Saluuuut tout le monde !

J'espère que vous ne me haïssez pas trop... Mais j'ai tout un tas d'excuses pour expliquer cet -immense- retard. Tout d'abord, j'ai passé tous mes partiels (c'est quand même une bonne excuse ça, non?), TLJ est sorti en novelization j'étais forcément obligé de le dévorer pour concocter un bon chapitre, Infinity War est aussi sorti et ça m'a tellement brisé le cœur que j'y suis allée deux fois ! D'autre part, j'ai déménagé mon petit appart, fait du bénévolat et été embauchée. J'espère que mes excuses sont valables ahah

Revenons à ce chapitre. Désolée de vous l'annoncer si brutalement mais... c'est le dernier. Oui oui oui. Autant vous dire que c'est carrément flippant de poser le tout dernier point final. Si demain matin j'ai une idée de génie, et bien non, je ne pourrais plus rien modifier ! Bref, j'espère qu'elle vous conviendra (on n'est jamais vraiment satisfait d'une fin, pas vrai ? *a peur*).

On se retrouve plus bas !


Chapitre 16 : Ahead

Lorsque sa conscience émergea des tréfonds de son sommeil, Rey n'eut pas l'impression d'avoir dormi longtemps ou au contraire très peu, de s'être reposé, d'avoir rêvé ou bien cauchemardé. Elle eût seulement l'impression d'avoir été coupée de tout pour ensuite être ramené de force sur cette planète, lui rappelant au passage, non sans délicatesse, qu'elle avait encore du pain sur la planche et que tout n'était pas fini pour elle.

Tout d'abord, elle n'ouvrit pas les yeux. Elle laissa sagement son esprit refaire surface et réaliser l'inventaire de ses sensations en envoyant plusieurs messages sensitifs réanimer ses muscles ankylosés. Elle pouvait sentir les courbatures faire une à une leur apparition au niveau de ses cuisses, de ses bras, de son ventre et de son cou, signe d'un effort sur-dimensionné. Cela lui rappela les journées passées sur Jakku où les pièces valant une bonne quantité de portions se faisaient rare. Elle devait alors marcher plusieurs kilomètres de plus et grimper davantage, en priant pour que cet acharnement ne soit pas vain. Mais cette époque était révolue.

Outre les courbatures, une douleur vivace sur le sillage de son abdomen gauche fit rapidement irruption lorsqu'elle entreprit de mouvoir chacun de ses membres, la faisant au passage grimacer. La brûlure était à la fois superficielle et profonde, comme si deux sources étaient à l'origine de ce mal.

Son nez flaira une vague émanation de bacta qui ne semblait vouloir quitter la pièce, comme si les murs en étaient imprégnés à tout jamais. Elle reconnut l'odeur signifiante de la roche humide de la montagne d'Alzoc qui avait pour habitude de la faire sentir comme si elle était prise au piège dans une cage avec pour seul air à respirer, celui que filtrait les turbines encrassées. Après quelques secondes et bien que le schéma soit encore flou, Rey avait compris où elle se trouvait et pour quelle raison, faisant le lien entre ce qui émanait de son flanc gauche et l'odeur récurrente de la substance médicinale. Quand enfin le monde semblait s'être remis sur pied, elle daigna ouvrir les yeux. Ainsi, elle ne fut pas surprise de voir la petite pièce qui semblait servir de salle de soins. Cependant, son regard s'arrêta prestement sur un élément qu'elle n'avait pas anticipé : Ben dormait sagement sur une vieille chaise bancale à côté d'elle. Il avait partiellement ôté ses habits sombres pour ne garder qu'une tunique ample au col en V, laissant apparaître le début de ce qui semblait être un torse fortement musclé. Sa position -une main sur l'accoudoir soutenant le poids de sa tête- laissait entendre que le sommeil l'avait cueilli sans prévenir.

Rey s'étonna de ne pas l'avoir senti plus tôt dans les efflux de la Force. Puis elle comprit bien vite. Elle comprit qu'il n'était plus en colère, qu'il n'assaillait plus la Force de sa souffrance destructrice. Il dormait ainsi, paisiblement comme hors d'atteinte de toute torture. Rey ne sentait plus que le calme. Le genre de calme qui envahit les côtes marines après que les vagues déchaînées soient venus les frapper en plein cœur. Le genre de calme qui se fait entendre dans les cieux après que la tempête soit passée. Un calme apaisant et puissant, mais était-il éternel ?

