Chapitre 4
_ Le professeur Dumbledore a demandé à ce que vous alliez le voir sitôt rétablie, Miss Granger, dit Madame Pomfresh en agitant sa baguette.
Le lit qu'Hermione avait quitté quelques minutes plus tôt se fit tout seul, tandis que l'infirmière continuait :
_ Il souhaite s'entretenir avec vous au sujet de ce qu'il s'est passé récemment.
_ Merci pour tout, Madame Pomfresh, dit Hermione, reconnaissante.
Elle sortit de l'infirmerie, mais au lieu de prendre la direction du bureau de Dumbledore, elle fila avant tout en vitesse à la salle commune de Gryffondor.
_ Babioles, dit-elle au portrait de la grosse dame qui pivota.
_ Hermione ! Ca me fait plaisir de te voir ! retentit la voix de Ron qui s'avança vers elle.
Il était trop près, et Hermione se souvint du risque de contagion. Mieux valait être trop prudente que pas assez. Habilement, elle l'esquiva et mit sa main gauche dans la poche de sa cape.
_ Je suis heureux de te voir aussi, dit-elle, un sourire crispé, je veux juste… Oh pardon ! dit-elle en bousculant Harry qui descendait l'escalier en colimaçon.
_ Hermione ? Je croyais que…
_ Harry ! Je suis si heureuse de te voir. Excuse-moi j'ai juste…
Elle n'acheva pas sa phrase et monta quatre à quatre les marches du dortoir des filles, ayant tout juste le temps d'entendre Ron dire « Mais qu'est ce qu'elle a ? Ca fait des jours qu'on ne l'a pas vue, et là… ». Ouvrant la porte du dortoir de sa main droite, elle courut à la fenêtre où sa potion bouillonnait paresseusement à côté d'un livre ouvert. Elle lut la ligne suivante :
« Ajouter le pollen de Voltiflor et attendre que la potion devienne d'un rouge pourpre, et ajouter deux gouttes de sirop d'ellébore. Tourner trois fois dans le sens inverse des aiguilles d'une montre et attendre que les vapeurs qui s'élèvent soient d'une couleur gris argentée avant d'ajouter de la poudre corne de bicorne. »
Hermione jeta un coup d'œil à sa potion et constata avec satisfaction que celle-ci était d'un beau gris argenté, comme décrit dans le manuel. C'était certainement Ginny qui avait transporté son chaudron jusque là, Harry et Ron ne pouvant pas entrer dans le dortoir des filles. Mais elle ne pouvait pas en faire plus pour le moment. En hâte, elle redescendit les escaliers, jusqu'à la salle commune déserte. Harry et Ron était parti prendre leur petit déjeuner, juste avant d'entamer leur cours de métamorphose, et ne l'avait pas attendue. Toujours en courant, elle monta jusqu'à trouver la gargouille de pierre.
_ Euh…
Elle n'avait aucune idée du mot de passe.
_ Pourquoi je dois toujours te trouver sur mon chemin, Granger ? dit une voix traînante. Je t'avais dit de te tenir à l'écart.
Drago Malefoy lui fit face, ses yeux gris lançant des éclairs. Il était clair qu'il en avait assez de se retrouver sans cesse à la rencontrer partout où il allait. Hermione soutint son regard.
_ Je ne te suis pas, Dumbledore a demandé à me voir. Et que fais-tu ici, de toute manière ?
Le Serpentard ne répondit pas, et Hermione sut aussitôt que lui aussi avait été demandé par le directeur. Mal à l'aise, elle préféra se tourner vers la gargouille.
_ Tu connais le mot de passe ?
_ A ton avis ? fit-il exaspéré.
_ Euh… attends, c'est souvent le nom d'une sucrerie, voyons voir… Chocogrenouille ?
La gargouille ne bougea pas.
_ Nid de Cafards ?
Aucun effet.
_ Tu ne pourrais pas m'aider ? fit Hermione d'un ton exaspéré en se tournant vers Malefoy qui observait d'un œil goguenard ses vaines tentatives.
_ Ne compte pas sur moi pour t'aider, Granger. Je m'en vais.
