Et voilà, last chap, déjà. En même temps avec seulement 8 chapitres ça ne pouvait qu'aller vite.

MERCI 1000 fois à tous pour avoir prit le temps de lire et de me laisser vos avis!

Je préviens tout de suite, j'étais d'humeur guimauve quand j'ai écrit ça... J'avais envie de faire des calins à tout le monde, le résultat est très bisounours. Dean m'en collerait volontiers une entre les deux yeux s'il lisait ce chick flick de 4000 mots mais bon... un peu de tendresse dans ce monde de brutes, merde.

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...Si demain vient

8

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Lundi, avant l'aube.

Damien fut réveillé en sursaut par quelqu'un qui tambourinait comme un dément à la porte. Inutile d'être un génie pour deviner qui c'était, aussi ne fut il pas surprit de voir John débarquer en furie au milieu de son salon à peine eut-il ouvert la porte.

« Où est ce qu'ils sont ? »

« Bonjour John, moi aussi je suis content de te voir. »

« Hum… excuse moi… je ne sais pas trop où j'en suis… » Marmonna le père en passant une main fatiguée sur son visage.

« Dans la chambre, là. » répondit Damien en indiquant la porte close.

C'était amusant pour le chasseur de voir John avec ses enfants, de voir son regard soulagé quand il aperçu leurs formes endormies. Le père resta debout un moment dans l'embrasure de la porte à simplement les regarder.

« Je te rassure, j'ai changé les draps. » dit Damien pour détendre un peu l'atmosphère.

John sourit vaguement et avança dans la pièce.

L'amour qui éclairait ses yeux à ce moment là, Damien le découvrait pour la première fois. La tendresse de la main de John quand elle se posa tour à tour sur le front de chacun des garçons, il n'avait jamais vu non plus. Finalement ce n'était pas tellement à côté de la plaque, comme si John avait toujours du être comme ça sous ses allures de brute épaisse.

« Merci Damien. » murmura le père, les yeux plein de gratitude.

« Oh tu sais, j'ai toujours eu une âme de nounou. »

John sourit.

« Bon Johnny, je ne voudrais pas avoir l'air blessant mais tu chlingues à deux kilomètres à la ronde. Si t'allais prendre une douche pendant que je fais un café ? »

« Ouais. » répondit Winchester, l'air un peu absent en contemplant ses enfants qui dormaient paisiblement.

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Il avait vidé la moitié de la bouteille de shampoing pour se débarrasser de l'odeur tenace des eaux croupies du marais. Damien lui avait prêté quelques fringues et maintenant John était perdu dans ses pensées, les yeux planté dans un café fumant.

« Qu'est ce qu'il s'est passé, Damien ? » demanda John d'une voix fatiguée.

Damien prit une grande inspiration et relata les événements de la soirée tels que les garçons les lui avaient racontés. Le père Winchester paraissait impassible mais à l'intérieur il bouillait de rage.

Un démon avait essayé d'utiliser ses fils contre lui. Il avait tué cinq ados et torturé ses deux garçons à cause lui. Là tout de suite, il aurait voulu tuer quelqu'un ou quelque chose. Malheureusement il n'y avait personne sur qui passer ses nerfs et c'est la tasse de café qui servit de bouc émissaire en allant s'écraser contre un mur.

« Désolé… » Murmura John toujours bouillant de rage.

« Bah te gène pas ce n'est pas comme si j'étais attaché à ma vaisselle... »

« Je tuerais cette saloperie, je la tuerais quitte à y passer le reste de ma vie, quitte à ne pas m'en relever. »

« Je l'ai déjà tué, tu sais. »

« Celui qui à tué Mary. Celui par qui tout est arrivé. Tant que je respirerais il n'aura pas le moindre répit. J'irai le chercher jusqu'en enfer s'il le faut. »

« Ne dis pas ce genre de truc. T'as deux gamins maintenant. Enfin tu les as depuis un moment mais pour moi ça remonte juste à hier, hein. Contente toi les garder en vie, ce sera suffisant. On n'a pas vraiment eut le temps de discuter mais ça m'a l'air d'être de bons garçons. »

Un peu de colère se dissipa dans les yeux de John et un sourire vint traverser son visage.

