Note de l'auteure : C'est toujours un réel plaisir pour moi de lire tous vos commentaires et de voir combien vous êtes passionnés par mon histoire.
Tout comme vous, je n'avais jamais lu de couple Tony/Severus et j'ai eu un coup de foudre pour ces deux personnages, me disant qu'ils se complétaient parfaitement à cause de leur passé. Au début, quand j'ai écrit cette histoire, je ne la voyais pas si longue mais emportée par vos encouragements et votre enthousiasme, je me suis vue en train de la développer donc je m'excuse auprès des amoureux du Loki/Harry qui devront attendre encore plusieurs chapitres avant qu'il y ait une ébauche de romance mais pour patienter, sachez qu'Harry naîtra dans peu de temps.
Je m'excuse pour le temps de publication qui est sûrement long pour vous mais j'ai mes cours en parallèle et j'ai raté une partielle donc j'ai été prise par les révisions et les TD.
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Je vous souhaite une bonne lecture. Bises sucrées et salées.
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12
Notre passé n'est jamais loin
La nuit était tombée depuis plusieurs heures et le silence régnait en maître dans l'immense manoir. Le professeur Xavier se tenait debout près de la fenêtre de sa chambre, vêtu d'un pyjama d'un bleu nuit. Son regard était fixé sur le paysage sombre qui entourait la demeure. Il se perdit dans ses récents souvenirs et une seule image apparaissait sans cesse dans son esprit. L'image d'un homme qu'il aurait voulu effacer de sa mémoire mais quelque part, au plus profond de lui-même, il ne le voulait pas. Il ne souhaitait pas oublier. Et plus il pensait à cet homme, plus il repensait à la dernière discussion qu'il avait eue avec son fils.
« — Un jour, tu m'as dit que tu avais fait de mauvais choix et que ces derniers avaient coûté la vie à des personnes. Tu m'as dit que tu regrettais certaines de tes décisions. Et si aujourd'hui, il t'était permis de réparer tes erreurs ?
— De quoi parles-tu, Severus ? demanda-t-il, dérouté.
Severus s'approcha de son père et croisa le regard de ce dernier.
— Il n'est jamais trop tard, papa. Tu peux encore réparer les erreurs du passé.
— Où veux-tu en venir ?
— La colère et la haine découlent toujours d'une perte affective, d'un manque d'amour. Parfois, il suffit d'un peu d'amour pour que ces émotions disparaissent avec le temps et que les blessures se cicatrisent. J'aurais très bien pu finir comme monsieur Lensherr si je n'avais pas eu la chance d'avoir un père aussi merveilleux que toi ou un ami aussi formidable qu'Anthony. Je serais devenu un homme amer, aigri, empli de colère et de haine mais je vous ai eu et cette rencontre a changé ma destinée.
— Severus…
— Il ressent la même chose pour toi, papa, dit l'hybride.
Charles secoua la tête et rompit le contact visuel avec son fils. Il tourna le dos à Severus et masqua la douleur qui peignait son visage. Il n'avait aucun sentiment pour son vieil ami. Aucun. Alors pourquoi souffrait-il autant depuis ces années ? Pourquoi pleurait-il l'absence d'Erik chaque nuit ? Pourquoi son cœur s'était-il comprimé à la vue du mutant la dernière fois ? Pourquoi ?
— Erik n'était qu'un ami, déclara-t-il d'une voix chevrotante.
— Papa…
— Erik a fait son choix, Severus, et il a décidé de partir.
— Il a fait un mauvais choix mais tout comme toi, papa ! Aucun de vous n'a raison dans cette bataille d'idéaux qui vous oppose depuis des années. Les humains n'accepteront jamais de sitôt les mutants. Regarde-moi, papa.
Charles ne bougea pas, incapable de faire le moindre geste.
— Regarde-moi, papa, insista le maître des potions. S'il te plaît.
Charles se tourna à nouveau vers son fils et le regarda comme il lui avait été demandé. Severus sourit tristement et le mutant voulut effacer la peine qui se lisait sur le visage de son enfant.
