Note de l'auteure : Je tiens tout d'abord à remercier tous ceux qui me témoignent leur soutien en commentant mon histoire, en la suivant ou en l'ajoutant dans leurs favoris. Grâce à vous, mon histoire est classée deuxième dans le fandom grâce à vos nombreux commentaires. Merci beaucoup.

Je tiens à rassurer tout le monde sur Tony et son approche des femmes. Il aime séduire, certes, mais c'est un homme qui aime sans limites et il est amoureux de Severus. Il fera des bêtises comme l'a dit Jarvis mais vous verrez lesquelles et comprendrez par la suite. Quant à Sirius et Remus, ils auront une évolution différente dans l'histoire. Elle prendra du temps pour Sirius car il sera plus réticent à changer mais il le fera et croyez-moi, ce fut un plaisir pour moi de faire évoluer ce personnage.

Bonne lecture.


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15

Aveu et menace de guerre.

Il était à moitié conscient de ce qui lui arrivait et aurait voulu prendre le jeune homme dans ses bras mais il en était incapable. Il était horriblement affligé de voir celui qu'il aimait aussi démuni, aussi abattu. Il n'avait jamais voulu faire pleurer le moldu.

Il tenta une nouvelle fois de passer ses doigts à travers la chevelure brune de l'inventeur mais comme un peu plus tôt, il vit sa main passer à travers le crâne de l'homme. Il vit Tony frissonner soudainement et froncer par la suite les sourcils, examinant la pièce d'un air hagard.

Tony secoua la tête, chassant l'idée absurde qui avait traversé son esprit. Il était seul dans la chambre avec son enchanteur. Il n'y avait personne d'autre qu'eux. Il resserra la main froide de Severus dans la sienne et le supplia une fois encore de revenir parmi eux.

— Il t'aime, dit une voix douce.

Il eût un sursaut de frayeur à l'entente de cette voix douloureusement familière et se retourna, ahuri, pour faire face à une jeune femme à la chevelure rousse et aux yeux d'un vert émeraude. Elle était vêtue d'une robe blanche en mousseline qui semblait épouser divinement les courbes voluptueuses de son corps. Elle était ravissante et il se surprit à constater que la vue irrésistible de la rousse ne lui fit plus rien. Il ne ressentait absolument rien à la vue d'une telle beauté et ce fut comme un soulagement pour lui car après toutes ces années à avoir nourri des sentiments pour la jeune femme, il avait cru qu'il ne cesserait jamais de l'aimer mais il était heureux de constater qu'il s'était fourvoyé.

— Lily, souffla-t-il doucement.

La lionne sourit et détourna son regard pour le poser sur la silhouette fragile qui reposait dans les draps blancs de l'hôpital sorcier de New-York.

— Suis-je mort ? questionna-t-il.

— Non, répondit la rouquine, mais si tu ne retournes pas dans ton corps rapidement…

Elle ne termina pas sa phrase mais le maître des potions avait saisi l'essentiel. Il aimerait retrouver sa famille mais il ne savait pas comment le faire. Il essayait pourtant depuis tout à l'heure mais sans aucun succès.

— Si je ne suis pas encore mort, pourquoi es-tu là ? l'interrogea-t-il, curieux.

Lily s'éloigna du lit et alla se poster devant la fenêtre de la chambre, dardant son regard sur les habitants de New-York qui déambulaient d'un pas pressé dans la rue. Depuis qu'elle était morte, elle avait gardé un œil sur son meilleur ami, le regardant évolué auprès du moldu et des mutants. Elle avait découvert en même temps que le potionniste un monde dont elle ignorait, jusqu'à sa mort, l'existence. Elle avait été impressionnée par le courage dont avait fait preuve le serpentard jusqu'à ce jour et s'était blâmée nombres de fois pour avoir posé tant de fardeaux sur le dos de son ami.

Elle se retourna pour faire face à son meilleur ami, qui attendait patiemment une réponse, le visage impassible. Elle le connaissait suffisamment pour savoir qu'il s'était replié sur lui-même, ayant peur de ce qu'elle pourrait dire. Elle ne pouvait le blâmer d'être aussi méfiant envers elle car après tout, elle était en grande partie responsable de l'état dans lequel il se trouvait aujourd'hui.

