Hello et encore merci à tous! Les choses sérieuses commencent ici! (avec un chapitre trèèèès long... je sais, le plus long jamais écrit par moi même selon les comptages de mots de ff... Pardon aux familles tout ça)

C'est là que j'ai commencé à partir en improvisation totale parceque mon histoire de base n'était pas du tout, mais alors pas du tout celle là! Autant pour john que pour les garçons. Pas de panique cependant, ça à beau être de l'improvisation, j'ai tout relu et retravaillé, c'est pas du brouillon non plus, hein!

Voilà voilà, je vous laisse avec ce chapitre 5 qui très honnetement, est mon préféré! (Je suis plutôt fière du 6ème aussi , mais ce n'est pas pour tout de suite!)

PS: je sais que mes titres de chapitres sont moisis, mais au moins comme ça vous suivez la chronologie!

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Si Demain Vient

5

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Chapitre 5 : Dimanche à l'aube.

Sam était endormi, la tête sur les genoux de son grand frère qui lui caressait machinalement les cheveux pour ne pas s'endormir lui même. Jasper, Marcus et Shawn, finissaient la bière et les cigarettes en chantonnant, Amanda et Sonny dormaient allongés par terre. La nuit avait été très très longue. Il ne s'était absolument rien passé du tout bien que la bande de débile ait tout essayé pour se faire peur. Après la pseudo séance de spiritisme, ont avait eu droit aux histoires qui font froid dans le dos. Chacun y allant de son petit 'Une nuit d'orage, au fond de la forêt…'

S'il avait vraiment voulu participer Dean aurait pu raconter des histoires à vous glacer le sang, et le pire c'est qu'elles étaient toutes vraies, cicatrices à l'appui. Mais il préféra ne pas attitrer l'attention sur lui, il était déjà 'Weirdo' en jouant les gosses normaux, alors s'il racontait tout ce qu'il savait… Il s'était contenté d'écouter ces fables ridicules qui faisaient sursauter Jasper et ses copains. C'était marrant de voir comme la croyance populaire divergeait de sa réalité.

Sammy avait rapidement décroché et Dean l'avait senti se pencher de plus en plus contre son épaule à mesure que la nuit avançait. Il se sentait coupable, son petit frère avait 12 ans seulement et aurait du passer une bonne soirée à la fête foraine. Au lieu de ça, il avait passé la nuit sur le lieu d'un meurtre avec une bande d'abrutis alcoolisés qui fumaient comme des pompiers. Au moins Dean pouvait trouver une certaine compensation dans le fait de se dire que personne n'avait été blessé…

Quand les premiers rayons de l'aube s'infiltrèrent au travers des planches clouées aux fenêtres, il poussa un soupir de soulagement. C'était la fin de cette interminable nuit.

« Hey les mecs » appela-t-il « Il fait jour maintenant. Si on rentrait ? »

Jasper regarda un instant en direction des fenêtres, puis il observa Amanda et Sonny qui dormaient sur le sol. Il acquiesça.

« Ouais. Allez les mecs, on décolle. »

Là-dessus il secoua doucement sa copine qui se réveilla en grognant et Sonny reçu un léger coup dans le flanc par Marcus. Il se réveilla aussitôt et se mit debout.

« Debout Sunshine, il est temps de partir. » murmura Dean à l'oreille de son frère.

Sammy ouvrit vaguement un œil qu'il referma aussitôt. Il ne faisait pas encore assez jour pour se réveiller complètement.

« Sam, tu baves sur mon jean. » lança Dean.

Immédiatement le petit frère ouvrit grands les yeux et réalisa qu'effectivement, il n'était pas contre son moelleux oreiller mais sur les genoux de son frère. Il se leva aussitôt, s'essuyant la bouche et il lui fallut quelques secondes pour se rappeler ce qu'il faisait là.

« Il ne s'est rien passé ? » demanda-t-il.

« En dehors de tes ronflements, non. » répondit le grand frère.

« Je ronfle pas ! » se défendit le plus jeune.

« Si tu le dis... »

En quelque secondes tout le monde était debout et prêt à partir. C'est à ce moment que la porte de la chambre se ferma d'elle-même dans un grand claquement. Tous sursautèrent, même les frères Winchester. Au loin ils entendirent d'autres portes claquer, comme si toute la maison se refermait. Jasper essaya d'ouvrir, sans succès.

Une seule et unique pensée traversa l'esprit de Dean, ils étaient piégés.

