Avatar, last Airbender est et reste la propriété de ses créateurs, Mike et Bryan, et de Nickelodeon, même si je n'aime pas du tout l'épilogue de la finale...

Heureusement qu'on a inventé les fanfic!

Merci de lire cette fic. Et merci pour votre soutien.


Chapitre onze: Mai


Je m'ennuie.

Non, en fait ce qui m'ennuie, c'est que Zuko soit trop préoccupé pour venir s'ennuyer un peu avec moi. On ne s'ennuie jamais quand on s'ennuie à deux… on trouve toujours des tartes improbables à commander, des litotes créatives, des choses à faire. On tue le temps. Et il est toujours très inspiré quand il s'agit de tuer le temps.

C'est à force de tuer le temps qu'on se retrouve avec un bébé dans le ventre.

Je crois que je suis heureuse. Et fière.

Ursa m'a encore dit ce matin « Fire Lady, vous devriez être extasiée de bonheur, impatiente, excitée. Vous portez en vous l'enfant de mon fils bien aimé. »

Je le suis. Mais elle ne le voit pas. Il n'y a que Zuko pour le voir. Il n'y a que lui qui sache me lire- ou que je laisse me lire, je pense.

Et étrangement, il y a aussi Katara. Son degré d'empathie dépasse l'imaginable et elle semble s'être prise d'affection pour moi. Bon. Je me dis que c'est un peu Ty Lee -en moins remuante.

Ce qui est étrange, aussi, (pas que je perde mon temps à m'interroger sur ces faits mais comme je n'ai que ça à faire) je relève que Katara ne m'ennuie pas. Ou moins qu'avant. Moins que quand elle était suivie par son sosie qui regardait mon mari comme s'il était Agni en personne.

Juste après la guerre, j'étais- disons- un peu jalouse de Katara. Ou suspicieuse. J'ai tout de suite compris les liens qui s'étaient tissés entre Zuko et elle. Il faut se méfier des gens qui ne montrent rien : ils voient tout. Elle était jeune, jolie malgré ses traits très typés, si différents de ceux des natifs du Feu et surtout, compréhensive. Plus que je ne l'étais, et probablement plus que je ne le serais jamais.

Je l'ai détestée. Parce que je la craignais. Parce qu'elle et Zuko pouvaient passer des nuits entières à discuter de tout et de rien. Parce qu'il a fait appel à elle, au début de son règne, quand les nobles lui mettaient des bâtons dans les roues et le peuple ne lui faisait pas confiance. Parce qu'elle est venue, du fin fond de son pôle sud, à chaque alerte. Parce que Maneka lui ressemblait et que Zuko était incapable de regarder cette gamine dans les yeux. Parce que je lui dois la vie de mon mari- et qu'elle lui doit la sienne.

Katara est venue me voir dans ma chambre. Elle avait besoin de se changer les idées – moi aussi.

Elle m'a posé des questions. J'ai vaguement répondu. Pour faire la conversation. Et parce que Zuko veut que je sois «gentille» avec ses amis. C'est là que j'ai réalisé que Katara me comprenait.

Elle m'a juste dit :

- Tu as l'air heureuse.

- Ça se voit tant que ça ? je lui ai demandé.

Elle a ri (elle rit beaucoup. Mais comme son rire ne me donne pas envie de lui lancer un couteau à la figure, ça va)

- Non, en fait pas tellement.

Elle hésite.

- À vrai dire, tu n'as pas un visage très expressif. Mais on s'habitue. Et là… oui, tu as vraiment l'air content.

- C'est mon éducation. Les petites filles nobles sont bien sages : elles ne parlent pas, ne rient pas, ne pleurent pas.

- Elles sont autorisées à penser, au moins ?

- Si elles y arrivent, pourquoi pas ?

C'est comme ça que ça a commencé. Depuis une semaine, j'ai droit à ma petite visite quotidienne de Katara. Elle est plus régulière que Zuko à ce niveau-là.

Elle m'a raconté un peu sa culture, elle m'a parlé de la place des femmes, des mariages arrangés au Pôle Nord- et franchement, je ne sais toujours pas pourquoi ça m'a intéressée… peut-être parce que ce n'est pas si différent de ce que je connais ?

Dans la Nation du feu, l'égalité homme-femme est plus répandue, plus acceptée- c'est l'une des conséquences de la guerre. Mais apparemment, dans les tribus de l'eau, Katara passe pour une femme moderne et révolutionnaire.

