Note de l'auteure : Je ne cache jamais mon bonheur lorsque vous me laissez autant de commentaires. J'en hurle toujours de joie et ne peux m'empêcher de faire la danse de la victoire. Lol. Je vous remercie tous pour ces 41 commentaires et ce serait vraiment sympa si vous m'en laissiez toujours autant :p

Vous avez raison, Sirius peut être un véritable con lorsqu'il le souhaite et cette attitude a toujours été agaçante car c'est un personnage qui est intéressant. Quant à Remus, je l'ai toujours trouvé trop laxiste envers ses amis et il a adopté pendant longtemps une attitude lâche qui m'a toujours fait bondir. Et ces deux personnages compliqueront l'histoire à cause de leur comportement car Tony n'est pas du genre à se laisser impressionner ou emmerder.

Je vous remercie pour la fidélité dont vous faites preuve envers cette histoire. Bonne lecture et à très bientôt pour un nouveau chapitre.


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13

Dans la douleur

L'hybride ne s'était jamais senti aussi faible de toute sa vie et cette peur qu'il ressentait tout au fond de ses entrailles n'arrangeait en rien la situation dans laquelle il se trouvait. Anthony faisait face à un sorcier qui était non seulement puissant mais qui en plus était aguerri dans le domaine de la magie. Il était inquiet pour le moldu et rageait de ne pouvoir rien faire pour lui venir en aide.

— Monsieur, votre père au téléphone, l'informa le majordome.

Severus sortit brusquement de ses pensées et regarda le téléphone, désorienté, avant de reprendre ses esprits et de répondre à l'appel.

— Père.

— Comment vas-tu, Severus ? Es-tu blessé ? Et l'enfant ?

— Nous allons bien pour l'instant. Ne t'en fais pas, le rassura-t-il immédiatement.

— Nous serons là dans dix minutes.

— Vos pouvoirs…

— Uniquement Erik, Ororo, Logan et moi, assura le télépathe.

— Anthony se bat contre lui. Il est seul face à Black et je ne peux rien faire pour l'aider.

— Tu ne bouges pas de l'endroit où vous êtes, Severus. Nous serons là au plus vite pour prêter mains fortes à Anthony mais en attendant, si tu souhaites l'aider, ne fais rien qui puisse mettre vos vies en danger. Compris ?

— Compris, bougonna le maître des potions.

Il raccrocha sans plus tarder et remit le téléphone au majordome qui s'installa à ses côtés. L'homme enceint tendit l'oreille vers l'étage mais ne perçut rien qui puisse le permettre de savoir comment se déroulait le duel. Il serra ses poings dans ses mains et planta ses ongles dans ses paumes, ignorant la douleur qui traversa ses membres.

— Je ne me pardonnerais jamais s'il lui arrivait quelque chose, dit-il d'une voix chevrotante.

Jarvis s'adossa contre le mur et posa un regard lointain sur une fissure du laboratoire.

— Vous savez, j'ai pratiquement élevé monsieur Stark, ébaucha le vieil homme.

Severus tourna la tête vers Jarvis et attendit patiemment que l'homme poursuive son récit, curieux de découvrir un peu plus du passé de l'homme qu'il avait appris à aimer ces derniers mois.

— C'était un enfant extrêmement doué, trop intelligent pour un enfant de son âge, poursuivit Jarvis. Comme vous le savez, monsieur Stark n'était pas très proche de son père. Il a longtemps souhaité être un fils modèle pour monsieur Howard mais aucun de ses efforts ne valut une appréciation ou un encouragement. Il n'était jamais assez intelligent pour monsieur Howard mais cela n'empêcha pas monsieur Stark de persévérer jusqu'au jour où il fit une découverte qui écorcha profondément son âme. Peut-être ne devrais-je pas vous en parler car c'est à monsieur Stark de vous le confier mais pour l'avoir élevé et vu grandir, je sais qu'il préfèrera taire cela.

— Alors il serait plus sage de ne pas m'en parler, dit Severus.

Jarvis secoua la tête et plongea son regard dans celui de l'hybride. Il y avait dans les yeux du majordome anglais tant de peine et de remords que le maître des potions aurait souhaité effacer ses sentiments du regard autrefois bienveillant du vieux moldu.

— Vous êtes la seule personne sur laquelle il pourra désormais compter.