— Dis-moi, papa, que verra un humain en posant ses yeux sur moi ? l'interrogea Severus.
— Severus…
— S'ils sont si tolérants que tu ne le penses, pourquoi me cache-t-on de ce monde ?
Charles n'eût aucune réponse à la question posée par son fils. Si, il en avait une mais il n'était pas capable de répondre, comprenant le chemin qu'empruntait son enfant pour lui faire voir son erreur.
— Aujourd'hui, je peux affirmer avec certitude que tu ferais absolument tout pour me protéger de ce monde. Il m'a fallu du temps pour admettre que j'avais enfin trouvé une famille et qu'elle serait toujours là pour moi quoi qu'il se passe car ma famille m'aime… car tu m'aimes. Si moi, j'ai pu admettre une telle chose alors tu es capable d'admettre à ton tour que monsieur Lensherr n'avait pas tous les torts et que tu n'avais pas toujours raison. Tu concéderas donc que les humains ne sont pas aussi tolérants que tu le crois et qu'une cohabitation avec eux ne sera pas possible. Enfin, tu reconnaîtras que tu éprouves des sentiments amoureux envers monsieur Lensherr. Tu t'avoueras que tu l'as aimé et que tu l'aimes encore aujourd'hui.
Le télépathe se figea brusquement et il put entendre les battements de son cœur qui résonnaient dans ses oreilles. Il avait soudainement du mal à respirer et la pièce semblait plus étroite qu'un peu plus tôt. Charles mit une certaine distance entre lui et le jeune hybride, incapable de faire face à la vérité qu'il s'était efforcé de ne pas voir.
— Tu… tu te… trompes, bredouilla-t-il. Je…je…
— Tu l'aimes, le coupa Severus. Tu l'aimes et son absence te fait souffrir. Il souffre tout autant que toi, papa, et il a passé ces dernières années à culpabiliser à cause de ta paralysie. Tu ne peux pas continuer à te faire du mal ainsi. Je refuse de te voir souffrir un jour de plus. Arrête de jouer l'aveugle et accepte d'être heureux. Tu n'es pas Dieu, papa. Tu ne peux pas sauver la terre entière. Tu ne peux pas empêcher les humains de craindre la différence comme tu ne peux pas les empêcher de me voir comme un monstre, une simple expérience de laboratoire.
— Tu n'es pas un monstre, Severus, grogna Charles.
Son fils n'était pas une bête de foire, une expérience scientifique. Severus était un jeune incroyable qu'il avait appris à aimer et à connaître au fil du temps. Son enfant avait énormément souffert durant son enfance et il s'était battu durant ces derniers mois aux côtés d'Anthony pour permettre à Severus d'avoir un nouveau départ loin de ce passé douloureux qui l'avait brisé en mille morceaux.
— Non, je ne le suis pas, acquiesça-t-il.
Severus lâcha un soupir et se pinça l'arête du nez, las. Il était épuisé et avait peu dormi la veille. Il n'aurait jamais dû user de ses pouvoirs lors de sa rencontre avec le vieil ami de son père mais il avait été nécessaire pour lui de connaître les intentions de l'homme envers eux. Il n'avait pas été déçu par ce qu'il avait trouvé dans l'esprit du mutant.
— Anthony sera là dans une demi-heure, dit-il.
Charles hocha simplement la tête et Severus soupira une nouvelle fois, agacé par le mutisme de son père.
— Tu m'as demandé d'être heureux et je te demande à mon tour la même chose. Sois heureux, papa.
— Je suis heureux, fils. Je t'ai et c'est plus que suffisant pour faire mon bonheur.
Le maître des potions secoua la tête, exaspéré.
— C'est Logan qui a raison, tu es un âne. »
Le télépathe alla s'asseoir au coin de son lit et poussa un long soupir. Il ne s'était jamais senti aussi perdu de toute son existence. Son fils semblait croire qu'il était amoureux d'Erik mais lui, il n'en était pas si sûr. Il n'était plus certain de rien.
