Et voici le second chapitre. J'espère que ça vous plait :)


"Où se trouvent nos cibles ?

-Quartier vingt-quatre, maison douze.

-Combien ?

-Trois. Un père, un jeune homme et une mère.

-Ca on s'en fout.

-On fait quoi s'il y a plus de cibles ?

-On prend."

Lentement, le groupe de ravisseurs s'approcha lentement du numéro douze, en silence, dans la nuit. Seul leurs pas sur le goudron brisait le silence ambiant. Le groupe n'avait pas besoin de lampe torche, la lune éclairait suffisamment l'avenue… La pluie battante s'était arrêtée d'un coup, cas fréquent dans les quartiers Sud de banlieues de Washington. Le ciel s'était entièrement débarrassé de ses lourds nuages gris pour laisser une atmosphère fraîche. Pas le moindre vent ne faisait frémir les feuilles de rares arbres des pavillons de banlieue. Tout était immobile, excepté ce petit groupe de personnes, toutes de noir vêtues.

Ils s'approchèrent de la maison douze qui ne se distinguait des autres pavillons uniquement par le petit nombre indiqué sur une plaquette de métal suspendue au dessus de l'entrée et un cyprès poussant dans le petit jardon.

Un grand homme Noir se détacha du groupe pour s'avancer vers la porte, il semblait être le Chef de cette équipe. Il introduisit une sorte de pétard étrange et noir dans la serrure, et l'alluma. Le petit objet n'explosa pas mais émit un petit sifflement et une fumée toxique s'en échappa. Puis le grand Noir poussa la porte et entra, suivi de près par ses coéquipiers.


Kiba était assis dans son fauteuil et écoutait le triste récit de Gaara. Son père l'avait frappé, puis il avait voulu le tuer à coup de batte de base-ball mais une sorte de tornade rasa sa maison. Il était venu se réfugier ici… Kiba voulut calmer les sanglots de son ami mais ce dernier pleura de plus en plus fort, et avoua qu'il était venu ici en toute liberté et qu'il désirait ardemment… Il ne finit pas son explication et regarda Kiba ave des yeux horrifiés, puis tout sembla se fissurer, et dans un bruit de verre brisé, l'image de Gaara s'écroula en divers fragments au sol.

Kiba se réveilla instantanément. Quelqu'un qui aurait été dans la même pièce que lui n'aurait pas dit qu'il s'était réveillé. Il avait simplement ouvert les yeux. Des yeux paniqués. Sans savoir pourquoi, le bruit de verre brisé résonnait encore dans son esprit. Il essaya de se reprendre, de se réveiller complètement, il se souvint qu'il partageait son lit avec son jeune ami, car les Inuzuka n'avaient pas de chambre d'amis, et car Gaara n'avait pas réellement souhaité dormir dans le lit du père de famille, et comme Kiba avait un lit deux places… Ce dernier (Kiba, pas le lit…) se rendit seulement compte à ce moment de la position de son ami : Il était courbé, vers lui, une main sur sa poitrine et une qui passait soutenait son cou.

Kiba essaya de ne pas trop bouger pour ne pas réveiller son ami, mais celui-ci ouvrit lentement les yeux…

"Que… Qu'est ce…" murmura-t-il.

Il se rendit compte dans quelle position il se trouvait et sembla confus lorsqu'il retira ses mains du corps de son ami – qui ne semblait outre mesure pas si gêné que ça… Embarrassé, Gaara dit, en remerciant l'obscurité de cacher son visage rougissant :

"Je suis désolé…

-C'est pas grave, fit Kiba, amusé.

-Pourquoi tu t'es réveillé ?

-J'ai… cru entendre un verre qu'on casse…

-T'as dû rêver…

-Oui, tu as sûrement…"

Il s'interrompit brusquement en entendant voix du rez-de-chaussée. Quelqu'un s'était infiltré dans la maison. Comment, Kiba ne le savait pas, car il fermait lui-même tous les soirs le verrou des deux seules portes d'entrée. Mais il y avait quelqu'un : Il n'entendait pas leurs paroles, car les personnes parlaient à voix basse, mais il devait y avoir au bas mot une demie-dizaine d'hommes. (1)

"On dirait que tu n'as pas rêvé…

-Oui… Je vais aller voir !