« Ouais… j'imagine qu'il tiennent ça de leur mère. »

« Ca c'est sur que ça vient pas de toi. » ironisa Damien en riant.

Le chasseur se leva pour servir un autre café à John.

« Attention à cette tasse, c'est ma dernière. Après faudra boire direct dans la cafetière. »

« Passe moi une bière plutôt. »

Damien sourit et s'exécuta.

« Alors John, ça s'est passé comment pour toi, t'as fini par trouver Myers ? »

« Ouais. » répondit il dans un soupir. « En fait c'est lui qui m'a trouvé. »

« Il est vraiment comme on dit ? »

« Qu'est ce qu'on dit ? »

« Ben il y a plusieurs versions mais en général il fou les boules, il porte les cicatrices de chacune de ses chasses, quand il parle même le vent s'arrête pour l'écouter et les démons s'enfuient rien qu'en le voyant. » Damien parlait comme s'il s'agissait de son super-héro préféré.

« C'est exactement ça, en plus il conduit une bat mobile et sa maison est en pain d'épice. »

« Ha ha, fou toi de ma gueule. Bon alors ? Il est comment ? »

« Vieux. Dangereux. Dément. »

« Développe ! Vous avez chassé ensemble ? Il t'a appris des trucs ? »

« Il m'a appris que quand j'étais trop focalisé sur quelque chose, je devenais stupide. Et quand on est stupide, on finit en appât pour poisson. »

« Quoi ? »

« Il a essayé de me tuer. »

« Oh. Je t'avais dis que ça n'allait pas être de la tarte. En même temps faut admettre que tu fais cet effet là à pas mal de monde. »

John sourit en avalant une gorgé de bière.

« Attends une seconde… tu dis qu'il a essayé de te tuer… Donc si t'es là, j'imagine que Myers est… »

« Non. »

John commença à raconter toute l'histoire à Damien qui se fendait de quelques commentaires de temps en temps comme « Aaaah. » « Ooooh. » « Vraiment ? Une sirène ? » …

Winchester raconta comment il avait attendu Myers à l'arrière de la Cadillac et comment il avait faillit l'égorger. Il avait demandé à l'anglais de lui dire tout ce qu'il savait à propos du démon s'il voulait avoir une chance de survire. D'après John, Myers s'était montré peu collaboratif et il avait dû user de 'persuasion'. Damien frémit à cette idée. La persuasion à la Winchester c'était toujours impressionnant à regarder.

Avant que le chasseur n'ait le temps de vraiment s'imaginer des choses, John déclara sur un ton parfaitement anodin « C'est pas comme si il avait tellement besoin d'avoir deux oreilles de toute façon. Les doigts je dis pas, mais les oreilles... » Damien grimaça mais le père Winchester ne remarqua rien ou en tout cas ne le fit pas savoir. Il continua son récit.

Myers avait fini par avouer qu'il avait menti pour que John le suive. Il était persuadé que c'était effectivement un démon vu le mode opératoire mais il ne savait pas lequel, il ne savait pas non plus pourquoi. Par contre il savait quelque chose que John ignorait complètement : il y en avait eu d'autres. D'autres mères accrochées au plafond et d'autres maisons réduites en cendres.

Quelque chose se préparait mais personne ne pouvait dire quoi. Les démons parlaient d'une guerre… rien de précis encore.

Myers avait révélé une autre information. Il existait une arme. Un colt. Il serait capable de tuer n'importe quelle créature démoniaque.

« Tu as déjà entendu parler d'un truc pareil ? » demanda John

Damien déglutit difficilement et regarda discrètement le coffre où il rangeait ses armes. Où il rangeait cette arme en particulier. Chacun protège ce qu'il a de plus précieux, tu comprends ça mieux que personne Johnny.

