Note de l'auteure : J'ai un retard dans mon délai de publication (encore une fois) mais ce fut indépendamment de ma volonté. J'ai quelques soucis personnels qui occupent pratiquement mon temps et mon esprit donc veuillez me pardonner, je vous prie.

Nous avons dépassé les 500 followers et je vous remercie pour cette marque d'encouragement. Bientôt nous atteindrons les 400 favoris. Je croise les doigts pour atteindre un jour les 1000 followers. (On peut toujours rêver)

Je constate avec bonheur que vous avez tous apprécié la conversation entre Lily et Severus. À mon avis, c'était un passage obligé pour que Sev puisse vraiment tourner la page et s'engager dans une relation avec Tony. Au sujet des anglais, je vous laisse découvrir dans ce chapitre s'ils sont assez fous pour vouloir la guerre.

Bonne lecture.


16

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Fuir la guerre

Situé au sud-ouest de l'Angleterre dans le Wiltshire, un manoir majestueux datant de plusieurs siècles. L'entrée qui permettait d'accéder au domaine, située au bout d'un étroit chemin, était tout à fait imposante. Une grande haie d'ifs impeccablement taillés longeait l'allée de chaque côté. Le chemin parfaitement rectiligne passait par un grand portail en fer forgé et menait directement à la porte d'entrée. Le jardin possédait une fontaine et des paons albinos déambulaient sur les pelouses.

Une famille était confortablement installée sous une terrasse en bois couverte au milieu du jardin. Le patriarche était un jeune homme qui approchait la trentaine d'années. Il avait de longs cheveux blonds, le teint pâle, le nez pointu et des yeux gris et froids. Il était assis aux côtés de son épouse qui faisait manger leur petit garçon âgé de onze mois. L'enfant était son portrait craché. La peau pâle et des yeux gris clair. Des cheveux courts et très blonds (presque blancs) et son nez en pointe étaient caractéristiques de la lignée des Malefoy.

Lucius leva les yeux de son petit-déjeuner et regarda son fils avec la fierté qu'un homme pouvait éprouver en observant sa progéniture, la chair de sa chair, le sang de son sang. Il n'y avait rien de plus important sur cette terre que son enfant et peut-être aussi sa femme. Il n'était pas amoureux de son épouse mais l'aimait tendrement, comme un ami. Narcissa était sa meilleure amie et bien que leur mariage ait été convenu par leurs parents, ils avaient fait leur possible pour rendre leur mariage heureux, pour le bien-être de leur fils. Il n'aurait servi à rien de se lamenter sur leur triste sort et d'être froid envers l'autre. Ils étaient plus forts unis et soudés, que séparés et brisés.

— Une autre bouchée pour maman, mon chéri, dit Narcissa en tenant une cuillère à café de purée de pommes de terre près de la bouche de leur petit garçon.

Il cacha un sourire derrière sa tasse de thé lorsqu'il vit son fils, Drago, ouvrir grandement la bouche. Drago était un enfant très gourmand et prenait plaisir à manger. Il imagina pendant un bref instant, ce qu'aurait pu être sa vie aux côtés d'une autre femme. À la place de son épouse, il vit une femme aux longs cheveux roux et aux yeux d'un vert émeraude sourire à leur enfant. Ses joues pâles étaient rouges de plaisir. Il sentit son cœur se briser en milliers de petits morceaux lorsque ce regard émeraude brillant se transforma en diamant froid.

— Quelque chose ne va pas, Lucius ? lui demanda Narcissa.

Il déglutit lentement avant d'hocher la tête et de détourner son regard des yeux bleus clairs de sa femme qui fronça les sourcils un instant, perplexe, avant de retourner à sa tâche sans un mot de plus.

