Note de l'auteure : BONNE ANNÉE 2018 ! Je vous souhaite à tous une merveilleuse année, de la santé, du bonheur, de l'amour et de la réussite dans toutes les actions que vous entreprendrez ! Encore, meilleurs vœux pour cette nouvelle année !

Je vous remercie pour vos ajouts en favoris et en alerte. J'espère que vous continuerez à l'aimer car je prends du plaisir à vous faire partager mon histoire. Merci, merci pour vos commentaires. Et avant de vous laisser à votre lecture, si vous connaissez des histoires Loki/Severus ou Severus/Tony, je suis preneuse. Peu importe la langue. Merci beaucoup.


Chapitre 9

Severus… Xavier

Le maître des potions eût l'impression de recevoir un seau d'eau glacée sur la tête. Il avait remarqué les Aurors américains qui encerclaient le manoir et était conscient qu'aucune évasion ne serait possible surtout sans ses pouvoirs magiques. Il était vulnérable et ne pourrait se défendre face à une trentaine de sorciers entraînés et aguerris.

Il tressauta légèrement lorsqu'il sentit une main calleuse se glisser dans la sienne. Il leva les yeux, surpris, pour rencontrer le regard azur confiant de Tony. Ce simple contact visuel retira un important poids des épaules du maître des potions car il n'était pas seul. Le milliardaire ne lui avait-il pas promis d'être là pour lui et Harry ?

— En état d'arrestation ? fit Tony en portant son attention sur l'Auror qui venait de parler. Vous avez un mandat pour ça ? Parce que nous sommes en Amérique, mes potes, et vous ne pouvez pas arrêter une personne ainsi sous prétexte qu'elle change des citrouilles en carrosse ou des rats en cochers !

Logan vint se placer aux côtés du maître des potions et sortit ses griffes en adamantium, dardant un regard froid sur l'Auror qui tressaillit en avisant les griffes du mutant. Le sorcier américain jeta un œil par-dessus le trio et put apercevoir Ororo et Scott ainsi que Jean et plusieurs autres mutants qui semblaient prêts à défendre le potionniste.

— Il… il a violé notre code du secret et… il… n'a pas signalé son entrée sur le territoire américain. Pour ces raisons, il a enfreint les lois de notre communauté, répondit l'auror en balbutiant.

— Quelle communauté ? demanda Tony.

— La communauté sorcière.

— Ah ! cria Tony en triomphe. Tu viens toi-même de trahir le secret de ta communauté. Tu viens de me dire que les sorciers existent.

— Vous le saviez déjà ! lança l'auror, irrité.

— Et comment aurais-je pu être au courant ?

— Parce que monsieur Snape vous l'a dit. Il a trahi le code du secret et a usé de magie sur notre territoire sans qu'il y soit autorisé, dit l'auror.

— Et pourrait-on savoir quelles sont les grandes lignes de ce code qui ne doit pas être violé et qui mérite toute une armée d'apprentis enchanteurs, armés de bout de bois ? questionna Tony d'un ton sarcastique.

L'auror fut décontenancé par la question du milliardaire et échangea un regard incrédule avec l'un de ses collègues, ne sachant comment prendre la question du moldu. Il avait été désigné comme chef des opérations pour appréhender le sorcier britannique Severus Snape car selon les enquêtes qui avaient été menées grâce au bureau des Détections Magiques, le britannique aurait fait usage de magie sur le territoire américain il y a près d'un mois et demi avec l'utilisation d'un port illégal de baguette magique. Ils avaient eu quelques difficultés à retrouver la trace du sorcier mais lorsqu'ils avaient repéré l'endroit où il vivait, ils avaient pu constater que ce dernier vivait au milieu de moldus et selon leurs lois, il enfreignait le code du secret.

— Alors ? s'impatienta Tony.

— Tout sorcier a le devoir de préserver notre secret des Non-Maj', répondit l'auror.

— Et qu'en est-il de la famille ? enchérit l'ingénieur.

— Quoi ?

— Quelles sont les lois concernant la famille d'un merlin l'enchanteur ?