« Non. » menti-t-il.

« Va falloir que je me renseigne. »

« Ouais… il va falloir. Et ensuite, t'as laissé Myers s'en tirer ? »

« Je suis parti avec la voiture, je l'ai laissé au milieu de la lande, il a dû mettre un moment pour regagner la ville… » Répondit John avec un léger sourire.

« T'as le don de te mettre les gens qu'il faut pas à dos. »

« Je pense qu'il m'en voudra surtout pour la 'petite rayure' sur sa bagnole. »

« L'Aston Martin ? T'as pas osé… ? »

« Bah il y avait ce râteau là… j'ai pas résisté. Mais je te jure, sur un côté elle brille encore un peu. »

Les deux éclatèrent de rire.

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Quelques bières plus tard, Damien ronflait sur le canapé. John observa encore silencieusement ses deux garçons dormir. Dean était allongé sur le dos, complètement parti au pays des rêves bleus grâce à son ami l'antidouleur. Sammy était près de lui mais ne le touchait jamais, comme si inconsciemment il essayait de ne pas lui faire mal.

Le père essaya de se glisser sur les dix centimètres de matelas que les deux laissaient libres. L'irruption réveilla Sam qui leva un regard d'abord effrayé puis juste étonné sur le nouvel arrivant.

« Papa ? Tu es là depuis longtemps ? »

« Non, je viens d'arriver. »

Sam se décala un peu pour laisser plus de place à son père sans pour autant toucher Dean.

« Damien m'a raconté Sammy. Je suis désolé... j'aurais dû être là… » murmura John, le regard posé sur son aîné.

Sammy remarqua l'étrange scintillement dans les yeux son père. Il n'avait jamais vu de larmes dans ces yeux là, jamais. Alors il fit quelque chose qu'il n'avait jamais fait. Enfin, plutôt quelque chose que le pré-ado 'Sam' n'avait jamais fait mais que l'enfant 'Sammy' faisait toujours. Il s'approcha de son père, posa la tête sur sa poitrine et s'agrippa à lui de toutes ses forces.

Une terrible vague de chaleur envahi le cœur glacé du père qui ne pu retenir ses larmes. Il resserra ses bras autour de son garçon, s'accrochant à lui comme si sa vie en dépendait.

« Je suis désolé. Je vous aime tellement. » souffla-t-il dans l'épaisse chevelure de son fils.

Sammy murmura quelque chose qui ressemblait à « moi aussi » et plus aucun mot ne fut échangé. L'essentiel était dit.

Au bout de quelques minutes, bercé par les battements du cœur de son père, Sammy s'endormit. John glissa alors une main dans les cheveux de son aîné, à la recherche du contact qui lui avait tant manqué.

« Hey Dean… » murmura-t-il, parfaitement conscient que le garçon ne se réveillerait pas même si un avion s'écrasait dans le salon.

Il continua de lui caresser doucement les cheveux, exactement comme il faisait quand Dean était petit. Quand Mary était encore là. Dans une autre vie.

Aujourd'hui il avait rarement l'occasion de faire ça. Jamais même. Dean détestait qu'on le touche et Sam était en conflit permanent. Il n'était pas lui même très démonstratif de manière générale.

« Je suis là maintenant, Dean. Laisse moi être assez fort pour nous trois. Laisse moi faire ça pour toi. »

Et là, juste maintenant, avec Sammy blotti contre son cœur et Dean près de lui, John n'était plus un chasseur. Il était un père. Il ne s'était pas senti comme ça depuis des années. Mais ce soir… ce soir c'était différent. Il n'avait jamais été aussi proche de les perdre et il n'avait jamais réalisé avec autant de violence ce qu'il ressentirait si il leur arrivait quoi que ce soit.

Juste maintenant, John aurait voulu arrêter le temps et rester toujours ici, avec eux contre lui.