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Il devait être 5h30 ou peut être 6h quand John entendit du bruit dans la chambre de Myers. Il avait passé sa nuit à lire tout le dossier sur 'l'affaire Naptown-Breaving' collecté par le vieux et à tout recouper avec ses propres notes et son fameux journal. Il était exténué et les 12 cafés qu'il s'était servi durant la nuit n'avaient pas réussi à le maintenir éveillé tout le long.

« Bonjour, John. » lança Myers avec enthousiasme dès qu'il ouvrit la porte.

John grogna en réponse. Il n'avait jamais été du matin, surtout en ayant si peu dormi.

Myers s'afféra un moment dans la cuisine et vient s'assoir devant John, un thé à la main.

« Je vous écoute. Vous avez trouvé à quoi nous avons à faire ? » Demanda-t-il.

John lui lança un regard noir et soupira. « J'ai trouvé quelque chose en effet, mais c'est… »

« C'est quoi John ? Incroyable ? Ridicule ? Bizarre ? » Tenta Myers en souriant.

« Tout ça à la fois. » grogna John.

« Je vous écoute. »

« Bon… J'ai commencé par éliminer les esprits. »

« Pourquoi ? » demanda Myers curieux.

« Selon vos propres notes, l'EMF reste muet en permanence sur toute la longueur de la route. Les disparitions sont espacées dans le temps et on n'a pas de date spécifique, comme ça serait le cas pour l'anniversaire de la mort de l'esprit par exemple. D'ailleurs, on n'a pas de victime 0 non plus. »

« Victime 0 ? J'aime ce terme. »

John ignora le commentaire et continua « On n'a pas non plus de date de début, on dirait que des gens disparaissent sur cette route depuis toujours. En moyenne c'est une personne tous les deux ou trois ans ce qui en fait une créature difficile à repérer pour les chasseurs. Rien qu'avec ça j'ai éliminé pas mal de choses. Ensuite les victimes peuvent avoir tous les âges. Dans vos dossiers la plus jeune avait 11 ans, c'était en 1853. Aucun lien entre les elles, il y a des habitants du coin et des touristes, tous types de classes sociales… le seul point commun c'est que ce sont toujours des hommes. On n'a jamais aucun témoignage sur les disparitions, ce qui laisse supposer que ça se passe quand la route est peu fréquentée. En recoupant d'autres trucs, j'ai découvert que c'était toujours un jour de pluie. Ce qui expliquerait aussi pourquoi vous ne vouliez pas prendre la voiture pendant l'orage. J'ai donc cherché une créature qui aime l'eau, sans être aquatique pour autant parce qu'elle sévit sur une route…»

« Et vous avez trouvé quelque chose ? »

« Hum… j'avais commencé à avoir une shortlist avec sept ou huit possibilités. Mais là où je me suis perdu c'est qu'on ne retrouve jamais de cadavres, ce qui laisse supposer que, soit la créature les dévore, soit elle les planque. Ce n'est pas très caractéristique des bestioles de mon top five. Alors j'ai creusé plus profond. Je crois que c'est aussi ce que vous avez fait, Myers, car je suis tombé sur ça dans votre dossier. » John déposa quelques coupures de journaux devant le vieil anglais « J'ai pensé que c'était une erreur de classement, mais ce n'est pas votre genre, n'est ce pas ? »

L'anglais sourit à cette remarque.

« Ces journaux parlent de différentes disparitions sur plusieurs années, très espacées dans le temps, rien d'alarmant pour un chasseur. Vous en avez repérez 5 comme ça entre 1898 et 1970. Ce qui est bizarre c'est que ces disparitions ont eu lieu autour de Naptown ou de Breaving mais pas sur la route. Je me suis demandé pourquoi vous aviez mis ces coupures de journaux dans ce dossier, à priori, ce n'est pas lié. Ces 5 disparitions pouvaient être dues à n'importe quoi. C'est là que j'ai découvert les bulletins météo que vous avez récupéré pour chacune des dates. A chaque fois, c'était un jour de pluie. »

Une lumière s'alluma dans les yeux de Myers, on aurait dit un gamin. Il regardait John comme s'il voyait les rouages de son cerveau se mettre à tourner. Il suivait son cheminement de pensée en se demandant s'ils arriveraient à la même conclusion.

« C'est un travail minutieux vraiment impressionnant. » remarqua John en pointant du doigt les bulletins météo.

