Chapitre 7

C'est une Mika au visage inexpressif, aux yeux cernés et aux vêtements sans éclats qui marchait dans les rues. Une semaine et trois jours. Pour elle, quelques millénaires venaient de passer.

Eiri et Tatsuha se relayaient auprès d'elle pour lui remonter le moral les soirs, une fois que Ryuichi était bien à l'abri chez lui. Parfois, Shuichi se joignait a son amant pour tenir compagnie à sa belle-sœur. Il arrivait parfois a arracher un pauvre sourire à la brune avec ses conneries. Voyant le peu d'attention qu'avait la petite Narita, il avait décidé de s'en occuper, le temps que Noriko revienne et que Mika redevienne elle-même. Si ça n'aurait pas été pour sa grande sœur, Eiri n'aurait jamais accepté qu'un chien mette une seule petite patte poilue sur son plancher…

Dans les rues, Mika voyait les gens se promener, tous en groupe. Elle était la seul à être seule. Là, deux amoureux qui s'embrassaient sur un banc. Là, un groupe d'enfant se dirigeant vers leur école primaire. Là-bas, deux jeunes femmes se promenant en se tenant le bras, parlant et riant.

A cette image se transposa celle de deux autres femmes. Cette blonde, là, avait le même éclat de joie dans les yeux que Noriko… C'était si facile de voir le visage de son amie se superposer à celui de cette fille…

-Et si on allait magasiner ?

-Oui ! Tu as vu leur nouvelle collection de maillot ?

-Trop classe !

-Je voudrais bien un nouveau bikini…

-Ton père va encore se plaindre si tu prends ta carte de crédit, non ? C'est quand même lui qui règle tout…

-Il n'est jamais là et il ne m'aime pas… S'il ne veut pas me donner sa présence ou son amour, qu'il me donne au moins son fric ! C'est la seule chose qu'il sait bien faire, gagner du fric… Et toi, comment ça va avec ton amoureux ?

-Pas très bien… Je crois que je ne l'aime plus…

-Ah bon ?

-Je crois que j'aime quelqu'un d'autre…

Une larme coula sur la joue de Mika, et dans son reflet, on pouvait voir des regrets, génies qui furent fait prisonnier à jamais (1).

Regrets de tant de choses qu'elle aurait aimer dire à son amie. Regrets de tants de gestes qui n'avaient pas été menés à termes.

Détournant le regard des deux jeunes femmes, elle continua sa route vers l'appartement de K. Lorsqu'elle y entra finalement, ce fut pour voir le blond en mode tornade, s'armant de plusieurs armes.

-K ??

-Mika !!! Je viens de recevoir un appel !

-QUOI ?!?!

-Des gamins sont entrés dans une propriété privée pour embêter un associal, et ils ont vu une femme nue endormie dans un hamac.

-Et tu penses que c'est…

-Elle avait les cheveux mauves.

-Ne perdons pas de temps !!


Nous interrompons notre programme principal pour un documentaire animalier… L'espèce étudiée aujourd'hui sera l'Électroluxien. On en trouve partout dans le monde, mais mes recherches se sont centrées sur une petite colonie d'Amérique du Nord, au Québec… Les Électroluxien sont de tailles variables, et la couleur de leur pelage change chaque jour. Ils ont habituellement les pattes avant jaune ou alors grises, et l'extrémité des pattes blanches ou grises. La longueur des poils sur leur tête varie d'un individu à l'autre, et ils ont de grands yeux globuleux. Cette race ne comporte étrangement que des individus entre 18 et 65 ans.

L'habitat naturel de l'Électroluxien est sombre et poussiéreux. Il y fait aussi une chaleur accablante et la circulation de l'air ne se fait pas très bien. Malgré qu'ils soient une sous-race doué de très peu d'intelligence, l'Electroluxien a réussit a séparé son territoire de façon logique, soit par des numéros. Certains sont des Quarantedeuxiènes, certains des Cinquanteneuviènes… D'autres encore portent des noms tels des Porcelins, des Paintshopien ou des Presséins. Pour éviter une guerre entre les différents individus d'un même territoire, certains Electroluxien sont devenus nocturnes. On retrouve habituellement les diurnes dans leur habitat naturel entre 6h30 le matin et 15h30. Pour les nocturnes, il est possibles de les étudier entre 16h00 et minuit.

Il existe aussi une hiérarchie très importante chez les Électroluxien. Les tout-puissants se terrent dans les loges supérieures de l'habitat et ne sortent que très peu. Ils donnent seulement leurs ordres aux chefs des différents départements, appelés les Chefs d'Équipes, qui eux, transmettent les ordres aux reste des Électroluxiens… et s'assurent qu'ils sont suivis à la lettre ! Il existe aussi une sous-castre, appelés les Supports. Ce sont habituellement de gros benêts qui aident toujours les autres mais qui sont les premiers à se faire insulter… Cette hiérarchie est très importantes pour la plupart des jeunes femelles ! Une fois les représentants hiérarchiques trouvés, on assiste alors à la parade de la séduction. Le pelage se raccourcit, laissant voir plus de peau qu'il n'en est sécuritaire dans l'habitat… Avec de la chance, leur manœuvre réussira et elles auront alors de petits travaux à effectués… à la condition bien entendu de laisser encore libre-vue sur leurs mamelles pour les supérieurs… au grand agacement de certaines autres femelles, plus prudes, plus honnêtes ou plus vieilles…

L'occupation principale des Electroluxien est la fabrication d'appareil d'Électroménager. Au Québec, il semblerait qu'ils se soient spécialisés dans les appareils de cuissons, appelés dans leur jardon des « cuisinières » ou des « poeles ».