Juste maintenant, John aurait voulu que demain ne vienne jamais.

Quelques jours plus tard.

Ils étaient restés encore quelques jours chez Damien car les côtes cassées de Dean ne lui permettaient pas de bouger. Au bout d'un moment, voyant que son père ne tenait plus en place, il avait finit par dire qu'il se sentait prêt à repartir en voiture. Ce n'était pas tout à fait vrai, mais il préférait ça que de voir encore son père faire les cents pas dans le salon comme un lion en cage.

Il avait dû mettre toutes ses compétences de menteur professionnel en action pour convaincre tout le monde qu'il pouvait endurer un trajet en voiture. Quelques heures plus tard l'Impala était chargée et prête à avaler la route.

A la surprise générale Dean avait émit une étrange requête. Il tenait absolument à ce que Damien remette un document à l'un de ses anciens profs. Un essai qu'il avait écrit pendant sa convalescence. John et Sammy s'étonnaient vraiment que Dean ait prit la peine de le faire sachant qu'ils ne remettraient jamais les pieds dans cette ville. En fait ils s'étonnaient qu'il ait prit la peine de le faire tout court, connaissant son aversion pour l'école de manière générale.

Mais Dean avait dit que c'était important, qu'il y avait pensé pendant tout ce fameux week-end et qu'il voulait vraiment rendre cet essai. La seule chose qu'il ne voulait pas, c'était qu'on le lise.

Damien avait donc accepté cette mission, il n'avait pas foutu les pieds dans un lycée depuis des années, ça pouvait être drôle.

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Les Winchester avaient repris la route et comme Dean l'avait prédit, Normal ne devint bientôt qu'un point sombre dans le rétroviseur.

Dean voyageait à l'arrière, c'était plus confortable. En tout cas pour lui, parce que pour John ça signifiait que Sam était à ses côtés et qu'il allait parler, parler, parler, parler, à n'en plus finir. Il expliquait avec passion pourquoi 'l'attaque des zombies' était meilleur que 'la revanche des zombies' qui lui-même valait mieux que 'Le retour des zombies'. D'habitude John aurait subrepticement monté le son de la radio jusqu'à ce que son fils jette les armes, mais pas aujourd'hui. Aujourd'hui le père se délectait de chaque mot, trop conscient qu'il avait bien faillit ne plus jamais entendre aucune de leurs voix.

Sammy était plus que ravi d'avoir un public aussi attentif. Même son grand frère, à moitié comateux à l'arrière, semblait fasciné. Même si à dire vrai, Dean s'accrochait à la voix juste pour rester éveillé.

Les choses semblaient revenir doucement à la normale. En tout cas, selon l'étrange définition du mot "normal" des Winchester.

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Adrian Taggarty, professeur au lycée de Normal, rentra chez lui ce soir là avec une pile de devoirs sous le bras. C'était marrant de torturer les élèves en leur filant une tonne de devoirs à rendre et en les engueulant quand ils ne les faisaient pas mais le revers de la médaillé c'était qu'ensuite il fallait corriger tout ça…

Il s'était servi un café au lait, comme à chaque fois, s'était installé à son bureau, comme à chaque fois et avait lancé un disque d'opéra, comme à chaque fois.

La fin de l'année scolaire était proche et les terminales allaient quitter le lycée pour entrer dans la vraie vie. C'est pour ça qu'il avait donné ce devoir. Quelque part il était nostalgique de les voir partir. C'était ridicule. C'était la même chose tous les ans depuis 30 ans mais il avait quand même ce pincement au cœur.

La question de l'essai était claire : « De quoi votre avenir sera fait ? ». Chaque étudiant était libre d'écrire ce qu'il se voyait être dans dix ans, vingt ans ou plus, comment il voyait sa vie.

Il avait terminé de corriger une pile de vie rêvée d'actrice de cinéma, de footballeur professionnels, de chanteur de rock et de globe-trotters quand il tomba sur cette copie. Un type était venu la lui remettre dans la journée.

