Note de l'auteure : Je vous remercie pour vos merveilleux commentaires qui me vont toujours droit au cœur. J'ai fini par suivre Avengers : Infinity War et j'ai été impressionnée par les effets spéciaux. Visuellement, je l'avoue, j'ai été bluffée mais pour moi, le scénario était vraiment pauvre et quelque peu bâclé, pourtant j'ai adoré les précédents films mais malgré cela, j'ai apprécié le film bien que certains d'entre vous comprendront ma rage et ma rancune envers les scénaristes et les réalisateurs. J'ai pleuré tellement j'étais en colère mais malgré ma déception je suivrais tout de même le prochain film car j'ai plusieurs théories sur le prochain Avengers. Quoi qu'il en soit, le personnage de Thanos me réconforte dans les plans que j'avais élaboré pour lui dans mon histoire.
FAQ (Foire Aux Questions)
Je répondrais à vos questions ici.
Je ne sais pas si l'on peut qualifier le personnage de Severus comme d'OOC puisque ce Sev est plus jeune que celui du canon et qu'il n'a pas été contraint à espionner pour le compte de Dumbledore. La vie de ce Severus a pris une route différente de celle du canon et en ce sens, peut-on le qualifier d'OOC quand il a une famille sur qui compter désormais et des enfants à élever ?
J'ai eu le temps d'approfondir le caractère de chaque personnage important dans ma fic et oui, vous aurez les motivations de Dumbledore quant au fait qu'il ait choisi Remus parmi d'autres enfants loups garous.
Charity Potter est une descendante du célèbre Auror américain Abraham Potter. Elle est une parente très éloignée de James.
Pour la lycanthropie de Remus, vous découvrirez le système mis en place par la communauté américaine. J'espère que cela vous plaira.
L'arrivée des jumeaux dans la famille Stark se fera plusieurs années plus tard et leur adoption sera différente de celle d'Harry ou encore de Peter. Je n'en dis pas plus mais j'ai hâte de vous faire découvrir ce moment.
N'hésitez pas à me poser d'autres questions.
Bonne lecture
Omega Hannah.
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20
Une rechute bouleversante
Severus relâcha la tension qui s'était accumulée dans tout son corps et poussa un soupir de soulagement lorsque le jugement fut rendu. Il n'aurait jamais pu imaginer qu'un jour on lui rendrait justice pour toutes les années d'humiliation qu'il avait subi de la part des maraudeurs et encore moins que cela se passerait dans un pays étranger qui ne l'avait guère vu naître et dans lequel il ne vivait que depuis quelques mois, obtenant la nationalité grâce à un subterfuge élaboré par son compagnon et son père adoptif.
Il y avait malgré tout cela un goût amer qui emplissait toute sa bouche, faisant légèrement remonter la bile dans sa gorge. Il avait obtenu cette justice au prix de la vie de Jarvis, au prix de la vie d'un homme qui avait été comme un père pour son compagnon. Il n'avait pas voulu éviter le sujet du décès brutal de Jarvis avec l'ingénieur mais ce dernier n'avait plus souhaité en parler après l'enterrement du majordome donc il se plia au vœu de son compagnon, sachant pertinemment que ce dernier s'ouvrirait à lui lorsqu'il en éprouverait le besoin.
Il baissa ses yeux sur leurs doigts entrelacés et ressentit une déferlante d'émotions le submerger, coupant provisoirement sa respiration. Il n'était plus seul et c'était un mantra qu'il se répétait chaque jour avec un immense soulagement mais aussi un pur ravissement. Il était désormais certain qu'Anthony ne l'abandonnerait jamais quoi qu'il puisse arriver et qu'ils allaient bâtir ensemble un foyer stable et aimant pour leurs enfants.
Il n'était plus seul.
— Non, mon fils, tu n'es plus seul.
Il leva les yeux vers son père qui était assis à ses côtés et le regarda avec surprise.
— Tu as laissé tomber tes barrières au milieu du procès, précisa Charles d'une voix légèrement teintée d'inquiétude.
Severus sonda son propre esprit et constata qu'en effet, les protections mentales qu'il avait érigé étaient tombées sans qu'il ne s'en soit rendu compte. Il lui arrivait parfois de perdre le contrôle sur ses pouvoirs lorsqu'il était bouleversé émotionnellement et l'effondrement de ses barrières mentales était une conséquence normale dans cet état, son esprit étant accessible aux pouvoirs télépathiques de son père ou de Jean.
