Salut à tous !

Comme vous avez pu le constater, les cours ont repris, ce qui laisse un peu moins de temps à l'écriture... Mais bon, je suis en STAPS, je n'ai pas vraiment à me plaindre !

Alors voici le nouveau chapitre. Certes, il ne fait pas vraiment avancer l'histoire mais les transitions sont nécessaires et avec ce que nous réserve la suite, je suis sûr que vous me pardonnerez du manque d'action dans celui-ci ! J'espère faire réagir le shipper Reylo ainsi que le Jedi qui sommeille en vous... ;)

Trêve de plaisanteries, je vous laisse à votre lecture en espérant qu'il vous plaise et que vous me partagez vos retours, toujours aussi génialissimes à lire !

Chapitre 7 : Perfect Grey

À l'intérieur de la montagne d'Alzoc, une vraie fourmilière était en marche. Chacun avait un objectif, et il se devait de l'accomplir. Ça remuait dans tous les sens ! Au niveau du hangar, les éclairs de soudures réalisés sur les engins à moteur effaçaient les traces d'une lutte acharnée laissant une odeur poudrée flotter dans les airs. On chargeait à l'intérieur des coffres de nouvelles armes, on réinitialisait les têtes de tirs et personne ne se plaignait du rythme insoutenable et de la quantité de travail. L'ambiance était presque joviale comme s'ils avaient déjà gagné la guerre. Même BB-8 fonçait dans tous les sens en criant à tue-tête des « bip-bip » incessants, heureux de voir tant de monde.

Le fidèle compagnon de ce droïde se chargeait de donner les ordres à ses camarades. Ses conseils de pilote hors pair étaient précieux et nécessaires. Les connaissances du jeune homme étaient telles qu'on aurait dit celles d'un vieil ermite qui avait passé sa vie en guerre, à essuyer les tirs et à faire des loopings dans un X-Wing. Poe était vitale à la Résistance, il ne manquait d'aucun cran et s'il le fallait, il était prêt à foncer tête la première pour défendre ceux en quoi il croyait. Ainsi, il voulait être au premier loge pour admirer le Premier Ordre tomber de toute part. Il espérait profondément que la haine qu'il avait au fond du cœur pour son ennemi se ferait ressentir dans chacun des habitants de cette galaxie après qu'ils aient entendu leur message. La rébellion devait faire rage, et même si tout cela allait être un chaos total, il n'équivaudrait jamais aux les litres de sangs versés par ses compagnons déchus.

Du côté du centre, l'ambiance était un peu plus sérieuse qu'au sous-sol. Chacun s'affairait minutieusement à sa tâche : certains se devaient de répertorier les planètes possédant des écrans de diffusion afin d'évaluer l'ampleur de leur attaque, d'autres s'occupaient du texte qui devait être court et devait avoir l'effet d'une bombe, tandis qu'une poignée de techniciens étudiaient les systèmes du Premier Ordre dans l'espoir de trouver une faille qui serait un avantage lourd en conséquence en matière de temps. Ainsi étaient régis les écrans : le centre de diffusion était localisé sur une planète de la bordure médiane nommée Kalaan où le sol était jonché de cratères après l'attaque de l'Empire à l'époque de Palpatine. Ils y avait installé moult bases et prisons et même à ce jour, ils contrôlaient encore les lieux. Plusieurs Résistants devaient alors s'insérer dans une des bases pour introduire dans un ordinateur de contrôle, une puce contenant le message. La mission était dangereuse mais pas impossible. Et la Résistance s'était presque habitué au danger, côtoyé tant de fois ces derniers temps.

Plongée dans un sommeil profond, Rose semblait heureuse et reposée. À ses côtés était assis Finn, enclin à des émotions bien différentes des siennes. À peine avait-il retrouvé sa camarade de Jakku, qu'il l'avait perdu aussitôt, quant à Rose, elle restait endormie gardant le même sourire qu'elle avait eu après leur baiser, c'était insupportable. Il lui attrapa la main et lorsqu'il baissa la tête, il laissa échapper quelques mots :

« Mais réveilles-toi bon sang... »

Le rythme des battements de son cœur restait inexorablement les mêmes.

