NOTE IMPORTANTE :
Salut ! Avant de débuter votre lecture, j'aimerais que vous puissiez lire cette note. L'une d'entre vous m'a demandé si je pourrais envisager de reprendre l'écriture d'une histoire Harry Potter qui n'aurait pas eu de fin et qui aurait été arrêtée en cours de route. Histoire originale ou traduction. Donc je vous soumets ceci, souhaitez-vous que je le fasse ? Si oui, avez-vous des histoires à me recommander ?
Si je décidais de me lancer dans un tel projet, je m'accorde le droit de choisir la fic que j'aimerais reprendre.
Quant à Safe and Sound, je ne peux vous dire, maintenant, qui est la femme dont Lucius est tombé amoureux. Vous le découvrirez le moment venu et au gagnant ou à la gagnante reviendra le choix de son cadeau à cet instant-là.
Bonne lecture !
17
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Just the way you are
Il referma silencieusement le bouquin qu'il tenait dans ses mains et tourna la tête vers la fenêtre de la chambre d'hôpital du maître des potions. Il dévisagea durant plusieurs minutes les gouttelettes d'eau qui venaient s'échouer contre la vitre. Il pleuvait des hallebardes et la pluie mettrait un certain temps avant de prendre fin. Il resserra ses doigts autour du livre et sentit ses phalanges blanchir alors que son esprit dérivait une fois de plus vers l'attaque de sa demeure.
Il n'avait pas encore enterré son majordome, souhaitant que Severus puisse être à ses côtés le moment venu mais il semblait que le potionniste ne soit pas pressé de sortir de son coma. Il finirait par devenir fou si l'hybride le quittait à tout jamais. Il lui était impossible d'imaginer une vie dans laquelle Severus n'y serait pas. Il l'aimait tellement si fort…
Oh, Ses yeux, ses yeux
Il détourna son regard de la fenêtre et rencontra une paire d'iris onyx qui le figèrent sur sa chaise. Il sentit son cœur marteler dans sa poitrine et ne cligna pas une seule fois des paupières, craignant qu'un simple battement de cils puisse effacer l'image qu'il avait face à lui.
— Salut.
Il ignora les larmes qui embuèrent ses yeux et brouillèrent, pendant quelques secondes, sa vue. Il se releva avec lenteur, gardant son regard fixé sur le jeune homme qui n'avait eu cesse d'hanter son esprit ces derniers jours, le plongeant dans une terrifiante angoisse. Il laissa tomber le bouquin qu'il avait parcouru sans vraiment le lire et s'avança à pas lents vers le potionniste.
Il s'effondra au chevet de l'hybride et prit sa main dans la sienne, tentant de calmer les tremblements qui secouaient ses membres.
— Tu es de retour, murmura-t-il d'une voix rauque.
Severus sourit simplement, l'air épuisé. Il avait dormi durant plusieurs jours et aurait dû se sentir reposé mais malheureusement pour l'ancien serpentard, c'était tout le contraire. Il lui était extrêmement difficile, presque impossible de rester éveillé bien longtemps. Il combattit l'épuisement, voulant savourer un moment de plus ses retrouvailles avec l'inventeur.
— Je suis de retour, confirma-t-il avec un petit sourire.
En quelques secondes, il se retrouva dans une puissante étreinte, son corps pressé dans une chaleur accueillante. Il ferma ses paupières et posa sa tête sur l'épaule de Tony tandis que celui-ci sanglotait en silence, raffermissant sa prise autour de son corps. Il peina à respirer convenablement, étouffé par les bras du moldu autour de lui mais n'eût guère l'envie de prévenir le milliardaire de ce fait. Il ne souhaitait pas se retirer de cette étreinte amoureuse qui le rassurait quant aux sentiments de l'homme envers lui.
— J'ai cru que j'allais te perdre, lui avoua Tony dans un sanglot étouffé. J'ai eu tellement peur si tu savais…
Severus entoura la taille du moldu, pouvant parfaitement imaginer la crainte que son coma avait suscité en Tony. Il avait été conscient de la douleur qu'avait ressenti le milliardaire et avait veillé sur lui alors qu'il était incapable de revenir auprès de l'homme qu'il aimait et de leur famille. Il avait paniqué lorsque ses démarches pour retourner dans son corps s'étaient avérées infructueuses. Pendant un instant, lui-aussi, il avait cru qu'il mourrait et qu'il ne lui serait plus possible de retrouver les siens. Il avait voulu sortir de son coma et avait fondu en larmes en voyant à quel point il faisait souffrir le moldu ainsi que son père.