Après avoir vérifié qu'il ne lui manquait pas un bras ou une jambe, Rey fit rouler sa tête sur l'oreiller. Elle profita de cet instant pour observer le visage paisible de l'homme auprès d'elle. La première chose qui la marqua fut la petite moustache naissante au bord de ses lèvres rosées. Puis elle vit les traces violacées qu'avaient laissées les coups de Poe au niveau de sa mâchoire et de son arcade. Ses paupières closes étaient accompagnées de deux grandes poches de cernes aux couleurs inquiétantes, mise en valeur par la pâleur de sa chair qui semblait avoir été éloignée d'un rayon de soleil depuis bien trop longtemps. Malgré ce tableau chaotique, les quelques mèches rebelles qui dissimulaient une profonde cicatrice s'harmonisaient parfaitement avec les grains de beauté sauvages constellant sa peau. Cette vision fit étrangement palpiter le cœur de Rey. Elle ne put s'empêcher d'esquisser un sourire, ses lèvres s'étirant difficilement, alourdi par la fatigue accumulée ces derniers jours. Pour la toute première fois de sa vie, elle s'était réveillée avec quelqu'un qui veillait sur elle, elle n'était plus seule. Et un étrange pré-sentiment l'encourageait à penser qu'elle ne le serait plus jamais.

La dernière fois qu'elle s'était éveillée avant lui remontait à plusieurs semaines ou quelques mois, elle ne savait plus vraiment. À bord du Supremacy, dans la salle du trône, après l'explosion du sabre laser de Luke, Rey avait eu l'occasion de mettre un terme à toute cette quantité d'obscurité. Il aurait été si simple d'activer son sabre et de planter sa lame dans la poitrine de Kylo Ren pour sauver on ne sait combien de vies. Mais elle avait aussitôt compris. Compris que ce n'était pas à elle de faire ça. Que Luke avait commis une erreur en pensant que ce qu'il adviendrait de Kylo Ren était déjà scellé. Qu'elle aussi avait fait pareille bêtise en pensant qu'il était facile pour lui d'écarter l'obscurité tout comme il avait réussi à tuer Snoke. Elle avait alors pris la décision d'attendre. Attendre que la Force déroule son plan comme il était supposé être. Et elle l'avait fait. Elle avait attendu. Elle, l'instrument de la Force. Ben avait peut-être finalement appris, que lui aussi n'était que semblable outil et qu'il ne pouvait dissimuler la part de lumière tout comme il embrassait sa part d'obscurité. Rey sourit silencieusement. Dire qu'il l'avait amené devant Snoke en sachant qu'il allait tuer et en n'ayant préparé aucun plan. C'était bien une mission à la Solo, il était bien le fils de son père.

Contre toute attente et bien que le spectacle qu'elle s'offrait soit des plus reposants, elle remua ses lèvres sèches de façon à prononcer le prénom de naissance du garçon sur lesquels ses yeux étaient rivés. Elle s'était voulu douce et réconfortante mais sa voix enraillée autant par les cris que par le silence avait transformés cet appel en un gémissement de détresse inquiétant. Cela eut pour effet de réveiller brusquement Ben qui ouvrit ses grands yeux noirs laissant apercevoir un regard affolé. Il se pencha aussitôt vers Rey, vérifiant que tout allait bien.

« Comment te sens-tu ? » demanda-t-il d'une voix à la fois douce et suave.

« Bien, bien. Je suis désolée, je ne voulais pas te réveiller de cette manière. »

« Ça ne fait rien. » Soulagé, il reprit une position plus décontractée sur sa chaise bancale et passa une main sur son visage marqué cherchant à dissimuler les traces de la fatigue.

« Que s'est-il passé ? » demanda-t-elle, ses souvenirs ayant du mal à refaire totalement surface.

Il soupira légèrement. Un milliard de choses s'étaient passées.

« Tu veux dire avant que tu ne t'évanouisses ? » Rey le regarda les sourcils froncés en signe de questionnement. « Et bien, il y a eu une petite altercation entre le pilote et moi. » continua-t-il d'expliquer en faisant un rictus avec sa bouche. « Je ne sais pas comment tu as fais mais tu t'es relevé et est intervenu. Puis Dameron t'a demandé de faire un choix. »

« Relevé ? »

« Tu ne t'en souviens pas ? Tu as été blessé. »

Rey détourna son regard vers la cape qui recouvrait son corps. Maladroitement, elle tenta de s'en débarrasser mais deux grandes mains vinrent l'aider en agrippant la plissure du textile, le faisant glisser jusqu'au niveau des hanches de la jeune femme. Cette dernière réunit ses maigres forces pour se redresser en s'appuyant sur ses coudes. Ainsi, elle put voir de ses propres yeux sa peau noircit avec autour, ses veines rougeoyantes qui émanaient de la plaie. Après un instant, la totalité de ses souvenirs lui revinrent : le froid de la neige dans son dos, cette douleur lancinante au ventre, sa vision – n'était-ce vraiment qu'une vision?- de Leia et Luke, la voix de Ben, les cris de Finn et l'ultimatum de Poe. Tout la submergea comme un raz-de-marée. Elle eut le souffle coupé par ce flot d'émotions mais elle avait appris à ressortir la tête de l'eau depuis. Une grande inspiration lui permit de reprendre pied. Ben la regarda longuement, ne sachant pas vraiment quoi faire ou quoi dire. Il la laissa un instant puis se décida à reprendre la parole.