Il tourna les talons pour partir.
_ Que je sache, Dumbledore veut nous voir tous les deux. Alors si tu veux qu'on en finisse une bonne fois pour toute…
_ Ferme-là, Granger, t'es vraiment bruyante ! On aurait dû te gaver de Fiziwizbiz pour faire fondre ta langue souillée.
Exaspéré, il se retourna vers elle, voulant lui lancer une nouvelle insulte grossière, mais tout à coup, la gargouille s'écarta, révélant un escalier en colimaçon, sous le regard abasourdi des deux adolescents. Malefoy fut le premier à se reprendre :
_ Et bien voilà ! Ce n'était pas si compliqué ! dit-il en s'engouffrant dans l'ouverture.
Hermione haussa les sourcils et fit une affreuse grimace derrière son dos avant de le suivre.
_ Ah ! Mr Malefoy ! dit Dumbledore lorsqu'ils poussèrent la porte. Et vous êtes venu avec Miss Granger, charmant.
_ Nous nous sommes simplement croisés, répliqua le Serpentard d'un ton sec.
_ Bonjour professeur, répondit Hermione en lançant un regard noir à Malefoy, qui ne semblait ressentir aucune gêne à manquer ainsi de respect au directeur de Poudlard.
Mais le jeune blond ne lui accorda pas un regard, et Dumbledore retourna s'asseoir à son bureau.
_ Je vous ai convoqués ici pour vous parler des récents évènements qui vous ont impliqués. Miss Granger, je crois savoir que le département de Recherche de Ste-Mangouste vous a prescrit le port de gants en peaux de dragons pour limiter les possibles effets de contagion.
_ Euh… oui,
Le directeur agita sa baguette et un coffret en bois atterrit devant le bureau. Fumseck battit des ailes, et les deux adolescents se penchèrent, perplexes.
_ Je pense que pour éviter de vous faire remarquer portant des gants en peau de dragons, vous porterez ceci.
Le coffret s'ouvrit, laissant voir une paire de gants couleur chair si fin qu'il pouvait facilement passer pour inaperçu une fois enfilé. Dumbledore reprit :
_ Ils sont très efficaces, c'est un très bon ami à moi qui les as confectionnés, vous pouvez donc être sure qu'il n'y a aucun risque.
Hermione prit les gants d'une main tremblante et les enfila. En effet, personne ne pouvait soupçonner qu'elle portait réellement des gants, tant ceux-ci épousaient parfaitement les formes de sa main.
_ Il est préférable que tout cela reste pour le moment secret, dit calmement Dumbledore, les yeux rivés sur Malefoy. Si l'école était au courant, je pense que les conséquences seraient fâcheuses pour vous deux.
Le Serpentard évita son regard. Hermione voulut prendre la parole, mais elle aurait été certaine qu'il n'aurait pas apprécié qu'elle prenne sa défense, comme ci il n'était pas capable de se défendre tout seul. Elle garda le silence.
_ Mr Malefoy, reprit Dumbledore, vous êtes le seul à être capable de protéger Miss Granger entre ces murs.
_ Protéger ? répéta le Serpentard. Vous y allez un peu fort. Je ne veux rien avoir à faire avec cette Sang-De-Bourbe.
Hermione frissonna, mais Dumbledore dit :
_ J'aimerais que tu n'emploies pas cette expression devant moi.
Malefoy grimaça. Il détestait qu'on lui disait ce qu'il devait faire.
_ Je ne veux pas être responsable, et j'ai aucune envie de jouer la nounou d'une… fille comme elle.
_ Je ne te demande pas de la suivre et de rester à ses côtés, dit Dumbledore. Je te demande de veiller à ce que ce secret en reste un. Bien évidemment, il serait gênant que vos amis soient au courant.
Hermione pensa à Pansy Parkinson, qui n'avait jamais rechigné à répandre des rumeurs, surtout si cela pouvait susciter des commentaires désobligeants et des moqueries. Il lui semblait que Dumbledore pensait la même chose. Malefoy semblait furieux, il serrait les poings. Hermione s'attendit à ce qu'il refuse, mais…
_ Bien, professeur, siffla-t-il.