-Non ! fit Gaara. Imagine que ce soient… les ravisseurs ! Oui, c'est certainement eux ! Ceux qui organisent ces enlèvements !

-Ne t'en fais, pas je serais prudent, je prends une arme, mon Boken (2) !

-Je viens avec toi, alors !"


"Crétin !" fit le Grand Noir à voix basse en assénant une tape silencieuse sur le crâne rasé d'un de ses coéquipiers.

Il était passé trop près d'une table massive dans la cuisine, et avait fait tomber un verre qui traînait là, qui s'était bruyamment brisé sur le carrelage.

"Je… Je suis désolé. J'ai pas fait exprès.

-On s'en doute ! Crétin… Bon, c'est bon, on dirait que personne t'as entendu, t'as de la chance."

Le chef portait une petite lampe torche qui éclairait d'une lumière bleutée dans une main, et une matraque de cuir noir dans l'autre, et il avançait avec précautions. Il fit un léger signe vers l'escalier, pour indiquer l'endroit où il iraient chercher les cibles. A l'étage. Il s'engagea le premier dans l'escalier de bois, très lentement. Poser un pied sur la marche, tout près du mur sinon elle risque de craquer, et transférer lentement le poids d'un pied à l'autre. Puis, monter l'autre pied à cette même marche. Et continuer, lentement, soulever un pied, le poser sur la marche supérieure… Arrivé à la quatrième marche, le Chef fit un petit signe de main sans se retourner, qui signifiait que quelqu'un d'autre pouvait le suivre. Le jeune homme chauve, certainement pour réparer son erreur, se faufila dans le sillage du Grand Noir.

Soudain, le Chef crut entendre un craquement léger venant d'en haut. Il s'arrêta, et tout le monde retint son souffle. On n'entendait rien, tout était silencieux… A part une respiration lente et profonde, venant certainement d'une chambre. Le Grand Noir leva sa lampe pour éclairer scrupuleusement le haut de l'escalier, autour, malgré son angle de vision réduit sur les côtés de l'escalier. Il reprit sa lente ascension, leva son pied droit, lorsque tout à coup, une lumière blanche aveuglante surgit en face de lui et lui éclaira le visage. Ses pupilles se dilatèrent, et son unique pied resté en contact avec les escaliers recula un peu. Juste un peu… sur le rebord de la marche. Il bascula en arrière, en entraînant son subordonné qui se trouvait derrière lui dans sa chute.

Soudain, tout s'accéléra. Gaara, qui portait la lampe halogène qui avait aveuglé le chef des intrus, cria à l'intention de la mère de Kiba :

"Madame ! Réveillez-vous !!!"

Le Chef avait eu de la chance dans sa chute, il avait été sauvé par le corps de son coéquipier sous lui… Ce dernier avait malheureusement pour lui eu moins de chance : son crâne rasé avait violemment cogné contre le carrelage accompagné d'un effroyable craquement, et du sang s'échappait d'une fêlure. Personne ne doutait de son sort.

Le Chef, en se relevant, cria :

"On passe au Plan B ! Ils nous ont repéré, on s'en fout du bruit maintenant !"

Gaara et Kiba – qui avait son Boken en main – s'élancèrent dans les escaliers, Gaara portant toujours la lampe halogène. Le Chef, toujours aveuglé par la lumière de la lampe, courut dans un couloir attenant, mais n'y voyant rien se prit les pieds dans un gros tapis et s'étala lamentablement au sol. Kiba se précipita vers lui et lui asséna un coup de Boken dans les côtes, et voyant que ça ne suffisait pas, un grand coup de pied dans la tête. Malheureusement, son adversaire avait la tête dure, et le coup ne l'avait même pas étourdi. Il attrapa les pieds de Kiba, qui se débattait à coups de Boken. Le couloir étant trop étroit, Gaara ne pouvait pas non plus le frapper et se contentait d'éclairer son visage.

Malgré tous leurs efforts, les deux amis n'avaient pas vu les quatre autres complices du Chef, et ces derniers n'eurent aucun mal à maîtriser les deux jeunes hommes.