— Je te demande pardon, Sev, dit-elle.

Severus était surpris par cette demande mais aucun signe extérieur ne refléta son étonnement. Il avait passé ces derniers mois à s'interroger sur les motivations de sa meilleure amie avant son décès, ne comprenant qu'à moitié la demande de la jeune femme. Il avait tenu sa promesse et avait retiré Harry des griffes de Dumbledore mais il y avait toujours eu une partie de mystère dans la demande de Lily.

— Pour quoi ?

— Je sais que j'ai agi de façon égoïste lorsque je t'ai demandé d'effectuer ce rituel pour protéger mon fils.

Mon fils, Lily, rectifia-t-il dans un grognement.

La rousse hocha simplement la tête, sachant pertinemment que le potionniste avait raison.

— Oui, Sev, acquiesça-t-elle d'une voix calme. Il est maintenant le tien.

Elle avait perdu tous droits de revendications sur son enfant lorsqu'elle avait décidé de le remettre entre les mains sûres de son meilleur ami. Lorsqu'elle avait ébauché son plan pour maintenir Harry en vie et en sûreté, elle avait su qu'il ne serait plus son enfant dès l'instant où elle mourrait. Cela avait été dur de l'accepter mais elle était prête à tout si cela signifiait voir son enfant heureux. C'était pour cette raison qu'elle avait choisi l'ancien mangemort, sachant parfaitement que ce dernier remplirait sa promesse et qu'il deviendrait un bon parent pour Harry mais elle n'avait jamais mesuré les conséquences d'une telle demande sur la vie de son meilleur ami. Elle aurait voulu regretter son geste mais elle ne le faisait pas car au final, le serpentard avait gagné bien plus en quittant le Royaume-Uni. Il avait trouvé aux États-Unis quelque chose qu'elle n'avait pas été en mesure de lui offrir lorsqu'elle était encore en vie mais à cette époque, elle avait juste été stupide, ignorant le trésor qu'elle avait à portée de main.

— Tu l'acceptes ? demanda-t-il, étonné.

— Je savais que je perdais Harry comme fils en te le confiant, Sev, et ce fut extrêmement dur à l'accepter mais comment pourrais-je te demander de veiller sur mon enfant si je ne t'en donnais pas les pleins droits ? Je te faisais confiance et savais que tu l'aimerais comme je l'ai aimé. C'était tout ce qui m'importait, avoua-t-elle.

Severus était plus que surpris par la confession de la rouquine. Ils n'en avaient jamais vraiment parlé tous les deux lorsqu'elle était venue le voir. Les évènements qui se précipitaient autour d'eux ne leur avaient pas permis de parler plus librement. Sur le coup, il avait été choquée de revoir la gryffondor après toutes ces années passées à s'ignorer l'un l'autre.

— C'est un Stark désormais.

— Je vois où tu veux en venir, Sev, dit-elle en souriant. James a été en colère dès le départ lorsqu'il a appris ce que j'avais fait mais il t'a observé. Il vous a regardé et il s'est rendu compte que personne d'autre que toi n'aurait pu prendre soin d'Harry comme tu l'as si bien fait. Il était même en colère contre Sirius lorsque nous avons vu ce qu'il comptait faire. Il aurait voulu être capable de donner des coups de pieds au cul à Sirius.

— Je rêve ou serais-tu en train de me dire que Potter aurait pris ma défense face à son imbécile d'ami ? railla-t-il sardonique.

— C'est exactement cela, confirma Lily avec un petit sourire.

— Je ne sais pas si je dois me sentir offensé d'avoir été défendu par ce stupide gryffondor ou horrifié d'avoir paru aussi fragile aux yeux de Potter.

— Je sais que James a été un véritable salaud envers toi lorsque nous étions à Poudlard mais il a changé, Sev. Il n'est…

— Et il est devenu un bon samaritain, l'interrompit froidement le potionniste. Je sais comment était ton mari avec moi à Poudlard, Lily.

