Bonjour ! Me revoici à l'heure pour un nouveau chapitre ! Le délai de 15 jours est frustrant, mais niveau écriture je vous avoue que c'est assez idéal pour pouvoir écrire tranquillement en chouchoutant au maximum l'histoire.
Si vous aviez aimé modern!Hanji dans le premier chapitre, accrochez-vous (à votre estomac, surtout) car c'est parti !
(Je vous déconseille fortement de manger en lisant ce chapitre.)

Merci à alixlouise, Crazy White Rabbit, Wundy, Smilefurus, Griseldis, Ferry's et damncrew pour vos reviews.

Petite RàR des guests (ni vue, ni connue) :
damncrew ; Non, pas de Erwin/Levi encore, désouléeee ! Levi reviendra bien vite, il faut blâmer mon cerveau qui a eu envie de coller un POV interne Erwin pour cette histoire. Pour te consoler (ou peut-être pas), ce sera une fiction longue. Très longue d'après les premières prévisions. (En même temps, je mets je-ne-sais-combien de chapitres pour une journée, et que la chronologie s'étale sur plusieurs mois, je pleure d'avance !)

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Survey Corporation, Inc.

V
Le festin d'Hanji


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Comme convenu, Erwin et Armin se rendirent à l'adresse qu'Hanji avait envoyée par message. Il s'agissait d'un restaurant indonésien qui venait d'ouvrir et où l'énergumène voulait absolument aller. Erwin avait de sérieuses réserves quant au lieu choisi mais après tout Hanji savait qu'Armin serait avec lui et donc aurait pris cela en considération. Ça ne serait sans doute pas si mauvais. Pas qu'Hanji ne soit pas capable du pire – définitivement, le pire c'était son rayon –, mais il n'y avait pas sur cette Terre un être humain qui ne craignît pas Nanaba en mère-poule. Et Hanji, même si Erwin avait parfois des réserves sur le sujet, restait un être humain. Tout de même en entrant dans l'enceinte de l'établissement, Armin serra très fort la main de son parrain.

Il y avait du rouge, du jaune, du vert et du bleu et toute une gamme de couleurs qu'Erwin n'était pas sûr de pouvoir nommer mais qui lui procurèrent presque une sensation de vertige. Clairement, ils avaient quitté le continent pour un autre pays. Ses yeux s'attardèrent sur certaines statues dans des positions qui le firent rougir jusqu'à la racine des cheveux. Par chance, Armin était encore trop innocent pour comprendre de quoi il retournait mais il jeta un regard furieux à Hanji, qui comme d'habitude se donnait en spectacle.

— Erwin ! Armin ! Sa voix pleine d'enthousiasme résonnait dans la salle.

Immédiatement, Armin fut soulevé dans les airs et embrassé, avec cette affection que le petit blond provoquait parmi les membres de leur petit groupe. Peut-être parce que Mike était le seul qui avait eu un enfant, et probablement le seul qui en aurait jamais, mais d'une certaine manière, Armin était le neveu qu'Hanji et Erwin n'avaient jamais eu et si Erwin montrait parfois un peu plus de retenue dans ses rapport, Hanji pour sa part ne manquait jamais de le couvrir de baisers et de câlins que l'enfant acceptait avec bonheur.

— Salut, Armin ! Tu ne t'ennuies pas trop avec Erwin ?
— Non, sourit le petit blond en prenant place à côté d'Erwin lorsque ses pieds touchèrent à nouveau le sol.

Hanji gigotait sur sa chaise, l'air positivement radieux et se répandant en anecdotes sur ses plantes carnivores, informations qu'Armin écoutait avec un intérêt réel et même quelques rires, et la défiance d'Erwin commençait devenir presque palpable tant il était évident que même selon ses standards, l'enthousiasme d'Hanji était inhabituellement intense.

