Chapitre 6

Lorsque je me réveille, je me sens la tête comme dans du cocon. J'ai déjà bien plus bu que ça, et ça ne m'a jamais fais cette sensation. J'essaie de me relever, mais rien… Je suis attachée au lit. Un lit ?!?

J'ai beau me débattre, c'est peine perdue. Mes poignets sont bien attachés aux piliers de la tête du lit, et je devine que c'est pareil avec mes chevilles. Je ne peux pas bouger. Les cordes grossières me font mal. Le genre de corde pour attacher les bottes de foin. Pas fais pour mes délicats poignets.

Mais plus important. Où est-ce que je suis. Je tourne la tête, mais tout ce que je vois, c'est un mur de bois, en gros rondin, comme un chalet. Même chose pour le plafond. De l'autre côté, c'est un lourd rideau rouge. Le matelas n'est pas confortable. Il fait froid. J'entends du bruit, plus loin.

Je n'ai mal nulle part, excepté au poignets et aux chevilles. A croire qu'on ne m'a pas frapper, ni cognée. Que la personne qui m'a enlevée ne veut pas me blesser.

Les larmes me montent aux yeux. Enlevée. On m'a enlevée. Ça me revient. Je regardais le taxi de Mika s'éloigner tout en cherchant un autre des yeux. Des pas derrière moi. Un tissu mouillé contre ma bouche. Et je m'évanouie.

Mika. Au moins, elle va bien. Il a attendu que l'on se sépare pour m'enlever. Il n'en a pas après elle. Mais elle va s'inquiéter… Et je ne veux pas. Tetsuya doit avoir remarquer que je ne suis pas revenue. Cela va bientôt faire le tour de NG et de nos connaissances. Pourvu que Saki l'ignore. Ma petite chérie, je ne veux pas qu'elle s'inquiète pour ça… Et Mika ? Comment réagira t'elle ? Je suis sure qu'elle va culpabilisé… Elle n'a pas besoin de ça. Elle n'a vraiment pas besoin de ça…

Mika… J'aimerais tellement que tu sois là… Que ce ne soit qu'un mauvais rêve, et que tu me prennes dans tes bras pour me réconforter…

Le rideau s'ouvre, et un homme apparaît. Grand, costaud, le visage sévère, mais le regard fou. Des grandes mains. Des cheveux noirs coupés courts. Un peu plus petit que K, mais plus bâtit. Plus effrayant. Alors que notre Americain adoré national inspire la confiance, quand on le connaît, cet homme inspirait la peur. Il porte une chemise carottée, un jeans sale.

-Tu es éveillée… Bien.

-Q…Qui êtes-vous ?

-Tu ne me reconnais pas ?

Son regard brille dangereusement, alors que l'une de ses mains remonte le long de ma hanche. Ce n'est qu'à ce moment que je réalise qu'on m'a retirés mes vêtements.

-Je t'ai parlé, à l'une de tes séances d'autographe… Je t'ai embrassé…

Ah… Peut-être bien, oui. Un fan devenu fou et m'ayant agrippé de force. K l'avait balayé aussitôt.

-…et je t'ai écrit, princesse… Je t'ai dis que je viendrais te récupérer… Que tu m'appartenais… Je suis Chihayo Katsuhiko…

J'ai un haut le cœur alors que sa grosse main se pose sur mon sein et qu'il le caresse. C'est ce fou qui m'a écrit cette lettre affreuse ! Cette lettre que Mika a vue, et qu'elle s'est inquiétée !

-Ne me touchez pas !

-Oh… Elle a du caractère, ma princesse…

Il grimpe sur le lit, et je me débats.

-Chuut… Calmes toi, princesse… Tu vas te faire mal.

-Ne me touchez pas ! Détachez-moi !! Je vous interdits de m'approcher ! LACHEZ-MOI !!!

Je hurle et me débat lorsqu'il grimpe sur moi, et que sa bouche voyage sur mon corps. Mes poignets me font un de ces mal de chien, mais hors de question que je reste là sans bouger. Sa bouche lèche l'un de mes seins, et je hurle.

Sans me porter attention, il se déshabille. Lorsque son membre entre en moi, je n'ai même plus de voix pour hurler.

Durant ce qui me semble des semaines, c'est mon quotidien. Il dort sur moi, il me viole, il me détache. Je n'ai pas la force de me sauver, et de toute façon, c'est pour m'attacher les bras dans le dos. Il me nourrit alors, avec « amour », comme il le dit. Et c'est nus que nous sortons dehors, dans ce jardin féerique que cet horticulteur fou a produit, notre nid d'amour, comme il l'appel. Et il tient la promesse de sa lettre. Il semble avoir une fixation sur son hamac, attaché entre deux arbres. Après plusieurs fois, je n'ai plus la force de me débattre, ni de réagir. Je le laisse faire, tout simplement. Et les yeux dans les nuages, j'imagine ceux que j'aime.

Tetsuya qui pousse Saki sur la balançoire. Tohma et Ryuichi qui m'attendent pour répéter, Ryu s'agrippant à moi comme un enfant perdu. Les Bad Luck qui font paniquer Sakano et rire K. Mika aussi, qui m'apparaît, je ne sais pourquoi, il y a quelques années, avant que le groupe ne se sépare. Lorsque Tatsuha n'était encore qu'un gosse qu'elle consolait à tout bout de champ. C'est cette image que je vois. Une Mika rayonnante en train de cajoler un petit Tatsuha en larmes.

Des larmes coulent sur mes joues.

Mika… Viens me chercher… Je n'en peux plus…

Quand il ne me viole pas, il me fait des cours théoriques sur la botanique, dont je me moque comme ma première paire de culotte. Il n'y a aucun voisin dans les alentours, seulement ce parc immense. Pour cette raison, nous sommes toujours nus. Cela prends moins de temps que de me déshabiller à chaque fois. Il n'est pas rare qu'au beau milieu d'un discours sur une plante quelconque, il me renverse par terre pour me toucher ou pour tout simplement me violer.

Je sens que si on ne me sors pas bientôt d'ici… Je vais finir par me moquer de tout… Même de ce qu'il me fait…

J'essaie de me rappeler nos chansons. Lorsque je m'y efforce, aucune mélodie ne me vient en tête, comme si elle était vide de musique. Et dans les moments où je m'y attends le moins, la voix de Ryuichi enfle dans ma tête, me calme et m'apaise.

Saki dans mes bras. Mika qui me serre contre elle. Ryuichi qui chante pour moi. C'est tout ce que je voudrais.

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...pas tuer l'écrivaine, please.