Chapitre 12 : Bella Ciao

8h24

C'est parfois en perdant une bataille, qu'on trouve une nouvelle manière de gagner la guerre. Et la Résistance avait le mérite d'avoir trouvé la lumière qui éclairerait le chemin vers la paix. Cette paix que tout le monde espérait inexorablement, sans relâche. Au travers des années de combats, de lutte acharnée, l'heure avait sonné. Plus que jamais, il était temps de faire face à la bête noire qui, depuis trop longtemps, avait déposé de son fer rouge, une marque obscure sur l'étendue étoilée que formait la galaxie.

Ce matin-là, les esprits habitant le cœur de la montagne d'Alzoc s'étaient réveillés sans ne s'être jamais réellement endormi. Au sein des rangs de la salle commune où tout le monde déjeunait, il n'était pas de bon augure que d'évoquer les possibles issus qu'offrait la fin de cette journée. Chacun s'était disposé à agir comme n'importe quel soldat digne et fidèle l'aurait fait. Alors on énumérait tout ce qui pouvait apporter un peu plus d'espoir et de gaieté : certains s'amusaient même à imaginer qui de ses compagnons abattrait le plus de stormtrooper. Mais leurs rires finissaient toujours par s'atténuer à mesure que leurs pensées prenaient une allure trop réelle.

10h00

C'est parfaitement alignés qu'ils écoutaient religieusement les consignes données. On leur communiqua les différents horaires où auront lieu les récapitulatifs pour les soldats à terre, aériens et les autres appuis. Chaque personne présente avait un rôle majeur à jouer dans cette bataille décisive. Plus que leur vie, c'est le destin de milliards de personnes qui étaient mis à prix. Or, ils gardaient tous en tête que quelqu'un, parmi eux, avait un rôle plus grand, qui les dépassait totalement.

Ils avaient retenu les horaires, les lieux, les gestes mais ils ne savaient pas encore quand exactement devaient-ils se tenir près. Etait-ce dans quelques heures ? Quelques jours ? Combien de temps leur restait-il exactement avant que la mort ne vienne arracher leurs compagnons ?

« D'après nos calculs, le Premier Ordre devrait arriver dans une dizaine d'heures. Nous pensons qu'ils n'ont pas encore totalement fini d'extrader leurs dernières troupes. Ce qui nous laisse amplement le temps de nous mettre en place. Les enfants et les personnes inaptes à combattre seront évacués vers une planète voisine avant l'assaut. Alors à vos rangs messieurs et que la force soit avec vous. » à peine le Général avait-il fini qu'il tourna les talons rejoindre son poste.

Plusieurs voix s'élevèrent dans un chuchotement révélateur des questionnements les alourdissant. Le manque d'exactitude apportait son lot d'inquiétude au sein des troupes, et les plus fragiles en devenaient la proie facile. 10h, voilà tout ce qui leur restait de temps pour s'apprêter à gagner la guerre.

11h21

Les soldats à terre avaient de la chance d'avoir comme leader le Capitaine Dart. Fière et droit, le crâne aussi brillant que ses yeux pouvaient être sombres, il avait déjà conduit pas mal de batailles mais jamais une si importante. Cependant, il parvenait à rester de marbre. De toute évidence, c'était un homme qui savait parfaitement comment il souhaitait mener son combat. Ainsi, ses ordres étaient stricts et clairs, et aucuns résistant ne levaient le bras pour demander à ce qu'elles soient répétées.

« Messieurs, vous êtes les hommes les plus courageux de toute cette armée. Et savez-vous pourquoi ? Car vous allez devoir faire face à l'ennemi, les yeux dans les yeux. Vous ne pourrez vous cacher derrière aucune paroi de vaisseau, derrière aucun autre homme. Seul votre blaster vous sera entièrement fidèle et surtout votre seul moyen de défense. Elle n'obéira qu'à vous. Et elle obéira dans un unique but : abattre l'ennemi, jusqu'au dernier. Et jusqu'à un homme précisément : le Suprême Leader. »

Les soldats continuaient d'écouter les paroles de leur mentor tout en sachant qu'ils n'étaient pas de leur devoir ni de leur ressort de tuer le mal en son cœur. Cependant, ils mettraient tout en œuvre pour exécuter les ordres de celui qui leur avait tout appris depuis leur arrivée sur Alzoc.