— Comment ça « la seule » ? demanda l'hybride, perdu.

— Il ne me reste plus qu'un mois à vivre, monsieur, annonça platement le majordome.

Il fallut un certain temps avant que l'information n'arrive au cerveau de l'hybride. Severus sentit ses yeux le piquer et une larme tomba lentement sur sa joue.

— Je vous prie de m'excuser d'avoir à vous l'annoncer ainsi mais mes jours sont comptés et j'aimerais partir l'esprit tranquille en sachant que vous prendriez soin de monsieur Stark.

Severus était abasourdi et ne sut quoi dire à l'homme. Il avait mal, non seulement pour le majordome mais aussi pour Anthony qui souffrirait énormément de la perte du vieil anglais.

— Jarvis, je…

— Il est inutile de dire quoi que ce soit, monsieur, le coupa Jarvis. Je suis informé de ma situation depuis un certain temps et ce n'est qu'une étape normale de notre évolution : naître, grandir et mourir.

— Depuis combien de temps le saviez-vous ? l'interrogea Severus.

— Détail peu important, répondit Jarvis.

— Peu important ? Vous allez mourir, Jarvis ! Comment cela peut-il être peu important ? s'insurgea le maître des potions, les larmes dans les yeux. Il va être dévasté, Jarvis. Il…il va…il sera…

— Oui, il va être peiné par mon décès mais vous serez là pour atténuer sa douleur et elle disparaîtra avec le temps.

— Avez-vous vu des spécialistes ? Que disent-ils ? Peut-être pourrions-nous faire quelque chose ? De quelle maladie parlons-nous ? Une guérison pourrait être possible avec la magie. Dans mon monde nous avons d'excellents médicomages, ils pourraient sûrement y faire quelque chose. Peut-être pas une guérison mais un rallongement de votre vie, débita nerveusement l'hybride.

Jarvis posa une main sur la sienne et Severus leva la tête pour rencontrer le regard du majordome.

— Monsieur Stark a toujours été comme un fils pour moi et croyez-moi, j'en souffre bien plus que vous ne pourrez l'imaginer, confia-t-il.

Severus resserra la main du majordome et n'essaya pas de retenir ses larmes car la perte de Jarvis allait être aussi douloureuse pour lui. Il s'était habitué à la présence du vieil homme dans leur vie et avait toujours pensé qu'il l'aiderait dans l'éducation de l'héritier de la famille Stark.

— Le jour de son quinzième anniversaire, monsieur Stark a appris qu'il avait été adopté, révéla le majordome.

— Adopté ? releva Severus, choqué.

— Oui, confirma Jarvis. Cette nouvelle fut un choc pour monsieur Stark et il en a longtemps voulu à madame Stark de ne pas lui avoir dit la vérité plus tôt et à monsieur Howard de ne jamais l'avoir considéré comme son fils. À partir de cet instant, monsieur Stark devint une autre personne et c'est ainsi que débuta les célèbres frasques de l'héritier de l'empire Stark. Je ne pus rien faire pour apaiser la souffrance de monsieur et le regardais décliner, impuissant. Puis le décès de ses parents quelques années plus tard le plongea un peu plus dans l'alcool. Ensuite, vous êtes arrivé, tel un ange descendu du ciel, dans sa vie. Vous apportez tellement à monsieur que je ne saurais vous remercier pour tout ce bien.

— Je n'ai rien à voir dans la transformation d'Anthony, protesta l'hybride.

— Je puis vous assurer du contraire, monsieur, répliqua le majordome. Quoi qu'il en soit, j'ai besoin que vous me promettiez quelque chose.

— Tout ce que vous voudrez.

— Ne cessez jamais de l'aimer. Il arrivera un moment dans votre relation où il testera vos limites et certainement vous trompera-t-il mais gardez toujours en tête qu'il essaie simplement de tester la force de votre amour.

— Vous avez ma parole que l'amour que j'éprouve pour Anthony ne cessera jamais de croître et que rien ni personne ne pourra me séparer de lui, promit le maître des potions.

Le majordome fut satisfait et ouvrit la bouche pour remercier l'hybride mais une autre explosion à l'étage l'interrompit dans sa lancée. Ils entendirent un léger craquement et Jarvis chercha la source du bruit. Il finit par la trouver et poussa juste à temps l'hybride hors de la trajectoire d'une partie du plafond qui tomba lourdement sur le sol, faisant vibrer la terre.

