« Préambule: Un vrai trou de moldus. »

Nous y voilà donc. C'est l'été. Une brise fraîche à l'odeur d'eau croupie balaie paisiblement la chaussée de ses couches successives de feuilles mortes disposées en tapis orangé craquant sous les pas malgré la saison. Un dédale d'allées sombres s'étalait devant nous, un labyrinthe aux méandres serrés. Pas un passant dans les nombreuses ruelles, pas un bruit. Un calme si lourd qu'il n'en paraissait même plus naturel. Une voiture de temps en temps, hâtive de disparaître de ce tableau désolant. Déjà la nuit tombait pendant que le soleil se cachait lentement mais sûrement derrière une usine désaffectée aux allures sinistres. Les lampadaires, cassés pour la plupart, diffusaient une faible lueur a peine suffisante pour éviter la chute dans le noir qui s'était installé alentour.

Au détour d'une rue, si la chance avait décidé de nous sourire, on pouvait apercevoir un chat ou deux, seul signe de vie, la patte dans une poubelle, espérant tomber sur un quelconque détritus ou il resterait des résidus de nourriture. Des pavés de pierre déjoints s'alignaient pour former des trottoirs, et les routes serpentant au milieu était si étroites qu'a peine une voiture à la fois ne pouvait circuler.

Une voie encore plus étriquée que les autres menait à l'usine partiellement effondrée. Sur une pancarte rectangulaire d'un vert sombre fixée au mur qu'a une extrémité, si bien que l'écriteau pendait minablement, on pouvait lire une inscription blanche écaillée par les années : « Impasse du Tisseur ».

La dernière mansarde, située au bout du sentier, paraissait comme l'une des plus mal en point. En se plaçant devant, elle semblait penchée vers la droite, menaçant de s'écrouler telle un vulgaire tas de pierres. Une seule et unique fenêtre, près de la porte d'entrée, recouverte d'un simple morceau de tissu sombre qui tombait presque en lambeaux, donnait sur la route. Si l'on s'était approché un peu de l'embrasure qu'elle formait, on aurait pu apercevoir furtivement un homme se déchaînant dans la pièce négligée, visiblement à la recherche de quelque chose. Le propriétaire de la maison était étrangement vêtu : il portait une longue cape noire virevoltant gracieusement derrière lui a chacun de ses mouvements, recouvrant de même habits d'un noir d'ébène. Le visage impassible au teint cireux dissimulé derrière de longs cheveux graisseux et lisses tels des baguettes de tambour encadrant son visage, il ne se mariait pas au reste du décors, semblait apparu de nulle part. Quant a la pièce en elle-même, elle ne comportait que de très rares meubles délabrés, mais tous les murs étaient recouverts de livres anciens et rafistolés, dans les tons bruns, dont on n'apercevait uniquement la reliure.

Si un sorcier était passé par ici, il n'aurait eu qu'une expression a la bouche : « Un vrai trou de moldus ». Et c'était vraiment l'expression qui convenait pour qualifier l'endroit.

Désolation ?