Chapitre 9

Fantômes du passé

La lumière et la chaleur qui traversaient les fines paupières du jeune homme le réveillèrent.

Itachi se redressa dans son futon.

Il repensa alors à la soirée de la veille. Son père l'avait présenté à ses nouveaux collègues comme étant un génie et alors qu'ils rentraient à la maison, loin du regard de tous il lui asséna une violente gifle derrière le crâne.

Itachi secoua la tête pour oublier ce geste de violence. Il se leva et traversa la salle principale ou se tenait sa mère et Sasuké.

« Que comptes-tu faire aujourd'hui Itachi ? » lui demanda celle-ci sur un ton de reproche lui faisant remarquer l'heure tardive à laquelle il se levait.

Itachi ne répondit pas. Il se dirigea vers l'entrée et enfila ses sandales assit sur l'estrade.

« Tient, ton déjeuner. »

Itachi se saisit mollement du bentô que sa mère lui tendait. Il figea son visage en direction de la montagne, puis il se retourna et jeta un coup d'œil à son frère, qui, les genoux rangés sous la table, mangeait de bon cœur avant de partir à l'école.

« Je pars en mission aujourd'hui, je ne sais pas quand exactement je vais pouvoir rentrer. »

Alors qu'il se levait pour partir sa mère le rattrapa par le bras, son visage était soudainement tendu et crispé.

« Tu es vraiment obligé d'y aller Itachi ?...Je veux dire, on t'il vraiment besoin de toi pour cette mission, je ne sais pas de quoi il retourne, mais peut-être… »

Les mots sortaient nerveusement de la gorge de la jeune femme.

« Itachi ! » sa voix était plaintive « Itachi reste ici je t'en prie ! Ne part pas ! »

Les mains de celle-ci s'agrippaient au bras de son fils, le visage incliné vers le sol en signe de supplications. Itachi surprit lança un regard vers Sasuké essayant de déceler le moindre indice lui permettant de comprendre ce soudain intérêt à le voir rester. Mais l'enfant qui lui tournait le dos était encore occupé à dévorer son petit déjeuner dans la plus grande insouciance.

« Maman, que ce passe t'il ? »

« C'est ton père…il…il… » Les larmes jaillirent en grosses perles étincelantes sur les joues de la jeune maman et Itachi la saisit alors par les épaules prit d'une étrange pulsion d'angoisse et la secoua vivement.

« Quoi ?! Mais parles bon sang, parles ! Qu'est ce qu'il se passe dans cette maison à la fin ?! »

Elle renifla et passa le revers de sa main sous ses yeux comme effrayée que l'on puisse la voir dans cet état.

« Tu sais, quand tu n'es pas là…quand tu n'es pas là ton père est violent ! » Les larmes rejaillirent encore. « Quand tu n'es pas là ton père me frappe ! J'ai peur, j'ai si peur Itachi !...Ne pars pas…s'il te plait…reste ! » Et les larmes firent place à des sanglots saccadés.

Alors le monde sembla s'obscurcir encore un peu plus autour du jeune Ambu. Son sang se glaça dans ses veines, son cœur sembla cesser de battre pour laisser place à une haine farouche. Comme il aurait voulu pouvoir la réconforter ! Mais quelque chose l'en empêchait et c'est avec violence qu'il retira son bras droit des doigts frêles de sa mère.

« Et alors ? » Son cœur se serrait.

« Tu crois quoi ? » son cœur se brisait.

« Que papa s'arrête à toi ? » Son cœur vola en éclats rouge sang.

« Tu croyais peut-être que s'était par pur esprit paternel qu'il m'emmenait durant des semaines on ne sait où ? » Le visage d'Itachi se déforma dans une expression de douleur intense. « Hé ! Tu pensais qu'on allait à la pêche sûrement ! Hé, hé ! »

Ses yeux de jais se plissèrent dans un effort surhumain pour ne pas pleurer.

La jeune femme se raidit. Elle trembla.

« Qu…Que t'as t'il fait Itachi ? » Elle murmura.

Le jeune homme détourna les yeux comme prit de nausées.