— J'espère ne pas t'avoir chamboulé avec mes pensées chaotiques, s'excusa-t-il.
Il savait combien les souvenirs de son enfance pouvaient blesser le télépathe et le faire culpabiliser pour des actes dont il n'aurait pas pu le protéger. Le mutant aurait voulu lui épargner cette enfance malheureuse et bien qu'il soit touché par l'amour que lui portait son père adoptif, il détestait être responsable de la douleur et des remords qui semblaient apparaître dans les yeux du professeur lorsqu'il avait accès à ses pensées.
Charles prit sa main libre dans la sienne et ancra ses prunelles dans celles de son unique fils. Le potionniste fut rassuré de ne voir que le reflet d'un amour sans limite dans les yeux du télépathe.
— Tu ne seras plus jamais seul, Severus, et aussi longtemps que je vivrais, je m'assurerais que tu sois toujours heureux. Je n'hésiterais pas à tuer quiconque oserait te faire du mal, jura le mutant.
— Je sais, papa, et j'espère que ce jour n'arrivera jamais car je ne voudrais pas que tu deviennes un meurtrier par ma faute.
— Comment pourrait-on qualifier mon acte de protection comme d'un meurtre ? répliqua Charles dans un rire incrédule. Il n'y a rien que je ne sois pas capable de faire en ton nom, mon enfant, et tu l'apprendras bien tôt avec tes propres enfants. Même le plus saint des parents se transformerait en démon sans hésiter une seule seconde pour sa progéniture.
Severus comprit tout à fait le sens des paroles de son père mais cela ne voulait pas dire qu'il était ravi d'entendre de tels propos. Ils sortaient récemment d'une attaque et ils avaient perdu Jarvis. Une perte douloureuse qui avait marqué à jamais son compagnon. Même si ce dernier arguait qu'il s'était préparé au décès du vieil anglais, il était certain que Tony n'avait nullement été préparé au choc douloureux et émotionnel qui s'en suivrait. Tony se réconfortait du deuil de Jarvis auprès de leurs enfants, repoussant au loin sa douleur, mais Severus savait mieux que quiconque, qu'il était impossible d'échapper indéfiniment à la douleur de la perte d'un être cher. Il était conscient qu'un jour ou l'autre, Tony devra faire face à sa souffrance et pleurer correctement Jarvis pour pouvoir véritablement tourner la page et avancer. Il serait là pour Tony comme le moldu l'avait été pour lui. Il le soutiendrait et l'aiderait à y faire face.
Il détourna son regard de son père pour lever les yeux vers la femme qui s'était approchée d'eux, accompagnée d'une autre, nettement plus âgée que l'avocamage.
— Messieurs, les salua Margaux.
— Maîtresse Hathaway, fit le maître des potions en se levant pour prendre la main de la sorcière.
— Comment allez-vous, Lord Prince-Potter ? demanda l'avocamage.
— Lord Prince-Potter ? releva le jeune homme, dérouté. Vous faîtes erreur, Maîtresse Hathaway.
Margaux fronça les sourcils, surprise. Elle jeta un regard au télépathe et au génie milliardaire qui semblèrent tout d'un coup mal à l'aise en sa présence.
— Il ne sait pas ? devina-t-elle, ahurie.
— Savoir quoi ? questionna Severus, intrigué.
— Il vient de sortir du coma, Maîtresse Hathaway. Nous avions failli le perdre et nous ne voulions pas le mettre plus de pression avec cette histoire, dit Charles.
— De quoi parlez-vous ? Quelle pression ? C'est quoi cette histoire de Lord ? Que m'avez-vous caché ? s'énerva l'hybride.
— Bébé…
— La vérité, maintenant, Anthony ! exigea le maître des potions.
Tony échangea un regard avec son beau-père avant de finir par lâcher un soupir inaudible.
— Tu as hérité des titres, propriétés et fortunes respectives de ton grand-père maternel et de Lily Evans-Potter.
— Quoi ? s'écria l'ancien mangemort, incrédule. Que…que viens-tu de dire ?
— Ils t'ont légué tous leurs biens et cela fait de toi le Lord de la maison Prince mais aussi celle de la maison Potter, dit Tony.