13h04

Après avoir rassemblé la totalité des pilotes, le meilleur d'entre eux avait entamé son discours d'avant-combat. Une dernière fois, il devait leur expliquer et éclaircir les derniers points stratégiques que constituaient les techniques et les petites astuces qu'il avait acquise au cours de ces dernières années passées auprès de la Résistance. C'est presque ému qu'il leur confia tout l'espoir qu'il portait. Voir de si nombreuses têtes au sein des rangs avait ravivé la flamme qui s'était éteinte après la perte de tous ses compagnons lors de leur fuite. Poe était alors soulagé de n'avoir plus à s'échapper. Et il savait qu'il devait remercier Rey pour cela.

Proche de la générale, il avait la vive impression que son retour avait bouleversé les lignes directrices qui constituaient l'avenir. Jamais il ne s'était senti aussi proche de la victoire. Il était prêt à livrer bataille jusqu'à ce qu'il ne reste rien du Premier Ordre. Bien sûr, l'idée du prix à payer persistait dans un coin de sa tête comme un parasite qui ne voulait le laisser en paix, mais il devait faire avec. On ne pouvait gagner une guerre avec des sentiments...

14h56

Perdus autour de tant d'agitations, les droïdes étaient mis à rude épreuve. Poe ordonnait à BB-8 d'amener plusieurs pièces mécaniques afin d'améliorer la propulsion d'un des vaisseaux. C-3PO était au bord du court-circuitage à cause de toutes les informations qu'ils devaient traiter : chaque personne passant près de lui offrait au droïde de protocole un lot gastronomique d'ordre à exécuter. Agacé par autant de mouvement, il régurgitait son mal-être à son fidèle ami R2-D2. Ce dernier était si amusé de voir son compagnon dans une telle panique que plusieurs bips-bips se firent entendre bien que très peu audible à travers l'affolement.

« Ça ne m'amuse pas du tout, R2 ! Ton aide serait la bienvenue. »

C-3PO vit BB-8 traversé la pièce, portant à bout de bras un supino-propano-réacteur de dernière génération beaucoup trop lourd pour sa petite envergure sphérique.

« Tu vois : BB-8, lui, il participe ! »

A peine avait-il finit sa phrase que le droïde astromech finit sa course folle dans le mur après avoir évité deux ou trois personnes. R2-D2 se moqua gentiment de lui avant de voir C-3PO le fixer sans bouger, signe de son agacement qui était dorénavant à son apogée. Il se ravisa alors de continuer à le narguer. La Générale Organa interrompit la scène, ce qui arrangea bien R2.

« R2 j'ai besoin de ton aide. Il faut que tu trouves Rey, cela fait un moment que nous ne l'avons pas vu. Une fois que tu l'auras trouvé, dit-lui qu'elle vienne me voir, j'ai à lui parler. » ordonna-t-elle.

Le droïde ne perdit pas une seconde avant de filer fièrement de la pièce sous les mouvements incrédules de C-3PO.

15h18

Rey s'était isolée dans une pièce abandonnée qu'elle avait trouvée lors de sa matinée d'errance. C'était une grande salle très sombre, seulement éclairé par les crépitements des lampes à l'huile postés de part et d'autre. Assise sur ce qui semblait être le vestige d'un ancien fauteuil, elle avait pris le temps de songer à ce qu'avait pu abriter cet endroit : peut-être était-ce juste un local où ils conservaient des provisions. Qu'importe. Ce qui la frappa réellement fut la similitude qu'avait ce lieu avec la salle d'entraînement où elle avait sué pendant de nombreuses heures aux côtés de Kylo.