Elle m'a encore proposé de « jeter un œil » à mon bébé. Elle dit qu'elle maitrise le procédé, que ce ne sera pas douloureux, qu'elle s'est entrainé sur elle durant les six derniers mois. Je me fiche de ses arguments. Je veux savoir. Même si je le sens, je veux être sure que mon bébé est bien vivant. Mais il est hors de question que j'admette que j'ai une once d'instinct maternel. Alors j'écoute Katara me vanter sa médecine avant d'accepter avec réserve. Elle y voit clair, mais c'est le contrat : je ne montre rien, elle voit tout mais fait semblant de n'avoir rien vu. Aussi longtemps qu'on respectera les règles, la communication sera possible. Peut-être même l'amitié… ?

Zuko entre en trombe sans frapper. Il ne s'excuse pas. Il n'a pas besoin : d'une part il est chez lui, et d'autre part, je suis trop heureuse de le voir.

- Katara m'a dit que tu allais la laisser t'ausculter ?

- Oui.

- Comment a-t-elle fait pour te convaincre ?

- Elle m'a dit que s'il arrivait quoi que ce soit à mon bébé, je pourrais prendre le sien.

Il a l'air sceptique

- Ça ne lui ressemble pas beaucoup de passer ce genre de deal !

Il sourit.

- Sérieusement ?

- Je me suis dit que peut-être tu me ferais la grâce d'une petite visite si j'acceptais de la laisser jouer avec son eau autour de moi. Il semblerait que j'aie eu raison.

- Oh… Je suis désolé. Le plan ne se passe pas du tout comme prévu. Ils… enfin, ça n'a pas d'importance pour le moment ! Comment te sens-tu ?

- Pas mal. Tu peux arrêter de faire semblant de t'inquiéter.

- D'accord. Et tu crois qu'il serait de bon ton que je fasse semblant de t'embrasser ?

- Mmh, moui ça me semble adéquat. Mais sois convaincant.

Il s'approche, s'assied sur mon lit et m'embrasse. Il est très convaincant. Et ce n'est pas désagréable.

Katara entre aussi, suivie d'Ursa. Zuko s'écarte, prend place à côté de sa mère et Katara s'avance avec une bassine d'eau. Elle la dépose sur la table de nuit et lance une instruction muette à Zuko. Il acquiesce, plonge sa main dans la bassine et, un instant plus tard, un nuage de vapeur s'en échappe. Je les regarde agir autour de moi. Je ne dis rien. Lancer des couteaux demande de la précision, donc de la concentration et donc, du silence. Je suppose que maitriser les éléments requiert les mêmes conditions. Ursa trépigne d'impatience. Je trouve qu'elle vieillit, ces temps-ci. C'est une femme admirable. Je ne sais pas pourquoi je l'énerve, pourquoi elle veut me changer, pourquoi elle a autant de reproche dans le regard quand elle s'adresse à moi. Mais aujourd'hui, je porte son petit-fils ou sa petite-fille – Katara nous fixera très bientôt sur la question- et Ursa me regarde comme la poule-komodo aux œufs d'Or.

Katara a entouré ses mains d'eau tiède et m'a demandé de relever ma blouse. J'ai rarement été aussi peu vêtue devant autant de monde. Les mains noires de Katara se posent gentiment sur la peau blanche de mon ventre. Le contraste m'amuse silencieusement. Elle se concentre. Zuko m'avait raconté en tentant de se donner l'air très désintéressé et évasif comment son amie soignait les gens. Je comprends qu'il n'ait pas trouvé les mots, qu'il ait été gêné, qu'il soit resté superficiel. S'il m'avait dit « Katara est fascinante quand elle soigne », je l'aurais transpercé de mes lames (à la réflexion, j'ai peut-être été un peu plus que « un peu jalouse » de Katara). Mais c'était le mot. C'était fascinant.

Elle relève ses mains et l'eau a disparu. Elle sourit et m'assure que le bébé est bien vivant, qu'il parait en bonne santé, qu'on reconnaît déjà les membres et le visage. Et…

Elle reprend de l'eau et répète l'opération. Je ne la regarde pas cette fois, je regarde Zuko qui la regarde, qui nous regarde toutes les deux.

- Vous voulez savoir ? lance Katara.

Ursa a l'air de se retenir d'hurler « oui ! »; Zuko secoue la tête mais c'est moi qui ai le dernier mot.

- Oui, dis-nous.

Ma voix me semble bizarre. Katara sourit, et en plongeant ses yeux dans les miens elle dit :

- Ce sera un petit prince.