— Je suis là.
Tony le retint ainsi un long moment et il ne se rendit même pas compte qu'il cédait une fois de plus aux ténèbres, plongeant dans un sommeil réparateur.
Le génie scientifique sentit le corps de Severus s'affaisser dans ses bras et rompit son étreinte, constatant que le potionniste s'était endormi. Il sourit tendrement et rallongea délicatement l'hybride, caressant un instant la joue pâle de l'ancien mangemort. L'homme de sa vie était revenu à lui et une partie de sa douleur s'était considérablement atténuée. Severus était revenu auprès de lui et de leur enfant. Il avait rouvert ses yeux et dans son regard obsidienne, il avait insufflé de la vie à son corps. Par un simple regard, il avait ramené la joie de vivre dans son cœur. Ces magnifiquement iris onyx qui avaient su capturer son cœur.
Rendent les étoiles éteintes en comparaison
Il embrassa le potionniste sur le front et quitta avec réticence la chambre de ce dernier. Il aurait souhaité rester auprès de l'ancien serpentard jusqu'à son prochain réveil mais supposait qu'une telle action aurait été égoïste de sa part car il devait prévenir ses proches du nouvel état de santé de l'hybride. Ils étaient tous inquiets pour le potionniste et méritaient de savoir qu'il était de retour parmi eux.
Il jeta un dernier coup d'œil à la forme endormie de l'hybride avant de quitter silencieusement la pièce, traversant un long couloir qui le mena à une salle d'attente devenue familière. Il aperçut Logan au fond de la salle qui se tenait près de sa meilleure amie, tenant le petit Peter dans ses bras.
Ils avaient fini par connaître l'identité de l'enfant en le découvrant dans un article de journal qui relatait la tragédie qui avait frappé une petite famille de classe sociale moyenne qui demeurait dans le même quartier que lui. Le couple Parker avait été retrouvé assassinés dans leur domicile, le lendemain de l'attaque des sorciers anglais. L'article de journal parlait aussi des circonstances étranges de la disparition de l'enfant du couple marié, Peter Parker. À la lecture de l'article, ils avaient tout de suite fait la corrélation entre le bébé que Severus avait sauvé et l'enfant disparu.
Ils avaient décidé à la suite de cette information de ne pas contacter la police sans en avoir discuté avec le maître des potions car il était le seul capable à prendre une telle décision puisqu'il était celui qui avait pris l'enfant. Donc, en attendant que l'hybride puisse décider d'une action, ils avaient convenu de prendre soin du petit Peter.
Tony s'était attaché à l'enfant et malgré le brouillard dans lequel il avait erré depuis quelques jours, il s'était pris d'affection pour Peter et ne pouvait pas dire qu'il aimait l'enfant comme Harry car son fils, il avait commencé à l'aimer bien avant sa naissance et avait attendu avec impatience sa venue au monde.
Pepper leva les yeux vers lui lorsqu'elle le vit s'avancer. La rousse paraissait épuisée et semblait avoir perdu quelques kilos, l'inquiétude faisant des ravages sur son état de santé. La jeune femme s'était pris d'affection pour son homme et il savait que Pepper en était venue à considérer Severus comme un frère. Elle avait créé des liens assez solides avec l'hybride et souhaitait plus que tout le rétablissement du maître des potions.
— Tu es horrible à regarder, Pep, dit-il.
Pepper sourit, amusée. Elle était sûrement l'une des rares personnes à apprécier son humour et surtout sa franchise, bien que parfois, ses mots puissent être blessants sans qu'il n'en soit véritablement conscient.
— Pas autant que toi, je suppose, répliqua-t-elle.
— Même avec une tête à faire peur, je reste l'homme le plus sexy de la planète, rétorqua-t-il.
— Et modeste en plus de ça, ironisa la rouquine tout en roulant des yeux.
Il sourit simplement et prit Peter des bras de Pepper qui le laissa faire sans protester. Peter qui était parfaitement conscient de son environnement posa ses yeux sur lui et soudain, son visage s'éclaira lorsqu'il le reconnut, un grand sourire illuminant son regard.
— Salut, mon pote.
L'enfant leva ses petites mains, se tortillant dans les bras de l'ingénieur, heureux. Il alla s'asseoir près du professeur Xavier qui discutait calmement avec Erik et s'amusa à faire des grimaces à Peter qui se mit à rire aux éclats.
— Notre merlin l'enchanteur s'est réveillé y a quelques minutes avant de se rendormir, les informa-t-il tout en continuant de jouer avec Peter.
