4 ans plus tôt :

La télé du salon était allumée et diffusait depuis la veille des flashs informant le peuple américain de l'évasion de 8 fugitifs « potentiellement dangereux ». Sara était assise sur le canapé depuis deux heures, fixant le flacon de morphine qu'elle avait volé dans l'infirmerie la veille. Les policiers avaient fouillé son appartement sans même faire attention à ce flacon. Preuve que leur attention n'était tournée actuellement que sur la recherche des évadés et plus précisément, à cet instant, de Mickaël. Ils lui avaient posés des tas de questions sur leurs rapports. Elle avait froncé les sourcils face à l'une d'elle : « Avez-vous eu des relations sexuelles avec Mickaël Scofield ? » Au moins, on ne pouvait pas reprocher à cet agent de ne pas éclaircir ses questions. La réponse de Sara fut tout aussi explicite. Non elle n'avait jamais couché avec lui malgré tout le désir qu'il avait su provoquer en elle juste avec ses yeux. Elle y avait bien songé un bref, très bref instant quand il l'avait embrassé. Seulement désormais elle savait que ce baiser n'était qu'un leurre, une manipulation perfide de Mickaël. Bien sûre, tout ça elle ne l'avait pas mentionné à l'agent. En cet instant elle ne cessait de se demander pourquoi elle avait laissé cette fichue porte ouverte. Elle le connaissait depuis quatre semaines seulement et elle avait mis sa carrière et aussi sa santé en jeu pour lui. Et pourquoi ? Pour ne plus jamais le revoir ? Pour qu'il enlace sa femme Nika ? Pour qu'il vive comme un bien heureux au soleil tandis qu'elle serait poursuivie pour complicité d'évasion ? Qu'importait après tout, elle n'avait finalement pas envie de le revoir. Il l'avait trahi. Qu'il parte avec tous ses amis prisonniers, puisqu'il avait feint l'honnêteté comme eux. Puisqu'il lui avait fait croire qu'il la mettait dans la confidence de son plan alors qu'il ne lui avait révélé que le plus beau de ce qu'il projetait de faire : sauver son frère en cachant bien le fait qu'en lui demandant de laisser la porte ouverte, elle libérerait des petites frappes, un assassin, un parrain de la mafia et un cinglé. A cette pensée elle regarda le flacon avec insistance. Après tout, c'était peut-être bien sa dernière soirée de liberté, il fallait en profiter. Elle prit la seringue et la piqua dans le flacon pour la remplir. 2 mg devraient suffire à lui faire oublier cette vie de misère. Elle s'apprêta à se piquer quand elle entendit quelqu'un frapper. Elle regarda la porte et se demanda qui pouvait bien être ce gêneur qui l'interrompait dans ce qui restait son seul plaisir. Elle se dit qu'il allait bien s'en aller. Mais le gêneur en question frappa à nouveau. Elle se leva dans un soupir d'agacement et alla ouvrir la porte. Personne. Elle ne trouva pas la plaisanterie très drôle. Mais avant qu'elle n'ait refermé la porte, elle entendit de nouveau un frappement. Cette fois elle comprit que c'était de derrière elle que venait le bruit. Elle se retourna et l'aperçut. Là à la fenêtre, ruisselant d'eau parce que dehors il pleuvait. Elle le regarda et son visage prit une teinte rouge qui chez Sara, était signe de colère. Il la regarda avec cet air suppliant et sincère. Elle avait envie d'ouvrir, pas pour qu'il soit au sec, non au contraire elle le laisserait bien sous la pluie, pour le punir. Mais elle se dit en même temps que le laisser entrer pourrait bien être sa pire punition, puisqu'il entendrait alors le flot de colère et de haine qu'elle avait sur le cœur. Il la regarda sans rien dire, se demandant si elle allait lui ouvrir. Il se doutait qu'elle lui en voulait mais avait besoin de lui parler. Et il espérait qu'elle allait prendre conscience de tous les risques qu'il prenait en venant ici. Ce dut être le cas parce qu'elle s'avança et poussa finalement légèrement la fenêtre. Il finit de l'ouvrir et pénétra dans l'appartement alors qu'elle lui avait tourné le dos. Il jeta un coup d'œil à la télévision et vit sa photo parmi celles des autres. Il se trouva un peu bouffi mais peut-être était-ce dû à l'écran 16/9ème que possédait Sara. En tout cas il l'espérait. Quand il se retourna vers Sara, il se retrouva face à un visage visiblement furieux.