Comme cherchant à faire remonter le temps, elle puisait dans ses souvenirs pour ressentir à nouveau son regard posé sur elle, la peau humide de son adversaire contre la sienne et leurs souffles saccadés s'harmonisant au rythme des entrechoquements de leur sabre laser.
Les yeux rivés sur celui que Ben lui avait donné, Rey sentait au fond de sa poitrine une sensation inconnu qu'elle ne maîtrisait pas et qui lui faisait presque peur. Elle sentait qu'elle ne pouvait ni le contrôler ni le résorber. Ce sentiment coincé dans sa poitrine demandait à être assouvi mais Rey n'avait pas la moindre idée de comment faire taire ce qui hurlait au fond d'elle. Un long frisson indicible parcourra son être. Elle ne le savait sans doute guère, mais elle mourrait d'une envie féroce et bientôt, elle ne pourrait qu'y céder.

Guidée par le fil de ses envies, elle prit une grande respiration et ferma ses yeux en amande. Ses sourcils se froncèrent signent de sa concentration. Le temps lui sembla beaucoup trop long. Elle cherchait désespéramment à renouer avec l'homme auquel elle était liée, mais absolument rien ne se passa. C'était comme brasser de l'air, plus rien n'était à sa portée.

Lorsqu'elle abandonna, usée par des efforts inutiles, une vague d'angoisse l'encercla. Elle eut l'étrange impression que le fil connecteur qui les reliait existait toujours mais qu'il n'était plus sous son contrôle. En proie à la confusion, elle se souvint qu'elle l'avait laissé, seul, dans un nuage de fumée et de poussière. Elle avait rejoint la Résistance au détriment de Ben, et cela commençait à la ronger jusqu'à l'os. Elle sentait que quelque chose d'autre l'appelait, l'attirait, et elle avait littéralement besoin d'y succomber.

R2-D2 fit une entrée fracassante dans la salle obscure où Rey s'était dérobée. Elle sursauta de son intrusion imprévue et s'approcha du droïde, intrigué. Dès lors, R2 ne prit pas la peine de saluer la jeune femme et lui livra aussitôt le message de la Générale.

Une fois informée, Rey baissa les yeux et soupira à l'idée qu'elle devait retourner dans cette atmosphère si anxiogène. Qui était-elle avant que la galaxie ne lui dise qui elle était supposé être ?

15h32

Accompagnée du droïde bleu et blanc, Rey fit sa première apparition dans la salle de commandement depuis qu'elle l'avait quitté brutalement après un échange plus que désagréable avec le Capitaine Dart. Par chance, ce dernier n'était pas présent au moment où elle pénétra dans la pièce.

Or, Finn, lui, était bien là. Il était dur pour Rey de le regarder dans le blanc des yeux sans de la proie du remord. Elle avait délaissé son ami pour d'autres soucis et ne pouvait que sentir de la honte face à lui. De plus, la jeune femme détestait mentir, surtout au rare proche qui l'entourait. Elle détourna alors le regard et tenta de ne porter uniquement son intention sur ce que Leia avait à lui dire.

Attristé par le comportement de son amie, Finn sentait qu'un gouffre immense se formait au fur et à mesure entre eux et cela devenait insupportable. Lorsqu'elle fuit lâchement ses prunelles sombres, il tenta de lire sur elle ce qui la tiraillait. Cependant, tout ce qu'il vit fut le sabre laser qu'elle avait rapporté de son séjour au Premier Ordre, pendant à sa ceinture. Il y avait tant de choses qu'il ne comprenait pas dans cette histoire, tant de mystères que personne ne prenait la peine de lui expliquer. D'où venait ce sabre ? Pourquoi Rey agissait-elle ainsi avec lui ?

A l'autre bout de la salle, les deux femmes majeures de cette guerre discutaient calmement. Leia tenait à partager leur stratégie militaire avec Rey afin d'avoir son avis. Bien que cette dernière n'ait jamais réellement connu d'aussi grande bataille, le sentiment pur et neutre d'une jeune Jedi était le bienvenue dans l'agitation du moment.

Au fil des paroles, Rey remarqua que Leia l'observait avec soutenance. Elle avait presque l'impression que cette dernière n'écoutait pas vraiment le sens de ses phrases, trop concentrée à défigurer la jeune femme, un sourire au bout des lèvres. Peut-être que finalement, tout cela n'était qu'un prétexte pour partager encore un instant avant que la bataille ne débute et vienne imposer son destin tragique.