« Que t'as t'il fait Itachi !!! » Elle hurla, en pleure. « J'ai toujours cru que toi il t'aimait ! Qu'il ne te ferait jamais aucun mal !...Itachi !!...Alors…pendant toutes ses années ?...Pendant toutes ses années tu as supporté sans rien dire ?!! »

Les cris et plaintes de sa mère alarmèrent Sasuké, qui, à la vue de son grand frère le visage souffrant et de sa maman écroulée au sol par un poids invisible, changea son sourire d'enfant en une moue pleine d'inquiétude et d'incompréhension.

« Maman ? » s'hasarda t'il.

Mais tout ce qu'il eu comme réponse fut un lancinant « File à l'école toi ! »

Ce qu'il fit sur le champ et disparu derrière les baraques, dans la seconde, les talons aux fesses.

Puis le silence.

La mère leva les yeux sur son fils aîné.

« Pourquoi ne m'as-tu jamais rien dit ? »

« Et toi ? » Lança-t-il sèchement.

Elle trembla.

« Je voulais te protéger toi et ton frère ! »

« Nous protéger ? » Il eu un rictus maladif. « Tu ne t'es jamais demandé si ce qu'IL te faisait à toi IL ne nous l'avait jamais fait à nous ? Tu ne t'es jamais demandé pourquoi IL ne t'a jamais laissé t'occuper de moi ? Où IL pouvait bien m'emmener pendant des semaines et des semaines ? Pourquoi jamais tu ne m'as vu torse nu où dans le bain ? Tu ne t'es jamais demandé tout ça ? » Itachi hurlait.

Sa mère détourna la tête.

« Tu veux que je te dise ? » rugit' il encore, « Tu veux que je te dise pourquoi ? »

Et c'est avec frénésie qu'il retira son bustier noir et son gilet blanc, il les jeta dans l'herbe grasse avec colère dans un geste sec.

« Regarde ! » hurla t'il.

Elle détourna encore le visage en pleur.

« Regarde ! Regarde je te dis ! » Et ses propres larmes roulèrent à son tour sur ses joues pales.

Elle pleurait à s'en étouffer. Mais leva les yeux sur son fils.

« Ahh ! Mon dieu ! Aaaaah mon dieu ! » Les cris d'horreurs sortirent tous seul de sa poitrine.

Depuis les omoplates jusqu'au bas des reins, continuant et se faufilant sous son pantalon sa peau était marquée à jamais de cicatrices indélébiles dont certaines paraissaient encore récentes. Sa peau si belle et si blanche tatouée d'horribles traces de souffrances et de cruauté étaient là, sous les yeux de sa mère, dont l'âme semblait être sur le point de quitter son corps tant la douleur de cette vision lui était insupportable.

« Hé non maman, hé non, » Reprit t'il doucement, « depuis mes trois ans je n'ai pas de vie normale, depuis cet âge, je ne vis que pour satisfaire les ambitions de ton mari, accusant chaque jour le fouet de bambou et le tranchant du sabre sous les injures de celui-ci, me rabaissant sans cesse et jouant au père de famille modèle devant le monde entier, il a volé ma vie, mon insouciance et mon enfance, il a brisé en moi à jamais le mot famille, amis et amour… »Itachi serrait les dents comme pour contenir sa haine.

« Mon fils…Mon amour… »

La mère se leva et embrassa son enfant meurtrit de toute ses forces, serrant contre ses mains moites les plaies innombrables sur son corps.

« Mon fils, mon amour, vas-tu jamais me pardonner de mon aveuglement ? » Elle caressait tendrement son visage dans un élan d'amour maternel puissant.

« Je ne sais pas encore si je pourrai pardonner qui que ce soit, à commencer par moi-même… Mais… »

Itachi tendit à sa mère un Kunaï.

« Mais s'il te touche encore… Tue le avec ça ! Cache le sur toi et ne le quitte pas un instant ! »

Itachi referma les mains de sa mère sur l'arme tranchante et se revêtit avec dignité, puis, laissant la silhouette de celle-ci disparaitre derrière lui, à chacun de ses pas, il partit rejoindre son équipe pour une mission dont la durée n'était pas définit.