En temps normal il n'acceptait pas les retards mais c'était la copie de Dean Gibson. N'était ce pas le gamin dont on parlait dans le journal ? Celui qui avait survécu au désormais célèbre 'massacre de Palermo' ? Le type avait dit que Dean était son neveu et qu'il était très secoué par cette affaire. Il ne voulait pas venir à l'école pour l'instant mais il avait tenu à rédiger cet essai. Adrian Taggarty n'avait pas pu refuser. En avalant une nouvelle gorgée de café, il commença à lire.

Dean Gibson – 1995

De quoi l'avenir sera fait ?

J'ai passé des heures devant une feuille blanche avant de rédiger cet essai. J'ai essayé de toutes mes forces de répondre à cette question mais je n'ai pas réussi. Au début je ne comprenais pas pourquoi. Pourquoi j'étais incapable d'écrire une ligne sur ce que je voudrais être.

Je sais maintenant.

Quand on à que 16 ans, c'est difficile de se projeter dans l'avenir. Au mieux on se protège dans ce qu'on aimerai devenir, dans ses rêves.

Moi, je n'ai pas de rêve.

Je ne n'ai pas envie d'être astronaute ou de jouer au base-ball. Je n'ai pas non plus envie d'avoir une belle maison avec une pelouse parfaite. Je n'ai pas envie de tout ça. Je ne veux rien. Je n'espère rien.

Quand je regarde les gens et que je les vois rire et s'amuser, vivre simplement, je me dis qu'ils sont idiots. Je me dis qu'ils sont inconscients. Et je me déteste pour ça. Je voudrais réussir à penser qu'ils ont raison, que la vie peut être autre chose que la peur au ventre et le gout du sang. Mais je n'y arrive pas. Je crois que quelque chose s'est brisé en moi. Je ne sais pas exactement à quel moment, mais j'ai arrêté de rêver.

Je ne suis pas triste. Je ne suis pas heureux non plus. Je suis. C'est déjà ça.

De quoi l'avenir sera fait ? Pourquoi se poser cette question ? L'avenir viendra bien assez tôt vous rire au nez. Le présent est suffisant pour moi. Oh oui. Il est suffisant. Parfois j'arrive à peine à respirer tellement il pèse sur mes épaules.

Je serais probablement mort avant mes trente ans et vous vous demanderez encore ce qu'apportera demain. L'avenir sera ou ne sera pas, en attendant, le présent me consume chaque jour un peu plus.

J'ai compris maintenant. Mon avenir sera fait de cendres. Qu'il vienne à moi, je l'attendrais sur mes deux pieds. Je le regarderai dans les yeux et je rirai avec lui. Que demain vienne, je suis prêt. Je n'ai pas peur.

Que demain vienne…

si demain vient.

Dean W. (Gibson)

1979-Demain

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L'impala avalait les kilomètres en vrombissant, emmenant la famille Winchester vers d'autres horizons. A l'intérieur, Sam avait fini de débattre sur les films de zombies et seul le murmure de la radio animait l'habitacle. Au bout d'un moment le garçon jeta un œil à l'arrière pour constater que son grand frère avait perdu la bataille contre le marchand de sable.

« Papa, tu crois que Dean va bien ? » demanda-t-il d'une petite voix.

John fut surpris. Il avait raté la transition entre les zombies et l'air grave et concerné que Sam venait de prendre.

« Bien sûr qu'il va bien. » répondit-il ne sachant pas s'il essayait de convaincre son fils ou lui-même.

« Je veux dire… dans sa tête. »

John quitta la route des yeux quelques secondes pour dévisager Sammy, se demandant d'où est ce que tout ça pouvait venir

« Comment ça ? »

« Je crois que ça l'a bien secoué cette histoire avec le démon. » avoua Sammy en regardant ses chaussures.

John jeta un coup d'œil rapide dans le rétroviseur pour s'assurer que son aîné était toujours endormi.

