Dans le chapitre précédent, Tony Stark, héritier des industries Stark, conduisait Severus Snape à la clinique privée fondée par sa mère. Là-bas, il découvrit que l'homme qu'il avait renversé était enceinte.


Chapitre 4

Le rituel enfin complet

Tony se tenait sur le balcon de la terrasse du salon, un verre de whisky de la bouteille la plus coûteuse de son bar dans la main. Il portait un tee-shirt à l'effigie de son groupe de rock préféré, AC/DC. Il prit une gorgée du liquide ambrée et sentit sa gorge s'enflammer au passage de l'alcool. Il ne devrait pas boire après tout ce qui venait de lui arriver la veille mais c'était impossible. Il y était accroc et sans alcool dans son organisme, il n'y avait aucun moyen pour lui de se calmer, de tenter d'oublier qu'il avait failli tuer un homme enceinte.

Un homme… enceinte.

Il resserra sa main autour du verre en cristal et son regard bleu se posa sur l'océan. Les vagues déferlaient inlassablement sur les rochers. De légers rayons de soleil commencèrent à émerger sous les lourds nuages. Dans peu de temps, Malibu baignerait dans le soleil chaud du matin.

— Monsieur, le docteur Xavier et son équipe sont là, annonça Jarvis.

Tony n'avait pu dormir de la nuit car il était difficile pour lui de fermer les yeux. Lorsque ses paupières se refermaient contre son gré, il revoyait aussitôt les images de l'accident dans un ralenti qui poignait son cœur. Un homme et son enfant auraient pu mourir la veille. Et malgré cela, il ne pouvait cesser de boire.

Tony posa son verre sur le balcon et suivit le majordome jusqu'au salon où il recevait d'ordinaire des invités.

Un homme chauve assis dans un fauteuil roulant se trouvait aux côtés d'une femme au teint ébène à la chevelure blanche et aux yeux noirs, vêtue d'une combinaison en cuir noir. À la gauche de la femme, un homme aux cheveux bruns. Il portait un jean noir, un tee-shirt de la même couleur ainsi qu'un blouson en cuir ainsi que des lunettes de soleil.

— Docteur Xavier, le salua Tony.

— Professeur, s'il vous plaît, dit l'homme en fauteuil roulant.

— Professeur Xavier, reprit Tony. Avez-vous fait un bon voyage ?

— Très bien, merci, répondit le professeur Xavier.

— Et pourrait-on savoir qui sont les personnes qui vous accompagnent ? demanda Tony.

— Des enseignants de mon institut. Le professeur Ororo Munroe et le professeur Scott Summers.

— J'adore ton style, très chère, lança Tony en faisant un clin d'œil à Ororo.

— Pourrions-nous voir le patient ? questionna poliment Charles.

— Bien sûr, répondit Jarvis. Veuillez me suivre.

Jarvis ouvrit la marche et ils prirent les escaliers qui menaient à l'étage où ils traversèrent un long corridor. Le majordome poussa la porte de l'une des pièces et il entra dans la salle avant d'ouvrir grandement la porte afin de laisser passer le professeur Xavier.

La pièce ressemblait à une chambre d'hôpital. C'était clinique et stérile, ne contenant que le matériel nécessaire au maintien de l'état de santé du patient qui semblait dormir paisiblement sur le lit, recouvert d'un drap blanc.

Charles s'avança silencieusement jusqu'au pied du lit et observa la silhouette pâle qui y gisait dans un profond sommeil induit par les nombreux médicaments qui avaient été injectés dans son corps.

— Pensez-vous qu'il soit comme vous ? le questionna Tony qui se tenait dans son dos.

Charles fit tourner son fauteuil et rencontra le regard anxieux du jeune milliardaire. Il pouvait lire en l'homme comme dans un livre ouvert et n'avait nullement besoin d'utiliser son don pour savoir que le brun était inquiet pour l'homme et qu'il cherchait des réponses aux questions qui torturaient son esprit.

— C'est ce que nous découvrirons dans quelques instants, répondit simplement le professeur Xavier.

Tony acquiesça et attendit comme le reste du groupe que l'homme puisse utiliser son pouvoir sur le patient.

Tony connaissait le professeur Xavier car ce dernier avait été un ami de longue date de sa mère. Ils avaient tous deux faits leurs études à Oxford où ils s'y étaient rencontrés et avaient tissé des liens d'amitié. Ayant une totale confiance en Maria, Charles lui avait révélé son secret ou tout simplement avoué sa mutation. Maria avait découvert l'existence des mutants grâce à Charles et leur amitié se souda un peu plus. Lorsque Maria créa la clinique Stark, elle fit appel à son ami de toujours pour la fondation de l'établissement hospitalier et bien que Charles ne soit pas médecin, il faisait partie de l'équipe médicale spéciale de la clinique et n'était appelé qu'en cas d'urgence ou plutôt lorsqu'un phénomène étrange faisant son apparition au sein de la clinique.