« Je vous remercie. Qu'en déduisez-vous ? »

« Au total, on en est à 42 disparitions sur la route depuis 1793 et 5 disparitions en dehors. La grande question c'est en quoi ces 5 disparitions aléatoires sont liées à notre affaire. La pluie n'est pas un indice fiable, surtout dans un état où il pleut 6 mois sur douze. Alors pourquoi est ce que vous avez rangé ces journaux là dedans ? »

« A vous de me le dire. »

« Mais j'allais le faire. Ca m'a prit un sacré bout de temps, mais j'ai fini par trouver. »

« Dites, dites ! » s'écria Myers.

John attrapa un autre document dans le dossier. C'était une carte du comté de Broodmaker. Il la déplia et la posa face à lui. On y voyait clairement les villes de Naptown et de Breaving et la fameuse route qui les reliait, cerclée de rouge.

Le père Winchester pointa du doigt l'espace vide rempli de marécages entre les deux villes.

« Ils étaient dans les marais. »

« Éclairez-moi ! » Demanda Myers

« Hector Bowman, Greg Harrison, Jack Moriarty, Adrian Cole et Jack Peterson. Nos cinq disparus étaient dans la lande au moment de leur disparition. C'est marqué dans les journaux. »

« La créature les à emmené là ? »

« Non. Ils y sont allés d'eux même. Hector Bowman était un randonneur, Greg Harrison et Adrian Cole des ornithologues, Jack Peterson, un garde forestier. Tous les quatre avait une bonne raison d'être proche des marais. »

« Et Moriarty ? »

« Je crois qu'il vous à posé problème à vous aussi. Pourquoi ce type pouvait se balader seul dans les marais ? Et vous avez trouvé. » John sorti un dépliant du dossier, ça ressemblait au menu d'un restaurant. « Le restaurant Moriarty à Breaving et son fameux bœuf à la russule blanche. Un champignon qui ne pousse que dans les marais. »

Myers sourit de toutes ses dents. « Vous m'impressionnez, John. Voyons si vous arrivez à en déduire l'explication correcte. »

« Notre bestiole vit dans les marais, mais elle choisi ses victimes beaucoup plus loin, sur la route. Mais quand quelqu'un vient de lui-même se jeter dans la gueule du loup, comme ces cinq là, elle ne passe pas à côté d'un repas gratuit. »

« Pourquoi chasser aussi loin de sa tanière ? Il y a plus de deux kilomètre entre ce marais et la route ? »

John sourit, il savait que Myers avait toutes les réponses et voulait le tester. « Au départ j'ai pensé que c'était une sécurité, que la créature chassait plus loin pour ne pas attirer l'attention des chasseurs. Et puis les marais sont peu fréquentés, elle doit chercher son gibier plus loin. »

« Hum, rien d'autre ? »

« Si. J'ai cherché désespérément à faire coïncider ces nouvelles infos à ce que j'avais jusque là et avec ma liste de suspects. Rien ne correspondait. C'est là que j'ai sincèrement commencé à en avoir ras-le-bol. J'ai vraiment envisagé de tout abandonner, mais je me suis rendu compte d'une chose. J'avais commis une erreur dès le départ. »

Myers était extatique, il contrôlait à peine sont excitation.

« Dites, dites ! » s'écria-t-il.

« J'avais un peu trop vite éliminé une catégorie de suspects. »

« Laquelle ?! »

« Les aquatiques. Comme je vous l'ai dit, je savais qu'elle aimait l'eau mais vu son territoire de chasse, ça ne pouvait pas être ça. Une créature aquatique ne peut pas attraper ses victimes sur une route à deux kilomètre du premier point d'eau, n'est ce pas ? »

« En effet. Alors pourquoi revenir là-dessus ? »

« Parce que la créature n'a jamais quitté les marais. Elle n'a jamais attaqué personne sur cette route. »

« Comment ça ? »

« J'ai repensé à ce que la serveuse du bar à Naptown m'avait dit. Vous cherchiez quelqu'un, une femme magnifique à priori. C'est là que toutes les pièces du puzzle se sont assemblées et que j'ai compris. »

« Oh John, arrêtez ce suspens, vous allez me tuer ! »

« C'est une sirène. » déclara le père Winchester avec assurance.

Steven Myers le dévisagea en silence avec une expression indéchiffrable sur le visage, entre l'étonnement et l'admiration. John essayait d'avoir l'air sûr de lui mais en réalité c'était certainement l'une des choses les plus ridicules qu'il n'ait jamais dite… mais c'était la seule conclusion à laquelle il arrivait et Myers avait besoin d'entendre quelque chose. C'était peut-être ridicule, mais c'était quelque chose.