Lorsque les cartes furent apportées et qu'Erwin y eut jeté un coup d'œil, il comprit que ses pressentiments étaient parfaitement justifiés :

— Hanji, c'est une blague, n'est-ce pas ? demanda-t-il presque froidement après avoir lu le nom de quelques plats.
— De quoi ? Pas du tout ! C'est pas absolument génial ?
— Pa'... C'est vraiment écrit gâteau de fourmis, là ? questionna Armin en pointant la carte.
— C'est ça ! s'extasia Hanji qui fit signe à un serveur pour passer commande. Il y a même des libellules, regarde ! C'est un mets exquis, on en consomme que dans de très grandes occasions

Les yeux d'Armin s'arrondirent et l'enfant lança un air quelque peu paniqué à son parrain. Hanji était déjà en train de commander pour eux trois et ils eurent à peine de temps de réaliser que le serveur était déjà reparti.

— Hanji, nous ne sommes pas des plantes carnivores. Nous n'allons certainement pas manger des insectes.
— Il paraît que c'est très bon pour la santé ! Et puis c'est aussi bon pour l'environnement ! Bref, tu fais du bien en te régalant ! Allez, Erwin, détends-toi cinq minutes !

Erwin sentit Armin agripper sa veste de costume lorsque les plats furent disposés sur la table et Hanji se jeta dessus pour tout goûter. Erwin n'était pas spécialement du genre à faire la fine bouche, objectivement il avait dû manger pire que ça dans sa vie, mais il estimait qu'un tel festin – cela en était clairement un pour l'autre en face de lui dont les lunettes étaient couvertes de buée à cause des plats un peu trop chauds – méritait une certaine préparation mentale. Ils eurent également droit aux détails sur les insectes ingurgités et sur la façon dont telle ou telle plante les digéraient.

— Pa', je crois que j'ai attrapé la grippe aussi, je me sens pas bien.
— C'est pas la grippe, assura Erwin, qui se sentait vert. Littéralement, pas de jalousie, non, et encore moins dans le genre plante carnivore mais plutôt dans le genre « je ne mangerai plus jamais de toute ma vie ».

Armin repoussa discrètement l'assiette qui avait été posée devant lui et recula sur sa chaise.

— Ne t'inquiète pas, on ne va pas toucher à ce genre de choses, lui promit Erwin avant de grimacer en regardant Hanji. Et par pitié, Hanji, mange correctement !
— Au moins, Moblit aurait goûté !
— Moblit arrive à mettre les pieds chez toi et à survivre, ce qui relève du miracle, donc je suis certain qu'une libellule au lait de coco ne lui ferait pas grand-chose puisqu'il arrive même à manger tes préparations infâmes.
— Oh, s'il te plaît Erwin, mais écoute-toi parler. Tu cuisines encore plus mal que moi.
— Bien sûr que non.

Ses deux yeux marron le scrutèrent par-dessus ses lunettes.

— Pas à moi, Erwin. Tu oublies que je te connais et que j'ai vécu avec toi. Tu ne me feras pas gober ça.

En effet, songea-t-il, Hanji se concentrait avec bien trop d'enthousiasme à gober des insectes. Mais il n'eut pas le temps de répliquer, son téléphone sonna dans sa poche. Il le sortit rapidement pour regarder l'écran avant de se lever.

— C'est Nifa, je reviens. Armin, ne-mange-rien sans mon accord. Ton père me tuerait. Et ta mère...

Non après les insectes, Erwin n'avait pas l'estomac assez solide pour envisager ce que Nanaba lui ferait. Il se dirigea vers la sortie et Nifa commença par s'excuser de le déranger mais s'il avait pu ressentir un quelconque agacement - encore qu'en vérité, il était assez soulagé d'avoir un prétexte pour respirer un peu d'air frais même s'il se sentait coupable d'abandonner Armin – tout se dissipa quand la jeune femme mentionna les déesses.

— Il y a eu un message de la Fondation Reiss, de la part d'Uri Reiss. Il souhaiterait déjeuner avec vous demain. Quelque chose d'informel, a-t-il précisé. J'ai cru bon d'accepter car cela me semblait important mais...

Nifa était décidément la perle des secrétaires, car elle savait à quel point ce contrat était important et là où beaucoup auraient hésité à accepter ce rendez-vous sans consulter leur chef, elle avait pris d'elle-même la décision de le faire. Elle lui fit un rapide résumé de la conversation. Tout en l'écoutant et en se demandant quelles étaient les vraies raisons derrière ce soudain besoin d'un déjeuner en sa compagnie, Erwin songeait que même si Armin savait se faire discret, avec une rencontre si importante, il ne pouvait évidemment pas l'emmener avec lui.

