Sara se réveilla vers 7h30 l'esprit un peu embrumé. Ce ne fut que quand elle aperçut Mickaël endormi dans le fauteuil qu'elle réalisa que la soirée n'avait pas été un rêve. Elle s'assit sur le canapé et regarda la pendule. Se rappelant que d'ici une heure et demi, Stéphanie arriverait, elle alla s'habiller dans la salle de bain. Quand elle en sortit une demi-heure plus tard, Mickaël dormait toujours. Elle sentit son cœur se serrer en se disant que leurs adieux approchaient. Elle savait que ça lui serait encore douloureux. Elle se dit alors que le mieux serait peut-être de s'en aller sans rien dire. Elle l'observa longuement avant d'attraper son sac et sa robe et de se diriger vers la porte d'entrée.

Mickaël se réveilla un quart d'heure plus tard, les membres endoloris par la position dans laquelle il avait dormi. Il regarda en direction du canapé et vit que Sara n'y était plus. Il se leva et enfila son jean, laissant son torse nu. Il alla dans la chambre et dans la salle de bain mais constata que Sara n'y était pas. Il alla alors vers la porte d'entrée et la vit là, assise contre la porte, la robe enveloppée dans sa housse étendue à côté d'elle et cachant son visage dans ses mains. Elle releva la tête vers lui, ayant senti sa présence. Il vit qu'elle avait pleuré. Elle esquissa un bref sourire.

Sara : Je voulais partir avant que tu ne te réveilles, mais je n'en ai pas eu le courage…

Il s'accroupit face à elle. Et elle eut tout le loisir d'admirer ses tatouages

Mickaël : Pourquoi tu voulais partir sans me dire au revoir ?

Sara : Je voulais que tu voies ce que ça faisait…

Il s'assit à côté d'elle.

Mickaël : C'est toi qui m'as demandé de partir pendant ton sommeil il y a quatre ans…

Sara : Je croyais que ça serait moins douloureux… je me suis dit que ça serait comme un rêve…

Mickaël : Et ça n'a pas été moins douloureux ?

Elle le regarda avec un sourire triste.

Sara : Je n'en sais rien, je ne dormais pas quand tu es parti…

Il comprit alors qu'elle était bel et bien réveillée quand elle avait dit « je t'aime ». Elle essuya ses yeux et s'aperçut dans le reflet d'une vitre.

Sara : Avec la tête que j'ai Meredith va hurler.

Mickaël : Qui est Meredith ?

Sara : L'organisatrice du mariage… une pimbêche qu'Anthony a tenu à engager.

Il sourit en hochant la tête.

Sara : Mon amie Stéphanie arrive dans un peu plus d'une demi-heure…

Mickaël : Ca va être l'heure de se dire au revoir si je comprends bien ?

Elle sentit les larmes revenir mais elle les retint. Il lui prit la main.

Mickaël : Je suis sûr que ça va être un mariage magnifique.

Sara : Même avec ces horribles cernes que j'ai sous les yeux ?

Il sourit.

Mickaël : Tu es toujours belle…

Sara : Anthony ne sera pas de cet avis en me voyant arriver.

Mickaël : Si c'est le cas, il ne te mérite pas.

Il se leva et la regarda.

Mickaël : Tu me laisses le temps d'enfiler mon T-shirt avant de me chasser ?

Elle vit qu'il ne disait pas ça méchamment alors elle hocha la tête pour dire oui. Elle se leva à son tour et le suivit dans le salon.

Sara : Je t'aurais bien proposé d'assister au mariage mais je suppose que ce n'est pas une bonne idée.

Il enfila son t-shirt.

Mickaël : Je ne crois pas que mon statut de fugitif me permette des mondanités dans la maison d'un avocat.

Elle sourit. Il enfila son sweat.

Mickaël : Et puis, si je peux supporter de me faire couper les orteils, je crois en revanche que je ne suis pas capable de m'infliger la douleur de te voir épouser quelqu'un.

Elle le regarda droit dans les yeux.

Sara : Tu ne me poseras pas la question n'est-ce pas ?