Severus secoua la tête, incapable d'y croire. Il s'écroula sur son siège et prit sa tête entre ses mains, complètement abasourdi. Il savait que c'était impossible et que jamais son grand-père maternel n'aurait pu faire de lui l'héritier de la famille Prince. L'homme l'avait toujours détesté pour tout ce qu'il représentait et l'avait jugé indigne du sang Prince. Quant à Lily, il ne comprenait pas pourquoi elle lui aurait légué toute la fortune des Potter et surtout le titre de Lord de la famille de son époux. Pourquoi ferait-elle une telle chose ? Il était certain que Potter n'aurait jamais été d'accord avec une telle idée.
— Hey bébé, l'interpella Tony d'une voix douce.
Il releva la tête, les yeux embués, rencontrant le regard saphir de son compagnon.
— Je ne veux pas de ces héritages.
— Je ne crois pas que ce soit une bonne idée de prendre une décision aussi hâtive, Lord Prince-Potter, intervint Margaux.
— Elle a raison, bébé. Je peux bien évidemment prendre soin de notre famille. Nous avons tellement d'argent que nous sommes à l'abri du besoin pour le restant de nos jours et je compte bien sûr en gagner encore plus mais mon enchanteur, tu ne devrais pas rejeter ces héritages car c'est à toi. Ils t'estimaient assez pour te léguer tous leurs biens ainsi que leur seigneurie. Ne jette pas tout ça ainsi, bébé. Si tu ne le veux pas pour toi, fais-le pour nos enfants.
— Anthony…
— Tu as émis le souhait que nos enfants connaissent leurs origines plus tard et tu ne peux plus reculer maintenant que la machine a été mise en route, le coupa calmement Tony.
Tony se rapprocha de lui et posa une main sur sa joue avant d'effacer la larme qui avait lentement coulé sans qu'il ne s'en aperçoive.
— Nous avons fait ce choix, l'enchanteur, et quoi qu'il puisse arriver, nous n'allons pas reculer.
Severus hocha la tête, sachant que l'homme qui partageait désormais sa vie avait absolument raison. Il ne pouvait pas refuser l'héritage des Potter car l'accepter reviendrait plus tard à leur plus jeune fils et il pourrait offrir à leur aîné la oseigneurie de la maison Prince.
— Bien, céda-t-il finalement. Je l'accepte.
Tony relâcha sa respiration et sourit à son homme.
— Magnifique ! s'exclama Margaux, ravie. Je prendrais donc contact avec la Ossiriand Bank si vous le souhaitez et remplirait toute la paperasse en votre nom et vous ferais parvenir tous les documents à signer. Comment cela sonne-t-il ?
— Excellent, approuva le maître des potions.
— Maintenant que cette partie est réglée, j'aimerais vous présenter la médicomage Stella Keller, fit l'avocamage en désignant la femme qui se tenait silencieusement à ses côtés. Madame Keller est la médicomage désignée d'office par la juge Potter pour prendre soin de monsieur Lupin. Elle est spécialisée dans la lycanthropie et pourra vous être d'une grande aide pour les dix prochaines années de servitude de votre esclave.
— Je ne suis pas un esclavagiste, Maîtresse Hathaway. Je sais qu'une décision de justice a été rendue mais je ne veux pas de Lupin comme esclave, protesta le maître des potions.
— Lord Prince-Potter, c'est une décision de justice contre laquelle vous ne pourrez échapper. Le terme d'esclave ne peut sûrement pas vous plaire mais monsieur Lupin sera le vôtre pendant dix ans. Il devra obéir à chacun de vos ordres et vous, en contrepartie, vous devrez vous assurer de son bien-être. Voyez cela comme un lien entre un sorcier et un elfe de maison. Ce jugement est une façon de faire apprendre à monsieur Lupin ses erreurs passées mais cela vous permettra à vous aussi de guérir et d'aller de l'avant.
— Comment prendre Lupin comme esclave pourrait-il me guérir du mal qu'ils m'ont fait ? questionna Severus avec sarcasme.
