Chapitre 4
J'avais le cœur qui battait la chamade, et je sentais le sans pulser dans mes oreilles. J'avais la bouche pâteuse et le cerveau qui ne fonctionnait pas vraiment.
C'est toujours comme ça quand j'invite Mika a aller quelque part… Après toutes ces années d'amitié, je devrais y être habituée, mais non. J'imagine, encore et encore, que je l'invite réellement, à un rendez-vous, et non pas à une simple sortie entre amies… J'ai peur qu'elle dise non, ce qui est idiot… Je me sens comme une collégienne qui vit son premier flirt.
Lorsque la porte s'est ouverte sur elle, j'ai eu le souffle coupé un moment. Je l'avais déjà vu porter ces vêtements, bien sur, puisque j'étais avec elle lorsqu'elle les avait acheter, mais la voir se mettre belle comme ça, juste parce qu'on avait une sortie… Un instant, juste un instant, j'ai imaginé qu'elle s'était mise belle pour moi, juste pour moi. Et ça m'a permit de lui sourire.
Après un instant a parler, on a prit le taxi pour rejoindre un super restaurant qu'on connaît, et dans lequel on va souvent. On parlait tout en mangeant. On riait. Je me sentais bien. Je regardais Mika faire tourner le vin dans sa coupe, la tête penchée sur le côté, les yeux brillants d'une joie que je ne lui voyais pas souvent. Si belle que j'avais envie d'en pleurer. J'aime Mika depuis des années. Pour être franche… Depuis la toute première fois où je l'ai vue. Et ça remonte à il y a très longtemps… Mika est belle, c'est vrai. Personne ne pourrait dire le contraire. Mais ce n'est pas ce qui m'a charmé en premier chez elle. C'était plutôt son caractère, sa manière d'être. Elle semblait si fière, si au dessus de tout. Comment les gens ne comprenaient pas qu'il ne s'agissait que d'un masque pour dissimuler sa souffrance ? Un masque de froideur et de dureté… identique à celui que porte Eiri aujourd'hui. Seul Tatsuha semble avoir été épargné…
En public, Mika est froide, tranchante, elle affiche cet air sarcastique et distant qui laisse les gens mal à l'aise. Il n'y a que dans l'intimité que l'on comprend la femme chaleureuse et protectrice envers les siens qu'elle est.
Je la regarde sourire, calme et heureuse. Enfin… Peut-être pas heureuse, mais détendue.
Il y eut un bruit de verre cassé à côté et Mika tourna la tête pour regarder, mais je ne le pu, trop hypnotisée par la vision de sa nuque découverte par ses cheveux remontés. J'avais envie d'y poser les lèvres, sentir son parfum… Être simplement près d'elle, mais pas comme une amie…
Puis, nous avons repris le taxi pour aller au cinéma. Une bonne histoire d'amour pour nous remonter le moral, et espérer que, quelque part, l'amour qui dure toujours existait. A un moment, c'était tellement beau, tellement grand, tellement émouvant à l'écran que j'ai serré la main de Mika fort dans la mienne, mes doigts entrelacés aux siens. J'aurais aimé croire que l'amour réciproque existe réellement. Pourtant, a voir nos deux couples… Mika s'est tournée vers moi, me demandant en chuchotant si ça allait. Elle essuya des larmes que je n'avais pas eu conscience de laisser couler, puis entoura mes épaules, me serrant contre elle.
-C'est qu'un film, Noriko…
-Mais c'est tellement beau... Pourquoi ça ne nous arrive pas, à nous ?
Elle haussa les épaules. Le film se termina et nous quittâmes la salle de projection. Mika m'attendit à l'extérieur pendant que je me refaisais une beauté dans la salle de bain du cinéma. Vive les trousse de beauté format mini !
Puis, nous avons encore une fois prit le taxi pour rejoindre un nouveau bar qui venait d'ouvrir. L'alcool était diversifiée, la musique bonne… Après quelques verres, nous sommes allées danser.
Sur une piste de danse, Mika perds toute sa froideur. Elle s'abandonne à la musique, elle danse, et plus rien ne compte. Je suis face à elle, et je ne sais même pas si elle le remarque. Ses déhanchements sexy au son de la musique attirent pleins d'hommes autour, qui se serrent en cercle autour de nous, nous forçant a nous rapprocher, encore.
Lorsque nous dansons, nos poitrines se frôlent, et j'ai chaud. Chaud de danser, chaud de tous ses corps autour, mais surtout chaud d'être ainsi près d'elle sans pouvoir l'embrasser, la serrer contre moi, l'embrasser…
Tous les Bouddhas doivent s'être donnés le mot pour me faire connaître le paradis et l'enfer liés, ce soir… Si près… Si loin à la fois…
Un homme derrière elle pose ses mains sur sa taille, mais elle ne lui accorde pas un regard. C'est moi qui le foudroie avec le mien, et il a un sourire pervers, comme pour dénigrer mon avertissement. L'une de ses mains remonte le long de la taille de Mika, s'apprêtant à lui saisir les seins… lorsqu'elle lui écrase le pied fortement.
Bien fait pour toi, gorille. Mika me fait signe de boire un coup, et nous quittons la piste de danse, laissant le cercle de machos en plan, pour rejoindre le bar et commander encore.
-Mais quels macaques… fit Mika en prenant une gorgée de whisky.