— Que viens-tu de dire ? l'interrogea Pepper.
— Vous m'avez tous parfaitement entendu, Pep.
Pepper regarda le milliardaire, estomaquée. Elle bloqua sa respiration, essayant avec difficulté d'assimiler les paroles de Tony. Elle sursauta lorsqu'une main se posa sur son épaule et se tourna pour remarquer que Logan s'était considérablement rapproché d'elle.
— Tu devrais respirer, poupée, conseilla le mutant.
Elle hocha la tête et reprit sa respiration.
— Tu devrais arrêter de m'appeler « poupée », grogna-t-elle, exaspérée.
— Et tu devrais savoir que je ne le ferais pas.
Elle décida de ne pas argumenter sur un tel point avec Logan car elle savait que le mutant continuerait aussi longtemps qu'il le souhaitait et que rien de ce qu'elle pourrait dire ne ferait changer l'homme. Elle lâcha un simple soupir et s'éloigna du mutant amnésique de quelques pas. Elle détestait se trouver aussi proche de Logan car qu'elle veuille l'admettre ou pas, il faisait naître en elle des sentiments qu'elle souhaitait voir enfouis. Elle ne voulait pas ressentir toute ces choses à nouveau et n'était pas prête pour cela.
Elle posa son regard vert sur le génie scientifique et sourit tristement à tout ce qu'elle avait sacrifié pour être aux côtés du milliardaire. Elle ne pouvait nier qu'une partie d'elle continuait d'aimer l'inventeur et qu'il lui faudrait un certain temps avant qu'elle ne puisse enfin tourner la page mais qu'importe les sentiments qu'elle ressentait envers Tony, elle était heureuse pour lui. Elle savait que seul Severus pourrait rendre heureux Tony. Le potionniste, en quelques jours seulement, avait réussi à briser la carapace du milliardaire, s'infiltrant lentement jusqu'au cœur de Tony. Quelque chose qu'elle n'avait pas été capable de faire car il ne le lui permettait pas.
Elle sortit de ses pensées lorsqu'elle remarqua que Charles se réjouissait des nouvelles en étreignant Erik. Elle ne comprenait pas le télépathe et se demandait bien ce qui pourrait le retenir d'approfondir sa relation avec l'autre mutant. Tout le monde savait qu'ils étaient amoureux l'un de l'autre et que Lensherr serait prêt à passer à la vitesse supérieure mais Charles y mettait un frein.
Les hommes, pensa-t-elle avec tendresse. Il leur fallait toujours un petit coup de pouce sinon ils n'avanceraient jamais. Elle devrait peut-être prévoir un plan d'action avec Kitty et Malicia et maintenant que Severus était sorti de son coma, elle était certaine qu'il serait ravi d'y participer.
— Je vais chercher le médicomage, dit Charles, les larmes aux yeux.
Il quitta la salle d'attente, se hâtant de trouver le médicomage qui était chargé de prendre soin du potionniste.
Pepper observa Tony et malgré les cernes sous ses yeux, signe évident de son manque de sommeil, elle ne l'avait jamais vu aussi heureux, aussi rayonnant de bonheur. Il avait perdu Jarvis, un homme qu'il considérait comme un père, et cette perte aurait pu être dévastatrice pour le mental de Tony s'il n'y avait pas eu Severus dans sa vie. Elle savait désormais qu'il y aurait quelqu'un pour panser les blessures du milliardaire. Une personne qui connaissait la douleur et la solitude, une personne qui avait un passé tout aussi difficile que le scientifique, une personne qui le complétait dans tous les points. Elle ne se voilait pas la face en pensant que leur vie serait un long fleuve tranquille. Elle était consciente que les deux hommes traînaient des casseroles dans leur dos et qu'il faudrait du temps pour qu'ils puissent s'en débarrasser mais ils le feraient un jour ou l'autre, ensemble. Et elle serait là pour les aider.
Elle n'eut aucun sursaut lorsqu'un bras s'enroula autour de ses épaules. Il était inutile d'essayer de préserver son espace personnel avec le mutant amnésique alors autant s'accommoder du comportement intrusif de l'homme dans sa vie. Elle le repousserait plus tard, lorsqu'elle serait moins fatiguée. Elle posa sa tête sur l'épaule de Logan et sourit quand Tony grimaça de dégoût car Peter venait de vomir sur lui.
Oui, elle allait veiller au bonheur de Tony et n'hésiterait pas à montrer les crocs si nécessaire.