— Sev…

— Je ressentirais certainement encore de la haine pour les maraudeurs à cause tout ce qu'ils m'ont fait durant ma scolarité à Poudlard mais j'ai eu la chance d'avoir croisé sur ma route des gens comme Anthony. Il a pansé plusieurs blessures de mon âme, il a apaisé mes craintes et sa présence a éloigné les cauchemars qui hantaient mes nuits. Il a été là pour moi et ne m'a jamais abandonné.

Lily comprit tout de suite le sous-entendu de la dernière phrase du serpentard et se sentit rougir de honte.

— Je suis sincèrement désolée, Sev, s'excusa-t-elle, contrite. Je n'ai jamais voulu te blesser. Je sais que j'ai été stupide mais jamais je n'ai voulu te faire de mal.

— Tu sais ce qu'il y a de plus terrible dans cette histoire ?

Elle secoua la tête.

— C'est que je te crois, dit l'hybride. Je sais que tu n'as jamais souhaité me blesser mais le mal a été fait. Je ne te blâme pas d'avoir choisi d'épouser l'homme qui m'a énormément fait souffrir mais je t'en veux de m'avoir rayé de ta vie alors que nous nous connaissions depuis notre enfance. Je te déteste pour une chose, Lily : de ne pas avoir pardonné mes fautes alors que tu avais promptement pardonné celles de Potter, allant jusqu'à te marier avec lui et à fonder une famille.

La lionne, si elle l'avait pu, aurait pleuré face à cette vérité douloureuse qui lui était jetée en plein visage. Son meilleur ami avait raison de la détester après ce qu'elle lui avait fait et c'était pour cette raison qu'elle avait saisi cette chance pour pouvoir parler librement avec lui. Elle avait ressenti le besoin de faire amende honorable auprès de l'hybride car elle ne voulait pas qu'il croie qu'elle ne l'avait jamais considéré.

— Severus, je suis…

— … désolée ? termina-t-il pour elle. Moi aussi, Lily. Il a fallu que je rencontre Anthony pour comprendre qu'il était inutile de vouloir changer pour quelqu'un que l'on aime car si cette personne n'était pas capable de nous accepter tel que nous étions alors vous pouviez l'aimer aussi fort que vous le souhaitiez, elle ne vous rendrait jamais votre amour.

— Je t'ai aimé, Severus, confia la lionne, un sanglot dans la gorge. Je t'aimais.

Cette confession qui, autrefois, l'aurait rendu heureux, le rendit aujourd'hui nauséeux et furieux. Il avait aimé la jeune femme et aurait été prêt à tout pour elle si cela lui permettait d'avoir un peu de son affection mais maintenant, tout était différent. Il n'était plus amoureux de la lionne et il se demandait désormais si ce qu'il avait ressenti pour la gryffondor avait été de l'amour ou était-ce simplement un attachement désespéré envers une personne qui s'était montrée gentille avec lui quand d'autres se permettaient de le railler, de l'insulter et de le traiter comme de la bouse de dragon ?

— Tu m'aimais ? répéta-t-il, écœuré. Ton amour envers moi signifiait-il si peu que tu n'étais pas capable de me pardonner ?

Il évita de crier sur la rousse mais c'était plus fort que lui, il était en colère. Il aurait préféré ne jamais savoir que la rousse l'avait aimé car cela avait toujours été plus simple de se dire qu'il n'y avait jamais eu que Potter dans le cœur de la lionne.

— Severus, je suis désolée…

— Arrête de dire que tu es désolée quand tu ne l'es pas, Lily ! la coupa-t-il avec fureur. Tu n'es en rien désolée car si tu l'étais vraiment, tu ne m'aurais jamais avoué une telle chose, surtout après tout ce que j'ai fait pour toi et sachant ce que je ressentais pour toi !

Lily plaça une main sur sa bouche, retenant le sanglot qui s'était bloqué dans sa gorge. Elle avait tout gâché, encore une fois.

— Tu ne peux pas m'avouer une telle chose maintenant, Lily. C'est tout simplement cruel de ta part, ajouta-t-il la voix enrouée.

— Pardon, pleura-t-elle.