« Tu aurais dû rester avec le Premier Ordre. Au moins, nous avions des droïdes médicaux performants, nous. » dit-il ironiquement, marquant le dernier mot en souriant.

Rey ne se retint pas de rire même si la contraction de ses muscles abdominaux n'était pas agréable. Elle dût retrouver sa position horizontale pour ne pas souffrir davantage. Elle posa son regard sur Ben, sourire au coin des lèvres.

« Au moins, nous sommes quittes maintenant. » répondit-elle ironiquement en évoquant les cicatrices qu'ils s'étaient mutuellement infligés l'un à l'autre.

Le sourire de Ben s'élargit davantage, ses yeux palpitant d'une maigre lueur. Il était bon de détourner ces souvenirs douloureux en dérision. Ça enlevait tellement de peine et de souffrance. Ben savait qu'il ne fallait pas briser ce moment si précieux. Ainsi, il ne lui demanda pas ce qu'elle comptait faire face aux paroles de Poe. Il voulait simplement se souvenir de ce moment comme un court et paisible instant de bonheur. Combien en avait-il en mémoire après tout ?

Sans vraiment le vouloir, Ben s'était approché de Rey en remontant sa cape sur sa peau fraîche, réduisant l'espace entre leurs deux visages. La jeune femme posa une main délicate contre sa joue, caressant du bout de ses doigts fins la cicatrice qui lui serpentait et le visage et le cou, se dissimulant dans l'encolure de sa blouse noire. Ben posa les yeux sur une autre cicatrice que portait Rey sur son épaule droite. Sa forme spéciale lui donnait un air unique, presque élégant. Avec un peu d'imagination, on aurait pu y voir deux mains se tendant l'une vers l'autre. Puis son regard réalisa une infinité d'allers-retours entre la commissure de ses lèvres et ses yeux pétillants à mesure qu'il s'en approchait.

Et c'est presque naturellement qu'il vint déposer avec une infime délicatesse ses lèvres sur celles charnues de la jeune femme. La main de cette dernière avait glissé jusqu'au creux du cou de Ben, l'autorisant à approfondir davantage le baiser qu'il lui offrait. Ils dérobaient au temps quelques secondes de bonheur bien mérité.

C'était la seconde fois que Ben avait l'immense honneur de caresser sa bouche humide et chaude, et à l'heure actuelle, il ne savait pas s'il pourrait un jour s'en écarter. L'immense envie de passer sa vie accrocher à ses lèvres n'était pas réfutable. Ils jouaient sensuellement de leurs deux langues, dansant allègrement sur le parvis de l'amour. Plus rien ne comptait, seulement le frisson intime qui parcourait l'intégralité du corps de Rey, avec comme point d'origine, le souffle chaud de l'homme penché sur elle. Ils s'embrassèrent d'une manière qu'ils ne connaissaient pas, et qu'ils voulaient explorer encore et encore. Avec passion, avec délicatesse, avec ardeur. Il n'y avait aucune technique, aucun savoir à appréhender. Ils se laissaient alors guider, comme lorsqu'ils faisaient tournoyer au creux de leur paume leur sabre laser. Quand enfin, l'air leur manqua, Ben mordit une dernière fois la lèvre inférieure de Rey puis colla son front au sien. Ses mèches sauvages caressèrent le visage de Rey, lui octroyant davantage de sérénité. Son rythme cardiaque avait dangereusement augmenté, et elle aimait ça. Elle n'aurait jamais pensé qu'une telle proximité puisse lui faire ressentir autant de bonheur et d'excitation. Aucun des deux n'avait envie de briser ce moment idyllique mais ils gardaient en mémoire l'idée que tout n'était pas terminé pour eux. Il fallait qu'ils fassent un choix, l'un comme l'autre.
Une larme solitaire coula le long de la joue de la jeune Jedi.