Tony marcha lentement jusqu'au maître des potions qui était assis dans son lit, le regardant avec des yeux brillants. Il sourit à l'ancien mangemort et se pencha lentement vers lui, déposant avec délicatesse leur enfant dans ses bras. Severus prit Harry, tremblant légèrement. Tony n'aurait pu dire si ces tremblements étaient causés par une légère anxiété ou était-ce parce qu'il était ému ou était-ce à cause de la faiblesse des membres de l'hybride.
Il posa sur le potionniste un regard plein de tendresse et d'amour.
— Harry, murmura le maître des potions d'une voix enrouée.
Severus laissa couler des larmes sur son visage, se permettant de montrer ses faiblesses au moldu. Tony connaissait assez bien l'ancien serpentard et savait qu'il était l'une des rares personnes avec lesquelles, il se sentait assez en confiance pour pleurer librement. Il posa une main sur la joue pâle du potionniste et Severus releva la tête, croisant son regard. Il effaça la larme qui avait roulé sur la peau douce de l'hybride et replaça une mèche brune derrière l'oreille de l'homme.
Ses cheveux, ses cheveux
Tombent parfaitement sans même qu'il fasse un effort
— Je t'aime.
Severus ne dit rien à la déclaration de Tony mais il aurait été futile de dire quoi que ce soit lorsque son regard parlait pour lui-même. Severus ne serait certainement pas capable d'être aussi ouvert émotivement que Tony mais cela ne voulait pas dire qu'il ne pouvait transmettre ses émotions au moldu.
Il se pencha vers la main du milliardaire et sourit au moldu avant de rompre leur contact visuel et de s'imprégner des traits délicats de leur fils.
— Que penses-tu de Virginia comme marraine et James comme parrain ? demanda Severus, les yeux posés sur Harry.
— Je pense que c'est une bonne idée, répondit Tony. Pep et Rhodey en seraient ravis.
— Où est Peter ?
— Il fait une petite sieste mais Pep a promis de nous l'amener à son réveil.
Severus ferma les paupières un instant, des souvenirs douloureux faisant brusquement surface dans son esprit. Il frissonna légèrement lorsque Tony se rapprocha de lui, prenant place à ses côtés sur le lit, passant une main autour de sa taille pour qu'il puisse se blottir contre lui.
— Hey ! Qu'est-ce qui ne va pas ?
Il refusa de rencontrer une nouvelle fois le regard du moldu et resta silencieux, espérant sans trop y croire que Tony n'insisterait pas.
— Severus.
Il lâcha un soupir frustré et leva les yeux vers son petit-ami ? Son fiancé ? Son amant ? Il était amoureux de Tony et ce dernier éprouvait les mêmes sentiments pour lui, mais comment pourrait-il qualifier leur relation ? Ils n'avaient guère eu le temps d'en parler car à peine le moldu se déclarait à lui que Sirius et Remus attaquaient leur demeure.
— Tu n'as presque pas dit un mot depuis ton réveil, fit remarquer Tony. Qu'est-ce qui te trouble ?
— Lorsque j'étais dans le coma, Lily m'est apparue et nous avons discuté elle et moi.
Il sentit le scientifique se raidir tout contre lui et hésita un moment avant de poursuivre.
— Elle m'a dit qu'elle m'avait aimé, continua-t-il.
— Et toi, tu ressens encore quelque chose pour elle ? l'interrogea Tony d'une voix neutre.
Severus secoua la tête et ancra ses prunelles dans celles du milliardaire.
— Je crois que tu es la seule personne que j'ai jamais aimé, avoua le maître des potions sans pudeur. Ce que je ressentais pour Lily, je l'ai confondu avec de l'amour car elle avait été la seule personne à ne pas avoir été repoussé par mon comportement et ma laideur.
— Tu n'es pas laid, Severus, protesta l'inventeur. Tu es magnifique, mon enchanteur.
Il est tellement beau
Et je lui dis tous les jours
— Alors tu dois être aveugle pour me trouver magnifique, répliqua-t-il d'un ton sec. Je ne suis pas une gravure de mode, Anthony. Je sais que je n'ai rien d'attirant et parfois, je me demande ce que tu peux bien me trouver.
— J'aime les belles choses, l'enchanteur. Tu sais comme moi que j'aime ce qu'il y a de meilleur sur cette terre et que j'irais jusqu'à l'inventer si ce que je veux n'existe pas. Et toi, mon amour, tu es bien plus beau que toutes les merveilles que je possède ou que j'ai pu posséder. Tu ne le vois peut-être pas mais tu es un bel homme et je te le dirais tous les jours jusqu'à ce que tu sois capable d'accepter mes mots.