Outre ce son cyclique, le calme de la pièce eut l'effet de plonger Finn dans ses pensées. Il se rappela de la dernière fois qu'il avait parlé avec Rose et des derniers mots qu'elle avait prononcé : « Nous ne gagnerons pas en se battant contre ceux qu'on hait, mais en sauvant ceux qu'on aime ». Il avait songé à de nombreuses fois à leur signification et ceux qu'ils engendraient. Il avait fini par en conclure qu'elle avait peut-être raison. Mais la voir ainsi, le corps animé uniquement par les battements de son cœur, lui donnait envie de frapper de toutes ses forces quiconque était responsable de sa condition.

L'instant d'après, ses pensées allaient vers Rey. Il n'osait pas imaginer dans quelles conditions son amie était retenue et surtout comment elle survivrait à tout ça, peu importe à quel point elle était forte. Puis il songea à leur plan de diffusion et à l'impact qu'il allait avoir sur les populations, sur le Premier Ordre... Sur Rey. Qu'allait-il advenir de la jeune femme quand le message aura été transmis ? Elle qui courait déjà un danger immense en étant prise au piège depuis maintenant 4 jours. Cela signerait son arrêt de mort. Angoissé à l'idée que ce plan est une répercussion non souhaitée, il se dirigea de vive pas rejoindre le reste des Résistants, les alerter des probables contrecoups. Il décida pour le moment, de sauver ce qu'il aimait.


Dans une autre pièce plus intime, Leia était en compagnie de Maz Kanata qui avait accepté de les rejoindre après que son aide fut implorée. Entre deux discussions au sujet de la mise en exécution du plan, celle-ci changea de ton, ce qui intrigua la générale. Elle avait l'air d'avoir quelque chose d'important à transmettre mais un sentiment indéterminé la bloquait.

« Quelque chose à changer au sein de la Force... »

Leia soupira.

« Il l'a enlevé... Je m'en veux tellement. Elle avait toujours l'espoir de le récupérer. Je ne sais plus si j'ai encore la force d'y croire... » répondit tristement l'altesse planétaire.

« Non, non, ce n'est pas cela. C'est plus comme... une sorte de fluctuation qui tente de rééquilibrer le tout, encore et encore. Ce n'est pas très net mais quelque chose est en train de se passer, des deux côtés. » dit-elle convaincue de ces mots à la signification plus que mystérieuse.

Bien qu'âgée de 1000 ans, Maz n'avait jamais voulu devenir Jedi, elle préférait utiliser la Force pour se prémunir du danger. Elle vivait des jours tranquilles dans son château sur Takodana, habité par toutes sortes d'individus : brigands, voleurs, contrebandiers et voyageurs venus de nulle part, mais c'était avant que Kylo Ren arrive avec sa troupe de Stormtrooper, réduisant en ruine tout ce qui se trouvait sur leur passage.
Malgré cela, elle ne s'était pas fermé à la Force et en ressentait parfaitement tous les conflits.

Après avoir avoué ce qui l'agitait, Maz vit les yeux de Leia se lever vers elle, une lueur traversant son regard ainsi qu'une larme, glissant sans défense le long de sa joue marquée par les rides des jours sombres qu'elle avait traversés.

« Cela me rappelle ce que j'avais jadis lu dans un journal Jedi et qui m'avait longtemps intrigué. » poursuivit Maz.

« Que contait-il ? » demanda Leia curieuse.

« Il disait :

D'abord vient le jour

Puis vient la nuit.

Après l'obscurité,

Surgis la lumière.

La différence, disent-ils,

Ne s'équilibre que

Dans le gris parfait

Que perçoivent les Jedi. »

Troublées par ce texte pacifique, elles se muèrent dans un silence qui faisait bien trop écho.


Il devait être approximativement 4h du matin quand la voix de Rey, criant, fit sortir Ben de son sommeil sans doute léger. Ce dernier se précipita dans la chambre d'où émanaient les bruits. Rentrant en trombe, il y trouva Rey assise parterre, adossée au lit, les genoux recroquevillés et le visage enfouis entre ses mains, tremblante. Un cauchemar était surement la cause de son ennui. Mais comment réconforter quelqu'un quand lui-même ne savait gérer ces moments post-cauchemardesque ? Il marcha alors doucement vers elle pour venir s'asseoir, dans la même position, à ses côtés.

Elle leva alors la tête.
Ce fut la seconde fois qu'elle le voyait vêtue uniquement d'un t-shirt, ce qui laissait apparaître sa peau et ses bras musclés. Ses joues humides se mirent à rougir à cette vision.
Elle essuya ses larmes d'un revers de manche n'aimant pas se montrer si faible devant quelqu'un, surtout quand ce quelqu'un s'avère être le Suprême Leader.