Il avait pourtant tout un tas de questions à lui poser, mais bizarrement, il sut exactement de laquelle elle parlait.

Mickaël : Tu mérites mieux que ça Sara.

Sara : Mieux que de vivre dans une maison au bord de la plage et d'admirer le soleil se lever tous les matins… à tes côtés ?

Il ferma les yeux et s'imagina cette scène. Il en rêvait. Pourquoi n'arrivait-il pas à lui demander de le suivre. Ce devait être parce qu'il était sûr que tôt ou tard cette vie qui paraissait idyllique ne lui conviendrait plus. Elle s'approcha et lui déposa un tendre baiser sur la bouche. Il parut durer une éternité et pourtant tous deux ressentirent un pincement au cœur en se séparant. Ils laissèrent leur front collé l'un à l'autre. Mickaël ouvrit ses yeux et l'observa.

Mickaël : Tu n'es pas ce genre de femme.

Elle rouvrit les yeux à son tour. Elle ne savait si elle devait prendre ça comme un reproche ou non.

Mickaël : Tu n'annuleras pas ton mariage et tu ne me suivras pas parce que tu n'es pas du genre à tout bouleverser et qu'au fond c'est toi qui a raison. Tu ne sais pas tout ce que je donnerais pour retrouver cette vie. Une vie où je pourrais te demander de le quitter parce que je ne te mettrais pas en danger à tout instant. Et que je n'aurais pas honte d'être ce que je suis ni même de ce que j'ai fait.

Sara : Mais tu as fait tout ça pour sauver ton frère.

Mickaël : Je sais et je remercie le ciel tous les jours de l'avoir à mes côtés. Mais il faut être honnête, pour le sauver, j'ai dû vendre mon âme au diable.

Elle se recula et sourit.

Sara : Il y a pire qu'une plage au Panama comme enfer.

Il sourit légèrement.

Mickaël : Tu as raison, mais la beauté du paysage rend mes remords encore plus lourds à porter. Je suis là-bas alors que quelque part T-Bag est en liberté et qu'il tue peut-être encore d'autres personnes. Que Charles, Abruzzi et l'acrobate sont morts. Et que je te fais souffrir alors que tu ne mérites que d'être heureuse. Ton mariage va peut-être me permettre de retrouver la paix de ce côté-là.

Il regarda l'heure. Il était 8h50.

Mickaël : Je vais y aller…

Elle regarda l'heure à son tour et sentit son cœur se déchirer comme quatre ans auparavant. Elle ferma les yeux et des larmes coulèrent. Il s'en rendit compte et ça lui fit mal.

Mickaël : Sara, je t'en prie, ne fait pas ça...

Elle se jeta dans ses bras et il la serra contre lui en fermant les yeux.

Sara : Tu vas me manquer Mickaël !

Mickaël : Au moins maintenant tu sais que je suis en vie…

Elle le serra plus fort encore en entendant ces mots. Elle ne voulait pas le lâcher, c'était trop dur de le voir partir encore. Au bout de quelques minutes, elle finit cependant par accepter de desserrer son étreinte. Il se recula et attrapa la casquette qui était sur le canapé. Il la mit sur sa tête et regarda Sara.

Mickaël : Je suis sûr que tu seras très heureuse.

Sa voix avait un drôle de son comme si quelque chose l'empêchait de parler. Ce devait sûrement être la tristesse qu'il ressentait. Il l'embrassa sur le front et s'éloigna. Avant de franchir la porte il se tourna vers elle.

Mickaël : Eh Sara…

Elle se tourna vers lui.

Mickaël : Bon anniversaire.

Il vit les yeux de la jeune femme briller. Il s'en alla avant de la voir pleurer encore. Sara n'en revint pas qu'il se souvienne de la date. Ils n'avaient évoqués l'anniversaire de la jeune fille qu'une seule fois et c'était en prison, un lieu pas vraiment idéal pour se souvenir des dates. Et pourtant il n'avait pas oublié. Quand Sara entendit la porte claquée, elle eut un sursaut et soudain, les larmes coulèrent sur son visage. Elle sentit ses pieds se dérober sous son poids et elle se retrouva assise par terre sans savoir comment.