-De véritables idiots.
Nous restons à boire encore un moment, avant de rejoindre un côté désert de la piste de danse. Quelques machos font signe de s'approcher, mais Mika leur jette un regard noir, et ils restent plus loin, nous fixant quand même du regard.
-Y'a des fois ou je me dis que je devrais faire comme mes frères, et virer de bord… fait Mika.
Ces mots ne me laissent pas d'espoir, car ils me prouvent que Mika n'est, justement, pas de ce bord-là… Elle ne sera jamais à moi.
Nous dansons encore un moment, puis lorsqu'un slow commence et que l'on voit les machos se diriger dans notre direction, nous retournons vite fait au bar. Pourtant, ils nous y suivent encore. L'un des hommes pose une main sur mon bras, et je frisonne de dégoût.
-Baby… Tu viens danser avec moi ? Si ça te dis, on pourrait continuer la soirée à l'hôtel…
Pour toute réponse, je lui balance ma main gauche sous le nez pour lui montrer mon alliance. Deux bras passent autour de mon cou depuis mon dos, et je sens le corps de Mika se coller contre moi.
-Noriiii… J'aime pas quand on vient danser, y'a toujours des gars qui essaient de nous séparer… Bébé, on rentre à la maison ? Je veux pas que ce mec prenne ma place dans ton lit, t'a compris ? Aller amour, on rentre…
Son bras gauche glisse le long du mien en m'arrachant des frissons, avant que ses doigts ne se mêlent au mien, laissant bien voir nos alliances superposées, alors que sa main droite glisse sur ma taille et remonte vers mes seins, sous mon chandail.
J'ai chaud. Je sais que ce n'est qu'une mise en scène, de quoi éloigner ces hommes, mais j'ai chaud…
Elle mordille mon oreille, et murmure, mais assez fort pour que les hommes l'entendent, et de sa voix la plus coquine et la plus sexy :
-J'ai envie de toi, chérie… Si on rentres pas, tu vas encore te plaindre que les toilettes publiques ne sont pas confortables…
-Tu es trop pressée, Mika… On devait s'éclater au bar, tu te souviens ?
-Plus envie… C'est de toi que j'ai envie… D'un autre genre de danse…
-Si vous avez besoin d'aide… proposa un homme. Je serais heureux de vous aider, toutes les deux…
-Norikooooo… Y'a encore un mec pervers qui essaie de s'inviter dans notre lit…
-Tu sais bien que ça les excite de voir deux femmes ensemble…
-M'en fou… Si je voulais d'une queue, je serais hétéro…
-Ce que tu es vulgaire…
-T'aimes ça… C'est pour ça que tu m'as épousée…
Elle frotte sa joue contre la mienne, toujours collée contre mon dos, et j'ai de plus en plus chaud. De véritable bouffées de chaleur. Et ces hommes qui nous fixent, les yeux ronds…
-On rentre, hein ?
-….ok…
-Tant mieux… Je commence a mouiller, et comme j'ai pas de culotte…
Mes joues se couvre de rouge à ses mots. Sa bouche se pose dans mon cou, déposant de légers baisers, léchant même quelque fois. Je vais défaillir…
-On pourrait même commencer dans le taxi qui nous ramènera à la maison…
Cette fois, je n'en peux plus. Je l'agrippe par le bras et l'entraîne vers la sortie, ignorant les paroles de la gang de machos en train d'imaginer comment ça se déroule au lit entre nous. A la sortie du bar, une fois que sous sommes dans la nuit noire, Mika se raccroche à mon bras, et je me rends compte qu'elle est encore plus saoule que je ne le pensais.
-C'était marrant, t'as vu leur tête ! Et ils y ont cru dur comme fer, ces cons !
-Faut dire que tu étais convaincante…
-J'aurais peut-être du faire actrice… Mais nah, Tohma aurait jamais voulu.
Je fais un signe en voyant un taxi dans la rue, et il vient se ranger.
-Je ne fais plus qu'un voyage, mesdames. Mon heure est terminée. Alors j'espère que vous descendez à la même place.
-…Et merde, fait Mika.
-Vas-y Mika, je vais attendre le prochain.
-T'es sure ?
-Tu tiens même plus debout. Je suis encore capable de me tenir, et j'ai le numéro de Super Gros Nounours en cas de danger.
-D'accord…
Elle me serre dans ses bras en me souhaitant une bonne soirée. Je l'embrasse sur les joues, mais, allumée par sa petite comédie de tout à l'heure, je ne peux empêcher l'un de mes baisers de glisser de ses joues à ses lèvres. Elle cligne des yeux, surprise.
-Allez, Mika, Passe une bonne fin de soirée.
Je m'éloigne du taxi, la laissant y prendre place. Si elle me pose des questions sur ce petit baiser… Je pourrai toujours dire que j'étais plus saoule que je ne le croyais, ou encore qu'un des hommes était sortit du bar… Je regarde le taxi s'éloigner, et pose une main sur mes lèvres. Même si ce n'était qu'un effleurement, je suis heureuse.
Je sens quelqu'un se glisser derrière moi et me plaquer quelque chose contre la bouche. Je perds connaissance sans avoir eu le temps de crier.
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Si vos voulez savoir, où je me suis amusée à écrire ce chapitre et a torturer Noriko. Par contre, j'aime pas la fin, même si elle est capitale...