Ouais, je sais, je sais
Quand je lui fais des compliments
Il ne me croit pas
— Je ne suis pas une chose, Anthony, siffla Severus, agacé.
— Non, tu es mon homme, dit le moldu d'un ton possessif. Tu m'appartiens et j'ai le droit de complimenter ce qui est à moi.
Et c'est tellement, tellement triste de penser qu'il ne voit pas ce que je vois
— J'ose espérer que nos enfants ne seront pas aussi capricieux et gâtés que toi.
— Nos enfants ? releva Tony, confus.
— Peter et Harry, précisa le maître des potions.
— Tu comptes adopter Peter ?! fit Tony, incrédule.
— Nous l'adopterons si tu n'y vois aucun inconvénient. J'ai promis à sa mère que je prendrais soin de son enfant et je compte tenir ma promesse.
Il pensa à la mère de Peter et put revoir dans sa tête, les derniers instants de vie de la femme. Il aurait peut-être pu la sauver si faire de la magie n'aurait pas été un danger pour Harry. Il aurait pu arrêter le saignement et la plonger dans un coma artificiel le temps que les secours arrivent mais il n'avait pas pu le faire. Il avait été impuissant et l'avait regardé mourir, incapable de la sauver.
Il n'avait jamais aimé ce sentiment et savait que la culpabilité qu'il ressentait vis-à-vis du décès de la mère de Peter était une émotion inutile car il n'était pas responsable du meurtre de cette dernière et qu'elle aurait été condamnée à mourir d'une façon ou d'une autre. L'homme qu'elle avait abattu avant de rendre l'âme était une indication claire que la vie du couple avait été auparavant menacée.
La mère de Peter tout comme Lily avaient choisi de lui faire confiance et de placer la sécurité de leurs enfants entre ses mains. Il avait accepté ce rôle et en assumerait chacune des conséquences. Harry était devenu son enfant et Peter le serait aussi. Il les protègerait au péril de sa vie et n'hésiterait pas à faire les sacrifices nécessaires pour qu'ils puissent survivre.
— Eh bien, je suppose qu'il nous faudrait lui trouver un nouveau nom, n'est-ce pas ? soupira le moldu.
— Peter Edwin Stark, proposa l'hybride.
Tony refoula les larmes qui voulaient couler et acquiesça, un sourire aux lèvres.
— J'adore.
Severus pressa simplement ses lèvres sur les siennes sans essayer d'approfondir le baiser. C'était un geste de réconfort et d'amour et Tony le comprit car il n'essaya pas de retenir le potionniste lorsque ce dernier s'éloigna de lui.
— Je sais combien Jarvis comptait pour toi et ce qu'il représentait à tes yeux. Je suis désolé pour ta perte, Anthony, et je sais que ce que je vais dire n'atténuera sûrement pas ta douleur mais je te demande pardon. J'espère que tu me pardonneras d'être en partie responsable du décès de l'homme que tu considérais comme un père.
— Tu n'es pas responsable de ce qui lui est arrivé. Ses meurtriers sont emprisonnés et vont être jugés pour cela.
— Ils n'auraient jamais attaqué ton domicile si tu ne m'avais pas rencontré. Jarvis serait encore vivant si je n'avais pas été là, protesta le maître des potions.
— Si je n'avais pas rencontré, ma vie aurait été bien plus triste et fade, l'enchanteur. Si je ne t'avais pas rencontré et qu'il n'y avait pas eu cette attaque, Jarvis serait mort peu de temps après car il était condamné, répliqua Tony.
Severus écarquilla brusquement les yeux, stupéfait.
— Quoi ?
Tony baissa ses yeux sur Harry qui dormait paisiblement dans les bras de l'hybride. Il paraissait tellement fragile.
— J'avais appris que ses jours étaient comptés à cause d'une maladie incurable.
— Comment ? l'interrogea Severus.