Le soleil se couchait silencieusement entre les sapins enneigés, faisant de lui un artiste de génie. Des couleurs automnales avaient envahi le ciel de toute part. Une légère brise fendait l'air et bien qu'il soit frais, la chaleur du soleil réchauffait l'atmosphère. La neige avait cessé de tomber. La poudreuse accumulée sur le sol montagneux aurait pu être reposante à observer en cette fin de journée si seulement elle n'était pas imprégnée de sang.

Assis sur son vaisseau où les doubles moteurs ioniques étaient encore chauds et fumants, Poe était là, observant le spectacle naturel. Les coudes sur les genoux, il s'était réfugié ici pour calmer sa rage, penser, faire le point, être seul, méditer, faire son deuil peut-être. Le regard rivé au loin, on voyait se refléter le soleil dans ses pupilles humides.

Un tas de souvenirs lui martelaient le cerveau et voilà qu'il se souvint de ce moment où les décharges de turbolaser fusaient à quelques mètres de leurs navettes de transport lorsqu'ils entreprenaient la descente vers Crait. C'est l'attitude de Leia qui l'avait marqué. Elle était resté d'un calme exemplaire presque inhumain. Ainsi, il avait compris que la panique ne sauverait personne. Il avait désespéramment voulu faire quelque chose or il ne pouvait rien faire. Et aujourd'hui, où ses émotions bouillonnaient dangereusement sous la surface, il sut qu'il ne devait rien en laisser paraître. Il s'efforçait de suivre l'exemple de cette femme inoubliable.

Derrière lui, un petit astromech sphérique s'approcha lentement. Il se positionna à ses côtés et leva sa tête ronde pour observer son ami de toujours. Voyant la peine le tiraillé, BB-8 ouvrit un compartiment de sa carcasse pour sortir ce qui ressemblait à une petite main mécanique. Délicatement, il la posa sur celle de son ami en prononçant des signaux sonores remplis de tristesse. BB-8 avait beau être un astromécano fait d'électronique et être configuré pour obéir aux ordres, il n'en était pas moins fidèle et compatissant, parfois bien plus que ne pouvait l'être un être humain. C'est cette facette si spéciale du droïde qui faisait que Poe appréciait énormément son compagnon, lui qui l'avait moult fois sortie du pétrin lors de leurs excursions spatiales.

Lorsque la main de métal se posa sur la chair de Poe, celui-ci baissa tristement la tête, détournant son regard de l'horizon. BB-8 se colla un peu plus prêt de lui pour lui faire comprendre qu'il était là. Ce moment fraternel eut le mérite de faire sourire le pilote qui releva la tête et passa son bras autour de la boule.

Ainsi, ils restèrent l'un près de l'autre à observer le soleil mourir au loin.

Quand enfin le corps de Poe frissonna en cette fin de soirée, il s'avisa à descendre du vaisseau, redoutant toujours autant ce qui l'attendait. Au moment où ses deux pieds frappèrent le sol, il aperçut Finn au loin. Après s'être approché, l'ancien Stormtrooper observa la mine fatiguée de son ami. Instantanément, il entreprit de le prendre dans ses bras. Ce fût de courte durée mais cette étreinte réchauffa une petite flamme sur le point de s'éteindre.

Finn regarda au loin vers la plaine et s'en détourna presque aussitôt, c'était une mauvaise idée que de regarder à nouveau cet endroit. Il se promit alors de ne jamais remettre les pieds ici et de faire son possible pour effacer les images qui y étaient liées.

« Ils ne restent plus que nous. » déclara enfin Finn.

« Elle s'est réveillée ? » demanda Poe.

« Oui, elle se changeait lorsque je suis passé tout à l'heure. » il soupira. « Que comptes-tu faire maintenant ? Maintenant que nous n'avons plus aucun leader. »

Poe avait imaginé que ce moment viendrait, peut-être un jour. Mais son esprit n'avait jamais inventé des conditions pareilles. Toutes ces années, toute une vie, passée auprès de la Résistance. La Résistance comme seule famille. Tout ça pour qu'enfin ils puissent gagner cette guerre. Mais à quel prix ?

Poe avait l'étoffe d'un héro : courageux, têtue, indépendant et intelligent. Mais il n'en était pas un. Non. Il ne voulait pas être ce genre de héros qui aux yeux de tous sauverait la galaxie. Cela, c'était la Vice-Amiral Holdo qui lui avait appris. Il valait mieux agir dans l'ombre, loin des regards. Voilà ce qu'était un vrai héro aux yeux de Poe Dameron. Sa mère, Leia, Holdo, toutes ces femmes, ces figures, lui avaient comté des leçons précieuses qui lui permettaient de ne pas se perdre en chemin, ne pas perdre qui il était et quel était son rôle.