_ Je suis heureux que vous compreniez, dit Dumbledore d'un ton joyeux, comme ci Noel venait d'arriver en avance. Maintenant, si ça ne vous dérange pas, j'aimerais m'entretenir avec Miss Granger en privé
Le jeune homme s'en alla aussitôt, énervé d'avoir été convoqué pour quelque chose d'aussi futile. Hermione attendit que la porte se soit refermée pour dire :
_ Il ne dira rien, professeur, il me l'a dit…
_ Certainement, Miss Granger, mais je tenais tout de même à insister sur ce point. Maintenant, j'aimerais que vous m'en disiez plus sur ce monstre.
_ La description correspondait tout à fait à ce qui était écrit dans l'article. Pour ce qui est de la substance qui me contamine, je ne ressens aucune douleur physique mais…
Elle hésita, mais finit par lui avouer sa nausée dans l'infirmerie. Le professeur prit un air désolé.
_ Avez-vous prévenu Harry Potter ? demanda-t-il.
_ Pas encore, je ne sais pas si c'est nécessaire, tant qu'on ne connaît pas les effets de la maladie.
_ Vous avez raison, il le saura en temps voulu. Mieux vaut ne pas inquiéter Harry pour le moment.
Hermione grimaça. Elle détestait cacher des choses à ses amis.
_ Maintenant, j'aimerais vous donner un conseil, Miss Granger, dit Dumbledore en se penchant vers elle. Nous ne connaissons pas les effets de ce qui est en train de vous contaminer, et il se peut que vous ayez affaire à des effets secondaires dont j'ignore la nature. Je vous conseille donc d'être très prudente, quoiqu'il arrive.
La Gryffondor ne put qu'acquiescer.
_ Faites également très attention à Mr Malefoy, fit le directeur. Vous savez qu'il ne vous porte guère d'estime.
_ Ne vous en faites pas, professeur, dit Hermione. C'est une histoire terminée.
Sur ce point, Dumbledore en doutait fortement. Et il avait raison. Durant les jours qui suivirent, personne, pas même Harry et Ron ne furent au courant que les mains d'Hermione étaient gantées. Elle ne les enlevait jamais, fidèle aux conseils du directeur, mais en avait cruellement envie, car cela grattait énormément.
L'affaire mit du temps à se tasser, de sorte qu'Hermione entendait des gens chuchoter sur son passage lorsqu'elle traversait les couloirs. Il en allait de même pour Malefoy, qui, quant à lui, avait tenu sa promesse, et avait tenu sa langue, même s'il passait son temps à l'éviter, ou à lui lancer un regard noir les rares fois où ils se croisaient. A part Dumbledore, les sorciers travaillant au département de recherche de Ste-Mangouste, et Madame Pomfresh, il était le seul à savoir qu'elle était malade. Cependant, à défaut de ne pas dire la vérité, le Serpentard avait mis en place un scénario dans lequel il jouait le rôle d'un héros vaillant réussissant à mettre la bête en fuite. Pansy Parkinson buvait ses paroles, mais Harry et Ron n'étaient pas du tout content.
_ Quel sale petit vantard, grommela Ron en regardant Malefoy mimer de grands gestes à un groupe de Serpentards qui l'écoutaient attentivement.
_ Ne fais pas attention, dit Hermione. En tout cas, au moins, la sécurité a été renforcée, et plus personne n'a le droit d'aller dans la Forêt Interdite. C'est beaucoup plus rassurant.
_ Mais comment allons-nous préparer l'élixir d'Hystéria ? demanda Harry.
_ Hagrid partira ce soir accompagné d'un groupe d'Aurors dépêché sur les lieux par le ministère, révéla Hermione.
_ C'est complètement ridicule, Hagrid est un demi-géant, il devrait être capable de se défendre contre une bête aussi féroce non ? Il en a vu de pires !
_ Je préfère être trop prudente que pas assez, rétorqua Hermione en laissant son regard errer sur sa main qui lui grattait horriblement. Je ne voudrais pas que quelqu'un d'autre finisse dans une situation aussi horrible comme celle que moi et Malefoy avons dû subir.