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Un quart d'heure plus tard à peine, Kiba, Gaara et Yuka étaient assis sur le carrelage de la cuisine, attachés dans le dos. La mère de Kiba avait été simplement cueillie alors qu'elle sortait de sa porte, se demandant pourquoi on avait crié et quels étaient ces bruits.

"Où est l'adulte ? demanda le Grand Noir.

-Va te faire foutre.

-Fais très attention à tes paroles, petit merdeux, sinon je défonce ta mère à coups de latte.

-…

-Alors, où est père ?

-Dans ton cul, cherche bien.

-Tu vas voir… fit le Chef, en s'approchant de Yuka.

-Non, ça va, céda Kiba. Mon père est au boulot. Il travaille de nuit.

-Ah ben voilà, tu vois quand tu coopère, c'est plus simple ! Et c'est qui cet autre gamin ?

-Un pote.

-Bon, on va s'en contenter, dit-il à l'intention de ses coéquipiers. De toute façon, on avait prévu trois personnes. Emmenez-les, et évacuez aussi le corps d'Okimoto."


Naruto était allongé dans son fauteuil flottant de sa piscine privée, dans sa villa de Saint Peterburg en Floride. Il était arrivé cinq jours plus tôt, et passait des vacances comme on pouvait les souhaiter, alternant sa piscine personnelle où régnait le calme et la sérénité et l'eau claire et chaude du Golfe du Mexique dans laquelle des centaines de gens se baignaient du matin au soir. Puis, après l'après-midi chaude passée dans l'eau, il s'installait dans un petit bar sympathique qu'il avait remarqué l'année précédente, lors de son dernier passage en Floride.

Plusieurs jeunes femmes avaient déjà essayé de le séduire, mais à chaque fois ça avait été des grandes poupées Barbie, siliconées à exploser et la peau si lisse qu'on aurait dit du plastique. Naruto avait beaucoup changé depuis sa jeunesse, il y a dix ans il aurait accepté immédiatement les avances de ces jeunes bimbos (même s'il n'en aurait pas eu l'âge), mais à présent elles ne l'intéressait plus… Cela faisait des années entière que Naruto n'avait pas rencontré une femme à son goût… Il s'était alors tourné vers les hommes, mais le choix dans ce cas était très restreint, tous les beaux gars étaient pris par… des femmes. Sauf un soir, dans ce bar, un jeune homme très mignon avait sympathisé avec lui et lui avait fait comprendre… bien choses. Naruto aurait volontiers accepté, si seulement ce jeune homme était majeur ! Il avait près de 6 ans de moins que lui… (3)

Naruto trouvait la Floride beaucoup moins agitée qu'à son dernier passage. Il ne se faisait pas d'illusion sur la cause de tout ça, ces enlèvements effrayaient tout le monde aux Etats-Unis, surtout le Sud qui était, à ce que les rumeurs racontaient, le plus touché par ces terribles enlèvements. Malgré ça, il y avait un certain nombre de personnes bravant les ravisseurs pour faire du tourisme, bronzer ou se baigner dans les eaux claires et douces du Golfe du Mexique.

Littéralement vautré dans son fauteuil, Naruto repassait déjà dans son esprit chaque élément de son enquête. Il trouvait étrange que malgré ces actes terroristes – on pouvait appeler ces enlèvements de cette façon – la surveillance n'ait pas été augmentée dans les aéroports pour les vols en destination des Etats-Unis. Les prix avaient même baissé, comme pour inciter les touristes à s'y rendre. De plus, les pistes lancées par le Premier Ministre étaient absurdes : les triades chinoises ! C'était ridicule… Mais Naruto savait que les enquêteurs américains suivraient aveuglément les conseils et les propositions de leur Premier Ministre, si fous soient-ils.

Naruto se dit qu'il avait assez réfléchi là dessus, et qu'il était en vacances. Au diable les mystères de l'enquête, il devait se détendre… Il devait se dégourdir les jambes. Il sauta de son fauteuil flottant dans l'eau, fit quelques longueurs et sortit de l'eau. Il allait traîner un peu sur le littoral.

