Plume à papote
Ne vous êtes-vous jamais demandé comment Rita Skeeter en vint à l'utilisation de la plume à papote ? Ne vous êtes-vous jamais demandé pourquoi une journaliste se refuserait de prendre elle-même la plume ?
Chapitre 2 : Mary
Les jours passèrent. La colère du professeur McGonagall ne désenfla pas, bien au contraire. Rita faisait de son mieux, en vain. Et Mary… Mary ne semblait toujours pas comprendre que Rita n'avait pas la moindre envie de lui parler.
- Arrête de me coller !
Rita n'en pouvait plus. Cette fille était pire que de la super glu.
- Qu'est-ce que tu me veux à la fin, Miss perfection ?
Mary sembla blessée, mais elle se repris rapidement.
- J'aimerais t'aider.
- M'aider ? Je n'ai pas besoin d'aide !
- Vraiment ?, s'enquit Mary sans se démonter. Tu n'avais pas l'air très à l'aise tout à l'heure quand le professeur t'a demandé de lire devant toute la classe.
- La ferme !, hurla Rita, furieuse.
Elle détestait lire à haute voix. Elle n'y arrivait pas bien, s'embrouillait. C'était… difficile et tellement humiliant.
- Et le professeur McGonagall t'en veut toujours, poursuivit Mary comme si elle n'avait jamais été interrompue.
- Qu'est-ce que ça peut bien te faire ?
- Ma mère…
- Est moldue !, cracha Rita, avant de tourner les tallons.
Le professeur McGonagall l'attendait dans son bureau pour sa dix-septième retenue. Dix-sept. Dix-sept soirées gâchées, dix-sept séances d'humiliation gratuite. De torture. Rita s'était figée devant la porte. Elle se sentait nauséeuse, épuisée, à bout. Elle se savait incapable de faire mieux, incapable de satisfaire son professeur. Elle ne savait même pas ce qu'elle faisait de faux, d'ailleurs. Excédée, elle fixa la porte de ses yeux de braise, comme pour l'intimider. Elle était en colère. Contre le monde entier. Contre tous ce ramassis d'imbéciles aveugles à sa souffrance, à sa détresse.
La porte s'ouvrit brusquement.
- Vous êtes en retard ! Je m'apprêtais à en informer M. Rusard pour qu'il aille à votre recherche.
- Quoi encore ?
Mary, adossée au mur d'en face, semblait l'avoir attendue au sortir de sa retenue. Elle lui tendit un livre, sans un mot. Rita, surprise, le prit machinalement. Quand elle comprit que la couverture était bien trop colorée et surtout trop statique pour être d'origine sorcière, Mary avait déjà disparue. Rita haussa les épaules. Elle fut d'abord tentée d'abandonner le livre dans le couloir, puis se rappela que laisser traîner ne serait-ce qu'un livre moldu devant le bureau du professeur McGonagall n'allait certainement pas améliorer son cas. Elle le rangea donc dans son sac déjà bien rempli et se promit de le rendre à cette peste de Mary dès que l'occasion se présenterait.
Mais le soir même, la curiosité la piqua et elle ouvrit l'ouvrage aux mille couleurs. Certaines pages étaient marquées, certains passages mis en évidence. Rita, intriguée, se mit à feuilleter le livre, lisant de ci de là des petits bouts de textes. Plus elle en découvrait, plus ses yeux s'écarquillaient.
Demain, à la première heure, elle aurait une discussion avec Mary, décida Rita juste avant de s'endormir.