L'auror fut à nouveau déconcerté par la question du Non-Maj'. Il se tourna vers son collègue qui haussa simplement les épaules, tout aussi décontenancé que lui. Il était évident que cette arrestation ne se déroulait pas comme prévu car ils avaient imaginé une bataille qu'ils auraient été contraints de mener face à un sorcier extrêmement recherché en Angleterre et sur le territoire européen. Un sorcier qui avait été un partisan du célèbre mage noir, Voldemort. Et au lieu de cela, ils étaient confrontés un Non-Maj' très protecteur du sorcier et à un groupe de mutants.

— Eh bien…

— Monsieur Snape n'a pas de famille donc cette question n'a guère besoin de réponse, intervint l'autre Auror.

Tony et Severus s'écartèrent comme d'autres mutants pour créer un passage au professeur Xavier qui s'avança vers les Aurors.

— Severus a une famille, messieurs, et en tant que son père, je ne vous permettrais pas de l'emmener où que ce soit, dit Charles d'un ton calme mais ferme.

— Son père ? releva, incrédule, l'Auror en chef. Selon nos informations, monsieur Snape est le fils de Tobias Snape.

— Et quelles preuves avez-vous qu'il est véritablement le fils de Snape ?

— Ces informations nous ont été communiquées par le ministère de la magie britannique, répondit l'Auror en chef. Severus Snape est le fils d'Eileen Snape née Prince et de Tobias Snape.

— Severus est mon fils et je vous épargnerais notre histoire familiale qui ne doit certainement pas vous intéresser. En tant que mon fils, Severus appartient à la communauté des X-mens et puisqu'il est un fils de mutant, vous ne pouvez l'arrêter pour violation du secret magique et encore moins d'entrée illégale sur le territoire américain car il est américain.

L'Auror en chef américain sentit un mal de tête battre près de ses tempes. Il ne savait plus quoi faire dans cette arrestation qui était en train de lui glisser entre les doigts. Ils faisaient face à des mutants qui protégeaient le sorcier britannique et il pouvait deviner que cette arrestation se finirait dans une bataille si lui et ses hommes persistaient à vouloir mettre l'anglais derrière les barreaux.

— Comment puis-je être certain que cet homme est votre fils lorsqu'il est activement recherché en Angleterre pour avoir été un partisan de Voldemort et que vous n'essayez tout simplement pas de protéger un criminel en fuite ? finit-il par demander.

Jean tendit un dossier à l'Auror qui le prit avec méfiance. L'homme jeta un coup d'œil aux documents et fit lire le dossier à son collègue qui hocha simplement la tête avant de remettre le dossier à la rousse qui se recula pour se placer derrière le professeur Xavier.

L'Auror en chef poussa un soupir las et darda son regard sur le maître des potions qui avait observé l'échange en silence.

— Monsieur Xavier, veuillez nous excuser pour la méprise dont nous avons fait preuve envers vous, s'excusa-t-il. Si nous avions su, nous n'aurions jamais agi ainsi.

Severus resserra la main de Tony dans la sienne, incapable de croire qu'il ne serait pas arrêté par les autorités américaines, incapable de croire que l'affaire serait pliée aussi rapidement sans plus d'explications.

— Ce n'est pas grave, dit-il.

— Par contre, nous vous prierons de vous rapprocher de nos services du MACUSA pour déclarer votre baguette magique ainsi que votre grossesse. Les grossesses masculines sont rares et nous avons un service spécial pour les hommes enceintes. Vous serez pris en charge et suivi par nos médicomages. Chaque enfant sorcier est un cadeau que nous cherchons à préserver le mieux possible.

— Je vous remercie, Auror… ?

— Auror White, se présenta l'homme. Robert White.

— Merci beaucoup, Auror White, reprit Severus. Je me présenterais prochainement à vos services mais je n'ai aucune idée de leur localisation.

L'Auror White sortit un bout de parchemin de sa poche et la remit au potionniste.

— Voici l'adresse du MACUSA.