Je n'entends pas Ursa s'extasier, je ne vois que Zuko qui s'élance vers moi, me serre contre lui, m'embrasse sur la bouche, embrasse Katara sur la joue, m'embrasse à nouveau, nous entoure toute les deux de ses bras. J'entends Katara qui nous félicite, rit, et répète « un petit garçon ! ».

Si nous sommes tous emportés par l'émotion- oui, même moi- c'est peut-être parce que le bébé prend seulement forme, que nous sommes enfin sûrs qu'il est vraiment vraiment là. Et je m'en veux d'avoir si longtemps refusé la médecine de Katara avec autant d'entêtement.

Un garçon. Un fils. Je fais rouler l'idée dans ma tête pour la rendre plus réelle. Si Katara avait dit « une petite princesse », ça n'aurait pas été différent pour moi. Ni pour Zuko. Au fond, ça n'aurait rien changé. Mais je saurai en parler, dire « il bouge » ou « il dort »… comme si c'était mon genre de dire ce genre de choses ?!

Je pourrai imaginer un petit garçon qui ressemble à celui qu'était Zuko il y a si longtemps et qui me faisait rougir avant que j'apprenne à maquiller mes sentiments et à me composer un visage calme et impassible.

La nouvelle a fait le tour du palais. Chaque personne que je croise me félicite et me propose le prénom d'un lointain et glorieux ancêtre qui pourrait convenir au bébé- même Ursa a fait une liste (d'Arkon à Zalzul en passant par Roku). On ne me vouvoie plus par politesse mais bien parce qu'on me considère comme étant deux personnes, et toutes les portions de nourritures qu'on m'apporte sont rationnées comme si j'étais quatre.

Katara me dit que ça fait partie des « joies de la grossesse » et elle énumère les absurdités auxquelles elle a eu droit depuis neuf mois.

Elle arrive à terme. Pourtant elle se déplace comme si de rien n'était en me garantissant qu'elle n'accouchera pas avant la pleine lune, dans trois jours.

Vu son état, Zuko et Iroh ne veulent plus rien lui dire concernant les recherches de son mari et la mission de Maneka et Toph. Elle a raison de ne pas trouver ça juste. Et ils ont raison de lui éviter du stress inutile. Je lui propose de venir lancer quelques couteaux avec moi dans la grande salle d'arme. J'ai besoin de me défouler un peu. Et elle me regarde comme si je lui offrais de ressusciter l'esprit de la Lune.

C'est le grand jour. Katara devrait se reposer, attendre bien sagement l'heure où elle délivrera son bébé. Mais non, elle est debout à côté de moi dans la salle d'armes. Nous lançons tour à tour dans les cibles face à nous. Katara a du mal à s'adapter au poids des poignards. Je ne le sens plus.

- J'ai l'habitude de lancer des lames de glace… je les dirige à distance. Mais là je suis obligée de viser avant.

Et je ne rate jamais le mille.

Je lance les trois couteaux que j'ai en main sur le mannequin. Le ventre, le cœur et le front. Touché. Katara sourit.

- Je pratique depuis des années, je lui dis. Je connais mes lames. Il n'y a que l'entrainement…

- Il n'y a que l'entrainement qui permet de progresser, je sais. C'est pareil pour tous les arts. Je vais réessayer.

Elle se met en position comme pour maitriser l'eau – elle n'est pas prête de lancer un couteau correctement si elle n'adapte pas sa posture- encombrée par son ventre rond. Elle lève la lame à hauteur de son visage, repère la cible et s'apprête à lancer. Avec un petit « hen ! », elle lance. Je reconnais la trajectoire, je sais que la lame va se planter droit dans la gorge du mannequin.

Non ?

La lame n'a pas suivi la trajectoire, elle n'a pas été s'enfoncer sur la ligne blanche dessinée à la craie sur le mannequin. Elle s'est désorientée à mi-parcours et ricoche sur l'épaule et le menton de la figure de bois, et vient droit sur moi.

Et s'arrête à quelques centimètres de mon ventre, figée dans la glace.

Katara a l'air à la fois soulagée et affreusement désolée. Elle se sent responsable- elle avait lancé le couteau !- mais je sais qu'elle n'y est pour rien.

- La lame doit être déséquilibrée, je lui dis. Je n'ai jamais vu une trajectoire pareille.

Et pour la rassurer, parce qu'au fond, j'ai de la sympathie pour elle et que ça m'ennuie de la voir si coupable, je ramasse la lame dans la flaque d'eau et je la sous-pèse. Il y a quelque-chose de bizarre. Elle ne me semble pas déséquilibrée.