— Je n'ai jamais été confrontée au harcèlement scolaire dans mon enfance car une telle chose n'aurait jamais pu se produire dans les murs d'Ilvermorny donc je ne peux pas vous dire que je comprends et encore moins comment ce lien de servitude pourra vous aider concrètement dans votre guérison mais sachez qu'aucune décision de justice n'est rendue sans prendre en compte l'état émotionnel de chaque personne impliquée dans une affaire, répondit Margaux.
Severus eût un rictus méprisant et se retrancha derrière ses protections mentales, le visage impassible. Il n'était pas en état de tenir un tel débat avec l'avocamage car le seul fait d'évoquer son passé faisait ressurgir des souvenirs douloureux. Il souhaitait plus que tout rentrer chez lui et tenir ses enfants dans ses bras. Il manquait la chaleur de son cadet et le sourire timide de son aîné.
— Lord Prince-Potter, je suis lycanthropomage et j'ai été engagée pour prendre soin médicalement de monsieur Lupin et de vous assister pendant les dix années de servitude de ce dernier à votre service, dit Stella.
— Et en quoi consistera exactement votre assistance ?
Ce fut Tony qui posa la question, ayant compris que son compagnon avait atteint son seuil de tolérance et qu'il ne prononcerait plus aucun mot à partir de maintenant.
— J'ai parcouru brièvement le dossier médical de monsieur Lupin et d'après les examens ainsi que les réponses de ce dernier lors de l'interrogatoire effectué par les Aurors après son arrestation, il semble refuser d'accepter sa part lupine et la rejette à chaque pleine lune, ne se transformant que partiellement. Une transformation partielle en loup-garou peut conduire le lycanthrope à une douleur insoutenable qui le rend fou et l'amène à être extrêmement violent car l'homme ni le loup ne sont en fusion, se battant l'un contre l'autre pour la domination. Dans le cas de monsieur Lupin, nous devrions l'apprendre à accepter qui il est et que la part animale qui est en lui n'est pas aussi sombre que le Ministère de la Magie du Royaume-Uni semble le penser. Pour entamer un processus de guérison, monsieur Lupin aura besoin d'une meute à laquelle son loup-garou pourra se fier lors des pleines lunes, expliqua la lycanthropomage.
— Une meute ? releva Tony, confus. Ça veut dire quoi ça, il a besoin d'une meute ? Nous ne sommes pas des loups garous au cas où vous l'auriez oublié. De plus, je me fiche bien des problèmes de fourrure de ce mec ! Qu'il se transforme partiellement ou totalement en canin m'est bien égal. Ce type a fait du mal à la mère de mes enfants et il est responsable du meurtre de Jarvis donc comment auriez-vous pu imaginer que nous viendrons en aide à un…
Le moldu coupa sa phrase en plein élan et déglutit péniblement, sentant les poils de son corps se hérisser de manière subite. Il tourna lentement la tête sur le côté pour croiser le regard meurtrier du maître des potions.
— Oh mon amour ! fit-il dans un rire nerveux. Tu sais que je parle toujours sans réfléchir et c'est vrai que je pensais ce que j'ai dit mais je t'assure que tu n'as absolument rien de féminin en toi, bien que tu sois un peu…euh…androgyne ? Ouais c'est ça, androgyne ! Ni homme ni femme. T'ai-je dit combien tu étais magnifique ? Je t'ai promis de te le dire chaque jour jusqu'à ce que tu…
— Anthony, l'interrompit sèchement l'ancien serpentard.
— Oui ? couina misérablement le génie milliardaire.
— Ferme-la, tu veux ?
— Tes désirs sont des ordres, mon enchanteur.
Severus roula simplement des yeux, habitué aux pitreries de son compagnon. Il n'appréciait guère que Tony puisse le considérer comme la « mère » de leurs enfants mais malheureusement, le moldu n'était pas le seul à le penser et encore moins à le dire. Il ne serait guère étonné d'entendre leurs enfants l'appeler « maman » et bien qu'il ne soit pas enchanté par une telle perspective, il commençait lentement à s'en accommoder mais inutile de le dire ou encore moins le montrer à son homme.
Pour faire bonne figure, il lança un regard noir au moldu qui se ratatina sur place, essayant difficilement de se faire tout petit.
— Madame Keller, j'ai des enfants qui attendent patiemment mon retour et j'aimerais si possible, écourter cet entretien si cela ne vous gêne pas et le reporter à une date ultérieure, dit Severus.