— Monsieur, que ferons-nous au sujet des anglais ? l'interrogea son collègue.

White se rappela soudain qu'ils avaient dû contacter les autorités magiques étrangères pour reconnaître la signature magique inconnue qu'ils avaient détecté sur leur territoire et elle avait été reconnue par les britanniques comme étant celle du mangemort Severus Snape. Ces derniers avaient fait la demande à leur service de renvoyer l'homme dans leur pays lorsqu'ils auraient mis la main sur ce dernier pour qu'il y soit jugé des crimes dont il était accusé. Mais aujourd'hui, tout était différent. Cet homme que les anglais souhaitaient enfermer à Azkaban était aussi un citoyen américain, en plus d'être sorcier, il était le fils d'un mutant.

Le gouvernement américain ne s'intéressait guère aux problèmes auxquels étaient confrontés les anglais. Ils étaient neutres dans la guerre qui opposait le ministère de la magie anglaise aux partisans du seigneur des ténèbres britannique. Donc le statut de mangemort de Severus Snape ou plutôt se céruse Xavier n'était pas un point important pour eux puisqu'il n'avait jamais été question de l'arrêter à cause de son statut de mangemort.

— Monsieur Xavier est un citoyen américain, répondit-il simplement.

Son collègue n'ajouta rien d'autre, ayant saisi les implications d'une telle réponse.

— Nous vous souhaitons une agréable journée et nous vous présentons à nouveau nos excuses pour le désagrément occasionné, dit l'Auror White avant de quitter le manoir avec ses hommes.

Severus relâcha son souffle, ne s'étant pas rendu compte qu'il avait bloqué sa respiration pendant quelques secondes. Il chancela sous le coup de la pression psychologique qu'il avait dû endurer pendant près d'une demi-heure et fut rattrapé par Tony qui le porta dans ses bras.

— Avez-vous une chambre pour lui ? demanda l'ingénieur au professeur.

— Suivez-moi, répondit Jean à la place du vieil homme.

Severus s'accrocha au milliardaire, le corps secoué par de violents tremblements. Il ne voulut pas lâcher le moldu, même lorsqu'ils avaient atteint l'une des chambres du rez-de-chaussée. Tony fut contraint de s'installer sur le lit avec le maître des potions, tenant l'anglais entre ses jambes, l'entourant de ses bras protecteurs.

— Est-ce que ça ira pour lui ? demanda Jean, préoccupée par l'état du potionniste.

— Ouais, il ira bien, répondit Tony.

Jean acquiesça et se retira de la chambre, laissant entrer le professeur Xavier avant de refermer la porte derrière l'homme en fauteuil roulant.

— Ils savent où je suis, murmura Severus, alarmé. Ils savent.

Tony resserra son emprise autour du corps frêle du maître des potions et leva les yeux vers le mutant qui s'approchait lentement du lit, les traits du visage tirés par l'inquiétude.

— Tu es en sécurité, Severus, le rassura Tony, traçant des cercles invisibles dans le dos du potionniste. Personne ne pourra te faire de mal car nous serons là pour te protéger.

— Tu fais désormais partie d'une grande famille, mon enfant, ajouta Charles. Chaque être vivant dans ce domaine te protégera. Personne ne te laissera seul face à cette situation.

— Nous avons réussi à empêcher ton arrestation alors nous réussirons aussi à te protéger, à vous protéger, dit Tony.

Severus était conscient de cela mais il n'arrivait toujours pas à comprendre.

— Comment ? demanda-t-il, intrigué.

— Anthony et moi avons discuté de ta protection ainsi que celle du bébé. Nous connaissions ton passé et nous avons conscience qu'un jour ou l'autre, tu y seras de nouveau confronté et nous avons souhaité te donner toutes les cartes en main qui te permettront d'y faire face. En étant mon fils, tu deviens officiellement un Xavier et par conséquent un mutant. Toute une communauté serait derrière toi, prête à se battre pour toi et tu auras besoin d'autant d'alliés que possible. Aussi, Anthony et moi t'avons créé une nouvelle identité tout en respectant les grandes lignes de ton passé.