« La Résistance trouvera un autre leader. Ce qui se passe au Sénat ne me regarde plus, j'ai accompli ce que j'avais à faire. Et puis, je suis certain qu'ils auront besoin d'un pilote pour arrêter les derniers partisans du Premier Ordre, tu ne crois pas ? »

BB-8 s'empressa de réagir en bipant mécontentement.

« Et du meilleur droïde de la galaxie, bien sûr. » ajouta Poe suite à la remarque de l'astromech. Finn et Poe sourirent face à la réaction fidèle au personnage.

« Peut-être auras-tu besoin d'un copilote ! » lança Finn en rigolant.

« Le jour où tu sauras piloter un engin volant sans t'écraser en moins de 30 secondes, j'y réfléchirai ! »

Ils rigolèrent joyeusement face à cette moquerie. Il est vrai que Finn n'était vraiment pas doué pour piloter un vaisseau mais il avait bien d'autres qualités qui faisaient de lui un partenaire unique, un précieux ami. Finn et Poe pourraient former une bonne équipe, s'en était sûr...


Quand Rey eut enfin fini de se rafraichir et de passer des habits propres et frais, elle rejoignit la petite pièce servant de salle de soins. Cependant, Ben n'y était plus. Elle entreprit alors de le chercher. Se facilitant un peu la tâche, elle en appela à la Force pour qu'elle la guide dans ce dédale de couloirs. Rey avait beau sentir que sa blessure était en bonne voie de guérison, marcher n'était pas agréable pour autant.

Lorsque enfin, elle le trouva, elle ne fût par surprise de voir où il s'était réfugié. Avec Ben au centre de la pièce, la chambre de Leia paraissait encore plus petite qu'à d'ordinaire. Rey n'osa pas le déranger, il était sans doute préférable de le laisser un instant seul. Elle serait là pour l'accompagner lorsqu'il aura besoin d'elle.

Elle se dégagea de l'ouverture de la porte coulissante et s'adossa au mur froid. Repenser à Leia était si douloureux. Ce souvenir était bien trop frais, bien trop ancré dans les mémoires. Rey n'en pouvait plus, de soutenir toute cette tristesse et elle savait sans aucun doute que si Leia avait été là, elle lui aurait remonté les bretelles de s'être mis dans un état pareil par sa faute. Leia n'aurait sûrement pas aimé que l'intégralité de la galaxie pleure sa perte, elle aurait préféré qu'on se souvienne d'elle d'une manière plus enjoué. Et on le ferait sans doute une fois que les larmes auront séché.

Rey ravala ses larmes et prit une profonde respiration. Être forte, comme Leia l'avait été toutes ces années.

Une pensée frappa Rey. L'ultimatum de Poe la tourmentait encore, mais elle venait de prendre une décision. Peut-être avait-elle enfin trouvé sa place. Et sa place était auprès de Ben. La Résistance n'avait plus besoin d'elle maintenant qu'ils avaient remporté la bataille et que la galaxie serait petit à petit libérée du joue du Premier Ordre. Évidemment, elle répondrait présente si jamais ils avaient besoin d'elle.

Mais à l'heure actuelle, Rey n'aspirait qu'à une seule chose : être libre. Libre de pouvoir partir si elle le souhaitait, libre de prendre la décision qu'elle souhaitait, elle qui avait été prisonnière des chaînes qu'elle avait elle-même forgées sur Jakku. Elle voulait pouvoir courir, grimper, rire. Sentir l'eau salée lui piquer la peau une fois qu'elle aurait séché au soleil. Entendre passer le vent sur les champs en fleurs.

Il lui restait tant de jours à vivre et tant de nuit à écrire. Des nuits à la belle étoile. Des nuits à oublier les heures. Des nuits avec cet autre nous-même. Des nuits à faire le tour d'un corps. Des nuits debout mais couchée. Des nuits à maudire l'arrivée du jour. Et ce futur était à portée de main...

« Ben ? » dit-elle après avoir fait coulisser la porte. Elle le vit passer prestement sa main sur sa joue avant de lever les yeux vers elle. « Partons. » enchérit-elle d'un air presque suppliant.

« Quoi ? » répondit-il surprit.

« Quittons cet endroit. Maintenant. »

« Pour aller où ? » demanda-t-il s'inquiétant que la réponse ne soit rattachée à un lieu rempli de Résistants.

« N'importe où. Où tu le souhaites. Mais loin de tout ça. »

« Tu es sûr que tu vas bien Rey ? » s'inquiéta Ben. Il se leva pour se mettre à sa hauteur et plaça ses mains sur ses épaules.