— Bien sûr, accepta la lycanthropomage. Je vous enverrais un hibou pour fixer un autre rendez-vous.
La lycanthropomage prit congé du petit groupe et l'avocamage Margaux les délaissa un moment pour discuter avec les Aurors qui se chargeraient de conduire Remus Lupin à l'Institut Xavier après avoir placé le sortilège de servitude sur l'ancien gryffondor.
— Je ne veux pas de cet homme près de nos enfants. Ne peut-on pas vous le confier, professeur ? demanda Tony.
Le télépathe secoua la tête.
— Non, Anthony. Il est votre responsabilité et l'endroit n'est pas propice pour une telle discussion, répondit le télépathe.
Margaux revint une quinzaine de minutes plus tard et tendit un parchemin ainsi qu'une plume au jeune couple.
— Qu'est-ce que c'est ? demanda Tony.
— Le document stipulant que Remus Lupin vous servira pour une période limitée de dix ans, que vous consentez à le maintenir en vie durant ses années de servitude, que vous n'abuserez nullement de lui sexuellement et que vous pratiquerez aucune forme de torture physique sur lui, répondit l'avocamage.
Tony arracha presque le parchemin à la sorcière et signa le document un peu sèchement avant de le remettre à l'hybride qui hésita quelques secondes avant de finir par y apposer sa signature.
— Parfait ! s'exclama Margaux. Monsieur Lupin sera escorté à votre domicile actuel dans une demi-heure. Bonne chance à vous, messieurs.
— Merci.
Margaux les salua une dernière fois avant d'aller rejoindre son collègue et adversaire mais aussi son fiancé. Tony regarda le couple d'un air stupéfait avant d'afficher un sourire incrédule. Il ne manquait jamais d'être surpris avec le monde magique de son compagnon.
— Et si nous rentrions ? suggéra Tony.
— Bonne idée, approuva le maître des potions, impatient de quitter cet endroit.
Le retour à l'Institut Xavier s'effectua dans un silence total. Severus se perdit dans ses pensées, le regard rivé sur le paysage qui défilait sous ses yeux. Il n'avait aucune envie d'avoir Lupin pour esclave surtout pour les dix prochaines années à venir. Il ne souhaitait pas avoir l'homme aussi près de sa famille. Il n'avait jamais imaginé que le tribunal magique américain rendrait un tel jugement.
Que ferait-il de Lupin ? Il continuait de détester l'homme et de le mépriser pour sa lâcheté mais ne le haïssait pas autant qu'il pouvait haïr Black ou encore Potter.
Lupin, bien qu'il n'ait pas participé activement au meurtre de Jarvis, était complice de l'assassinat du moldu car comme toujours, il n'avait rien fait pour retenir son meilleur ami de commettre une grossière erreur. Il s'était comporté comme le lâche qu'il avait toujours été et avait assisté à l'attaque sans jamais défier Black.
Il était soudainement épuisé et se massa les tempes, sentant un mal de tête poindre tout d'un coup.
Lorsqu'ils furent enfin arrivés, il se glissa précipitamment hors du véhicule et voulut courir à la recherche de ses enfants mais il fut retenu par la voix de son père.
— Severus.
Il poussa un long soupir et se retourna pour faire face à son père qui avançait lentement aux côtés d'Erik Lensherr, leurs pas étant emboîtés par Tony.
— J'ai besoin de te parler avant l'arrivée de Remus Lupin, dit Charles.
— Mais père, je dois aller prendre soin de…
— Maintenant, Severus, le coupa le télépathe d'un ton sévère.
Le potionniste se mordit la langue pour se retenir de dire quoi que ce soit qui pourrait provoquer la colère de son père. Tony l'embrassa sur la joue en geste de soutien.
— Nous serons à la cuisine. Tu veux que je te prépare quelque chose ?
— Un thé à la menthe serait bien, s'il te plaît.
— Très bien, mon bel étranger, murmura Tony d'une voix sensuelle à son oreille.
Severus fit un bond spectaculaire en arrière, un bouclier d'un vert émeraude l'entourait soudainement.
— Sev ? fit Tony, surpris par le comportement étrange de son compagnon.
— Severus, mon fils.