« Vous êtes impressionnant. Il m'a fallut 6 mois pour rassembler toutes ces infos et arriver à la même conclusion. » Déclara Myers

« Quoi ? C'est ça ? C'est vraiment ça ? » S'étonna John.

« Exactement. La créature n'attaque pas, elle attire. Les jours de pluie, elle appelle sa victime qui quitte la route pour rejoindre les marais volontairement. C'est bien un aquatique qui n'a jamais mis une écaille en dehors de son marais..»

« Et vous recherchiez votre sirène dans un bar ? »

« A dire vrai je cherchais un témoin. Il y a une légende comme quoi les sirènes projettent l'image de magnifiques femmes plantureuses pour attirer les hommes. Je cherchais quelqu'un qui aurait pu voir cette projection. »

« Et ? »

« Ma sirène fait la couverture de Play-boy, mais je doute qu'il s'agisse de la même. Personne n'a vu la créature, je ne sais pas si elle attire par l'image, le son ou quelque chose d'autre. Je sais juste qu'elle ne peut le faire que quand il pleut.»

« De mon point de vue la seule question importante c'est 'comment ça se tue'. »

Myers sourit, visiblement, il avait une idée derrière la tête.

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« Qu'est ce que c'est que ça !? Qu'est ce qu'il se passe ? » S'écria Amanda qui commençait à paniquer.

Les garçons avaient donné toutes leurs forces pour défoncer la porte, sans succès, et la panique commençait à gagner les troupes.

« Ok. Tout le monde reste calme. On est juste au premier étage, alors on va arracher les planches sur la fenêtre et sortir par là. Au pire ce sera un saut de quelques mètres, au mieux on trouvera des prises pour s'accrocher. » Déclara Dean qui gardait parfaitement son calme.

Les autres le regardèrent un moment, pas sûr de savoir si c'était bien normal qu'il prenne la situation avec autant de recul.

« La porte s'est fermée toute seule ! » cria Amanda, au bord des larmes.

« Oui, on a vu. Mais la fenêtre ne va pas s'ouvrir seule, elle. Donc si vous vouliez bien m'aider. » Dit Dean qui essayait de tirer sur les planches.

Shawn et Jasper vinrent à ses côtés pour l'aider. Ils sentaient déjà la première planche vaciller. Un nouveau bruit les fit sursauter, comme un grand clac qui venait de la porte.

Marcus s'approcha malgré les protestations d'Amanda. Il mit la main sur la poignée qui s'abaissa sans résistance. La porte était de nouveau ouverte.

« Oh mon dieu, oh mon dieu » psalmodiait Amanda.

Sammy posa une main sur l'épaule de la fille « Ca va aller. » dit-il.

Dean regardait l'obscurité dans l'embrasure avec méfiance. Il caressa la crosse de l'arme qu'il cachait à sa ceinture.

« Sam, derrière moi. » dit il sur un ton autoritaire.

Le petit frère reconnu le l'intonation, Dean venait de passer en mode chasseur. Ca ne le rassurait pas vraiment. Si Dean faisait ça, c'est qu'il avait de bonnes raison de penser qu'ils allaient se faire attaquer. Sammy fit ce qu'on lui demandait et se plaça derrière son frère.

« Qu'est ce qu'on fait ? » demanda Jasper.

C'était amusant de constater qu'il s'adressait à l'aîné des Winchester, et que tout le monde dans la pièce attendait qu'il prenne une décision. Il était passé en quelques minutes de 'Weirdo' à 'Big Boss' et ça l'aurait fait sourire s'il n'était pas si inquiet.

« Il veut qu'on descende. » souffla-t-il

« Qui ça ? » demanda Amanda « Qui ça ?? »

« Marcus, Jasper, continuez avec la planche. On va sortir par la fenêtre. » Ordonna-t-il sans tenir compte de la question précédente.

« C'est stupide, la porte est ouverte. » Dit Sonny.

Dean réalisa que c'était la première fois de la soirée, ou de la matinée, au choix, qu'il entendait sa voix. Sonny avait toujours été le plus discret de la bande.

« C'est moins risqué de passer par la fenêtre. » insista Dean.

« Risqué par rapport à quoi exactement ? »

« Peu importe. Les portes claquent, on n'est pas sûrs qu'elles soient toutes ouvertes alors qu'on peut faire sauter cette planche en quelques minutes. » Expliqua Dean.

Tout d'un coup, on entendit un grand 'crack' là où Jasper et Shawn tiraient sur la planche. Quelque chose céda et Shawn s'effondra dans un grognement guttural.