Sara : Qu'est-ce que vous faîtes là ?

Le vouvoiement. Alors même dans une situation telle que celle-ci, elle arrivait à se souvenir que leur relation médecin/prisonnier exigeait cette distance. Elle le fixa de son regard bleu intense et il vit presque les éclairs de colère glisser dedans.

Mickaël : Il fallait que je te parle Sara, que je t'explique

Il osait la tutoyer. Il n'avait même plus ce respect qu'il avait avant pour elle. C'était comme s'il ne la considérait plus comme un médecin. La colère monta en elle à tel point qu'elle ne put retenir sa main quand elle s'abattit sur la joue de Mickaël. La tête du fugitif partit sur le côté. La claque fut violente, il avait sous-estimé la colère d'une femme. D'une femme trahit qui plus est. Il tourna lentement la tête vers elle et décela dans ses yeux un peu de regrets. C'est cela qui le convainquit de ne pas s'enfuir. Pourtant, Sara semblait décidée à ne pas se laisser attendrir et lui lança de nouveau un regard glacial.

Mickaël : Je sais que je l'ai mérité…

Cette fois Sara n'arriva plus à se retenir.

Sara : Oui tu le mérites, et tu mériterais également que je te jette dehors après avoir appelé la police. Seulement avant je pense que j'ai le droit d'avoir des réponses.

Mickaël : Je suis là pour te les donner.

Elle sembla surprise qu'il soit prêt à lui donner ce qu'elle attendait. Elle fut prise de court et poussa finalement un soupir quand elle réalisa qu'elle ne savait pas par quoi commencer. Elle fixa son regard sur le bras tatoué de son beau prisonnier et suivit des yeux le chemin d'une goutte de pluie qui glissait depuis son coude jusqu'à ses doigts pour finalement s'écraser sur le parquet.

Sara : Tu gouttes sur mon sol…

Il regarda le point qu'elle fixait puis quand il releva la tête il la vit partir vers une autre pièce dont elle revint aussitôt avec une serviette dans les mains. Elle la lui tendit, puis se dirigea vers le canapé. Il resta un instant à la regarder, tenant toujours la serviette. Alors qu'elle prenait sa tête dans ses mains, il se décida à s'essuyer pour la rejoindre. Il se mit auprès de la fenêtre pour surveiller les allers et venus. Elle leva la tête et le vit faire.

Sara : Tu n'aurais pas dû venir ici…

Il se retourna vers elle.

Mickaël : Je sais… Linc me l'a déjà dit.

Elle fixa ses yeux dans les siens et il vit qu'ils étaient remplis d'interrogation.

Sara : Pourquoi tu ne m'as pas dit qu'en te laissant la porte ouverte je la laisserai également ouverte pour T-bag, Abruzzi, et tous les autres ?

Mickaël : Je savais que tu ne voudrais pas le faire si je te le disais.

Sara : Bien sûre que je ne l'aurais pas fait. Tu m'as menti délibérément, mais le pire c'est que tu l'as fait en me faisant croire que tu étais honnête Mickaël.

Mickaël : J'ai toujours été honnête avec toi.

Elle émit un petit bruit qui montrait toute l'ironie de ce qu'il venait de dire. Il s'approcha de la table et saisit le flacon qui se trouvait dessus. Elle le regarda faire quand il lut l'étiquette.

Mickaël : De la Morphine ?

Elle mit ses cheveux derrière ses oreilles comme il l'avait déjà vu faire des tas de fois. Il savait que ça signifiait qu'elle était mal à l'aise. Elle leva les yeux vers lui et y lut la question qu'il se posait.

Sara : C'est la seule solution que j'ai trouvé pour oublier ce que j'ai fait.

Il prit la seringue et la jeta dans le feu de la cheminée puis il s'assit sur la table basse, face à elle.

Mickaël : Tu n'as pas besoin de ça… tout va bien se passer.

