Bonjour ! Je suis contente de vous retrouver pour le deuxième chapitre ! /o/
Cette histoire me tient énormément à cœur alors j'espère qu'elle vous plaira et qu'elle saura vous surprendre !
(Je peux faire pire qu'une compagnie d'assurance, un Levi marié et Armin fils de Mike et Nanaba vous croyez ? xD)
Je sais à quel point c'est difficile de se faire un avis sur un seul chapitre, alors j'avais réellement hâte de poster le deuxième, qui est un peu plus long. (Ou alors, c'est le premier qui était un peu court ?)
Merci à Griseldis, kisa, Smilefurus, Baka-Shiro, Kalyonna, Ferry's, alixlouise, Crazy White Rabbit et damncrew pour vos reviews !
(ainsi que les follows et favoris!)
Petite RàR des guests (ni vue, ni connue) :
kisa ; Merci beaucoup à toi ! Et moi de mon côté, je suis comblée de voir qu'Erwin et Levi sont tes personnages préférés ! ;D
Et... Joyeux anniversaire, Grise ! *câlin*
(Je sais pas si c'est un beau cadeau, mais je ne sais toujours pas dessiner, malheureusement ! :P)
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Survey Corporation, Inc.
II
Invitation
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Quelques jours plus tard, lorsque l'heure du déjeuner arriva, Erwin prit ses affaires avant de quitter son bureau. Il signala son départ à Nifa, sa secrétaire et se dirigea vers l'ascenseur qu'il appela. Nifa était peut-être jeune pour un poste aussi lourd que secrétaire de direction mais elle était extrêmement compétente et si elle était parfois timide avec lui, c'était un véritable dragon pour tous ceux qui prétendaient le déranger, à l'exception d'Hanji. Il attendit quelques instants et rentra dans la cabine en sortant son téléphone qui venait de vibrer dans sa poche et consulta ses mails. Ses sourcils se froncèrent en lisant le message, et il resta plongé dans ses pensées, distrait et vaguement agacé.
Il remarqua à peine quand les portes de l'ascenseur se rouvrirent pour laisser entrer un nouvel occupant qu'il se contenta de saluer sans même regarder, occupé à fusiller son smartphone du regard.
— Mauvaises nouvelles ?
Surpris, il leva les yeux et réalisa que c'était Levi Ackerman qui, au vu de l'heure, allait sans doute lui aussi déjeuner de son côté.
— Oui, on dirait que je vais déjeuner seul aujourd'hui. Une annulation de dernière minute, apparemment il est tombé malade.
— C'est la journée. Un des gosses a choppé un virus également, ma femme est bloquée à la maison.
Le grand blond hocha la tête. Il se souvenait vaguement avoir vu le brun en compagnie d'une femme devant le grand building. Il l'avait trouvé charmante, rousse et visiblement pleine de vie, un peu plus petite que son mari. Il jeta un regard à sa montre, puis alors qu'ils arrivaient au rez-de-chaussée, pris d'une subite impulsion qui le surprit lui-même, Erwin dit :
— La table était réservée pour deux personnes... Si cela vous tente...
L'étonnement du brun fut si grand qu'il apparut un instant sur ses traits impassibles puis après un instant où il évaluait manifestement la proposition, il déclara finalement :
— Si c'est sur la note du patron, je ne vois pas comment refuser.
Erwin réprima un sourire face au sarcasme du brun tandis que les portes s'ouvrirent. Ils se dirigèrent ensuite vers la sortie de l'immeuble. Dehors, le temps était très doux pour un mois de mars et le soleil réchauffait doucement l'atmosphère. Erwin héla un taxi. Le restaurant n'était pas très loin et il comptait y aller à pied au départ – un peu d'exercice aidait toujours à compenser un repas d'affaires – mais il avait aussi remarqué que Levi boitait toujours. Une voiture jaune s'arrêta enfin et ils s'installèrent dans l'habitacle.
— C'est tout près, déclara Levi en entendant Erwin donner l'adresse, je ne suis pas encore impotent.
— Je n'avais pas envie de marcher, mentit-il alors que la voiture prenait la route.