« Shawn ? » appela Jasper à mi-voix.

L'adolescent était allongé, face contre terre, et ne bougeait plus. Amanda commençait à trembler en se rongeant les ongles.

« Qu'est ce qu'il à ? Qu'est ce qu'il a ? » Demanda-t-elle frénétique.

Tout le monde retenait son souffle alors que Dean approchait lentement de Shawn. Il s'agenouilla près de lui et secoua doucement son épaule.

« Shawn ? » dit-il.

Aucune réponse.

C'est alors que Dean remarqua la tache rouge qui commençait grossir sous la tête du garçon. Il le saisit par un bras et le retourna sur le dos.

Amanda poussa un hurlement, Japser porta ses mains à sa bouche pour ne pas vomir, Sonny resta figé, Marcus laissa échapper un flot d'insulte et Sam resserra ses doigts autour de la crosse de son arme. Un éclat de bois d'environ 20cm de long était planté dans l'œil de Shawn.

Dean glissa deux doigts contre la carotide de l'adolescent. Rien.

« Merde. » murmura-t-il.

« Je… je… ne voulais pas… on a tiré trop… trop fort… » Bredouilla Jasper, tétanisé en regardant ses mains tremblantes.

Amanda pleurait carrément dans les bras de Marcus qui n'en menait pas beaucoup plus large. Quand à Sonny, il était paralysé et regardait la scène avec de grands yeux.

« Ce n'est pas de ta faute Jasper. Il ne veut pas qu'on sorte. » Marmonna Dean.

« Qui !? Qui ne veut pas qu'on sorte ! » S'écria Amanda.

Dean passa une main fatiguée sur son visage et dégaina son arme. Sammy imita son frère. Immédiatement Marcus, Sonny, Jasper et Amanda se regroupèrent, la terreur déformant leurs visages.

« Je ne vais pas vous tirer dessus. » dit-il en levant les yeux au ciel. « C'est pour nous protéger. »

« De quoi ? » demanda Jasper. « Pourquoi est ce que vous êtes armés ? »

« Écoutez-moi, » commença Dean sur un ton solennel. « Les fantômes existent vraiment. Si on est venu ce soir mon frère et moi c'est pour vous empêcher d'entrer dans cette maison. On n'a pas eu franchement de succès là-dessus, hein Sammy ? »

Le petit frère acquiesça. « Je ne pensais pas vraiment que c'était dangereux… jusqu'à maintenant. L'esprit ne veut pas qu'on sorte. »

« C'est des conneries ! » s'écria Marcus « T'es complètement givré ! »

« Répète çà Shawn. » trancha Dean en désignant le cadavre.

Amanda se retourna pour vomir, Jasper lui frottait le dos dans un geste rassurant mais il n'avait pas l'air très bien lui-même.

« Il faut qu'on appelle la police ! » cria Marcus.

« Il faut surtout qu'on arrive à sortir vivants. » corrigea Dean

« Je ne touche pas à cette planche ! » prévint Marcus en désignant le morceau de bois à moitié arraché de la fenêtre.

Tout à coup Amanda perdit les pédales et se jeta hors de la pièce en criant « Il faut que je sorte, il faut que je sorte ! ».

« Non ! » cria Dean mais c'était trop tard.

Sonny et Jasper se jetèrent à sa poursuite mais seul Sonny réussit à sortir avant que la porte ne se referme en claquant terriblement au nez de Jasper.

« AMANDA !! » cria-t-il en frappant le bois qui ne céda pas.

On entendit un hurlement terrible et un bruit de chute. La voix de Sonny cria le prénom d'Amanda et puis plus rien.

« Tire sur la serrure avec ton flingue ! » cria Jasper, en larmes, à destination de Dean.

« Ca ne servira à rien, il est chargé au gros sel. »

« Quoi ? » demanda Marcus.

Tout à coup le 'crack' de la serrure se fit de nouveau entendre et la porte s'ouvrit toute seule. Dean attrapa Jasper par le bras pour l'empêcher de se précipiter comme un fou à l'extérieur.

« Celui qui a le flingue passe devant. » dit-il. « Sam, derrière moi. Jasper et Marcus restez en arrière, pas de coup de folie. Vous faites de ce que je vous dis. »

Dean parlait avec la voix de son père, il faisait preuve d'une assurance et d'une autorité qui n'avaient rien à faire dans la bouche d'un garçon de cet âge. Tout le monde se pliait à ses ordres mais au fond, il était lui-même terrifié.