Lucius n'eût plus le courage de regarder son fils manger par la suite car il ne pouvait voir son enfant sans penser à cette femme aux cheveux rouges qui hantait chaque jour son esprit. Il savait qu'il était inutile de se faire du mal avec une histoire sans lendemain mais c'était bien plus fort que lui. Il ne pourrait jamais l'oublier. Il serra ses poings sous la table en repensant à ce jour qui scella définitivement son destin. Il l'avait attendu dans le café où ils s'étaient rencontrés pour la première fois et avait trépigné d'impatience, souriant durant la première heure comme un imbécile puis lorsque l'attente s'était faite plus longue et que les clients du café se firent rares et que la fermeture fut proche, il sut, que jamais il ne la reverrait. Elle n'était pas venue et cela ne pouvait signifier qu'une seule chose, elle ne souhaitait pas débuter une relation amoureuse avec lui. Il était sorti du café, le visage baissé sur les billets de train qu'il tenait dans sa main. Deux allers vers la France. Il avait tout préparé, de façon minutieuse. Il avait acheté un magnifique petit cottage au bord de la mer, pensant que le village lui plairait car elle aimait la tranquillité et avait voulu vivre une vie paisible. Du moins, était-ce ce qu'elle lui avait dit.

Le blond chassa ces souvenirs de son esprit et eût presque un sursaut de frayeur lorsqu'un hibou vint se poser sur la table, agrippant dans son bec, un journal. Lucius lança une œillade noire à l'oiseau qui parut indifférent à son regard assassin.

— a-ba-da, babilla Drago en tendant la main pour toucher le volatile.

Lucius récupéra la Gazette du Sorcier et le hibou s'envola presque aussitôt qu'il fut déchargé de son fardeau. Drago tourna la tête vers l'oiseau qui avait pris son envol et quittait le domaine du manoir Malefoy. L'enfant, déçu, se mit soudainement à pleurer et Narcissa le retira de sa chaise haute pour le prendre dans ses bras et le calmer.

— Tout va bien, mon petit dragon. Je te promets que papa et moi t'achèterons un magnifique hibou lorsque tu seras plus âgé. Le plus beau et le plus majestueux des hiboux pour le magnifique petit garçon de maman, l'apaisa la blonde avant de déposer un baiser sonore sur le ventre de son enfant.

Drago éclata de rire et Narcissa réitéra son geste, arrachant plusieurs jolis sons à son fils.

Lucius ne put masquer sa profonde surprise lorsqu'il lut le titre de la première page de la Gazette du Sorcier.

L'ANGLETERRE SUR LE POINT D'ENTRER EN GUERRE CONTRE LES ÉTATS-UNIS ?

Les véritables causes d'une telle catastrophe

Notre journal a récemment appris, par de sources sûres et fiables, que le gouvernement magique anglais ainsi que l'ensemble de notre communauté est menacée de guerre par le MACUSA, équivalent américain du Ministère de la Magie.

La présidente du MACUSA, Elena Quintana, aurait pris des mesures inflexibles à l'encontre de la communauté anglaise telles que la fermeture de leurs frontières au peuple anglais, l'interdiction d'échanges commerciaux entre le Royaume-Uni et les États-Unis, suspension de communication entre nos deux communautés.

Nous découvrons à l'heure que les réelles causes de telles mesures prennent leur source envers les accusations portées par le Ministère de la Magie à l'encontre du plus jeune maître des potions du monde, Severus Charles Xavier anciennement nommé Severus Tobias Snape. (En savoir plus sur sa biographie à la page 12)

En effet, le Ministère de la Magie accusait Severus Xavier d'être un partisan du seigneur des ténèbres et d'avoir participé au meurtre du couple Potter ainsi qu'à la disparition de leur fils unique, Harry James Potter. Accusations portées sans aucun fondement et sans aucune preuve selon la Présidente du MACUSA, Elena Quintana, qui défend bec et ongles le potionniste devenu américain à la suite de la découverte de sa véritable parenté.