Il se releva et se tourna vers son lit, prêt à se rendormir mais tout son corps se raidit lorsqu'il aperçut l'homme qui se tenait à l'embrasure de la porte de sa chambre.
— Erik ? fit-il, surpris.
— Bonsoir, Charles.
Le télépathe était abasourdi. Il ne s'attendait sûrement pas à une visite aussi tardive et encore moins de la part de son ancien ami.
— Comment es-tu entré ? le questionna-t-il, perplexe.
— Je ne suis pas entré par effraction. J'ai été invité à venir te rendre visite quand je le souhaitais, répondit-il.
— Par qui ?
— Ton fils.
Charles resta silencieux et garda ses yeux rivés sur Erik qui se déplaçait lentement dans sa chambre, posant son regard sur chaque meuble de la pièce.
— Tu as un fils vraiment charmant et très intelligent, dit Erik. Votre pouvoir est similaire mais le sien est nettement plus puissant.
Erik arrêta de marcher et posa ses yeux sur les jambes du télépathe.
— Très puissant en effet, commenta-t-il. Il est ton fils mais il ne te ressemble pas. Niveau caractère bien entendu.
— Non, il ne me ressemble pas, acquiesça Charles. Severus est plutôt une somme de nous deux. Il est aussi doux qu'il peut être tranchant. Il ressemble à une mer calme avant la tempête qui peut déchaîner des vagues déferlantes sans qu'on ne s'y attende. Oui, il est le résultat de nos différences.
Erik regarda le professeur d'un air choqué et interloqué. Il ne pensait pas que le télépathe lui trouverait des points communs avec son fils. Il n'aurait jamais pu imaginer que son ancien ami puisse l'associer de près ou de loin à l'hybride. Il était surpris mais aussi agréablement touché de constater que le télépathe ne le détestait pas autant qu'il l'avait cru.
— Sais-tu qu'il ne partage pas ta foi en l'humanité ? demanda-t-il, curieux d'observer l'attitude du télépathe.
— Oui, répondit Charles. Et c'est lui qui a raison. J'ai eu tort durant ces dernières années de croire que les humains nous accepteraient tels que nous sommes.
Erik afficha un air complètement choqué et crut que la fin du monde était proche. Pour que Charles abandonne ainsi ce pourquoi il s'était battu pendant tout ce temps était impossible, impensable. Il avait fondé l'institut Xavier dans l'unique but de permettre à leurs semblables de s'intégrer aux humains, d'apprendre à se faire accepter. Alors, pourquoi changerait-il d'opinion si brusquement quand il avait été inflexible à ce sujet pendant longtemps ?
Il croisa le regard empli de chagrin et de remords de Charles.
— J'ai eu tort, Erik, murmura Charles, la voix vacillante. J'ai eu tort.
— Charles ?
— Sans Severus, je n'aurais peut-être jamais pu voir mes erreurs mais aujourd'hui, c'est différent. Je les vois et je peux me rendre compte combien j'ai été stupide de croire que c'était moi qui avais raison et toi qui avais tort. Nous défendions une même cause mais d'une façon tout à fait erronée. Nous étions trop extrémistes toi et moi. Nous aurions dû combiner nos forces plutôt que nous battre entre nous et je n'aurais jamais dû te laisser partir.
— Je t'avais fait du mal, répliqua Erik.
— Et je t'avais aussi blessé, protesta le télépathe. Je suis désolé, Erik.
— Moi aussi, mon ami. Moi aussi.
Il y eut un silence réconfortant dans la salle et Erik finit par prendre une décision, retira le casque qu'il portait sur sa tête et le posa sur la table de chevet près de l'entrée de la chambre. Charles l'observa avec incrédulité, incapable de croire ce qu'il voyait face à lui. Il y avait longtemps qu'il n'avait pu entendre les pensées de son vieil ami. Tellement longtemps qu'il frissonna lorsque son esprit effleura celui d'Erik.