— Ce que vous avez montré aux Aurors, fit Severus.

— … étaient les documents que nous avons pu produire qui attestent que tu es mon fils, confirma Charles.

— Votre fils, répéta Severus, abasourdi.

— J'avais souhaité en discuter avec toi et ainsi te laisser le choix de décider. Les documents avaient été préparés dans l'éventualité où tu aurais accepté ma demande et dans le cas contraire, ils auraient été détruits, expliqua le mutant. Je ne me serais jamais douté que nous aurions été contraints de les présenter ainsi.

— Vous voulez que je sois votre fils ?! releva Severus, dubitatif.

— Uniquement si tu m'acceptes en tant que père, dit Charles.

— Mais pourquoi ? demanda le maître des potions, dérouté. Pourquoi feriez-vous tout ça pour moi ? Pourquoi me protégez-vous ainsi ? Pourquoi ?

Severus se redressa et plongea ses prunelles confuses dans celles du mutant.

— J'en suis venu à te considérer comme mon enfant, Severus. Est-ce si étrange de voir qu'un père veuille protéger son fils ?

— Mais…

— Tu auras une famille à toi, Severus, intervint Tony. Accepte-le. Personne ici ne te fera de mal. Nous veillerons tous sur toi et notre enfant.

— Je… je… vous… bégaya le maître des potions, abasourdi.

— Dis tout simplement « oui ».

Severus se rapprocha de façon inconsciente du torse du milliardaire et réfléchit aux conséquences d'une décision de devenir le fils du mutant. Depuis sa rencontre avec le moldu qui le tenait serré contre lui, sa vie avait été chamboulée de la meilleure des façons. Il avait trouvé un refuge auprès du scientifique et même si ce dernier était souvent exaspérant, il était une bonne distraction et c'était grâce au moldu qu'il avait pu faire la connaissance du mutant avec qui il s'était lié d'amitié et avait tissé des liens affectifs très forts.

Charles avait été une figure parentale plus présente que celle de Tobias. Le mutant avait été à l'écoute, avait su l'apaiser avec des mots, l'avait distrait lorsqu'il s'était retrouvé seul au manoir Stark. Charles l'avait rassuré de biens des façons et lui avait été évité un séjour en prison où il savait qu'il n'aurait pas pu y survivre plus de deux semaines maintenant que son ADN avait été mélangé à celle de Tony pour permettre l'évolution de son enfant. Et maintenant, les sorciers britanniques avaient conscience de sa présence aux États-Unis et ils chercheront à le ramener en Angleterre pour l'envoyer à Azkaban. Tout seul, il ne pourrait leur faire face mais avec Tony, Charles et les autres mutants, il avait peut-être une chance.

— Oui, accepta-t-il, je souhaiterais être votre fils.

Tony déposa un baiser tendre sur sa chevelure et c'était étrange combien le moldu pouvait l'apaiser par sa simple présence. Il était si bien dans les bras chaleureux du scientifique qu'il n'avait aucune envie de se retirer de cette étreinte.

— J'en suis heureux, dit Charles en souriant.

Severus se détendit considérablement, rassuré par les deux hommes. Ils allaient tout prendre en charge et veilleraient sur lui comme ils l'avaient promis par le passé. Il avait enfin trouvé une raison d'apprécier son existence sur terre. Il n'était plus seul et pouvait faire confiance à Charles et à Tony pour tenir leur parole.

Il était conscient que les hormones de la grossesse avaient des conséquences sur son comportement et certainement, était-ce pour cette raison que des larmes coulaient aussi librement sur ses joues et qu'il lui était impossible de les retenir. Il n'aurait jamais pu imaginer que sa vie prendrait une telle tournure et qu'il trouverait sur son chemin des personnes prêtes à tout pour le protéger.

Il avait eu une enfance si difficile et une adolescence horrible, qu'il avait cessé de croire en l'humanité et il s'était fait une raison quant à la misère qu'avait été sa vie. Il l'avait mérité et même Lily l'avait abandonné. Peut-être, que Charles et Tony…

— Jamais, déclara Charles d'une voix ferme, le tirant brusquement de ses pensées.