Elena Quintana n'avait nullement accédé à la demande d'extradition du ministère qui souhaitait juger le potionniste sur notre territoire, puisque selon les lois américaines, être mangemort n'est pas répréhensible et ne nécessite donc pas une condamnation. Millicent Bagnold aurait insisté auprès de son homologue pour obtenir l'extradition mais cette dernière serait restée inflexible, ne changeant pas d'opinion et avertissant la Ministre de la Magie que toute action menée contre Severus Xavier sur le territoire américain par un sorcier anglais serait sévèrement puni par le MACUSA qui considérerait un tel acte comme une déclaration de guerre.

Mercredi soir, dans l'état de New-York aux États-Unis, une attaque a été menée par Lord Sirius Black, accompagné de son meilleur ami, Remus Lupin. Les deux hommes auraient pris d'assaut la demeure où résidait Severus Xavier, blessant mortellement un moldu. Severus Xavier, quant à lui, est tombé dans le coma à la suite d'un accouchement prématuré, laissant hébété de douleur son fiancé. (voir à la page 3, l'extrait de l'article du Magic Word)

Le jeune seigneur de la maison Black et son ami se trouvent actuellement incarcérés au siège du MACUSA sous la direction du bureau des Aurors, attendant que leur procès soit ouvert.

Dans toute cette pagaille sans nom, nous avons appris que Severus Xavier a été désigné comme héritier des titres, propriétés et fortunes des familles Prince et Potter. Un héritage qui aura été gelé par le Ministère de la Magie et qui pourrait bien être la goutte de trop qui fait déborder le chaudron, menant inévitablement notre communauté vers une guerre contre les américains dont nous aurons des peines à nous relever.

Article rédigé sous la plume de votre merveilleuse journaliste, Rita Skeeter.

Lucius fut abasourdi à la fin de sa lecture. Il eût à relire une nouvelle fois l'article de la Gazette du Sorcier pour être sûr de ne pas l'avoir imaginé.

— Lucius, tout va bien ? Tu es devenu brusquement pâle. On eût dit que tu venais de voir le fantôme de ton père, dit Narcissa.

Il ne répondit pas et tendit simplement le journal à sa femme qui fit asseoir leur fils sur ses genoux, l'emprisonnant d'un bras avant de se plonger dans la lecture de l'article qui avait tant bouleversé le blond.

— Une nouvelle guerre ? Et Severus, l'héritier des Potter ! Que veut donc dire tout ceci ?

Lucius était tout autant choqué que son épouse et bien qu'il soit surpris d'apprendre que son ancien camarade de maison ait été désigné comme héritier des biens de la famille Potter, il était plus concerné par l'annonce d'une guerre imminente entre leur communauté et celle des américains. Ils sortaient à peine d'une précédente guerre et peinaient à se relever. Il avait failli finir sa vie en prison tout comme sa belle-sœur, Bellatrix. Il avait dû user de stratagèmes et de son influence auprès du Ministère de la Magie grâce à son nom et à sa fortune pour se sortir d'un tel désastre. Il avait bien sûr été jugé comme beaucoup de mangemorts mais il avait pu assurer sa défense en prétextant qu'il avait été contraint par le seigneur des ténèbres à rejoindre ses rangs.

Il avait évité à sa famille de finir dans la boue et d'être ridiculisée par le reste de leur communauté. Son nom avait été lavé de tout soupçons et il reprenait lentement le cours de sa vie, tentant vainement d'oublier son passé mais il était difficile de le faire lorsque l'on portait sur soi une marque qui vous rappelait sans cesse vos échecs.

— Qu'allons-nous faire, Lucius ? l'interrogea Narcissa, le tirant de ses pensées.

— Il y a très peu que nous puissions faire, ma chère. Si nous entrons en guerre contre les américains, nous n'en ressortirons pas indemnes, répondit-il.

— Peut-être devrions-nous envisager un départ, suggéra Narcissa qui resserra son étreinte autour de Drago. Partons d'ici, Lucius.

