Auteur : Akkatsuki
Disclaimer : Les personnages appartiennent tous à Masashi Kishimoto.
Chapitre 13
Fantôme du passé V
Itachi était partit s'assoupir une fois de plus dans une forêt, non loin de la résidence Uchiwa. Personne ne penserait à le trouver aussi proche, il serait donc tranquille pour la journée.
Les yeux mi-clos, il était plongé entre les rêves de liberté et la cruelle réalité de son existence.
Le feuillage sous lequel il s'était abrité, filtré les blancs nuages poussés par le vent dans le bleu du ciel.
Il caressa l'écorce de l'arbre et c'est alors qu'il repensa subitement aux mystérieux mots qu'il avait trouvé gravés au plus profond de la chair boisée d'un vieux chêne, là-bas sur les hauteurs de Konoha.
Un pressentiment angoissant l'étreignit alors, sans qu'il puisse arriver à l'expliquer. Il n'avait pas réussit à mettre la main sur l'énigmatique personnage en noir et rouge, il lui semblait alors que cet homme devait être un ninja d'une rare adresse. Itachi, étant lui-même à ce jour, un shinobi d'une rare et puissante qualité, était alors jusqu'à présent resté imbattable, même pour ses aînés.
L'appréhension qu'il était suivi et espionné, peut-être en ce moment même, par des êtres sans doute plus forts que lui, le plongea aussi sec dans une paranoïa aiguë qui le conduisit dans les abîmes de son âme.
Il se rappela sa naissance, où du moins ce que sa mère lui avait raconté : il était né un soir de tempête comme il n'y en avait jamais eu à Konoha. La lune était haute dans le ciel et les typhons ravageaient tout sur leurs passages. Le temps se déchaînait autour de sa venue au monde. A l'intérieur de la maison familial, la tension était à son comble, la naissance du premier héritier menacé par les intempéries avait poussé les serviteurs à renforcer les shojis extérieurs par d'épaisses nattes de bambous. Alors que le nouveau-né venait de sortir du ventre de sa mère, le tonnerre gronda et un puissant coup de foudre déchira comme un vulgaire brin de paille un pin parasol centenaire du jardin intérieur de la demeure.
Sa mère lui avait aussi dit qu'il n'avait pas poussé son premier cri au moment au l'oxygène avait atteint ses poumons, douleur qui, chez le nouveau-né, provoquait des pleurs et rassurait les parents.
Maintenant qu'il y repensait, Itachi ne se rappelait pas avoir poussé un seul cri de douleur. Comme si ce nourrisson âgé de quelques minutes n'avait pas voulu faire le plaisir à son père d'entendre sa voix dans les moments de souffrance.
Bien sur, il lui était arrivé de pleurer, mais jamais il ne s'était rabaissé à hurler, et pourtant, Dieu seul sait à quel point il aurait pu.
Dès la naissance, Itachi jouissait d'une faculté d'analyse et d'adaptation effrayante. Il n'était pas très bavard et de plus, les mauvais traitements quotidiens de son père ne l'avait pas poussé à être très sociable. De toute manière, son père lui avait interdit toute activité en dehors de ses entraînements et de ses études. Qu'il réussisse ou pas, il avait tous les jours droit aux réprimandes et aux coups.
Il lui avait aussi manqué la présence de sa mère. Son père lui avait interdit de s'en occuper et cela pour toutes les tâches qu'il lui aurait paru naturel d'accomplir.
Ainsi, depuis sa venue au monde, Itachi était voué à vivre dans un profond sentiment de solitude. Pour ne pas souffrir et parce qu'il était intelligent, il s'était fait de cette même solitude une amie.
Puis Suishi entra dans vie. Le jeune garçon ne se souciait guère de l'attitude fuyante et lointaine d'Itachi. Pour une raison inconnue, Suishi s'attachait à Itachi, il allait le voir tous les jours, l'accablant de ses paroles et semblait le plus heureux du monde lorsque son ami se décidait à lui répondre de quelques mots.