Le mutant prit sa main dans la sienne et l'obligea à croiser son regard.

— Jamais, répéta l'homme. Nous ne t'abandonnerons jamais, Severus. Tu fais désormais partie d'une grande famille et aucun membre de ta famille, notre famille ne te laissera tomber.

— Tu devrais cesser de nous prendre pour les autres connards qui n'auront pas su voir à quel point t'es quelqu'un de formidable, merlinus, dit Tony. Et je ne le dis pas parce que tu es capable de prononcer des formules magiques aussi compliquées que celle de Mary Poppins « Supercalifragilisticexpialidocious » mais parce que tu es une personne intelligente, t'es sarcastique et ton côté grognon est parfois exaspérant mais il est adorable. Tu as un humour noir mais un humour tout de même. Tu es capable de m'écouter parler durant des heures en faisant semblant de ne pas t'intéresser à un seul mot de ce que je raconte mais pourtant je sais que je n'aurais pas prêché dans le désert. Tu ne t'y connais pas en invention militaire high-tech mais tu m'assistes tout de même dans mon laboratoire. Tu t'es lié d'amitié avec Pepper et tous les deux avez formé un club « Critiquons Tony Stark ». Rhodey et toi, vous…vous…

Le jeune milliardaire interrompit sa phrase et fronça les sourcils, adoptant une expression songeuse.

— De quoi discutes-tu au juste avec Rhodey ? questionna Tony.

Severus masqua un sourire amusé et s'appuya contre le torse du milliardaire.

— Secret défense, répondit-il, échangeant un sourire complice avec le mutant en face de lui.

— Secret défense ? s'indigna faussement Tony. Depuis quand vous vous ralliez contre moi ? Quel plan avez-vous donc en tête pour me faire tomber ?

— Avons-nous besoin d'un plan pour précipiter ta chute, Anthony ? railla le maître des potions.

— Ah ! Tu as avoué ! s'exclama le moldu, triomphant.

— Je n'ai rien avoué, Anthony. Tu t'es fait les questions et les réponses tout seul, répliqua Severus.

Tony grommela dans sa barbe et le maître des potions profita tout simplement des deux hommes en silence. Le milliardaire et le moldu entrèrent presque aussitôt dans une autre discussion et il écouta distraitement, dans un état de demi somnolence.

— Je fais confiance à Obie mais je ne veux pas qu'il soit au courant de la grossesse de Severus. Pour cette raison que nous allons vivre à Brooklyn pour un moment.

— Cela n'attisera-t-il pas la curiosité de monsieur Stane lorsqu'il découvrira que vous ne vivez plus à Malibu ? l'interrogea Charles.

— Certainement mais je compte l'occuper avec de nouvelles inventions et Pepper servira de tampon entre lui et moi, répondit l'inventeur.

— Il est une figure paternelle pour toi mais tu ne lui fais pas confiance, remarqua Charles.

— J'ai fait le même constat, marmonna Severus d'une voix endormie.

Tony ouvrit la bouche pour expliquer cette réticence à se confier à Obadiah mais il se rendit compte qu'il n'avait aucune explication logique. Il ne comprenait même pas pourquoi il agissait ainsi envers l'homme qui gérait ses entreprises familiales. Il connaissait l'homme depuis qu'il était enfant. Obadiah avait été le partenaire en affaires de son père et il avait été normal pour lui de le nommer au poste de Vice-président des industries Stark car ils faisaient tous les deux un bon duo en affaires et il pouvait se reposer sur Obadiah. Mais maintenant, il était plutôt méfiant envers l'homme depuis que Severus était entré dans sa vie. Il ne pouvait l'expliquer mais quelque chose au fond de lui l'exhortait à éloigner Severus et leur enfant d'Obadiah. Était-ce un instinct de protection envers sa famille ? Si oui, pourquoi confiait-il ce secret à Pepper, Jarvis, Rhodey et pas à Obadiah ?