— Je souhaiterais revenir, Charles, dit Erik.
Charles sourit tout simplement et combla la distance qui le séparait de son vieil ami.
— Bon retour à la maison, Erik.
Logan qui était derrière la porte sourit d'un air ravi. Il était heureux de constater que le professeur avait enfin fini par ouvrir les yeux. Il s'éloigna de la porte en bois et croisa le regard joyeux de Rogue.
— Tout le monde retourne au lit maintenant, ordonna-t-il aux jeunes mutants qui se tenaient cachés derrière les portes de leur chambre.
Il entendit certains adolescents qui s'exclamaient de joie pour le professeur Xavier tandis que d'autres s'interrogeaient sur la direction que prendrait la relation de leur fondateur avec Magneto.
— Bonne nuit, Logan, dit Rogue.
— Nuit, gamine.
La jeune mutante retourna dans sa chambre et ferma la porte derrière elle. Logan baissa les yeux, pensif. Il s'était attaché à cette jeune adolescente qu'il commençait tout doucement à considérer comme sa propre fille. Il se demandait si la relation du professeur et de Severus avait commencé ainsi. Si l'attachement qu'il ressentait envers Rogue s'intensifierait avec le temps, à tel point qu'il voudrait faire d'elle sa fille.
Quoi qu'il en soit, il avait un message à faire passer avant d'aller se coucher.
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Il raccrocha et posa le téléphone sur la table de chevet. Il était soulagé de savoir que son père s'était décidé à être heureux. Il sourit tout en caressant machinalement son ventre. Il avait participé au bonheur de son père et rien ne pouvait le rendre plus heureux à l'instant.
Le jeune maître des potions se leva de son lit et quitta la chambre silencieusement. Il descendit lentement les marches d'escaliers car il devenait épuisant pour lui de marcher dans toute la maison à la recherche de l'inventeur. Il pensait sérieusement à déménager sa chambre au rez-de-chaussée et à emporter le milliardaire avec lui car aux côtés d'Anthony, il faisait moins de cauchemars et dormait paisiblement durant toute la nuit.
Il traversa le salon et se dirigea vers le sous-sol de la maison où se trouvait le laboratoire du génie. Il tapa le code qui lui permettait d'entrer dans l'antre du moldu et chercha ce dernier au milieu des nombreuses pièces mécaniques qui jonchaient le sol de la salle. Il repéra l'homme qu'il cherchait sous une vieille voiture qu'il essayait de réparer depuis plusieurs semaines.
— Dum-E, clé à molette.
Severus attrapa l'outil en question et remit la clé au milliardaire qui sentit ses doigts contre la paume de ses mains. Tony glissa jusqu'à lui et se redressa, surpris.
— Tu n'étais pas supposé dormir toi ? le questionna Tony.
— Insomnie, répondit simplement l'hybride.
Tony le dévisagea un instant avant de se relever et d'essuyer ses mains sur un torchon.
— Pourquoi ne dors-tu pas ?
Severus soupira et prit place sur une chaise, épuisé par le petit trajet qu'il avait effectué pour venir voir le milliardaire.
— J'étais préoccupé par papa, répondit-il finalement.
— À quel sujet ?
— Au sujet de sa relation avec monsieur Lensherr, précisa Severus.
— Ah ! s'exclama Tony. Je vais finir par croire que Pepper déteint sur toi, chéri. Vous comptez ouvrir une agence matrimoniale ?
Le maître des potions fusilla l'inventeur du regard, exaspéré par les taquineries du moldu.
— Je ferais mieux d'aller me coucher, dit-il d'un ton sec.
Il se leva et était sur le point de quitter le laboratoire lorsqu'il fut retenu par Tony qui l'attrapa par le poignet pour le tirer vers lui. Son dos fut collé contre la poitrine du moldu et il sentit le souffle chaud de l'homme contre sa nuque.
— Pas si vite, l'enchanteur, dit Tony tout près de son oreille.