Elle était venue auprès de lui pour clarifier certaines choses entre eux car elle savait qu'elle n'aurait plus d'autres occasions mais elle n'avait jamais pensé que la conversation irait aussi mal entre eux.

— Va-t'en, je t'en prie.

— Severus.

— S'il te plaît, la supplia-t-il d'une voix rauque.

— Très bien, abdiqua-t-elle.

Elle regarda le corps inconscient de son meilleur ami qui reposait sur le lit et remarqua que le moldu qui s'était épris du potionniste s'était endormi sur sa chaise, tenant fermement la main de l'hybride, même dans son sommeil. Elle était sur le point de disparaître à jamais lorsqu'elle se retourna vers l'ancien Serpentard.

— Je sais que tu ne me pardonneras pas pour cela mais je t'ai aimé et j'ai été vraiment stupide de ne pas avoir su faire taire ma colère pour revenir vers toi. Je pourrais dire que si c'était à refaire, si je pouvais remonter le temps, je resterais auprès de toi mais je ne te le dirais pas car je n'aurais rien changé.

Severus leva les yeux vers elle et rencontra son regard.

— Je n'aurais rien changé car s'il y a une personne qui mérite ton amour sur cette terre c'est ce moldu, poursuivit-elle.

Ils posèrent tous deux leurs regards sur le moldu qui était inconscient de ce qui se passait autour de lui.

— Lui, il t'aime bien plus que moi, conclut-elle.

Elle aurait souhaité étreindre son ami avant de s'en aller mais elle savait que l'hybride n'apprécierait pas un tel geste de sa part donc elle garda ses bras collés le long de son corps, chagrinée par la tournure de leur conversation.

— Tu as une belle famille, Sev, alors ne les abandonne pas.

Elle lança un dernier regard au potionniste avant de disparaître. Severus regarda l'espace où se tenait plutôt le fantôme de la lionne et aurait voulu éclater en sanglots tellement il avait été blessé par les aveux de sa meilleure amie mais il ne le fit pas. Il avait passé une grande partie de sa vie à verser des larmes pour Lily et ne continuerait certainement pas sur cette lancée. Il avait, certes, été blessé une fois de plus par la rouquine mais il finirait par oublier et comme toujours, il continuerait à aller de l'avant.

Il chassa la rousse de son esprit et reporta toute son attention vers Anthony. Il ne pouvait indéfiniment rester ainsi. Il voulait être à nouveau dans les bras de l'homme, ressentir sa chaleur et se sentir en sécurité à ses côtés. Il avait besoin de se réveiller pour pouvoir prendre son enfant dans ses bras et s'assurer qu'il allait parfaitement bien. Puis, il y avait le petit Peter, cet enfant qui lui avait été confié et dont il ne connaissait pratiquement rien.

Il ne savait pas encore ce qu'il allait réellement faire de l'enfant car c'était une décision qu'il aimerait prendre avec Anthony. Il comptait tenir la promesse faite à cette femme sur le point de mourir mais désormais, il n'était plus seul. Il était maintenant avec l'inventeur et un avenir, ça se décidait à deux, n'est-ce pas ?

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Elena Quintana n'avait jamais autant ressenti le poids de ses responsabilités qu'à cet instant. Elle était épuisée, physiquement mais aussi mentalement. Elle songeait désormais à une possible démission du poste de Présidente du MACUSA car elle n'était pas certaine de tenir un tel rôle plus longtemps.

Elle regarda les rapports qui avaient été rédigés par le service du département des Aurors et se fit violence pour ne pas quitter son bureau. Elle savait que si elle franchissait le seuil de cette porte, elle irait lancer des malédictions aux deux sorciers britanniques qui avaient été arrêtés par les Aurors.

Elena essaya du mieux qu'elle le put de garder son sang-froid et parcourut assez rapidement les rapports. Elle lâcha un soupir d'irritation et se leva de son siège, arpentant son bureau tout en réfléchissant à d'éventuelles solutions. Elle était consciente qu'une telle histoire ferait la une des journaux de leur monde et que la communauté américaine commencerait à se poser des questions sur l'implication du gouvernement dans l'affaire du Seigneur des Ténèbres anglais. Elle avait assuré à sa population, il y a un an, que le MACUSA n'interfèrerait pas dans les problèmes des britanniques mais avec cette attaque, elle pourrait difficilement expliquer leur non-implication. Elle était sérieusement agacée et hésitait à employer les grands moyens pour protéger sa communauté de l'Angleterre.