Après avoir remercié Nifa, elle ne faisait que son travail mais elle le faisait bien et Erwin aimait instaurer avec ses employés un climat de confiance, il se dit que toutes ces questions pouvaient et devaient attendre qu'il ait mangé quelque chose. De plus, l'après-midi s'annonçait chargé après cette matinée plutôt paresseuse. En rentrant dans le restaurant, il interpella un serveur et demanda à voir la cuisine. Il n'avait que médiocrement confiance en un local servant des insectes. Le serveur lui expliqua avec un sourire entendu, tout en le guidant vers la cuisine, que les plats à base d'insectes et ceux d'un genre plus convenable pour les mœurs occidentales étaient préparés à part. Effectivement, il y avait deux cuisines et tout était immaculé. Rassuré, Erwin se saisit d'une carte et commanda pour Armin et lui des plats qui lui semblaient nettement moins barbares et retourna à table où son filleul, avec un enthousiasme que rien, pas même les insectes, ne pouvait freiner racontait comment il s'était fait son tout premier ami.

Après quelques minutes, leurs nouveaux plats arrivèrent. Erwin esquissa un léger sourire en voyant Armin se détendre face à son assiette lorsqu'il eut fini de l'inspecter.

— C'est bon, Pa', murmura-t-il, il n'y a pas d'insectes dedans.

Hanji éclata de rire entre deux bouchées et un sourire plus franc se dessina sur le visage d'Erwin qui commença également à manger.

— Tu sais, Erwin, tu rates quelque chose. C'est vraiment délicieux. Je comprends pourquoi Magda en raffole, c'est une sacrée gloutonne !

Erwin ne fit aucune remarque et retint une grimace. Il ne voulait sûrement pas relancer le sujet des plantes carnivores. Il voulait pouvoir manger et, surtout, garder le tout dans son estomac. Il fallait avouer que s'il avait pris peur au début avec les choix culinaires douteux d'Hanji, son plat était bon et Armin semblait penser la même chose que lui. D'ailleurs, celui-ci semblait maintenant très enthousiaste et Hanji s'amusait clairement à lui faire raconter en détail sa matinée, posant question après question sur ce fameux Eren, et sur la petite Mikasa, dont Armin avait parlé aussi, sans doute pendant le coup de téléphone de Nifa.

À la fin du repas, avec un soupir bruyant et satisfait, Hanji s'affala sur sa chaise.

— Vous êtes des petites natures, franchement !
— Tu iras dire ça à Nanaba, moi j'aime bien mes os comme ils sont, c'est à dire sans fracture.

Hanji, qui faisait signe au serveur pour l'addition, rit. Ah, les débuts de la relation entre Mike et Nanaba avaient vraiment été particuliers. Et puis la connaissant, il n'était pas difficile d'imaginer le genre de menaces qu'elle avait faites à Erwin concernant la santé et le bien-être de son fils. L'addition apportée, et réglée, ils quittèrent l'établissement après s'être couverts. Dehors, Erwin s'assura de bien tenir la main d'Armin.

— Il fait beau aujourd'hui, s'extasia Hanji en regardant le ciel. Il y a un parc pas loin, il doit y avoir pleins d'écureuils de sortie.

Erwin lui attrapa le bras qu'il tira pour lui éviter de se cogner dans un poteau.

— Fais attention !

Il reçut pour toute réponse un éclat de rire. Erwin avait parfois l'impression de devoir jouer au baby-sitter avec Hanji mais avec Armin, il n'avait pas le temps pour ses gamineries. Tout en parlant et en ignorant ostensiblement les règles de la circulation, ce véritable danger public avait recommencé à parler de ses chères plantes. Qui, Erwin l'avait appris pendant cet étrange repas, portaient toutes des noms de tueuses en série particulièrement prolifiques.

Décidément, Hanji avait parfois un humour vraiment très particulier.