Elle se leva en entendant ça. Elle ne pouvait supporter plus longtemps la proximité de leurs visages. Elle fit quelques pas et il la regarda faire en se disant qu'il se détestait de l'avoir pousser vers cette seringue en lui demandant de l'aider.

Sara : Tout ça c'était planifié pas vrai ?

Elle se retourna vers lui.

Sara : Tu avais décidé avant de te faire enfermer que tu m'utiliserais pour obtenir cette clef ?

Il ferma les yeux. Voilà ce qu'il redoutait en venant ici. Il ne pouvait supporter l'idée qu'elle pense qu'il n'avait fait que l'utiliser. Néanmoins, en cet instant il se dit que cette fois il se devait d'être honnête. Il se leva et avança vers elle.

Mickaël : Au début oui…

Sara : Tu as étudié mes faiblesses pour les exploiter n'est-ce pas ? Tu aurais dû m'apporter une seringue ça aurait été plus facile que d'essayer de me séduire.

Mickaël : Je ne savais pas que tu étais…

Sara : Une junkie ? Oh je t'en prie Mickaël, ne me mens pas.

Mickaël : Je ne te mens pas… je savais qui était ton père c'est tout.

Elle regarda le bras de Mickaël et réalisa soudain qu'il n'avait certainement pas reçu d'insuline depuis la veille. Elle comprit alors.

Sara : Tu n'es pas diabétique ?

Il hocha la tête pour dire que non. Elle sourit visiblement, fatiguée et se sentant stupide de ne pas l'avoir vu.

Sara : Génial, tu as réussi à prouver que j'étais nulle comme médecin.

Mickaël : Ne dis pas ça…

Il s'approcha un peu plus d'elle. Elle le regarda et fit un pas en arrière quand elle sentit le bleu de ses yeux la transpercer.

Mickaël : J'étais sincère quand je te parlais de nous…

Sara : Il n'y a pas de nous Mickaël… ne me fait pas l'affront de me faire croire qu'il aurait pu y avoir quelque chose…

Mickaël : Il y avait quelque chose… Il y a quelque chose.

Elle ferma les yeux.

Mickaël : Quand je t'ai demandé de m'attendre je le pensais.

Elle rouvrit les yeux et mit ses mains sur son front en entendant ça. Elle sentait la colère revenir en elle. Elle savait pourtant que cette colère était pour dissimuler ce qu'elle ressentait au fond d'elle. Elle avait envie d'y croire et elle s'en voulait d'être encore si naïve après tout ce qu'il lui avait fait.

Sara : Tu voudrais que je t'attende ?!

Il baissa la tête. Il comprenait qu'elle puisse être en colère. Il savait qu'il n'avait pas le droit de lui demander ça, mais il aurait tellement aimé qu'elle lui dise qu'elle le ferait.

Sara : Tu t'es servi de moi Mickaël ! Tu m'as demandé de remettre en liberté 8 fugitifs dont la culpabilité est prouvée pour presque chacun d'entre eux ! Et tu te pointes ici, en risquant de me faire accuser un peu plus de complicité juste pour me demander de t'attendre !!

Elle se retourna vers la fenêtre.

Sara : Dites-moi que je rêve…

Il baissa les yeux ne sachant plus que dire. Il avait peur de la braquer un peu plus si il ouvrait une fois de plus la bouche. Il décida alors d'arrêter de parler et d'agir à la place. Il s'approcha d'elle et lui prit le bras pour l'obliger à se retourner. Elle se retrouva face à lui et vit ses yeux si beaux et si mystérieux se plonger dans les siens. Elle vit ses lèvres s'approcher dangereusement des siennes. Elle réalisa alors qu'elle n'avait absolument pas envie de le repousser et savoura ce tendre baiser qu'il lui donna tout en glissant sa main dans ses cheveux. Elle le laissa poser son autre main sur sa taille et la rapprocher de lui. Elle sentit sa chemise humide contre elle et c'est ce qui la ramena à la réalité. Elle mit fin au baiser et détacha son corps du sien. Elle laissa pourtant son front poser contre celui de Mickaël. Il continua de lui caresser les cheveux.

Sara : Ca ne nous mènera nul part… tu le sais aussi bien que moi.

Mickaël : On n'a qu'à oublier tout ce qui passe au delà de ces murs et ne pas penser à demain.