Tony entoura sa taille de ses bras et Severus se sentit rougir aussitôt de se trouver dans une telle position avec le milliardaire. Tony posa son menton sur l'épaule de l'hybride et passa sa main sous la chemise de nuit du maître des potions pour pouvoir toucher le ventre de ce dernier qui avait pris du volume ces derniers jours.
— Dis-moi, qu'est-ce qui te préoccupe tant ? lui demanda Tony.
— J'étais préoccupé, Anthony, corrigea-t-il.
— Tu ne l'es plus ?
— Non.
— Et qu'est-ce qui s'est passé en si peu de temps pour que tes inquiétudes soient apaisées ?
— Il a enfin admis ses sentiments et maintenant, il n'est plus seul.
— En couple avec cet Erik ? supposa Tony.
— Je ne sais pas mais au moins, il a récupéré son vieil ami, répondit l'hybride.
— Hum, fit simplement Tony.
Le moldu glissa son nez sur le cou du maître des potions et s'imprégna de l'odeur du jeune homme. Il traça des cercles invisibles sur le ventre de Severus tandis qu'il déposait des baisers sur l'épaule droite de l'hybride.
— An…Antho…Anthony ? bafouilla le maître des potions.
— Hum ?
— Tu…tu…tu…
Severus fut incapable d'aligner une phrase et sentit son corps répondre aux attentions du moldu. C'était la première fois qu'il était touché ainsi, la première fois qu'il avait l'impression qu'un feu était en train de naître au creux de ses reins pour se répandre dans tout son être, consumant tout sur son passage. Tony le retourna doucement vers lui et il rencontra les orbes d'un bleu profond du génie milliardaire. Il y avait dans ces prunelles un sentiment si profond et si intense qu'il eût la sensation intime d'être enveloppé par la chaleur de cette émotion.
Tony caressa tendrement sa joue, gardant toujours le contact visuel.
— Anthony ?
— Tu es tout ce dont je n'aurais jamais pu rêver d'avoir, Severus. Une personne qui me comprenne et m'accepte tel que je suis avec mes défauts et mes nombreuses qualités.
Severus renifla de dédain à la plaisanterie du milliardaire.
— Je n'ai pas eu l'impression d'avoir obtenu un produit de qualité, répliqua Severus. J'ai été floué sur la marchandise.
— Hey ! s'indigna faussement le moldu. Je te signale que j'ai été élu homme le plus sexy de l'année.
Severus haussa simplement un sourcil, blasé.
— Ils doivent certainement avoir un problème de vue, lâcha-t-il.
Tony le rapprocha de lui et glissa une main dans sa chevelure.
— Tu crois ? demanda le milliardaire dans un murmure.
— Oui, souffla Severus, respirant difficilement.
— Pourtant je suis certain que je ne te laisse pas indifférent, rétorqua Tony.
— Vraiment ?
— Oui, affirma le moldu. Je sais que tu ressens la même chose que moi. Je sais que tu ne peux pas te passer de moi comme il m'est impossible de rester loin de toi. Je sais que tu mates mon cul discrètement et j'adore te voir rougir lorsque je te prends en flagrant délit de voyeurisme. J'aime te voir perdre ton sang-froid lorsque je m'approche de toi.
Tony se baissa vers le visage du maître des potions et posa un baiser sur le front de ce dernier. Severus ferma les yeux, appréciant le contact des lèvres du milliardaire sur sa peau.
— Je n'imagine pas un avenir dans lequel tu n'es pas à mes côtés, poursuivit le milliardaire.
— Anthony…
— Je sais que tu as été blessé par le passé et que tu en as beaucoup souffert. Peut-être en souffres-tu encore aujourd'hui.
— Anthony, je…
— Chut, le fit taire Tony tout en posant un doigt sur ses lèvres. J'y pense depuis quelques jours et aurais souhaité te l'avouer autour d'un dîner aux chandelles mais nous savons tous les deux que tu détestes ces choses romantiques et que tu apprécies plus la sincérité des mots plutôt qu'un banal copier coller de films pour adolescentes en plein boom hormonal.