Severus se mit brusquement à tousser, l'air poussiéreux emplissant ses poumons.

— Jarvis ?

Il se releva doucement et rampa avec précaution autour des débris du laboratoire.

— Jarvis ? héla-t-il à nouveau, la voix teintée d'inquiétude.

— Tout va bien, finit par répondre le majordome d'une voix rocailleuse.

Le maître des potions détecta aussitôt que quelque chose n'allait pas et trouva le majordome assis dans un coin de la salle en grande partie détruite, une tâche de sang s'agrandissant au niveau de son épaule droite.

— Merlin ! Jarvis, vous êtes blessé ! s'exclama le potionniste.

— Une simple blessure à l'épaule, monsieur, dit Jarvis. Rien de mortel. Et vous, comment allez-vous ?

— Aucune blessure, répondit Severus.

— Nous devrions quitter cet endroit au plus vite avant que nous ne soyons enterrés vivants ici, dit le majordome.

Severus aida l'homme plus âgé à se relever et ils quittèrent le laboratoire sans plus tarder. Lorsqu'ils atteignirent l'étage supérieur, Jarvis sortit son arme et fit signe au maître des potions de rester en retrait dans son dos. Les mutants étaient déjà sur place en train d'esquiver des attaques magiques. En arrivant à leur niveau, Jarvis aperçut un duo de jeunes hommes qui maniaient des bouts de bois avec une précision froide, automatique et inexorable comme si la magie qu'ils semblaient détenir grâce à leur baguette leur permettait d'écraser, de piétiner et de détruire tout ce qui se trouvait sur leur chemin.

Il repéra assez rapidement son jeune maître qui s'était replié dans un coin pour reprendre son souffle. Il suivit le regard du brun aux yeux bleus et remarqua que ce dernier avait les yeux posés sur le maître des potions, perdant un instant sa concentration sur le combat.

Jarvis leva son fusil et tira. Ses balles rencontrèrent une barrière translucide. Il évita de justesse une lumière rouge qui fonçait dans sa direction et qui s'écrasa contre un mur, faisant exploser ce dernier.

— Sors d'ici, Severus, lança Tony à son compagnon.

L'hybride hésita un instant à obéir, mitigé entre son désir d'aider et de protéger l'enfant qu'il portait en son sein. Il avait donné sa parole au moldu qu'il n'interviendrait pas dans cette bataille mais il était difficile de rester spectateur sans pouvoir rien faire. Il constata que le jeune milliardaire était épuisé et qu'il avait reçu quelques coupures sur le visage. Il n'était pas capable d'estimer l'étendue des dégâts et ne savait pas si Anthony était blessé car si le moldu avait une blessure, il la cachait plutôt bien.

Ce moment d'inattention servit grandement le jeune Black qui retourna sa baguette magique vers le maître des potions et lança un maléfice à ce dernier.

— Severus ! hurla Tony, horrifié.

Severus eût à peine le temps de voir le sortilège qui ricocha sur une barrière métallique qui était soudainement apparut comme bouclier de protection devant l'hybride. Il tourna la tête vers Erik Lensherr qui croisa son regard. Un bref échange silencieux entre les deux hommes et Erik hocha simplement la tête.

— Dégage d'ici, Xavier, lança Logan qui sortit ses griffes.

Sirius réussit sans grande difficulté à se débarrasser d'Ororo en lui lançant le maléfice de Jambes en coton avant de se diriger d'un pas furieux vers le maître des potions.

— Snape, cracha-t-il avec venin. Viens te battre, espèce de lâche !

— Pas d'chance, mon gars. Xavier est indisponible pour le moment. Reviens lorsqu'il aura accouché pour recevoir la raclée de ta vie mais pour l'instant, permets-nous de te montrer qu'on ne s'attaque pas à un homme enceint sans défense, répliqua Logan.

— Enceint ?

Sirius darda son regard sur le maître des potions et écarquilla les yeux, stupéfait, lorsqu'il remarqua enfin pour la première fois le gros ventre de l'hybride.

— Ouais, enceint.