L'ancien mangemort battit plusieurs fois ses paupières, essayant avec difficulté de chasser les images qui défilaient dans son esprit. Il sentit son cœur marteler douloureusement dans sa poitrine et sans qu'il n'en soit réellement conscient, des larmes perlèrent sur ses joues froides.
— Sev ?
Tony amorça un pas vers le potionniste qui recula aussitôt.
— Ne t'approche pas.
L'ancien serpentard fit disparaître son bouclier et transplana sous les yeux de ses proches qui furent incapables de réagir.
— Où est-il allé ? demanda Tony qui regarda frénétiquement autour de lui. Nous devrions immédiatement nous mettre à sa recherche. Il ne doit pas être allé bien loin. Il est quelque part dans la nature sans…
— Tu devrais te calmer, conseilla le télépathe.
— Comment pouvez-vous me demander de me calmer ? Severus s'est volatisé dans la nature sans que nous ne sachions où il est parti ! De plus, devrais-je vous rappeler qu'il était complètement chamboulé ? Je ne peux pas le laisser dans un lieu inconnu dans cet état.
— Il n'est pas faible, Anthony, et croyez-moi, maintenant qu'il a récupéré ses pouvoirs, il peut tout à fait se défendre.
— Mais…
— Il reviendra sain et sauf, je vous le promets, le rassura le télépathe. Je crois qu'il y a deux petits êtres qui attendent impatiemment votre venue dans la salle de séjour.
Tony se mordilla la lèvre, indécis et inquiet. Il souhaitait plus que tout aller à la recherche de son compagnon mais en même temps, il voulait donner un peu d'intimité au potionniste tout en espérant qu'il se confierait à lui à son retour et qu'il expliquerait les raisons entourant sa réaction étrange.
Il avait comme l'impression d'être le responsable de la soudaine fuite de l'hybride. Qu'avait-il dit pour le bouleverser de cette manière ?
Il soupira d'épuisement et rentra dans le manoir, espérant trouver un peu de réconfort auprès de ses enfants. Il priait pour que le potionniste ne tarde pas trop et qu'il rentrerait très vite car il ne pouvait s'empêcher d'être inquiet pour lui.
Le potionniste trembla comme une feuille comme s'il avait été contraint un peu plus tôt de rester plusieurs heures sous une pluie torrentielle. Il se tenait là, immobile, comme une statue faite en marbre blanc, incapable du moindre mouvement. Son regard onyx était fixé sur le commerce qui se trouvait de l'autre côté du trottoir.
Il ne savait pas pourquoi sa magie l'avait mené jusqu'ici et maintenant qu'il s'y trouvait, il ne savait plus quoi faire. Il était désemparé et déboussolé. Il avait mal et aurait dû se confier au père de ses enfants mais soudainement, la proximité entre lui et le moldu était insupportable. Il ne pouvait plus regarder son compagnon sans revoir cet homme et il avait eu peur de blesser Anthony dans sa panique alors, il avait dû quitter l'école de son père. Il avait dû mettre une certaine distance entre Anthony et lui parce qu'il avait eu peur et qu'il ressentait toujours cette émotion.
La porte de l'établissement s'ouvrit dans un tintement de petites cloches et le maître des potions vit une femme à la chevelure blonde vêtue d'une robe à fleurs en sortir. Il rencontra le regard bleu de la blonde et ils restèrent une éternité à se dévisager l'un l'autre, ignorant les voitures qui circulaient sur la route ou encore les piétons un peu pressés qui passaient devant eux.
Severus traversa la route, faisant attention aux voitures puis se trouva face à la femme qui l'observa silencieusement de plus près avant de lui asséner une gifle inoubliable, marquant sa joue. Il n'eût guère le temps d'enregistrer ce qui venait de se passer qu'il se trouva prisonnier d'une étreinte chaleureuse et réconfortante.
— J'étais inquiète, dit la blonde d'une voix rocailleuse. J'ai bien cru pendant des semaines que je ne te reverrais plus jamais.
Il passa ses bras autour de la taille de la femme et posa sa tête sur son épaule. Il n'en avait pas eu conscience jusqu'à aujourd'hui mais la blonde lui avait énormément manqué. Il se laissa aller à sa peine, des larmes ruisselant à nouveau sur son visage. Il n'avait désormais plus besoin de faire semblant car il commençait à comprendre que des personnes pouvaient sincèrement tenir à lui et qu'il n'avait nullement besoin de fuir cette affection, bien au contraire.