Car oui, malgré leur intelligence minimale, ces animaux ont réussis a se doter d'un langage ! Une fois le décodeur mit en marche, il est possible d'entendre parmi les Quarantedeuxiènes ce qui semble être un nostalgique chant de ralliement, que certains individus reprennent en cœur, certains avec plus d'énergie que d'autres. Traduits en langage humain, cela pourrait s'apparenter en « Un poele à la fois, oh mon Dieu, c'est tout ce que je demande. Le courage de viser, de coller de ploguer, un poele à la fois… Celui-là est fini, oh mon dieu, mais le prochain va bientôt arriver… Mon Dieu aides-moi, aujourd'hui guide ma main, un poele à la fois… ». A défaut d'être d'une grande originalité, cette chanson apporte néanmoins un élément important sur la culture Electroluxienne. Ils sont croyants ! Mes observations constantes m'ont permis de découvrir le nom de leur Dieu qu'ils implorent si ardemment… Il s'agit du Dieu Caféino ! En effet, plusieurs Électroluxien furent surpris le matin, et parfois même le midi, avec des gobelets de cafés…

Durant leur occupation principale, les Électroluxiens se parlent beaucoup, dans le langage primitif qui est le leur. Il me fut donné d'observer de très près plusieurs conversations… et il semblerait qu'un sujet soit très populaire à grandeur de l'habitat… le fait que tel Électroluxien mâle tente d'assurer une progéniture avec tel autre Électroluxien… mâle aussi ! Ou encore, avec un être de l'Extérieur de l'habitat, mais tout aussi mâle… L'homosexualité est un fait observable chez cet animal, et qui semble beaucoup les inquiéter si l'on en juge des propos qui sont alors émit.

Les Électroluxiens sont d'un naturel méfiant. Ils ne laissent personne entrer dans leur habitat, a moins d'être soi-même un Électroluxien… ou de décidé d'en devenir un, durant un moment, comme ce fut mon cas. Toute personne entrant et ne présentant pas une pièce d'identité à une petite boite rouge sera aussitôt reconduit à la porte… Et un Electroluxien oubliant de présenter cette carte ne recevra pas sa récompense du mercredi ! La nature de cette récompense est encore un mystère pour moi…

Voilà qui met fin à ce documentaire.

Nous retournons maintenant à notre programme principal.


Si une police aurait croisé leur route, il serait judicieux de croire qu'une belle poursuite aurait eu lieu… et que la police aurait été bonne perdante. Quiconque ayant déjà vu K Gros Nounours avec un volant dans les mains sait bien que Jacques Villeneuve à côté, c'est de la petite bière ! Enfin, l'adresse donnée par les gamin fut en vue… K sortit aussitôt son armre et sortit de la voiture, suivit par Mika.

-N'oublie pas ! Quoi qu'il arrive, tu trouves Noriko et tu la sors de là ! Moi, je m'occupe de lui ! Right ?

-Ok !

Et d'un coup de pied bien appliqué, l'Américain fit exploser la porte.

-QUE PERSONNE NE BOUGE !!!!

Et ce fut le cas. K et Mika furent durant un instant incapable de bouger, figés d'horreur devant la scène sous leurs yeux; un homme nu, rouge et le souffle court, s'acharnant sur le corps tout aussi nu mais sans mouvement de leur amie. Les grognements de l'homme faisaient échos dans la petite pièce, et il ne semblait pas avoir prit conscience de l'arrivée des secours, trop occupé à prendre plaisir sur sa pauvre victime qui, l'œil vide, fixait le plafond sans réagir.

K s'élança vers l'homme et le saisit par le cou, le lançant le plus loin possible avant de le rouer de coups et de l'engueuler. Mika se précipita vers son amie, les larmes aux yeux. Les mains tremblantes, elle resta un moment à tenter de défaire les liens, avant de finalement prendre un couteau sur la table de cuisine pour couper les cordes. La tête tournée, Noriko la regardait, sans dire un mot. Ce n'est que lorsque la dernière corde tomba au sol qu'un murmure se fit entendre.

-M…Mika ?

Mika éclata en sanglots, et prit l'un des draps par terre pour couvrir son amie, et la serrer contre elle. D'abord hésitante, Noriko finit par éclater en sanglots, et se blottit contre son amie.

-Il faut sortir d'ici…

-Je… Je peux pas… Je peux pas marcher… J'ai pas la force…

K revint vers elle, bouillant de rage, le criminel étendu au sol sans connaissance. Pourtant, l'Américain perdit toute haine en croisant le regard de la musicienne.

-It's ok, Noriko… You're safe.

Comprenant qu'elle ne pouvait pas marcher, il la souleva, emmaillotée dans son drap, pour la sortir de cette cabane. Si au début elle se crispa au contact de l'homme, elle finit par se calmer en se rapellant que cet homme, leur ex manager, avait maintes fois risqué sa vie pour elle. Pourtant, ce ne fut qu'allongée sur le banc arrière, la tête sur les cuisses de Mika, que Noriko trouva assez de réconfort et de calme pour s'endormir, alors que les mains de son amie lui caressait les cheveux, qu'un baiser se posait parfois sur sa joue et que des larmes tombaient quelques fois en gouttes sur son visage.

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Voyez... Elle est sauvée. Voilà. Alors on arrête les plans foireux pour tuer l'auteure, merci !