Tony prit ses mains dans les siennes et Severus fut happé par les émotions qui s'entrechoquaient dans les prunelles du moldu.
— Je souhaiterais t'avoir dans ma vie, Severus, pas uniquement en tant que la mère de notre enfant mais aussi en tant que mon partenaire, mon compagnon, mon meilleur ami, mon confident, ma moitié, continua le milliardaire.
— Je ne serais pas la mère, grogna Severus, irrité. Je suis un homme !
— Ouais mais t'es enceinte donc c'est toi qui tiendras le rôle de maman, argumenta l'inventeur.
— Anthony, gronda le maître des potions, horripilé.
— Bien, abdiqua Tony. Ne t'étonne pas lorsqu'il t'appellera maman plus tard.
Severus leva simplement les yeux au ciel. Il se demandait comment il faisait pour supporter un homme tel qu'Anthony Edward Stark.
— Il m'appellera « papa » et pas autrement, s'énerva le maître des potions.
— D'après les paris que nous tenons depuis un mois, 75% de la famille pense que mini Stark t'appellera maman.
— Des paris ? releva l'hybride, interloqué. Quels paris ?
— Eh bien, tout a commencé avec Logan qui a parié avec Kitty que notre enfant te considérerait comme une maman et non comme un père. Puis tout le monde a voulu parier et puisque je suis le père, il était normal que j'y participe, expliqua Tony.
Severus grinça des dents, les poings serrés.
— Et tu as parié sur le fait que je serais la mère, devina-t-il.
— Bien sûr.
— Et papa ? A-t-il participé à cela ?
— Oncle Charles s'est joint à nous bien sûr mais il a préféré garder secret ce sur quoi il a parié.
— Et qui a pris les paris ? questionna Severus.
— Jean, répondit le milliardaire.
Ce fut l'ingrédient de trop qui fit exploser le chaudron.
— Vous avez tous parié sur comment m'appellerait mon enfant dans mon dos ? Comment as-tu pu te laisser entraîner dans un tel jeu ? Je ne suis pas une femme, Anthony Stark, mais un homme. Ce n'est pas parce que je porte notre enfant que vous devez me considérer comme…
— Je t'aime, le coupa Tony.
— …comme une femme… Quoi ?
— Je t'aime, répéta l'inventeur.
Tony prit le visage de l'hybride entre ses deux mains et planta son regard bleu dans celui onyx du maître des potions.
— Je t'aime et je voudrais que tu sois à moi.
— Anthony…
— Je promets de tout faire pour te rendre heureux et d'être toujours là pour toi. Je ne dis pas que notre vie sera un long fleuve tranquille et que nous ne traverserons pas des périodes difficiles mais tant que nous serons ensemble, je pense que nous pourrons affronter tous les obstacles qui se dresseront sur notre chemin. Tant que nous aurons confiance l'un en l'autre, nous pourrons tout surmonter. Veux-tu être à moi Severus Charles Xavier ?
— Est-ce une demande en mariage, monsieur Stark ? l'interrogea Severus.
— Non, répondit Tony. Pour la demande en mariage, je prévois quelque chose de bien plus grandiose qu'une déclaration d'amour dans un laboratoire privé.
— Je t'appartenais déjà, Anthony. Tu n'as pas besoin de demander d'avoir quelque chose qui était tien.
— Alors puis-je ravir les lèvres de l'homme qui m'appartient ? demanda Tony d'une voix suave.
— Oui, répondit Severus d'une voix à peine plus haute qu'un murmure.
Et le moldu ne se le fit pas dire une seconde fois. Il rapprocha le corps de l'hybride contre le sien et effleura doucement les lèvres de Severus avant d'approfondir le baiser, goûtant pour la première fois aux lèvres du maître des potions qui l'avaient tant fasciné ces dernières semaines.