Charles se plaça face au pied du lit et fixa son regard sur le jeune maître des potions. Sans que personne ne s'y attende et encore moins le professeur, il fut projeté hors de son fauteuil roulant et s'il n'y avait pas eu l'intervention de Scott, il se serait effondré contre le mur de la chambre. Son dos frappa lourdement la poitrine de l'enseignant qui l'accompagnait.

— Professeur !

Ororo accourut aussitôt vers eux et s'agenouilla pour se mettre à la hauteur de l'homme plus âgé.

— Vous allez bien, professeur ? demanda Ororo.

— Oui, répondit Charles encore tout étourdi par la violence du choc de tout à l'heure. Oui, je…je vais bien.

— Qu'est-ce qui s'est passé ? questionna Tony.

Charles leva les yeux vers le lit et son regard se riva sur la lueur verdâtre qui entourait l'homme toujours inconscient de son entourage.

— L'enfant le protège et il n'a guère apprécié mon intrusion dans l'esprit de… sa mère, répondit Charles, hésitant sur les deux derniers mots.

— Mère ? répéta Tony, interloqué. C'est un homme, professeur.

— Je n'en doute pas mais cet enfant considère cet homme comme sa mère.

— Est-ce un mutant ? l'interrogea Scott qui parla pour la première fois.

— Non, répondit le professeur Xavier. Je l'aurais senti aussitôt que j'ai été dans leur esprit.

— Alors, s'ils ne sont pas des mutants, que sont-ils ? lança Tony.

— Une question à laquelle je pourrais répondre s'il me laissait pénétrer dans l'esprit de sa mère.

— Qu'attendez-vous dans ce cas pour le faire ?

Charles lança un regard noir au génie milliardaire.

— Je ne connais aucune de ces personnes mais une chose est sûre, monsieur Stark, cet enfant a une dent contre vous. Il ne l'a pas exprimé oralement. Il n'a pas besoin de le faire car les émotions que j'ai pu entr'apercevoir tout à l'heure parlent d'eux-mêmes.

Tony se raidit quasi instantanément et se rappela que c'était à cause de lui que cet homme se trouvait dans un tel état. Il était responsable de la presque mort de cet inconnu et de son bébé. Il baissa la tête, se sentant coupable.

— Je pense que vous devriez tous quitter cette pièce et me laisser seul avec eux, suggéra le professeur.

— Mais professeur, protesta Ororo, et s'il venait à essayer de vous blesser une nouvelle fois ? Nous ne savons pas qui ils sont et encore moins quel genre de pouvoirs ils ont. Ils peuvent être dangereux, professeur.

— Je suis d'accord avec Ororo, professeur, enchérit Scott. Nous ne pouvons vous laisser seuls avec eux sans protection.

— La réaction de cet enfant était tout à fait légitime, répliqua Charles. Il protégeait tout simplement l'esprit de sa mère que j'allais violer. Je suis celui dont vous devriez vous méfier.

— Professeur, fit Ororo.

— Sortez.

Scott prit la main de la femme noire et l'entraina à l'extérieur de la pièce. Tony fit un pas hésitant vers Severus et leva le bras, souhaitant poser sa main sur celle pâle du maître des potions mais il interrompit son geste et jeta un simple regard désolé à la forme endormie.

— Je suis sincèrement désolé, murmura-t-il avant de quitter la chambre à son tour.

Jarvis ramena les compagnons du professeur Xavier au salon où il les installa confortablement avant de leur offrir quelque chose à boire.

Tony se retrancha au coin du bar de la pièce et se servit un verre d'alcool. Il fixa longtemps le liquide ambrée puis repoussa le verre avant de s'arracher pratiquement les cheveux.

Il avait failli tuer un homme, bon sang ! Il ne pouvait pas continuer à boire comme si rien ne s'était passé alors que c'était à cause de son ivresse qu'il avait manqué la faillite et quelques années de taule.