« Partons, ensemble. Tu m'as demandé une fois, de te rejoindre. Et bien, je pense que c'est le bon moment. Plus de guerre, plus de camps. Juste toi et moi. »

Ben plongea ses yeux bruns dans les siens verdoyants. Elle était bien sérieuse, ce n'était pas une réaction post-traumatique suite à sa blessure ou au combat.

Il hocha doucement la tête pour acquiescer et sourit légèrement :

« Très bien, allons-nous en alors. » comme un serment prononcé, il le clôtura en déposant un baiser sur le front de la jeune femme.

« Je dois aller parler à Finn et à Poe d'abord. »


Le soleil s'était couché depuis un moment déjà lorsque Rey s'approcha doucement de ses deux amis qui discutaient au loin. Lorsqu'elle fut arrivée à leur hauteur, elle les regarda silencieusement, cherchant ses mots car elle connaissait leur importance. Elle aurait pu lancer un regard noir à Poe mais ce n'en était pas la peine, elle ne lui en voulait pas. Qui n'aurait pas réagi de cette manière après tout ce qui s'était passé ? Les bleus s'effaceront.

L'expression de Finn l'attrista, son ami savait sûrement ce qu'elle s'apprêtait à leur dire et elle savait ce que cela causerait.

« Tu as fait ton choix ? » demanda Poe les bras croisés sur son torse.

« Je sais que ce n'est pas la décision que vous auriez voulu que je prenne mais... vous comprendrez, un jour. »

« Où partez-vous ? » questionna Finn la voix serrée.

« Je ne sais pas encore. Dans un endroit plus chaud. » répondit-elle en souriant. « Je te contacterai tous les jours, c'est promis Finn. »

Aussitôt la phrase finie, son interlocuteur la prit dans ses bras, si fermement qu'elle eut presque du mal à respirer. Mais cette étreinte lui fit un grand bien. Finn avait finalement accepté sa décision, peut-être pas compris mais au moins, il la respectait. Rey savait que ce n'était qu'une question de temps. Il apprendrait à connaître Ben, tout comme elle l'avait fait.

Leur accolade prit fin et Rey regarda à nouveau Poe.

« J'imagine que vous n'assisterez pas à l'enterrement de Leia. » Chewbacca et R2-D2 avaient rejoins le reste de la Résistance, emportant avec eux le corps de la défunte Princesse. Elle serait enterrée dignement dans les jours qui viennent.

« Ce serait du suicide. Ben se ferait à coup sûr arrêter. Je suis désolée.»

Il hocha la tête et finalement, il lui sourit et lui souhaita bon voyage. Cette réaction était plus qu'inattendu, Rey n'aurait pas pensé que Poe lui pardonne si vite, bien qu'il ne lui pardonne pas complètement. Mais c'était un début, un bon début. Elle savait qu'elle pourrait compter sur eux. Elle lui sourit en échange puis sursauta en entendant un bruit qu'elle connaissait bien : celui d'un droïde qui roule dans sa direction. Elle s'agenouilla et fit face à BB-8 qui semblait mécontent de la voir partir. Une dernière fois, elle replaça convenablement l'antenne sur sa petite tête et lui offrit son plus beau sourire. Ils étaient les seuls à connaître la signification de ce simple geste qui avait pourtant marqué le début d'un sacré voyage.

Rey tourna la tête et put voir au loin qu'un homme aux cheveux noir de jais l'attendait. Elle se releva, regarda une dernière fois ses amis et les remercia, en espérant les revoir bientôt. Puis elle rejoignit Ben.

« Tu es prête ? »

« Je pense que oui. »

« Et quel vaisseau comptes-tu prendre ? »

« Un tas de ferraille fera l'affaire. » répondit-elle en souriant.

Ils s'installèrent à bord du Faucon Millenium, Ben prit la place de son père tandis que Rey s'assit dans le siège réservé au copilote. Cette dernière regarda, sourire aux lèvres, l'homme à ses côtés presser un à un les boutons pour réveiller le vieil engin comme s'il le pilotait depuis toujours.

Une fois qu'ils eurent pris leur envol et quitter la surface enneigée d'Alzoc, Rey voulut entrer des coordonnées pour préparer le saut en hyperespace or, elle resta bloquée, ne connaissant aucune autre planète. Ben remarqua sa réaction.

« Je connais un endroit. » la rassura-t-il en rentrant les chiffres sur le moniteur.

L'hyperdrive paré à les emmener vers une nouvelle vie, Ben actionna le levier.


8 mois plus tard...

