, ne pouvant souffrir de la voir enfermer dans le silence et si triste, alors qu'elle était le rayon de soleil permanent de ce château.

Non. Finit par dire une petite voix érailler par le chagrin.

Parle-moi principessa.

Je… vous aviez dit que je pourrais sortir… j'ai été sage, j'ai tout… tout fait ce que vous vouliez… vous aviez promis…

Les larmes ressortirent une fois de plus de ses yeux et son père la prit doucement dans ses bras pour la bercer. Faire disparaître ce chagrin et toute la tristesse que cette annonce avait eu sur elle était la priorité du souverain.

Je sais ma chérie et je m'en excuse. Je t'ai expliqué pourquoi tu ne pouvais pas sortir seule pour l'instant. Nous savons tous ici que tu ne feras rien qui soit dangereux, pour toi comme pour nous. Mais c'est de ta sécurité dont il est question et il est inenvisageable que l'on prenne un quelconque risque avec ta vie. Tout le monde serait affecté pour toujours s'il venait à t'arriver quoi que ce soit. Tu comprends ilmia principessa ?

Elle hocha la tête pour toute réponse, se blottissant un peu plus dans les bras de son père.

Je peux te proposer une solution. Tenta-t-il alors qu'elle leva rapidement la tête et le regarda avec espoir. Pour l'instant, ton entrée au collège est irréalisable. Ce que je peux faire, c'est m'assurer que tu suives un très bon programme scolaire et si tu obtiens de bons résultats et que tu ne fais pas tourner chèvre tout le monde ici, surtout Alec…

Rosemay se mit à rire doucement suite au commentaire de son père.

Alors, je pourrais, ainsi que ta mère, plaider en ta faveur pour que tu ailles dans un lycée quand tu auras l'âge.

Vrai ?!

Oui. Tu es d'accord ?

OUI ! D'accord. Je vais travailler et faire tout ce qu'il faut pour.

Elle se leva et remit ses chaussures avant de se diriger vers la porte.

Je peux savoir où tu vas comme ça ?

M'excuser. Je n'ai parlé à personne et même ignoré tout le monde. Si je veux que tu m'aides, il faut bien commencer quelque part.

Marcus regarda sa fille ouvrir avec force la porte de sa chambre et discuter quelques minutes avec Corin. Puis, accompagner de sa garde, il la vit partir trouver les autres vampires à qui elle devait présenter des excuses.

Voir de nouveau Rosemay heureuse et pleine de vie ravit le roi. Il espéra, intérieurement, pouvoir réussir un jour à convaincre sa femme, ses frères et ses sœurs d'accepter de laisser partir, quand elle aurait l'âge, leur petite princesse.