16h17

Ce qui faisait la particularité de la salle de commandement était sa grande baie vitrée qui plongeait sur l'immense hangar où tous les vaisseaux étaient rangés. Autour d'eux, des centaines de personnes s'attardaient sur des réparations de dernières minutes.

Au centre de tout ce petit monde, se trouvait un jeune homme d'une vingtaine d'années. Il se tenait là, perdu, horriblement perdu. Réalisant ce qui se passait autour de lui, il cherchait frénétiquement où était sa place et qu'était son rôle dans toute cette histoire. Des milliards de questions vinrent le toucher jusqu'à le mettre à bout. Son crâne bouillonnait, à la limite de l'explosion. Plus les secondes passaient, et plus la réalité s'écartait laissant place à une anxiété traumatique. Il tenta de réguler son souffle afin de reprendre ses esprits mais réalisa bien vite que ses poumons ne laissaient plus aucun atome d'oxygène pénétrer à l'intérieur. Terrorisé, il regarda ses mains tremblantes hystériquement. Toutes les paroles du Capitaine Dart se rembobinaient dans son esprit et tout ce qu'il imaginait, c'était son corps, meurtri, sans vie, au milieu de centaines d'autres.

Il n'y avait qu'une seule solution : il devait s'échapper de cet endroit. Partir avant qu'il ne soit trop tard. Ou bien il se condamnait à une mort quasi certaine. Il était bien trop jeune pour quitter la galaxie, la souffrance lui semblait bien trop insurmontable. Il n'avait plus la force de lutter et laissa alors sa peur prendre le contrôle.

A grandes enjambées, il s'approcha du poste commandant l'ouverture électronique et magnétique de l'énorme porte blindée peinte en blanche pour dissimuler leur position au cœur de la chaîne de montagnes qui traversait l'est d'Alzoc. Sans une once d'hésitation, il tapa son poing contre le bouton rouge et enclencha l'ouverture de la porte.

Dans la salle de commandement, Finn avait observé toute la scène, intrigué. Lorsqu'il vit le jeune approcher les commandes, il n'en croyait pas ses yeux. Eberlué, il resta la bouche ouverte sans dire un mot. Le mot « déserteur » tournait en boucle dans sa tête et la seule pensée de Rose suffit à le muet dans son silence. Les sirènes mises en marche dès l'ouverture de la porte prirent la parole à sa place.
Lorsque plusieurs résistants comprirent la source du problème, ils accoururent pour retenir le jeune homme qui marchait déjà vers le froid et la neige.

« QUE PERSONNE NE SORTE. » ordonna de sa voix rauque le Capitaine Dart.

Finn, Leia, Rey et toutes les autres personnes présentes à l'étage avaient observé la scène.

« Mais où il va ?! Il va mourir de froid avec ce vent glacial. » commenta Finn.

Sans qu'ils s'en rendent compte, Rey avait quitté la pièce et dévalait les escaliers vers la sortie à la poursuite du déserteur. Toutes ses actions avaient été faites dans un élan de spontanéité. Elle savait que seule elle pouvait sortir de la montagne sans n'avoir à craindre aucune sanction. Personne n'aurait osé la réprimander. Excepté le Capitaine Dart qui n'allait pas se retenir de lui en toucher deux mots, mais qu'importe, il la détestait déjà de toute manière.

Les yeux des résistants étaient rivés sur la Jedi qui prenait le même chemin que le précédent sortant.

Il était sans dire que Dart était rouge de rage. S'il y avait bien une chose qu'il détestait en tant que Capitaine, c'était qu'on désobéisse à ses ordres, qui plus est devant tous ses hommes.

16h30

Le bruit de ses pas dans la neige était des plus agréables. Courir au travers des sapins enneigés lui faisait un bien fou. Loin du bruit et de l'agitation, elle profitait de ce court moment de paix. Une fois arrivé à la hauteur du jeune homme, ce dernier arrêta sa course folle, ses poumons demandant à ce qu'il régule ses efforts. Dès lors, Rey vit dans ses yeux tout le conflit qui y faisait rage. Il aurait été facile d'utiliser la Force pour le faire rentrer. Mais là, au beau milieu de la forêt, elle se devait d'aider cet inconnu qui avait quasiment son âge.