— Et où irions-nous ? Devrais-je te rappeler qu'à cause de la marque qui souille mon bras, je ne peux aller que dans très peu de pays ? Les États-Unis nous sont fermés à cause de la stupidité du ministère ! La France, l'Espagne ainsi que pratiquement toute l'Europe entière n'admettent pas des personnes comme moi dans leur communauté.

— Mais si nous restons ici nous pourrons en pâtir ! Tu m'as juré que tu ferais tout pour protéger notre famille. Pour une fois, tiens ta promesse, Lucius et emmène-nous loin d'ici avant que les choses ne s'enveniment, dit Narcissa.

Le blond se retint de s'énerver contre sa femme et se leva tout simplement de la table, portant son regard sur les animaux qui déambulaient librement dans le jardin, insouciants de l'imminence d'une prochaine guerre. Il comprenait tout à fait les peurs de Narcissa et savait qu'elle était tout simplement inquiète du futur de leur enfant si une guerre venait vraiment à être déclarée. Narcissa pouvait paraître froide aux premiers abords mais c'était une femme chaleureuse et très protectrice lorsqu'on prenait le temps de la connaître. Elle était très dévouée à leur famille et aurait été prête à tous les sacrifices pour eux. Si son cœur n'avait pas été pris par une autre femme, il était certain qu'il aurait pu tomber amoureux de la Serpentarde.

— J'ai certes réussi à berner le Ministère de la Magie anglaise mais je ne pourrais jamais reproduire cet exploit avec un ministère étranger. Porter la marque des ténèbres dans d'autres pays, qu'importe les raisons, est passible d'une peine de prison, Narcissa. Nous ne pouvons fuir l'Angleterre.

— D'après cet article, les américains sont plus souples. Severus y vit désormais et apparemment il se trouve sous leur protection. Notre famille serait en sécurité là-bas.

— Leurs frontières sont fermées, Narcissa, lui rappela-t-il, exaspéré.

— Je suis certaine que tu sauras trouver une solution pour nous permettre d'aller y vivre, même si tu dois ramper pour cela. Pour notre fils, tu seras capable de nous emmener loin de ce pays. Sinon, je te promets, Lucius, que je demanderais le divorce et t'éloignerais à tout jamais de notre fils, le menaça la blonde.

— Narcissa…

— Je n'ai jamais failli à mon devoir d'épouse, Lucius. Je t'ai toujours soutenu dans chacune de tes actions même si je les désapprouvais totalement et que ton comportement portait atteinte à la sécurité de notre famille. J'ai toujours pris soin de toi lorsque tu revenais blessé des réunions de ton maître. Je t'ai consolé lorsque parfois le poids de ta servitude devenait soudainement pesante et que tu accomplissais des actes qui te dégoûtait de toi-même. J'ai toujours été là pour toi, Lucius, et je n'ai jamais failli dans mes devoirs alors qu'il n'en est pas de même pour toi. Aujourd'hui, il serait temps pour toi de nous prouver, à Drago et à moi que tu es capable de nous protéger. Dans le cas contraire, nous quitterons l'Angleterre sans toi et je peux te promettre une chose, mon cher : tu ne reverras plus jamais, Drago.

Narcissa n'attendit pas une réponse de sa part et quitta la terrasse, leur enfant dans les bras. Lucius la regarda partir, incapable de la retenir. Il connaissait suffisamment la blonde pour savoir qu'elle n'hésiterait pas à mettre ses menaces à exécution et qu'il y avait très peu de choses qu'il pourrait faire pour se défendre. Narcissa était une femme capable de se transformer en dragonne lorsque la situation l'exigeait.

Il lâcha un soupir frustré et maudit intérieurement la bêtise du ministère qui le mettait dans une situation plus que précaire. Il ne savait même pas par où commencer pour mettre leur famille à l'abri du danger. Ils auraient pu déménager en Russie mais Narcissa avait bien trop de préjugés contre cette communauté pour vouloir y vivre. Toute cette histoire commençait sérieusement à lui donner de véritables maux de tête.