Il ne devrait plus boire. Plus jamais. Mais comment allait-il pouvoir survivre en combattant cette dépendance qui durait depuis tant d'années ? Il ne savait même plus à quel moment il était devenu alcoolique. Son foie devrait être tellement intoxiquée par toute cette quantité d'alcool, qu'il était sûr qu'il ne verrait même pas grandir son enfant. Encore faudrait-il qu'il en fasse un. Vu ses merveilleuses qualités en tant qu'homme, il était plus prudent de ne pas songer à maudire un innocent avant sa naissance. Il ne pouvait vraiment pas dire qu'il avait eu un bon exemple dans son enfance. Son père avait été, au mieux, quasi absent. Au plus vrai, un parfait connard qui se souciait plus de retrouver un super soldat, un héros comme il aimait bien le dire, plutôt que de s'occuper de son gosse qu'il envoyait à l'internat pour ne plus à l'avoir dans ses pattes.

Il rendrait certainement un grand service à l'humanité en décidant de ne pas se reproduire.

Il s'éloigna du bar et de toutes tentations y provenant afin de ne pas sombrer à nouveau dans l'ivresse de l'alcool.

— Monsieur ? l'interpella Jarvis, la voix teintée d'inquiétude.

— Je vais bien, Jarv'.

Le majordome lui lança un regard septique, doutant de l'honnêteté de sa réponse. Tony aurait voulu sortir une blague qui aurait pu alléger la tension qui régnait dans la salle mais il n'était pas d'humeur à lancer des sottises.

Il alla s'effondrer dans un fauteuil et attendit calmement que le professeur Xavier revienne.

Il fallut une heure d'attente avant que le professeur Xavier ne contacte Scott et Ororo par télépathie car il avait besoin de leur aide pour descendre les marches d'escaliers. Scott le souleva dans ses bras tandis qu'Ororo, aidée par Jarvis, fit descendre son fauteuil roulant jusqu'au rez-de-chaussée.

— Merci, les remercia le professeur lorsqu'il fut de nouveau assis sur son fauteuil.

— Alors ? demanda Tony, impatient.

— J'ai pu découvrir qui ils étaient et vous pouvez être rassuré, ils ne représentent aucun danger pour vous ni pour votre entreprise et encore moins pour l'humanité, répondit le professeur.

— Que sont-ils alors ?

— Des humains un peu spéciaux, répondit le professeur de manière évasive.

— Professeur.

— C'est à eux de vous dire qui ils sont, s'ils le souhaitent, l'interrompit le mutant en levant la main. Quant au reste, sachez que leur état de santé s'améliorerait que si vous y participiez.

— Comment ? questionna le génie, désireux de réparer ses erreurs.

— Comme je l'ai dit, je ne peux trahir leur secret donc je ne pourrais vous expliquer que partiellement les raisons de cette demande, ébaucha le mutant. Ils ont besoin du sang d'un autre mâle pour survivre. Juste un verre de trente centilitres par jour jusqu'à la naissance de l'enfant.

Tony fronça les sourcils, perplexe.

— Du sang ? Pourquoi auraient-ils besoin de sang ? Seraient-ils des vampires ? Existent-ils même vraiment ? lança le brun, dubitatif.

— Le sang permettra de compléter un rituel et de poursuivre l'évolution de l'enfant car pour l'instant, il n'a pas de père et c'est pour cette raison qu'ils sont en train de mourir, expliqua le professeur Xavier.

— Un instant, fit Tony, incrédule. Seriez-vous en train de me dire ce que je comprends ?

— Il faut à l'enfant les gènes du père pour poursuivre la grossesse de façon normale et la transmission ne peut s'effectuer dans son cas que par le don du sang, explicita le mutant.

— Pas question ! refusa derechef le milliardaire.

— Stark !

— Vous rendez-vous compte de ce que vous êtes en train de me demander ? s'énerva soudain le jeune homme. Un don de sang et pourquoi pas les entreprises Stark aussi pendant que vous y êtes ? Bordel ! Je ne suis pas un personnage lambda, professeur ! Je suis Tony Stark ! Je ne peux pas transmettre mes gènes à ce gamin. Je ne peux pas. Vous devriez trouver une autre personne pour ça.

— Une autre personne ? Vous êtes le responsable de l'état de ces personnes ! s'insurgea Ororo. Estimez-vous que ce ne soit qu'un don de sang qui vous est demandé dans ce cas.

— Ororo, l'houspilla tranquillement le professeur.

La mutante lança une œillade noire à Tony et le professeur Xavier se retint de rouler des yeux. Il s'avança vers le jeune milliardaire et leva les yeux vers lui pour croiser son regard avant d'entrer en contact télépathique avec l'homme.

Ils ont besoin de protection, Anthony, et toi seul peut leur offrir cela. Ce ne sont guère des mutants et bien qu'ils soient spéciaux, ils ne peuvent vivre à l'institut, dit Charles. Tu n'as aucun souci à te faire concernant ta fortune. Severus n'est pas un jeune homme cupide et il n'essaiera jamais de te voler les industries Stark.