— Je…
Severus fut coupé dans sa phrase par le bruit d'une explosion qui retentit dans toute la maison et fit sonner les alarmes.
— Qu'est-ce qui se passe ? demanda Severus.
— Monsieur, nous sommes attaqués, lança le majordome qui se précipita vers eux.
Tony resserra son étreinte autour du maître des potions et réfléchit aussi vite qu'il le pouvait pour trouver une solution. Il posa un regard frénétique sur le laboratoire avant de reposer ses yeux sur Severus.
— Occupe-toi de lui, Jarv', et contacte Rhodey et le professeur, ordonna Tony. Pendant ce temps, je vais essayer de retenir nos assaillants.
— Anthony…
— Je ne discuterais pas sur ce point avec toi, merlinus. T'es enceinte jusqu'aux yeux et t'as assez joué au magicien comme ça pendant mon absence. Tu te rappelles ? T'es puni.
— Anthony, penses-tu que c'est…
Une autre explosion retentit à nouveau et cette fois-ci, une grande partie de la demeure disparut sous l'impact. Tony recouvrit le maître des potions de son corps pour le protéger. Un tremblement secoua la maison et des fissures importantes apparurent sur les murs du laboratoire.
— Servilus ! Montre-toi, sale serpent visqueux ! Je sais que tu te caches ici, cria une voix enragée.
L'hybride reconnut aussitôt la voix et se raidit brusquement dans les bras de l'inventeur.
— Tu le connais ? l'interrogea Tony.
Severus hocha simplement la tête.
— Un connard de ton passé ?
— Black, précisa l'hybride.
Tony qui connaissait l'histoire du maître des potions poussa un grognement et se releva d'un bond, une colère monstrueuse déformant les traits nobles de ce visage.
— Comment ce connard peut-il oser se pointer chez moi, tout mettre en feu et menacer vos vies ?
Dire que Tony Stark était en colère était un euphémisme. Tout son être bouillonnait de rage et n'aspirait qu'à une seule chose, la vengeance.
— Reste ici avec Jarvis. Le laboratoire est l'endroit le plus sûr de la maison.
— Anthony, Black est un sorcier et toi, un…
— Un inventeur de génie, l'interrompit le milliardaire. Je crée des armes depuis que je suis capable de marcher, merlinus. Je suis le meilleur dans mon domaine et crois-moi que ce sorcier ne fait pas le poids face à mon génie.
Tony se dirigea vers l'étagère en verre qui contenait ses dernières inventions et se saisit de la récente arme qu'il venait de créer pour l'armée américaine. Une de ses dernières inventions qu'il affectionnait tout particulièrement car il avait inventé cette arme dans le but de défendre le maître des potions d'un potentiel danger magique. Il ne se serait jamais douté qu'il utiliserait cette arme si tôt.
— Pas de magie dans mon dos, okay ? Pas de télépathie ni quoi que ce soit qui puisse mettre la vie de notre bébé en danger, d'accord ?
Severus se pinça la lèvre inférieure, hésitant. Il était conscient qu'il ne devrait plus utiliser ses pouvoirs jusqu'à la naissance de leur fils mais Black menaçait leurs vies et sans ses pouvoirs, il était faible face au sorcier. Il ne pourrait pas se défendre et serait incapable de protéger Anthony. Se sentir aussi démuni le rendait fou. Sa rencontre avec Erik Lensherr l'avait vidé de toutes énergies et le médicomage qu'il avait consulté la semaine dernière lui avait prescrit du repos et rien que du repos, qu'une utilisation de ses pouvoirs, qu'elle soit magique ou mutante pourrait coûter la vie à son bébé et mettre en danger la sienne. Le médicomage avait assuré qu'il récupèrerait très vite ses capacités après son accouchement mais en attendant, il devait être extrêmement prudent. Pour cette raison qu'il lui était interdit de se rendre au manoir Xavier car la promiscuité avec des êtres surnaturels activait inconsciemment ses pouvoirs de mutants.
— Promets-le, Severus.
— Je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour ne pas intervenir, promit-il.