Elle se recula complètement et il vit qu'une larme avait coulé sur sa joue. Elle passa à côté de lui et s'éloigna.

Sara : Je n'y arriverai pas… Il faut que tu partes.

Il baissa la tête. Il savait qu'elle avait raison. Il savait aussi qu'il avait promis à Lincoln de le retrouver dans une heure. Mais il n'avait pas envie de la laisser. Il avait juste envie de lui prouver à quel point il l'aimait. Parce que oui, il était tombé amoureux d'elle et ça lui faisait mal qu'elle ne le comprenne pas. Il voulait voir dans ses yeux qu'elle connaissait ses sentiments.

Mickaël : Je t'aime Sara.

Ce ne fut qu'un chuchotement. Il n'était même pas sûr d'avoir dit ça à haute voix. Et pourtant le fait que Sara se soit figée prouva qu'il avait bien prononcé ces mots. Elle se tourna vers lui. Il était toujours dos à elle et regardait le sol. Il releva la tête et la vit dans le reflet de la vitre. Elle le fixa et son regard se remplit d'incertitude. Elle ne savait si elle devait le croire. Il saisit son doute et cela lui transperça le cœur. Il la fixa dans la vitre. Leurs regards se plongèrent l'un dans l'autre via leur reflet mutuel. Et tout en la fixant, il décida de répéter ce qu'il venait de dire.

Mickaël : Je t'aime…

Elle vit de la sincérité dans ses yeux et elle sentit ses dernières défenses se briser. Elle était certaine qu'il était plus facile pour lui de le dire en regardant son reflet plutôt qu'en la regardant droit dans les yeux. Pourtant, il avait planté son regard dans le sien. Il se tourna enfin vers elle.

Mickaël : Je sais que tu n'as aucune raison de me croire et je sais que je ne mérite absolument pas ton pardon. Seulement je suis sincère quand je te dis ça et je ne veux pas que tu en doutes.

Elle ferma les yeux et une autre larme déferla le long de sa joue. Il venait de lui faire une déclaration d'amour et elle ne savait que dire, ni que faire. Elle décida alors de laisser parler son cœur et se dirigea rapidement vers lui pour l'embrasser avec passion. D'abord surpris, il réalisa qu'elle le croyait enfin et il se laissa abandonner à ses caresses. Elle retira la chemise humide de son prisonnier et la fit glisser le long de ses bras en une exquise caresse. Il ferma les yeux pour savourer cette proximité. Le plaisir s'insuffla en lui et il dut rouvrir les yeux pour s'assurer qu'il ne rêvait pas. Elle sentit son regard sur elle et éloigna ses lèvres pour l'observer à son tour. D'un simple échange de regard, ils réalisèrent qu'ils avaient la même envie. Elle glissa alors sa main dans celle de Mickaël et l'entraîna avec elle vers la chambre. Une fois à l'intérieur, elle se laissa aller à son désir et le poussa sur le lit. Elle le rejoignit et l'embrassa avec tendresse. Ils se déshabillèrent mutuellement à la fois rapidement et doucement. Il lui fit l'amour avec passion, la couvrant de baisers et lui dispensant d'habiles caresses. Sara était sur le point d'exploser tellement Mickaël lui procurait du plaisir. Une fois que le septième ciel fut atteint, Mickaël cala sa tête dans le cou de Sara et elle sentit son souffle contre elle. Elle enlaça ses doigts avec les siens. Elle savait maintenant qu'elle allait souffrir encore plus dans les prochains jours, les prochaines semaines, les prochains mois. Ils avaient passé ce cap qui maintenait encore son cœur en un seul morceau. Et en cet instant elle le sentit se briser petit à petit. Une fois que le cœur de Mickaël retrouva un rythme normal, il se mit sur le côté et ne put s'empêcher de jeter un coup d'œil au réveil au passage. Ce geste n'échappa pas à Sara qui sentit sa peur de le voir partir, empirer. Il la regarda tout en serrant sa main. Il la vit observer le plafond de la chambre et remarqua que ses yeux étaient en train de se remplir de larmes.

Mickaël : Sara ?

Elle resta à contempler le plafond parce que c'était trop dur pour elle de les regarder lui et son corps parfait.