Oncle Charles, cet enfant aura mes gènes ! Si j'accepte cette folie, il sera…il…il…sera…

Ton fils ? termina Charles.

Nous partagerons le même sang, corrigea le génie.

Charles éclata de rire dans sa tête et regarda affectueusement Tony.

Je doute que Severus puisse t'accepter en tant que père dans la vie de son enfant mais si tu lui laissais la chance de découvrir qui est réellement Anthony Stark, je pense que vous pourriez être agréablement surpris tous les deux et par la suite, être une famille.

Pourquoi ne ferais-tu pas ce don ?

Parce que tu es celui qui a renversé ce jeune homme et qu'il est tant que tu assumes tes responsabilités et apprennes de tes erreurs, répondit Charles. Mais aussi parce que tu découvriras que tu n'es pas Howard. Tu n'es pas comme lui et tu ne le seras jamais.

Tony rompit le contact visuel puis finit par lâcher un soupir. Le professeur Xavier était presque comme un père pour lui et bien qu'ils ne soient plus en contact de manière régulière, l'homme gardait une certaine place dans son cœur ainsi que dans son estime. L'avis du mutant avait toujours compté pour lui, certainement plus que celui d'Obadiah. Et si l'oncle Charles, comme il aimait l'appeler lorsqu'ils étaient dans une conversation privée, lui assurait que sa fortune ne risquait rien en effectuant ce don de sang alors qui était-il pour en douter ?

— Je te saignerais jusqu'à ton dernier centime si jamais cet homme et son enfant tentaient quoi que ce soit contre les entreprises Stark, avertit-il.

— Votre enfant, monsieur Stark, rectifia le mutant.

— Donc il suffit d'un verre de sang et ils sont sauvés ?

— Tous les jours jusqu'à la naissance de l'enfant. Ils seront hors de danger qu'à la fin de la grossesse.

— Génial, ironisa Tony.

— Il serait peut-être temps de commencer le don dès à présent pour améliorer leur état de santé, conseilla le professeur Xavier.

Et comme si ce fut le signal pour Jarvis, le majordome s'approcha de son maître avec une coupe en cristal ainsi qu'une dague en argent.

— Monsieur.

Tony poussa un soupir de lassitude et prit la dague puis se fit une entaille au poignet pour laisser couler un filet de sang dans la coupe. Il retira son bras lorsqu'il jugea la coupe assez pleine et posa un mouchoir sur sa blessure pour stopper le saignement.

— Veux-tu l'apporter à nos invités, s'il te plaît ?

— Vous devriez le faire, lança le professeur Xavier.

— Je fais don de mon sang et garantis ainsi leur survie. Je n'ai pas signé pour être proches d'eux, grogna Tony, irrité. Maintenant, je pense que j'ai mérité un peu de repos. Sur ce, bonne journée, messieurs et dame.

Et Tony quitta la pièce sans plus tarder pour aller s'enfermer dans sa chambre, claquant violemment la porte derrière lui.

— Je vous prie de bien vouloir m'excuser mais je dois me retirer pour m'occuper de monsieur Severus et de l'enfant de monsieur Stark, dit Jarvis.

— Faîtes donc, Jarvis. Nous connaissons le chemin du retour.

Le majordome hocha la tête et monta de nouveau les escaliers, laissant les mutants se débrouiller par eux-mêmes pour retrouver la sortie.

— Il est temps de rentrer chez nous, lança le professeur Xavier. Nous ferions mieux de remettre les cours de défense au programme car dans un proche avenir, la famille Stark aura besoin de notre soutien.

— Avez-vous vu quelque chose d'important, professeur ? demanda Ororo.

— Oui, ma chère, répondit le mutant. J'ai vu un être exceptionnel.


Note de l'auteur : Jarvis est un humain parce que nous sommes en 1992 dans l'histoire et avant de devenir une I.A, il était à la base un homme. Ce n'est qu'à la mort de ce dernier que mon Tony créera l'I.A. j'espère avoir répondu à vos inquiétudes sur ce point.

Encore un grand merci à ceux et celles qui suivent et commentent mon histoire. Ça me touche beaucoup.

NOTE EXTERNE : Juste pour le fun et pour s'amuser, je crée une émission de télé-réalité intitulé Keep Calm. Si vous souhaitez participer ou juste suivre l'émission, vous pouvez découvrir plus d'informations sur mon profil ou me contacter en mp.

Omega Hannah.