Sirius tout comme Remus furent abasourdis. Ils étaient loin de se douter qu'ils feraient face à un ancien Serpentard enceint jusqu'aux yeux. Remus baissa sa baguette et ne voulut plus continuer ce combat car au départ, il s'en était mêlé uniquement pour protéger son ami. Il ne souhaitait pas que Sirius soit blessé et avait donc dû prendre part au duel pour veiller sur le Gryffondor. Jamais il n'avait voulu en arriver là. Il avait tenté de raisonner Sirius mais ce dernier n'avait pas souhaité entendre raison, arguant qu'il était certain que Snape avait kidnappé son filleul.

Sirius reprit rapidement contenance et fusilla le maître des potions du regard.

— Je suis venu récupérer mon filleul, Snape. Où est-il ?

— Comme tu peux le constater, je n'ai pas ton filleul, Black, répondit sèchement le potionniste.

— Tu n'es qu'un sale menteur. Tu étais à la maison des Potter la nuit de leur décès.

— Oui, j'y étais mais je n'ai pas kidnappé ton filleul.

— Tu mens, Snape. Mon filleul a disparu la même nuit. Tu l'as kidnappé et je veux le récupérer.

— Je répète plus lentement pour que tu comprennes, Black, je n'ai pas kidnappé ton filleul. Tu as assez fait de dégâts comme ça alors tu ferais mieux de retourner d'où tu viens si tu ne veux pas envenimer un peu plus la situation.

— Sirius, l'interpella Remus.

— Vous devriez quitter les lieux au plus vite car si vous persistez dans votre folie, vous pourriez bien finir derrière les barreaux, dit Charles d'une voix calme.

Sirius ne comptait pas entendre raison et était bien décidé à prouver qu'il avait toujours eu raison. Severus Snape avait kidnappé son filleul et quoi qu'on lui en dise, il ne croirait jamais en l'innocence de l'hybride car ce dernier était un Serpentard et les étudiants de cette maison étaient connus pour être des personnes viles et cruelles.

Impedimenta !

— Sirius ! cria Remus.

Severus fut secouru une nouvelle fois par Erik qui repoussa le sortilège.

— Jarvis, fais-le sortir d'ici, ordonna Tony.

Le majordome acquiesça et attrapa le maître des potions par le bras, le tirant vers la sortie.

— Reviens ici, espèce de lâche ! hurla Sirius en colère.

Sirius fit soudainement éclater sa colère et perdit le contrôle de ses émotions, aveuglé par une puissante haine. Remus qui surveillait ses arrières ne reconnut pas son ami et resta sans bouger, observant avec effroi le spectacle qui s'offrait à lui. Il entendit le bruit des transplanations au dehors et toute une troupe d'Aurors américains fit irruption dans le bâtiment, aussitôt suivi par un jeune homme de couleur basané, habillé en tenue militaire, une arme à la main. L'homme accourut vers le compagnon de Severus et s'enquit de son état de santé.

— Comment vas-tu ? demanda Rhodey.

— Je tiens le coup, répondit simplement Tony.

Rhodey examina rapidement le terrain et évalua les dégâts. La demeure de son meilleur ami tombait pratiquement en ruines et les réparations d'un tel désastre coûteront très chères à son ami. Bien qu'il soit extrêmement riche, Tony détestait qu'on puisse détruire ce qu'il avait mis du temps à bâtir. Il détourna sa concentration de son meilleur ami et jeta un coup d'œil à la bataille qui avait débuté entre les Aurors et Black. Rhodey fut impressionné par les sorts qui étaient échangés entre les deux camps.

Sirius n'était pas prêt à abandonner, pas aussi facilement alors qu'il était si prêt de son but. Il ne permettrait pas aux Aurors américains de gâcher sa mission. Il ne quitterait pas ce pays sans son filleul. Il prouverait à toutes ces personnes que Snape était un horrible personnage, prêt à tout pour servir ses sombres desseins.

Il inspecta le nombre d'hommes qui l'entouraient et serra sa baguette dans sa main, prêt à tout pour récupérer l'enfant de son meilleur ami. Il savait qu'Harry était vivant. Il en avait la plus profonde conviction et tant qu'on ne lui démontrera pas le contraire en lui présentant le cadavre de son filleul, il continuerait de croire qu'il était quelque part, emprisonné par l'ancien Serpentard.

Confringo !

— Aux abris ! hurla un Auror.