Elle était plongée dans ses réflexions lorsque l'on frappa à sa porte. Elle retint un grognement exaspéré et permit à la personne d'entrer. Ce fut sa secrétaire.

— Madame la Présidente, monsieur Rinton de la Ossiriand Bank souhaiterait s'entretenir avec vous, annonça-t-elle.

— Rinton ? Que peut bien me vouloir le directeur général de cette banque ? se demanda Elena, intriguée.

— Dois-je l'inviter ou le renvoyer à une date ultérieure ? demanda la secrétaire.

— Faîtes-le entrer.

La secrétaire sortit de son bureau et quelques minutes plus tard, un homme d'une beauté à couper le souffle entra dans la pièce, tenant la tête haute. Il avait des cheveux d'un blond cendré et des yeux d'un gris clair qui rappelait la couleur de l'acier. Il ressemblait pratiquement à un être humain mais ses oreilles légèrement en pointe dénonçaient sa véritable nature.

— Madame la Présidente, la salua-t-il avec respect.

Elena eût un moment d'absence, hypnotisée par la beauté du blond. Elle dût se gifler mentalement pour reprendre contenance et ne pas se ridiculiser un peu plus face à l'homme. Elle avait pourtant cru qu'à son âge, elle ne se laisserait plus impressionner par un elfe mais à son plus désarroi, ce n'était pas le cas. Ils étaient aussi envoûtants que des veelas ou des vélanes, si ce n'était plus. Après tout, les veelas et les vélanes étaient le résultat d'un métissage entre les humains et les elfes.

— Monsieur Rinton.

Elle fit signe à l'homme de prendre place dans l'un des sièges qui faisaient face au sien et elle s'installa confortablement à son tour, attendant que l'homme puisse exposer la raison de cet entretien.

— Que puis-je donc pour vous ? finit-elle par demander.

— La Ossiriand Bank souhaiterait que vous puissiez intercéder auprès du gouvernement britannique concernant l'héritage de monsieur Severus Xavier anciennement Severus Snape, répondit le blond.

Elena cligna des yeux, confuse.

— Notre gouvernement ne se mêle pas d'affaires privés, monsieur Rinton.

— Je le sais bien mais ici, il est désormais question d'affaires d'État, dit l'elfe. Nous avons reçu un courrier de la banque britannique Gringotts, nous informant que monsieur Xavier avait reçu un important héritage de la part de son grand-père maternel, Lord Richmond Severus Prince. Selon les gobelins, cet héritage se serait débloqué à la suite de l'abandon de monsieur Xavier du nom Snape car dans son testament, Lord Prince avait stipulé qu'il léguait tous ses biens à son petit-fils uniquement si ce dernier renonçait à ses origines moldue. Par la suite, il s'est avéré que monsieur Severus était en réalité le fils de Charles Xavier ce qui lui permet d'obtenir le titre de Lord ainsi que l'héritage laissé par son grand-père mais cet héritage a été gelé par le gouvernement britannique qui argumente auprès de notre banque que monsieur Xavier serait un mangemort. Plus important encore, monsieur Xavier est l'unique héritier de Lady Lily Potter.

— Comment est-ce possible ? demanda la Présidente, déroutée.

— Comme vous le savez, les nobles ont pour habitude de léguer tous leurs biens ainsi que titres à leur épouse ou époux si leur héritier légitime est mineur. Lord Potter, dans son testament, avait stipulé qu'il souhaitait que la majeure partie de ses biens ainsi que ses titres de seigneurie reviennent à son épouse, Lady Potter. Cette dernière en retour a établi un testament dans lequel, elle léguait tous ses biens et titres à son meilleur ami si jamais son héritier, Harry Potter, venait à mourir, expliqua Rinton.

— Monsieur Xavier a hérité des titres de seigneuries des maisons Prince et Potter ? s'écria-t-elle, stupéfaite.