— C'est quand même passionnant, Anna a besoin de moins d'eau qu'Elisabeth mais elle mange plus d'insectes ! D'ailleurs, eux aussi ils sont passionnants, tu verrais la vitesse à laquelle les larves se développent. Un petit bout de viande pourrissante et...
— Peut-on se passer de ce genre de discussion pour la journée, s'il te plaît ? Plus d'insectes.

Non sans recevoir force plaintes, Hanji en arriva même à invoquer la liberté d'expression et le premier amendement, Erwin arriva à faire dévier le sujet de conversation. Ils ne tardèrent pas à atteindre le parc et il ne put s'empêcher de culpabiliser en pensant à la montagne de travail qui l'attendait. Cependant, il savait que l'après-midi se passerait dans l'atmosphère confinée de son bureau et il voulait qu'Armin profite un peu de la douceur de l'air, car il ne pourrait vraiment pas lui consacrer la moindre minute ensuite. Ils finirent par s'asseoir sur un banc en face d'un étang. Hanji avait bien sûr sauté sur le premier stand qu'ils avaient croisé sur leur chemin pour s'acheter un café.

— Je parie que tu n'as fait aucun progrès en cuisine, relança distraitement Hanji entre deux gorgées.
— Plus que toi, c'est certain, répliqua Erwin.
— Très bien, je viens avec Moblit ce soir, alors. Comme ça Armin ne s'ennuiera pas.
— Oh, chouette ! clama Armin, le sourire aux lèvres.

Hanji fit un clin d'œil à Armin qui laissa échapper un léger rire. Erwin voulut répliquer qu'il avait prévu de travailler une bonne partie de la soirée une fois qu'Armin serait couché, mais il en fut incapable en voyant l'enfant aussi content. Il n'aimait pas se faire piéger de la sorte par l'autre.

Il plongea sa main dans sa poche en sentant un téléphone vibrer dans sa poche. Il sortit d'abord le sien par réflexe et réalisa qu'il s'agissait de celui d'Armin que l'enfant lui avait confié.

— C'est ta maman, p'tit gars, lui annonça-t-il en lui tendant l'appareil.

Un grand sourire s'afficha sur son visage et il décrocha. Erwin écouta la conversation téléphonique, attendri par l'enthousiasme de son filleul mais son expression changea en entendant Nanaba s'énerver dans le téléphone quand Armin évoqua le restaurant et sa carte des plus singulières. Par chance, il ne parla pas des bonnes femmes et des bonshommes nus et en pleine séance de gymnastique qui sur le coup semblaient pourtant l'avoir rudement impressionné. Erwin n'aurait peut-être pas eu le courage de se saisir du téléphone si ça avait été le cas.

— Maman veut te parler, dit Armin en lui montrant le téléphone.

Erwin le prit et le porta à son oreille sans le coller contre celle-ci pour autant. Et il se félicita pour sa prévoyance.

— Erwin, c'est quoi cette histoire ? cria Nanaba dans le combiné.
— Armin n'a pas mangé de gâteau aux fourmis, répondit Erwin en tentant de la rassurer. Je ne l'aurais jamais laissé faire.
— Ne jamais faire confiance en Hanji quand il s'agit de la bouffe ! s'exclama Mike derrière sa femme, qui semblait aussi énervé qu'elle.
— Vous pensez vraiment qu'Armin aurait mangé un truc pareil ?
— Armin l'admire tellement, dit Nanaba avec quelque chose qui ressemblait à un soupir las.

Elle devait vraiment être malade pour s'être calmée si rapidement sur un sujet pareil, se dit Erwin.

C'était vrai qu'Armin admirait Hanji, autant qu'il l'adorait. Et à raison car sur le plan professionnel, il était impossible de douter du génie informatique, même si ses méthodes étaient plus que surprenantes. Sur un plan plus personnel, c'était autre chose. Hanji ne ferait jamais rien qui susceptible de blesser Armin, mais sa conception de ce qui pouvait ou non porter atteinte à la santé morale et physique d'un enfant était parfois légèrement biaisée. Nanaba connaissait ces deux aspects de sa personnalité et malgré toute son amitié pour Hanji, elle s'en méfiait. D'autant plus qu'Armin avait décidé depuis longtemps qu'Hanji était un excellent modèle à imiter.