— Je suis Tony Stark, l'enchanteur, et même si Jarv' pensait être plus malin en tentant de me cacher quelque chose d'aussi important, j'ai remarqué après le décès de mes parents qu'il y avait quelque chose qui clochait chez lui. Il m'a pratiquement élevé tout seul, merlinus, et tu peux appeler ça comme tu veux mais j'étais sûr et certain qu'il n'allait pas bien. Je lui ai demandé s'il avait quelque chose à me dire mais comme d'habitude, il a feint l'ignorance et je n'ai pas insisté, préférant chercher par moi-même ce qu'il me cachait. Trois mois avant de te rencontrer, j'ai proposé à Jarvis de monter sur un ring de boxe avec moi, arguant que m'entraîner avec lui me manquait et puisque je venais de perdre mes parents, il n'eut pas le cœur de me le refuser. J'ai réussi à lui prélever du sang durant notre entrainement sans qu'il ne le remarque et j'ai fait examiner l'échantillon. Au départ, je ne savais même pas ce que je cherchais et lorsque j'ai reçu les résultats, j'ai su ce qu'il n'osait pas m'avouer. Il était en train de mourir.
— Anthony…
Tony releva la tête et plongea ses orbes saphir dans les iris obsidiennes du maître des potions.
— J'allais le perdre et ce n'est que lorsque tu as débarqué dans ma vie que j'ai pu commencer à le laisser partir, Severus. C'est uniquement grâce à toi que j'ai pu me faire à l'idée qu'un jour ou l'autre, l'homme que j'aimais comme un père me quitterait et ce n'était plus aussi douloureux que lorsque je l'avais appris car tu étais à mes côtés, confia le moldu. La vie de Jarvis aura été écourtée mais étonnement, je n'en veux pas à ces deux salopards. Je n'éprouve aucune haine vis-à-vis d'eux ni même de colère alors comment pourrais-je t'en vouloir pour quoi que ce soit lorsque tu me permets de garder un esprit sain ? Lorsque tu me permets de ne pas sombrer ?
Severus cligna des yeux, interloqué. Il était sans voix et se demandait s'il n'arrêterait pas d'être surpris par le moldu. Anthony semblait croire qu'il était celui qui apportait quelque chose à vie mais c'était tout le contraire. Il n'avait rien apporté de bon au milliardaire depuis leur rencontre. Anthony était celui qui avait tout changé dans la sienne, lui permettant d'avoir un toit, un père, des frères et sœurs et surtout, de l'amour. Anthony avait fait bien plus pour lui qu'il n'en ferait jamais pour l'autre.
— Qu'est-ce que tu peux bien me trouver pour m'aimer à ce point ? demanda-t-il, incrédule.
Mais à chaque fois qu'il me demande : « Est-ce que tu me trouves beau ? »
Je dis :
Tony rigola à sa question et il ne laissa pas le temps au maître des potions d'être vexé, qu'il posa ses deux mains sur ses joues et l'obligea à rencontrer son regard.
— J'aimerais que tu sois capable de voir ce que je vois en toi, Severus, murmura-t-il. Tu as une si piètre opinion de toi que cela me brise le cœur de savoir que personne, avant moi, n'a pu voir la beauté qui résidait en toi. Je ne te comparerais jamais aux hommes que l'on voit dans un magazine de mode car ta beauté ne se place dans aucune catégorie. Il n'y a rien en toi que je voudrais changer, Severus, car tu es parfait, simplement tel que tu es.
« Quand je vois ton visage
Il n'y a pas une chose que je changerais
Parce que tu es incroyable simplement tel que tu es
Tony dévisagea l'hybride qui se sentit mal à l'aise sous son regard mais aussi surpris par les compliments qui sortaient de la bouche du scientifique.
— Tu es magnifique, mon amour. T'ai-je déjà dit combien j'aimais te voir sourire ? Combien je me sens incroyablement arrogant lorsque tu ne souris qu'à moi ? Parce que je sais que je suis la seule personne qui soit capable de te rendre heureux, la seule personne au monde qui ait la chance de recevoir tes rares sourires sincères qui sont comme des cadeaux pour moi.
Et quand tu souris
Le monde entier s'immobilise et te fixe du regard pendant un moment
Parce que chéri, tu es incroyable
Simplement tel que tu es »
— Je trouve en toi tellement de qualités qu'il me serait impossible de toutes les énumérer car elles sont bien trop nombreuses alors tu devras te contenter d'une chose : Je t'aime, acheva le moldu.
— Moi aussi, Anthony. Moi aussi, chuchota l'hybride, la voix rauque.
— Bien que je ne sache que ce point sera remis très bientôt sur la table, je te propose de te laisser te reposer avec notre petit Harry pendant que je vais me chercher de quoi me sustenter et discuter quelques temps avec Charles et le médicomage au sujet de ta sortie de cet endroit. Qu'en dis-tu ?
— Que c'est une excellente idée, approuva Severus.
— Dans ce cas, à tout à l'heure, merlinus.