Une grande explosion retentit dans ce qui restait du hall d'entrée et Sirius profita de la distraction causée par la fumée pour quitter la demeure à la poursuite du maître des potions. Il rattrapa bien vite Severus qui marchait péniblement aux côtés de Jarvis. Il paraissait épuisé et essoufflé.

— Mon filleul, Snape, grogna Sirius d'une voix menaçante.

Jarvis se plaça devant l'hybride, le mettant à l'abri dans son dos. Il menaça le sorcier de son arme, sachant pertinemment qu'il ne lui restait que très peu de balles.

— N'avez-vous donc pas honte de vous attaquer à un homme qui ne peut guère se défendre ? le questionna Jarvis.

Le majordome tentait de faire diversion, essayant de gagner un peu de temps. Il fit discrètement signe au maître des potions de se préparer à fuir vers la maison la plus proche.

— C'est un mangemort ! lâcha Sirius, enragé. Il a tué et torturé des centaines de personnes. Il n'a eu aucune pitié pour les sorciers et sorcières qu'il a massacré avec ses copains.

Jarvis donna un léger coup de coude à l'hybride et fit feu aussitôt vers le sorcier anglais.

Protego ! se protégea Sirius.

Severus s'échappa aussi vite qu'il le put et se dirigea vers la maison la plus proche. Il frappa à la hâte à la porte et cette dernière s'ouvrit au premier coup. Il fronça les sourcils, intrigué, mais n'eût pas le temps de se poser plus de questions et pénétra dans la demeure dans l'espoir d'y trouver refuge temporairement.

Sirius s'énerva et contrattaqua immédiatement, se fichant éperdument que l'homme qui lui faisait face était âgé, de surcroît moldu.

Repulso !

Jarvis reçut le sort de plein fouet et fut éjecté à une dizaine de mètres, son corps entrant en collision avec une voiture stationnée.

— Jarvis !

Tony se précipita vers le majordome et s'agenouilla près du vieil homme. Il sentit son cœur se comprimer dans sa poitrine lorsqu'il vit du sang qui coulait abondamment sur le visage de l'homme.

— Hey ! Jarv', fit Tony.

Jarvis cracha du sang et posa un regard vitreux sur le génie milliardaire. Il leva lentement une main vers Tony et la posa sur la joue de ce dernier.

— Vous…vous... aurez une belle famille... monsieur, bafouilla Jarvis.

— Oui, une magnifique famille et tu seras là pour veiller sur mini-moi, dit Tony, un sanglot dans la gorge. Tu t'en occuperas comme tu as su si bien prendre soin de moi.

— Je n'aurais jamais pu rêver d'avoir meilleur fils que vous, monsieur, murmura le majordome.

— Pas de conneries, Jarv'. Tous deux nous savons que j'ai été un horrible gamin et que je t'en ai fait baver.

— Oui, convint Jarvis dans un souffle, mais ce furent les bêtises de mon enfant.

Et le vieil anglais s'éteignit sans plus de mots, un léger sourire au coin des lèvres, son bras tombant lourdement sur le côté.

— Jarvis ? s'affola Tony. Jarvis ? Hey, Jarv', allez ne me fais pas ça. T'as jamais été bon pour les blagues. Elles n'ont jamais été drôles et je peux t'assurer que t'es toujours aussi nul donc tu peux maintenant rouvrir les yeux. Allez, Jarv'.

Tony leva des bras tremblants vers le majordome, des larmes roulant sur ses joues.

— S'il te plaît, Jarv', ne me fais pas ça. S'il te plaît, supplia-t-il en pleurs. Rouvre les yeux, je t'en prie et je te promets que je boirais de ce thé horrible avec toi. Allez, Jarv'.

Mais c'était fini, Jarvis avait rendu son dernier soupir et qu'importait les suppliques du jeune milliardaire, le majordome ne se réveillerait plus jamais.

— Jarvis ! hurla-t-il dans un sanglot.

Severus entendit un hurlement dans la rue et un frisson glacé parcourut tout son corps. Il ressentit comme un étau enserrant douloureusement son cœur et il voulut se précipiter à l'extérieur mais une détonation à l'intérieur de la maison piqua au vif sa curiosité et le silence qui avait suivi ce bruit le rendit légèrement nauséeux. Il traversa un salon modeste et jeta à peine un regard sur les photos de famille qui étaient posées sur la cheminée. Il eût soudainement comme une impression de déjà-vu et son cœur s'arrêta quelques secondes lorsque son regard se posa sur un cadavre. Il tituba légèrement sur ses pieds et se tint contre le mur pour ne pas vaciller. Sa respiration se fit haletante et il voulut quitter au plus vite cette demeure. Sa place n'était pas ici. Il souhaitait retrouver les bras réconfortants d'Anthony car il n'y avait qu'au creux de l'étreinte chaleureuse du moldu qu'il se sentait en sécurité.