« Où tu crois aller comme ça ? Il fait si chaud que ça à l'intérieur pour tu aies une soudaine envie de prendre l'air ? » dit Rey avec un brin d'humour pour alléger la situation.

« J'peux pas... J'peux pas... » répétait-il frénétiquement.

Il s'adossa alors à la souche d'un arbre et agrippa ses cheveux à travers ses doigts. Il tentait de les arracher pour faire disparaître le tambourinement dans sa tête, mais aucune de ses actions ne calmait son hystérie. Rey s'accroupit à sa hauteur et tenta de le calmer par tous les moyens possibles. Elle voyant bien ce qui rendait fou cette homme : l'idée de la mort. S'il y a bien une chose sur laquelle s'accordaient tous les êtres humains, c'est la mort. Celle-ci est redoutable, imprévisible et surtout inaliénable. On ne peut la défier ou bien la tromper. Elle est notre point final à tous. Et ce jeune garçon n'avait agi que par instinct de survie, rien d'autre.

« Respire calmement. »

Il s'exécuta et peu à peu réalisa dans quel genre de situation il s'était empêtré.

« Je ne peux pas y retourner. Je ne suis pas prêt. Quand je suis arrivé ici, je ne m'attendais pas à ce que quatre jours plus tard on m'emmène me battre. » avoua-t-il.

« Ce n'est pas grave. Ce que tu ressens est tout à fait normal. Moi aussi je suis effrayée. » avoua-t-elle.

« Vraiment ? » demanda-t-il en levant les yeux vers elle comme si l'idée qu'une Jedi puisse avoir peur était inconcevable.

« Absolument morte de peur, mais on l'est tous. Et personne ne t'enverra te battre contre ton gré. » elle marqua une courte pause le temps de réfléchir. « On m'a dit qu'un vaisseau partait bientôt pour emmener les enfants et les blessés, tu iras avec eux, d'accord ? »

Comme seule réponse, le garçon hocha la tête.
Ainsi, ils rentrèrent tous les deux, collés l'un contre l'autre pour lutter contre le vent glacial qui leur faisait face. Rey serait probablement resté plus longtemps si seulement elle n'avait pas un rôle à endosser.

Dès lors, qu'ils furent rentrés à l'intérieur de la montagne, la porte se referma et Rey la regarda descendre petit à petit jusqu'à ce que la lumière naturelle disparaisse totalement. Expirant vivement, elle se dirigea vers le résistant le plus proche et lui demanda d'accompagner le jeune homme dans la navette qui allait bientôt partir. Le garçon la regarda une dernière fois, les traits du visage encore tirés, et la remercia.

Rey resta inerte quelques secondes puis tourna la tête en sentant quelqu'un l'épier. Elle porta son regard vers le Capitaine Dart qui était prostré en bas des marches, l'air mécontent. Rey savait qu'elle allait passer un mauvais quart d'heure mais la confrontation était inévitable. Elle aurait préféré dire au revoir une dernière fois à son amie Pomme qui allait elle aussi partir. Elle se réconforta alors en se disant qu'elle la reverrait bientôt, sûrement dans de meilleures conditions.

Ainsi, elle s'approcha du Capitaine, l'air hautain, se tenant droite et ferme en signe de confrontation.

« Vous comptez faire ça ici ? » dit-elle le sourire en coin.

En effet, elle savait pertinemment que si le Capitaine déversait son flot d'énervement devant la totalité des résistants, sa popularité baisserait en flèche à coup sûr. Rey étant devenue la petite protégée de la Résistance.

Il ne répondit rien à sa remarque prétendait réagir de la manière la plus intelligente qui soit et tourna les talons vers le couloir. Rey le suivit alors, non sans soupirer assez fortement pour que son mécontentement soit audible.