Il se rassit et posa à nouveau ses yeux sur l'article du journal. Il aurait pu contacter le maître des potions mais ce dernier était tombé dans le coma à la suite d'un accouchement...

Quoi ? hurla-t-il dans sa tête.

Il saisit à nouveau la Gazette du Sorcier et relut le passage de l'article qui mentionnait un accouchement. Il avait tellement été stupéfait d'apprendre que l'Angleterre était menacée de guerre par les américains qu'il avait très peu fait attention à ce détail. Il n'osait y croire. Severus Snape avait donné la vie. Il ne connaissait presque rien du jeune homme mais du peu qu'il avait vu du maître des potions, il n'aurait jamais cru qu'il était intéressé par des hommes et encore moins qu'il apprécie d'être dominé dans une relation. C'était tellement loin de l'image du jeune potionniste.

Il se pinça l'arête du nez, confus. Il ne souhaitait pas perdre sa famille, encore moins vivre loin d'eux. Il devrait donc trouver une solution au plus vite mais il ne savait par où commencer. Severus était dans le coma donc il lui serait impossible de demander une faveur au jeune homme. Son ancien camarade de maison aurait peut-être pu intercéder en sa faveur auprès du MACUSA pour que lui et sa famille soient autorisés à entrer sur le territoire américain.

Il soupira de lassitude. Il ne détenait pratiquement aucune connaissance des États-Unis car la communauté magique américaine semblait s'être repliée sur elle-même, n'échangeant que rarement avec les autres communautés. Il ignorait tout de leurs croyances, de leur mode de vie mais aussi de leur pyramide sociale. Il savait au moins une chose, la noblesse sorcière américaine était loin de ressembler aux noblesses européennes. Elle semblait plutôt être un mixte de plusieurs aristocraties.

Il poussa un grognement irrité, pestant une nouvelle fois contre la stupidité de la ministre de la magie. Il était sûr et certain que cette satané bonne femme avait religieusement écouté les conseils de Dumbledore qui semblait s'ingérer dans toutes les affaires du ministère, se substituant parfois au rôle de ministre sans que cela ne puisse choquer qui que ce soit car c'était Dumbledore, le sorcier qui avait vaincu un précédent seigneur des ténèbres. Millicent Bagnold avait pris pour habitude de suivre chaque mot du directeur de Poudlard, ne pensant plus par elle-même.

Lucius s'étonnait toujours de voir la femme à la tête de leur communauté. Elle ne valait rien en qualité de ministre de la magie mais cela semblait importer peu aux sorciers anglais.

Il resta de longues minutes sous la terrasse à tenter de trouver une ébauche de solutions. Il se rendit rapidement compte qu'il n'avait aucune donnée réelle des communautés magiques mondiales. Il avait eu à faire quelques voyages en dehors de l'Angleterre mais cela se résumait à la France, l'Italie, la Russie ainsi que l'Espagne. Il n'avait pas eu le temps d'explorer d'autres pays, d'autres cultures. Peut-être était-ce parce qu'il se complaisait dans son pays, savourant le fait d'être une personne reconnue auprès de sa communauté.

L'Asie pourrait être une terre d'accueil ou encore l'Afrique mais aucun de ces continents ne pourrait convenir à sa famille car il était certain que la différence de culture pourrait être un frein à leur adaptation.

Il quitta la terrasse au bout d'une demi-heure et décida de se rendre à Gringotts. Peut-être pourrait-il négocier avec les gobelins pour qu'ils puissent intervenir auprès de la banque sorcière américaine qui se porterait garante auprès du MACUSA pour sa famille. Les américains ne pouvaient pas incriminer tous les anglais et fermer leurs frontières à des sorciers qui souhaitaient s'établir pacifiquement dans leur pays. Il avait une femme et un enfant. Cela devrait suffire à attendrir leur gouvernement. Il essayait simplement de protéger sa famille.