Il enjamba le corps de l'homme sans vie qui gisait dans les escaliers et monta à l'étage, son cœur battant la chamade. Il traversa un corridor très peu éclairé et entendit des pleurs d'enfant provenir d'une des pièces de l'étage. Il suivit les bruits et ce qu'il vit le refroidit subitement. Une femme d'une trentaine d'années aux cheveux châtains et aux yeux noisettes, vêtue d'une nuisette. Elle était adossée contre un berceau, tenant un bébé dans ses bras, une arme à feu posée à sa gauche recouverte de sang. Severus remarqua dans un angle de la chambre, le corps d'un homme habillé en combinaison noire.

La femme leva les yeux vers lui.

— Mon mari ? demanda-t-elle.

Il comprit tout de suite qu'elle faisait allusion à l'homme qui gisait sans vie dans les escaliers de leur maison. Il resta silencieux et la femme sut qu'il n'y avait plus aucun espoir pour lui. Elle sourit tristement et déposa un baiser sur le front de l'enfant qui sanglotait dans ses bras.

Elle scruta le jeune homme qui était entré dans sa maison et si elle avait été dans une autre position, elle se serait sûrement étonnée de voir un homme enceint mais l'heure n'était pas aux questions inutiles. Elle serra son enfant dans ses bras, ne souhaitant pas le lâcher mais tout était perdu maintenant.

— Accorderiez-vous une faveur à une mère qui est sur le point de mourir ? demanda-t-elle.

Et l'hybride sut à cet instant pourquoi il avait une impression de déjà-vu. Était-ce donc son destin de voir des femmes aussi courageuses perdre la vie et remettre en ses mains leur bien le plus précieux ?

Il hocha simplement la tête.

— Prenez soin de mon Peter, s'il vous plaît. Tant qu'il sera un Parker et tant qu'il vivra, sa vie sera en danger et celle de nos proches aussi alors prenez-le. Je vous en prie.

— Vous seriez prête à confier votre enfant à un parfait étranger ?

— Un étranger enceint ? Oui.

Severus n'avait guère besoin d'utiliser ses pouvoirs pour savoir que la femme pensait sincèrement ses mots mais aussi, que cette dernière souffrait énormément. Il aurait voulu la soulager et tenter de la guérir mais il avait promis à Anthony qu'il n'utiliserait pas ses pouvoirs, qu'il n'essayerait pas de mettre la vie de leur enfant en péril.

— S'il vous plaît, supplia la femme.

Severus aurait voulu dire non et dire à cette femme que son enfant serait certainement mieux auprès de ses proches mais qui était-il pour aller à l'encontre des derniers vœux d'une femme mourante ? Il avait déjà exaucé les souhaits d'une autre, d'une amie alors pourquoi pas ceux d'une étrangère ?

Il afficha une certaine réticence mais décida tout de même de consentir aux souhaits de la femme et il prit l'enfant qu'elle lui remit. Peter se mit à pleurer de plus belle et semblait inconsolable. Severus ajusta l'enfant dans ses bras qui semblait être âgé d'un an tout au plus. Il tenta de le bercer pour calmer ses pleurs mais rien n'y fit.

— Pourriez-vous me dire son âge et le…

Il stoppa brusquement sa phrase lorsqu'il remarqua avec effroi que madame Parker avait rendu l'âme. Il se baissa pour vérifier son pouls et il ne sentit absolument rien. Elle était morte, lui confiant son enfant.

Severus aurait pu éclater de rire face à la situation dans laquelle il se retrouvait et qui lui rappelait douloureusement sa dernière conversation avec sa meilleure amie et tout ce que cela avait entraîné dans sa vie.

Il berça l'enfant et apaisa les pleurs de Peter en lui fredonnant une berceuse. Il balaya d'un regard la chambre et quitta précipitamment la pièce lorsqu'il entendit les sirènes de la police moldue. Il sortit de la maison et remarqua qu'un dôme bleutée entourait un périmètre bien précis du quartier, empêchant les policiers moldus d'y pénétrer.