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Une demie-heure plus tard, il traînait dans les boutiques littorales, bien sympathiques malgré les prix exorbitants. Il cherchait un petit souvenir à ramener au Japon, comme chaque année. L'année précédente il avait ramené un petit livre contenants des images étranges. Cette année, il pensait plutôt à une figurine. Il avait déjà visité nombre de boutiques lorsqu'il rentra dans une nouvelle, et une objet bien sympathique posé dans un coin sur une étagère attira son attention : une figurine plaquée or, représentant un renard à l'air féroce. Il le prix immédiatement, sans regarder le prix. Il avait toujours eu, sans savoir pourquoi, un certain faible pour les renards…


"C'est bon, je le vois. Il sort d'une boutique. Il a un objet doré à la main… Je ne distingue pas de quoi il s'agit.

-Bien.

-Grand, un physique d'athlète, cheveux or, yeux bleu, c'est bien ça ?

-Exactement. Sasuke… Fais très attention à toi. Il est très intelligent, et il prends des cours de Karaté depuis ses douze ans… Il a arrêté l'année dernière, ce qui lui fait onze années de Karaté. Il a gravi les échelons en une vitesse record, il est aujourd'hui ceinture noire second dan.

-Ca va, ça va… Je connais mon boulot… Il est fort, mais je suis le meilleur.

-Je l'espère… dans ton intérêt. Monsieur le Premier Ministre a ordonné lui-même l'assassinat de cet enquêteur. Il serait très indisposé d'un nouvel échec…

-C'est bon… La dernière fois c'était spécial.

-J'espère bien pour toi que ce ne le soit pas pour cette cible…"

Clic. Il avait raccroché. Sasuke aurait voulu se défouler mais il n'avait rien portée de main. Il referma rageusement son mobile. Quel bouffon ce Kakashi ! Ministre de l'intérieur… Mon cul ouais ! Pff… Un nouvel échec ! Elle était bonne ! Personne ne l'avait prévenu que le dernier enquêteur qu'il avait eu à supprimer était une femme ! Enfin, ce n'en était pas une, mais il y ressemblait tellement !

Sasuke s'était fait la promesse de n'avoir aucune hésitation la fois prochaine… Et il n'y en aurait pas, que ce soit un homme, une femme, une vieille ou même une gamine ! Il n'aurait pas de pitié… Enfin, c'était un homme, et Sasuke en était rassuré.

Il était debout sur la plage, à quelques dizaines de mètres de sa cible, et la regardait l'air de rien, en vérité il la scrutait attentivement. Il était en habit de plage – caleçon de bain et chemise. Simple tenue de camouflage. S'il avait voulu, il se serait présenté en combinaison noire mais dans le soleil équatorial dans lequel baignait la Floride, ce n'était pas ce qu'il y avait de plus discret. Il s'était alors contenté d'un caleçon de bain – bien trop moulant à son goût – et une chemise légère de lin blanc qu'il avait achetés dans la première boutique qui se présentait.

Cette fois, c'était un homme… Et un de ces bien prétentieux, Sasuke en était convaincu. Un nouveau riche, qui avait gagné des millions en quelques enquêtes, et qui se ramenait lui et son physique de rêve faire tomber toutes les nanas de la région à ses pieds… Mais qu'il soit riche arrangeait bien le tueur à gages, une fois sa cible tué éliminée, il irait faire un tour dans sa villa de rêve… Voler quelques babioles de riche ne lui avait pas été interdit, et puis un petit supplément sur la prime de $ 50.000 de la part du Premier Ministre ne ferait de mal à personne !

Soudain, il se rendit compte qu'il avait perdu sa cible. Il pesta contre lui-même intérieurement, et la rechercha du regard. Soudain, il se retourna, et vit… sa cible, juste devant lui, qui le regardait de ses yeux bleu profonds et rieurs, les cheveux au vent doux de Floride !!!

"Ca te dirait de passer une soirée avec moi au bar Etoiles de Nuit ?"


(1) Dans ma fic, les Inuzuka n'ont pas de chien. Ca explique pourquoi les ravisseurs ont pur s'infiltrer dans leur maison sans bruit.

(2) Un Boken est un Katana de bois qu'on utilise lors des entraînements, pour éviter de blesser son adversaire. Ca fait quand même mal, c'est assez lourd.

(3)Oui, je sais, six ans ce n'est pas grand chose, mais si Naruto a vingt-quatre ans, alors ce jeune homme en a dix-huit…