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C'était la cinquième fois que John téléphonait aux garçons. Certes c'était un dimanche matin et il était huit heures, mais n'ayant pas pu les joindre la veille pour cause de fête foraine où, soit dit en passant, ils n'étaient pas censé aller, il voulait les appeler ce matin. D'autant plus que le reste de la journée risquait d'être chargé. Au départ il s'était dit qu'il allait falloir plusieurs sonneries pour que Dean veuille bien sortir ses fesses de son lit, mais au bout du cinquième appel sans réponse, il commençait franchement à s'inquiéter.

« Vous avez intérêt d'être morts, sinon c'est moi qui vous tue. » marmonnait-il en écoutant une fois de plus la tonalité dans le vide.

« Tout va bien John ? » demanda Myers qui passait par là.

« Super. » grogna le père Winchester en raccrochant.

« Vous êtes prêt ? »

Techniquement, non. John n'était pas prêt, il devait entendre les garçons lui dire qu'ils allaient bien. Mais il n'avait pas vraiment le choix. Si il n'accompagnait pas Myers sur cette chasse, il n'en apprendrait pas plus sur le meurtrier de Mary.

« Prêt. » répondit il.

« Alors en route. »

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Dean entendait les respirations erratiques de Marcus et Japser dans son dos. Il sentait son petit frère juste derrière lui et avec sa présence grandissait le besoin de le protéger, toujours. L'arme au poing, les sens en alerte, il avançait à pas de loup sur le plancher qui craquait à n'en plus pouvoir. Impossible d'être discret dans cette bicoque. Alors qu'ils arrivaient près de la balustrade du premier étage Jasper murmura.

« Où est ce qu'ils sont ? »

Dean n'eut pas besoin de répondre. La rambarde qui protégeait d'une chute vers le rez-de-chaussée était brisée. Toute sorte de scénarios commençaient à traverser leurs esprits alors qu'ils avançaient prudemment vers le trou pour regarder en bas. Amanda était allongé sur le parquet, un étage en dessous, les bras et les jambes pliés dans les angles étranges, une marre rouge entourant sa tête.

Jasper porta les mains à sa bouche pour ne pas crier alors que des larmes envahissaient ses yeux. Marcus tremblait de tout son long.

« Mon dieu… » Souffla-t-il.

Dean remarqua que son frère palissait à chaque minute. Sammy avait déjà participé à quelque chasses, mais son père avait toujours fait en sorte qu'il reste éloigné des choses un peu trop gores. Ce soir, le garçon de douze ans en était à son deuxième cadavre et Dean aurait donné n'importe quoi pour lui épargner ça. Mais il n'avait pas le temps d'y penser. Il n'avait pas le temps de se blâmer aussi fort qu'il le méritait pour avoir entraîné son frère dans ce cauchemar. 'Protège Sammy' martelait la voix de son père dans sa tête. Beau boulot, Dean, beau boulot.

Non. Pas maintenant. Il aurait voulu céder à la panique lui aussi, mais il ne pouvait pas. Ils devaient sortir d'ici vivants.

« Sonny ? » cria-t-il.

Inutile d'essayer d'être discrets quand le plancher hurle votre position à chaque pas.

Aucune réponse.

« SONNY ?! » cria-t-il à nouveau.

C'est là qu'il l'entendit. C'était éloigné, c'était faible, mais c'était là. Des pleurs.

« Par ici. » intima Dean aux trois qui le suivaient.

Il se dirigea au son jusqu'à l'escalier. Les pleurs venaient d'en bas. Marcus fermait la marche et Dean aurait pu jurer entendre cette grosse brute murmurer 'maman'… S'ils s'en sortaient vivants, il n'oublierait pas de se foutre de sa gueule à ce sujet. Lentement ils entamèrent leur descente, à l'affut du moindre son suspect. L'escalier grinçait et tremblait sous leurs poids réunis.

A mi parcours une marche céda sous le poids de Marcus. Il poussa un cri et ne réussit pas à se stabiliser. Entrainé par son poids, il tomba en avant sur Jasper qui heurta Sammy, qui heurta Dean. Comme des dominos, les quatre s'effondrèrent dans l'escalier et le dévalèrent jusqu'en bas comme des pantins désarticulés.