Un rayon de soleil qui s'était frayé un chemin à travers les rideaux blancs dansant silencieusement avec le vent léger du matin réveilla Rey. Elle grommela en sentant qu'elle était seule dans ce grand lit. Une main devant sa bouche baillante, elle se leva et enfila une robe en lin qu'un artisan lui avait donné en échange de quelques sapflowers qui poussaient à la lisière du lac. Elle passa au travers des rideaux pour voir le paysage qui s'y cachait derrière. En observant l'étendue d'eau bleu roi se mariant avec les herbes hautes, Rey songea au fait qu'elle ne lasserait sûrement jamais de cette vue. Cette planète offrait tant de spectacles magnifiques allant des cascades d'eau, aux montagnes vertigineuses avec comme atmosphère cette chaleur légère et réchauffante. Le ciel était bleu et dégagé, cela promettait une bonne journée. Elle avait des fruits à cueillir, un bhansgrek à tailler, la panne de leur motojet à résoudre et s'il lui restait un peu de temps, elle pourrait s'entraîner un peu avec Ben.

Elle descendit les marches de bois qui craquaient sous ses pieds nus pour atteindre la cuisine où elle se servit un jus de shuura. Puis elle traversa une à une les pièces de sa maison, cherchant désespéramment son amant. Elle le trouva finalement dehors, occupé à réparer le manche en chaîne d'un outil pour cultiver la terre. Rey sourit en voyant son expression. Lorsqu'il se concentrait, Ben avait la fâcheuse manie de sortir un petit bout de langue ce qui amusait beaucoup la jeune femme. Il leva la tête, surpris de ne pas l'avoir entendu venir, bien trop affairé à trouver comment reconsolider le manche à la lame. Ses cheveux sur le haut de sa tête étaient rassemblés en deux fines tresses, cela lui donnait un air sauvage qu'aimait beaucoup Rey. En plus de ses cheveux, il avait laissé pousser sa moustache. Quant à elle, elle commençait à apprécier avoir les cheveux libres. De toute façon, Ben finissait toujours par défaire sa coiffure en la serrant dans ses bras ou lorsqu'ils se chamaillaient, ou plus encore.

Elle s'assit sur la marche à côté de lui et lui tendit le verre rempli de jus. Il lui sourit en attrapant le verre frais et déposa un rapide baiser sur ses lèvres.

« Bien dormi ? » lui demanda-t-il avant d'avaler le jus.

« Non, tu sais très bien que je déteste quand je me réveille et que tu n'es plus là. » répondit-elle en faisant la moue.

« Tu ronflais trop fort, ça m'a réveillé. » se justifia-t-il en haussant les épaules.

« Eh ! » s'offusqua Rey en lui donnant une tape sur l'épaule.

Ils rigolèrent tous les deux. Force que Rey aimait entendre son rire à la fois grave et clair. Elle ferma les yeux et laissa sa peau prendre un bain de soleil. Elle était si heureuse, rien ne lui manquait. Elle vivait simplement avec Ben, dans leur petite maison de bois au bord de l'eau, à quelques mètres des champs, et c'était absolument parfait. Bien sûr, elle ne savait pas combien de temps tout ça durerait, peut-être était-ce un semblant de bonheur passager. Peut-être que dans quelques mois ou quelques années, tout ça ne serait plus suffisant, ni pour l'un, ni pour l'autre. Mais qu'importe puisqu'elle était heureuse à ce moment.

Finalement, un certain équilibre s'était mis en place au sein de la Force. Rey passait encore de nombreuses nuits à cauchemarder sur la bataille d'Alzoc ou sur la mort de ses parents. Son esprit endormi lui dessinait les contours d'une vie alternative où ils ne l'auraient pas abandonné de cette manière. Le jour, elle ressentait le besoin d'exfolier cette haine. Alors elle et Ben se combattaient soit au corps-à-corps, ou avec des bâtons, ou encore aux sabres-lasers. Puis enfin, lorsque leurs muscles commençaient à peser et que la fatigue se faisait sentir, ils allaient se baigner au lac jusqu'au coucher du soleil.
Il arrivait aussi à Ben d'avoir des moments sombres, hanter par la mort de son père et de sa mère, l'esprit à jamais torturé par son ancien Maître. Il revivait encore et encore ces moments douloureux. Mais à deux, ils arrivaient à surmonter ces épreuves. Lorsqu'il se réveillait en sursaut, le front humide de peur et d'angoisse, elle le serrait le plus fort possible. Tout son équilibre était là aujourd'hui. Ni devant, ni derrière, juste là, entre ses deux coudes débonnaires.

Certains soirs où l'orage menaçant assombrissait leurs quotidiens, ils se mettaient à méditer tous les deux. Jamais la Force ne leur paraissait si présente et si brute, totalement mise à nu. Une certaine harmonie se mettait en place et plus que jamais, leurs deux âmes se liaient ensemble. D'autres fois, ils parcouraient les anciens grimoires retenant les textes sacrés des Jedi puis ils débattaient, réfléchissaient et échangeaient leurs idées pour rendre le tout plus équitable. Pour peut-être un jour être apte à appréhender une nouvelle facette de l'histoire.