Le trajet ne fut pas long et se fit dans le silence, le chauffeur était trop occupé à insulter tous les automobilistes qu'il croisait pour faire la conversation et Erwin de son côté se taisait. Il se demandait ce qui lui avait pris de proposer à un simple employé de déjeuner en sa compagnie même si ce n'était que dû au hasard. Cependant, s'il regrettait presque cette invitation, ce qu'il avait entrevu de la personnalité du brun piquait indubitablement son intérêt. Lorsqu'ils arrivèrent à peine quelques minutes plus tard, leur chauffeur continuait d'égrener les insultes sans jamais se répéter et Erwin fut persuadé qu'il eut lui aussi droit à son joli nom d'oiseau lorsqu'ils sortirent du véhicule une fois arrivés et qu'il paya. Il n'avait pas laissé de pourboire.
— Ma femme a beau dire que je suis grossier, celui-ci était foutrement atteint.
Erwin ne releva pas le fait que « foutrement » n'était pas un mot particulièrement fleuri non plus et ils entrèrent dans l'établissement. Le maître d'hôtel le reconnut et il les guida à une table où ils s'installèrent. En comparant la tenue de Levi, qui sans avoir rien de négligée semblait tout de même déplacée au milieu de cette marée de costumes sur mesures et de robes griffées, Erwin se dit à nouveau que cette invitation était étrange.
— Ce n'est pas comme si c'était prévu. Et puis ce que les gens pensent ne m'intéresse pas des masses, confessa Levi lorsque Erwin, toujours poli, lâcha quelque mots au sujet de ne pas l'avoir prévenu qu'il l'emmenait dans un restaurant de ce standing. Ce qui compte c'est que mon boulot soit fait correctement et c'est pas un... Filet mignon sauce aux morilles, accompagné de sa garniture de légumes du printemps, lut-il sur la carte que lui avait tendue leur serveur, qui va changer quoi que ce soit.
— Je ne pense pas, en effet.
Erwin réprima un sourire face au ton ironique qu'avait pris le brun en lisant un plat de la carte. Il observa celui-ci froncer les sourcils en tournant les pages.
— Un souci ?
— Carte des entrées, carte des viandes, carte des poissons, mais pas un mot sur les légumes. J'avais oublié pourquoi je n'allais plus au resto.
— Vous ne mangez de viande ?
— Non.
Erwin ne chercha pas à en savoir davantage même s'il pouvait sentir que, derrière cette réponse, se cachait une longue explication. Puis cela ne posait pas tellement de problèmes à Erwin. Même s'il avait franchement du mal à résister face à une bonne entrecôte, il pouvait parfaitement comprendre que cela puisse rebuter des gens. Erwin se rappelait d'un temps où manger dans ce genre de restaurant était quelque chose d'aussi lointain et inaccessible qu'un lit propre, une douche chaude ou même l'illusion d'avoir un endroit sauf où retourner. Il se souvint soudain de ces moments-là avec une netteté qu'il réservait d'habitude à ses cauchemars et tandis que Levi trouvait un petit encadré consacré aux plats végétariens, il commanda de son côté un steak de bœuf de Kobé comme pour mieux exorciser le passé et se rappeler que seul le présent comptait.
Levi n'était pas quelqu'un de très bavard, mais il ne disait presque jamais un mot de travers, pour ne pas dire aucun. Erwin trouva cela reposant en comparaison du caractère hystérique d'Hanji ou celui de Mike qui, lors de leurs déjeuners laissait tomber la barrière qui pouvait séparer un employeur et son employé pour redevenir son ami, invraisemblablement inquiet pour ce qui le concernait, lui et la vie solitaire qu'il menait. Erwin s'arrangeait généralement pour faire dévier la conversation sur Armin, même s'il savait que Mike le connaissait trop bien pour être dupe ne serait-ce qu'une seconde. À tout prendre, il ne savait pas ce qu'il préférait entre la sollicitude ridiculement maternelle de Mike et le charabia informatique que débitait Hanji – à moins qu'une nouvelle passion ne l'accaparât ce jour-là, ce qui pouvait aller d'un auteur jusqu'aux avancés du programme spatial en passant par la culture des hortensias. Il faisait un effort pour comprendre des fois, parce qu'il était curieux et que son savoir-faire leur avait déjà sauvé plusieurs fois la vie mais les migraines ne tardaient jamais à arriver. Levi en revanche ne parlait pratiquement pas sauf pour répondre à une question avec cette simplicité presque brutale qu'Erwin avait déjà remarquée, et appréciée, lors de leur première rencontre.