Erwin prit quelques minutes pour rassurer les deux parents et embraya sur un tout autre sujet qui le travaillait. Demandant à parler à Mike, qui lui répondit avec une voix passablement enrouée et un peu comique, il expliqua :

— Mauvaise nouvelle, demain j'ai un déjeuner d'affaires avec Uri Reiss.
— Erwin, je ne peux vraiment pas...
— C'est bon, je ne te le demande pas. Je ne sais même pas ce qu'il veut. Mais si je devais emmener quelqu'un, qui me recommanderais-tu ?
— Lynne ou Rico. Sérieuses et efficaces toutes les deux. Je leur fais confiance. Mais tu vas faire quoi d'Armin ?
— Je ne vais pas l'emmener, bien sûr.
— Moi je peux m'en occuper, claironna Hanji en passant ses bras autour d'Armin.
— Hors de question que mon fils aille manger des insectes, prévint Nanaba, et Erwin comprit que le téléphone était en haut-parleur.
— Je PEUX garder Armin, insista Hanji, en arrachant presque le téléphone des mains d'Erwin, qui se laissa faire.

Il ne voyait personne d'autre pour garder Armin pendant son rendez-vous qu'il aurait essayé de repousser si cela n'avait pas concerné une affaire aussi importante. Puis, Hanji débordait d'enthousiasme mais n'était certainement pas stupide et Erwin savait qu'Armin serait chouchouté et protégé en sa compagnie. Non le seul problème concernait les limites d'Hanji, inexistantes, et la capacité d'Armin de pouvoir juguler son enthousiasme, inexistante aussi mais Armin avait beau être un enfant intelligent, il aurait fallu être muni d'un pistolet à dard paralysant pour éléphant pour juguler l'enthousiasme d'Hanji. (Si son métabolisme ne trouvait pas le moyen de convertir ça en énergie juste pour casser les pieds à l'univers) De plus, l'enfant participait avec enthousiasme aux projets et aux idées folles qui sortaient de ce cerveau aussi brillant que dément.

Il restait Moblit. Moblit non plus ne savait pas juguler l'enthousiasme d'Hanji, la seule personne pouvant éventuellement stopper l'enthousiasme d'Hanji était Mike, mais Erwin lui faisait confiance pour détourner l'attention d'Hanji et au pire, l'appeler si cela tournait mal. Et puis Moblit Berner ne faisait peut-être pas parti de leur petit groupe à proprement parler mais il restait un ancien. Il restait quelqu'un avec qui Armin serait sauf.

— Tu es trop sérieuse, Nana ! geignit Hanji en s'affalant sur le banc. Je l'emmènerai manger les meilleurs burgers de la ville.
— Chouette ! s'exclama l'enfant alors qu'Hanji souriait.
— Tu l'entends ? Je vous promets qu'il mangera un burger, sauf s'il a envie d'une pizza entre-temps. Il paraît qu'il y en a de très bonnes avec des œufs de mouches !

Un triple « HANJI » raisonna, depuis Nanaba, Erwin et Mike, provoquant un éclat de rire.

— Mike, tu as vraiment perdu ton sens de l'humour. En tout cas, vous me devrez un dîner.
— Et de toutes manières, Moblit sera avec toi, dit Erwin.
— Et de toutes manières, Moblit sera avec moi, répéta Hanji avec une docilité suspicieuse.

Quelques minutes plus tard, après une flopée de conseils qu'Hanji écouta avec une patience inaccoutumée et un sérieux peu caractéristique, même si un sourire légèrement machiavélique planait sur ses lèvres, Armin récupéra le combiné pour reparler à ses parents.

— Oh, dit-il, et tu sais, il y avait ces statues qui faisaient de la gymn...
— OUPS, Armin, on doit y aller ! s'exclama Erwin.
— Ah, je te dirais plus tard, bisou maman.

Erwin récupéra l'appareil, qu'il enfouit au fond de sa poche, en se disant que les choses rentraient doucement dans l'ordre. Et qu'il devait y avoir un moyen d'acheter Armin pour qu'il ne parle pas de ces fameuses statues. Corrompre un enfant était mal. La colère de Mike et Nanaba, parce que injustement, il savait que c'était lui qu'ils rendraient responsable semblait quand même largement pire.