— Oui, mais cet héritage a été bloqué par le Ministère de la Magie anglaise qui a ordonné le gel des comptes de ces familles. Les anglais, selon la loi internationale magique, ne peuvent interdire à monsieur Xavier d'entrer en possession de son héritage, qu'importe les crimes dont on l'accuse. Surtout que ceux-ci n'ont pas été avérés.

— Je vois.

Elena était certaine qu'elle donnerait sa démission dans peu de temps. Elle n'était plus capable d'assumer un tel poste car pour être présidente du MACUSA, elle se devait d'être calme et sereine. Une attitude qu'elle peinait difficilement à avoir depuis qu'elle était en étroit contact avec les britanniques.

Satanés anglais, pensa-t-elle, irritée. Ils continueraient encore longtemps à pourrir sa fonction ainsi que son existence.

On frappa de nouveau à sa porte et comme tout à l'heure, ce fut sa secrétaire qui entra dans la salle.

— La Ministre de la Magie anglaise sur votre réseau, madame la Présidente, l'informa la jeune femme avant quitter le bureau.

Elena ne pouvait retarder cette conversation avec la ministre anglaise. Elle darda son regard sur l'elfe et s'interrogea sur le fait de le renvoyer ou de le laisser assister à cette entrevue car elle ne se faisait aucune illusion, elle était certaine que le directeur de Poudlard, Albus Dumbledore, serait présent. Bagnold était bien trop impressionnée par la popularité de l'homme au sein de la communauté magique pour pouvoir être en mesure d'être ferme dans ses décisions avec lui.

Elle décida de permettre à l'elfe d'assister à cette nouvelle confrontation et exposerait directement ce problème d'héritage lors de cet entretien. Elle se leva donc de son siège et activa sa cheminée qui rugit presque aussitôt, faisant jaillir des flammes vertes dans l'âtre. Le visage de son homologue anglaise apparut quelques secondes plus tard.

— Madame la Présidente.

— Madame la Ministre, fit-elle d'une voix froide. Dumbledore est là, je suppose.

La ministre de la magie anglaise parut légèrement embarrassée mais hocha tout de même de la tête, confirmant ainsi les soupçons de l'américaine.

— Mes salutations les plus respectueuses, madame la Présidente, la salua Dumbledore d'un ton pompeux qui la mit en rage.

— Dumbledore, dit-elle sèchement. Avant de commencer, je souhaiterais vous présenter monsieur Rinton, Directeur Général de la Ossiriand Bank.

— Madame la ministre. Monsieur Dumbledore.

Rinton s'était levé pour faire face à ses interlocuteurs. Il attendit, impassible, écoutant avec attention la conversation qui se déroulerait en sa présence.

— Notre service du département des Aurors nous a appris que Lord Black ainsi que monsieur Lupin ont été arrêtés, dit Millicent.

— Lord Black ainsi que monsieur Lupin ont attaqué le domaine de monsieur Stark et lors de cette attaque, le majordome de la famille, Edwin Jarvis, a été tué par Lord Black, relata Elena.

— Il doit certainement s'agir d'une méprise, madame la Présidente. J'ai connu et vu grandir Lord Black. Il n'aurait jamais pu tuer un innocent, défendit Albus.

Elena releva la tête et toisa le célèbre mage, ses yeux étincelant d'une rage à peine contenue.

— Aujourd'hui, Dumbledore, j'ai très peu de patience à vous accorder, avertit-elle. Je ne tolère votre présence uniquement à cause de mon homologue. Sans quoi, vous n'assisteriez pas à cette entrevue.

Dumbledore se replia dans le silence, comprenant que l'américaine était prête à exploser à tout moment.

— Nos Aurors ont dû faire oublier cet épisode à une centaine de personnes car l'attaque s'est déroulée dans un quartier résidentiel peuplé de Non-maj' ! L'amant de monsieur Xavier a perdu un employé et monsieur Xavier est actuellement entre la vie et la mort ! tonna Quintana en colère.

— Quintana, fit la ministre anglaise, tentant maladroitement d'apaiser la colère de son homologue.