Ils étaient parvenus à apporter de la paix là où il y avait la guerre, de la sérénité là où il y avait le chaos, de l'amour là où il y avait de la tristesse. Et tous ces gens qui s'étaient sacrifiés pour cette vie balancée, ils leur rendaient hommage chaque fois qu'ils méditaient.

Si Ben avait eu un Dieu à prier, il aurait passé nuit et jour à le remercier d'avoir placé Rey sur son chemin. Elle était sa bouée de sauvetage, son brin de bonheur, aussi précieuse qu'une fleur, elle était la lumière qu'il suivait fidèlement lorsqu'il se perdait dans le noir.
Et à deux ils équilibraient le tout, ils maintenaient la flamme allumée la protégeant du vent et de la pluie.

Biip. Biiiip. Biiiiiiip.

Rey ouvrit les yeux, sortant de son moment de rêvasseries. La sonnerie continuait à se faire entendre, elle fut alors obligée de retourner à l'intérieur. La source de ce vacarme n'était autre que Finn qui lui envoyait régulièrement des messages pour la tenir au courant de ce qu'il se passait au sein du Sénat et des aventures qu'ils vivaient lui et Poe. Son visage holographique apparût devant ses yeux, Finn semblait plus tendu qu'à l'ordinaire :

«Salut Rey, j'espère que tu vas bien. Je... Te souviens-tu quand je t'avais parlé de notre escapade sur Canto Bight avec Rose, non pas cette superbe balade à dos de fathiers à travers le casino et la ville hein »

il reprit un air plus sérieux et son sourire disparut.

« mais... un gamin nous avait aidé à nous échapper. Et bien ce gamin s'appelle Temiri Blagg, on l'a retrouvé, hier, lorsque nous sommes allés arrêter une cellule isolée du Premier Ordre. Il était retenu esclave dans une écurie avec d'autres enfants.

Et... je pense qu'il aurait besoin de ton aide, de votre aide à tous les deux. »

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THE END


Satisfait ?

Bon, je vous dois clairement une explication générale pour cette fin. Si tout laisse à croire qu'une suite est envisageable, je ne compte pas en faire. En effet, ce qui m'intéressait était de travailler la relation si spécial entre Ben et Rey. Au fur et à mesure, j'ai eu plusieurs idées. Notamment, celle d'envoyer Rose chercher Temiri. Mais comme vous le savez, j'ai tué Rose (oups). Cependant, ce que j'aime énormément chez Star Wars, c'est que rien n'est jamais fini. Je ne me voyais donc pas clôturer cette fanfic ainsi. Et comme ça, je vous laisse imaginer ce qui pourrait se passer... ;)

D'ailleurs, il faut savoir que quand j'ai publié le premier chapitre, c'était clairement sur un coup de tête, n'ayant jamais écrit et étant triste de voir si peu de fanfic Reylo. J'ai commis quelques erreurs qui font que l'histoire n'est pas très bien travaillée, notamment au début. Je vous remercie donc de m'avoir suivi tout ce temps !

D'autre part, pour continuer sur mes idées, j'avais pensé faire évoluer le lien entre Rey et Ben d'une toute autre manière. Plus que mentalement, ils auraient été liés physiquement. Si l'un meurt, l'autre aussi. Ce qui aurait compliqué la tâche pour les rebelles. Bref, ce n'était qu'une idée qui aurait pu être beaucoup plus approfondi et je voulais vous la partager.

J'espère que vous vous demandez tous où se trouvent nos deux tourtereaux.. J'ai laissé pas mal d'indices, venez me proposer votre réponse, ça me fera plaisir !

Enfin, comme vous le savez, je compte bien continuer à écrire du Reylo et notamment un A.U (Alternate Universe). J'ai déjà un paqué d'idées mais comme je ne souhaite pas commettre les mêmes erreurs qu'avec The Balance en postant aussitôt un premier chapitre bâclé, je vais prendre mon temps. Je dois aussi m'améliorer sur pas mal de choses, comme écrire des chapitres plus longs. Mais je me connais, je serai tellement impatiente de partager cette petite histoire avec vous, que d'ici quelques semaines je serai de retour ;)

Une dernière fois, un énorme merci à vous pour m'avoir suivi, partagé vos idées, vos envies. C'est un plaisir d'écrire pour de tels lecteurs !

Et n'oubliez pas, laissez une review :p

Léa