Je la lance.

Et je sais que j'ai visé juste. Je n'ai pas besoin de m'arrêter pour observer la cible, je sais où elle est et je sais que la lame va l'atteindre.

Sauf qu'elle a la même réaction tordue que lorsque Katara l'a lancée. Elle se met à tourner sur elle-même, comme si je lui avais donné un effet de vrille- ce que je suis certaine de n'avoir pas fait. La lame frappe le mannequin et rebondit, comme propulsée par le bois, et sa course s'accélère.

- Non !

Et avant que la maitre de l'eau ait pu faire un geste, la lame vient se figer sous son sein, en plein dans les côtes. Elle me regarde et elle sait que je n'y suis pour rien- que je ne comprends pas ce qui est arrivé à cette fichue lame et que je compte bien le découvrir.

Elle tente de maitriser l'eau pour se soigner elle-même. J'appelle à l'aide. Je hurle qu'il faut se dépêcher. Et aucune des personnes employées au palais ne m'a jamais vue dans un état pareil- Ils obéissent d'autant plus efficacement. Si j'avais su qu'il suffisait de leur crier dessus, je ne me serais pas privée…

Katara.

Je dois porter la poisse à mes amis. L'une est congelée quelque part au pôle nord, l'autre a une vie sentimentale désastreuse et la dernière est en train de se vider de son sang sur le parquet de la salle d'arme.

On l'emmène, elle essaye d'articuler « ça ira » mais personne ne la croit.

- Qu'est-ce qui s'est passé ?

C'est Zuko. Il s'énerve, il m'interroge et, ce que je déteste, il m'accuse.

- Je ne sais pas. La lame a ricoché mais elle n'aurait pas dû. Je ne sais pas comment c'est arrivé.

- Et je peux savoir pourquoi deux femmes enceintes jouent avec des armes blanches ?

- Pour tuer le temps. Tu me laisses en plan et tu ne lui dis pas comment se passent les missions concernant son mari. Que veux-tu qu'on fasse, de la broderie ?

- Pourquoi pas ?

Il réfléchit

- Non, c'est trop dangereux, il y a des aiguilles et tout. De la peinture sur soie. Vous auriez dû vous mettre à la peinture sur soie !

- Tu te moques de moi ?

Il s'arrête de tourner autour de ma chaise comme une guêpe-vautour. Il me regarde, il sait qu'il n'a rien dit de cohérent depuis plus d'une heure.

- Ça a failli être moi, je lui dis

- Quoi ?

- Le couteau, il a rebondit vers moi en premier. Quand Katara l'a lancé. Mais elle l'a arrêté avec de l'eau.

J'hésite. Je n'aime pas dire que j'ai eu de l'empathie pour quelqu'un. Même si ce quelqu'un est Katara.

- Elle était très ennuyée alors, pour pas qu'elle culpabilise, j'ai relancé la lame. Et voilà.

Zuko est toujours énervé, mais il sourit. Il dit

- Aah je savais que vous finiriez par vous entendre.

À ce moment, un de médecins royaux entre discrètement, il dit que les contractions ont commencé et que Katara est toujours inconsciente. Je n'entends rien à son jargon médical, mais à l'expression de Zuko je comprends que ce n'est pas une bonne nouvelle.

J'attends dans le jardin. Ursa entre et sort de sa chambre en se triturant les mains de nervosité. Iroh affiche un optimisme déconcertant. Et Zuko… ça me fait mal de le voir s'inquiéter comme ça.

La nuit est tombée. C'est la pleine lune.

Un cri déchirant nous enlève tous à nos rêveries. C'est un cri arraché, sauvage, le premier cri.

L'enfant est vivant, il va bien, c'est une fille. Et la mère ? Elle survivra, elle est vaguement consciente, son état s'est stabilisé : elle semble s'être soignée de l'intérieur. Probablement un effet de la pleine lune ou quelque-chose du genre, je n'ai jamais vu ça. Merci docteur. Nous vous avertirons quand elle sera en état de vous recevoir. Merci docteur.

Un peu plus tard, une sage-femme sort de la chambre de Katara, elle a un paquet dans les mains et elle le tend à Zuko. Il écarquille l'œil, tend les bras et prend avec précaution ce qu'on lui tend.

C'est le bébé. La fille de Katara et de Aang. On ne voit pas souvent de si petit nourrisson, dans un palais. Zuko est un peu maladroit, il sourit bêtement. Il vient vers moi.