« Comment est ce que tu vas toi ? » demanda doucement le père.

Surpris par le retournement de situation, Sam ne répondit pas tout de suite. Il regarda d'abord son père, puis son frère à l'arrière avant de prendre une grande inspiration.

« Je sais pas. Pas très bien je crois. »

John resserra ses doigts autour du volant jusqu'à ce que ses articulations deviennent blanches. Il n'avait jamais autant éprouvé de haine que maintenant à cet instant précis. Qu'on mette sur son chemin la créature responsable de tout ça. Qu'elle vienne, qu'elle ose seulement se montrer.

Il ruminait sa rage quand une petite voix lui coupa presque le souffle.

« J'ai peur. » Murmura Sammy en regardant dans le vague.

John rassembla toutes ses forces pour répondre au lieu de simplement fondre en larmes.

« Tu ne dois pas, Sam. » dit-il simplement.

Le garçon haussa les épaules. « Ouais. Je sais. Je dois m'endurcir et tout ça… »

« Non. » interrompit John. « Tu ne dois pas avoir peur parce que je suis là maintenant et tant que j'aurais mon mot à dire la dessus, il ne vous arrivera rien. »

« Je sais... Et je comprends mieux tous les entrainements, tous les changements d'adresse… Je suis content que tu ais entrainé Dean. T'aurais du le voir ce soir là papa… il était génial. » Dit Sam avec de l'admiration plein les yeux.

« S'il était si génial que ça vous n'auriez pas foutu les pieds dans cette maison à la base.» grogna John.

Sam leva les yeux au ciel « Ne me dis pas que t'as l'intention de te mettre en colère contre lui parce qu'il a essayé de sauver la vie de tous ces cons ! » s'emporta-t-il.

« Langage Sam. Et je ne suis pas en colère. » John se gratta pensivement le menton.

« Ben on dirait pas. Dean à été formidable cette nuit là, il a tout fait pour les sauver et si j'étais toi je serais fier de lui. »

« Je n'ai pas besoin qu'il fonce tête baissée dans un piège pour être fier de lui. »

« Peut-être que tu devrais dire ce genre de choses quand il est réveillé ! » s'exclama Sammy.

« Il le sait. » répondit rapidement John comme s'il voulait esquiver le sujet.

« Papa… Tu sais comment il est… Si tu lui dis de sauter du haut d'un immeuble, il le fait. Je crois qu'il à peur que tu ne l'aimes plus si il disait non. »

« C'est ridicule… » Balbutia John en essayant d'avoir l'air convaincu alors qu'il savait que Sammy avait raison.

« Je me disais juste que tu devrais lui dire parfois. » conclu le garçon.

John resta silencieux un moment. Il alternait entre la route et le rétroviseur en se mordillant la lèvre inférieure. Le regard de Sammy pesait lourdement sur lui.

« Tu ferais un bon conseiller familial. » décréta finalement John avec un demi sourire.

Sammy décrocha l'un de ses sourires lumineux qui brisaient le cœur de son père tant ils ressemblaient à ceux de Mary.

« Avocat. » rétorqua-t-il.

« Quoi ? »

« Je ferais un bon avocat. » déclara Sammy.

John sourit, encore ignorant du poids que ces mots prendraient dans quelques années.

Sur la banquette arrière Dean ouvrit un œil. Il avait entendu l'ensemble de la conversation. Ca lui laissait une drôle de chaleur dans la poitrine et il se fit une promesse.

Tu seras avocat Sammy. Même s'il faut que j'attache papa et que j'apprenne à vivre sans toi, tu iras à la fac et tu feras ce que tu voudras. Tu ne te réveilleras jamais avec ce poids sur ton cœur, je ne te laisserai pas ouvrir les yeux sur ma réalité. Je suis peut-être déjà mort, mais je ferais tout pour que tu ais une vie. L'avenir t'appartient, petit frère. Il y aura toujours un demain pour toi. Je te le promets. Je me le promets.

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FIN

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