« Tu as fait un cauchemar ? » demanda-t-il.

Elle hocha la tête en détournant son visage, presque gênée : « Ce n'était rien. »
Or, Rey ne pouvait dire si ce qu'elle avait vu était bien le fruit de son imagination perturbée ou véritablement ce qui les attendait prochainement. Son rêve lui décrivait une scène apocalyptique, où la neige blanche était inondée de sang, où les corps au sol étaient plus nombreux que les arbres, où le Premier Ordre et la Résistance n'étaient plus que deux camps s'entretuant jusqu'à ce qu'il ne reste aucun homme aussi sain d'esprit que physiquement. L'image était dure à refouler tant elle paraissait réelle.

« J'en fais moi aussi. » avoua-t-il pour la rassurer.

Cela sembla presque choquer Rey. Puis finalement, cette vérité -aussi triste soit elle- la rassura. Il était assez facile de deviner par quoi ou plutôt par qui était hanté Ben la nuit. Cela avait le mérite de démontrer qu'il éprouvait bien des remords.

« J'avoue que je préférerais rêver de Chewbacca mettant une raclée à Hux. » lança-t-il dans le but de faire rigoler la jeune femme et cela eût son effet. « Tu imagines ? Hux pendu par les pieds avec Chewie criant « Huuuuuuurhg » » imita-t-il en mimant la scène.

Le rire de Rey éclata suite à l'imitation clownesque voire presque enfantine de Ben, remplissant la chambre d'une atmosphère légère et agréable. Un grand sourire suivit d'un rire étouffé se dessina aussi sur les lèvres de Ben. On pouvait même apercevoir l'éclat de ses dents blanches, ce qui était rare.

Enfaite, il a toujours apprécié Chewbacca, même si ce dernier n'avait pas hésité à lui coller un tir d'arbalète en plein ventre. Or, il était extrêmement jaloux de la relation qu'il entretenait avec Han. En effet, la plupart du temps, Ben s'amusait à penser que son père préférait de loin son compagnon plein de poils plutôt que sa propre chair.
Après quelques secondes de ricanements communs, Rey parla enfin :

« C'est la première fois que je te vois sourire... » se rendit-elle compte.

Un nouveau plissement de lèvre, plus fin, apparut alors. Il baissa la tête comme intimidé ou... triste. La dernière fois qu'il avait rit de bon cœur remontait à bien longtemps. Des souvenirs d'enfance rejaillirent, il se souvint du temps passé aux côtés des autres Padawan où il s'amusait innocemment avec la force.
Mettant un terme à ces douloureuses images, il déclara :

« Essaye de te rendormir, veux-tu. Tu as besoin de repos pour demain. »

À l'idée de se retrouver seule, Rey ne put s'empêcher de lâcher un « non » presque catégorique et le retint en l'agrippant par le bras quand il mêla le geste à la parole. Mais gênée, elle n'osait lui demander de rester. Elle priait pour qu'il puisse lire dans ses pensées mais la peur d'être seule ou bien l'envie qu'il demeure à ses côtés était assez grande pour qu'elle ose lui réclamer :

« Peux-tu.. ? » commença-t-elle.

Il savait bien ce qu'elle souhaitait car lui aussi détestait la solitude après un mauvais rêve. Il acquiesça alors d'un léger hochement de tête et d'un mince sourire gêné.

Il se leva puis aida Rey à se mettre sur ses jambes à son tour et ils vinrent s'allonger sous les draps, tous les deux un peu mal à l'aise. Les lumières s'éteignirent comme par magie, laissant la spontanéité guider leurs mouvements. Chaque geste était lent et attendait la réponse de l'autre pour agir complètement. Puis chacun vint trouver un instant de paix et de calme, stoppant tout gestuel. Au creux de l'obscurité régnait un semblant de tranquillité animée par deux corps respirant paisiblement à l'unisson.

Tous les deux positionnés sur le côté, sa main sur son torse, son bras recouvrant ses maigres épaules, corps contre corps, face à face, souffle après souffle, ils n'eurent aucun mal à sombrer dans un sommeil profond et calme, même s'ils auraient presque souhaité ne jamais s'endormir tant toute la souffrance du monde s'était évaporé le temps d'un soupire...