Amour Inavouable

Chapitre V

Gohan regarda sa classe devant lui. Ses élèves semblaient bizarres, aujourd'hui. Les filles le regardaient toutes avec un regard rêveur, buvant chacune de ses paroles, sauf Videl, qui avait l'air plutôt amusée, et les garçons lui lançaient des regards meurtriers, jaloux, même. Il ne comprenait vraiment pas ce qu'ils avaient tous, aujourd'hui. Etait-ce lui ? Avait-il quelque chose sur le visage ?

La sonnerie annonçant l'heure du déjeuner retentit enfin, et il se dépêcha d'aller sur le toit, content de pouvoir fuir ses élèves plus que bizarres. Il décapsula son déjeuner, et une table remplie de nourriture apparut. Il ne perdit pas de temps et commença à engloutir son énorme déjeuner.

« Je ne comprendrais jamais comment tu fais pour manger autant sans grossir. » dit une voix familière derrière lui.

Il se retourna pour voir Videl qui tenait un journal dans ses mains. Elle s'installa devant lui, alors qu'il continuait à manger à un rythme plus lent.

« Alors, tu es content ? » demanda-t-elle soudainement.

Il haussa un sourcil, et avala ce qu'il avait dans la bouche avant de parler. « Comment ça ? »

Elle leva les yeux au ciel. « Il n'y a vraiment que toi pour être passé à côté de ça. »

« Ça, quoi ? »

« Regarde. » Elle lui tendit son journal, qui était en fait le journal du lycée. Les yeux du jeune professeur s'écarquillèrent.

« 'Son Gohan, élu le prof le plus sexy du lycée' ?! » lut-il à voix haute, n'en croyant pas ses yeux. Et en dessous du titre, il y avait une photo de lui, prise en plein cours. « Mais quand a été prise cette photo ? »

Videl haussa les épaules. « Aucune idée. »

« Elu le prof le plus sexy du lycée… Vraiment n'importe quoi… » fit-il.

« Moi je trouve que tu le mérite. » dit Videl, le faisant rougir. Elle gloussa. Il était vraiment mignon quand il rougissait.

« Sers-toi si tu veux. » dit-il, ses joues reprenant peu à peu leur couleur normale.

Elle sourit. « Merci. »

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« Bulma, je n'y arrive pas. »

La scientifique tourna son attention sur son filleul, qui tenait sa tête entre ses mains. « Qu'est-ce que tu n'arrives pas, Gohan ? »

« Je n'arrive pas à lui dire que je l'aime. » répondit-il. « J'ai essayé à plusieurs reprise, mais rien n'y fait. A chaque fois que je trouve le courage de lui dire, je bloque. »

Bulma réfléchit un moment. « Tu pourrais lui demander directement ce qu'elle ressent pour toi. Au moins comme ça, tu seras fixé. »

Le jeune homme soupira. « Peut-être… »

« Et sinon, tu ressens toujours le besoin de la marquer ? » demanda alors la femme aux cheveux bleus.

« Oui, et ça devient de plus en plus fort. Je ne sais pas combien de temps je vais encore pouvoir me retenir. »

« Tu devrais peut-être… lui parler de ton héritage. »

« Pour qu'elle me fuie en me traitant de monstre ? Non merci. »

« Gohan, est-ce que ta mère a traité ton père de monstre quand elle a appris qu'il était un Saïya-jin ? Si elle t'aime vraiment, ça ne lui posera pas de problème. »

« Mais c'est ça le problème, Bulma. Je ne sais pas si elle m'aime ou pas. »

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Videl faisait les cents pas dans sa chambre, attendant le résultat du test, morte d'inquiétude. Elle avait du retard. Mais, non, impossible, elle ne pouvait pas être enceinte ; elle prenait la pilule ! Mais il était vrai que la pilule ne marchait pas à cent pour cent…

Enfin, l'alarme retentit, et elle se précipita pour regarder le résultat du test. Son visage se décomposa.

« Non… C'est pas vrai… »

Elle tomba à genoux, alors que des larmes commençaient à couler sur ses joues.

Elle était enceinte.

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Gohan ne comprenait pas ce qu'avait Videl, depuis quelques jours. Elle semblait l'éviter. Elle ne venait même plus chez lui, le soir. En plus, il avait remarqué qu'elle avait les yeux rougis, comme si… Comme si elle avait pleuré. Mais, non, ce n'était pas possible ; Videl ne pleurait jamais.

Mais qu'est-ce qu'elle a ? se demanda-t-il, la regardant prendre des notes.

La sonnerie annonçant la fin du cours retentit, et les élèves rangèrent leurs affaires dans leurs sacs, avant de se lever de leurs places, se dirigeant vers la sortie.

« Mademoiselle Satan ? »

Videl se figea en entendant la voix de Gohan l'appeler. Elle n'était qu'à quelques pas de la sortie. Si près…

« Oui, Professeur ? »

« J'aimerais vous parler un instant. »

Elle déglutit, cherchant un moyen pour y échapper. « Mais… Euh… Je… »

« Ce ne sera pas long. »

Videl soupira, s'avouant vaincu. La classe se vida rapidement, les laissant seuls. Gohan alla fermer la porte, ne voulant pas être déranger. Il alla droit au but.

« Qu'est-ce qui t'arrive, Videl ? Pourquoi tu m'évites depuis quelques jours ? »

Elle resta silencieuse pendant un moment, puis se décida à dire la chose qui allait lui briser le cœur. « Je crois qu'on a fait une erreur, Gohan. »

« De… De quoi parles-tu ? » demanda-t-il, redoutant le pire.