Dean atterri brutalement sur le ventre et senti son frère tomber sur lui, lui coupant le souffle. Marcus s'écrasa juste à côté et Dean remercia le dieu auquel il n'avait jamais cru que le gros ne lui soit pas tombé dessus. Jasper chuta lourdement lui aussi, mais sa chute fut amortie par quelque chose. Il poussa un hurlement terrible en découvrant qu'il était allongé sur le corps mort d'Amanda.

« Sammy, tu vas bien ? » demanda immédiatement Dean au fardeau qui lui écrasait la cage thoracique sur le sol.

« oui… oui… » Répondit une petite voix.

« Tu veux bien te pousser histoire que je respire ? » demanda finalement Dean.

Le poids sur son dos balança sur un côté et Sammy s'allongea sur le sol juste à côté de lui.

Dean s'assit aussitôt et se pencha au dessus de son frère.

« Hey, bonhomme, t'es sûr que ça va ? » demanda-t-il en passant une main dans les cheveux en bataille de Sammy.

C'était à la fois un geste de réconfort et une façon de chercher une bosse.

« J'ai peur, Dean. » répondit le petit frère dans un murmure à peine audible. « Je voudrais que papa soit là. »

Dean se força à sourire. « Souviens toi bien de ce que tu viens de me dire parce que, tu peux me croire, tu vas en entendre parler dès qu'on sortira d'ici ! »

« Je voudrais que papa soit là. » répéta le plus jeune.

« Sammy, tu déconnes ? Tu as mieux que papa, tu m'as moi. Je suis plus, jeune, plus beau et plus intelligent. » Déclara Dean sur un ton pétulant. « Papa se serait déjà cassé les deux jambes, tu sais qu'il a toujours eu ce petit problème avec les escaliers… »

Dean faisait référence à toutes les fois, quand Sam était plus jeune et ne savait encore rien des choses de la chasse, où leur père avait dit 'je suis tombé dans un escalier' pour justifier les fractures, les coupures et les séjours à l'hôpital. C'était devenu une blague récurrente entre eux. Comme si des escaliers pouvaient laisser des marques de dents… Quoi que, sachant ce qu'il savait maintenant, des escaliers avec des mâchoires n'auraient même pas surpris le garçon.

Quoiqu'il en soit, ils en étaient arrivé à faire un classement des histoires les plus faciles à raconter aux médecins en cas d'hôpital, le top trois comprenait l'accident de vélo, l'attaque de chien errant et loin, très loin devant, l'escalier glissant.

Sammy sourit à la remarque de son frère et se remit debout.

« Je crois que j'ai rien. » dit il en secouant ses pieds pour voir s'ils fonctionnaient.

« Bien. » rétorqua Dean. Il ne pouvait pas vraiment dire de même dans la mesure où il s'était probablement cassé le bras droit. Ca faisait un mal de chien et il ne pourrait plus tenir son arme.

En parlant d'arme, elle avait disparu, tout comme celle de Sammy. Génial.

Jasper pleurait à chaudes larmes à côté. Il était recouvert du sang d'Amanda et cachait son visage dans ses mains en marmonnant quelque chose d'incompréhensible.

« Jasper ? Tu vas bien ? » Demanda Dean.

L'intéressé leva la tête de ses mains, le visage ruisselant de larmes et de sang, les yeux hagards. Il se mit à rire nerveusement.

« Non. Non. Non. Je ne vais pas bien. Non. Non. Pas bien du tout. » Dit il en souriant.

Dean reconnu immédiatement les premiers signes de la crise de panique. Il n'avait vraiment pas besoin de ça. Il s'approcha de Jasper, s'assit à ses côtés et posa une main rassurante sur son dos.

« Je te promets qu'on va sortir d'ici. » Il n'était pas du tout certain de pouvoir tenir cette promesse mais il avait toujours été bon pour mentir dans les moments critiques. Et puis ce n'était pas vraiment un mensonge, ils finiraient par sortir, les pieds devant, certes, mais quand même.

Alors qu'il traçait des cercles apaisants sur le dos tremblant de Jasper, Dean entendit la petite voix de son frère l'appeler. Il se tourna vers lui et le découvrit agenouillé aux côtés de Marcus. Il comprit immédiatement. Comment ne pas comprendre d'ailleurs quand la tête de quelqu'un est tournée à l'envers ?

Dean posa une main sur la tête de Jasper pour lui éviter de regarder dans la direction du nouveau cadavre.

« Viens par ici Sammy. »

Immédiatement le petit frère se rapprocha et Dean lança son bras meurtri autour de ses épaules pour le serrer contre lui. Il déposa un baiser dans son épaisse chevelure et lui murmura à l'oreille.

