« Chapitre 1: Magie dans l'Impasse du Tisseur. »
Il est de notoriété publique que lorsque le monstre de la colère se réveille dans la poitrine de Severus Rogue, il est préférable et même requis de se taire et de prendre les jambes a son cou afin d'éviter d'être témoin de l'ire dans laquelle celui-ci peut se plonger. Déjà, la soirée avait mal débuté dans l'appartement pauvrement meublé et faiblement éclairé de l'Impasse du Tisseur. Notre célèbre et passablement irascible professeur de potions ne parvenait pas a mettre la main sur un de ses précieux livres dont il avait pourtant immédiatement besoin pour terminer la potion sur laquelle il œuvrait. Et comme pour accentuer encore plus sa fureur, son voisin, ce cher et détestable moldu, n'arrêtait guère de vociférer depuis le début de la soirée.
Tout avait commencé la semaine passée, lorsqu'une voiture noire s'était parquée sur le bas-côté de la chaussée et qu'une personne avait débarqué, bagages à la main, chez l'homme, qui n'avait pas paru ravi de cette visite. Depuis le mercredi dernier au matin, l'acariâtre et violent quadragénaire n'avait pas cessé de beugler des phrases inintelligibles, de tempêter, de tonitruer. Déjà que d'habitude son voisin rentrait a des heures pas possibles en faisant un raffut du diable, parfois accompagné de jeunes filles ayant visiblement a peine atteint la majorité, il s'était bien évidemment auparavant attiré les foudres de Rogue. Mais cette fois-ci, s'en était trop et notre cher Serpentard avait tranché, étant donné la situation actuelle, que s'il ne baissait pas le ton de sa voix de plusieurs octaves, il serait inévitablement forcé d'intervenir. Et ce vacarme incessant avait bien sûr pour conséquence le manque évidant de patience du directeur de Serpentard, qui toute la journée durant c'était retenu de remettre le moldu en place. Mais la, c'était la goutte d'eau qui faisait déborder le vase, la cerise sur le gâteau. Si ce satané livre ne reprenait pas sa place dans l'étagère sous peu, ce qui était tout bonnement improbable, il finirait bien par reporter sa rage sur l'infâme individu qui l'empêchait de travailler en paix.
Mais malheureusement et comme prévu, le bouquin ne retrouva pas sa place traditionnelle et le professeur, dont la tête allait bientôt exploser, tapa du poing sur son bureau branlant qui menaça de craquer sous la force du coup. Il décida qu'il fallait stopper le boucan avant qu'il finisse par le rendre fou.
Hermione Granger, une jeune fille brune qui ne connaissait pas encore la suite des événements (la divination n'a jamais été son fort), se lamentait sur sont sort en laissant couler librement des larmes de chagrin. Elle ne méritait rien de ce qui lui arrivait. Tout d'abord le feu qui ravagea sa maison. Mais encore le fait que ses parents n'avaient pas réussi à en sortir a temps. Et, dans sa malchance, le fait que cet idiot de tribunal ne l'ait confié à ce parent éloigné d'apparence a peu près saine, sans aller chercher plus loin. Elle ne connaissait pas cet oncle et n'en avait jamais entendu parler. Mais le pire dans l'histoire était sans doute qu'au lieu de trouver du réconfort chez cet homme qui aurait pu, après tout, être charitable et généreux, elle était bel et bien tombée sur le genre d'individu à éviter. Alcoolique et malsain, toxicomane par-dessus le marché, il faisait le contraire de son devoir, a savoir la protéger et lui offrir ne serais-ce qu'un peu d'hospitalité.
Elle avait honte de cette situation et refusait d'envoyer un hibou à ses amis pour leur demander de l'aide, de peur qu'ils s'inquiètent pour elle et tentent une « mission de sauvetage » qui aurait pu tourner au fiasco. De toute façon, son tuteur légal (tueur légal par la même occasion?) refusait tout contact avec la magie jusqu'à son retour à « l'école de tarés », alors ou aurait-elle pu trouver un hibou ? Sachant qu'il ne restait a présent qu'une dizaine de jours avant son retour à Poudlard, elle pensa qu'elle pourrait résister à l'homme et à sa violence en s'exécutant a chacune des taches qu'il lui confiait sans broncher pendant les quelques jours qui la séparaient de la rentrée. Elle le pensait en effet jusqu'à ce soir. Ce soir ou la situation lui échappa. Ce soir où il frappa trop fort sous l'effet de l'alcool. Ce soir où elle dégaina un morceau de pin longiligne qui paraissait insignifiant aux yeux du voisin de Rogue. Ce soir ou, brandissant sa baguette, effrayée par l'attitude de l'individu, elle prononça une formule. Une formule qui le fit arrêter a l'instant même, qui le figea :
« - STUPEFIX ! » s'écria-t-elle alors que l'homme l'envoyait à l'autre bout de la pièce ou elle heurta le mur de plein fouet.
La lèvre supérieure ensanglantée, le corps constellé de bleus, les membres douloureux, le nez vomissant une quantité impressionnante de sang, échevelée et en pleurs, elle demeura immobile, observant attentivement ce qu'elle venait de faire. Elle venait en effet de stupéfixer son tuteur. Il gisait la, immobile, sur le sol noir de saleté, les yeux grands ouverts et vides de toute expression. C'est alors qu'elle fut prise d'un vertige, puis d'un autre plus important et qu'elle glissa le long du mur, évanouie, laissant choir sa baguette à ses pieds…
Severus Rogue, de l'autre cote du mur, avait bien entendu ce qu'il avait entendu. Un « stupefix » lancé a voix haute. Il avait bien entendu un bruit sourd de chute puis un silence total. Cela signifiait-il que quelqu'un, en l'occurrence ici son voisin qui ne mugissait plus maintenant, c'était fait stupefixer ? Cela signifiait-il donc qu'un autre sorcier avait agi avant lui ? Mais vous connaissez bien le directeur de Serpentard pour son sang froid et sa qualité a ne pas tirer des conclusions hâtives : pris d'une soudaine curiosité, il jugea comme étant son devoir d'aller constater l'envergure des dégâts de l'autre cote du mur. Il traversa donc sa salle de séjour a grands pas, puis se retrouva sur son palier, referma sa porte derrière lui, fit quelques pas dans l'atmosphère fraîche et inquiétante du dehors malgré la saison estivale et frappa par trois fois à la porte du moldu. Il attendit un certain temps, mais comme il s'y attendait personne ne répondit. Il actionna donc la poignée et fut surpris de voir le panneau de bois mangé aux termites et au vernis écaillé s'écarter devant lui en un grincement lugubre, lui donnant accès à l'habitation moldue. Mais je pense que la plus grande surprise de la soirée fut celle-ci : son voisin, d'apparence raide, étendu sur le sol, près de bouteilles de xérès vides, la plupart brisées, et surtout, a quelques mètres plus loin, une de ses élèves de sixième année littéralement méconnaissable, gisant sur la moquette crasseuse de la salle a manger, suant eau et sang.
Obscénité ?
(Ce chapitre est court par rapport à ceux qui vont suivre, dont la longueur dépassera le double voir le triple. Mais c'est volontaire car il ne représente qu'une sorte de présentation des faits après le préambule. En effet, l'intrigue commence à se développer dans la suite de la fic.)
Bonne lecture pour la suite