Avant qu'Hanji ait pu aller s'acheter un second café, Erwin déclara qu'il était largement temps de rentrer à la Survey. Tous trois rejoignirent sa voiture et quelques minutes plus tard, ils arrivaient devant le grand immeuble de verre et d'acier.

Une fois dans le bâtiment, Erwin ne put s'empêcher de fixer la porte de l'ascenseur alors que celui-ci grimpait en espérant, pour la première fois, de ne pas croiser Levi. Il ne savait pas tellement pourquoi et il ne voulait pas y penser non plus. Il se concentra sur tout le travail qu'il avait à accomplir pour le reste de la journée et desserra sa main sur la poignée de son attaché-case que lorsqu'ils arrivèrent au dernier étage.

Dans le bureau, Hanji s'installa sur le canapé avec Armin pendant qu'Erwin se mettait au travail. Et il s'y plongea avec une telle concentration qu'il ne vit pas le temps passer entre les dossiers qui s'étaient accumulés sur son bureau et les rapports de Nifa sur tout ce qui s'était déroulé en son absence. Même les rires hystériques d'Hanji n'arrivèrent pas à le déconcentrer.

Au bout de plusieurs heures, alors qu'Armin avait eu le temps de prendre son goûter et de faire une petite sieste, il s'adossa contre son fauteuil en frottant son visage sous le regard d'Hanji qui s'approcha et s'assit sur le bord de son bureau.

— Tu es toujours trop sérieux, Erwin. Heureusement que je suis là pour occuper Armin.
— N'en rajoute pas une couche, Hanji.
— J'ai prévenu Moblit, il s'occupera des courses pour ce soir. Ton frigo est vide, je parie. Ha ! J'ai vraiment hâte de te voir à l'ouvrage !

Erwin ne répondit pas mais haussa les épaules. Il n'avait pu contacter Uri Reiss mais il avait eu sa secrétaire et l'un dans l'autre, il avait réussi à travailler à un rythme plus qu'honorable, meilleur que d'habitude.

Son regard s'attarda sur Hanji qui de retour sur le canapé avec Armin, lisait avec lui un livre, mais pas celui de la bibliothèque.

Hanji était un génie et une ressource précieuse. Ses idées, son talent et son don de l'innovation faisaient du service informatique de la Survey une authentique forteresse. La banque Garnison, leur partenaire, avait même fait des avances plus qu'alléchantes à ce drôle de numéro pour l'attirer de leur côté. Pourtant, Hanji ne fonctionnait que parce que Moblit était derrière, inlassable, méticuleux, contrôlant et vérifiant, assistant de nom mais chef de département de fait.

Erwin peinait à comprendre leur relation. L'homme était-il un saint ? Un masochiste ? Un employé d'un dévouement exemplaire ? Ou plus tristement, et Erwin sentait que quelque part, c'était la vraie raison, était-il amoureux d'Hanji Zoë tout en sachant parfaitement qu'il ne serait jamais payé de retour ?

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Merci d'avoir lu ! Cela vous a plu ?
Je suis désolée si vous avez vomi face au festin d'Hanji. Presque. Pensez aux recherches que j'ai faites pour pouvoir me mettre dans le bain et écrire tout ça...
Magda, Elizabeth et Anna. Magda est le diminutif de Magdalena. Saurez-vous retrouver les trois tueuses en série ? Celle (ou celui, si celui il y a dans mes lecteurs) qui trouvera recevra un bout du prochain chapitre en avant-première :)
Je sais, j'ai tendance à m'étaler, mais c'est la marque de fabrique de cette fiction, donc je ne peux pas m'en excuser. Je pense que c'est le délai de publication qui donne surtout cette impression, mais comme je l'ai expliqué plus haut, on ne peut pas y couper malheureusement.
J'espère malgré tout que ce chapitre vous aura plus, j'ai hâte de voir vos réactions, comme toujours qui m'aident, me motivent... Que du bonheur, quoi. Merci d'être là à chaque fois.

Prochain chapitre : En ligne le 20 Juin.