- Regarde ! il chuchote

Je regarde. C'est petit, c'est rose et joufflu, encore un peu fripé, ça a une touffe de cheveux noirs sur le front et de grands yeux flous. Et pourtant, je ne peux pas m'empêcher de trouver ça mignon, ce bébé. Si fragile et si inoffensif. Une toute petite fille qui sourit aux anges en serrant ses petits poings et en faisant des bulles avec sa salive.

- Admettons, elle est mignonne.

Il sourit

- Ouais, c'est le plus joli têtard que j'ai vu de ma vie.

Je souris du mot « têtard ». Ce n'est pas péjoratif. C'est affectueux. Le bébé n'a fait que baver et crier depuis qu'il est né et pourtant, on l'aime déjà. Bizarre.

- Mais je suis sûr qu'on peut faire plus joli, il ajoute avec un regard entendu.

Je porte machinalement la main à mon ventre. On sait que tous les nourrissons se ressemblent. Mais je verrai le mien avec d'autres yeux. C'est normal.

- Elle ne ressemble pas à Aang, constate Zuko après un instant.

- Tu ne pensais pas qu'elle naitrait avec une flèche sur la tête ?! je fais

- Non. Enfin… peut-être.

Comme Ursa et Iroh approchaient, je me suis éloignée.

J'écris à Ty-Lee. Au moins une fois par semaine. Elle m'a fait promettre. Souvent je brûle mes lettres, et je recommence.

Je lui raconte les évènements des derniers jours. D'habitude, j'aligne les banalités- la vie de palais n'est pas palpitante- mais aujourd'hui, j'ai –pour une fois- quelque-chose à raconter. Ou du moins, il s'est produit quelque-chose de racontable.

Il y a un bruit derrière moi. Un bruit suspect. Pas le son feutré des pas de Zuko ou la lente démarche de Iroh, pas le grincement d'une bottine de garde ou le frottement des robes d'Ursa. Et certainement pas l'avancée pesante de Katara, qui n'est surement pas encore en état de se lever.

Un claquement sec. Comme une chute maitrisée. J'ai déjà mes lames en main, je me retourne et je vois une silhouette se détacher de l'ombre. Un homme. Son habit m'est familier, une réminiscence de notre séjour au Royaume de la Terre.

- Qu'est-ce que vous me voulez ? je demande

Il ne répond pas. Je lève ma garde- au moindre geste, je le transperce.

- Je répète : qu'est-ce que vous me voulez ? Et qui vous a autorisé à pénétrer ici ?

Comme il reste muet, j'insiste une dernière fois

- Répondez-moi. Immédiatement. Ou je vous attaque.

- C'est le propriétaire légitime des lieux qui m'envoie, il dit enfin.

Et à ces mots je comprends qu'il ne me veut aucun bien. Je m'élance et envoie mes trois premières lames. Il les évite. Mais il ne pourra pas se garder des trois suivantes.

Je vise le mille. Le ventre, le cœur et le front.

La trajectoire est parfaite, et il est déséquilibré. Touché !

Je ne manque jamais la cible.

Non ?!


AN: Voilà, avant de vous laisser en plan jusqu'au prochain chapitre (voyez comme je maitrise le suspens quand même! xD), je voudrais expliquer un peu pourquoi j'ai écrit celui-ci comme ça.

Pourquoi le centrer sur Mai?
Parce qu'elle est détestée par un grand nombre de fans alors qu'elle est un personnage intéressant. Je la trouvais fade et plate et triste... jusqu'au Boiling Rock. Quand je l'ai vu et que j'ai commencé à écrire cette fic, je savais que j'écrirais ce chapitre. Je savais que je ne balaierais pas Maiko comme une mouche agaçante.

Pourquoi à la première personne?
Parce qu'il fallait entrer à l'intérieur de Mai pour la cerner. Parce qu'elle ne montre rien. Parce que je voulais la rendre attachante, dans un sens, la montrer humaine. Je voulais qu'on sache pourquoi Zuko l'aime.

Maintenant, si vous la trouvez complètement OOC (et je m'adresse surtout aux fans de Mai - oui, il y en a!-) n'hésitez pas à me le faire savoir. Il me semble que je ne l'ai pas déformée. Je l'ai peut-être trop "exposée" mais... c'était pour servir la fic.


J'attends toujours des propositions pour le prénom du bébé de Katara.

Folleriku, je prends bonne note de tes idées. À voir...