— Quoi qu'il en soit, nous vivrons à Brooklyn au moins jusqu'à l'accouchement et ensuite, nous aviserons sur la prochaine démarche, dit-il.

— Les Aurors !

Severus se redressa brusquement, les yeux écarquillés par l'horreur et la peur.

— Qu'est-ce qui se passe ? s'inquiéta Tony.

— Ils… ils vont découvrir que je ne suis pas vraiment votre fils et ils m'enfermeront lorsque je me présenterais à eux.

— Severus, fit Tony.

— Ils avaient abandonné un peu trop vite. Des Aurors anglais n'auraient jamais cédé sans plus de preuves que des papiers. Ils auraient demandé un test sanguin pour prouver nos dires et pourtant, ils ne l'ont pas fait.

— Ils te feront passer ce test si tu te présentes à leur service. Ils voudront voir si tu as le gène mutant et si tu l'as, cela confirmera nos propos. Dans le cas contraire, ils te mettront en prison et ne te remettront pas aux autorités anglaises car pour eux, tu auras enfreint leurs règles, dit Charles.

Severus blêmit soudainement et put entendre les battements effrénés de son cœur.

— Alors nous n'avons rien réglé, souffla-t-il, abattu. Je ne suis pas un mutant.

— Mais tu pourrais le devenir non ? Notre bébé est devenu le nôtre par magie. Pourquoi pas toi, par la magie, en devenant celui du professeur ? demanda Tony.

Severus secoua la tête, défait.

— Le rituel que j'ai effectué pour faire d'Harry notre fils est un rituel de magie noire. La magie noire est interdite et punissable d'une peine de prison. De plus, je ne suis pas en mesure de faire une potion d'adoption car mes pouvoirs sont drainés par Harry. Je suis tout aussi impuissant qu'un moldu, répondit Severus.

— Si tu me donnes la formule, je peux préparer cette potion, proposa Tony.

Severus éclata de rire face à la suggestion de l'inventeur.

— Quoi ? Qu'ai-je bien pu dire de drôle ?

— Il faut être sorcier pour préparer une potion, Anthony. Nous mettons de notre magie dans la préparation d'une potion.

— Tu peux la préparer, dit Charles.

— Je ne…

— Ta magie est faible mais elle est toujours en toi, l'interrompit le mutant. Souviens-toi que tu es enceinte et que ton bébé est tout aussi magique que toi. Tu le protèges mais il en fait tout autant, Severus. Il n'a pas une conscience aussi établie que la nôtre mais il en a une.

— Je ne l'aurais jamais vu sous cet angle, avoua Severus.

— Tu ne devrais pas être inquiété par les Aurors et encore moins par les autorités magiques britanniques. Les Aurors américains ne permettront jamais aux anglais de te récupérer car tu es aussi un citoyen américain et de surcroît, ils savent que la communauté des X-mens ne regardera pas faire sans réagir. Ils ont eu conscience de ta protection et ne risqueront jamais une guerre entre deux communautés juste pour satisfaire aux exigences des britanniques. Une guerre entre nos deux communautés pourrait alerter les humains normaux de l'existence de sorciers. Donc n'aies aucune crainte.

Severus acquiesça, considérablement réconforté.

— Votre don est impressionnant, dit-il, admiratif.

— Il est impressionnant mais aussi dangereux, rétorqua Charles. Je suis tout à fait conscient qu'une adoption par le sang te permettra d'avoir le gène X et peut-être bien que tu pourrais hériter de mon don ou plus encore mais avant que tu ne puisses la préparer, je veux que tu promettes une chose, Severus.

— Laquelle ?

— Que tu ne laisseras pas tes pouvoirs te contrôler et encore moins les utiliser sous la haine ou la colère, précisa Charles.

— Je ne sais pas si je suis capable de promettre une telle chose.

Charles jeta un coup d'œil à Tony et ce dernier hocha simplement la tête, comprenant la demande muette du mutant.

— Je vais voir si Jean souhaite toujours avoir un costume créé par le grand Tony Stark, lança le moldu en rompant l'étreinte.