A la même époque, Itachi découvrit par le plus grand des hasards le secret du mangekyou sharingan dans le sanctuaire sans vie des Uchiwa. Un jour de colère, alors s'y rendait dans le seul but de lâcher sa colère enfermée sur les vestiges du clan, le jeune garçon d'un coup de pied, découvrit un bien étrange parchemin. Depuis ce jour, il répugnait à s'attacher à Suishi.
Malgré cette répugnance à se faire un ami pour être tenté par la suite de vérifier le bon fondement de ce secret familial, Itachi, sans le vouloir, s'accoutumait à la présence de Suishi. Il lui arrivait même de sourire, amusé par son attitude drolesque, jusqu'au jour où il se rendit à l'évidence qu'il était devenu son ami. Ce jour-là, Itachi oublia le secret inhumain du sanctuaire des Uchiwa. Même s'il ne montrait pas, il avait aussi accueillit dans son cœur son jeune frère, Sasuke. L'existence de ces deux êtres lui donnait le courage de supportait la torture journalière de son père. Il pensait être assez fort pour vivre ainsi.
Cependant, la souffrance n'est guère une chose à prendre à la légère. La souffrance nous fait parfois faire des choses que jamais nous n'aurions imaginé faire.
Itachi, lui, était fort. Peut-être même trop fort et c'est cela qui l'avait poussé à sous-estimer la puissance de sa souffrance. A trop la contenir, à trop vouloir vivre avec et s'en accoutumer, à la faire taire jour après jour, cette même souffrance le posséda et lui fit commettre l'irréparable….
… Le meurtre de son meilleur ami.
La souffrance… personne ne peut sans faire une amie, surtout lorsque l'on a déjà en amie la solitude. Cerné entre elle-deux, un homme devient fou. Itachi avait voulu ces deux sentiments en amis pour protéger ceux qui était dans son cœur, résultat : l'un d'eux avait péri sous sa main.
Son ami souffrance avait alors était encore plus présent que sous les coups et les mots cruels de son père, lorsque choqué, il s'était ressaisi et avait trouvé son propre corps baignant dans le sang de son meilleur ami.
A présent qu'il réfléchissait sous les branches frémissantes, il lui semblait pouvoir tout arranger en combattant son propre père. Bouton déclencheur du profil grotesque de sa vie, celui-ci devait périr. Ainsi, il sauverait sa mère et son frère et vengerait la mort de Suishi. Il savait qu'après cela il serait condamné à être un traître recherché dans le monde entier, mais cela lui importait peu. Du moment que sa mère et Sasuke ne risquent plus rien, du moment qu'ils soient à l'abri de la menace paternelle pesant sur eux. Peu importe qu'il soit haï de tous. De toute manière, personne n'avait jamais rien fait pour lui, personne ne s'était interrogé sur ces marques qui soulignait ses yeux. En revanche, il était reconnu par tous comme étant un génie et pourtant tous le monde le craignait et le trouvait antipathique.
« C'est fou, se dit-il, comme les gens aiment se contenter du superficiel.
Les heures avaient bien défilées et la nuit n'allait pas tarder à se draper le bleu du ciel de son lourd manteau sombre et étoilé.
Itachi se redressa sur sa branche. Il espérait que son père avait bien reçu le mot qu'il avait glissé sous le shoji de sa chambre après s'être infiltré comme un fantôme invisible dans ses appartements.La nuit était à présent tombée.
La lune était grosse et le vent un peu agité.L'heure décisive se rapprochait à grand-pas.
Le quartier des Uchiwa semblait étrangement calme…..
…. Trop calme….
Celui-ci était posté en recul du reste du village, cependant, il y avait quelque chose de très étrange.
Itachi sauta de l'arbre jusqu'à sa cime et à sa grande surprise, il ne vit presque aucune lumière.
Un silence effrayant baignait l'atmosphère.
Itachi transpirait d'angoisse et il bondit en direction des quartiers Uchiwa.
Il lui semblait que son imagination lui jouait des tours car il avait la sensation que l'odeur du sang fraîchement coulé envahissait l'air.
…. A suivre