— Allez ! Entrons, que je puisse nous préparer un bon thé à la menthe comme tu l'aimes.
Il relâcha la blonde et la suivit à l'intérieur du restaurant qui était vide de clientèle. Il était surprenant qu'à une telle heure, le commerce de la blonde soit désert. Il évita la table sur laquelle il s'était assis durant des mois lorsqu'il fréquentait l'établissement de la femme et choisit de s'installer au fond de la salle près des portes qui menaient en cuisine.
Il posa son regard sur la rue et ressentit une certaine nostalgie l'envahir. Il avait passé de nombreuses heures dans ce restaurant à observer les riverains ou encore à écouter le chahut infernal des clients assis au bar. C'était ici qu'il avait trouvé une certaine paix lorsque la solitude se faisait soudainement pesante ou que le désespoir menaçait de l'engloutir. C'était dans ce lieu qu'il avait trouvé un peu de réconfort et un certain soutien moral.
— Du thé à la menthe pour mon british, annonça la blonde, revenant des cuisines avec un lourd plateau.
Elle fit le service comme à l'accoutumée et s'assit en face du jeune homme qui n'osait plus croiser son regard. Il se sentait honteux de revenir ainsi dans la vie de la propriétaire du petit restaurant lorsqu'il avait quitté cette dernière sans explications. Elle avait été sa seule amie et l'unique personne à avoir pris soin de lui lorsqu'il coulait sous les problèmes financiers et qu'il n'arrivait même plus à trouver de quoi se nourrir. En remerciement pour tout ce qu'elle avait fait pour lui, il avait tout simplement demandé à son compagnon de lui envoyer un chèque sans un mot.
Et le voilà, après plusieurs mois sans nouvelles, il débarquait de nouveau dans sa vie en s'effondrant en larmes sur elle comme l'être misérable et pathétique qu'il était.
Debby prit une gorgée de son thé avant de reposer délicatement la tasse sur la table sans faire de bruit. Elle le détailla quelques secondes avant de lui sourire avec bienveillance.
— Alors, tu as accouché.
Ce n'était guère une question mais uniquement une constatation. Un constat qui surprit le maître des potions, n'étant guère préparé à une telle remarque de la part de la blonde.
— Co…com…comment ? bredouilla l'hybride, stupéfait.
Debby le fusilla du regard.
— Je ne suis pas une idiote, tu sais, dit-elle, vexée. Tu avais tous les symptômes d'une femme enceinte, les nausées, l'odorat extrêmement fin, ton envie fréquente d'uriner, tes putains de sauts d'humeur et surtout ton ventre ! Tu pouvais essayer de le cacher sous des tonnes de vêtements, je le voyais, Severus. Et j'avoue que la première fois que j'avais des doutes sur mon hypothèse donc j'ai cru pendant un moment que tu étais une femme déguisée en homme et que tu fuyais quelqu'un ou quelque chose mais cette idée de déguisement est très vite tombée à l'eau lorsque je t'ai surpris dans les toilettes de mon appart.
— Les hommes ne tombent pas enceintes, Debby.
— Parce que tu crois que je ne le sais pas ? répliqua sèchement la blonde. Bien sûr que je me suis dit la même chose mais pour moi t'étais enceint donc j'ai imaginé tout un tas de scénarios foireux pour expliquer cet état. J'ai donc pensé à une expérience top secret du gouvernement qui aurait conduit à un tel résultat. Dieu seul sait que nos dirigeants peuvent être vicieux et créer n'importe quoi au nom de la science ! Puis, j'ai pensé que tu pouvais être un extraterrestre qui a débarqué sur terre et s'est déguisé en humain. J'ai tout imaginé, Severus, et même si aucun de mes scénarios n'avait aucun putain de sens, je le sentais dans mes ovaires que t'étais enceint. Et, j'avais espéré que lorsque tu me ferais suffisamment confiance, tu viendrais te confier à moi mais un soir t'avais disparu sans laisser de traces et nous n'avions plus jamais revu ce fils de pute de Dan dans les parages. Certains dans le quartier disent qu'il a été tué par un cartel car il leur devait une grosse somme d'argent tandis que quelques-uns pensent que tu es le responsable de sa disparition. Puis, Ernesto et moi avons reçu un appel d'un monsieur de la haute classe pour nous prévenir que t'avais eu un accident de voiture et que t'étais entre de bonnes mains. J'me suis inquiétée pour toi, sale enfoiré ! J'ai prié pour que toi et le bébé alliez bien. J'voulais te voir pour m'assurer que ces types prenaient vraiment bien soin de toi et qu'ils ne faisaient pas partie d'un quelconque gouvernement qui faisaient j'ne sais quel test étrange sur toi. Puis, on nous a accordé l'autorisation de te rendre visite et un monsieur chic nous a dit que tu étais souffrant et que tu ne pouvais pas recevoir de visite pour le moment mais tu n'as jamais voulu m'revoir et une semaine plus tard, j'recevais un putain de gros chèque, comme si on pouvait acheter mon silence ! J'ai cru que t'étais mort, connard ! J'ai cru qu'ils t'avaient tué ou qu'ils faisaient des expériences douteuses sur toi pour comprendre ta grossesse ! J'me suis fait un sang de merde pour toi !