— Vous aviez été prévenus, Bagnold. Monsieur Xavier est un citoyen américain et une attaque contre lui sur NOTRE territoire était un signe de déclaration de guerre à notre encontre, rappela l'américaine.

— Vous ne pouvez punir tous les sorciers du Royaume-Uni pour les fautes de deux hommes, Quintana, dit Millicent Bagnold.

— Je ne peux pas ?! s'énerva la sorcière américaine. Vous n'avez pas su maintenir de l'ordre dans votre gouvernement, Bagnold ! Vous n'avez pas fait de préventions auprès de votre communauté et ne les avez pas prévenu des risques qu'ils encourraient à venir attaquer monsieur Xavier sur notre territoire. Vous êtes l'instigatrice de tout ceci car toutes les accusations portées sur monsieur Xavier étaient sans preuves alors oui, il y aura des répercussions sur l'ensemble de la communauté magique britannique !

— Madame la Présidente, je vous prie de reconsidérer…commença Albus.

— Taisez-vous, le coupa-t-elle durement.

Quintana était furieuse et jamais, Rinton n'avait la femme dans une telle fureur. À chaque rencontre avec la sorcière, elle lui avait toujours paru composée et sereine.

— Vous nous avez déclaré la guerre lorsque deux de vos compatriotes se sont permis d'attaquer monsieur Xavier sur notre territoire. De plus, vous vous êtes permis d'interférer dans des affaires d'héritage qui ne concernent pas le gouvernement !

— Nous avons dû interférer car Snape ne peut hériter de feue Lady Potter. Il est un mangemort, Quintana, et nous ne pouvions nous permettre de remettre la seigneurie de la famille Potter aux mains d'un partisan du Seigneur des Ténèbres, répliqua Bagnold.

— Vous vous enfoncez, Bagnold, et croyez-moi que vous n'auriez jamais dû vous en prendre à l'un de mes compatriotes, dit Elena, retrouvant soudainement son calme.

— Est-ce une menace ? demanda la ministre anglaise.

— À partir d'aujourd'hui, nous fermons toutes nos frontières aux citoyens britanniques. Nous interdisons tout échanges commerciaux entre les États-Unis et le Royaume-Uni.

— Quintana…

L'américaine foudroya tout simplement du regard l'anglaise, affichant ouvertement son mépris envers son homologue.

— Concernant l'héritage de monsieur Xavier, il devra être restitué à ce dernier dans les vingt-quatre heures auprès de la Ossiriand Bank. Si cela n'a pas été exécuté, ce sera la guerre Bagnold. Vous n'aurez pas seulement une armée de sorciers prêts à combattre mais aussi des mutants, très chère et croyez-moi qu'il y aura du sang.

Quintana ne permit pas à son homologue de rétorquer et elle mit tout de suite fin à leur conversation, coupant l'accès à son réseau de cheminée.

Elena s'affala dans son fauteuil, épuisée.

— Entrerez-vous vraiment en guerre contre les anglais s'ils ne répondent pas à vos exigences ? l'interrogea Rinton.

— Je ne le souhaite pas mais ils ne me laissent que très peu de choix, soupira la sorcière. Interdire l'accès à un héritage est condamnable selon nos lois internationales. Ils n'ont aucune raison de geler l'héritage de monsieur Xavier.

— Espérons dans ce cas qu'ils ne soient pas assez stupides pour entrer en guerre, dit l'elfe.

Elena acquiesça et décida qu'il valait mieux en avertir ses homologues étrangers de la situation dans laquelle se trouvait sa communauté. Elle était sûre et certaine qu'ils soutiendraient tous sa décision car aucun Ministre de la Magie ne pourrait cautionner les agissements de Bagnold et de son gouvernement.

Elle aurait eu mieux fait de prendre sa retraite lors des précédentes élections. Elle avait eu un mauvais pressentiment concernant son renouvellement de mandat et malheureusement elle ne s'était pas trompée.


Note de fin :

Qu'en avez-vous pensé ?

Les anglais entreront-ils en guerre contre les américains ?

Et concernant ce fameux héritage, qu'avez-vous pensé ?

Bises.

Omega Hannah