— Pourquoi ne demanderais-tu pas plutôt à Ororo de te faire visiter le manoir ? suggéra le maître des potions d'un ton sec.

— Miss tornade et moi ne sommes pas très…

Tony coupa sa phrase lorsqu'il reçut un regard noir de la part du potionniste.

— Tu as raison, je vais faire ça, accepta-t-il finalement.

Et il quitta précipitamment la chambre pour permettre au sorcier et au mutant d'avoir un peu d'intimité.

Charles roula jusqu'à la fenêtre qui avait une magnifique vue du jardin et posa son regard sur les jeunes mutants qui s'amusaient à jouer au base-ball tout en utilisant leurs pouvoirs de mutation.

— Tu penses que ton passé est sombre mais le mien l'est encore plus, Severus, commença-t-il. Je n'ai pas toujours fait les bons choix et certains ont coûté la vie à beaucoup de mes semblables. J'ai trahi d'autres et blessé plus d'un sans le vouloir.

— Charles…

— Oui, tu as fait de mauvais choix par le passé mais peut-on les appeler ainsi lorsque tu as été contraint à prendre cette voie ? le coupa le mutant. Moi, je n'avais aucune contrainte, Severus. J'étais jeune, stupide et arrogant. Je croyais être capable de changer la vision du monde grâce à mes pouvoirs, grâce aux pouvoirs de mes semblables et je me suis fourvoyé dans mes croyances. J'ai cru utiliser mon pouvoir au début pour faire le bien mais c'était tout le contraire. J'ai perdu ma sœur et mon meilleur ami.

Charles se tourna pour faire de nouveau face au maître des potions.

— Tu es un sorcier et en tant que tel, tu as déjà des pouvoirs très puissants mais imagine-toi une seule seconde avoir ne serait-ce que mon don de télépathie. Avoir le pouvoir de lire dans les pensées des autres ou prendre le contrôle de leur corps et en faire des marionnettes. Imagine-toi être capable de les hypnotiser et de modifier ce qu'ils voient, fabriquer des faux souvenirs ou en supprimer. Imagine-toi ne pas avoir de limites en matière de transmission de pensées. Être capable de joindre par la pensée une personne n'importe où sur terre, qu'importe l'endroit où elle se trouve. Imagine-toi avoir ce pouvoir et peut-être plus.

Le sorcier fut silencieux, incapable de répondre quoi que ce soit au mutant. Il n'aurait jamais pu devenir qu'être un mutant pourrait conférer de si grands pouvoirs et de penser qu'une personne pouvait le manipuler aussi facilement juste par la pensée, sans pouvoirs magiques, lui fit froid dans le dos.

— J'ai fondé cette école dans le but d'aider d'autres mutants comme moi à contrôler leur pouvoir, à faire de leurs individualités, une force unie, poursuivit Charles. Tu dois comprendre, Severus, que ressentir des émotions comme la colère ou la haine créent une faiblesse en toi, et en tant que mutant, cela peut devenir fatal pour toi mais surtout pour les autres.

— Si vous ne souhaitez…

— Tu es mon fils maintenant, le coupa Charles d'une voix ferme. En tant que père, je me dois de t'inculquer des notions essentielles qui te permettront de ne pas souffrir. Je ne veux pas que tu fasses les mêmes erreurs que moi.

— Je ne les reproduirais pas puisque vous serez là pour y veiller, dit Severus.

— Oui, affirma le professeur, je serais là.

— Alors tout va bien. Je ne laisserais pas ce pouvoir ou un autre prendre le dessus.

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Note de fin : Certains s'attendaient peut-être à un autre chapitre et je dois dire que moi aussi. J'avais prévu autre chose mais finalement voici ce qui en est ressorti pour ce neuvième chapitre. Je suis un peu déçue je dois dire mais je me rassure en me disant que pour la suite de l'histoire Severus devait devenir un Xavier et obtenir le gène X pour coller avec l'histoire de l'univers des films Marvel.

Donc petite question pour vous :

Quel pourrait-être le pouvoir de mutation de Severus ?