17h15

« Vous vous croyez maline, mademoiselle Rey ?! »

« Pas du tout, j'ai fais ce que n'importe qui aurait fait. » dit-elle tentant de garder son calme.

« Mais vous ne voyez donc pas l'erreur que vous venez de commettre ? A quelques heures du combat, vous vous permettez de dispenser un soldat de se battre. Qu'est-ce que les autres vont penser, hein ? Qu'il est tout à fait possible de se résigner à combattre ? »

« Mais il avait à peine 20 ans ! Il était paniqué. Vous comptiez le laisser dehors jusqu'à ce qu'il mort de froid ? »

« Evidemment que non. Or, votre statut de « Jedi » ne vous donne pas l'accréditer de faire ce qui vous chante avec MES hommes ! »

La conversion prenait une tournure des plus mauvaises. La rage pouvait se lire à merveille sur le visage de l'un comme de l'autre. La guerre avait la fâcheuse habitude de retourner les esprits, terrasser la bonté pour ne faire place qu'à la violence.

Ils s'étaient isolés dans une pièce à l'abri de tout regard et toute oreille curieuse, là où ils pourraient l'un comme l'autre, laisser retomber toute la pression accumulée.

« Vous ne connaissez rien de la guerre, vous êtes juste bonne à piller et troquer. Les Jedi ont toujours prouvé qu'ils étaient trop instable, trop capricieux. »

Le ton de la voix du Capitaine était redevenu calme mais il transpirait de remord et de haine. Rey le regardait les yeux dans les yeux, ne voulant quitter son regard pour ne pas paraître faible. Or les mots qu'il avait prononcé n'avaient rien apaisé au fond d'elle, bien au contraire.

Au moment où elle voulut rétorquer, une violente explosion se fit ressentir sous leurs pieds. C'était toute la montagne qui s'ébranlait. Le vacarme qui en suivit ne laissait plus aucun doute sur la nature du conflit : le Premier Ordre venait d'arriver.

Dart maudit Rey de lui avoir fait perdre un temps aussi précieux. Tentant de rattraper les minutes qu'il avait perdu, il la laissa seule et courut rejoindre ses troupes en jurant.

Rey, elle, resta plantée là, au milieu de la pièce. Elle n'avait jamais eu aussi peur de toute sa vie. Dorénavant, elle comprenait que plus on tenait à des personnes, plus on souffrait par peur de les perdre.

Reprenant son courage à deux mains, elle suivit les traces du Capitaine pour arriver à nouveau près de la porte de sortie. Le temps qu'elle fasse le chemin, les X-wings avaient déjà pris leur envole et les résistants à terre s'étaient déjà mis en place derrière la plaque de protection aménagée pour se protéger des tirs ennemis. Bien que prit à court, le Premier Ordre étant arrivés trois heures plus tôt que prévu, les Résistants étaient disposés à riposter.

Lorsque Rey fut sortie de la montagne, elle avait découvert avec effroi ce qui était la cause de l'explosion : des TIE étaient arrivés au moment où le transporteur exfiltrant les enfants, les blessés et les malades avait quitté la base. Le crash ne leur avait laissé aucune chance. Le combat n'avait même pas commencé, que la Résistance déplorait déjà de nombreuses pertes. Dans cette seule action, on pouvait admirer toute l'ampleur de la cruauté du Premier Ordre. A quel point il était misérable d'abattre des personnes sans défense.

Le cœur de Rey battait si fortement, qu'il était prêt à bondir de sa poitrine. Et plus ses pas se faisaient rapides, plus ses battements se rapprochaient. Elle s'aventurait dans la ligne de mire de l'ennemi et ne prenait guère en compte les recommandations de se mettre à l'abri. Tout ce qu'elle souhaitait, c'était secourir ceux qui étaient tombés du ciel. Seulement, Rey n'acceptait pas la probabilité qu'ils aient rejoint ce ciel pour toujours. Elle pensa au jeune homme qu'elle avait aidé il y avait si peu de temps et surtout à Pomme, cette enfant en qui elle s'était retrouvé. D'ailleurs, la partie supérieure de ses cheveux étaient toujours réunis en une tresse parfaite, laissant le reste flotté sauvagement au vent.