_ C'est sur qu'il a l'air complètement anéanti, railla Ron.
Mais Malefoy n'eut pas l'occasion de jouer le rôle du héros bien longtemps. En effet, durant la semaine qui suivit, tous purent se rendre compte à quel point l'élixir d'Hystéria était un calvaire. La potion nécessitait de plus en plus d'attention, et parfois, certains élèves tendus amenaient leur potion pendant les autres cours pour la surveiller étroitement. Mais c'était loin d'être suffisant : ainsi Neville, de loin le plus stressé d'entre tous, fit exploser sa potion en premier, en plein cours de sortilèges, en commettant l'erreur de tourner le mélange dans le mauvais sens.
D'autres incidents similaires se produisirent. Seamus ajouta les yeux de scarabée trop tôt, Pansy Parkinson commit l'erreur d'y laisser tomber un cheveu. Un à un, les potions explosèrent, et bientôt, il ne resta plus que celle d'Hermione, de Lavande, d'Harry, de Ron et de Malefoy. Ce dernier se rengorgeait d'être le seul Serpentard à avoir réussi à éviter la catastrophe, et cela suffisait largement à ce qu'il s'acharne sur sa potion et gagner. Toutefois, les Serpentards l'encourageaient à ne surtout pas lâcher, car perdre contre les Gryffondor serait une cuisante défaite. Cela rajoutait une pression supplémentaire sur ses épaules, et Hermione pouvait voir Malefoy de plus en plus souvent à la bibliothèque, la tête plongée dans de nombreux livres, les yeux cernés. Etrangement, cette scène l'amusait, contrairement au jeune homme.
_ Qu'est ce qui te fait rire comme ça, Granger ? demanda-t-il finalement d'une voix méprisante en levant son nez pointu de Sept Moyens de Réussir Votre Potion.
_ Rien du tout, dit-elle précipitamment en rangeant un livre dans la rangée près de lui.
Elle grimaça. Cette peau de dragon grattait horriblement. Vérifiant que personne ne regardait, elle posa ses livres et enleva ses gants.
_ Remets ta main polluée dans ce fichu…, commença Malefoy, mais il s'arrêta net en voyant l'état de la main d'Hermione.
Celle-ci était pâle, striée de marques rouges. Tous deux échangèrent un regard, et Hermione tendit la main vers les marques. Mais avant qu'elle n'ait pu y toucher, elle sentit une présence.
_ La bibliothèque ferme.
La Gryffondor se figea, fixant un point invisible derrière Malefoy. Madame Pince ! Celle-ci s'avançait vers eux.
_ Vous avez entendu ? La bibliothèque ferme ! Prenez soin de remettre les livres à la bonne…
Le Serpentard réagit aussitôt et se leva, l'air exaspéré :
_ On a compris !
La bibliothécaire fut offusquée par un tel manque de respect, et s'éloigna, marmonnant quelque chose comme « Manque de respect » ou « Jeunesse ». Hermione se hâta de remettre son gant, et Malefoy poussa un soupir de frustration:
_ C'est pas possible, je vais pas jouer la nounou d'une saleté de Sang-De-Bourbe ! Ne m'approche plus, compris ? grogna-t-il en se tournant brusquement vers elle.
Son expression fâchée s'évanouit en voyant l'expression d'Hermione. Il comprit aussitôt et recula, dégoûté, tandis qu'elle crachait de nouveau du sang.
_ Récurvite, marmonna-t-elle en pointant sa baguette sur le sol sali.
Malefoy attrapa ses livres, désireux de partir au plus vite de cette Gryffondor malade, tandis qu'Hermione rassemblait les siens. Il y eut un long silence, puis…
_ Une goutte d'essence de rose, dit Hermione.
_ Quoi ? lança-t-il en se retournant.
_ Ta potion, dit Hermione d'une voix tranquille. A ce stade, elle doit certainement bouillir et répandre une odeur désagréable. Si tu ne la maîtrise pas tout de suite, elle va déborder. Si tu rajoutes une goutte d'essence de rose, l'odeur douce sera plus agréable, et la potion va se calmer.