Tony déposa un baiser sur son front avant de sortir de la chambre. Severus s'allongea, faisant attention à l'enfant qu'il tenait dans ses bras. Il rapprocha son visage de celui d'Harry et remarqua à peine les larmes qui coulaient librement sur ses joues. Il n'osait se l'admettre à lui-même mais les paroles du milliardaire l'avaient ébranlé au plus profond de son cœur. Il était conscient des sentiments d'Anthony envers lui mais une telle intensité, il ne l'aurait jamais soupçonné. Il n'aurait jamais pu penser qu'une personne puisse l'aimer aussi fort. C'était tellement désarmant qu'il savait qu'il mettrait quelques jours pour encaisser ce nouveau choc.
— Je crois que nous devrions lui en parler un peu plus tard, suggéra l'inventeur.
Charles poussa un soupir, las. Il était épuisé et avait perdu le sommeil tout comme Tony. Il s'était fait un sang d'encre pour son fils et avait cru, pendant un infime instant, qu'il perdrait le jeune homme. Il avait été dévasté à l'idée de perdre son enfant et ces idées noires avaient eu raison de son état de santé, le plongeant dans une dépression permanente. Mais maintenant que Severus était revenu parmi eux, il semblait avoir repris quelques couleurs, bien que les effets du stress causés par le coma de l'hybride se fassent toujours ressentir sur son corps.
— Tu as certainement raison mais maintenant ou plus tard, qu'est-ce que cela changera ? C'est un sujet que nous allons devoir abordé avec lui de toutes manières.
— Certes, mais il vient de sortir d'un coma et il récupère encore de son accouchement. Il est bien trop faible pour l'instant pour discuter d'une telle chose avec lui, rétorqua Tony.
— Bien, soupira à nouveau Charles. Je préviendrais la Ossiriand Bank lorsque nous serons de retour au manoir.
— Merci beaucoup.
— C'est moi qui devrais te remercier, Anthony.
— Me remercier ? Pour quoi ? le questionna Tony, perplexe.
— Pour prendre si bien soin de mon fils, répondit le télépathe. Mais aussi pour m'avoir suggéré de l'adopter. Sans toi, je n'aurais jamais pu faire de lui mon enfant.
— Eh bien, souffla le milliardaire, abasourdi.
Il haussa les épaules, essayant de paraître indifférent mais il savait que le télépathe n'était pas dupe et était capable de lire à travers lui.
— Puisque nous sommes aux remerciements, je voulais te remercier de m'avoir suggéré de donner mon sang à Harry et de faire ainsi de lui, mon fils. Sans toi, je n'aurais certainement jamais pu être son père.
— Mon plaisir, Anthony.
Tony aurait voulu ajouter quelque chose mais le médicomage qui s'occupait du potionniste vint vers eux.
Tony poussa un profond soupir lorsqu'il referma la porte de leur chambre derrière lui. Il aimait passer du temps à l'Institut Xavier mais détestait lorsque les jeunes mutants accaparaient l'attention du maître des potions.
Ils avaient à peine mis le pied hors de la voiture qu'une horde d'adolescents tous plus fous les uns que les autres s'étaient jetés sur eux, souhaitant s'enquérir de l'état de santé de l'hybride mais aussi pour voir Harry et Peter. Le chahut sans nom causé par les adolescents avaient fini par réveiller les deux enfants qui dormaient à poings fermés. Tony crut qu'il allait massacrer l'un des jeunes mutants pour donner un exemple aux petits garnements.
Peter avait hurlé tellement fort qu'il s'était demandé s'il ne finirait pas par devenir sourd avec un tel enfant. Il lui fallut plus d'une heure pour calmer Peter mais aussi toute une série de chants et de berceuses.
— T'ai-je déjà dit à quel point je détestais les adolescents ? questionna-t-il.
— Certainement plus de cent fois aujourd'hui, répondit le maître des potions.
Severus se redressa du berceau sur lequel il s'était penché et se tourna pour regarder le génie scientifique.
— Je ne survivrais pas une semaine dans ce manoir. Nous ferions mieux de faire nos bagages et de rentrer à Malibu.
— Nous allons le faire mais uniquement lorsque tous nos problèmes ici seront réglés.
— Mais ne peut-on pas les régler depuis la Californie ? demanda Tony, implorant.
— Non, Anthony, répondit le maître des potions.
Il grommela dans sa barbe, irrité, avant de fermer la distance entre lui et Severus. Il était heureux d'être à nouveau aux côtés de l'hybride et bien qu'ils soient contraints de vivre dans un manoir surpeuplés d'adolescents, il supposait que c'était un petit prix à payer pour avoir sa famille réunie autour de lui.