Tony l'embrassa une dernière fois avant de s'armer d'un pistolet high-tech et de quitter précipitamment le laboratoire. Severus se tourna vers Jarvis et prit la main que lui tendit le majordome.
— Tout ira bien pour monsieur Stark. Il sait se défendre, le rassura le majordome.
Severus ne put que prier pour que tout se passe bien pour l'inventeur. Il entendit à peine le majordome qui discutait au téléphone avec le meilleur ami du moldu pour le prévenir de l'attaque qui se déroulait en ce moment.
Pendant ce temps, Tony sortit lentement du laboratoire et évalua les dégâts qui avaient été causés dans la maison. Il traversa des gravas de ce qu'il restait du salon et leva les yeux vers le plafond qui semblait être sur le point de s'écrouler. Tout partirait en décombres dans peu de temps et tout ce qu'il avait mis du temps à bâtir se verrait réduire en ruines.
Il baissa les yeux vers le sol et se concentra sur les voix qui lui semblaient provenir de l'extérieur.
— Arrête Sirius, tu risques de blesser quelqu'un, supplia une voix masculine.
— Lâche-moi, Remus. Je vais tuer ce salopard, grogna une autre voix.
Tony se dirigea vers les voix, son arme en mains et sans hésiter, tira sur les deux hommes qui se tenaient à l'entrée de sa demeure.
— Protego maxima, répliqua Sirius.
Le sorcier fit apparaître une bulle protectrice qui le protégea lui et son ami du tir du moldu.
— Sois vous dégagez de chez moi soit vous finirez en cendres, avertit le moldu.
Sirius se releva et posa son regard gris étonné sur le génie milliardaire qui lui faisait face.
— T'es qui toi ? le questionna le jeune Black, confus.
— Tony Stark, répondit le moldu. Le petit-ami soit dit en passant de Severus.
— Où est ce sale mangemort ? Où a-t-il caché mon filleul ? Où l'a-t-il séquestré ? l'interrogea aussitôt l'animagus.
— D'abord petit merdeux de sa race, tu parles autrement de mon petit-ami, okay ? Ensuite, pour qui tu te prends pour venir chez moi, détruire ma maison et menacer la vie de mon homme ? grogna Tony, furieux.
— Ton petit-ami ? Sais-tu que cet homme est un assassin et qu'il a kidnappé un enfant ? répliqua Sirius d'un ton hautain.
— Je connais parfaitement Severus et je sais aussi que tout sorcier qui lève la main sur lui ou menace sa vie sur le territoire américain encourt une peine de prison, rétorqua Tony. Donc si j'étais toi, je me casserais vite fait avant que les choses n'aillent vraiment mal pour toi.
— Sirius, l'interpella Remus qui essayait de le raisonner depuis leur départ de l'Angleterre.
— Je ne partirais pas d'ici sans mon filleul, cracha le sorcier, borné. Où est Harry ? Où l'a-t-il caché ?
— Tu ferais mieux d'aller chercher ton filleul ailleurs car Severus n'est pas un kidnappeur d'enfants. Il n'a enlevé personne et à moins que tu n'aies des preuves de ce que tu avances, dégage d'ici avant que je ne me mette sérieusement en colère.
— Sirius, partons d'ici, je t'en prie, le supplia à nouveau le loup-garou.
— Je ne partirais pas d'ici sans mon filleul, déclara fermement l'animagus.
— Et moi je ne te permettrais pas de lever la main sur mon homme, répliqua le moldu, déterminé.
Note de fin de l'auteure : Sirius est enfin arrivé et bien que je puisse aimer ce personnage, je le déteste pour tout le mal qu'il a fait à mon Sevy donc dans le prochain chapitre, Siri va en baver.
Pensez-vous que Severus tiendra sa parole et qu'il n'interviendra pas dans cette bataille ?
Dans le prochain chapitre, un personnage mourra. Lequel selon vous ?
À bientôt pour la suite.
Omega Hannah.