« Nous deux… Ce n'était pas une bonne idée. Tu es mon professeur, et je suis ton élève. »

« Videl… Tu… Tu n'es pas sérieuse… »

« Très sérieuse. Je crois qu'on devrait arrêter de se voir. »

Le cœur de Gohan se brisa en mille morceaux, et il avait soudain du mal à respirer. « Non… »

« C'est mieux comme ça, Gohan. »

Elle s'apprêta à partir, mais il l'enlaça par derrière, l'immobilisant dans ses bras puissant.

« Videl… Non… Tu ne peux pas me quitter… Je… Je t'aime… »

Videl ferma les yeux, empêchant ses larmes de couler. « Et moi je ne t'aime pas, Gohan. » dit-elle, son cœur se brisant encore plus en disant ce mensonge.

Elle se libéra de son emprise, et sortit de la classe, laissant Gohan seul, le cœur brisé. Il tomba à genoux, des larmes se formant dans ses yeux, lui brouillant la vue.

« Je le savais… Elle ne m'aime pas… »

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Végéta n'avait jamais vu Gohan se battre ainsi. Pas qu'il s'en plaignait. Cela faisait bien longtemps qu'il n'avait pas eu d'adversaire valable. Mais la raison qui avait rendu le demi Saïya-jin ainsi l'intriguait. Pourquoi était-il si énervé ? Enfin bon, si cela lui permettait d'avoir un adversaire à la hauteur, il n'allait pas s'en plaindre.

Gohan se déchaînait, se battant avec tout ce qu'il avait. Cela faisait longtemps qu'il ne s'était pas battu ainsi. Mais cela faisait aussi longtemps qu'il n'avait pas ressentit une telle rage. Une rage contre lui-même. Il avait été si stupide ! Evidemment qu'elle ne l'aimait pas ! Comment avait-il pu croire un seul instant qu'elle pourrait l'aimer ? Elle n'avait été avec lui que pour le sexe, c'était claire maintenant. Il grimaça, pouvant entendre ses mots résonnés dans sa tête.

« Et moi je ne t'aime pas, Gohan. »

Il évita un coup de poing, puis para un coup de pied. Il contrattaqua alors avec un coup de genoux qui fut paré.

« Et moi je ne t'aime pas, Gohan. »

Il continua avec un coup de poing, puis un coup de coude, mais tous deux furent évités.

« Et moi je t'aime pas, Gohan. »

« ARGH !! FAIS CHIER !! » cria-t-il soudainement. Puis, il craqua, et tomba à genoux, se mettant à pleurer, là, comme ça, en plein milieu de la salle de gravité, devant Végéta. Celui-ci était plus qu'intrigué par la raison qui avait mit son partenaire d'entraînement dans un tel état.

« Qu'est-ce qui t'arrive, maintenant ? » demanda le Prince dans un ton ennuyé, bien qu'il soit en fait plutôt inquiet pour le plus jeune Saïya-jin.

« Qu'est-ce que ça peut te faire ?! » fit Gohan, la voix craquée par ses pleurs.

« Ça me fait que ça dérange notre entraînement. » Il s'assit en tailleur, sur le sol de la salle de gravité, et croisa les bras. « Dis-moi ce qui t'arrive. »

Gohan soupira, réussissant finalement à calmer son flot de larmes, et se dit qu'il n'avait rien à perdre à raconter au Prince ce qu'il avait.

« J'étais avec une femme depuis à peu près un mois. » commença-t-il.

« Ah oui, Femme m'en a parlé. La fille de l'autre con, c'est ça ? »

« Oui… J'étais très amoureux d'elle, je le suis toujours d'ailleurs, mais apparemment, ce n'était pas réciproque ; elle m'a quitté. »

Le Prince resta silencieux pendant un moment. « Alors tu es dans cet état à cause d'une femelle ? Je ne vous comprendrais jamais, vous, les humains, et vos stupides émotions. »

Gohan lui lança un regard noir. « J'aimerais bien t'y voir, à ma place. Qu'est-ce que tu ferais si Bulma te quittait ? »

Ça, ça le fit taire. Ils restèrent en silence pendant un moment, silence que Végéta finit par briser.

« Bon, et si on reprenait notre combat, maintenant ? »

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« Alors, comment ça se passe avec ton prof ? »

Videl s'arrêta d'écrire à la mention de son ex-petit ami. Elles étaient en train d'étudier pour leur prochain examen, et il a fallu qu'Erasa ramène ce sujet au tapis.

Elle soupira. « C'est fini. Je l'ai quitté. »

Les yeux de la jeune blonde s'écarquillèrent. « Quoi ?! Tu l'as quitté ?! Mais pourquoi ?? »

« Je l'ai quitté… avant qu'il ne me quitte. »

« Quoi ? Mais… Pourquoi t'aurait-il quitté ? »

Videl resta silencieuse un moment. « Je… Je suis enceinte. »

Les yeux d'Erasa doublèrent de volume, si c'était possible. « Tu es… enceinte ?! Mais… Je croyais que tu prenais la pilule ? »

« Je la prend, mais apparemment, ce n'est pas efficace à cent pour cent. »

« Oh Videl… Et tu crois qu'il t'aurait quitté s'il avait su ? »

Videl hocha la tête. « C'est mieux ainsi. »

« Et… Tu vas le garder ? »

« Bien sûr. Je ne pourrais jamais tuer le bébé de Gohan. Je me suis dit que j'allais finir mes études par correspondance, comme ça personne ne saura que je suis enceinte. »

« Ça va être triste le lycée, sans toi. »

Videl sourit.