« S'il m'arrive quelque chose, bonhomme, tu fonces droit vers la fenêtre par où on est rentré. Tu ne te retourne pas. »

« Dean… » Tenta le petit frère qui n'aimait pas du tout ce nouveau ton.

« Promet Sammy. »

« Dean… »

« Promet ! »

« Je promets. »

« Bien. »

Dean relâcha son étreinte, sourit et se remit debout. Il tendit sa main valide à Sam puis à Jasper pour les aider à l'imiter.

Ils les avaient presque oubliés avec la chute mais les pleurs qu'ils avaient entendus depuis l'étage étaient plus forts maintenant.

« Sonny ? » appela Dean.

Les pleurs cessèrent.

Il y avait peu de meubles dans la maison et ceux qui restaient étaient en piteux état. La porte d'une grosse armoire couchée sur le sol à quelques mètres d'eux commença à se soulever en grinçant. Dean attrapa son petit frère par l'épaule, l'obligeant à se cacher derrière lui. Jasper s'accrochait au t-shirt de l'aîné des Winchester comme à une bouée de sauvetage. La porte de l'armoire de souleva complètement et vint tomber de l'autre côté dans un bruit fracassant. Du point de vue des garçons, l'armoire couchée ressemblait à un cercueil en train de s'ouvrir.

Dean se maudissait d'avoir laissé son arme lui échapper. L'esprit l'avait cachée, ils étaient complètement à découvert désormais. Il déglutit difficilement en regardant l'armoire, son cœur coincé dans sa gorge battait proche de l'explosion.

Une tête émergea de l'armoire. Dean relâcha un énorme soupir de soulagement, à peine conscient qu'il avait arrêté de respiré pendant une minute.

« Sonny ! » dit-il en approchant de lui.

L'adolescent avait l'air terrifié. Il attrapa la main tendue de Dean et sortit avec difficulté de sa cachette.

« Amanda est tombée… Elle est tombée… »

« Je sais. »

« Je suis descendu pour… pour l'aider et… Je…l'ai vu… Je me suis caché… » Murmura-t-il.

« Qu'est ce que tu as vu ? » demanda Dean.

« C'était un fantôme… oh mon dieu, oh mon dieu ! » il éclata en sanglots.

« Ok. Ok. Bon, ça vous dirait qu'on sorte d'ici ? » Demanda ironiquement Dean.

Tous acquiescèrent.

Ils se dirigèrent lentement vers le salon par lequel ils étaient entrés. La lumière du jour s'étalait en mince lambeaux sur les murs gris. La fenêtre par laquelle ils étaient entrés semblait toujours accessible. Dean les obligea à s'arrêter.

« C'est surement un piège, ça ne peut pas être aussi simple. » dit-il.

« Qu'est ce qu'on fait alors ? » s'enquit Jasper, toujours aussi paniqué.

Dean regarda chacun d'eux tour à tour en s'arrêtant un peu plus longuement sur le visage terrifié de son petit frère.

« J'y vais en premier. S'il se passe quelque chose, vous trouvez une autre issue. » Annonça-t-il sur un ton déterminé.

« Non, Dean ! » implora Sammy.

L'aîné sourit et ébouriffa affectueusement ses cheveux. « Ca va aller. »

Lentement, désarmé et terrifié, il avança vers la fenêtre. Les grincements du parquet accompagnaient sordidement chacun de ses pas. Quand il fut suffisamment proche il regarda dehors. La lumière du jour lui agressa les yeux et il contempla le jardin en friche comme s'il s'agissait de la terre promise.

« Dean ? » appela Jasper.

Il n'obtint pas de réponse.

« Dean ! » appela Sonny.

L'aîné des Winchester regardait dehors sans bouger. En réalité, il réfléchissait. Ca ne pouvait pas être aussi simple. Il avait tout étudié, ce n'était pas un esprit, il en était persuadé. Et même si c'était le cas… pourquoi ici ? Pourquoi maintenant, pourquoi cette maison ? Pourquoi les tuer les uns après les autres pour les laisser sortir maintenant ? Il y avait forcément quelque chose… mais quoi… ?

« Winchester ! Qu'est ce que tu fous ! » Cria Sonny.

C'est alors qu'il comprit. C'est alors que tout devint clair pour Dean. Il se retourna vivement vers les trois qui le regardaient avec de grands yeux.

« Sammy… » Murmura-t-il

« Quoi ? » demanda le petit.

« Éloigne-toi d'eux. Tout de suite ! » Cria Dean.

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TBC