— Sans vouloir être indiscret, commença Erwin en choisissant ses mots, vous semblez avoir une terrible blessure à la jambe.
— Oh, ça, c'était pas vraiment pas beau à voir. Je suis mal retombé et ma cheville n'a pas supporté. Au moins les opérations sont terminées mais pour le moment, ça continue de me faire mal si je force trop.
Au ton presque amer de sa voix, Erwin devina que sa cheville ne se remettrait jamais tout à fait et il ne comprenait que trop bien ce sentiment d'impuissance. Son épaule droite se réveillait souvent les jours de pluie mais lui au moins arrivait à dissimuler cette ancienne blessure.
— J'ai cru comprendre que vous avez repris la boîte il n'y a pas longtemps, déclara Levi pour changer de sujet.
— Il y a un peu moins de dix ans, en effet.
— Je pensais qu'un type comme vous serait plus du genre à monter son propre business.
— La Survey Corporation n'a peut-être pas été créée par mes soins, mais pour le moment j'en suis à la tête et c'est le résultat qui compte.
La réponse ne sembla pas déplaire à Levi. D'ailleurs Erwin le pensait sincèrement. En effet, même s'il aurait peut-être préféré construire son propre empire, prendre les rênes de la Survey Corporation n'était pas une opportunité qu'il aurait pu laisser passer.
— Cela va peut-être vous sembler bizarre, mais Hanji Zoë c'est une femme ou un homme ? demanda le brun, qui semblait se détendre au fur et à mesure du repas ou qui craignait peut-être que la conversation ne revienne sur sa blessure à la cheville.
Levi fronça les sourcils en voyant Erwin laisser échapper un léger rire, pensant probablement qu'il se moquait de lui, mais il le rassura de quelques mots. Ce n'était pas la première fois qu'on lui posait cette question, et il savait que ce ne serait pas la dernière non plus. Hanji était un personnage haut en couleur, d'une intelligence rare, et avec un don particulier pour ce qui était de faire tourner les gens en bourrique. Il n'avait jamais réussi à savoir s'il devait lui-même dire il ou elle et n'en avait jamais ressenti le besoin. Hanji avait toujours aimé jouer là-dessus, même à une époque plus lointaine et troublée où jouant alternativement le rôle d'un homme ou d'une femme, elle devenait il et il devenait elle avec une facilité presque inquiétante. Aujourd'hui, sa petite personne s'amusait à se rendre tour à tour dans les toilettes pour hommes et femmes, utilisant tant le féminin que le masculin dans une phrase, juste pour brouiller les pistes. D'ailleurs, ce qu'il y avait dans son pantalon ne changeait rien à sa personnalité. Hanji était Hanji, et c'était tout.
Levi sembla surpris, et Erwin devait avouer que c'était quand même bizarre de ne pas connaître le sexe de ses employés. Actuellement, sa carte d'identité et son numéro de sécurité sociale indiquait effectivement ce détail mais Erwin savait que la plupart des données de ces papiers étaient fausses. Bien sûr, il ne pouvait pas révéler cette particularité au brun.
Sa relation avec Hanji remontait à bien des années et cela faisait si longtemps qu'ils étaient amis qu'Erwin ne s'étonnait plus. Levi déclara trouver cela bizarre mais admit qu'il pouvait comprendre le raisonnement du génie informatique. Se voir juger en fonction de son travail et de ses compétences plutôt que de ses organes reproducteurs, ce n'était pas si bête. Même si ça restait définitivement tordu.
— C'est Hanji, conclut Erwin avec un sourire et en savourant les meilleurs profiteroles de la ville et la vraie raison qui le poussait à préférer ce restaurant à tous les autres.
— Un café, messieurs ? proposa le serveur à la fin du repas.
Erwin accepta tandis que Levi demanda un thé noir qui fut servi quelques minutes plus tard. Levi jeta un coup d'œil sur sa montre et fronça légèrement les sourcils. Forcément, songea Erwin, les pauses déjeuner ne duraient jamais aussi longtemps et ce type de restaurant n'était pas adapté. Le service était toujours plus long dans ces établissements, et cela n'était pas dû à une forte affluence, mais à une technique commerciale bien pensée : pour s'occuper, le client mange et boit plus.