Charles ne s'était jamais senti aussi démuni et aussi faible que depuis quelques jours. Il avait le pouvoir de lire dans les esprits de chaque être qui peuplait cette terre sauf un seul, de manipuler la conscience humaine, de contrôler une personne par la seule force de sa pensée, d'effacer un souvenir ou d'en créer un faux mais il n'avait pas le pouvoir de ramener une personne à la vie et encore moins de sortir son fils du coma.

Il aurait voulu être en mesure de soigner son enfant et de le ramener auprès d'eux mais il n'en avait pas le pouvoir. Il n'était qu'un télépathe.

— Charles ? l'interpella Erik.

Il leva la tête et rencontra les prunelles de son ami.

— Tu as fait ce que tu as pu, mon ami, dit Erik.

Charles secoua la tête, un rictus amer au coin des lèvres.

— J'ai promis d'être toujours là pour lui, de veiller sur lui et de le protéger. Je n'ai pas tenu ma promesse. J'ai échoué.

— Je ne suis pas d'accord, protesta l'inventeur.

Tony revenait de la chambre du maître des potions, les yeux rougis, des cernes sous les yeux. Le milliardaire n'était plus que l'ombre de lui-même depuis l'attaque de sa demeure. Il essayait de maintenir les apparences et de se montrer fort dans une telle situation mais il n'y arrivait pas car chaque minute qui passait semblait l'éloigner de l'hybride. Même la présence d'Harry ainsi que ses pouvoirs ne pouvaient rien y changer.

Il était resté à l'hôpital, attendant impatiemment le réveil du maître des potions. Il priait chaque jour qu'une divinité quelconque puisse exaucer ses prières.

— Vous avez tenu votre promesse en donnant un nom respectable à Sev. Vous lui avez donné une famille et l'avez aimé. Vous l'avez sauvé d'une vie pleine de haine, de déceptions et de malheurs. Grâce à vous, il a un père mais aussi des frères et sœurs. Lorsque notre maison a été attaquée vous avez accouru aussitôt pour nous venir en aide. Vos actions l'ont en partie sauvé, argumenta Tony.

Charles voulut répliquer et dire que ce n'était pas assez ce qu'il avait fait car il aurait dû faire plus pour l'hybride mais il était inutile de discuter sur de tels points.

— C'est ton fils, Charles, il est tout aussi fort que toi. Tu n'as jamais abandonné et il ne le fera pas non plus. Il se battra et reviendra vers nous, dit Erik.

— Ouais, acquiesça Tony qui s'assit aux côtés du mutant. Il va bientôt se réveiller car s'il ose nous quitter, je me chargerais de le ramener des enfers pour le tuer lentement. Maintenant, fais-moi plaisir et allez tenir compagnie à votre petit-fils. Harry doit sûrement s'ennuyer là-bas. J'ai besoin de faire une petite sieste avant de le rejoindre.

Charles hocha la tête et se rendit presque immédiatement à la nurserie. Tony passa une main sur son visage, complètement épuisé. Il ne dormait que très peu et lorsqu'il fermait les yeux, il revoyait son homme en train de saigner, le regard apeuré.

— Où sont passés Pep, Rhodey et le bébé ? questionna le milliardaire.

— Votre amie Virginia ainsi que l'enfant ont été conduits dans une chambre par une guérisseuse afin qu'ils puissent se reposer plus confortablement tandis que monsieur Rhodes est parti nous acheter de quoi nous nourrir surtout vous, répondit Erik.

— Hum, fit simplement Tony d'un ton distrait.

— Vous priver de nourriture ne servira à rien d'autre qu'à vous rendre malade, dit Erik.

— Je n'ai pas faim.

— Faîtes un effort pour votre enfant, Stark. Il a besoin que vous soyez fort.

Tony se leva brusquement et fusilla du regard le mutant.