Il enlaça le potionniste et posa un baiser sur sa clavicule, affichant un air satisfait lorsqu'il sentit ce dernier frissonner dans ses bras.
— Quand allons-nous effectuer l'adoption par le sang de Peter ? l'interrogea-t-il.
— Lorsque j'aurais discuté avec Black et Lupin, répondit Severus.
— Es-tu sûr de vouloir faire une telle chose ?
Severus hocha la tête.
— Il le faut, Anthony. Black a franchi une ligne rouge et même si je déteste l'homme, lui et Lupin méritent que je fasse ce sacrifice. Du moins, je le fais aussi pour notre famille. Je ne veux pas de secrets entre nous. Je ne veux rien cacher à nos enfants et je voudrais qu'ils sachent la vérité sur leur passé car c'est important pour leur avenir mais aussi pour leur développement. Je ne veux pas qu'ils découvrent plus tard, par hasard, la vérité. Je ne veux pas que nos enfants nous haïssent pour cela alors pas de mensonges.
— Et tu te demandes pourquoi je t'aime, dit Tony de façon rhétorique.
Severus ne put masquer la rougeur qui s'imprima sur ses joues et Tony fut fasciné par une telle chose. Il avait rarement vu le maître des potions rougir et se demanda à quoi pourrait bien ressembler le visage de l'homme, perdu dans les plaisirs charnels. Combien il attendait avec impatience ce moment où il ferait de Severus le sien, dans le corps et l'esprit.
Il était attiré par l'ancien serpentard, par son intelligence, son courage, sa ténacité, sa sincérité mais aussi par son corps. Il aimait toutes les parties du corps du potionniste.
Ses lèvres, ses lèvres
Je pourrais l'embrasser toute la journée s'il me laissait faire
Sa bouche, magnifique, à elle seule, le faisait frissonner de tout son corps. Il aimait goûter à ses lèvres et était certain qu'il avait développé une accoutumance aux baisers du potionniste. Sans compter ses cheveux d'ébène qu'il adorait pouvoir caresser, son corps souple et élancé, ses longues jambes… et surtout sa voix infiniment séduisante.
— À quoi penses-tu ?
— À toi et à ton corps, répondit-il sans gêne.
Severus éclata de rire et il apprécia d'autant plus le son car l'hybride riait rarement et c'était toujours une agréable surprise pour lui d'être en mesure d'entendre ce son cristallin.
Son rire, son rire
Il le déteste mais je le trouve trop sexy
Il est tellement beau
Et je lui dis tous les jours
— Tu es un pervers, dit Severus.
— Avec toi, toujours, mon enchanteur.
Severus secoua la tête, amusé. Il darda son regard onyx sur Tony et caressa la joue de ce dernier, affichant un air de profonde réflexion.
— Comment peux-tu penser à mon corps ? Il est recouvert de cicatrices, Anthony, et beaucoup d'entre elles sont le fruit de mes actions passées. C'est moche à regarder.
— Moi aussi, j'ai des cicatrices, Severus. Tout le monde en a et je te l'ai déjà dit, tout, absolument tout en toi me plaît. Je connais ton passé et je t'ai accepté avec toutes tes qualités mais aussi tous tes défauts. Je ne veux personne d'autre que toi, l'enchanteur. Personne d'autre car je t'aime tout simplement tel que tu es.
Oh tu sais, tu sais, tu sais
Je ne te demanderais jamais de changer
Si la perfection est ce que tu recherches
Alors tu n'as qu'à rester toi-même
Severus se blottit contre lui et posa sa tête sur son épaule, prenant une profonde inspiration au creux de son cou.
— Je ne te comprendrais jamais, souffla-t-il.
— Peut-être parce que tu ne veux pas admettre que j'ai raison, fit Tony en riant.
Alors ne prend pas la peine de me demander si tu es beau
Tu sais ce que je dirai :
Tel que tu es
Tel que tu es
Chéri, tu es incroyable
Simplement tel que tu es
Note de fin d'auteure : J'espère que vous avez reconnu la chanson de Bruno Mars – Just the way you are.
Comment avez-vous trouvé ce chapitre ? Sev est enfin réveillé et nous allons bientôt passer aux choses sérieuses. À savoir l'adoption de Peter, la discussion entre Sev, Remus et Sirius.
Bref, vos avis s'il vous plaît.
Omega Hannah.