Sara : Tu dois partir c'est ça ?

Le regard de Mickaël se voila de culpabilité et de tristesse. Il avait honte de lui faire ça. Il ne voulait pas qu'elle croie qu'il n'était venu que pour coucher avec elle. Pourtant il savait qu'il n'avait pas le choix.

Mickaël : Linc m'attend depuis une heure déjà.

Elle ferma les yeux en comprenant ce que cela voulait dire : Il allait se lever, se rhabiller et sortir de cet appartement et de sa vie pour toujours. Il devina à quel point elle avait mal. Et il savait que personne ne pouvait la comprendre mieux que lui étant donné qu'il ressentait exactement la même chose.

Mickaël : Je reviendrai…

Elle ferma les yeux. Il ne pouvait pas lui avoir dit ça. Il ne pouvait pas lui faire cette promesse alors que tout ça ne faisait pas partie de son plan.

Sara : Ne me fais pas des promesses que tu ne pourras pas tenir… je ne veux pas que tu me fasses de promesses comme ça dans un lit alors que tu es sur le point de partir pour une chasse à l'homme dont tu n'es pas sûr de sortir vainqueur.

Il l'observa un instant et comprit que Sara avait peur. Elle avait peur de ne plus jamais le revoir. Il aurait voulu qu'elle ne s'inquiète pas pour lui et qu'elle ne souffre pas mais il savait qu'il ne pouvait rien faire.

Mickaël : Sara, je t'assure…

Elle le coupa.

Sara : Accorde-moi une faveur Mickaël.

Il ne répondit pas et elle prit ce silence pour un accord.

Sara : Attends que je sois endormie pour sortir de ma vie pour toujours… je ne supporterais pas de te dire Adieu…

Elle l'avait regardé en prononçant cette dernière phrase. Il sentit son cœur se briser à son tour. Elle se cala contre lui tout en s'assurant qu'elle ne le gênerait pas pour partir et elle ferma les yeux. Une larme coula le long de la joue de Mickaël. Il voulait lui dire qu'il était sincère et qu'il espérait vraiment la revoir quand tout serait fini mais il savait qu'il n'avait pas le droit de lui donner cet espoir en sachant que lui même n'avait aucune certitude que tout ceci se termine bien. Au bout d'un moment qui lui sembla à la fois trop long et trop court, la respiration de Sara lui indiqua qu'elle dormait. Il la regarda et eut l'impression qu'on lui arrachait le cœur. Il hésitait à partir, il voulait rester avec elle pour toujours. Il revint pourtant à la réalité quand il entendit au loin des sirènes de police. Lincoln l'attendait et il était dangereux pour lui d'être seul dehors. Il se leva alors avec une lenteur qui contrastait énormément avec la rapidité des dernières 24h. Il se rhabilla en silence et alla dans le salon pour prendre un bout de papier. Il en fit un oiseau en Origami et inscrit dessus ces quatre mots « je te le promets » Il revint le poser sur le coussin qu'il occupait quelques minutes plus tôt et approcha sa main du visage de Sara pour le caresser. Mais il préféra arrêter son geste. Il ne voulait pas la réveiller, il ne voulait pas qu'elle souffre plus tôt que nécessaire. Il resta de longues minutes à la contempler. Il avait l'impression qu'une main invisible le maintenait sur place. Il ferma les yeux et fit un effort sur-humain pour se lever. Alors qu'il était à la porte de la chambre, il entendit Sara murmurer.

Sara : Je t'aime…

Il se retourna et vit qu'elle avait toujours les yeux fermés. Il ne savait pas si elle avait dit ça dans son sommeil ou si elle était réveillée. Devant l'absence d'une preuve qu'elle ne dormait plus, il s'en alla. Une fois qu'elle fut certaine qu'il était parti, Sara rouvrit les yeux. Elle n'avait pas voulu lui montrer qu'elle ne dormait pas parce qu'elle savait que son cœur ne pourrait supporter de le voir s'en aller. Elle releva les yeux vers le réveil et elle vit l'oiseau sur le coussin. Elle le saisit et déplia l'aile. Malgré l'obscurité, les quelques rayons du lampadaire qui venaient de la fenêtre éclairèrent la promesse de Mickaël. Sara se mit alors à pleurer.