— Vous pensez que je n'essaie pas ? Si je ne me vautre pas dans l'alcool aujourd'hui pour noyer mon chagrin c'est parce que je sais que Sev ne me le pardonnerait pas et que notre fils a besoin de moi ! Mais c'est dur, putain ! C'est difficile de le voir dans ce lit d'hôpital, inconscient ! Je supplie tout le temps pour qu'il me revienne mais il n'ouvre pas les yeux, comme s'il ne m'entendait pas ! Je viens de perdre un homme que je considérais comme un père et je n'ai pas encore eu le temps de le pleurer que je suis en train de per l'homme que j'aime ! cria le jeune homme. Alors ne me sortez pas vos paroles à deux balles quand depuis le début, j'essaie de me montrer fort.

— Loin de moi la prétention de…

— Vous ne me connaissez pas, Lensherr, l'interrompit brusquement Tony. À l'avenir, je vous prierais de garder vos conseils pour d'autres.

Le moldu quitta aussitôt le couloir et se dirigea vers la cafétéria de l'hôpital pour se prendre un café.

Pendant ce temps, Charles se trouvait dans la nurserie, ses yeux posés sur son petit-fils. Un sourire affectueux illumina les traits de son visage et il s'extasia devant la frimousse du petit Harry.

— Salut !

L'enfant tourna la tête vers lui au son de sa voix et il croisa le regard saphir de son petit-fils, des yeux semblables aux iris du milliardaire. Il était étonnant de voir à quel point l'enfant ressemblait à Tony, bien qu'il ait pris quelques traits de Severus.

Il s'approcha et plongea son doigt dans la petite main du bébé qui s'en saisit avec une force surprenante pour un nouveau-né. Puis, le télépathe sentit ses pupilles se dilater et son regard s'ancra dans celui de l'enfant. C'était comme si la terre s'était arrêtée et qu'elle ne tournait plus autour du soleil. Il y avait eu un arrêt dans le temps et pourtant, ni Harry ni lui n'avaient été touchés par ce phénomène étrange.

Les informations affluèrent telle une tempête dans son esprit. Les images défilèrent les unes après les autres, les sons étaient parfois clairs tantôt brouillés. Puis, il vit plusieurs chemins, plusieurs voies qui menaient à des moments plus ou moins comparables mais parfois ces chemins étaient bien trop éloignés les uns des autres. Il ressentit et eût mal au cœur. Les larmes coulèrent sur ses joues et la main qui avait tenu son doigt le relâcha et il eût l'impression qu'il avait été vidé de toute son énergie.

Le télépathe haleta brusquement et s'éloigna de quelques pas de l'enfant, tentant de reprendre son souffle. Il darda un regard ahuri sur le bébé qui l'observait silencieusement et écarquilla les yeux lorsqu'il remarqua que les iris de l'enfant avait pris une teinte émeraude avant de disparaître comme par magie. Il cligna des yeux, perplexe.

— Impressionnant, murmura-t-il, stupéfait.

Il n'aurait jamais pu croire qu'une telle chose serait possible mais il en avait la preuve devant lui.

— Ne t'inquiète pas, Harry, un autre chemin s'ouvrira le moment venu. Lorsque tu sauras le contrôler, tu seras capable d'en créer d'autres mais en attendant, laisse à tes parents le devoir de prendre soin de toi, dit-il.


Note de fin d'auteure :

Il ne se passe rien d'extraordinaire dans ce chapitre, je sais, mais il fallait un peu calmer les choses. J'avais longtemps hésité à mettre Lucius et Narcissa dans l'histoire car j'ai une relation mitigée avec ces personnages mais au final, j'ai décidé de les incorporer.

Petites questions :

Qui est la femme dont Lucius est amoureux ? Celui ou celle qui trouve a droit à un cadeau de son choix. Bonne chance !

Quel est le pouvoir qu'Harry a démontré à son grand-père ?

À la prochaine pour un nouveau chapitre et encore merci pour tous vos commentaires que je lis à chaque fois avec bonheur.

Omega Hannah.