Après avoir fini leurs tasses, Erwin demanda l'addition, tandis que Levi quoique toujours calme en apparence, s'agitait à cause du temps qui passait comme le montrait ses coups d'œil de plus en plus fréquents à sa montre, et ils sortirent finalement.
Dehors, le bruit de la circulation et d'une ville en marche offrit un contraste frappant avec l'atmosphère ouatée du restaurant. Alors qu'Erwin hélait un taxi, le téléphone de Levi sonna et avec un regard d'excuse envers son employeur, ce dernier décrocha. « C'est ma femme », articula-t-il silencieusement.
— Petra ? ... Ouais, j'étais en train de bouffer. ... Eren va mieux ? ... Putain de morveux, c'est qu'une grippe. ... Ouais, ouais, j'peux pas trop te parler faut que je retourne bosser, bon courage avec le gosse. … Moi aussi ... À ce soir.
Il raccrocha et Erwin arrêta un taxi pour les ramener à l'entreprise. Il avait été surpris par le ton presque sec de l'appel, même s'il ne s'était pas attendu à une conversation particulièrement mielleuse. Il ne dit rien, cela ne le regardait pas après tout. Dans le taxi, Erwin s'enquit avec politesse de la santé du fils de Levi et pour la première fois, il vit le brun sourire franchement.
— C'est un bon gosse. Trop remuant. Mikasa est bien plus calme.
— Mikasa ? Quel nom original. C'est japonais ?
— Ouais, sa mère était japonaise.
Soudain, Levi se tut et Erwin vit son corps se crisper. Il réalisa qu'au cours du repas, le brun s'était vraiment détendu. Un silence gênant s'installa. Le blond sentit d'instinct qu'il valait mieux ne pas tenter d'en savoir plus, même si son esprit courrait déjà : Levi avait-il déjà été marié ? « Sa mère était japonaise » ? Était-il veuf ? Heureusement, avant que ce silence ne devienne ridicule, ils arrivèrent et Levi se précipita hors de l'habitacle. Après avoir payé la course, Erwin le suivit plus posément mais ils se retrouvèrent devant l'ascenseur.
A cette heure-là, les employés qui avaient un peu trop lambiné pendant leur déjeuner se pressaient pour retourner à leurs bureaux. Erwin se retrouva malgré lui à saluer et à discuter avec plusieurs d'entre eux à la fois. Ils s'engouffrèrent tous ensemble dans l'ascenseur, Levi se faufila au fond et sans donner l'air d'éviter délibérément Erwin, resta les yeux fixés sur les boutons du panneau. Lorsque les portes s'ouvrirent à son étage, il descendit sans un mot en esquissant un vague signe de la tête en guise de salutation. Son regard n'avait pas croisé une seule fois celui d'Erwin.
Arrivé au dernier étage, Erwin regagna son bureau et récupéra une pile de papiers que lui tendit Nifa qui eut l'air surprise de le revoir revenir aussi tôt. En effet, si Levi était en retard, Erwin lui était revenu beaucoup plus tôt que prévu. Les déjeuners d'affaires étaient parfois interminables.
Une fois ses affaires installées, il prit place en desserrant sa cravate autour de son cou et se remit au travail. Il s'arrêta lorsque son stylo effleura le papier prêt à être marqué de sa signature. Cela faisait bien longtemps qu'une personne qu'il venait de rencontrer n'essayait pas de l'impressionner. Pour une raison ou une autre, Levi Ackerman s'était contenté d'être lui-même, ne cachant pas son mauvais caractère et ses sarcasmes savamment dosés. Mais Erwin se rappela que ce déjeuner – bien qu'il ait été agréable – n'avait eu lieu que par hasard. Leurs rendez-vous avaient simplement été décommandés en même temps, il savait que ça ne se reproduirait plus. Il y avait bien eu cette étrange tension à la fin, mais décidément, il trouvait l'homme charmant. Erwin secoua la tête. Levi n'avait rien de charmant, voyons ! Non c'était juste cette honnêteté qui était agréable...
Erwin empoigna plus fermement son stylo puis signa le papier, bien décidé à se plonger dans le travail jusqu'à ce qu'il oublie le souvenir même du sourire de Levi Ackerman parlant de ses enfants.
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Merci d'avoir lu ! Cela vous a plu ?
J'avoue, j'ai (vraiment) hâte de lire vos réactions et d'avoir vos avis ! :)
Prochain chapitre : En ligne le 9 Mai.