_ Ce n'est pas marqué dans le livre, rétorqua Malefoy. Et je te l'ai déjà, j'ai pas…
_ Besoin de l'aide d'une sale Sang-De-Bourbe dans mon genre ? interrompit Hermione.
Malefoy s'interrompit. C'était la première fois que ce mot sortait de sa bouche à elle en sa présence, et il perçut presque cela comme une insulte sur sa propre personne, bien qu'il soit Sang-Pur. Maintenant, il comprenait un peu la portée de cette expression.
_ Tu peux ne pas m'écouter, je m'en fiche, à vrai dire. Tu en trouveras dans l'armoire de la serre n°4, si tu veux.
_ Dégage.
_ Je n'avais pas l'intention de rester, la bibliothèque ferme.
Hermione agita sa baguette et tous les livres qu'elle avait apportés s'élevèrent dans les airs. Puis, elle prit son sac, et partit d'un pas chancelant. Furieux d'avoir à la croiser partout où il allait, et d'avoir en plus de cela à lui parler, il laissa ses livres retomber sur la table, attrapa son sac et partit en un coup de vent. Il croisa Pansy Parkinson, qui se mit à piailler autour de lui :
_ Drago, tu viens ? Les premières années doivent déjà être devant la Grande Salle.
Elle lui tendit la main. Le jeune homme s'apprêtait à la suivre… mais…
_ Pars devant, dit-il en bifurquant sur la droite sans lui accorder un regard.
Et sans même attendre sa réponse, le jeune blond sortait du château par la petite porte et prit le chemin des serres. Il n'avait aucune idée de la raison qui le poussait à suivre les conseils de cette fichue Granger, mais elle avait raison : dans la salle commune des Serpentards, l'atmosphère était devenue insoutenable. La serre n°4 était fermée, mais un simple « Alohomora » réussit à la déverrouiller.
_ Lumos, marmonna –t-il en se dirigeant vers la porte de l'armoire.
L'essence de rose était là, au milieu de tous les autres flacons. Il en prit un, et se dépêcha de retourner à la salle commune de Serpentard. La pièce était remplie d'une odeur infecte, et il se dépêcha d'approcher de son chaudron qui bouillonnait furieusement, menaçant, comme Hermione l'avait deviné, de déborder. Il hésita. Lui, un sang-pur, écouter les conseils d'une…
Mais l'heure n'était plus à juger, la potion allait bientôt déborder. Sa main ouvrit la fiole, et il en versa une goutte. Le mélange bouillonna de plus belle, ce qui le rendit furieux. Saleté de Granger ! Elle l'avait roulé dans la farine ! A partir de maintenant, elle pouvait être sûre que…
Ses yeux s'agrandirent de stupeur tout à coup en voyant que la potion s'était calmée, ne débordait plus, et laissait échapper une odeur de rose très agréable. Elle n'avait pas menti, au contraire, elle l'avait aidé, une fois de plus... Pinçant les lèvres, il sortit de la salle commune des Serpentards. Il y avait une foule amassée devant les portes de la Grande Salle. Peu désireux de se joindre à cette foule, il resta en retrait, sachant pertinemment que, de toute façon, Pansy lui garderait une place.
_ Viens Harry ! Dépêche-toi, où toutes les bonnes places seront prises.
C'était le traître à son sang de Weasley, qui était juste derrière lui. Il fonça dans la foule, enjoignant Harry de le suivre. Celui-ci ne prêta pas attention à Malefoy bien qu'il passât près de lui, et chercha à rejoindre Ron. Hermione le suivait de près et se hâtait aussi, mais lorsqu'elle fut près de Malefoy, elle s'arrêta, et leva le nez. Le Serpentard vit ses narines se dilater, et réalisa qu'elle sentait cette odeur de rose qu'il portait encore sur lui. Il regarda la jeune fille, se préparant à lui lancer une réplique cinglante. Mais elle ne le regarda pas, fixant un point invisible dans la foule. Elle sourit, un vrai sourire franc qu'il savait lui être destiné et qu'il n'avait jamais vu apparaître sur son visage, et, toujours sans le regarder, partit rejoindre ses amis.