— Un sang d'encre, corrigea le maître des potions.
— Va te faire foutre, l'anglais, l'insulta la blonde, irritée.
Severus sourit à la blonde, ravi d'avoir pu l'exaspérer.
— C'est un garçon.
— Quoi ? demanda Debby, perdue.
— J'ai mis au monde un garçon, explicita-t-il.
— Je suis sûre qu'il a ton visage, dit Debby.
— Je dirais plutôt qu'il ressemble à son père, rétorqua l'ancien serpentard.
— Son père ? releva la blonde, intriguée.
— Oui, son père, Debby. Il a deux parents comme tout le monde.
— Bien sûr, ironisa la blonde. Comment n'aurais-je pas pu le deviner ?
Elle leva les yeux au ciel et but une nouvelle gorgée de son thé, imité par le brun qui affichait un sourire narquois.
— Donc ? s'impatienta Debby.
— Donc quoi ? l'interrogea Severus tout en feignant l'ignorance.
— Tu sais ce que je veux, l'anglais. Tu as disparu de ma vie du jour au lendemain sans un mot d'excuse et puis un beau matin, tu apparais devant mon resto en ressemblant à de la merde. J'exige des explications, Severus. Que s'est-il passé ? Vas-tu enfin t'ouvrir à moi et me dire ce qui te fais si mal ?
Debby prit sa main dans la sienne et plongea son regard dans le sien.
— Dis-moi ce qui te bouleverse tant pour que tu reviennes ici pour rechercher mon réconfort. Je te promets que tout ce que tu me diras ne passera jamais la porte de ce resto, mon british. Je te le jure devant tous les dieux qui puissent exister en ce monde. Bien que nous savons toi et moi que j'ne crois en rien depuis ce sale fils de pute que l'on appelle Jésus a décidé d'me pourrir la vie en ne mettant que des connards sur ma route. Des enfoirés pas capables de m'aimer plus d'une putain d'année ! T'y crois toi ? Cette enflure d'Ernesto m'a plaqué le mois dernier pour cette prostituée de Jodie. Cette pute qui croit qu'elle ressemble à l'actrice juste parce qu'elles ont le même prénom mais bref, arrêtons de parler ce sale chien et de cette pouffe qui ne sait même pas écarter ses jambes.
Severus secoua la tête, amusé par la blonde. Elle lui avait terriblement manqué et pour la première fois depuis la fin du procès, il se sentait apaisé et détendu. La bonne humeur de Debby lui avait vraiment manqué.
— Peut-être pour commencer cette histoire, je devrais te dire qui je suis réellement.
Note de fin de l'auteure : J'espère que ce chapitre vous aura plu.
Avez-vous compris la fuite de Severus ? Et pourquoi s'est-il réfugié chez Debby ?
P.S : J'adapte une histoire sur le roman de Bram Stoker « Dracula » sur le site Wattpad. Si vous aimez les histoires de vampires, de loups garous et de magie mais aussi mon style d'écriture, vous pourriez peut-être trouver votre bonheur avec « Jonathan Harker : Dracula de Lucrezia Di Vocula. »
Cela me ferait plaisir que vous y fassiez un tour et me donner votre avis.
Je tiens à vous rassurer, mes fanfictions restent sur ffnet