— Sirius Black, vous êtes en état d'arrestation, déclara l'un des Aurors.

Sirius avait été plaqué sur le goudron humide et froid de la ruelle dans laquelle résidait Severus et Anthony. Un auror américain avait confisqué sa baguette tandis qu'un autre le menottait avec des chaînes magiques.

— Vous avez le droit de garder le silence. Dans le cas contraire, tout ce que vous direz pourra et sera utilisé contre vous devant la Cour Magique. Vous avez le droit de consulter un avocamage présent lors de l'interrogatoire. Si vous n'en avez pas les moyens, un avocamage vous sera désigné d'office, et il ne vous coûtera rien. Durant chaque interrogatoire, vous pourrez décider à quel moment d'exercer ces droits, de ne répondre à aucune question ou de ne faire aucune déposition, cita l'auror. Comprenez-vous les droits que je viens de vous citer ?

Sirius poussa un grognement irrité, furieux du résultat de ce combat.

— Oui, marmonna-t-il.

L'Auror le releva sèchement et transplana aussitôt avec le prisonnier, très vite suivi par un autre auror qui tenait Remus Lupin.

L'Auror White pinça la lèvre, irrité. Ils allaient avoir du boulot pour toute la nuit et il faudrait un certain temps avant de nettoyer les dégâts causés par l'anglais et faire oublier cet épisode aux policiers ainsi qu'aux habitants du quartier. Il y avait des nuits comme celles-ci où il détestait son job. Il aurait dû suivre l'exemple de sa femme et travailler au Département des Relations Internationales.

— Monsieur, nous avons un mort et deux blessés, l'informa son assistant.

— Merde, jura-t-il.

Severus se précipita vers sa famille, ayant reconnu la voix d'Anthony.

— Lâchez-moi ! hurla Anthony. Lâchez-moi.

— Il n'y a plus rien à faire, Tony, lui dit doucement Rhodey.

— Non…non…non… refusa le milliardaire. Il ne peut pas m'abandonner, Rhodey. Il ne peut pas…

Severus n'était pas sûr de pouvoir gérer autant de stress en une seule nuit. Il était plus fort que cela mais il n'avait jamais été préparé à être autant ébranlé en si peu de temps. Il avait eu peur pour l'homme qu'il aimait et avait appris bien plus qu'il n'aurait pu l'imaginer sur Anthony en quelques minutes grâce à Jarvis. Ce majordome qui avait pris soin de lui depuis son arrivée au manoir Stark et qui avait un humour noir qui concordait parfaitement avec le sien. Jarvis qui lui avait demandé de veiller sur Anthony et de ne pas l'abandonner, un peu comme les derniers vœux d'un homme sur le point de mourir, ce qu'il était mais il avait un sursis qui a été écourté à cause de Black. Puis, il y avait eu cette moldue, qu'il ne connaissait ni d'Ève ni d'Adam et qui lui avait tout de même confié son enfant.

— Severus ? l'interpella son père d'une voix alarmée.

Il se tourna vers son père qui était soudainement devenu blême.

— Tu…tu saignes, lui fit-il remarquer.

Severus baissa son regard et vit qu'effectivement, il perdait du sang. Énormément de sang. Il saignait entre ses jambes et cela ne voulait dire qu'une seule chose.

— Papa ? s'alarma-t-il. Ô merlin, mon bébé !

Il se mit à hyperventiler, incapable de calmer sa terreur. Il allait perdre son enfant et il n'y avait rien de plus terrible sur cette terre que de perdre son fils, un enfant qu'il avait attendu avec impatience.

— Pitié, sanglota-t-il.


Fin de note d'auteure : Je ne suis pas très fière de mon chapitre car je n'ai pas su écrire une véritable scène de bataille. J'espère en tout cas que vous ne serez pas trop déçus. Pour Sirius et Remus, pas d'inquiétude, vous les reverrez bientôt.

Quant à la perte de sang de notre Severus adoré, à quoi pensez-vous que c'est dû ? Est-ce un signe de fausse couche ou plutôt une alerte qui conduira à un accouchement prématuré ?

Au prochain chapitre pour plus de précisions.

Bises.

Omega Hannah.