Plus elle s'approchait du vaisseau en feu et plus elle pouvait entrevoir les corps gisant au sol de çà de là. Cependant son regard restait fixé sur une unique silhouette: celle d'une petite fille. Lorsqu'elle n'eut plus la force de poser un pied devant l'autre pour voir se dessiner davantage les boucles blondes tâchées de sang, un cri d'effroi incontrôlé sortit de sa gorge. Elle détourna le regard, ne pouvant plus supporter l'image de Pomme. Le froid qu'il faisait à l'extérieur n'était rien comparé à la brûlure qu'elle ressentait à l'intérieur.

Pendant ce temps, les navettes du Premier Ordre larguait leurs centaines de stormtrooper sur le champ de bataille. Le temps qu'ils parcourent les centaines de mètres, Finn en profita pour agripper Rey, encore sous le choc, dans le but de l'amener derrière les plaques de protection. Il la fit asseoir par-terre, s'accroupissant à sa hauteur, il prit son visage entre ses mains. Ses yeux étaient remplis d'effroi et Finn avait beau la secouer, son esprit semblait avoir coupé les ponts avec la réalité, n'en pouvant plus d'avoir à traiter tant d'horreurs. Elle finit par revenir à elle, soulageant le pauvre Finn au passage.

Brusquement, Rey étreignit son ami de toutes ses forces, ses doigts le serrant autant qu'elle le pouvait. Leur étreinte dura longtemps, assez longtemps pour qu'ils puissent apprécier la présence de l'autre. Mutuellement, ils se donnaient du courage pour affronter ce qui allait leur arriver.

Au loin, les silhouettes des stormtrooper se faisaient plus nettes encore et un homme vêtu de noir et d'un casque tout aussi sombre menait la marche.

Instinctivement, Rey et Finn se décollèrent l'un de l'autre et se firent face un instant.

« Fais-moi une faveur, ne meurt pas aujourd'hui. » dit Finn sans pouvoir dissimuler son fidèle sourire.

« Pourvu que la bataille ne dure pas jusqu'à demain. » plaisanta Rey.

Un résistant annonça l'arrivée imminente de Kylo Ren et des troupes. Dès lors, le Capitaine Dart ordonna à ses hommes de se parer à ouvrir le feu.

Vêtue de sa veste bleue royale, Rey se pris une grande inspiration, se leva, sortant des tranchées et se révélant au grand jour. Finn ne comprenait pas ce qu'il était en train de se passer :

« Rey ! Qu'est-ce que tu fais, Rey ! »

Il regarda dépourvu son amie marcher calmement vers les troupes de la mort et s'arrêter à une centaine de mètres d'eux.

Un hurlement clair et cristallin fendit l'air frais de la montagne et eut pour effet d'immobiliser résistants comme stormtroopers. Tout le monde retint son souffle face à la scène qui se déroulait au centre de la plaine enneigée.

« BEN ! »


Yoooo !

Par pitié ne m'en voulait pas trop d'avoir mis autant de temps à écrire ce chapitre... Mais ce n'est malheureusement pas toujours facile.

D'ailleurs, pour l'écrire, j'ai relu ma fiction depuis le début et mon dieu, qu'est-ce qui vous a fait rester ?! Je suis vraiment honteuse d'avoir écrit autant de fautes. Et puis clairement, avant le chapitre 7, l'écriture est franchement pas tip-top. J'ai donc décidé pendant les vacances de faire une version 2.0 !

Revenons à nos moutons, j'ai véritablement besoin de connaître votre avis pour la suite. Selon vous, que va-t-il se passer ? Mais surtout qu'aimerez-vous qu'il se passe ?

N'oubliez pas que vos reviews sont ma seule satisfaction !

Petit clin d'oeil à La Casa de Papel avec le titre de ce chapitre, je trouvais que ça collait merveilleusement bien avec le fond de ma pensée.

Encore merci à tous, vous n'imaginez pas à quel point je suis heureuse de vous lire à chaque chapitre.

Léa